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 [PV] Aspen

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Miyamoto Eirin

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Kuge

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MessageSujet: [PV] Aspen 1/21/2018, 14:59

« Prierez-vous encore avec nous ? » ont-ils souvent demandé, lorsqu’ils la voyaient quitter le temple. « Nous vous apporterons des denrées » ont-il souvent rajouté, lorsqu’ils voyaient dans ses yeux les émotions d’une femme troublée, dépassée, angoissée au point de ne plus savoir que répondre.

Elle est, il est vrai, troublée, dépassée, angoissée. Elle ne sait plus, il est vrai, que répondre aux amis, à la famille, à ceux qui cherchent à avoir des nouvelles sur l’état de santé de Kôgen Mahito. « Notre Jushoku est entre de bonnes mains » disait-elle, au début, au tout début de l’automne, pour rassurer tous ces amis, ces familles et ceux qui comptent sur lui. Elle le disait aussi pour se rassurer elle-même - et ses propres mains tremblantes, et cette violente envie de fuir, et son impitoyable culpabilité.

Il était nécessaire pour la future fiancée du Haut-Prêtre de se rendre régulièrement à Meisou. Elle n’y priait que rarement, néanmoins, et sitôt ses obligations remplies afin de tenir informé le Temple, elle hésitait à partir, à se taire, de l’exacte et même manière qu’elle hésitait à y entrer, à parler.

Elle ne s’est jamais sentie capable de donner autres choses que des nouvelles optimistes, sans détails, et de refuser toute aide proposée. Elle venait pour offrir la sienne, égoïstement. Afin de s’aider elle-même, elle offrait des petits sachets de riz aux véritables nécessiteux de Kokyuu. Elle avait l’impression de voir un des possibles embranchements de sa vie dans le dénuement des plus jeunes ; dans leur détresse, leur contrariété et leur désespoir, les siens se taisaient et ses doutes maladifs devenaient de cruelles réalités.

Au début de l’hiver, elle n’était plus capable d’arrêter ses maraudes ni de les continuer seule : elle s’inquiétait autant de revoir les mêmes visages que de ne plus jamais en croiser certains autres et en elle remontaient les mêmes questions : celles qui brûlent les lèvres et serrent la gorge, celles qu’elle s’est toujours posées sans jamais les formuler. Elles avaient le goût de la pourriture, dans sa bouche, et l’année finie, il devint pour elle un véritable calvaire que de parler sans se voir flétrir. Elle n’arrivait pas à annoncer le réveil de Mahito - elle n’arrivait pas à croire qu’il avait vaincu la torpeur et qu’il lui souriait vraiment tandis qu’elle s’effondrait, ses doigts invisiblement noirs et sales dans sa paume invisiblement douce et chaude.

« Demain, tu me montreras ce que tu as fait ? » a-t-il demandé, lorsqu’elle lui a raconté ce qu’il avait manqué, à combien de personnes il avait manqué, combien elle avait essayé de poursuivre ce que lui n’avait pas pu poursuivre. « Je t’accompagnerai au Temple » a-t-il rajouté, avant qu’elle ne puisse cacher son inquiétude, le contre-dire ou s’éloigner. De loin, elle préférait arpenter les sanctuaires, avec les soeurs du temple et ce qu’elles pouvaient lui rappeler de bon de son ancienne vie, avec la misère des autres et ce qu’ils pouvaient lui faire voir de la prochaine.


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Momo

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Kannushi

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MessageSujet: Re: [PV] Aspen 1/24/2018, 02:06

Encore une fois échappée à ses responsabilités, Momo sentait le froid de l’hiver mordre ses pieds nus contre la pierre des premières marches du temple. Elle avait été accueillie ici, ou plutôt recueillie, et pourtant elle ne rêvait qu’à partir. Qu’est-ce que la bonté des religieux avait bien pu ternir pour que la jeune miko ait un besoin si irrépressible d’évasion ?
Momo n’en avait parlé à personne, jamais. Elle ne se serait pas permise de faire preuve d’une telle ingratitude, d’un tel disrespect. Mais quelque part tout au fond de son coeur fragile, germaient les prémices de l’inconfort dont elle était victime depuis son arrivée. Elle l’avait un peu évoqué de façon vague, parfois, à des inconnus de passage. Son mal du pays, sa volonté de rentrer chez elle. Mais elle n’avait pas d’endroit où rentrer, à part au temple de sa patrie d’adoption. Orpheline de terres, orpheline de famille et de raison de rester. Sa déesse de chair était partie, on la lui avait décrite pâle et belle comme au premier jour, horriblement immobile.
Et de tous les pèlerins, et de toutes les rencontres qu’elle avait pu faire, et de toutes les choses qu’elle avait pu apprendre ici, rien n’aurait pu la retenir désormais. Momo allait rentrer chez elle.

En attendant le jour où elle rassemblerait assez de courage pour remplir ce corps si grand, elle chargeait quelques sacs de provisions et de matériel destinés à la ville sur le dos de Hai. Le gros cheval gris s’ébroua comme pour désapprouver, et racla le sol. C’était à peine si Momo pouvait soulever les sacs, et elle maudit sa faible constitution. Ce n’était pourtant pas faute de s’être entrainée ; tous les matins avant que le temple ne s’éveille, elle battait l’air encore sombre de son bō en bambou léger.
Elle n’avait jamais beaucoup dormi. Le jour, la nuit, quelle différence quand tout ce qu’on voyait se résumait à des cycles de bruits et d’odeurs, toujours les mêmes. Et le souffle du vent qui ne s’arrêtait jamais. Mais jamais ses entrainements n’étaient parvenus à la rendre plus forte, plus résistante ou plus utile. Elle aurait mieux fait de passer plus de temps à méditer et à prier, peut-être que son coeur s’en serait sorti plus pur qu’aujourd’hui.

Momo essuya la transpiration sur son front avec le tissu de sa manche, et s’étira. Elle devait vraiment paraître très, très grande avec ses bras en l’air. Soudain soucieuse d’éventuelles paires d’yeux indiscrets qui la surprendraient, elle se dépêcha de retrouver une attitude digne et respectable. Lissant les plis de son hakama, elle pouvait sentir la fraicheur du sol s’infiltrer jusque dans ses genoux.
Dans le même geste, elle sauta souplement sur le dos de son cheval de cendres, qui ne broncha pas. La chaleur de l’animal contre ses mollets contrastait avec sa peau transie devenue presque bleue. L’air lourd et brumeux d’Okaruto lui manquait terriblement. Elle tira un peu sur la bride et serra les talons pour lui donner l’ordre d’avancer.
Après quelques délibérations, Hai finit par obéir et s’engagea sur la voie qui menait à la ville de Kokyuu, laissant le temple s’éloigner très lentement derrière eux.
Momo profita de l’instant pour nouer les rênes à la longue crinière de son cheval, afin de se libérer les mains. Elle effaça les dernières larmes de sueur qui perlaient sur son visage et entreprit de se recoiffer rapidement en coinçant ses mèches bleues et rebelles derrières ses oreilles. Les joues rougies par l’effort et le froid, elle soupira.

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Takifugu Shigure

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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Aspen 2/5/2018, 20:06

Brrr... l'hiver était décidément mordant cette année ; du moins, c'était le ressenti du jeune homme. En même temps, il n'avait jamais aimé l'hiver, il préférait étrangement la pluie, plus douce et moins piquante sur le plan froideur. Peut être parce qu'il aimait le contact de ses contacts sur sa peau et plus encore quand l'été échauffait cette eau tombante en fines gouttes pour partager une tiédeur qu'il appréciait. La neige avait son charme, mais ce n'était pas la même chose que la pluie. La neige était belle tant qu'elle restait vierge, qu'on ne prenait pas l'audace de l'effleurer comme une jeune femme vierge et...

°Et si je me concentrais pour avancer sur cette route qui a le mérite d'être praticable ? °

Quand il lui prenait d'avoir des images assez poétiques et très... imagées, il pouvait aller plus loin encore dans ce genre de pensée et manquer de se manger un tronc d'arbre dans la tronche et de recevoir toute une avalanche de neige qui trônerait silencieusement sur les branches dénudées de feuilles. Heureusement qu'il s'était repris en main assez rapidement. Mais cela ne l'empêcha pas d'avoir un sourire niais aux lèvres, avant de frissonner un peu plus loin sur la route. Cela le rappela à la douce réalité de ce monde. Par les Kamis, pourquoi avait-il décidé d'entendre ce voyage après tout ! Quelle idée de vouloir voyager tout court en cette saison !

Il était simplement vêtue, comme n'importe quel marchand... sans marchandises en fait, d'une cape de voyage et d'un large chapeau tressé pour se protéger au maximum des flocons de neige. Il portait un baluchon pour son voyage. Après tout, il était marchand de poisson, qui profitait de la saison morne pour essayer de trouver de possibles acheteurs de sa ''marchandise'' lors du retour des beaux jours !  Sa tête était couverte comme s'il avait une capuche, lui donnant un peu un air grotesque. Bah, après tout, s'il arrivait à faire sourire les gens qu'il pourrait croiser... attendez, mais quels gens ? Qui serait assez fou pour croiser du monde par un temps pareil ? Et pourtant...

Il aperçut une fine silhouette un peu plus en aval de sa position. Un jeune homme ou une femme ? Dans les deux cas, il n'était pas le seul cinglé à braver l'hiver. Il eut un léger sourire, car il était certain qu'il allait rejoindre une jeune femme, à voir comment elle se déplaçait. Une chouette rencontre que voilà... il pourrait se tailler une bavette. Sourire aux lèvres, il accéléra sa foulée pour la rejoindre. Il crut sentir un parfum puis il entendit un hennissement lointain. Tiens ? Un autre cinglé voyager avec un canasson plus en avant d'eux ?


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Miyamoto Eirin

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Kuge

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MessageSujet: Re: [PV] Aspen 2/13/2018, 12:59

« Vous avez froid, ma chère.
- Tout va bien. »

Les yeux fixes sur la route brunie par la pluie, elle répond à voix basse, un peu sèchement.

Elle est agacée par la proximité de sa suivante qui ne la lâche pas, jamais. Elle la veille comme une flamme sacrée, portant haut le parapluie au-dessus de son voile épais, la chérie avec la même attention zélée que celle accordée aux nourrissons touchés par les Dieux, guidant soigneusement ses pas là où la terre est moins boueuse.

Eirin est noble, précieuse et irremplaçable - du moins, c’est ce que les usages des serviteurs font croire, comme il lui est impossible d’aspirer à réaliser quoi que ce soit sans leur aide. Marcher, rien que ça, est un acte soumis à bien des conditions que la jeune femme n’apprécie guère mais batailler avec les bonnes intentions de ceux qui la nourrissent ne se fait pas. Parfois, elle a hâte d’être mère de foyer, de tremper ses mains dans le linge mouillé et d’oublier ce sur quoi elle se morfond dans le ménage - mais ça ne lui arrivera jamais. Se mettre à courir aussi vite que possible, tout d’un coup, pour surprendre sa domestique et la semer dans le paysage lui paraît être la chose la plus logique à faire, parmi toutes les choses absolument folles qu’elle envisage pour libérer sa tête de la coiffe, de la protection et du regard qui pèsent et enserrent son visage. Elle peine à réfléchir correctement, mais ce n’est pas grave puisque réfléchir n’est pas le devoir d’une épouse.

« Merci de m’accompagner » dit-elle, une expression douce sur ses joues rouges, « j’avais peur de faire le chemin seule. » Sous ses manches, ses ongles grattent maladivement la paume de sa main, persuadés d’arracher des plaques de souillure là où il n’y a rien. Ses paupières se ferment lourdement, pesantes, sous le poids de ses sens complètement perturbés.

« Ne me remerciez pas, Miyamoto-sama. S’il vous arrivait quelque chose, je ne me le pardonnerai pas. »

Mais moi, moi, je ne veux que ça, qu’il m’arrive quelque chose, pense-t-elle, en souriant de gratitude à la jeune femme, malgré tout. Mentir est un art duquel Eirin garde le secret. C’est surtout à elle-même qu’elle ment le mieux, le silence et le calme du chemin le lui rappellent sous la forme d’une nostalgie dans laquelle la jeune femme se sent glisser à chaque pas. La pluie y est sans doute pour beaucoup ; sa douceur sur la toile la berce profondément. Ses illusions sont grandes, mais toujours moins que ses désillusions : lorsque le manche sculpté du parapluie glisse plus bas, l’enfant des Miyamoto sursaute, rouvre les yeux, surprise, et réalise qu’elle est seule au bord des champs inondés, du paysage couvert, de la terre humide. Il n’y a personne pour elle - qu’un immense vide que ses yeux ne peuvent pas combler, où qu’elle les porte.

Cela fait un petit moment qu’elle avance, qu’elle marche sans s’en rendre compte, automatiquement. Elle a erré, prend-t-elle conscience, malgré elle, l’esprit dans un ailleurs où les souvenirs et le présent se mélangent. Tout à coup perdue, bien que sur une piste qu’elle connaît, Eirin s’immobilise, les jambes bloquées par l’angoisse, le regard fixe sur sa main libre, extirpée de ses manches trempes, entaillée sur tous les doigts.


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Momo

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Kannushi

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MessageSujet: Re: [PV] Aspen 2/15/2018, 23:49

Le claquement régulier des sabots contre le sol, le bruissement délicat des feuilles dansant dans cette brise qui ne s’arrêtait jamais de souffler, Momo entendait tout. L’environnement sauvage, la nature livrée à elle-même, elle se sentait à la fois intruse et bienvenue dans cette harmonie fragile. Contre ses jambes, les muscles de son ami roulaient et réchauffait son corps transi de froid, et son poil devenu plus épais à l’approche de l’hiver était d’une douceur sans pareille. Tout de même, elle aurait pu emprunter un manteau ; il y avait des limites à l'ascétisme qu’elle chérissait pourtant.
Sur le chemin de Kokyuu, Momo n’entendait rien d’autre que le monde dont le coeur battait lentement et surement.

Et puis soudain, la sortant de sa transe invisible, un parfum qui flottait lui monta à la tête. D’une douceur entêtante, d’une mélancolie certaine, sa perception différente des choses ne lui montra rien d’autre qu’une âme peinée devant ses yeux blancs perdus dans le noir. Quand au loin, une autre présence se rapprocha, plus inquiétante, elle se décida à s’en mêler.
La jeune fille précieuse à l’attention qui s’évaporait dans l’air, l’homme à l’aura inquiétante qui semblait perdu dans ses pensées, ils étaient là. Momo n’aurait pas su dire où, exactement. Elle évitait d’utiliser son don pour ce genre de choses qui ne lui apporterait rien de plus ; et s’ils se mettaient à parler, elle saurait bien assez tôt.
Mais que disait-on à deux inconnus qu’on croisait par hasard sur un chemin vide ? Momo ne savait pas, ce n’était pas elle qui s’occupait des pèlerins ; il était rare qu’elle ait à côtoyer des inconnus.
Momo tira légèrement sur ses rênes, et son gros cheval gris s’arrêta - bien trop heureux de pouvoir faire une pause. Elle descendit souplement, en grande brindille de bambou qu’elle était. Une fois les pieds à terre, elle flatta l’encolure épaisse de son ami et le dirigea vers le bas-côté, où il pouvait brouter pendant qu’elle s’intéressait aux inconnus sur le chemin. Le froid du sol lui mordit les pieds, et elle frissonna. Mais poussée par le déséquilibre qu’elle ressentait en s’approchant de cette femme, elle ne pouvait que l’ignorer.

“Bonjour.” hésita-t-elle, de sa voix claire et cassée habituelle. “Est-ce que vous allez bien ?”

C’était un bon endroit où commencer. En général. Timide et mal assurée, elle tripotait ses doigts comme une enfant qu’on grondait. De l’imposante prestance que la jeune fille dégageait, elle se sentait toute petite malgré sa très grande taille. Si Momo n’était pas du genre à engager la conversation, il y avait quelque chose qui l’y avait poussé, cette fois-ci.
Lissant les plis de son hakama, elle déglutit, nerveuse. Après ça, évidemment, elle releva la tête et ses rebelles mèches bleues vinrent s’emmêler devant son visage, comme pour se moquer d’elle. En passant sa main dans sa crinière peu soignée, elle se sentit maintenant ridicule. Momo ne faisait pas le poids.
Et derrière elles, une ombre bien plus impressionnante s’approchait.


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