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 [Terminé] Eien no kagayaki (Solo)

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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: [Terminé] Eien no kagayaki (Solo) 5/13/2018, 17:28

Il nous avait fallu plusieurs jours de marche pour arriver. Je connaissais Setsu comme ma poche, pour y être née et l’avoir explorée de fond en comble. Et pourtant, découvrir Hai avec des cloques aux pieds, en compagnie d’Hikaru seulement, me tord le cœur. J’ai toujours connu ce que le feu pouvait détruire, eu conscience des dégâts qu’il pouvait provoquer. J’en avais fait usage à plusieurs reprises en tant que Jônin, pour retirer des vies, réduire en cendre des habitations, condamner les traîtres au silence. Mais j’en avais aussi été victime. Je passe une main crispée sur la cicatrice de mon cou, qui me renvoie à la souillure de mon corps, la gorge serrée de penser également à ce moment où Masao m’avait été enlevé pendant quelques secondes. Cette ville fantôme, morte, me ramène à toutes les souffrances que l’Enfer Écarlate a pu provoquer, tout en ravivant plus intensément que jamais les démons qui me poursuivent encore aujourd’hui.

Je suis vêtue confortablement, comme j’en ai eu l’habitude en tant que Shinobi, mais je meurs de chaud. L’automne touche à sa fin, les températures ne devraient pas être si hautes. Pourtant, je les supporte mal, probablement car je sais que de douloureuses épreuves m’attendent. Bien que je ne connaisse pas leur nature, je sais Moegami impétueux et probablement vexé par les différents échecs de notre peuple, accumulés ces derniers temps. D’abord Ame, faible et jugée incompétente par le Kami lui-même, puis Kurome tout simplement avalée par ce pouvoir sans mesure à la Faille. Setsu Ichigo, plus orgueilleux que le Dieu des Flammes, froidement assassiné et Gekido, dévoré par la Souillure et soulagé de pouvoir conserver le peu de raisons qu’il eut jamais eue, en me demandant de mettre fin à ses jours.

Ma main embrasse les ruines d’un bâtiment, avant que je ne m’engage dans un passage sous-terrain avec mon guide mi-muet. Et je ne peux m’empêcher de me demander quel sera notre sort à nous. Hikaru restera-t-il toujours à mes côtés, comme une ombre et sans voix, juste présent pour exprimer la volonté du Feu en temps voulu ? Ne me ferai-je pas tuer, moi aussi, à prendre cette place que je n’estime pas si légitime, après les grands hommes qui les ont tenues ? Encore peu attentive au fait que je sois la première femme à occuper cette place dans l’histoire de Setsu, je mesure les conséquences de chacun de mes actes, pour le moment. Et je regrette un instant que Seishin n’ait pas eu la permission de me suivre.

Il fait bien plus frais ici, malgré la présence d’une torche pour éclairer notre chemin. Je frissonne à chaque regard que le Kannushi me lance, pour vérifier si je le suis toujours. Je distingue des blocs de pierre plutôt épais et visiblement lourds mais friables, puisque ceux sortis de leur engoncement se sont brisés sur le sol. Ici, rien ne ressemble à ce qu’on peut voir ailleurs en Yokuni. C’est presque comme si une autre civilisation avait pris possession des terres sous la terre et avaient décidé de tout changer en remontant à la surface. Comme pour ne pas perdre pieds, je frôle les murs du bout des doigts, en faisant évidemment attention à ne déclencher aucun piège ou en évitant de me couper sur la roche fendue. Mais c’est bien un « clack » que j’entends avant que mon escorte disparaisse, pour me laisser dans l’obscurité.

D’instinct, je m’allonge en m’aplatissant un maximum pour éviter les éventuels projectiles qui seraient dirigés contre moi. Je les sens passer non loin, par le bruit des trappes qui s’ouvrent, mais aussi par le souffle qu’ils émettent en traçant leur chemin. « Merde ». Je m’inquiète surtout pour l’Incarnation car, bien que je le sache ancien Yamabushi, j’ai peur qu’il n’ait pas les réflexes nécessaires pour se mettre à l’abri dans d’aussi étroits couloirs.

Hika...

Je n’ai pas le temps de finir. Foudroyante et violente, la sensation que ma tête se fait transpercer s’y insinue brutalement. J’en crie de douleur et je cherche, de mes mains et dans la panique, ce qui peut provoquer la plus lourde douleur de mon existence. Mais il n’y a rien. En moi, je peux saisir que l’obscurité ambiante se transforme en cécité et mon cœur s’emballe. « Je ne peux pas devenir aveugle ! ». Un symbole s’éclaire en face de moi, dans mon esprit. Il me semble être proche de l’évanouissement, mais je me relève, une fois certaine que plus aucun ustensile contondant ne puisse m’atteindre. Ici commencent mes épreuves, j’en suis convaincue.


L - M - M - J - V - S - D


Dernière édition par Setsu Akane le 5/13/2018, 17:34, édité 1 fois
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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Eien no kagayaki (Solo) 5/13/2018, 17:30

« 永 » Éternel – Je dessine, avec mon parcours, ce plan jusqu’à mon but. En premier lieu, il me faut retrouver Hikaru et veiller à sa sécurité, car la suite dépend du message qu’il m’enverra. Mais mon expérience me fait penser que je marche depuis une heure, déjà, sans parvenir à destination. Il me semblait avoir compris qu’achever le dessin de ce kanji me permettrait d’ouvrir une porte. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Et, que je le trace avec mes pieds, avec la route que je poursuis, avec mes doigts dans la poussière, rien ne se passe. Le moment me semble infini, je commence à manquer d’air. Pas parce que l’espace se restreint, au contraire, il semble s’agrandir. Mais bien parce que le sentiment de ne jamais pouvoir sortir s’est installé en moi comme la plus puissante des idées.

Sans penser aux conséquences, j’utilise les pouvoirs que Moegami m’a légué, projetant de faibles bourrasques au-devant, pour y voir plus clair. Cela ne change rien, n’y vois toujours que la nuit et je manque de me brûler à deux reprises. Le risque étant le même si j’utilise mes autres habilités, je continue de tâtonner, avec la pensée obsédante et redondante que je pourrais continuer d’avancer ainsi éternellement. Soudain, une nouvelle peine me traverse le crâne. De surprise et de faiblesse, je pose un genou au sol et compresse ma tête entre mes mains, me retenant de brailler comme la première fois.

« 遠 » Distant – Tout s’estompe. La tentation de penser à mon enfance, à mon frère, à Byakuya, à Masao, à Ame, à Mikan ou à Zakuro est présente. J’essaye pourtant de rester dans le déni de ce passé qui était le mien. Je suis ici, dans le présent et c’est de là que je dois sortir pour tendre vers l’avenir. Je n’oublie aucun d’eux, mais je suis seule avec le Divin, seule avec moi-même et il me faudra trouver la dirigeante que je serai, pour l’apprivoiser et jouer ce nouveau rôle. S’agira-t-il de comédie, les premiers temps ? Devrai-je faire tant de concessions que j’en oublierai qui je suis ? Seishin trouvera-t-il sa place, entre mes lieux et occupations de fonction ou osera-t-il la prendre ?

Un sourire se dessine sur mes lèvres. Je ne doute pas une seule seconde de cet avenir et je me sens prendre de la distance par rapport à mes craintes, en même temps que j’accepte ce chemin sans fin. Si Hikaru m’a amenée ici, c’est qu’il me croyait capable de sortir ou d’admettre mon sort. Si ce dernier est effectivement de marcher sans m’arrêter, de marcher sans rien voir en évitant les embûches, alors je le ferai. Si c’est ce que la Divine Incandescence m’impose, alors je dispose. Non parce que je lui suis soumise, plutôt parce que c’est un fait qu’elle décide de mes objectifs et que suis prête à tout pour les réaliser.

« の » Liaison – Bientôt, je sens la roche changer sous mes pieds. Et je me sens poussée dans un passage aussi souple qu’étroit, comme si l’endroit prenait la forme de mon corps. Je m’y engage et ne me laisse pas enliser dans les parois dures et lisses au point d’en être douces. Sur la pointe des pieds, pour gagner en souplesse, je tourne sur moi-même et progresse, ralentissant ma danse uniquement lorsque le poignard s’insinue lentement et une nouvelle fois sur ma tempe. Consciente que la fin se rapprochera si je m’arrête, je continue ma route, faisant fi d’une sensation fort désagréable, mais de plus en plus supportable.

« 輝 » Splendeur – Vient enfin la lumière. Je suis accouchée par les murs, propulsée violemment sur le sol et je n’arrive pas à me relever immédiatement. J’ai perdu beaucoup de forces sans m’en rendre compte et tout mon corps vacille. Je sue à grosses gouttes, mes yeux me piquent ainsi envahis de sueur et mes tentatives pour reprendre de l’air sont vaines. Après moult efforts, je découvre finalement une salle relativement sombre, mais mes yeux peinent à accepter la lumière présente, celle du feu. Je marche à genoux jusqu’au centre de l’endroit, lui-même cerclé d’un bandeau de flammes menaçant de se refermer sur moi.

Je distingue une silhouette passant à travers la chaleur et j’ose un instant espérer qu’il s’agisse d’Hikaru. C’est pourtant un pantin brûlant qui s’approche de moi, pris dans une combustion intense et si étincelante que je ne peux distinguer que ses contours. Il m’attrape violemment à la gorge, pour me soulever du sol. Suspendue dans les airs, je m’accroche à ses poignets pour limiter sa pression et remarque que ses yeux sont eux aussi maquillés de lueurs désagréables à fixer directement. Les miens pleurent d’avoir été ainsi martyrisés, mais je soutiens son regard car je comprends qu’une présence divine se trouve devant moi. Moegami ne me parle pas, il me regarde et me tue. Son Feu ne me brûle pas, sa candeur pourrait presque être agréable s’il ne m’étranglait pas. J’exprime finalement d’un simple regard ma volonté de vivre et de sortir de ce Temple que je devine millénaire. Là, il me lâche et j’ai davantage mal à la tête qu’aux endroits de mon corps ayant réceptionné ma chute.

« き » Ki – Je pense à parer ou éviter sa poigne suivante, mais je ne réussis qu’à me retrouver face à cette enveloppe contrôlée par le Divin, tandis qu’il capture mes mains dans l’une des siennes et immobilise mes jambes. Dépourvue de force, je ne peux lutter qu’en tentant de le mordre et en me débattant, alors qu’il me débarrasse d’une manche de mon haut avec une facilité déconcertante. Ma fureur ne suffit pas à le faire lâcher prise et, une fois mon omoplate dégagée, il me retourne sur le ventre pour poser son index sur l’autre versant de mon cœur. J’ai alors l’impression que la marque des kanji imprimés dans mon esprit n’était rien face à la brûlure que je ressens à cet emplacement, puis partout dans ma chair.

Il les trace, je le sais, ces symboles que j’ai vus et dont j’ai compris la signification. Doucereusement, il me chuchote d’une voix immatérielle que, si je survis à son intrusion, je pourrai braver tout ce que les Hommes m’imposeront, parce que j’aurai défié sa propre puissance. Le Ki est plus difficile à assimiler, car j’ai l’insupportable sensation que le Kami s’immisce en travers de mon buste, que sa chaleur traverse mon organe de vie par le biais de mon épaule, tandis qu’il écrit mon avenir dessus. Je vomis ma bile à deux reprises, sa présence se déplaçant de mes poumons à mon estomac, l’une des mains de la marionnette me maintenant fermement, l’autre toujours occupée à graver ces sons interminables sur ma peau.

Je n’arrête de hurler que lorsque sens la chaleur de Moegami se propager dans tout mon être. Car cette sensation ne s’apparente à rien jusqu’ici et plus aucun mal ne persiste sur son passage, comme si cette présence purifiait ce qui restait de regrets et de souillure passée de mon existence, en rencontrant mon âme. Mais alors qu’il s’apprête à conclure son parcours, il me semble que je me consume à nouveau. Là encore, je pensais avoir atteint mes limites, mais il n’en n’était rien. Je sens la brûlure s’évanouir, après qu’elle m’ait complètement investie. Cette séparation, aussi attendue que douloureuse, est la plus terrible que j’aie eue à vivre jusqu’ici. Je sais que je ne la connaîtrai plus jamais et mon sentiment teinté de larmes s’apparente au regret.

Je tente mentalement de le retenir, car je refuse que le Kami me quitte. Il arrête quelques secondes seulement sa scarification, mais je sens que je manque d’y passer à mon cœur qui s’arrête de battre un instant. Prête à m’effondrer, je ne lutte finalement plus et laisse le Dieu du Feu terminer son texte sacré, me quitter et ponctuer cet échange par ma chute sur un sol dur et froid.

***

Je ne peux pas fermer les yeux, pendant ce sommeil paradoxal. Je vois tout revenir en image dans mon esprit et le sentiment intense de vouloir retrouver Seishin est présent, plus fort encore qu’avant. Une fois à nouveau « présente » dans la salle, je tremble de manière incontrôlée, car il y fait désormais bien plus frais. Mon corps me brûle encore et ne répond pas, quand je tente de bouger. Mais je sens une main tiède et délicate se poser sur moi pour panser ma nouvelle blessure.

Eien no kagayaki1... dit Hikaru d’une voix tendre et pas le moins du monde hésitante.

Puis il me recouvre d’une étoffe réconfortante, pour que la force d’entamer le trajet du retour vers Moe me revienne.

_____________________________
1 Éternelle Incandescence


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