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 [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours

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Hirohashi Jun

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Genin

Messages : 30
Date d'inscription : 27/11/2017
Age : 23

MessageSujet: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Jeu 30 Nov 2017 - 5:10




HIROHASHI Jun


☼ Nom : Hirohashi
Alliance de l’héritier d’une longue lignée de sages samouraï et de la fille d’un riche marchand, la famille Hirohashi de Ite fait partie des nobles peu respectés de Fukyuu. Après la naissance de leur premier enfant, un fils qui avait pourtant tout pour plaire et qui n’apportera que malheur et déception, le couple ne fut plus jamais le même. Lentement dévorés par leur haine l’un pour l’autre, ils ignorent totalement leur progéniture, et même leurs trois filles, prodiges qu’Itegami leur offrira plus tard, ne suffiront pas à ramener la paix dans le foyer. Mais un drame n’arrive jamais seul, et la famille sera massacrée jusqu’au dernier membre par un monstrueux yokaï sans foi ni loi. Du moins, c’est ce que les rumeurs racontent. Après des années à vivre dans cette famille, Jun a pris de ce nom quand elle s’est mariée avec Hirohashi Heita.

☼ Prénom : Jun
Fardeau porté depuis le début de sa vie, c’était le prénom de la défunte fille adorée du premier maître de Jun. Détruit par le chagrin et la solitude, il reporte sur son animal de compagnie toute l’affection qu’il avait pour elle, jusqu’à lui donner le même nom. Jun a plusieurs fois tenté d’effacer ce douloureux poids, mais c’est à croire qu’il est impossible d’oublier d’où on vient.

☼ Surnom :
Au sein des ninja, Jun se fait appeler La Maîtresse. Ce titre plutôt ironique lui a été donné alors qu’elle s’en retournait de sa première mission, qui consistait à espionner puis réduire au silence un précepteur infiltré soupçonné de trahison.
Pour la Confrérie de la Main, Jun n’est connue que sous le surnom de Seppen. Quand Jun s’est présentée aux membres de l’organisation pour la première fois lors de son intronisation, Heita lui a coupé la parole pour lui donner ce surnom en référence à l’un de ses pouvoirs. Mise au pied du mur, elle n’a pas eu d’autre choix que de l’accepter. Aujourd’hui elle en tire presque une certaine fierté ; ce n’est pas donné à tout le monde d’être Le Flocon.
Autrement, peu de gens connaissent le vrai nom de Jun, étant donné que la plupart de ses missions se font sous une autre identité. Elle utilise les prénoms de ses trois sœurs Hoshi, Hina et Haru comme couverture ou pour se présenter à des inconnus – par manque d’inspiration ou peut-être simplement que rien d’autre ne lui convient autant.

☼ Race : yokaï – bakeneko
Au début de sa vie, Jun était seulement un petit chat noir, sans histoire et sans intérêt. Et puis un jour, sa fidélité envers son maître l’a poussée à se transformer en humaine, faisant d’elle un yokaï par la même occasion. Elle a vite compris à quel point sa nature était considérée comme mauvaise par les hommes, et que si elle ne se cachait pas, elle serait traquée et chassée comme le monstre qu’elle est désormais.

☼ Âge : 63 ans
Bien qu’ayant vécu de nombreuses années, Jun a gardé l’apparence d’une jeune fille, entre 20 et 25 ans. Elle ne porte pas les marques de l’âge ni sur son corps ni sur son visage, et redoute le regard de ceux qu’elle côtoie depuis des années quand il s’apercevront de la supercherie.

☼ Sexe : F

☼ Statut : Genin
Entraînée pendant des années aux cotés de Hirohashi Heita et sous la tutelle du chunin Nanba Nobu, Jun finit par se voir confier sa première mission en tant que genin – qu’elle accomplit avec pertes et fracas. Aujourd’hui, elle est pressentie pour prendre la place de son ancien maître, officiellement mort des suites de la torpeur, ce qui n’est pas pour ravir le reste des ninja. Pour l’instant, elle n’a exécuté ses missions que sous sa forme de chat ou sous diverses identités factices de façon temporaire et n’a pas de place dans la société, en dehors du village de Chiyuki. En d’autres termes, officiellement, Jun n’existe pas parmi les êtres humains.

☼ Arme(s) :
L’Ombre des Aubes est un kaiken d’une petite vingtaine de centimètres dont le fourreau couleur bordeaux est élégamment gravé de motifs en formes de pétales dorés. Le Spectre des Crépuscules est le deuxième kaiken qu’elle cache à sa ceinture. Il est quasiment identique au premier, au détail près que celui-ci est bleu marine sous ses ornements floraux. Les deux lames lui ont été offertes lors de son mariage, comme la tradition l’exige, bien qu’elle ne se perpétue que peu chez les gens de son rang.
En plus de ses deux couteaux, Jun est très douée avec ses doigts. L’art des nœuds et de la strangulation ne s’improvise pas, alors elle porte souvent sur elle toutes sortes de fils, cordes et autres rubans. En dernier recours, elle utilise même sa ceinture. A l’origine, elle était très maladroite, mais suite à un entraînement acharné consistant à tresser les cheveux de ses sœurs pendant des années, Jun a fini par y prendre goût et maîtrise désormais les liens à la perfection – ou presque. Mis à part ça, elle est l’une des rares ninja à ne pas vraiment utiliser d’autres armes, celles dont elle sait se servir lui suffisant amplement pour le moment.





FAMILLE HIROHASHI –

Hirohashi Heita
Aîné et seul héritier du nom de la famille Hirohashi, Heita sera du début à la fin considéré comme un raté, et la plus grosse déception de ses parents. Transparent et oublié au point de pouvoir parfois disparaître pendant des mois sans que personne ne s’en rende compte, il s’entraîne en fait depuis sa plus tendre enfance pour devenir genin auprès du chunin Nanba Nobu. Il tient à ses sœurs comme à la prunelle de ses yeux, mais reste cependant manipulateur et calculateur envers tout le monde. Il tentera par tous les moyens de contrôler Jun pour ses propres intérêts, développant par la même occasion des sentiments troubles mêlant haine viscérale et attachement malsain pour elle, allant jusqu’à l’épouser pour la posséder. Il ne lèvera pas le petit doigt quand elle tuera ses parents devant ses yeux. C’est lui qui sera son parrain dans la confrérie de la Main, et il lui fera également croire que ses sœurs sont mortes de la main de leur maître chunin pour que celle-ci le tue afin qu’il puisse prendre la place tant convoitée. À maintenant 29 ans, il estime avoir suffisamment fait ses preuves en tant que genin pour mériter cette promotion. C’est lui qu’elle considère maintenant comme son maître et elle le suivra aveuglément dans toutes ses entreprises… jusqu’à ce qu’elle découvre la vérité.

Hirohashi Hoshi
Aînée des sœurs Hirohashi, Hoshi a désormais 27 ans. Bagarreuse et honnête dès son plus jeune âge, elle a toujours été couverte de bleus mais jamais elle n’a laissé ses petites sœurs être en danger. Jun l’a vue pour la dernière fois lorsqu’elle a quitté la maison pour rejoindre le temple Temple Gakushiki, où elle deviendra miko, même si elle est bien plus versée dans les mantra, sutra et la lutte contre les yokais que la prière. Jun reconnaît les trois sœurs comme ses réelles maîtresses et les aime comme si elle faisait vraiment partie de leur famille. Manipulée par Heita, elle les croit mortes.

Hirohashi Hina
Cadette des sœurs Hirohashi, Hina a désormais 25 ans. Effacée et rêveuse, elle se révélera être un onmyoji quand elle invoquera son esprit gardien sous la forme d'un cerf blanc. Jun l’a vue pour la dernière fois lorsqu’elle a quitté la maison pour rejoindre le temple Temple Gakushiki, où elle suivra un entraînement drastique. Jun reconnaît les trois sœurs comme ses réelles maîtresses et les aime comme si elle faisait vraiment partie de leur famille. Manipulée par Heita, elle les croit mortes.

Hirohashi Haru
Benjamine des sœurs Hirohashi, Haru a désormais 23 ans. Espiègle et vantarde, elle découvrira accidentellement qu’elle a de nombreuses visions, concernant le passé, le présent mais aussi le futur. Jun l’a vue pour la dernière fois lorsqu’elle a quitté la maison pour rejoindre le temple Temple Gakushiki, où elle servira en tant que miko, désirant au plus profond d’elle cacher ses dons qui lui imposeraient une rigueur et une retenue qu’elle n’apprécierait pas. Jun reconnaît les trois sœurs comme ses réelles maîtresses et les aime comme si elle faisait vraiment partie de leur famille. Manipulée par Heita, elle les croit mortes.

Hirohashi Chion
Décédé. Père de la famille Hirohashi et dernier représentant de sa lignée de samouraï, il sera la cible de Jun quand il abattra sa rage sur sa progéniture par sa faute. Il ignore son fils qu’il considère comme un raté et bat ses filles qu’il voit comme des obstacles à ses ambitions depuis qu’elles se sont révélées toutes les trois bénies par Itegami. Il deviendra fou de colère en découvrant que le chat de ses filles est un yokaï et subira les conséquences de ses actes envers ses enfants.

Hirohashi Chiyo, née Ohara
Décédée. Avant d’être mariée à Chion et de devenir mère de la famille Hirohashi, elle était fille d’une riche famille de marchands. Exigeante et mauvaise envers ses filles, elle reportera la frustration de ses rêves brisés sur elles et jalousera leur beauté et leur innocence de façon maladive. Persuadée de pouvoir chasser le mal qui habitait le corps du chat domestique de ses filles, elle lui coupe la queue avant de le jeter hors de la maison. Jun ne comptait pas la tuer, mais c’est elle qui l’a mutilée alors c’est par pure vengeance qu’elle lui rendra la pareille.


LA CONFRÉRIE DE LA MAIN –

Daiki
Bras de la Confrérie, il a tendu le couteau avec lequel Jun a du se faire entailler la paume pour faire partie de cette famille. Elle le sait impitoyable et séducteur, et ne se prive pas d’en profiter pour lui faire de l’œil et noyer Saaya dans sa jalousie. Il ne se sont vus que deux ou trois mais Jun sait qu’au delà de son jeu dangereux, elle lui doit respect et fidélité.

Saaya
Officiellement Main de la Confrérie, elle était présente aux cotés de Daiki comme simple assassin lors de la cérémonie d’intronisation de Jun. Cette dernière a tout de suite repéré son jeu de regards et ses gestes qui en disaient long sur son amour pour son supérieur. Depuis, elle s’amuse à se donner des airs lascifs et une allure nonchalante devant lui pour s’attirer les foudres de Saaya. Jun apprécie particulièrement ce regard inquisiteur et débordant de jalousie dont elle la gratifie à chacune de leurs trop rares rencontres, et la voir enrager sans raison tangible la ravit au plus haut point.


CLAN FUKYUU –

Nanba Nobu
Décédé. Il était infiltré en tant que gérant des bains publiques de la capitale afin de surveiller la population depuis quelques années. Depuis que l’alliance avec Setsu avait été rompue et que la création du clan Kenshu se profilait, il espionnait les kuge autant que les petites gens et les militaires, entraînant en parallèle de nombreux genin pour le clan dans les sous-sols de son établissement. Chunin de Fukyuu, il était le maître de Heita et Jun. Il les a entraîné durement pour qu’ils deviennent genin. Il a recueilli Jun après qu’elle ait été chassée de la famille Hirohashi, bien conscient qu’il s’agit d’un yokaï. Curieux de voir jusqu’où son pari risqué d’en faire un monstre docile au service du clan pourrait aller, il a pris soin d’elle et a pansé ses blessures. Il a très vite vu ce que Heita avait commencé à faire avec elle, mais ne s’est interposé à aucun moment. Jun le tuera dans un excès de rage, persuadée qu’il a assassiné ses sœurs. Étant dans l’impossibilité de faire disparaître le corps et à court d’options, elle a fini par le dévorer entier. Dans son dernier souffle de vie, il réalisera l’étendue des ambitions de Heita et comprendra pourquoi il a poussé Jun à le tuer, regrettant de n’être jamais intervenu. Officiellement, Nobu a succombé à la torpeur et n’est jamais revenu de son voyage dans le Yomi.

Mitsuhide Aije Yue
Aije Yue était une simple genin qu’elle n’avait jamais vue, probablement infiltrée quelque part dans un autre clan. Jun ne lui accordait aucune importance, mais c’était avant que celle-ci ne décide de prendre le pouvoir et de s’élever au rang de chunin grâce aux pressions faites sur l’ancien tenant du statut. Impressionnée par sa capacité à profiter de la désorganisation ambiante qui régnaient alors sur le village caché de Chiyuki pour la tourner à son avantage, elle s’est trouvée plutôt admirative et attend maintenant la suite avec impatience. Après que la mort de son ancien chunin et maître ait été annoncée officiellement, Jun s’est retrouvée sous les ordres directs d’Aije Yue, ce qui n’a pas été pour lui déplaire. Elle redoute cependant d’avoir un jour à lui avouer sa nature, ou bien qu’elle finisse par le découvrir par elle-même, et craint sa réaction plus que celle des autres. Jun ne sait pas qu’il s’agit en fait de la jonin.


ANCIEN CLAN DU DRAGON –

Rokkaku Ren
Décédé. Il l’a adoptée avant la grande guerre et a été son premier maître, et elle a été son seul compagnon pendant l’enfer écarlate. Jun a hérité son prénom de sa défunte fille, Junko. C’est pour lui sauver la vie que Jun est devenue humaine et yokaï. Mais pris de peur et submergé par le dégoût, il l’abandonne immédiatement sur le champ de bataille alors qu’elle est gravement blessée. Il mourra plus tard, peut-être rattrapé par l’âge ou par ses ennemis, Jun ne saura jamais.




POUVOIRS ET MAÎTRISES


☼ Le manteau de la reine de la montagne [Pouvoir] (5)
Jun peut recouvrir sa peau d’un voile de milliards de flocons de neige étincelants pour parer les attaques et protéger son corps.
Le voile dure environ 10 secondes s’il recouvre l’intégralité du corps de Jun, et jusqu’à un maximum de 60 secondes selon la taille de la surface qu’elle choisit d’envelopper. Ce pouvoir ne pare que les coups physiques.
La pellicule est extrêmement dure et incassable, mais elle est soumise aux mêmes règles que la glace classique, à savoir qu’elle fond s’il fait plus de 0°C, et fond également au contact de la peau de Jun si elle tente de dépasser la limite de temps. Bien que fin, le voile entrave ses mouvements pendant l’effet et refroidit son corps jusqu’à l’engourdir complètement pendant quelques minutes après la fin du pouvoir. Il serait difficile d’utiliser ce pouvoir dans un lieu trop lumineux, au risque de se transformer en boule à facette.

☼ Le manteau de la dernière heure [Pouvoir] (15)
Entre la vie et la mort, ce pouvoir permet à Jun de refroidir son corps pour figer ses organes, sa respiration et stopper son cœur. A l’extérieur, elle devient pâle et rigide, ressemblant à s’y méprendre à un cadavre.
Jun peut maintenir cet état un peu moins de 10 minutes au maximum, soit jusqu’à la mort cérébrale qui est le point de non retour. L’effet est progressif, elle sera de plus en plus proche de la mort à mesure que le temps passe. Au début, elle n’aura pas l’air aussi livide qu’après un certain temps.
Incapable de bouger, de parler ou même de respirer, Jun est coincée dans cet état de demi-mort jusqu’à ce qu’elle réussisse à le stopper. Elle risque la mort définitive à chaque instant si son esprit ne reste pas concentré. Personne d’autre qu’elle-même ne peut ramener Jun à la vie quand elle utilise ce pouvoir. Après avoir passé 3 minutes sous l’effet du manteau de la dernière heure, elle est engourdie, ses gestes sont limités et difficiles, ses pensées sont confuses, et elle ne peut disposer librement de son corps et de son esprit qu’après un délai d’environ 3 heures. Après 6 minutes, le délai augmente à 9 heures, et après 9 minutes, il va jusqu’à 27 heures.

☼ Le manteau de la Lune [Pouvoir] (35)


☼ La Maîtresse aux cent attaches [Maîtrise] (15)
D’abord seulement très consciencieuse quand elle s’occupait de tresser les cheveux de ses sœurs, Jun a fini par être complètement obsédée par les nœuds et toutes leurs possibilités. En commençant par des rubans, et puis en passant rapidement aux cordes en tous genres, elle s’est tellement entraînée avec ses doigts agiles qu’elle peut faire n’importe quoi avec un fil entre les mains, y compris tuer. Surtout tuer, en fait.

☼ La chasse sauvage [Maîtrise] (40)

☼ La mort qui vient d’en haut [Maîtrise] (80)

☼ Les deux font la paire [Maîtrise] (120)

☼ Je ne sais pas encore [Maîtrise] (160)




☼ Physique :
De taille moyenne et de corpulence généreuse, Jun est tout à fait banale et peut-être même invisible. Souvent caché par des vêtements larges, son corps n’est pourtant pas si fin. Elle porte ses formes rondes d’une manière assez élégantes avec son allure féline. A pas feutrés, elle peut se glisser n’importe où avec son déhanché non dénué d’une certaine délicatesse. Parfois hautaine mais toujours lascive dans ses mouvements, Jun sait flatter le peu d’yeux qui la regarde. Du haut de ses petits pieds et de ses longues jambes, elle reste plutôt musclée malgré un petit embonpoint peu fréquent chez les gens de la montagne.
Bien qu’elle passe inaperçu la plupart du temps, on peut lui remarquer quelques cicatrices une fois qu’elle retire ses vêtements, et qu'elle appelle les sens de sa voix grave et doucereuse. Une sur le flanc gauche, une à la naissance des fesses, et une longue estafilade dans la main droite. Et sur son visage, aucune marque sinon celles du froid qui rougit sa peau et assèche ses lèvres. Jamais sans son rictus arrogant, Jun scrute le monde de ses yeux vert d’eau et juge les gens avec son sourcil souvent levé. Il n’y a rien de doux chez elle, et certainement pas ses cheveux sombres, souvent en bataille et mal coupés.
Souvent habillée d’un hakama bleu foncé à la manière des élèves des dojo de la ville, Jun change cependant autant d’habit que de mission. Habituée pendant des années à ne rien porter du tout par dessus sa fourrure noire, elle ne se fait toujours pas au port des vêtements et préfère sans aucun doute les larges vêtements d’entraînement aux épais et solides tissus des kimono. Elle a aussi pris depuis peu l'habitude de bander ses mains, d'abord pour cacher sa cicatrice, mais aussi pour se protéger. Hormis ça, une chose notable à propos de Jun serait se frisson qui ne la quitte jamais. A force d'avoir porté un manteau de fourrure pendant une grande partie de sa vie, elle n''arrive décidément pas à se débarrasser de ce froid mordant qui la dévore à chaque seconde.

Sous sa forme animale, Jun est un petit chat à l’épaisse fourrure noire. Elle affiche les mêmes grands yeux vert d’eau et le même air à la fois attentif et détaché sur son visage. En vérité, la seule chose qui la sépare des autres chats, c’est sa queue injustement coupée. Courte sur pattes mais alerte et rapide, Jun utilise cette apparence pour ses missions, mais aussi pour voyager ou même se reposer tranquillement. Ses oreilles levées et ses moustaches dressées lui donnent un aspect beaucoup plus sympathique que sous forme humaine.
Lors du passage entre une forme et l’autre, Jun sent tout ses muscles et ses os bouger du même coup, la transformation étant rapide, brutale et presque invisible à l’œil nu. Si elle s’assure de n’avoir que des gens de confiance – ou au mieux, personne – à proximité lorsqu’elle change de corps, elle ne peut cependant réprimer ses habitudes et sa nature de chat quand elle erre sous forme humaine. Aussi, il n’est pas rare de la trouver en train de se frotter les oreilles ou le visage du dos de la main, ou même de lécher ses bras, voire parfois, de bondir ou s’alerter sans aucune raison.




☼ Caractère :
L’irrévérencieuse Jun n’a peur de personne. Elle se nourrit du chaos que les humains créent sans jamais y mettre sa patte. Elle aime jouer, et peut-être détruire. Un divertissement dans ce monde vaut bien plus que n’importe laquelle des discussions de yokaï qu’elle a pu avoir, et son désir de discorde ne sera satisfait que le jour où elle pourra se laisser aller à regarder le monde sombrer.
Elle se fiche des richesses et du matériel, qui a besoin de posséder quand on a l’éternité devant les yeux. Indifférente à la noblesse comme à la pauvreté, Jun est seulement intéressée par le déroulement de l’histoire. Plus le rebondissement sera inattendu, plus elle sera comblée.

Quand Jun ne fait qu’exister, personne ne la regarde. Et quand elle parle, personne ne l’écoute. Alors d’où peut bien venir cette étonnante capacité à se faire des ennemis malgré elle ?
Probablement de son insolente façon de ne rien mener à bien sans casser quelques pots, ou bien de sa vilaine manie d’attiser les tensions dont elle est témoin, pour son plaisir personnel. C’est qu’elle ne cherche pas non plus à se faire bien voir ou à être agréable avec les autres, il faut bien le dire. Jun n'est pas méchante, ni complètement mauvaise, non. Elle vient simplement d'un jeu où les règles sont différentes.

Docile et obéissant petit monstre au service des grandes instances, Jun est plutôt désabusée sur sa propre situation. Incertaine et passive, elle ne cesse de regarder sa vie de dérouler devant elle sans jamais entrevoir l’instant où elle pourra choisir son chemin. Alors, doucement, elle se laisse porter. Par ses pulsions sanguinaires parfois, par son amour pour ses sœurs qu’elle ne croit plus de ce monde, surtout. Toujours effrayée de finir seule et abandonnée une fois de plus, Jun se raccroche à ce qu’elle a sans vraiment réfléchir à ce qu’elle y perd.

En bon prédateur qu’elle est, Jun est patiente et alerte. Attendre des heures pour capturer le bon moment, ça n’a vraiment rien d’ennuyant pour elle. Elle sait tendre l’oreille, observer, profiter de chaque seconde de la traque. Les sens en éveil et le sang en ébullition, elle apprécie le frisson que la chasse lui procure. Bien qu'elle ait essayé de laisser partir ses envies de meurtre, elles ont fini par lui revenir pour lui coller à la peau.
C’est un chat, et elle restera un chat. Aveuglément fidèle à son maître, elle sera dévouée jusqu’à ce que toutes les têtes soient tombées. Et quand la soif de vengeance et de mort sera étanchée, peut-être qu’il restera, quelque part sous cette fourrure de violence et de désintérêt, une âme séductrice et espiègle prête à faire quelque chose de plus grand.



Convictions

☼ Les clans :
Pendant toute sa longue vie, Jun a vu beaucoup de choses. Elle a vu la chute des anciens clans, la guerre, les cendres et la reconstruction. Pour elle, le cycle naturel des choses voudrait que les nouveaux clans finissent à leur tour par chuter. Les systèmes se suivent et se ressemblent, et malgré l’horreur qu’ils appellent maintenant l’Enfer Écarlate, les humains répètent les mêmes erreurs sans jamais apprendre. Laissée pour morte pendant la grande guerre, elle s’exile du monde des humains. En observatrice passive et désintéressée, du haut de ses quatre pattes, elle regarde les nouveaux clans se créer pour faire face à la menace que ses pairs représentent. En perte de vitesse face aux nouvelles puissances qui commencent à régner sur le monde, les yokai sont vaincu et Jun reste cachée.
Avant de rencontrer les sœurs Hirohashi, Jun ne savait même pas dans quel clan elle vivait. Et puis, à force de les côtoyer, elle a appris et compris leur attachement pour Fukyuu. En vivant si longtemps dans ces montagnes toujours froides, elle a fini par s’y sentir chez elle et ne se verrait pas habiter autre part – même si ça ne dépend plus d’elle désormais. Plus par affection pour le lieu que pour le clan, Jun lui sera fidèle quoiqu’il arrive, même en tant que yokaï.
Concernant les autres clans, elle n’a pas eu pour l’instant l’occasion de voyager tant que ça grâce à ses missions, mais a tout de même vu quelques terres du Nord et de l’Est. A Setsu, il lui est apparu que la chaleur étouffait les gens, et à Eiichiro, que le vent les rendait insupportables. Au fond, le seul clan, en dehors de Fukyuu, qui l’intéresse vraiment, ce sont les Okaruto. Avec sa transformation en humaine, lui est venu ce goût insatiable pour la boisson que tant de gens louent partout dans le monde. Pour ce qui est de Kenshu, le clan est si jeune qu’elle peine à les considérer comme tel.

☼ Les Kamis :
Évidemment, Jun croit en tous les Kamis. Elle a appris des prières auprès de ses sœurs, et connaît les bases – ou plutôt le minimum vital – concernant la religion. Quand elles se sont toutes les trois révélées bénies par Itegami, elle s’est mise à prier avec beaucoup plus de ferveur pour demander leur protection. Bien qu’étant un yokaï, Jun a été si assidue et consciencieuse dans sa pratique du culte que le dieu buffle a même fini par lui accorder des pouvoirs, qu’elle essaye d’utiliser le moins possible. Croyante mais surtout terrifiée par cette puissance qui la dépasse, Jun cherche à tout prix à s’éviter la colère des Kamis plus qu’à les vénérer. Elle se sait assez forte pour tuer n’importe quel humain, mais les dieux… c’est une autre histoire. Une histoire dont la seule pensée lui glace le sang.

☼ Le système féodal :
Le système, le bushido, les règles et la société, tout ça, ce sont des problèmes d’humain et Jun en a eu d’autres à régler depuis sa transformation. Elle s’en fiche, et ne fait de toute façon pas partie de ce monde de vertueux qui vivent à la lumière du jour. En tant que yokaï, elle a déjà été confrontée à la haine, au rejet et à la violence, mais sa nature n’a pas été révélée assez souvent pour qu’elle puisse en faire une généralité. Cependant, elle sait que le jour où elle montera en grade au sein des ninja ou de la Main, ce jour là, elle devra se préparer à la jalousie et la convoitise de ses collègues – qu’elle semble attirer malgré elle. Pour eux, elle vient de nulle part et bien que son efficacité ne soit plus à prouver, elle n’a pas sa place parmi eux et n’est pas respectée. Elle redoute le moment où, probablement par accident ou négligence de sa part, quelqu’un découvre ce qu’elle est et décide d’agir.

☼ Les organisations :
Jun fait depuis peu partie de la Confrérie de la Main, d’abord en tant que Gaine mais elle est rapidement passée au rang de Pointe. Sur un pure caprice de Daiki, elle s’est vue promue Lame sans aucune raison apparente. Certains soupçonnent et accusent un prétendu charme qu’elle aurait fait à leur chef, et ça a eu le don d’énerver beaucoup d’entre eux. Heureusement, Jun est beaucoup trop efficace pour être rétrogradée et de toutes façons, personne n’oserait remettre la parole de Daiki en doute. Parrainée par son frère, lui-même Garde, qui la manipule pour qu’elle le suive et lui obéisse, elle finit néanmoins par s’y plaire. L’organisation lui offre la possibilité d’assouvir ses pulsions et ses désirs de vengeance d’une façon qu’elle considère comme utile et presque plus correcte qu’assassiner des gens au hasard.
De part son statut de ninja, Jun a fini par entendre vaguement parler de l’organisation Kara, mais du peu qu’elle sait, elle n’a pas encore pu se faire un avis sur eux.
Elle ne fait pas partie des Enfants de la Paix et ne sait donc rien à ce propos.



Chronologie
An 22 av E.d.C à 10 av E.d.C, 0 à 11 ans : Au début de sa vie de chat, Jun est adoptée par un samouraï du clan du Dragon nommé Rokkaku Ren. Celui-ci ayant perdu sa famille et surtout sa fille adorée, Junko, il reporte sur son nouvel animal de compagnie et ami tout l’amour qu’il avait pour eux. Ils coulent des jours tranquilles jusqu’à ce que l’Enfer Écarlate éclate, et sentant que son clan est en grand danger puisque soumis au clan du Coq, il fuit rapidement ses terres pour devenir un déserteur et nomade. Avec comme seuls bagages son chat et son katana, ils voyagent dans ce qui sera plus tard le clan Fukyuu, sans but ni destination.

An 10 av E.d.C, 11 ans : Traqué comme tous les anciens militaires du clan du Dragon quand celui-ci est anéanti par le clan du Coq, Rokkaku Ren se retrouve encerclé et en mauvaise posture lors de ce qui ressemble à son ultime combat. Portée par sa fidélité envers son maître et compagnon, Jun se transforme en humaine pour s’interposer, devenant du même coup un yokaï. Elle prend un coup d’épée à sa place, et se retrouve gravement blessée. Profitant de la confusion, Rokkaku Ren est tellement dégoûté et horrifié qu’il s’enfuit et abandonne Jun en espérant qu’elle occupe les soldats assez longtemps pour qu’il puisse survivre.

An 10 av E.d.C à l’an 22, 11 à 43 ans : Laissée pour morte au milieu d’un champ de cadavres, Jun reprend sa forme de chat et se jure de ne plus jamais revenir à son état d’humaine. Détruite par cette trahison et poussée par la faim qui s’installe au fil des jours, elle perd ses moyens et commence à dévorer les corps autour d’elle dans une folie passagère. Grâce à ça, elle réussit à s’écarter suffisamment du monde des humains pour se soigner et finit par rester en vie, mais traînera jusqu’à la fin de ses jours une vilaine cicatrice et une soif de sang insatiable. Déçue et seule, elle n’a plus goût à rien, reste indifférente aux événements et regarde la fin de l’Enfer Écarlate, le joug yokaï et la reconstruction de loin, cachée quelque part dans les montagnes.

An 22, 43 ans : Alors que les clans se forment et les humains s’assemblent, Jun commence à entendre parler des villages yokaï au sud du pays, où elle pourrait trouver refuge quand elle n’aura plus de place nulle part. Elle se met en route, et finit par tomber par hasard sur les très jeunes sœurs Hoshi, Hina et Haru Hirohashi, qui jouent dans la neige. D’abord méfiante, elle ne sait pas comment réagir et fait alors semblant d’être un chat normal. Jun décide de rester un peu pour combler sa solitude, et à force de revenir jouer tous les jours avec les sœurs Hirohashi, elle finit par s’attacher et souhaite rester avec celles qu’elle considère maintenant comme ses maîtresses. Elle leur révèle sa nature d’une manière on ne peut plus douce et les trois sœurs l’acceptent comme elle est.

An 26, 47 ans : Un jour, le frère aîné des sœurs Hirohashi vient les chercher en avance, et découvre le chat. Prise sur le fait, Jun se transforme en humaine, prête à tout risquer une nouvelle fois pour protéger ses maîtresses de la colère des hommes. Contre toute attente, Hirohashi Heita se calme grâce aux supplications de ses sœurs et accepte qu’elles gardent le chat, si Jun promet de ne jamais se transformer ou agir autrement qu’en tant que chat devant d’autres gens.

An 29, 50 ans : Durant ce temps auprès des sœurs Hirohashi, Jun apprend l’humanité et passe de plus en plus de temps en forme humaine. Progressivement débarrassée de ses pulsions sanguinaires, elle redevient le doux chat qu’elle était au tout début et se développe en tant qu’être humain. En parallèle, elle apprend les bases de la religion et de la société, et voit les sœurs Hirohashi grandir et gagner en puissance, notamment quand elles développent toutes les trois des pouvoirs liés à Itegami. Malheureusement, pendant un instant d’inattention, la nature de Jun est révélée aux parents de la famille Hirohashi qui rentrent alors dans une colère noire. Persuadés de supprimer la condition de yokai du chat de leurs filles en lui coupant la queue à cause d’une ancienne rumeur, ils la mutilent et la jettent dehors. Jun se retrouve alors entre la vie et la mort, ayant perdu trop de sang pour se débrouiller seule. Supplié par ses sœurs, Hirohashi Heita prend soin de Jun et l’emmène à Nanba Nobu, un chunin de Fukyuu infiltré en tant que gérant des bains publiques de la capitale. Quelques jours plus tard, alors que Jun commence à peine à se rétablir cachée dans les sous-sols de l’établissement, elle apprend les conditions terribles dans lesquelles elle a laissé ses sœurs et sent ses pulsions sanguinaires revenir. Aveuglée par sa hargne à défendre celles qu’elle considère à présent comme sa famille, elle s’échappe, suivie de près par les deux hommes. Quand Jun arrive au foyer de la famille, elle devient folle de rage en voyant ses sœurs se faire battre et se précipite vers Hirohashi Chion, le père, pour lui arracher la tête. Retrouvant son sang froid quelques instants, elle décide de faire subir le même sort à Hirohashi Chiyo, la mère, pour l’avoir mutilée. Après quelques minutes de flottement, Nanba Nobu et Hirohashi Heita, qui ont assisté au spectacle sans broncher, s’occupent de faire disparaître les corps. Jun quant à elle, sort de sa folie vengeresse pour s’inquiéter de ses sœurs qui ont alors respectivement 11, 13 et 15 ans et seront probablement marquées à jamais.

An 29 à 32, 50 à 53 ans : Pendant ces années instables, Nanba Nobu entraîne durement Hirohashi Heita et Jun pour en faire des genin accomplis. En parallèle, elle profite de ses peu nombreux moments de répit pour s’occuper des sœurs Hirohashi, désormais seules dans la grande maison de la famille. Apprenant en parallèle l’humanité d’un coté et la déshumanisation de l’autre, Jun est tiraillée entre son rôle de grande sœur et mère de substitution et son rang de futur arme au service du clan. Toujours poursuivie par sa nature profonde, elle se noie petit à petit dans une montagne de responsabilités.

An 32, 53 ans : Voyant la lente chute de Jun et son désintérêt pour l’entraînement, Nanba Nobu et Hirohashi Heita se décident à envoyer les sœurs Hirohashi au temple Gakushiki, d’une part pour leur fournir la fin de l’éducation qu’elles méritent et développer leurs dons, et d’autre part pour retirer à Jun son excuse qui la déconcentre et la tire en dehors des ambitions qu’ils ont pour elle. Séparée de ses maîtresses, sans but et sans aucun goût pour la vie, Jun se laisse alors glisser dans une dépression sans fin.

An 32 à 33, 53 à 54 ans : Submergé par sa tristesse et la sensation de n’être à sa place nulle part, Jun se laisse aller. Elle oscille entre déprime et rage intérieure, noyant sa peine dans la boisson et les plaisirs qui n’apportent pourtant rien à son corps de yokaï. Profitant de cet état de faiblesse émotionnelle, Nanba Nobu et Hirohashi Heita la conditionnent en un être obéissant et docile. Elle reconnaît désormais ce dernier comme son maître, obéissant au doigt et à l’oeil.

An 33, 54 ans : Remise d’aplomb après sa période noire, Jun profite de ses nouveaux acquis pour consolider ses capacités en tant qu’humaine. Elle se concentre complètement sur son entraînement et finit même par développer ses charmes, qu’elle essaye sans aucune gêne ni retenue sur Hirohashi Heita. Naissent alors en lui des sentiments troubles et violents, il souhaite de plus en plus la posséder pour l’utiliser.

An 35, 56 ans : Avec l’aval de ses supérieurs qu'il a tenu informés de l'avancement de l'entrainement de ses élèves, Nanba Nobu est enfin autorisé à donner sa première mission à Jun pour en faire une genin officiellement. La mission est simplissime pour elle, il s’agit d’espionner un ninja de Fukyuu infiltré en tant que précepteur à Setsu soupçonné d’avoir trahi son clan, à la suite des tensions survenues quand l’alliance a été rompue. Bien aidée par sa forme de chat, elle se laisse adopter par l’homme qui ne se méfie pas un seul instant. Pendant six Lunes, elle partage la vie d’un inconnu, et après avoir écouté tout ce qu’il y avait à entendre, elle se tient prête. Quand l’ordre tombe, le petit chat noir se change en grand méchant loup. Jun dévore sa cible tellement proprement qu’on croit à une disparition et personne n’ira chercher plus loin. Quand elle revient auprès de Nanba Nobu, elle devient alors La Maîtresse pour les ninja de Fukyuu, ironique titre qu’elle obtient en même temps que son statut de genin.

An 36, 57 ans : Pour faire partie de la société sans attirer l’attention, Nanba Nobu décrète que Jun devra se marier, si possible dans un autre clan pour pouvoir rapporter des informations. Alors que rien n’est encore décidé, Hirohashi Heita décide de l’épouser. Incapable de voir sa chose partir dans les mains de quelqu’un d’autre, il impose sa décision à Nanba Nobu, qui n’y voit pas vraiment d’inconvénients. Désormais, elle sera donc Hirohashi Jun. Le mariage est discret et quasiment secret, mais néanmoins bien officiel et acté. Sans oublier les traditions, Hirohashi Heita emmène Jun chez un forgeron pour lui offrir un kaiken de son choix. Irrésistiblement attirée par les deux lames jumelles et de sombre réputation qui pourrissent depuis des années dans l’arrière boutique du forgeron sans que celui-ci ne sache d’où elles viennent, ce sont elles qu’elle exige. Malgré les avertissements du bien humble vendeur, elle n’en démord pas et il finit alors par les lui donner, trop effrayé par les conséquences de telles armes dans le monde pour en demander de l’argent. Jun s’en va donc au bras de Hirohashi Heita, et cache les deux armes dans ses vêtements larges.

An 38, 59 ans : Au cours d’une mission à Eiichiro, Jun se retrouve en mauvaise posture. Alors que son adversaire la domine sans qu’elle ne puisse riposter, Itegami vient à son aide et lui offre son premier pouvoir. Elle pare donc les coups et sort victorieuse du combat, mais la mission s’achève en demi-teinte. Elle a perdu un coéquipier et les documents qu’elle devait récupérer sont détruits. Terrorisée par cette puissance supérieure qui semble l’observer à chaque seconde et dépitée par l’échec de sa pourtant si simple mission, elle retourne chez Nanba Nobu.

An 39, 60 ans : Quand elle rentre, ce n’est pas Nanba Nobu qui l’attend dans les sous-sols sombres des bains publiques de Ite, mais bien Hirohashi Heita et toute son ambition. Il prend alors un air sombre, et avec tout l’art de la manipulation dont il est capable, ment à Jun en lui annonçant que leur chunin et maître a fait assassiner ses trois sœurs. Bouillante de rage, elle se précipite à la recherche de Nanba Nobu, et sans plus de cérémonie, le tue avec toute la haine qu’elle lui porte. Alors que son corps teinte de rouge tous les bassins, Hirohashi Heita la presse de dévorer le cadavre pour ne laisser aucune trace. Maintenant, il y a une place de chunin à prendre, et ils ne sont que deux à le savoir. Profitant du retour de la folie meurtrière de Jun, il la fait rentrer dans la Confrérie de la Main pour étancher sa soif de sang. En lui faisant croire qu’en tuant ceux dont on lui donne le nom elle vengera la mort de ses sœurs, il s’assure un revenu illimité et surtout un yokaï fidèle à ses côtés. Ils n’ont désormais plus rien à faire à la capitale, ni ailleurs. Sans ordres, ils se dirigent alors vers le village caché de Chiyuki. Là bas, Hirohashi Heita fait croire aux ninja que Nanba Nobu est encore en vie et qu’estimant avoir terminé son enseignement auprès de ses deux disciples, il les a renvoyé au village. Jun y mettant les pieds pour la première fois en ayant l'air déjà adulte, elle est accueillie avec des regards méfiants et beaucoup de mépris de la part de la plupart des ninja présents. Cependant, au vu des précédents rapports que Nanba Nobu a fait sur elle et son entrainement, et du fait qu'elle soit accompagnée par l'un des meilleurs genin du village lors de son arrivée, le jonin et les chunin en place à ce moment l'accueillent sans lui couper la gorge immédiatement.

An 40, 61 ans : Enchaînant les missions de moindre importance, Hirohashi Heita et Jun sont séparés. Alors qu’elle est encore une fois infiltrée à Setsu, mais en tant qu’humaine cette fois, elle attire des soupçons sur elle et se fait prendre au piège. Alors qu’elle se fait torturer, Itegami lui vient en aide une deuxième fois, lui permettant de se faire passer pour morte. Déçu du peu de résistance de leur prise, les ninja de Setsu se débarrassent rapidement du corps dans la mer. Jun reprend ses esprits au bout de quelques heures et rentre tant bien que mal au village, abîmée mais bien vivante. A peine regardée à son retour, elle se fait la plus petite possible le temps de panser ses plaies.

☼ Les derniers événements :
An 41, 62 ans : Par chance, Jun n’était pas dans la région lorsque l’armée des morts a marché sur Miyuki. Consciente de la cohue politique qui règne alors sur le gouvernement Fukyuu et de la désorganisation des ninja qui ne donnent plus d’ordres, elle s’autorise pour la première fois à s’éloigner d’eux pour se consacrer à ses contrats de la Confrérie.
Quand la torpeur frappe la moitié de la population de Yokuni, Jun y voit un signe providentiel pour camoufler le meurtre de son chunin. Souhaitant cependant se faire discrète, elle ne se rend pas tout de suite au village caché pour annoncer la fausse nouvelle et essaye de faire profil bas afin de garder sa nature secrète en ces temps troubles pour les yokaï. Bien qu’elle n’ait jamais été de leur coté, elle se sait en équilibre sur un fil fragile et ne cherche pas à faire des vagues. Alors que le clan se relève doucement avec le réveil d’une partie des endormis et le nouveau Daimyo au pouvoir, Jun se décide à rentrer au village caché en compagnie de Hirohashi Heita pour annoncer la mort de leur chunin et maître. Mais c’est un spectacle bien plus divertissant l’attend à son arrivée à Chiyuki, et elle assiste alors avec une admiration certaine à la prise de pouvoir de la désormais chunin Mitsuhide Aije Yue, dont elle ignore encore le véritable statut.

An 42, 63 ans : A présent genin d’un village ninja qui reprend du service, Jun attend les ordres tout en étant pressentie pour prendre la dernière place vacante de chunin – bien malgré elle. Alors que les événements de la faille se terminent et que la chasse aux derniers yokaï commence, Jun se sait dans une position dangereuse et devra plus que jamais se tenir sur ses gardes et surveiller ses arrières.

(Promis, je ferais plus court pour le suivi. ಠ_ಠ)

Pour lire l'histoire en entier c'est par ici !




A PROPOS DE VOUS
☼ Prénom/Pseudo : C’est le DC de Momooooo. outrage
☼ Pourquoi ce clan ? J’ai vendu mon âme à Hankyou.
☼ Si vous venez à partir, imaginez la fin et/ou l'accomplissement de votre personnage: Jun est promue chunin à la place de son maître sans vraiment le vouloir, ce qui met en colère un bon nombre de ses collègues jaloux. Elle se fait rattraper par sa nature de yokaï qui sera révélée à tous. Traquée par les ninja de Fukyuu, elle finira soit par mourir, soit par disparaître et s’exiler une deuxième fois du monde des humains. Ou peut-être simplement qu’elle jouera un peu trop près de la mort et que c’est le manteau de la dernière heure qui la tuera.

Je me suis permise de bidouiller les trucs au début pour que ça ne soit pas illisible, excusez-moi.

 outrage


Dernière édition par Hirohashi Jun le Mar 6 Fév 2018 - 15:56, édité 13 fois
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Hirohashi Jun

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Genin

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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Jeu 30 Nov 2017 - 5:11

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Histoire
(TLDR: lisez la chronologie.  outrage )

I. LA FOURRURE ET LA LUMIÈRE –

Au début, il n’y avait rien. Toi, moi et tous les autres aussi, on était des petits riens au milieu de nulle part. On n’était pas importants, on était pas grands, on était pas vraiment là. A vrai dire, je crois que je ne me souviens même plus de vous. Ce n’est pas grave. Vous étiez ma mère, mon père, mes soeurs et mes frères, mais maintenant vous n’existez plus.
Ou peut-être que si, peut-être que nos chemins n’ont pas été si différents. Le temps est passé si vite que je n’ai pas eu le temps de me souvenir de vous. Mais au fond, nous n’avons partagé que quelques Lunes de nos vies. Peut-être qu’elles ont été décisives pour vous, mais pas pour moi.
On se reverra, peut-être.

Un jour, j’ai ouvert les yeux. Mais je n’ai rien pu voir. La lumière m’a aveuglée plus que la cécité ne l’avait jamais fait, et j’ai dû me réfugier contre le flanc de ma mère. Maladroite et pourtant si déterminée, je n’ai pas cessé de vouloir explorer le monde que je voyais pour la première fois. La fourrure à peine plus épaisse que ma peau, quand le moindre coup de vent aurait pu me faire tomber, je n’ai pas renoncé. Je n’étais pas la plus jeune, pas la plus vieille, ni la plus grosse ou la plus maigre. Pas la préférée ni l’avorton de la portée.
Alors je suis devenue la plus grande aventurière de la famille. Tremblante sur mes pattes et encore si fragile, je suis partie. Sans un regard en arrière pour vous, je vous ai quitté. Ne dites pas que je vous ai abandonnés. Vous n’avez jamais eu besoin de moi. Je suis simplement partie là où j’avais mieux à faire. Ne me jetez pas la pierre quand vous auriez fait la même chose.

Je ne sais pas combien de temps j’ai marché. J’ai regardé mes pattes couvertes de boue et de poussière, j’ai eu faim, j’ai eu froid. Mais je n’ai pas regretté, pas une seule seconde. Et quand mon ventre s’est tordu de douleur à cause de la trop rare nourriture que j’arrivais à trouver, je me suis approchée des Hommes. Je ne les avais jamais vus. On ne m’avait pas averti. Je ne savais pas.
Poussée par la faim et la curiosité, j’ai continué à être une exploratrice. J’ai grandi sur les toits et j’ai mangé dans tellement de mains que je ne pourrais plus les compter. Mais j’étais toujours toute petite et maigre. Et seule.
La solitude, ça ne m’avait jamais dérangée avant. J’avais tant de choses à découvrir et si peu de temps à accorder aux autres. Et puis j’ai commencé à connaître l’endroit, à connaître les humains et les animaux qui y vivaient. Alors je me suis un peu écartée du centre de la ville, et j’ai traîné mes pattes sales jusqu’au bout de la journée.

Quand je l’ai vu pour la première fois, il avait l’air d’un homme simple et honorable. Et c’était le cas. Rokkaku Ren n’avait jamais fait de vagues, n’avait jamais été autre chose qu’un humble samouraï. Il n’avait jamais aspiré à plus, et n’avait jamais souhaité être autre part.
On s’est regardés. Longtemps. Il était chez lui, assis. J’étais devant lui, cachée dans les hautes herbes de son jardin si peu entretenu. Je me suis approchée, et je n’ai rien fait du tout. Il m’a fixé droit dans les yeux pendant de longues minutes silencieuses. Et il est parti, juste comme ça.
Quelques minutes plus tard, il est revenu avec de la viande séchée. Il me l’a lancée, comme si j’étais un chien. Moi, un chien. Il est resté là et il m’a regardée dévorer son présent comme si je n’avais rien mangé depuis des jours. C’était probablement le cas.

Je suis revenue tous les jours, et tous les jours, il y avait de la viande séchée qui m’attendait entre les herbes. Je me suis approchée, chaque jour un peu plus. Et finalement, j’ai pu voir ses yeux. Je n’ai pas vu un homme simple, j’ai vu un homme détruit au regard désespéré. Il a posé sa grande main rassurante entre mes deux oreilles et j’ai senti toute sa chaleur irradier dans mon corps. J’ai posé mes petites pattes sur ses genoux, et rapidement, j’ai sauté sur ses jambes pour m’y lover.
Je l’ai senti se calmer au rythme de mes respirations. Je me suis rarement sentie plus en sécurité que quand Ren avait sa main dans ma fourrure. Et puis je me suis lassée. Brutalement, je me suis arrachée à son étreinte et je suis partie sans demander mon reste.
Le lendemain, je suis revenue timidement. Il n’y avait ni viande, ni homme. Rien du tout. Curieuse, je me suis aventurée dans la maison, tout aussi délabrée que le jardin. En restant sur mes gardes, j’ai avancé jusqu’à le trouver devant un autel. Je me suis assise à côté de lui et il a subitement fondu en larmes. J’ai fait un petit bon surpris avant de me laisser emporter par son émotion, et je me suis lovée sur ses genoux à nouveau.
Entre deux sanglots, il a lancé quelques mots dans le vide. Je ne sais pas s’ils étaient pour moi, peut-être pas, en fin de compte.


« Junko. Elle avait les mêmes yeux que toi. Mais toi tu t’en fiches, n’est-ce pas ? Tu n’es pas là pour ça. Tu ne m’écoutes pas plus que tu ne me comprends. »

J’ai dressé mes oreilles, et j’ai cligné des yeux. Je ne l’ai pas lâché du regard, et je n’ai pas quitté la maison quand le soleil a versé ses derniers rayons de la journée sur le monde.
Je suis restée là, avec lui.
Quelques jours.
Quelques Lunes.
Quelques années.

J’ai tout appris du monde, des Clans, et des règles de la société à laquelle je pensais ne jamais appartenir. J’ai tout compris de mon maître, de sa famille disparue et de sa place. Il m’a parlé pendant des années comme on se parle à soi-même quand il n’y a personne. C’était comme si j’étais sa conscience, sans jamais lui répondre, j’ai tout écouté.
Et un beau matin, le sang coula. On ne l’a pas su tout de suite, mais rapidement, notre Clan du Dragon s’est retrouvé en mauvaise posture, et le Clan du Coq a ordonné son anéantissement.

Alors, sans un regard en arrière, on est partis.



II. JUSQU'À CE QUE LA MORT NOUS SÉPARE –

Perchée sur l’épaule de Ren, elle scrutait l’horizon. Le monde était décidément bien plus vaste vu d’ici, et Jun voyait même la mer pour la première fois. Elle se secoua légèrement et sauta pour retrouver la terre ferme, miaulant doucement au passage. Il grogna pour lui signifier qu’il était fatigué de recevoir des coups de griffe à chacune de ses descentes.
Ren observa son chat. Ils avaient vécu tant de choses ensemble, et ses propres rides commençaient à déteindre sur elle. Il ramassa son katana qu’il avait posé sur le côté le temps de se reposer, et il lissa les plis de ses vêtements en se relevant. Jun, elle, s’assit. Comme pour lui dire qu’elle n’était pas d’accord. Il comprenait. Ils étaient en cavale depuis déjà plusieurs années, et ils n’avaient eu que de rares moments de repos. Autant profiter de la vue, encore un peu.
Scintillante dans la lumière claire et douce du printemps, la beauté de l’eau lointaine contrastait avec la situation. L’Enfer Ecarlate. Il en était conscient, il était pourchassé. Il avait déserté pour ne pas se faire massacrer en compagnie de ses frères d’arme. Bon ou mauvais, le choix avait été fait il y a bien longtemps, et ça n’importait plus vraiment maintenant que le monde entier était à feu et à sang.
Il reporta ses yeux sur Jun qui faisait sa toilette sans se préoccuper de son regard, et il se rassit également. Pourquoi pas, après tout. L’air était frais et agréable. Il ferma les yeux pour profiter de la brise. Il se faisait vieux. Enfin pas si vieux que ça, mais quand même. Ren se posait des questions. Il fuyait depuis trop longtemps maintenant, il voulait que tout ça s’arrête. La traque du Clan du Coq, la guerre, tout. Il ne pouvait même pas se rappeler de sa dernière nuit de sommeil complète.
Il sursauta quand Jun lui sauta sur les genoux sans prévenir. Il rouvrit les yeux et plongea son regard dans le sien. Amie fidèle depuis si longtemps, elle cligna des yeux avant de se rouler en boule. Les batailles faisaient rage partout sur le continent, et son chat dormait paisiblement. Il enviait cette ignorance. Il s’allongea dans l’herbe et s’endormit à son tour.

Au loin, une troupe de soldats éméchés du Clan du Coq s’approchait dangereusement. Réveillés par leurs lourdes voix, Jun et Ren n’eurent pas le temps de s’enfuir. Alors qu’ils étaient repérés comme un morceau de viande par un groupe de charognards, Ren serra son sabre entre ses doigts et le glissa dans son dos pour ne pas dévoiler son identité. Ses vêtements usés et ternis feraient bien l’affaire d’eux-mêmes pour les tromper.

« Bah alors… Qu’est-ce qu’il se trame ici ? »

Entrecoupé de rires gras et d’exclamations indistinctes de la part de ses hommes, celui qui semblait commander aux autres s’était avancé pour parler - le mon du Clan du Coq bien en évidence sur ses vêtements. Il bomba le torse pour essayer d’impressionner Ren, qui était pourtant bien plus grand que lui.

« Rien qui ne concerne d’honnêtes soldats comme vous, j’essayais simplement d’échapper à la routine du quotidien pendant quelques heures. »

Il se douta bien que ça ne suffirait pas à faire partir les combattants, sachant pertinemment qu’il était recherché - ou du moins que les membres de son clan l’étaient. Mais il gardait un air neutre et un ton affable, du mieux qu’il pouvait.

« Ah ! Un brave paysan qui se défile à ses... »

Soudainement, il s’interrompit en remarquant le katana que Ren cachait encore dans son dos, et son insigne du Clan du Dragon à demi-camouflée par ses couches de vêtements. Un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres et il continua.

« Alors… Qu’avons-nous là... »

Il tira violemment le manteau de Ren pour découvrir au yeux de ses hommes le mon tant recherché.

« Un dragon ! Encore mieux ! Si seul, si fragile… Regardez, il a même apporté son animal pour lui tenir compagnie dans sa tromperie ! »

Il désigna Jun du menton, qui courba l’échine pour signifier son mécontentement. Il y eut des rires étouffés dans son assemblée, et l’homme se délectait d’avoir un tel public.

« Que fais-tu donc, seul dans cette campagne perdue ? Tu ne serais quand même pas… Un déserteur ? »

Son sourire s’étirait de plus belle, et Ren n’avait plus aucune issue. Jun reculait derrière lui, ne sachant pas quoi faire mais comprenant parfaitement la situation. Son maître sortit sa longue lame de son fourreau, et se mit en garde devant les ennemis. Un contre une dizaine, était-ce vraiment faisable ? Probablement pas.

« Doucement vieil homme ! Ne va pas te blesser avec ça ! Est-ce qu’un déserteur se souvient au moins comment combattre ? »

Les rires repartirent de plus belle. Jun ne trouvait pas Ren si vieux que ça, une quarantaine d’année tout au plus. Il le vit tiquer face aux provocations des soldats, et tremblait de tout son être en réalisant ce qu’il allait se passer. Il allait se faire massacrer. Même si les soldats étaient bien amochés par l’alcool, ils étaient bien trop nombreux.
En quelques secondes, Jun repassa la situation dans sa tête des centaines de fois, mais elle ne parvint à aucune solution. Perdue très loin dans ses pessimistes pensées, elle entendait à peine le fracas métallique de toutes les armes pointées sur eux. Ils étaient encerclés, et ils étaient condamnés. Alors que les soldats s’avançaient, Ren reculait. Fatalement, il trébucha et se retrouva à terre, maintenant son arme haut du mieux qu’il pouvait. Jun dut faire un bond sur le côté pour éviter de se faire écraser dans la chute, et se recroquevilla sur elle-même.
Alors, doucement, comme si le temps ralentissait un peu plus à chaque seconde, le katana de l’homme prit son élan pour s’abattre sur Ren.
Est-ce qu’elle pouvait faire quelque chose ? Non.
Est-ce qu’elle allait laisser faire ça ? Non.

« Jun-… ! »

Elle avait sauté. Entre lui et les soldats, elle s’était interposée. Ren avait seulement eu le temps de regarder son amie dans les yeux, et un clignement de paupière plus tard, rien n’était plus pareil. Perdu dans les iris vert d’eau, il retint sa respiration dans un très long silence. Alors que le temps reprenait son cours, la lame termina sa course pour trancher le flanc gauche de la jeune fille en équilibre par dessus lui.

« Jun… ? »

Elle essaya de dire quelque chose, mais quand l’arme ressortit de sa chair, ce fut seulement un râle qui passa ses lèvres rougies par le sang qu’elle crachait sans retenue. Jun n’entendait plus rien d’autre que des bruits sourds et son coeur qui résonnait de plus en plus lentement à ses oreilles. Et la dernière chose qu’elle vit avant que sa vision ne devienne trouble et noircie, ce fut le visage horrifié et dégoûté de la personne pour qui elle avait fait tous les sacrifices. La souffrance irradia partout dans son corps et elle n’en était que plus tremblante encore.
Ren profita de la confusion ambiante et de la peur soudaine provoquée par la transformation pour s’enfuir en s’échappant brutalement de l’étreinte morbide du monstre qu’il avait engendré. La terre trembla, peut-être deux, trois ou quatre fois. Il avait très certainement tué des soldats du Coq. Jun entendit, très loin, le bruit d’un autre combat, et celui d’une fuite. Elle ne put déterminer qui s’en était sorti.
Elle sentit l’air lui caresser le dos, et le soleil lui réchauffer la peau. C’était comme si la douleur s’en allait tout doucement.
Elle essaya de déglutir, mais rien ne passa sa gorge. Elle essaya de respirer, mais il lui sembla qu’elle était en train de se noyer. Alors elle attendit. Sa main serrée contre sa plaie redevint une patte noire, et son esprit embrumé perdit pied.
Tout était calme, et paisible. Elle n’avait même plus mal.
Et puis plus rien.


III. L’ODEUR DU SANG –

Brusquement, Jun ouvrit les yeux. Tiraillée par sa douleur lancinante sur son flanc et assommée par l’odeur nauséabonde de la mort qui flottait dans l’air, elle peinait à respirer et encore plus à bouger. Elle retira difficilement sa patte recouverte de sang assombri et tenta de se redresser péniblement, ce qui lui arracha un miaulement aigu. La lumière l’éblouissait mais il lui semblait que le monde était complètement noirci d’un amer regret.
Les paupières à demi ouvertes, c’était amplement suffisant pour constater la scène. Cinq ou six cadavres en décomposition, et à en juger par ses souvenirs flous et les couleurs environnantes, Jun reconstitua bien vite les évènements. Elle devait avoir passé quelques jours ici, et Ren n’était pas là. Silencieusement, elle espéra qu’il se soit fait rattraper par le destin. Revancharde mais bien trop mal en point pour agir, elle se laissa tomber au sol.

Jun était lasse. Lasse, et affamée. Son estomac la faisait souffrir plus que de raison, et il n’y avait rien d’autre que des corps et de la terre souillée ici. Malgré la putride odeur qui pesait, la faim ne passait pas. La soif non plus. Depuis son brutal retour à la réalité, sa bouche pâteuse l’avait empêchée de lécher ses plaies.
Elle essaya de se lever, une patte après l’autre, pour se tenir debout tremblante et mal assurée comme au premier jour. Le sang noir dans sa fourrure avait collé des touffes de ses poils entre eux, ce qui lui provoqua une sensation des plus désagréable quand elle put enfin bouger.
D’un regard autour d’elle, Jun se sentit seule. Elle était probablement le dernier être encore en vie. Mais son âme avait changé et elle le savait. A la seconde où elle avait pris sa décision, elle était devenue impure. Devenir un monstre pour protéger quelqu’un qui l’avait abandonnée aussi sec, quelle grande histoire.

Elle se transforma. Une métamorphose rapide et douloureuse mais impeccable. Jun prit quelques minutes pour s’observer. Elle se tenait faiblement sur ses deux jambes pourtant musclées et jetta un regard vers son flanc gauche, là où sa plaie encore béante avait cependant arrêté de saigner. Elle avait eu de la chance dans son malheur. Le sabre n’avait probablement touché aucune partie importante de son corps, et le poids de son corps contre le sol avait dû empêcher le sang de trop s’écouler.
Elle était vivante. Différente, mais bien en vie. Elle joua des doigts pour s’habituer à sa peau nue et prit une longue inspiration. C’était comme une seconde nature. Comme si ça avait toujours été comme ça, et que sa vie de chat noir sur les toits était un lointain souvenir flou, d’une autre vie peut-être.

Elle s’en retourna à son manteau de fourrure, et s’allongea sur le sol. Jun était si fatiguée. Tout ses muscles la faisaient souffrir et sa tête si embrumée ne pouvait en supporter plus.
Les heures passèrent, et le ciel se remplit d’étoiles.

Jun se réveilla en sursaut. La douleur ne s’atténuait pas, et la faim dévorait ses entrailles. Elle avait tellement faim. Et soif.
Elle regarda les corps autour d’elle. L’un d’entre eux avait planté sa lame dans son corps et forcé le destin à s’abattre sur elle. Et elle n’avait pas eu sa vengeance. Jun oublia tout ce qu’elle était, l’espace d’un instant.
A pas de loup, le prédateur s’approcha de son repas et dévora les cadavres, les uns après les autres, jusqu’à la dernière goutte de leur sang noir.

Rassasiée et remplie d’un sentiment de satisfaction qui lui sembla presque déplacé, Jun s’éloigna et partit vers le sud en trainant la patte. Les babines encore recouverte de sang et blessée, elle ne pensait à plus rien d’autre que de rester un chat. Personne n’aurait de place suffisamment importante dans son coeur pour l’obliger à refaire des choses pareilles. Elle ne serait plus jamais un monstre.

Les jours qui passaient devinrent des années. La guerre ne s’arrêtait pas, et partout où Jun allait, le sang coulait. L’odeur lui rappelait constamment sa soif insatiable qu’elle essayait de contenir, et elle finit par prendre la décision de s’exiler. Loin des Hommes, la vie était simple. Alors que le monde s’écroulait, elle regardait la mer briller au loin, perdue dans sa montagne.
Toujours aveuglée par la lumière du soleil.

Alors que d’autres monstres impurs comme elle profitèrent du chaos pour s’emparer du pouvoir, Jun les regardait aussi de loin. Elle n’avait rien à faire avec eux. Elle s’était jurée qu’elle ne serait plus un monstre, seulement un chat. Elle laissa faire le destin, encore une fois. Perchée dans les hauteurs de ce qui serait plus tard le nord des terres Fukyuu, elle regarda l’histoire se faire. Non sans une pointe de cynisme, elle vit aussi les premiers nouveaux Clans se former pour lutter contre l’oppression. Alors, de peur d’être découverte, elle s’enfonça plus profond dans la forêt.

Un matin, la neige tomba. Jun avait déjà vu la neige, quelques fois, pendant les hivers particulièrement froids ou tout en haut de la montagne qu’elle habitait - là où elle n’avait jamais mis les pattes. Mais cette neige là, elle était différente. C’était irréel.
Transie de froid, Jun chercha un abri mais se refusa à retourner parmi les humains. Alors elle resta là, sur sa montagne, les pattes dans la neige. Au fil des jours, sa fourrure se fit plus épaisse et plus résistante, tant et si bien que même sa cicatrice lourde de souvenirs avait finie par être cachée.
Au printemps, l’air ne se réchauffa pas et la neige resta. A peine fondue l’été, et quasiment constante le reste de l’année, le pays était comme recouvert d’un manteau immaculé et brillant. C’était presque aussi lumineux que la mer infinie qu’elle pouvait voir au loin.
Jun était éblouie à chaque rayon de soleil qui touchait la blanche couverture du monde. C’était une nouvelle ère, à n’en pas douter, et elle le savait au plus profond d’elle.


IV. LES TROIS SŒURS ET LE RATÉ –

Hirohashi Hoshi avait toujours été trop grande pour son âge. Déjà toute petite, elle était bien trop mature et souvent exclue des groupes d’enfants. Parfois traitée de rabat-joie par les autres enfants, voire même par ses soeurs, elle ne se laissait pourtant jamais démonter. Fidèle à elle-même et à ses valeurs bien trop idéalistes pour une fillette, Hoshi était une petite héroïne de huit ans et quelques mois.
Très attachée à ses deux plus jeunes soeurs, Hina et Haru, Hoshi avait un regard critique sur le monde. Elle savait déjà beaucoup de choses de l’univers des adultes et n’ignorait rien de sa situation. Fille aînée d’un mariage qui avait allié une longue lignée de samouraï à une riche famille de marchand, elle comprenait la valeur de son nom et de son héritage. Un fardeau qui aurait du être porté par son frère et premier né, Heita, mais dont elle avait endossé la responsabilité quand elle s’était aperçue que celui-ci n’était pas… simplement pas là.

Heita disparaissait. Souvent, personne ne remarquait son absence, ou alors seulement au moment où il revenait. Hoshi aurait pu s’inquiéter, si elle n’avait pas eu autant de ressentiment à son égard. Ils les abandonnaient, ses soeurs et elle. Livrées à elles-mêmes en face d’adultes qui au lieu de servir de famille, faisaient figure d’autorité injuste et violente, elles étaient seules. Pour elle, c’était un peu sa faute, et même si elle ne connaissait rien de lui, elle l’enviait de pouvoir s’échapper aussi facilement.
Hoshi était bien trop jeune pour prendre soin de ses soeurs alors âgées de six et quatre ans, mais elle le fit tout de même. Forcée à grandir trop vite, à mettre les deux pieds dans le monde sans précautions ni avertissements, elle portait un poids bien trop lourd pour ses si jeunes épaules.

Hoshi savait beaucoup de choses, bien trop en fait. Depuis la naissance de Hina, celle-ci avait été étrange. Toujours la tête ailleurs, toujours obsédée par ce qui n’existait pas, toujours en retrait. Un soir alors qu’elle savait à peine parler, elle hurla de toutes ses maigres forces. Ce fut l'extravagance de trop pour ses parents, qui firent pleuvoir les coups sur un corps pourtant si innocent. Hina n’avait jamais rien dit, elle ne pleurait même pas. Les châtiments de ses parents exaspérés semblaient de doux rêves comparés à ce qu’elle pouvait voir à travers ses yeux pourtant si puissants. Hoshi entendait tout, tous les soirs. La colère et la frustration qui s’abattaient injustement sur sa soeur qui n’avait pourtant rien fait de mal.
Depuis cette nuit là, le cauchemar continuait presque tous les jours, sans relâche. Hoshi ne disait rien, il n’y avait rien à faire. Une fois, elle lui avait demandé ce qu’elle pouvait bien voir qui la terrorisait autant, et Hina n’avait fait que peindre des tâches à l’encre noire sans rien dire d’autre. Et puis elle lui avait sourit en lui disant de ne pas s’inquiéter, qu’il y avait probablement un problème, quelque part dans sa tête, et qu’elle comprenait.
Mais quelle enfant peut bien comprendre et accepter qu’on la batte pour un don qu’elle n’avait pas demandé à avoir ? La sage Hoshi avait bien vite compris de quoi il s’agissait. De yokaï, quoi d’autre ? Elle avait été la seule à voir au travers de ce que les adultes tentait désespérément de cacher pour préserver les apparences. Et puis un jour, ce fut son tour. L’air se troubla et sa vision devint imprécise, pour révéler une ombre informe et quasiment invisible au coin d’une rue. Hoshi comprit immédiatement que c’était là la cause des terreurs de sa soeur, et elle s’efforça d’ignorer ce qu’elle avait vu, et surtout, de n’en parler à personne.

Alors, Hoshi prit soin de Hina du mieux qu’elle pouvait. Bien que le choix n’en soit pas un, elles se tournaient toutes les deux vers Itegami pour espérer adoucir leurs destins. Des trois soeurs si jeunes et pourtant si conscientes, seule la dernière née eut réellement le temps d’être une enfant.
Haru était simple. Quand ses parents étaient obsédés par Hina, quand Heita était absent et quand Hoshi s’occupait de sa soeur, elle était seule. Alors elle jouait, elle partait embêter les autres enfants dans la rue, et elle rentrait pour manger. Si quelqu’un maîtrisait l’art de se faire des amis et de les transformer en ennemis aussitôt, c’était bien elle. Haute comme trois pommes et le langage à peine acquis, elle répondait déjà aux grandes personnes comme une adolescente rebelle.
Elle faisait semblant, Haru. Semblant de ne pas voir la montagne de responsabilité qui écrasait Hoshi, ni les bleus qui recouvraient le peu de peau qu’elle pouvait voir de Hina, ni les disparitions de Heita. C’était une façon de se couper de la réalité comme une autre. Alors qu’elles traînaient trop tard toutes les trois dans les bains publics de Ite avec leur domestique, elle avait sangloté silencieusement, faisant passer ses larmes pour des éclaboussures. Peut-être trop de solitude. Mais ni la grande Hoshi ni la petite Hina n’allait accepter que leur petite soeur soit malheureuse ou hérite du traitement dont elles étaient victimes. Alors elles l’avaient consolée, et depuis ce soir là, elles commencèrent à la couver plus que de raison. C’était peut-être ce qui avait poussé Haru à vouloir à tout prix voler de ses propres ailes plus tard, quitte à garder tous les secrets du monde.

Mais pour l’heure, les trois jeunes soeurs profitaient de la fraîche neige hivernale qui recouvrait la région. Le seul réel moment d’innocence dans leurs vies déjà à moitié détruites, c’était ça. Fuir l’horreur du foyer pour aller jouer à l'extérieur de la ville, personne n’allait les chercher ici ou même les déloger.
Et puis une dispute éclata, quelque chose entre Hoshi et Haru, pour ne pas changer. Hina ne s’interposait jamais entre ses soeurs. L’une était bien trop mature, portée sur ses idéaux de justice et de droiture, quand l’autre était une farceuse invétérée et seulement motivée par son libre arbitre. Souvent, elle était même le sujet de la querelle. Au début, Hina et Hoshi s’occupaient de Haru pour la protéger du monde cruel et impitoyable, mais au final, c’est plutôt la cadette qui avait finie par être l’objet d’adoration de ses deux soeurs. Hina ne s’en rendait pas vraiment compte, elle avait ses propres problèmes à gérer. A commencer par les bleus sur ses jambes ses bras et son dos, en passant par les monstres qu’elle voyait tout le temps, partout.
Ses soeurs devinrent vraiment bruyantes, alors Hina s’éloigna le plus naturellement du monde pour s’enfoncer dans la belle forêt de conifères. En hiver, tout le paysage se recouvrait d’un manteau blanc étincelant et les rayons du soleil de l’après-midi passaient à peine à travers les aiguilles des sapins pour dessiner des formes abstraites de lumière dorée. Elle adorait ça, l’odeur si simple qui chatouillait ses narines, pendant que l’air froid lui mordait la peau. Elle se laissa tomber dans la poudreuse et s’allongea, ignorant la neige fondue qui trempait son kimono.

-

« J’en ai marre de toi, de toute façon tu fais toujours ta commandeuse ! »
« Quoi ?! Non c’est pas vrai, c’est toi qui écoute jamais rien ! Hina-chan aide-moi, j’en peux plus d’elle ! Hina-chan… ? »

La dispute fut interrompue sur le champ quand Hoshi et Haru s’aperçurent que Hina n’était plus là. Hoshi regarda rapidement tout autour d’elles mais rien, elle était vraiment partie. Mais le visage paniqué de sa soeur n’apaisa la colère de Haru, qui en profita pour en rajouter une couche.

« Voilà ! C’est de ta faute maintenant elle est partie et on la reverra jamais parce que t’es trop nulle ! Et tu veux toujours tout choisir ! Et on peut rien faire avec toi ! »
« Je-... C’est pas-… Non arrête ça maintenant ! Aide-moi à chercher au lieu de dire n’importe quoi. »

Haru leva les yeux au ciel et imita sa soeur ridiculeusement. Cependant, elle traîna tout de même les pieds pour jeter un coup d’oeil aux alentours. Peu à peu, l’inquiétude prit la place de l’ennui et elle n’eut plus d’autres choix que de s’en remettre à sa soeur. Elle s’approcha doucement de Hoshi et tira la manche de ses vêtements d’un air triste.

« Hoshi-chaaaan… Elle est pas partie pour de vrai, hein ? »

La grande s’accroupit devant sa petite soeur et lui posa sa main sur le haut de la tête avec un air rassurant.

« Mais non, regarde là-bas. Il y a des traces dans la neige, on n’a qu’à les suivre pour la retrouver. »

Le regard de l’insupportable petite Haru s’illumina et elle attrapa la main de sa soeur pour courir après les traces de pas qui s’enfonçaient dans la forêt.

-

Jun s’approcha à pas de loup. Quelques jours plus tôt, elle avait croisé un kitsune solitaire qui lui avait fait part de ce qu’elle ne pouvait pas savoir du haut de sa montagne. Des Clans, des villages de yokaï et des terres neutres. Seule depuis bien trop longtemps, elle avait décliné la proposition mais il lui avait laissé des indications, au cas où elle changerait d’avis. Alors elle était là, à marcher dans la neige en direction du sud.
Le froid qui enrobait ses pattes camouflait à peine sa honte d’avoir cédé. Jun, la Jun seule reine de la montagne, était en route pour un village de yokaï. Se mêler à des monstres quand elle s’était exilée pour éviter d’en devenir un elle-même, quelle ironie.

Alors, doucement, elle s’approcha de la petite endormie sous les arbres. La jeune fille aux cheveux clairs avait les yeux bien ouverts, et s’aperçut qu’elle était observée. Elle sourit jusqu’au oreilles et se releva pour parler au chat devant elle en tendant une main.

« Salut toi. Comment tu t’appelles ? »
Jun.
« Jun-chan ? Trop bizarre, c’est pas un nom de chat ça ! »

Elle pouffa et Jun prit la mouche. Hina, paniquée, chercha à tout prix à se rattraper. Il était trop rare qu’elle arrive à se faire un nouvel ami pour le laisser partir de la sorte.

« Non reviens ! Je suis désolée, je ne pensais pas t’offenser. »
Soit. Qui es-tu ?
« Je suis Hirohashi Hina ! »

Elle arrangea ses cheveux et lissa les plis de son kimono avant de continuer. Elle avait l’air plus droit, plus fier et plus calme que quelques secondes auparavant.

« Mais tu peux m’appeler Hina-chan. On est amies maintenant. »
Hina-chan. Qu’est-ce que tu fais ici ?
« Et toi ? »

Son sourire innocent et son air rêveur étaient plutôt déstabilisants pour Jun, qui avait vraiment du mal à savoir comment réagir. Elle parlait de manière si spontanée et si naturelle, elle n’avait vraiment rien à voir avec les autres Hommes qu’elle avait pu cotoyer.

Je ne sais pas. Je suis perdue.
« On n’a qu’à être perdues ensemble, si tu veux. »

A son invitation silencieuse, Jun miaula légèrement et vint s’installer sur ses genoux. Pendant de longues minutes, Hina caressa l’épaisse fourrure de Jun et quand Hoshi et Haru arrivèrent à bout de souffle, c’était comme si toute la sérénité du monde avait disparu.
Jun s’arracha brutalement à son étreinte et se cacha derrière un arbre, méfiante et prudente.

« Vous avez fait fuir Jun-chan ! Arrêtez de lui faire peur ! »
« Qu-... Hein ? Jun-chan ? »

L’attitude étrange de sa soeur n’était pas rare, mais Hoshi restait décontenancée.

« C’est mon amie. »

Elle pointa du doigt le chat noir sur la défensive avec un air passablement ennuyé et fit mine de bouder.

« C’est pas un nom de chat ça. »
Tss...
« Haru-chan ! Regarde ce que tu as fait, tu l’as vexée ! Excuse-toi correctement. »
« Quoi ? Non j’ai rien fait, et puis d’abord tu peux pas savoir si elle est vexée, c’est un chat. »
Imbécile.
« Vous… vous n’avez pas entendu quelque chose ? »
« De quoi tu parles, Hoshi-chan ? » s’enquit Hina, l’air curieux.
« Vous n’avez pas… Je ne sais pas, je crois que j’entends des voix. »
« Mais non, c’est juste Jun-chan, t’es bête ah ah ! »

Hoshi et Haru se regardèrent en chien de faïence, pas vraiment certaines de la situation.

Qui sont-elles ?
« Oh, c’est mes soeurs ! Hoshi-chan c’est la plus grande, elle est très gentille, et Haru-chan c’est la plus petite, elle est très marrante. C’est tes amies aussi maintenant. »
Oh. Je vois.

Devant Hina qui parlait à des murmures indistincts à leurs oreilles, Hoshi et Haru se retrouvèrent bien décontenancées. Elles savaient leur soeur un peu différente de par son don, mais la situation était bien plus qu’étrange. Le chat s’en retourna aux genoux de la blonde et ils continuèrent leur discussion qui semblait bien plus intéressante que l’heure qui tournait.
Et puis soudain, Hina sembla se rendre compte de quelque chose.

« Je crois qu’elles ne t’entendent pas comme je t’entends. C’est comme quand je vois des monstres et que tout le monde me dit que je suis une menteuse quand j’essaye de les prévenir. »
« Qui te traite de menteuse ? »

Hoshi et Haru sursautèrent de concert, la respiration en suspens. La plus vieille tenta de s’excuser platement, sachant pertinemment que Jun n’était pas un simple animal. La voix douce et grave était comme usée par le temps et étouffée à travers quelque chose.

« Q-... Euh… Désolée si nous t’avons offensée, Jun-san. »

Haru, elle, ne pouvait rien dire. Beaucoup trop émerveillée par la situation, elle s’était précipitée pour caresser elle aussi le nouvel ami de sa soeur.

« Woah… C’est la première fois que je rencontre un chat qui parle ! Trop, trop cool. »
« Je ne fais pas que parler. »
« Vas-y, vas-y, vas-y montre ! »

Haru était surexcitée, Hina était fascinée et Hoshi était perplexe. L’ordre des choses était respecté, mais le soleil était de plus en plus bas et les heures passaient.

« Mh, peut-être demain, Haru-chan, Hina-chan. L’heure tourne et nous devons partir, mais nous reviendrons demain. »

C’était une chose rare quand Hoshi se sentait désolée d’être la rabat-joie de service. Devant les visages si tristes de ses soeurs, elle n’avait pas pu s’empêcher de promettre qu’elles reviendrait demain, même si elle restait assez méfiante. C’était un yokaï. A première vue, pas mauvais ni agressif, mais elle savait qu’elle devait rester sur ses gardes.
Haru secoua ses deux mains en guise d’au revoir, et Hina lâcha une dernière caresse avant de retirer un ruban de ses cheveux pour le nouer au cou de Jun.

« Sois là demain pour me le rendre, Jun-chan ! »

Elle partit en courant pour rattraper ses soeurs, avant que Jun n’ait le temps de répondre. Mais elle ne comptait pas revenir, non. Elle ne faisait que passer. Elle allait partir et rejoindre les monstres.

On se reverra, peut-être.



V. LES PRINCESSES, LA CATASTROPHE ET LE BÉNÉFICE DU DOUTE –

Mais Jun resta. Sans trop savoir pourquoi, elle éprouvait un besoin viscéral de rester auprès des Hommes. Après des années de solitude et de silence, elle ne s’était pas attendue pas à avoir besoin de compagnie une fois de plus, mais si. Alors, tous les jours, elle était là. Elle attendait les trois soeurs, toujours à la même heure. Et elles venaient.
Au fil des jours, la méfiance s’estompait. Et au fil des semaines, la confiance s’installait. Plus le temps passait, et plus l’envie d’aventure et la curiosité avaient cédé leur place à la fidélité et à l’attachement.
Les semaines devinrent des Lunes, et les Lunes des années. Si les soeurs Hirohashi avaient parfois des obligations, Jun n’avait jamais raté un seul rendez-vous. Souvent, elle se damnait de n’avoir pu partir et d’être redevenue dépendante des humains, mais elle s’en félicitait tout autant pour la richesse qui en découlait. Aux côtés de celles qu’elle considérait maintenant comme sa nouvelle famille, elle avait tant appris et tant évolué. C’était comme si elle était devenue une personne à part entière avec l’influence de ces trois personnalités si différentes qui avaient grandi en même temps qu’elle. Mais au fond, elle était toujours le monstre intemporel qui apprécierait voir le monde tomber. Pas à un paradoxe près à ce moment là, elle aurait aussi donné sa vie pour chacune des soeurs Hirohashi.
Forgé en quelques années à peine, il y avait un être humain quelque part dans l’âme de Jun. De tous ces trop courts instants passés en la compagnie des soeurs Hirohashi, elle n’avait que très peu parlé de vive voix. Parce que même en changeant d’avis sur l’endroit où rester, elle n’était pas revenue sur sa décision de renier son état de yokaï et désirait rester un chat, pour peut-être juste un peu plus longtemps que les autres. De la même façon, elles ne connaissaient pas sa forme humaine. Si Hoshi s’en doutait grâce à son éducation plus avancée que ses soeurs, les plus jeunes n’en avaient aucune idée.

Les années pour Hoshi, Hina et Haru n’étaient que des secondes pour Jun, et elle crut les voir grandir en un clin d’oeil. Elle savait presque tout de leurs vies et de leurs manies, et elle avait vu la relation que la plus jeune entretenait avec sa plus vieille soeur se dégrader, en simple spectatrice qu’elle était toujours. Malgré tout, elles semblaient unies pour protéger Hina, porteuse d’un bien triste don à double tranchant, qui enchaînait les malheurs. Et Hoshi savait voir au-delà des animosités passagères pour toujours rattraper les bêtises et les galères dans lesquelles Haru avait le don de s’empêtrer.
Mais de cette famille à moitié détruite et bancale, il manquait toujours quelque chose. Où était donc Hirohashi Heita ? Jun connaissait son existence parce que ses soeurs l’avaient parfois rapidement mentionné au cours de conversation sans profondeur, mais elle n’avait que peu d’informations sur lui, et soupçonnait les soeurs Hirohashi de ne pas en avoir beaucoup plus. Il semblait exister sans vraiment être tangible, comme une ombre dont on se souvenait une fois qu’on la voyait, pour l’oublier bien vite une fois la lumière revenue.
Jun était perplexe. Comment pouvait-il faire partie d’une famille tout en étant si invisible que personne ne remarque son absence ? Pourquoi n’intervenait-il pas ? Il était forcément au courant de ce qu’il se passait dans son foyer, des parents qui n’avaient que faire de leurs filles jusqu’à même les battre. Il était plus vieux qu’elles, et à en croire les maigres connaissances qu’elle avait sur lui, il était proche de sa cérémonie de passage à l’âge adulte. Il pouvait faire quelque chose, mais non, rien.

C’était donc ce jour là qu’il avait choisi pour se montrer. Un beau soir d’hiver, quand les rayons du soleil peinaient à traverser les épaisses couches de nuages qui recouvraient la montagne pour teinter l’air et la neige de rose orangé presque irréel. Simple ombre parmis les ombres, il s’était tenu droit et immobile pendant de longues minutes avant que la plus vieille des soeurs Hirohashi ne s’aperçoive de sa présence. Il était passé maître dans l’art de ne plus exister, et il aurait presque pu s’en vanter si ça avait été son genre.

« H-heita... ? »

Pas vraiment sûre d’elle, Hoshi hésitait. Il lui semblait qu’il y avait des années qu’elle n’avait pas vu son frère aîné, elle ne se souvenait pas. Elle se fit la réflexion qu’il avait grandi et que ses cheveux étaient différents, mais elle n’en était pas sûre - l’image qu’elle gardait de lui était très floue.

« Qu’est-ce que vous faites avec cet animal ? Père et mère vous cherchent, allons-y. »

Il n’y avait personne d’autre qu’eux, à la lisière de la forêt la plus proche d’Ite, il n’y avait pas âme qui vive. Jun tiqua. Peut-être était-ce son instinct qui reprenait le dessus, mais elle ne voulait pas qu’elles partent. Pas avec lui.

« Dépêchez-vous. »

Il se montra pressant, et bien que sa banalité soit remarquable, il semblait dangereux. Résignées, Hoshi et Haru ramassèrent leurs maigres affaires pour s’en aller, pendant que Hina ajustait son ruban autour du cou de Jun en lui murmurant des mots doux.

« Qui es-tu pour m’arracher à mes maîtresses ? »

Il y eut un très long silence. La voix grave et rauque avait suspendu le temps pour quelques secondes. Brutalement, Heita s’interposa entre ses soeurs et le chat noir, leur hurlant de s’écarter immédiatement. Sonnées et bouleversées, elles ne comprirent que bien plus tard ce qui était en train d’arriver, et restèrent muettes et horrifiées.
Heita se jeta sur Jun, qui aperçut le couteau dans sa main droite trop tard pour pouvoir esquiver. Alors elle sauta. Tout droit, en plein dans la gueule du loup, et son corps recouvert de fourrure s’élança vers lui. Elle profita de la force du mouvement et se transforma, sans aucune autre forme de cérémonie. Son poids soudainement décuplé déséquilibra Heita qui tomba à la renverse, en plein dans la neige.

Alors qu’il sentait le froid s’infiltrer dans son dos, il écarquilla les yeux. Son arme gisait quelques mètres plus loin. Il s’était fait surprendre, et maintenant, il y avait une femme assise à califourchon sur lui, les mains agrippées à sa gorge. Sa respiration devenait sifflante à mesure qu’il suffoquait de plus en plus. Sans même pouvoir se voir, il savait pertinemment que son visage ne tarderait pas à prendre une teinte dangereusement violacée. Il s’était fait surprendre, et maintenant, il allait mourir.
Quand ses poumons commencèrent à lui brûler la poitrine tant l’air se faisait rare, et quand peu à peu, sa conscience semblait s’arracher à son corps, il crut apercevoir des formes vagues et floues s’agiter au dessus de lui, doublées de murmures indistincts.

Quelques instants plus tard, Jun lâcha sa prise et sa première inspiration fut aussi douloureuse que salvatrice. Il lui sembla entendre les voix paniquées et étouffées de ses soeurs prononcer son nom, mais rien de plus.
Il lui fallut un long moment pour se retrouver en pleine possession de son corps et de son esprit. Et quand il y arriva, ce fut seulement pour trouver ses trois soeurs, protégeant un chat noir aux yeux vert d’eau. Hoshi prit timidement la parole en jetant des regards à Hina qui portait l’animal dans ses bras, pendant que Haru se cachait derrière elle.

« Heita, pardonne-la. Elle voulait simplement nous protéger. C’est notre amie. »
« Vous êtes amies avec un… avec un yokai. Avec un monstre. Est-ce que vous vous rendez compte de votre stupidité ? Vous n’avez donc rien vu, elle aurait pu me tuer juste… comme ça. Et faire de même avec vous ! »

Il était hors de lui, mais aussi complètement vaincu. Jun s’échappa des bras de sa soeur pour venir se planter devant Heita.

« Ne m’approche pas. »
« Tu as attaqué le premier. »

C’était vrai. Il n’avait pas réfléchi, il avait réagi au quart de tour avant même d’analyser la situation. Et s’il l’avait fait, il aurait bien vite compris qu’il n’avait aucune chance.

« Qu’est-ce que tu veux de mes soeurs ? »
« Rien. Tu es bien hypocrite, à les appeler comme tes soeurs sans jamais leur venir en aide. »
« Ne parle pas de ce dont tu ne sais rien. » cracha-t-il avec un air de dégoût.
« J’en sais bien assez. »

Jun marqua une pause avant de continuer.

« Je ne veux rien, je suis juste là et elles aussi. »

Il ne sembla pas comprendre, et les soeurs Hirohashi sortirent de leur stupeur pour intervenir. Après une grande discussion, et sans vraiment lui laisser le choix, elles réussirent à convaincre Heita de les laisser garder Jun. A une condition.

« Jure que tu resteras un chat, je ne veux plus jamais avoir à revoir ce visage. »

Le chat sembla soupirer et hocher la tête pour accepter.

« Tu n’en aurais pas eu besoin pour t’en rappeler, de toute façon. J’ai bien vu dans tes yeux que cet instant resterait gravé dans ton esprit. »

Il pesta en silence, et Jun accourut derrière les soeurs Hirohashi pour les suivre vers son nouveau foyer.



VI. LA PUNITION DES SAGES –

Presque quatre années s’écoulèrent, loin d’être paisibles.
Des trois soeurs Hirohashi, Hina fut la première à se voir bénie par Itegami. Si la neige était loin d’être rare en Fukyuu, la neige en plein été, ça n’était pas commun. Mais personne dans la maisonnée ne s’était émerveillé autant que Jun quand de faibles et délicats flocons se mirent à tomber du plafond. De monstre qu’on cache à tisseuse des plus beaux motifs de glace, Hina brodait des flocons comme on respire, avec le naturel de celle qui a toujours su.

De tous les dessins possibles, les flocons de Hina portaient toujours les trois cerfs blancs en leur sein. Quand Jun avait demandé pourquoi, elle avait répondu simplement, vaguement. Elle avait répondu qu’ils étaient dans sa tête, qu’ils étaient là pour elle. A ce moment, Jun n’avait pas les connaissances et le savoir nécessaire pour comprendre qu’elle était devenue son pire ennemi en quelques secondes.

Tout naturellement, Hoshi et Haru furent les suivantes. Alors que la première utilisait ce pouvoir autant qu’elle pouvait pour servir la justice et la vérité, la plus jeune l’enfouit au fond de son coeur pour l’oublier, trop portée sur sa liberté et son libre arbitre pour vouloir se mettre au service d’un Kami de la sorte. Haru trompait son monde en se faisant passer pour une si simple et sotte jeune fille dénuée de don, mais en réalité, elle était peut-être la plus puissante des trois. De son pouvoir brutal et déchainé qu’elle ne contrôlait ni n’entrainait pas, il arrivait qu’elle soit frappée par des visions si puissantes qu’elle ne distinguait plus le présent, du passé ou du futur.
Après ça, Jun n’eut pas vraiment d’autres choix que de croire en les Kamis et leur supériorité. Avec des preuves pareilles sous les yeux, elle sentit la peur s’installer en elle, jours après jours. Elle se savait capable d’éliminer n’importe quel humain, si puissant ou si entrainé soit-il, mais qu’en était-il d’un être sans présence charnelle, tout puissant et tout omniscient ? Elle ne savait pas. Par mesure de protection et surtout pour couvrir ses arrières, Jun demanda à ses soeurs de lui apprendre les grands principes de la religion. Elle savait son âme dans un équilibre déjà bien fragile depuis qu’elle était devenue un yokai, il était inutile de provoquer la colère des Kamis en plus de ça.

Jun s’appliquait à la prière et aux offrandes, bien qu’elle ne puisse pas mettre les pattes dans un temple. Mais jamais cette nouvelle habitude ne devint un automatisme ou un geste machinal. Elle était habitée par sa terreur de l’invisible autant qu’on pouvait l’être, et au moins en ce qui concernait les Kamis, elle ne souhaitait que faire preuve de sagesse.
Bien qu’elle soit restée un chat pendant toutes ces longues années, Jun n’avait jamais été aussi proche de l’humanité. Bercée par son foyer, elle fut traversée par un nombre incalculables d’émotions et de sentiments, devenant presque, à sa manière, aussi complexe que les humains. Ecartée de ses pensées fugitives et libérée de ses pulsions malsaines, elle parvint même à assister à l’éducation de ses soeurs, profitant de sa forme discrète pour écouter les leçons.

-

Hirohashi Chiyo était une femme aigrie et mauvaise. Elle n’avait pas toujours été comme ça, non. Un jour, avant tout ça, elle avait été libre et insouciante, livrée à elle-même et le monde devant les yeux. Mais Chiyo ne venait pas d’une famille noble, bien que sa richesse fasse croire le contraire. Ses parents, avides et manipulateurs, la marièrent à un samourai honorable, et surtout noble. Un bon parti, un bon futur. Sa jeunesse prit fin si brutalement qu’elle en garda de profondes séquelles au fond de son coeur et se referma sur elle-même.
Elle détestait son mari, Chion. Elle détestait le fait que leurs prénoms soient semblables. Elle détestait son visage. Elle détestait son odeur. Elle détestait être à la merci de ce corps qui la contraignait si souvent. Un bon parti, un bon futur.
De ses quatre grossesses, elle n’avait que des mauvais souvenirs. Au début, elle avait cru que leur premier enfant allait sauver son quotidien et abolir ses souffrances. Mais non. Heita était né sous de mauvaises augures et s’était révélé un bien faible enfant, décevant et rejeté. Elle aurait voulu s’occuper de lui et rattraper ce que Chion jetait, mais non, elle attendait déjà un second enfant. Elle pria, beaucoup. Elle supplia Itegami de lui donner une fille, belle et stupide, qu’elle puisse envoyer loin de ce foyer seulement construit sur des violences et du malheur. Un bon futur.
Le Kami lui donna une fille belle, oui, mais loin d’être stupide. Chiyo se voyait dépérir au fil des années, supportant encore et encore ce corps nauséabond et plein d’alcool au dessus d’elle. Le poids des responsabilités, le poids des rêves qui se terminaient tous en même temps, le poids de la richesse et de la noblesse qui l’écrasait encore et encore, jusqu’à ce que son corps n’en puisse plus.
Alors qu’encore une fois, Chiyo accouchait dans la douleur et dans l’ombre de son mari peu préoccupé par sa descendance, elle ne remarquait pas que son premier fils, le raté, disparaissait. De plus en plus souvent, mais non, elle ne le voyait pas. Et quand sa troisième dernière fille vint au monde, elle était devenue si mutilée et infertile que son mari ne lui adressait même plus la parole. C’était mieux comme ça.
Libérée de cette présence invasive, elle essaya d’élever ses filles. Mais au lieu de leur transmettre de la bonté et de l’espoir qu’elle avait pu elle-même avoir à son plus jeune âge, elle se dégoûtait d’elle. Chiyo ne pouvait pas les regarder, pas dans les yeux, non. Elles étaient pures, innocentes et ignorantes. Elle les détestait. Elles étaient tout ce qu’elle n’était plus. Elle était la concrétisation de ce qu’elle ne supportait plus.

Chiyo avait souhaité mourir, plusieurs fois.
Mais jamais elle n’en avait eu le courage. Ou peut-être qu’au fond d’elle, quelque part dans un endroit qu’elle avait fermé à tout jamais, il lui restait trop d’amour insoupçonné pour pouvoir abandonner ses filles à un tel homme. Elle entendait les cris, voyait les bleus, sentait la violence dans l’air, sans jamais s’interposer. En secret, elle aurait souhaité être assez débridée pour pouvoir faire la même chose, mais même l’alcool n’aurait pas ce genre d’effet sur elle. Elle se haïssait pour ses pensées, elle se haïssait pour avoir engendré une progéniture, elle se haïssait.

-

Quand les soeurs Hirohashi et Jun étaient simplement posées dans l’herbe du jardin pour leur leçon quotidienne, elle s’était approchée. Assez près pour entendre le chat noir qu’elles avaient adopté quelques années plus tôt parler d’une voix à la fois grave et douce. Au début, elle eut du mal à y croire, mais elle connaissait les légendes.
Sans un bruit, elle ramassa les pans de son kimono de soie si bien brodé. Elle se dirigea vers la cuisine, presque sans réfléchir, elle s’empara du plus aiguisé des couteaux.
Elle avait entendu toutes les histoires sur ces monstres. Les yeux vides et les gestes mécaniques, elle s’avança vers ses filles, lentement. Chiyo n’était plus que l’ombre d’elle-même, et c’était l’horreur de trop.
Brusquement, elle souleva Jun par son collier fait de rubans bleus qu’elle devinait appartenir à Hina, et la porta à bout de bras vers l’intérieur de la maison. Le chat se débattit, en vain, jusqu’à presque s’étouffer. Et quand Chiyo jetta l’anima, sa tête heurta violemment le sol, assez pour l’hébêter.
Elle l’immobilisa, et abattit son arme. Paralysée par une promesse qu'elle ne pouvait pas briser, Jun retint sa respiration.

Quelque part au loin, Chiyo pouvait entendre des murmures. Des mamans, des mères, des suppliques, des prières et des cris. Tous les sons étaient si étouffés qu’elle ne percevait presque plus rien. Prise d’une surprenante sensation d’apaisement, elle s’assit correctement, à genoux, pour observer son travail. Elle avait coupé la queue de ce monstre de manière si nette et précise - et elle savait que la queue était la source de pouvoir de ce genre de yokaï de par son éducation au temple. Elle contempla sa propre folie et son fait accompli, elle n’avait plus de problèmes désormais. Non, plus de problème. Plus aucun problème.
Maintenant, tout allait s’arranger.

Le sang s’infilrait partout dans les tatamis et le sol, jusqu’à atteindre les beaux vêtements de soie de leur mère. Hina hurlait à la mort et Haru était dangereusement silencieuse avec ses yeux écarquillés, mais Hoshi n'abandonna pas. Elle criait, essayant de contenir sa panique, de faire revenir sa mère à la raison, de la retenir. Mais celle-ci semblait perdue dans ses pensées, intouchable.
Alors, elle s’approcha de ce qu’elle pensait être un cadavre de chat, et le porta à mains nues.
Doucement, elle franchit le palier de sa maison, et jeta les deux parties du corps dehors sans aucune précaution.

« Hors de ma vue. »

Alors, une silhouette élancée sortit des ombres et s’avança vers le chat qui se vidait encore de son sang sur le sol. Le rouge s’effaça doucement, mélangé à la douceur de la pluie qui s’était mise à tomber.



VII. DE GRE OU DE FORCE –

Quand Jun ouvrit  les yeux, sa bouche était à la fois pateuse et sèche. Elle ne voyait rien sinon une faible lumière qui provenait surement de quelques éclairages disposés loin d’elle, mais rien qui ressemblait à la lumière du jour. En se tortillant sur elle-même pour déterminer où elle était, elle réveilla ses blessures et une douleur fulgurante la frappa soudainement.
Incapable de comprendre où elle était, Jun se rassura néanmoins d’avoir conservé sa fourrure. Elle se dressa doucement sur ses quatre pattes, mais quelques chose n’allait pas. Elle manquait d’équilibre, de poids et de stabilité. Sans oser bouger la tête, elle laissa ses yeux glisser sur le coté pour y découvrir ses plaies. Il n’y en avait qu’une seule. Et elle n’avait plus de queue.
Détournant le regard comme pour oublier ce qu’elle venait de voir, Jun s’assit calmement et entreprit de faire sa toilette. Pas parce qu’elle était encore sale ou ensanglantée, non. Plus par automatisme, comme une façon de s’accrocher à la réalité quand plus rien ne tenait debout.

Et évidemment, la première personne qui poussa la porte de la très large pièce fut Hirohashi Heita. Jun était tellement fatiguée et lasse qu’elle ne daigna même pas lui accorder un regard, ni même demander des nouvelles de ses maîtresses et soeurs. Rien ne pressait. Rapidement, un autre homme s’engouffra dans la salle sombre. Plus petit et plus trapu que Heita, il caressa sa barbe brouillonne quelques instants, comme plongé dans une intense réflexion.
Alors qu’il la scrutait de haut en bas pendant de longues minutes dangereusement silencieuses, Jun léchait consciencieusement ses pattes, comme si l’homme en face d’elle n’existait même pas. Il se rapprocha, si près qu’elle put presque sentir sa respiration calme agiter sa fourrure au rythme de ses expirations.

« Mh… Je sais ce que tu es. »

Il s’était enfin décidé à parler, d’une voix rocailleuse mais tellement sûre d’elle. Une voix qui n’accepterait pas non pour réponse, une voix qui s’imposait, une voix qui savait ce qu’elle voulait et n’allait pas hésiter pour l’obtenir. Ce genre de voix qui donnait des frissons à n’importe quel être pourvu de bon sens, et qui déclenchait une petite alarme dans un coin de la tête pour dire à celui qui l’entendait de fuir. Mais là était bien le problème, Jun n’avait plus de bon sens - si elle en avait eu un jour. Pas d’instinct de survie, pas de peur, pas de réflexe.

« Change-toi. Je veux te voir. »

La dure voix de l’homme avait été sans appel, non ne serait pas une réponse. Jun s’arrêta, et jaugea l’humain accroupi devant elle. Allait-elle vraiment laisser un petit homme crasseux lui donner des ordres ? Une aiguille de fierté lui transperça les tripes et lui retourna l’estomac. Elle leva la tête pour le regarder droit dans les yeux.

« Non. »

En une fraction de secondes, elle sentit l’homme bouger vers sa gorge et elle imagina le pire. Jun était trop faible pour se défendre - n’en déplaise à son orgueil - et s’il décidait de la forcer à se transformer, elle ne pourrait pas faire grand chose. Quitte à obéir, autant le faire dans la dignité.

« Je ne ferais pas ça, si j’étais toi. »

Il se ravisa, sachant qu’il avait gagné, et croisa les bras sur sa poitrine avec un air de défi.

« Impressionne-moi. »

L’animal à la fourrure noire approcha ses yeux vert d’eau si rapidement de son visage qu’il n’eut même pas le temps de voir la transformation. En face de lui, il y avait une jeune fille. Il lui fallut un effort supplémentaire pour s’arracher à la contemplation de ses yeux si humains, cerclés par des cernes violacées tellement marquées qu’on aurait presque pu croire à des hématomes.
Elle n’avait pas l’air d’en mener bien large. Sans aucune gêne, elle était à genoux devant lui complètement nue ; et débarrassée de son épais manteau, elle frissonnait. Il se releva prestement pour s’écarter et mieux l’observer.
Jun laissa son regard dériver jusqu’à Heita. Celui-ci avait détourné les yeux pudiquement, les joues légèrement rosies. Elle n’avait pas compris pourquoi, à ce moment là. Dans le cocon créé par la faible lueur des bougies, le temps ne s’écoulait plus et les moeurs n’existaient pas.

« Je suis Nanba Nobu. Je peux t’aider. Mais si tu veux survivre, il va falloir que tu fasses exactement tout ce que je te dis de faire. »
« Je ne suis pas sûre d’avoir envie de survivre. »

Heita braqua son regard de nouveau sur elle, surpris. Nanba ne broncha pas.

« Il parait que tu es très liée avec ses soeurs. »

Il désigna Heita du menton.

« Oui. »

« Parfait. Si tu restes avec nous, tu pourras les protéger. »

Jun baissa les yeux pour réfléchir. Ses soeurs n’étaient pas en danger, du moins pas directement. Elles étaient battues, oui. Mais en grandissant, elles avaient commencé à pouvoir se défendre, et leurs parents ne posaient plus tant que ça les mains sur elles.

« Les protéger… de quoi ? »

Une folle lueur effrayée traversa brièvement les yeux de Heita, suffisamment visible pour que Jun la remarque. Elle se jeta brusquement vers Nanba, et posa une main au sol, comme pour marquer la distance entre elle et lui. D’une voix terriblement douce et d’un éclat tranchant dans le regard, elle insista.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? »

-

Hirohashi Chion pensait souvent à la façon dont il allait mourir. Pas qu’il voulait mourir, loin de là, mais il espérait mourir au combat d’une manière honorable. Il n’avait pas eu la vie qu’il aurait aimé, mais comptait bien périr selon son choix. Il aurait pu, s’il s’était comporté comme un homme honorable, partir comme un homme honorable. Mais c’était loin d’avoir le cas, et d’aussi loin qu’il puisse se souvenir, il avait été en proie à la boisson et aux plaisirs de la chair que son apathique épouse ne pouvait offrir.
Et elle était encore là, la riche et belle Chiyo qu’il avait épousé pour sa fortune sous la contrainte familiale. Elle le regardait, droit dans les yeux, sans sourciller. Il lui rendit son regard, comme si c’était la première fois qu’il la voyait - ou la dernière. Et en une seconde, c’était terminé. Le sang lui coulait de la bouche comme s’il ne ressentait déjà plus rien.
Jun retira sa main de la gorge ensanglantée de Chion et laissa le cadavre tomber au sol comme un vulgaire pantin de chair et d’os sous les yeux impassibles de Chiyo. Elle s’était préparée, elle savait que tous les actes avaient des conséquences, mais elle n’en avait pas espéré autant. Elle mourut tout aussi violemment mais plus dignement que jamais, lasse dans la mort comme dans la vie.

Essoufflé d’avoir couru après un monstre déterminé à tuer, Nanba et Heita arrivèrent une fraction de seconde trop tard pour empêcher le massacre, mais bien assez tôt pour y assister. Il fut difficile pour le maître de cacher sa satisfaction, mais Jun était si concentrée sur sa funeste tâche qu’elle ne les remarqua même pas. Les mains et le bas du visage entièrement couverts du sang de ses premières victimes, la jeune fille à peine vêtue - qui semblait pourtant mal en point - se dirigea à pas légers vers ses soeurs qui s’était cachées dans un coin de la pièce.
Sur leurs corps, les marques de coups récents et plus violents, mais sur leurs visages, pas de peur. Du doute, de la reconnaissance, de la compréhension. Mais il n’y avait pas de peur ni de haine dans ces si innocents regards, malgré les sombres heures qui s'annonçaient et les cauchemars emprunts de violence qui hanteraient leurs nuits à toutes les trois.

« C’est fini maintenant. »

La voix de Jun avait résonné comme une supplique, comme une promesse, comme un voeu. C’était fini maintenant.




VIII. LE FRISSON QUI NE S'ARRÊTE JAMAIS –

IX. LE SANCTUAIRE DES ÂMES EN PEINE –

(To be continued dans les analepses... 7/18 ಠ_ಠ)




Dernière édition par Hirohashi Jun le Ven 2 Fév 2018 - 1:03, édité 14 fois
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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Jeu 30 Nov 2017 - 5:12

-

Histoire
X. LA FIN SANS LES MOYENS –

XI. L'HEURE ENTRE CHIEN ET LOUP –

XII. DANS LES PAS DU MAÎTRE –

XIII. LES AMANTES ORPHELINES –

XIV. L'EVEIL DE LA MAÎTRESSE –

XV. LA FIN DE L'INNOCENCE –

XVI. AU NOM DU PÈRE –

XVII. LES NEIGES ÉTERNELLES –

XVIII. CELUI DONT ON NE VOIT PAS LE VISAGE ET DONT ON TAIT LE NOM –



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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Dim 3 Déc 2017 - 13:30

Bon courage pour réaliser ton DC \o/
Ça sent la grande oeuvre ^^
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Okaruto no Momo

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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Dim 3 Déc 2017 - 15:49

Une grande oeuvre, au moins huhu c:

J'aurais une question pour toi/les autres admins dont j'ai rapidement discuté avec Chika qui m'a dit de voir avec vous: sachant que l'âge physique de Jun est toujours fixe et compris entre 20 et 25 ans, la première fois qu'elle va au village à sa nomination genin, elle a l'air déjà trop vieille pour ne pas être louche/prise pour une ennemie.
Vu que j'ai considéré qu'elle était entraînée par son chunin à Ite pendant ± 10 ans, si celui-ci a donné des nouvelles régulièrement au village et s'occupe complètement d'elle (missions + apprentissage), est-ce que c'est possible qu'elle ne vienne au village pour la première fois qu'en 39, après la mort de son chunin ?

Pour l'instant le registre de ses entrées et sorties au village caché c'est ça:
an 35 : 1ere fois au village caché après être passée genin (passage seulement)
an 39 : le chunin est mort, l’apprentissage « terminé » elle retourne au village parce qu’elle n’a plus d’autre endroit où aller (dans le but d’y rester/vivre comme les autres). Là, elle est accompagnée par Heita qui donc est un genin connu du village depuis beaucoup plus longtemps, et le village a préalablement reçu des infos sur eux de la part du chunin.
an 40 : allers-retours village-mission-village jusqu’à sa blessure où j’imagine qu’elle reste ± 3 mois
an 41 : elle profite d’une mission au début d’année pour faire ses affaires à la confrérie en même temps en prenant plus de temps que prévu parce que de toute façon c’est le bordel donc personne vérifie, revient à peu près au moment où Aije s’auto lvl up

Si je retire la première fois où elle va au village, en se basant sur la nomination genin qui est à ± 15 ans, elle aurait théoriquement 19 ans aux yeux des autres ninja, quand elle se pointe pour la première fois - ce qui est plus logique avec son âge physique. Est-ce qu'arriver à 19 ans dans ces conditions c'est possible ?
Avec la méfiance que ça implique, éventuellement qu'elle récupère toutes les missions nulles ou dangereuses, que les autres ninja ne lui fassent pas confiance (mis à part les jonin/chunin qui eux ont eu les informations du chunin qui a formé Jun)

Vala merci <3


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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Dim 3 Déc 2017 - 16:18

Citation :
Vu que j'ai considéré qu'elle était entraînée par son chunin à Ite pendant ± 10 ans, si celui-ci a donné des nouvelles régulièrement au village et s'occupe complètement d'elle (missions + apprentissage), est-ce que c'est possible qu'elle ne vienne au village pour la première fois qu'en 39, après la mort de son chunin ?
Oui, ce fut le cas pour Fumiko par exemple.

Citation :
Si je retire la première fois où elle va au village, en se basant sur la nomination genin qui est à ± 15 ans, elle aurait théoriquement 19 ans aux yeux des autres ninja, quand elle se pointe pour la première fois - ce qui est plus logique avec son âge physique. Est-ce qu'arriver à 19 ans dans ces conditions c'est possible ?

Avec la méfiance que cela implique, ça me va.
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Okaruto no Momo

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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Dim 3 Déc 2017 - 16:21

Super merci <3


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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Dim 3 Déc 2017 - 21:31

Bienvenue MomoTwice !





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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Jeu 1 Fév 2018 - 22:46

Et hop, un vilain double post.

Voici une correction pour ta chrono et le bout de ton histoire. Il y a un certain nombre de choses qui vont s’apparenter à être plus du genre de la remarque afin de m’assurer que les subtilités seront prises en compte.

Par rapport à ta demande de vouloir être validé avec ta chronologie et de poster la version longue de ton histoire plus tard, le staff est d'accord. Une fois que ta fiche sera corrigée et validée, tu pourras poster ton histoire en partie analepse (il faudra donc que tu c/c ton histoire de ici à là-bas).

Allez, c'est parti !

Citation :
Alliance de l’héritier d’une longue lignée de sages samouraï et de la fille d’un riche marchand, la famille Hirohashi de Ite aurait pu être la fine fleur des nobles de Fukyuu.

Attention, que ça soit riche marchand, ou pauvre marchand la considération sociale reste la même, c'est à dire que le marchand reste en dessous du paysan. Tu ne peux donc pas espérer atteindre la fine fleur avec une fille d'un marchand, aussi riche soit-il. Pour une fine fleur, table plutôt sur une famille déjà anoblie, qu'elle l'ait été dans le passé ou autrement ( je te propose un truc, à voir si ça t'intéresse ou si ça peut te donner une idée : au vu du comportement de la mère qui semble assez ... comment dire, elle fait pas noble quoi, tu peux peut être faire en sorte que le père ait passé un concours qui lui ait permis d'être anobli Kuge, ce qui le rend noble, mais noble d'assez bas rang). Dans tous le cas, dans ton histoire, c'est le père qui est plus largement noble que la mère.

Citation :
« Jun l’a vue pour la dernière fois lorsqu’elle a quitté la maison pour rejoindre le temple Temple Gakushiki, où elle s’entraînera pour devenir sohei grâce à ses pouvoirs défensifs. »

Les femmes Sohei sont des exceptions parmi les exceptions des exceptions. Il faudra que tu en tiennes compte.

Citation :
« Cadette des sœurs Hirohashi, Hina a désormais 25 ans. Effacée et rêveuse, elle se révélera être un très puissant onmyoji quand elle invoquera du même coup ses esprits gardiens sous forme de trois grands cerfs blancs. »

EUUUH. EUUUH !!! MOMO !!! è___é
Par rapport aux dons de Hina, ils sont déjà de base bien trop forts, donc il va falloir limiter. Ensuite, par rapport à la vie de Hina, je vais faire un comparatif avec Miwako, qui a invoqué 2 gardiens dès le premier jour : c'est déjà une grosse exception, elle vit dans une famille d’Onmyôji (donc il y a quelques conditions propices, entre autres, Hono et Onji sont déjà connus de la family il me semble). Il ne faut pas oublier que si  toute sa vie elle a vu les yokaï, elle a également toujours été un casse-croute de choix. L'avantage, c'est qu'elle était très protégée. Normalement, tu dois voir où je veux en venir avec Hina.

En gros, plus ton don spirituel est fort > plus tu peux invoquer un gardien badass > plus les yokaï veulent te bouffer > plus ta vie est centrée sur les yokaï et non les humains > etc

Avec un don aussi puissant, Hina ne peut simplement pas se dire « tiens, je vais aller me balader en forêt et je me sens à l’aise easy peasy lemon squeezie », dans la mesure où même dans sa demeure, les êtres spirituels peuvent venir la voir (par curiosité, par envie de lui faire peur, pour la buter). Il y a pas mal d’autres choses qui sont également incongrues de ce fait …

Il va te falloir garder un seul gardien (par rapport règles du forum). Je te conseille aussi de réfléchir à l’intensité du don de Hina, il n’a pas besoin d’être excessivement fort pour qu’elle fasse une excellente Onmyôji (les qualités d’un Onmyôji vont reposer sur sa mémoire, son sang-froid, son écoute. C’est ça qui va le sortir du pétrin les 95% du temps). De plus, avec un don raisonnable, il est plus logique qu’elle ait été placée qu’assez tard dans un temple, et le fait qu’elle n’ait pas encore été bouffée par un yokaï. N’oublie pas que le don de voir représente un fardeau, et que les balades en forêt … en général, on les évite. Surtout quand on ne sait pas encore comment se défendre.

Les maitrises et les pouvoirs me conviennent, il restera qu'un petit regard du reste du staff à faire dessus pour les valider. Envoie un ChronoPigeon à l'équipe admin.

Chronologie

Citation :
« Jun quant à elle, sort de sa folie vengeresse pour s’inquiéter de ses sœurs qui ont alors respectivement 11, 13 et 15 ans et seront probablement marquées à jamais. »
Citation :
Du doute, de la reconnaissance, de la compréhension. Mais il n’y avait pas de peur ni de haine dans ces si innocents regards.

On a du mal à saisir dans ton histoire et ta chrono que les filles sont à ce point peu attachées à leurs parents. Tu expliques qu’elles sont reconnaissantes à Jun, qu’elles n’en ont pas peur … quand même, Jun vient d’éventrer leur mère et leur père, on a beau détester son parent, cela ne fait pas juste « rien ». Comment vois-tu la chose ?

Citation :
« Irrésistiblement attirée par les deux lames jumelles et maudites qui pourrissent depuis des années dans l’arrière boutique du forgeron sans que celui-ci ne sache d’où elles viennent, ce sont elles qu’elle exige »

Les objets maudits le font en général … “savoir” autour d’eux. Du genre … les gens meurent, tombent malade, sont malchanceux, tournent dinguos ... un objet maudit, comme son nom l’indique, est réellement maudit (bravo captain ChikaObvious). C'est pas possible qu'elles soient juste “ là ” depuis des années et que le type ne s’en soit pas débarrassé ou ait appelé un Onmyôji pour régler le problème.
En fait, derrière un objet maudit se trouve une histoire, des circonstances qui amènent à ce qu’il acquiert sa malédiction. La malédiction, c’est toujours une histoire de vengeance, de revanche à prendre, de souillure également. Ce n'est pas car ce n'est qu'un objet inanimé qu'il ne se vengera pas, malheureusement ... bref, on comprends mieux pourquoi on ne peut pas juste se trimballer avec un objet maudit. Donc du coup il faudra changer ça.

Pendant que j'y pense, le Jônin Shinikaru (29 à 34) et  Shinikaru Kakyo ( 34 à 41) ont eu une politique où ils ne quittaient quasi pas le village Shinobi pour surveiller leurs hommes, ainsi qu’une hiérarchie stricte et une politique de l’anonymat. Il faudra en prendre compte sur la disparition du maître, le fait que Jun n’apparaisse pas jusqu’à très tard, et également le fait que jeune Heita ne séjourne pas entièrement au village. Tu as déjà dû y penser, mais je préfère remettre une couche pour que ça soit tout bien.

Citation :
« C’était une façon de se couper de la réalité comme une autre. Alors qu’elles traînaient trop tard toutes les trois dans les bains publics de Ite, elle avait sangloté silencieusement, faisant passer ses larmes pour des éclaboussures »

Je n'ai pas très bien compris cette phrase. Ça me paraît bizarre d’à ce point laisser trainer des filles dehors, surtout si elles sont d'une noblesse quelconque. Ça fait mauvais genre. Je ne sais pas comment tu penses tourner la chose, j'aimerais bien tes lumières là-dessus !

Bon bah voilà voilà, je crois que c'est tout. Mais sache que je lirai la suite de ton histoire avec attention, car là c'est un beau cliffanger ...





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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Ven 2 Fév 2018 - 1:04

Bouh c’est pas beau de faire des doubles posts !  outrage
Merci pour ton temps et ta correction, et au staff d’avoir répondu positivement à ma demande. I love you

Les corrections sont faites et j’attends de pied ferme les pouvoirs et maîtrises maintenant. <3
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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Sam 3 Fév 2018 - 14:51

Pour les pouvoirs et les maîtrises, c'est validé. Smile
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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours Dim 4 Fév 2018 - 9:11

Vilain double post et désolée pour le retard...
Il faudrait que tu déplaces les chapitres de ton histoire que tu as déjà écrit dans «Analepse» conformément à notre accord. Donc je ne verrouille pas pour le moment la fiche.

Néanmoins, je te valide. o//
Tu connais la chanson, suivi tout ça, tout ça...

Amuse toi bien avec ton DC !!
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MessageSujet: Re: [Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours

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[Fukyuu] Hirohashi Jun, la Maîtresse | Fiche Terminée, histoire en cours

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