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 Les affres d'une vision [PV]

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Iwasaki Chieko

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Itako

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MessageSujet: Les affres d'une vision [PV] Ven 8 Sep - 4:15

Installée depuis quelques semaines dans le temple, elle avait doucement, mais sûrement, réussi à prendre ses marques. Même si elle vivait un peu à l'écart de la grosse agitation et des allées et venues, du fait de son apprentissage d'Itako -elle y avait été toute désignée-, les pas séparant les différents endroits qu'elle se plaisait à fréquenter avaient été dûment retenus. Ses vêtements d'avant, troués vieux et salis, avaient été remplacés par des ensembles un peu plus complexes, au moins pour elle, et même plus chauds, et elle se plaisait à les triturer, posée dans un coin, appréciant le touché du tissu, simplement. Même si, destin faisant, son régime n'allait pas forcément être beaucoup plus fourni qu'avant, elle n'avait plus à s'inquiéter du lendemain ; c'était un grand changement qui se faisait plus lentement. Encore, elle dormait d'un œil, se raidissait un peu, quand une personne l'approchait d'un peu trop près, se faisait discrète et petite, n'appréciant guère plus que cela l'attention. Mais elle se soignait, lentement.

Un peu à l'écart, dans le temple, d'ailleurs, ce devait être en début du cycle de la Lune du Coq, elle était assise. Assise en Seiza, plus pour tenter de s'habituer à cette façon de s'asseoir que par confort, elle fermait les yeux. A cet endroit, où ses pensées ne filaient pas au long des bruits des conversations, ne glissaient pas sur les sons des pas des allants et venants, elle tentait de méditer. Mais, bien que le calme et le moment était propice à cela, Oyamatsumi en avait sûrement décidé autrement. A la place d'ouvrir son esprit à sa sensibilité aux morts, ce fut au futur qu'il s'offrit.

Le froid hivernal courait, mordant, offrant à ces provinces inconnues un avant-goût du triste évènement qui allait se dérouler. S'engouffrant au-delà des montagnes, dans les brumes, il vint entourer un château, avant de s'évaporer. En haut du plus haut toit de l'édifice, une tête était posée, morte. A ses côtés, des êtres, déposant à côté une outre à alcool, asséchée. Leurs mains, blanches laissèrent une trace sur l'outre avant qu'ils ne s’enfoncent dans les ombres des plis formés par les tuiles sombres. De l'un des hommes, avant qu'il ne disparaisse lui aussi dans la brume environnante, un fragment du passé, long fil invisible, la reliait. Une sorte d'image difforme d'un être rencontré. Un lui sans l'être.

A peine venue, déjà partie. La vision, comme toujours, laissa la jeune apprentie Itako chancelante, frappée par les images qui résonnaient encore dans son cerveau, qui peinait à se reconnecter au réel. Comme devenue subitement inconfortable, elle étendit ses jambes devant elle, alors que des fourmis envahissaient celles-ci. Incapable de se lever, elle patienta avec impatience, se tortillant un peu, forçant ses jambes à supporter son poids plume, récupérant sa canne d'aveugle par la même occasion. Ses yeux aveugles encore remplis des images qui traînaient, comme des échos infinis.

Ses pas, qui d'ordinaire, étaient calmes, mesurés et précieusement comptés, se faisaient, là, courts et rapides, comme si elle cherchait quelqu'un, à qui déverser son esprit trop plein. Mais la vision du château et l'urgence qui en résultait ne laissait pas son cœur en paix. Il fallait qu'elle trouve quelqu'un. Aller avertir quelqu'un à la Capitale, elle-même, pour ne pas altérer la vision. Elle ne savait déjà pas vraiment comment la transcrire le plus fidèlement possible. Alors, passer par d'autres personnes ne ferait que la détériorer un peu plus. Après tout, elle en était sûre, c'était une question de vie, ou de mort.

Par chance, l'urgence de sa voix, venant de ce petit bout de jeune femme habituellement si calme, réussit à convaincre un prêtre à la bonne âme, avec lequel elle avait déjà devisé plusieurs fois, et sur lequel elle savait pouvoir compter. Ce n'était pas vraiment quelque chose qui allait dans ses attributions, mais ne pas le faire aurait été peut-être aller contre la volonté d'un Kami. Et une vision telle ne pouvait pas être ignorée. Du moins, aux yeux de Chieko.

C'est assez rapidement, alors que fut mis en place cette petite expédition. Quelques vivres et piécettes furent pris, ainsi que des vêtements plus propices au voyage qu'à la méditation, pour la jeune apprentie-Itako. Et le voyage si tôt décidé commença. Peu loquaces, les voyageurs marchaient d'un pas rapide, le Sohei, guide de l'aveugle, lui prêtait son bras, soufflant parfois quelques conseils sur le terrain qui se glissait sous les pieds de l'albinos. Mais le chemin, marqué, qui guidait à la capitale et à son château se fit sans trop d'encombre. Mis à part la pluie qui vint offrir un chemin glissant ici et là, voire obligeant les deux voyageurs à s'abriter, ou à presser le pas jusqu'à un des villages qui bordaient la route, il n'y eut guère de soucis.

Le trajet s'étala sur deux jours, et ils partirent le matin, tôt, alors que le soleil n'était pas encore levé. S'ils voulaient arriver au Château d'Ite à une heure convenable, et ne pas attendre une nuit de plus, il fallait au moins cela. Et si l'audience avec une personne qui haute-placée semblait bien compliquée à espérer. Le Sohei connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui serait peut-être plus à même d'écouter l'Itako inconnue de ces lieux. C'était le plan, du moins.

Chieko et son guide arrivèrent donc au château d'Ite, le prestigieux Château Yuki, et gravirent la montagne dans lequel il avait été construit. Même si la jeune aveugle ne voyait rien, elle pouvait presque sentir le côté imposant de tout cet édifice, ou des autres maisons construites tout autour, bordant la montagne. Elle ressentait presque le côté apaisant et rassurant qu'offrait ce lieu. Et certainement que, sans les échos de sa vision qui agitait son esprit, elle se serait bien attardée pour profiter de tout cet univers. Mais la possibilité, pour le moment lui était refusée.

Comme lors de la venue de la jeune femme au temple, ils furent plusieurs fois fouillés, et accompagnés jusqu'à un notaire désireux de bien faire, dans le château lui-même. Ils eurent la confirmation, rapidement, qu'une audience véritable était à oublier : Chieko n'était qu'une inconnue dont les visions n'auraient pu être que fadaises aux oreilles des administratifs habituels, surtout dans une période où le Seigneur des Fukyuu n'était pas présent. Cependant, devant l'urgence et l'insistance de l'apprentie Itako, le Notaire consentit finalement à ce que la jeune femme ait un entretien avec celle qu'il avait vu monter, sans promesse d'une écoute beaucoup plus attentive que la sienne. Lui, n'avait pas vraiment le temps, en tous cas.

Le rendez-vous posé, la jeune femme préféra attendre tranquillement, plutôt que revenir en ville, pour remonter plus tard. Ainsi, le sohei et elle se séparèrent, laissant sa protégée entre les mains du Notaire. Celui-ci, de bon cœur, guida Chieko, à l'heure prévue, à travers les couloirs pour la guider jusqu'à la dame qu'elle allait rencontrer.


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Hateku Bara

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Geisha

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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Lun 11 Sep - 23:10

Cela faisait maintenant un bon moment que les troupes Fukyuu et le seigneur des glaces étaient partis. Le château Yuki était fort vide ... La geisha avait changé le cours de sa vie en acceptant de rencontrer Fukyuu-sama, et de lui délivrer quelques informations sur Kanzen. Elle ne se rendait maintenant qu'assez rarement à l'okiya, et n'était plus obligée d'y officier. Cela avait attristé beaucoup de monde, tellement cela avait été brusque, comme décision. Mais elle ne regrettait rien. Sa vie au château était aussi assez trépidante. Elle se faisait petit à petit aux jeux de la Cour, la tension politique était évidente, et cela durerait au moins jusqu'au retour de Fukyuu Hankyou ... Du moins c'est ce que prévoyait l'artiste.

La jeune femme profitait de cette situation extraordinaire, à laquelle elle n'aurait jamais songé même quelques mois auparavant, pour se faire de nombreuses connaissances parmi les castes nobles (ou pas, d'ailleurs !) présentes au château.  Il fallait qu'elle apprenne, vite, qu'elle assimile tout ce qu'elle pouvait, pour pouvoir devenir un outil utile à son seigneur. Ce que la cour avait à révéler, Bara tentait de l'engranger, toute information se révélait intéressante à un moment donné ...

Ouverte d'esprit, toujours aussi humble et généreuse, elle avait su se faire accepter par la plupart des habitants du château, se faisant à nouveau une place ... Sa présence était souvent requise, pour tenir compagnie aux quelques hauts dignitaires qui étaient restés. Souvent ils en profitaient pour assister à l'une de ses représentations artistiques. Cela lui faisait plaisir de mettre à profit ses dons pour la musique ou la danse, ici à la Cour. C'était même un honneur pour elle.  

C'était ainsi plongée dans ses pensées que la jeune geisha avait laissé se perdre son regard dans le paysage enneigé d'Ite, flânant pour remettre un peu ses idées au clair, comme elle avait maintenant prit l'habitude de le faire régulièrement depuis sa première venue au château ...

Ce fut dans cet état que le notaire - celui qui était venu au début de l'automne troubler la vie de Bara en lui demandant de se rendre au château sur ordre du daimyô lui-même- la trouva. Il lui expliqua qu'une jeune itako aveugle s'était présenté au château, porteuse d'une vision inquiétante. Tout de suite, cela attisa la curiosité de l'artiste, mais cela n'avait pas semblé attiser suffisamment celle du Conseil, qui lui avait refusé une audience. Il comptait donc sur elle pour accorder un peu de temps à cette jeune médium. Elle s'empressa d'accepter, pour ne pas faire attendre d'avantage ces visiteurs qui avaient tout de même fait deux à trois jours de voyage pour arriver jusqu'ici.

Elle demanda poliment au notaire de tous les réunir dans une salle suffisamment confortable. On la mena donc dans un petit salon, le lieu n'était pas grand mais il était conçu pour recevoir quelqu'un pendant longtemps sans déranger personne.

On la fit alors entrer. Tout de suite, Bara alla à la rencontre de l'Itako, dont les cheveux d'argent rappelaient les pluies floconneuses qui tombaient en ce moment souvent sur le toit du territoire Fukyuu.

"- Bonjour, je suis Hateku Bara, aussi appelée la Rose. Je vous accueille en tant que simple dame invitée de la cour, mais je suis prête à vous aider à mettre en avant ce que vous aurez à me dire si je le juge pertinent.", c'était un engagement qu'elle prenait d'office : elle n'avait pas grand chose à y perdre. C'était ce qu'on attendait d'elle, à vrai dire. Et c'était le genre de causes qu'elle voulait servir à la Cour, quand tout le monde était trop préoccupé à prévoir la guerre et ses affres.

"-Mettez-vous à l'aise ici, nous allons pouvoir discuter tranquilles."

A ces mots, la brune dont les cheveux miroitant tombaient en longue cascade d'ébène jusqu'au bas de ses hanches, guida cette jeune femme aveugle pour qu'elle puisse s’asseoir.

"- Je vous écoute ; à qui ai-je l'honneur d'être présentée ?", demanda-t-elle en guise d'introduction.


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Hateku Bara
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Iwasaki Chieko

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Itako

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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Mar 12 Sep - 3:23

Son compagnon de route parti vaqué à ses occupations, d'autres rendez-vous, quoi qu'elle se demandât quelle sorte de rendez-vous pouvait avoir un Sohei. Peut-être avec un forgeron. Ou avec une amante ! Ou d'autres secrets... Qui la firent rougir, rien que d'y penser. Mais durant l'attente du rendez-vous, tandis que le Notaire était parti s'occuper de s'enquérir des disponibilités de la nouvelle venue à la Cour, c'était bien la seule chose qu'elle avait à faire. Laisser travailler son imagination sur un sujet complètement différent. Pour ne pas abîmer de trop la vision. Et c'était le pauvre Sohei qui en pâtissait. Elle le voyait déjà entre les mains d'une sombre femme, pour vivre une idylle interdite, dont elle ne savait même pas s'il y avait effectivement un interdit ou non.

Et quand le Notaire vint doucement lui toucher le bras pour la tirer de ses rêveries, elle en sursauta, laissant échapper sa pauvre canne qui alla se poser presque délicatement contre le nez de l'importun. Confuse, Chieko se redressa bien vite, reprenant sa si précieuse canne vers elle, se répandant en multiples excuses soufflées bas. Et quoi que l'Administratif ne s'en offusque, elle pu distinctement l'entendre se frotter le nez d'un revers de manche. Peut-être aurait-il une petite marque durant une heure... Mais la confirmation du rendez-vous, et surtout le fait qu'il allait avoir dès maintenant étonna l'apprentie Itako. Elle lissa comme elle pu sa tenue, laissant ses doigts apprécier une fois de plus le tissu, comme à chaque fois qu'elle y pensait, et laissa son Guide l'amener dans les couloirs qui grinçaient parfois sous leurs pieds.

Une porte fut coulissée, Chieko fut annoncée, et d'un doux chuchotement, le fonctionnaire lui indiqua que le moment était venu d'entrer, voyant l'aveugle rester bloquer à l'intérieur. Une fois deux pas faits, la porte glissa à nouveau pour se refermer. Mais fort heureusement, sans laisser le temps à Chieko de tenter de trouver ce qu'il fallait faire. Celle qui avait accepté de l'écouter vint à sa rencontre. Estimant la direction de son hôte, l'apprentie Itako s'inclina, assez bas, avant de se redresser, tirant à nouveau sur un pan de sa tenue pour la remettre le plus convenablement possible.

L'écoutant parler, puis l'entendant lui proposer de se mettre à l'aise sans lui laisser le temps de répondre à la présentation, elle fut un peu perdue, pendant un petit moment. Mais son hôte prit les choses en main, venant la guider plus loin dans la salle. Et au frottement de tissu qui suivi, elle comprit le signe de s’asseoir, et le fit, en seiza, imitant sûrement la Rose. Elle n'était pas la plus à l'aise, ni la plus habituée, et cela se voyait sûrement... Ou bien cela se remarquerait rapidement, de toutes façons, les fourmis ne tardant généralement pas à arriver.


- Je suis Iwasaki Chieko, apprentie Itako au temple Gakushiki, commença-t-elle, malgré l'annonce de son arrivée qui avait déjà donné son nom. Je vous remercie grandement, en espérant aussi ne pas vous avoir fait déranger pour rien.

La jeune femme parlait vite, un peu trop. Une situation nouvelle n’entraînait pas forcément une assurance dès les premières paroles, et pour se redonner contenance, malgré sa tenue qui, elle le savait, n'était pas parfaitement ajustée, elle ferma les yeux et vint replacer une mèche blanche derrière son oreille, laissant la natte au fil rouge lacé retomber sur le côté de son visage. Poussant un petit soupir, elle leva un peu plus le menton, en direction présumée de son ainée.

- Je vous prie de pardonner mon allure un peu dépareillée, j'en suis certaine, et mon empressement, reprit-elle d'une voix plus douce et posée alors qu'un sourire creusait ses joues pâles. Mais si ce dernier est dû en partie à mon ignorance de tout ce milieu, et de mon manque d'habitude à porter de tels tissus, il est surtout provoqué par ce qui m'amène ici.

Elle prit le temps de respirer.

- Avant d'être Itako, et en apprentissage dans ce domaine malgré mes prédispositions, j'ai aussi reçu un don de notre Kami. Parfois, Il m'envoie des visions qui accaparent mon esprit, et le harcèlent d'écho. Et je vous remercie humblement d'avoir accepté cette rencontre, malgré tout.

Malgré tout. Malgré le fait qu'elle était inconnue. Qu'elle ne savait pas se tenir correctement. Qu'elle ignorait tous des convenances et règles. Mais elle en était certaine, Itegami l'avait poussé à venir là. C'était pour une raison.

- Je vous prie, encore une fois, d'avance, de pardonner la possible imprécision de la description de ce que j'ai pu voir. De toutes évidences, je ne suis pas la plus habituée à observer les choses et gens. Et malgré le reste de mes sens qui m'offre une idée assez précise de ce qui nous entoure, il me sera compliqué d'être parfaitement claire. D'autant que les visions ne le sont guère, de base.

Une autre respiration, longue. Chieko avait maintenant les yeux perdus dans le vide, son esprit replié sur lui-même pour s'ouvrir à nouveau sur la vision qui résonnait encore. Et elle prit parole.

- Je voyais des neiges, celles d'hiver. Ce froid qui glace jusqu'aux os, faisant crisser chaque articulation. Mais je doute que 'nous' étions sur notre province. Les montagnes, que j'ai pu parcourir brièvement ici, n'étaient pas là. Et surtout, il y avait une brume épaisse. La vision s'élevait plus haut, pour laisser la vue sur un château, entouré de cette brume, qui disparut rapidement après cela. (Elle ajouta, en imitant des toits successifs de ses doigts.) Puis tout se ... fond ? Pour aller en haut du toit le plus haut. A sa pointe. Et... Un tête était posée, détachée du corps. Une tête de femme, morte. A côté, mon attention était attirée quelques personnes dont il était impossible de reconnaître les traits... qui posèrent une outre, vide. Je ne suis pas assez experte pour savoir ce que pouvait contenir cette outre, vu la forme. Mais en lâchant l'outre, posée au sol. Les traces de leur main restent sur l'outre, blanches. Et ils s'enfuient dans les ombres des tuiles. Il restait une impression étrange, enfin, quant à une des personnes ayant assisté à la mort de cette dame. Une impression... De le connaître. Sans pouvoir mettre un doigt dessus.

Elle secoua la tête, pour chasser quelques échos et appels liés à cette vision, qu'elle venait de se remémorer avec précision, et prit un air perdu durant quelques secondes, comme étant ailleurs, avant de cligner des yeux aveugles pour les reposer vers son hôte.

- Il va y avoir une mort... Mais pour le reste. Cela vous parle, Hateku-Sama ?

Chieko se pencha légèrement en avant, laissant quelques mèches blanches s'échapper de derrière des oreilles pour couler sur le côté du visage, rejoignant la natte.


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Hateku Bara

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Geisha

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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Dim 8 Oct - 18:06

Il sembla à Bara que la jeune Itako n'était pas très bien installée en seiza,
mais il était de coutume de bien se tenir lors d'un rendez-vous de n'importe quel type à la Cour. Aussi elle ne lui proposa pas de changer de position ... Elle ne le ferait que si cela n'était vraiment pas supportable.

La jeune femme se présenta comme venant du temple Gakushiki. Elle s'excusa aussi pour son apparence "dépareillée". Bara eut envie de lui répondre que ce n'était rien, qu'elle avait vu bien bien pire ... Mais elle préféra écouter ce que l'itako avait à lui dire. Elle semblait un peu nerveuse, bien que son ton soit assez calme et posé. C'était paradoxal mais Bara avait déduit cela des mots qu'elle avait employé ... "Empressement ... Ce qui m'amène ici". Ce genre d'expressions ne sont pas en général faites pour rassurer.

Elle expliqua avoir reçu une vision de la part d'Itegami-sama directement. Cela interloqua la geisha qui n'était que moyennement versée dans les choses spirituelles et surtout leur fonctionnement. Bien que sa foi soit inébranlable envers les kamis, elle était étonnée qu'un tel don puisse exister, et qu'il n'ait pas déjà été mieux mit en valeur au sein de la cour.

Mais après tout, cela ne l'étonnait qu'à moitié. Les membres de la haute société avaient souvent tendance à porter bien peu de crédit à certaines personnes qu'elles jugeaient comme étant ... Des gens ordinaires, qui n'avaient pas leur place aux côtés des grandes puissances de ce monde. Elle avait parfois eu ce ressenti, depuis qu'elle était au Chateau, bien que la plupart des gens soient très courtois et posés avec elle.

Puis, l'albinos raconta ce qu'elle avait vu. Cela fit taire toute réflexion chez Bara, qui écoutait attentivement et essayait de comprendre.

Un froid glacial ... Mais pas à Fukyuu ?
Une brume épaisse ... Cela avait-il un rapport avec le clan du Mouton ?
Un chateau ... Le plus haut toit ... Une tête posée sur ce toit ... Une tête féminine, en plus. D'autres personnes impossible à dévisager ... Posant une outre vide, et dont les marques de mains restent incrustées, blanches ... Puis l'impression étrange qu'elle évoque à propos de l'un des témoins de ce drame.

De beaucoup trop nombreuses questions vinrent à l'esprit e la geisha qui tenta de rester claire dans ses propos, et surtout de ne pas pousser la jeune femme hors de ses limites.

"- Cette scène vous a évoqué quelque chose qui mettrait en danger le clan ?"


C'était compliqué d'imaginer cette scène, Bara ne savait pas si ce qu'elle imaginait pouvait bien correspondre à ce que l'itako avait pu voir.

"- Attendez, je vais essayer de clarifier un peu les choses de mon côté ... Déjà le château ... c'est un bâtiment que vous avez déjà vu ? Et ... La tête de la jeune femme, elle ne vous rappelle rien ? Vous pourriez me la décrire un peu plus en détails ?"


Bara doutait vraiment d'arriver à déméler tout cela mais avec l'aide de cette voyante hors pairs, tout était possible. Elle doutait fort que cette jeune femme ait pu inventer tout cela. Il devait forcément y avoir une signification.

"- Une outre vide, est-ce-que ça peut être un objet de rituel ?"


La geisha tentait de trouver des explications.

"- Et puis, cet homme ... Vous dites que vous avez gardé l'impression de le connaître ... De quoi venait cette impression ? Son apparence ? et quand vous dites qu'il y aura une mort ... Vous pensez que ça sera une femme, du coup ?"

Toutes ces sinistres images que l'itako lui avait mises en tête n'eut pas un superbe effet sur la geisha qui commençait à comprendre les enjeux. Cette vision évoquait apparemment une mort. C'était potentiellement dangereux, en fonction de l'identité de la défunte.

"- Navrée si je pose beaucoup de questions mais ... Pour moi votre vision semble être assez cruciale. Nous sommes dans des temps difficiles ... En fonction de ce qu'on pourra en déduire, il est possible qu'on arrive à prévoir quelques situations importantes pour le clan."

Elle espérait que tout cela les mènerait à faire surtout les bonnes déductions. Car si leur Dieu leur envoyait maintenant un message important, c'était sans doute qu'il voulait que ses serviteurs les plus humbles puissent agir en son nom.

"- Ça ne vous dérangerait pas que nous passions un peu de temps à essayer de développer les différentes interprétations que l'on peut tirer d'une telle révélation ?"
, lui adressa alors Bara en souriant. Son invitée ne pouvait voir son sourire, mais elle l'entendrait peut-être. La Rose voulait qu'elle soit suffisamment en confiance pour qu'elles puissent travailler ensemble sur tout cela. Il fallait tirer ceci au clair, ne serait-ce que pour s'assurer que le danger ne soit pas trop imminent ...



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Iwasaki Chieko

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Itako

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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Dim 8 Oct - 20:21

Les prédispositions, parfois, étaient bien lourdes à vivre. Des dons, elle en avait reçu. Une sensibilité. Une résistance. Des visions. Et en échange, elle avait beaucoup donné. Beaucoup subi. Et de son éducation, elle n'avait que rarement pu évoluer en tant que personne, en tant qu'individu. Elle devait tout aux dieux. Et au clan, un sens. Mais la femme en face d'elle, malgré sa jeunesse, son accoutrement et le reste... L'avait prise au sérieux. Ses traits  un peu tendus, dû fait de l'effort pour se plonger dans les souvenirs, et de déclamer sa vision de façon la plus claire possible, et ... car elle était dans un environnement inconnu, s'adoucir, et un sourire reconnaissant s'afficha sur ses lèvres.

Alors que les fourmis commençaient doucement à venir s'infiltrer dans ses jambes, bien que l'aveugle maintienne strictement sa position, après un instant de silence, son hôte prit parole. Mais avant qu'elle ne puisse répondre, cette dernière continua. Sur des précisions qu'elle pouvait apporter, qui venait de lui revenir à l'esprit.

- Je ne sais pas si la ... mort, je suppose, de la dame en haut d'un château pourrait impacter notre clan. Je ne suis que trop éloignée des connaissances qui entourent les engrenages de tout cela pour vous donner une réponse, malheureusement, fit-elle d'une voix un peu contrite. De plus... Il est bien difficile pour moi... De me souvenir d'un visage, étant donné ma condition. Je ne les vois pas. Et les seuls que je peux apercevoir sont dans les visions qu'Itegami-sama accepte de m'offrir.

Elle se déplaça légèrement sur ses jambes pour mettre la pression de poids ailleurs, histoire de les soulager.

- Le château... une fois que les brumes se sont dissipées... J'ai peut-être pu apercevoir très brièvement qu'il était entouré d'arbres ? Perdu en pleine nature ? Et c'était bien un bâtiment. Très beau... Bien qu'une fois encore... Je ne pourrais pas le comparer à aucun autre. Quant à la dame...

Elle fronça les sourcils, deux doigts venant machinalement jouer avec une mèche de cheveux plongée dans une réflexion compliquée. Décrire quelqu'un, quand on avait pas l'habitude de voir n'était pas un exercice facile. Puis, les détails remontant, elle frappa une fois dans ses mains, avec un sourire sur les lèvres de la toute jeune femme.

- Si ! La dame était albinos. Les cheveux blancs, comme la neige. Et les yeux comme le sang, si j'associe bien les bonnes couleurs. Elle a de grands yeux...  et... Et... C'est tout ce que je peux vous dire je pense. Mais sa peau semble très belle.. Même si elle est morte. Je ... pense que c'est au moins cela. Je ne suis pas très douée pour deviner les âges non plus. Mais... plus âgée que moi.

Elle souffla un peu, satisfaite de cet effort et de sa description, qui paraissait peut-être enfantine... Mais quand on ne voit pas. Quand on a jamais vu un visage sauf dans de trop rares visions. Le mieux était au delà de ses possibilités. Quant à l'outre... Elle n'avait que peu d'idées. En trois semaines de vie au temple, elle avait beau avoir appris beaucoup. Pouvoir deviner si une outre était un objet de rituel... Elle secoua la tête en signe de dénégation.

- Je ne sais pas du tout ce qu'une outre, ou bien la main qui y était marquée dessus peuvent signifier. C'est la première fois que je vois quelque chose de la sorte. (Elle déplaça à nouveau ses fesses pour déporter le poids sur ses jambes.) Quant à l'homme... Son apparence ne peut que trop rien me dire. Je... ne vois pas. Si j'avais rencontré quelqu'un par le passé, il me serait bien impossible si les deux se ressemblent...

Les sourcils froncés, elle réfléchissait. Qui. Avant d'abandonner. Pendant les jours de voyage et les heures à patienter, elle avait torturé son cerveau. Mais sans réussi à trouver quoi que ce soit.

- Ils étaient dans l'ombre, en plus. Impossible de voir un quelconque trait, pour ceux-là, ajouta-t-elle comme pour justifier ce manque de précision. Et... je pense ? La tête enlevée du corps de la femme... Un assassinat vous penseriez ? Et ne vous en faites surtout pas, Hateku-sama. Les questions ravivent les souvenirs que j'ai de la vision... J'espère surtout que celle-ci peut vous être utile, et ne pas vous avoir dérangé... pour rien.

Chieko sourit à son tour, à la dernière phrase, le lui rendant plus ou moins dans la bonne direction, en face d'elle, vers la voix. L'Itako avait une confiance en Bara toute naturelle, tout comme elle l'avait dans ceux du clan, au final. Alors, une personne telle que son hôte, qu'elle pensait bien importante, qui accepte de l'écouter. C'était tout naturellement qu'elle répondit alors.

- Je vous remercie surtout, Hateku-sama, d'avoir accepté de me recevoir. Les visions ne sont que rarement claires, et mes connaissances du monde, trop peu nombreuses pour les déchiffrer correctement. Surtout de cet ordre là. J'espère que nous arriverons à la comprendre, avec votre précieuse aide.

Et reconnaissante, en ajoutant les derniers mots, comme se rappelant d'un détail qu'on lui avait dit pour saluer les gens ou les remercier, elle plia son buste, avant de le redresser, souriante. Était-ce le bon moment pour faire cela. Elle ne savait pas. Mais le moment lui avait semblé opportun.

- Mais je ne comprends pas pourquoi le début de la vision comportait un hiver de nos terres, pour se reporter ailleurs ensuite...


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Geisha

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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Lun 9 Oct - 23:26


Iwasaki Chieko répondit à la moindre de ses questions dans la mesure de ses moyens. Au final, Bara se sentait assez bête. Elle avait demandé à plusieurs reprises si la jeune femme avait reconnu tel ou tel élément, alors qu’elle était aveugle !

“- Veuillez pardonner ma maladresse. C’est que votre description était tellement imagée, j’en ai presque oublié votre cécité. Vous êtes aveugle de naissance, Iwasaki-san ?”, osa-t-elle demander.

Après tout, si elles voulaient travailler ensemble pour résoudre cette énigme posée par leur Dieu, elles auraient tout intérêt à faire un peu connaissance et à ne rien se cacher. Du moins, c’était le point de vue de Bara qui, peut importe les circonstances, appréciait toujours autant de faire de nouvelles rencontres, surtout lorsqu’elles étaient aussi “hors du commun”.

Mais Chieko semblait prendre l’ancienne geisha pour une noble dame. Bara était presque assez attristée de cette petite barrière sociale qui s’était installée entre elle et les gens de castes plus populaires, depuis qu’elle était au château. Elle ne manquerait pas d’inviter bien vite la jeune Itako à supprimer cette particule honorifique au profit d’une appellation plus “sympathique”.

Mais pour l’heure, il y avait déjà bien assez à dire avec ces éclaircissements.

“- La dame était albinos, vous dites ? Ce n’est pas chose si rare chez les enfants d’Itegami… Il y a …”, mais elle se coupa net dans son élan.

Le souvenir de Kanzen s’imposa directement à elle. Le Chien Blanc ne portait pas son nom pour rien. Mais cela était surement génétique ! Alors, y avait-il un rapport avec la lignée pure des Fukyuu, directement ?

Même si son interlocutrice ne pouvait pas voir, elle aurait sans doute perçu le malaise que Bara venait d’éprouver à sa voix tressaillant et à son silence un peu trop soudain et prolongé.

“- Hum … Il y a des albinos chez les enfants de la lignée directe des Fukyuu, je ne sais pas si vous le saviez … Et je ne sais pas si cela a un rapport …”

Bara continuait de réfléchir sur cette piste.

“- Il ne s’agira peut-être pas d’un meurtre … Peut-être que quelqu’un court un danger plus grand encore, je ne sais pas …”

Une tête posée pouvait avoir été tranchée ? Et cela évoquait à Bara une exécution, éventuellement.

“Hmm quant aux hommes qui sont dans l’ombre … Se pourrait-il qu’il s’agisse de quelque espions ? Ou d’une organisation secrète ?”

Là, Bara en avait peut-être trop dit. Elle ne savait que peu de choses sur ce type d’organisation mais elle savait que cela existait, en tous cas.


“- Ce que vous dites est intéressant, Iwasaki-san. Je ne comprends pas pourquoi le château est déporté ailleurs dans votre vision. Cela voudrait-il dire qu’un autre clan serait impliqué ?”


Pour l’instant, Bara avait surtout l’impression de remuer de l’air avec ses propositions. Mais après tout, plus elles soulevaient d’hypothèses, et plus elles se rapprocheraient d’une piste potentielle, non ?


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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Mar 10 Oct - 0:22

Chieko sourit avec douceur, qu'une personne oublie sa cécité était commun. Et elle préférait encore cela à une fixation sur cette dernière qui risquerait de lui offrir une gêne supplémentaire. La jeune femme hocha la tête à l'affirmative sur la provenance de la cécité, et enchaîna d'ailleurs.

- J'ai eu bien de la chance, si je suis née aveugle, pour compenser les kamis m'auront guidé sur la voie où je me trouve actuellement, en ajoutant un don de divination, aux sensibilités propres aux Itako. Je ne peux que les louer alors. Sans eux, les personnes aveugles de naissance sont souvent, m'a-t-on dit, laissées de côté. Risques de malédiction trop élevé.

Sur les quelques mots de fin, l'albinos était devenue plus pensive. Le don d'Itegami était apparu après plusieurs années, du moins dans ses souvenirs. Si elle avait survécu, dans les faits. C'était car ses parents, à la tête d'un groupe de bandits nomades à la moral claire, avaient choisis de la garder. Ils étaient avant tout contre les ordres habituels du clan. Et contre les exclus, ce qui avait formé cette troupe hétéroclite. Mais ça... Ce n'était pas vraiment quelque chose qu'elle pouvait dire. Au moins, elle avait échappé à un funeste sort. Elle secoua la tête pour remettre ses esprits en place.

- Peut-être est-ce que je n'ai jamais rien vu, que les quelques visions que peut m'envoyer Itegami-Sama s'ancrent si facilement en moi, remarqua-t-elle en déplaçant très légèrement ses fesses pour tenter d’atténuer les fourmis qui parcouraient ses jambes.

En parlant de voir, elle commençait doucement à se demander à quoi ressemblait son hôte si accueillant. Mais le moment n'était pas vraiment le bienvenue, et elle doutait, de ce qu'on lui avait expliqué des us et coutumes dans de tels lieux, qu'il était très poli de demander à un hôte telle que Hateku-sama de se décrire. Après tout, elle avait déjà en tête sa voix, les bruits de quelques pas et son odeur. C'était déjà ça, même si bien peu.

Mais alors que la Rose reprenait parole, elle se tue en plein milieu d'une phrase, faisant hausser les sourcils de l'albinos.

- Tout va bien, Hateku-Sama ? s'enquit-elle d'une voix teintée par l'inquiétude avant de reprendre sur le sujet actuel. Je ne le savais pas du tout. Même si je le suis aussi, l'histoire de Notre Clan m'est assez inconnue, encore. J'ai... beaucoup de choses à rattraper. (Elle plisse le nez légèrement.) Mais je ne suis pas certaine que toute la scène se passe en Fukyuu, même. Il y avait cette brume, ce chateau perdu dans la forêt... Loin de nos montagnes grandioses... Loin de notre froid mordant. Mais je ne pourrais pas non plus dire s'il y a des telles Dames dans d'autres contrées.

L'ignorance glissait sur sa personne à nouveau, et cela l'embêtait. Jusqu'à peu, elle ignorait jusqu'à l'étendue des terres Fukyuu, et des noms de certaines provinces. Ce n'était que grâce aux marchands qui l'avaient guidée jusqu'au temple, en passant par la plupart des provinces, qu'elle avait pu les découvrir. D'ailleurs, elle ne comprenait pas trop ce que pouvait être un danger encore plus grand qu'un meurtre. Frustrée par elle-même, elle tapota quelques fois ses doigts sur ses jambes.

- Pardonnez-moi, Hateku-sama, mais... Qu'est-ce qu'une tête coupée avec des silhouettes derrière pourrait signifier, autre qu'un meurtre ? Et de savoir s'ils s'agit d'espions... Je ne suis même pas certaine de comprendre ce qu'est un espion. Et je ne pourrais même pas citer une seule organisation non secrète. Alors en connaître des sec...

Elle se tue à son tour, non pas gênée par un souvenir ou une pensée soudaine, mais plutôt par ses jambes qu'elle ne sentaient plus vraiment, mis à part un douleur diffuse. Elle prit le temps de souffler, ce n'était certes pas le moment de paraître impolie ! Elle se força à continuer.

- Alors en connaître des secrètes... vous disiez cela en rapport à l'outre ? A la main ? Ou même au château ?

A l'intérieur elle maudissait son manque d'endurance qui lui faisait défaut de plus en plus. Mais la petite peur d'être battue si elle faisait quelque chose de mal trainait encore sur sa peau, même si on lui avait bien dit plusieurs fois que cette crainte était maintenant infondée. Alors elle taisait sa douleur et son inconfort.


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Geisha

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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Lun 30 Oct - 20:50

La jeune Itako semblait prendre son handicap avec une grande philosophie et accepter sa condition avec sagesse. Bara n’en aurait bien sûr pas attendu moins d’une religieuse du clan Fukyuu. Mais cela restait une qualité appréciable. La jeune geisha était admirative. En contrepartie de sa cécité, elle avait donc hérité de dons de divinations. Itegami-sama était toujours aussi généreux dans sa manière de traiter ses enfants. *Loué soit-il*, pensa Bara. Chieko sembla rester pensive quelques instants, et l’artiste s’en voulut presque et espérait ne pas avoir remué trop le couteau dans la plaie tout de même.

La suggestion qu’elle fit ensuite paraissait très intelligente : “- Peut-être est-ce que je n'ai jamais rien vu, que les quelques visions que peut m'envoyer Itegami-Sama s'ancrent si facilement en moi”
Cela paraissait logique. Quelqu’un qui ne voit pas beaucoup d’images doit avoir pour réflexe de s’accrocher aux rares qui lui parviennent et cela reste gravé longtemps en mémoire, alors que quelqu’un qui voit toujours ne s’attarde plus sur les détails de ce qu’il voit. Autrement dit : une aveugle comme Chieko pouvait au final mieux voir qu’une personne lambda ! Ce paradoxe amusa Bara qui ne put s’empêcher de sourire.

A sa question sur la possibilité que la dame albinos de la vision soit issue de Fukyuu, l’itako répondit honnêtement qu’elle ne savait pas. Mais effectivement, elle éleva un soupçon tout autre sur cette théorie, chose que Bara avait dû mal interpréter ; se focalisant trop sur le lien qu’il pouvait y avoir entre cette vision et le clan Fukyuu. La brume, le château dans une forêt … Ce n’était pas du tout un décor du territoire des Glaces. Ca ressemblait plus clairement à un paysage Okaruto. Bara n’était jamais sortie d’Ite et voilà que cela devenait assez pénalisant. Quoiqu’on lui avait raconté maintes et maintes fois à quoi les capitales et villes importantes des autres clans pouvaient ressembler, elle n’avait pas fait le rapprochement tout de suite ! Mais en y pensant, cette dame, il pouvait tout à fait s’agir de la Dame des Brumes : Okaruto Kasumi. Bara avait entendu dire d’elle qu’elle était albinos. Ce qu’elle savait d’elle, c’était tout simplement ses derniers clients qui étaient originaires ou passés par le clan des Brumes qui lui avaient raconté.

Elle finit donc par prononcer ces mots comme dans la suite de sa propre réflexion, absorbée par sa propre concentration :
“- Cela pourrait être … Okaruto … Je me souviens maintenant … Okaruto Kasumi, l’Elue de Kasugami … Elle est albinos. ET ! Maintenant que j'y pense ! L'outre ! Il y a des outres aussi sur le Mon du clan des Brumes !”
Comment n’avait-elle pas pensé à cela plus tôt ? Quelle sottise ! Quelqu’un aurait sans doute tout de suite compris.

Mais sortant de cette espèce de torpeur introspective, elle s'aperçut que son invitée avait l’air de ne pas très bien supporter son assise en seiza. Oubliant presque tout du contexte de cette entrevue : la geisha qu’elle était toujours voulu privilégier le confort de la jeune fille. Délicatement elle glissa alors dans une murmure :
“ - Iwasaki-san, nous sommes seules dans cette salle. Si vous avez mal aux jambes je vous en prie, asseyez vous comme bon vous semble. Je ne suis pas là pour vous juger mais au contraire pour profiter de votre sagesse. “

Puis, bien que la jeune itako ne le vit pas, Bara s’inclina dans une marque de profond respect. Elle trouvait déjà cela suffisamment courageux de la part de la jeune femme d’avoir voyagé jusqu’ici alors qu’il y avait tant de chances de se faire refuser une audience … Il n’y avait pas besoin de lui faire endurer le supplice d’une étiquette trop stricte.

Après quoi elle revint sur ce que la religieuse avait dit au sujet de la menace pesant potentiellement sur cette Dame décapitée.

“- Oui, vous avez probablement raison. Une tête décapitée. Je ne vois pas ce que ça pourrait vouloir dire d’autre qu’un meurtre ! Mais c’est horrible. Est-ce-qu’un meurtre est en train d’être organisé contre la Dame des Brumes elle-même dans ce cas ?”
, sans le vouloir, la voix de la geisha trahissait un peu son angoisse. Si c’était vraiment la bonne interprétation, elles étaient probablement les seules à pouvoir déjouer cette terrible manoeuvre, sans doute politique.

“- Les espions … Les organisations secrètes … Je vous avoue que moi-même j’en sais peu à leur sujet. Mais je sais que ça existe. Et que ce type d’organisation …”


Elle s’arrêta de parler voyant qu’à son tour Chieko avait buté sur l’une de ses phrases, en plein milieu. Comme elle-même l’avait fait plus tôt au sujet de la lignée Fukyuu en pensant à Kanzen ...

“- Je vous retourne votre gentille question de tout à l’heure : tout va bien ? Vous semblez pensive soudainement.”

Peut-être la jeune femme était en train de faire un lien entre plusieurs éléments de cette vision ou peut-être est-ce-que cela avait un rapport avec ce qu’elles venaient de se dire.

“- Je faisais plutôt un rapprochement avec les mains oui … Cela me semble être assez symbolique et je sais que certaines organisations utilisent beaucoup les symboles pour faire parler d’elles.”


Encore une fois, le peu de choses qu’elle pouvait connaître des organisations secrètes : c’était des rumeurs qu’elle avait pu entendre parfois à l’okiya. Rien de fiable, ni de sur, mais pourtant c’est parfois dans le quartier des plaisirs qu’on en apprend le plus sur les affaires de tout l’Empire …

“- De plus vous dites qu’il vous est impossible de reconnaître le trait des personnes qui sont à côté dans votre vision. C’est parce que leurs visages vous sont inconnus ou parce qu’ils ne sont pas visibles du tout ? Et le fait qu’ils s’enfuient par les tuiles … C’est ça qui me fait penser qu’il pourrait s’agir soit d’espions … Ou même peut-être de traîtres ! Sinon pourquoi retournent-ils dans les tuiles du château ?”


C’était peut-être une interprétation complètement hasardeuse. Mais Bara laissait jouer son imagination et sa perception des choses pour tenter de comprendre. Ces éléments pouvaient devenir des éléments stratégiques d’une valeur capitale pour le clan et ses relations avec le clan de la Brume.


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Itako

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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Lun 30 Oct - 22:42

Chieko était toujours plongée dans ses pensées. Elle ne se voyait certainement pas comme sage, ni même comme intelligente. Elle avait bien trop d'ignorance pour cela. Son handicap, pour elle, était son fardeau. Seul Itegami, la chance, et sa destinée avaient pu offrir une raison à sa survie, malgré toutes les souffrances qu'elle avait pu traverser. Ce n'était pas réellement de son fait : elle était bien trop dépendante des autres. Cela, la vie lui avait mille fois montré.

Mais la conversation continuait, et c'était à la toute jeune femme d'en apprendre auprès de son hôte. Elle allait pouvoir remplir le trou béant de son inculture. Là où elle ne pouvait donner que des pistes de réflexions, Hateku Bara, elle, arrivait à y mettre des idées, des solutions. Ainsi, les brumes, l'outre, et les autres détails évoqués les mirent sur voie. Un autre clan, Okaruto. D'après les conversations qu'elle avait pu entendre au temple. Etait-ce vers le nord ? Vers l'est ? Chieko pinça les lèvres, tout en gigotant à nouveau.

Quand la dame en face d'elle lui fit la proposition de changer sa position, elle eut un regard bien reconnaissant vers elle. Par tous les kamis, elle en avait besoin. Se lever était hors de question. Ses maigres jambes, dans leur état plein de fourmis n'étaient certainement pas capable de la porter, et Chieko ne savait pas non plus comment se poser, alors elle s'aida de ses mains, aux doigts squelettiques et tordus, pour accompagner ses jambes de côté, avant de les ramener devant elle, fesses au sol, genoux contre son maigre corps.

Sa main, presque discrètement, alla vérifier que son vêtement, maintenant tendu et replié cachait au possible ses jambes aussi maigres que le reste de son corps, et tira un peu sur un tissu qui composait sa tenue pour les cacher. Ce n'était pas vraiment qu'elle avait honte de son corps. Mais qu'on lui avait bien fait comprendre que montrer ce spectacle pouvait être dérangeant, encore plus aux yeux de ceux qui n'avait que trop peu connu la faim. Ne voulant pas manquer de respect à celle qui avait bien voulu la voir, elle tentait de sauver les quelques apparences. Elle entoura ses genoux de ses bras rachitiques. Plus à l'aise ainsi, tout en écoutant la dame s'inquiéter sur sa vision.

La jeune Itako ne semblait pas plus dérangée que cela. Une mort si lointaine ne l'inquiétait pas trop. Peut-être manquait-elle de coeur ? Elle plissa les yeux. Ce n'était pas dans son caractère, certainement pas, mais alors pourquoi. D'habitude, elle préférait largement se sacrifier, pour sauver la plupart de ses bourreaux. La plupart... Puis elle comprit. Elle s'était habituée à un fait simple sur ses visions. C'est d'ailleurs à ce suje qu'elle prit parole.

- Hateku-sama, je crains que ce ne soit que peine perdue. De toutes les visions que j'ai pu avoir par le passé. Qu'elles annoncent une avalanche par une vague blanche qui envahissait toute la montagne et la vallée. Qu'elles soient des murmures qui maintenant me parlent comme des psaumes. Ou qu'elles annonces la mort. Ou bien qu'elles annoncent tant de fois la souffrance. Jamais mes visions n'ont été un avertissement pour changer l'évènement. Ce qui a été vu se produira.

Elle avait une voix grave, désolée. Elle ne souhaitait la mort de personne. Mais pour elle, ce fait était inaltérable. Elle ne l'avait que trop vécu, même si c'était grâce à elles, finalement, qu'elle vivait. Que Chieko allait pouvoir mourir en tant que fardeau, pour renaître en tant que personne là pour la communauté. Alors oui. Elle était désolée, terriblement, pour ce que cela annonçait. Mais elle ne put que secouer la tête.

- Tout ce qui est possible de faire, avec une telle vision, Hateku-Sama, c'est de se préparer à ses conséquences. Je suis désolée qu'elles ne soient pas plus utiles que cela. Mais surtout s'ils y a des choses dangereuses impliquées, il ne faut pas que vous vous engagiez directement dedans.  

Elle avait plissé son petit nez d'inquiétude. Sa venue ici, bien que folle, était pour prévenir d'un fait. Pas pour se lancer avec une autre dame qui valait mille fois sa personne dans une course contre la montre contre des organisations sombres...

- Si mon silence était à propos de mes jambes que je ne sentais plus trop... Je réfléchissais aussi au fait que, moi, je ne pourrais jamais être présentable.

Elle leva à hauteur de son visage une main, laissant la manche descendre sur son avant bras, dévoilant un corps issu de mauvais traitement et de famines bien régulières. Doigts tordus, articulations grinçantes, maigreur infâme. On se doutait que son corps était sûrement similaire. Même son nez était, à la réflexion, légèrement tordu lui aussi. Sûrement des coups reçus. Et des mauvais soins. Cependant, Chieko gardait le menton haut, et son impression très présente de douceur et de calme. Comme si rien, en l'instant ne pouvait entamer ce fait, chez elle.

- Je ne pourrai jamais être présentée lors d'une audience. Certains ne verraient qu'un corps décharné. D'autres n'offriront que de la pitié, d'autres du dégoûts. Les paroles, fussent-elles offertes et inspirées par Itegami, fussent-elles prononcées par des esprits me possédant pour délivrer un message, seront toujours déformées avec un de ces regards. C'est aussi pourquoi, dans ma tentative naïve de venir ici, je vous suis grandement reconnaissante, Hateku-Sama, d'accepter de recevoir mes paroles sans préjuger par mon apparence ou ma jeunesse. Et je suis loin d'être sage.

Et suite à ces mots, tout comme elle avait entendu les froissements de tissus de son hôte, Chieko s'inclina bas, laissant ses jambes retourner au sol, avant de se redresser et de les ramener à elle à nouveau. La discussion reprit sur le sujet en cours, plus important, d'ailleurs.

- Sauriez-vous vous renseigner sur ces organisations ? Tout en essayant de rester secrète ? Surtout si comme vous l'avez dit, ils sont parmi les châteaux avec ces tuiles, il ne faudrait pas trop que leurs oreilles entendent nos recherches ? Si une main peut signifier quelque chose... Cependant, pour les visages des hommes... C'est autant car je ne saurais pas les décrire. Qu'est-ce qu'un petit nez, qu'un gros nez ? Et mis à par des joues. Un menton ? Je n'ai tout simplement pas les mots ni la vision sur ce qu'ils signifient pour les décrire. Mais aussi car si j'ai retenu beaucoup de détails, et encore plus grâce à vous, les visages ne me sont pas apparu plus clairement que cela. Outre le lien étrange ressenti avec l'une des trois personnes. Lien que je ne saurai décrire non plus....

L'Itako pinça les lèvres d'un air un peu frustré. Là où elles avaient tant avancées. Elle ne pouvait pas donner le dernier coup de pinceau au tableau qu'elles avaient réussi à construire. Elle ne put que secouer la tête doucement.

- Sans pouvoir aller plus loin. Pensez-vous que cette vision, et votre interprétation sera utile pour notre clan ? Ai-je eu raison de venir ici ?


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Geisha

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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Sam 11 Nov - 19:59

Apparemment les deux jeunes femmes approchaient de la signification réelle de la vision. En y repensant, Bara faisait maintenant les divers liens logiques entre les symboles évoqués par Iwasaki-san et ce qu’elles avaient pu faire comme suppositions. A vrai dire, la geisha était soulagée que cela ne concerne pas directement la Cour des Glaces … Mais d’un autre côté, elle sentait quel poid pouvait avoir de telles suppositions dans le monde. Après tout, si la jeune itako n’avait pas trop répandu la nouvelle de cette vision, et qu’encore moins de gens avaient pu en tirer des conclusions, elles étaient donc désormais les deux seules à être au courant de ce terrible évènement à venir.

Et il s’agissait d’un meurtre, qui plus est un meurtre politique. Un assassinat prémédité, la disparition d’un Elu divin. Un complot, surement. Ou une vengeance. Cela pouvait être beaucoup de choses … La Rose serra ses poings et ne put s’empêcher de se crisper. Pourtant habituée depuis cet été à voir et vivre de terribles épreuves, le fait d’être potentiellement la seule à pouvoir y faire quelque chose l’angoissait terriblement. Avec les endormis, elle s’était armée de patience, ne pouvant rien faire. Avec les blessés se battant contre des hordes Yokaïs, Bara avait retenu son souffle, priant pour les soldats qui se battaient dans les contrées Fukyuu. Mais elle ne pouvait rien faire non plus. Avec le départ de son Daimyô et d’autres membres notables du clan, la geisha n’avait pu que placer tous ses espoirs en eux, et les accompagner seulement par la pensée, espérant chaque minute que tout irait pour le mieux ...

Mais ici, l’artiste, avec son coeur tendre, aurait souhaité pouvoir empêcher cet attentat. N’importe comment, elle se serait battue, pour se faire entendre, pour faire entendre la jeune femme qui se tenait devant elle, pour que cette vision soit prise au sérieux, entendue, pour qu’on agisse en conséquence !

Mais très vite, la voyante lui expliqua que ses visions étaient toujours inévitables. Bara qui souriait gravement depuis le début de leur conversation, laissa tomber son visage comme si la gravité elle-même l’avait emporté. Elle baissa le regard, déçue. Son anxiété se muant en tristesse. C’était idiot : elle ne connaissait même pas Okaruto Kasumi. Mais en fait, elle pensa à … Toutes les personnes que cette jeune Dame allait laisser seules, dans le désespoir. Un peuple entier, surement, à l’exception de quelques opportunistes qui n’attendent surement que cela. Elle songea au désespoir dans lequel tomberait Fukyuu si son nouveau daimyô ne revenait pas de son expédition. Le peuple songerait que la malédiction se poursuit. Qu’il n’y a rien à faire, que la fatalité s’abat sur lui. Beaucoup se donneraient la mort … D’autres fuiraient, ou sombreraient dans le chaos … Elle reporta toute cette douleur imaginaire au clan Okaruto. Elle dût presque retenir ses larmes, son empathie se jouant de ses émotions.

Puis, la geisha se ressaisit, secouant légèrement la tête et relevant les yeux. Même si cela ne concernait pas directement le clan, cela pouvait avoir des impacts importants sur les choix diplomatiques entrepris avec le clan de la Brume. Bara en était consciente. Comme l’avait dit doucement la jeune albinos ; il fallait au moins se préparer aux conséquences de cet évènement.

L’hôtesse écouta attentivement ce que dit ensuite la religieuse. Beaucoup de questions découlaient évidemment des conclusions faites et validées ensemble. Bien sur certaines zones d’ombres persistaient malgré les pistes qu’elles avaient évoqué.

“- Pour ce qui sont des organisations, je vais tenter de me renseigner. Souvent les geisha assistent malgré elles à des conversations intéressantes voire secrètes. Elles ne devraient pas en être témoin mais une bonne hôtesse sait aussi se faire oublier lorsqu’il faut. On ne se méfie pas de nous. Même si je suis maintenant à la Cour, je pense qu’il sera toujours possible pour moi d’appliquer ces … compétences ici.”


La rose était songeuse. Cela ne sera pas difficile de grappiller des informations dans l’enceinte du Château mais … en même temps c’était sans doute le meilleur endroit à Ite pour le faire. Même de toutes petites bribes de conversations pourraient aider à y voir plus clair ou au moins éveiller une curiosité dans le bon sens.

L’itako posa alors une question sur l’utilité de cette vision. Bara sut de suite quoi répondre :
“- Oui, elle sera utile. Je ferais en sorte qu’elle le soit. Vous avez raison, il ne faut pas que j’ébruite trop le sujet de recherches concernant d’éventuelles organisations secrètes qui pourraient être tenues pour responsables. Pour autant, le bruit de cette vision peut courir peut-être un peu plus.”

Là, l’artiste retrouva un sourire quelque peu complice. Elle expliqua un peu mieux le fond de sa pensée :
“- Vous comprenez, je pense que dans le pire des cas, cette rumeur à propos de votre vision sera juste ignorée. Mais peut-être que cela éveillera certains qui voudront en savoir plus ou faire plus pour pouvoir faire en sorte, comme vous le disiez plus tôt, de prendre des dispositions en vue de cet évènement… Et d’anticiper, dans la mesure du possible, les conséquences que cela peut avoir. Tant d’un point de vue diplomatique et politique que sur tout autre point.”

Elle s’arrêta un instant puis poursuivit, plus pensive et énigmatique :
“- Au delà de ça ... dans le meilleur des cas, il suffit parfois d’une simple rumeur pour que des desseins plus grands soient révélés ou déjoués … Mais ça … Il ne faut pas compter dessus … Et se fier au destin.”

Bara avait déjà vu des rumeurs s’amplifier et devenir de vrais sujets d’enquête parfois. Bien sûr, ce n’était qu’au niveau de l’okiya. Mais les “on-dit” provoquent la vérité qui ne demande souvent qu’à apparaître au grand jour …

“- Il faudra bien sûr se méfier de chaque information qui nous parviendra. Mais si nous arrivons à tirer notre épingle du jeu, à nous allier aux bonnes personnes … Il est presque sûr que toute cette histoire aura un impact sur l’avenir de notre clan, du moins j’ose le présumer.”



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MessageSujet: Re: Les affres d'une vision [PV] Sam 11 Nov - 20:53

Il y eut parfois des silences. Des crispations. Elle l'entendait, elle la supposait. Elle l'imaginait. Cette femme, Geisha, sûrement d'une grande beauté, pour ce que cela signifiait pour Chieko, face à ces annonces peut-être lourdes. Chieko se voyait comme messagère. Et de toutes façons, au vu de son physique, de ses connaissances et de son intelligence qu'elle considérait comme limitée, elle ne pouvait que rarement y faire quelque chose. Et une fois encore, elle s'en reposait sur quelqu'un. Et la chance l'avait servie. Cette Rose était particulièrement attentive, et malgré ses jambes osseuses, malgré ses pieds recouverts de tissus dont on devinait quelques doigts manquants, malgré ses joues creusées, malgré sa jeunesse, elle avait été écoutée.

La respiration s'était très légèrement intensifiée, pour son hôte. De fait, elle annonçait une mort, après tout. Incapable de trouver les mots pour rassurer -elle avait dit ce qu'elle pouvait dire-, Chieko ferma les yeux quelques instants, avant de reprendre ses explications et ses inquiétudes. Ses conclusions. Et sur celles-ci, le pouvoir résidait maintenant entre les mains de Bara, et celle-ci le confirmait. L'apprenti Itako souriait, satisfaite, et contente.

- Si je dois vous avouer, Hateku-sama, que le rôle des Geishas ne m'évoque que peu de choses, mon ignorance étant encore trop flagrante pour tout ce monde, commença-t-elle en plissant le nez, je suis bien heureuse d'être tombée sur vous. Contrairement à moi, vous allez, à la place qui est la vôtre désormais, pouvoir faire quelques choses de mes paroles, et de ce qu'Itegami-sama a pu m'envoyer.

Elle pinça les lèvres un instant, réfléchissant rapidement à la bienséance du moment, et des questions hors sujet qui lui taraudait l'esprit. Mais pour le moment le temps était à nouveau à l'écoute, sur les propositions et les plans malins de la rose. Les rumeurs, la politique, la diplomatie. C'étaient des terrains qu'elle ne connaissait pas. Seule Bara avait pu identifier la signification de l'outre, des brumes, de la forêt, de... De toute sa vision. Et c'était là une des limites flagrantes qui enfonçaient la jeune Itako dans une perplexité et une frustration certaines.

Prendre le temps d'apprendre, elle aurait aimé. Mais déjà, elle avait tant à faire. Se préparer, un peu plus, à la cérémonie qui ne tarderait pas, qui la pousserait à se retrouver entre vie et mort, pour joindre le monde des esprits, et se lier à l'un d'eux. Puis après... Son rôle prendrait tout son sens, elle l'espérait. Mais dans ce cadre là, comment alors apprendre ? Elle secoua la tête, relachant ses jambes qui avaient au moins un peu, cessé de la démanger, pour se rasseoir plus convenablement.

- Je vous voue une confiance complète sur les paroles que je vous ai transmises. Je vous en conjure juste, ne prenez pas trop de risques. Je serais bien désolée, si une action un peu téméraire pour découvrir les zones d'ombres vous mettait en danger. Pourrez-vous me tenir au courant, par lettre qu'un Sohei ou autre prêtre ou Miko pourra me lire, de vos avancées ? Ou si vos paroles arrivent à atteindre quelques hautes sphères qui sauront en tirer plus facilement, les préparations nécessaires ?

Elle s'était rétablie en Seiza, ses mains tapotant nerveusement son vêtement très légèrement dépareillée après ses mouvements et ses changements de position successifs. Elle pinça à nouveau les lèvres, réfléchissant. Au moins, peut-être qu'avant de partir, elle pourrait en apprendre plus.

- Avant que je ne vous quitte pour rejoindre le temple Gakushiki, je me permets de vous poser une petite question... Si cela ne vous dérange pas... (Elle hésita un petit instant, comme attendant une confirmation et se lança.) Pourriez-vous me dire ce qu'est une Geisha ? Que faisiez-vous ? Comment écoutiez-vous ces discussions secrètes. Vous étiez... comme une espionne ?

La question était plein de candeur, elle le savait. Mais elle aussi avait ses océans d'ombres à remplir. Et autant commencer par un petit ruisseau.


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