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 [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane]

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MessageSujet: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Dim 1 Sep - 21:51


L’entraînement, maintenir une bonne condition physique, rester au top. C’était la base pour tout hatamoto comme pour tout ninja ou samouraï. Mais je trouvais cela encore plus primordial lorsqu’il s’agissait d’user de cette condition physique pour le bien de mon seigneur. Par conséquent je passais beaucoup de temps au dojo, la majeure partie de mon temps libre en réalité. Il y avait toute sorte de guerriers là bas mais très peu étaient capable de suivre mon rythme et mon style de combat. Pour palier a leur nullité, j’en affrontais plusieurs à la fois. Les vétérans refusaient de combattre contre moi leur but était de former leurs cadets. Les plus téméraires me prenaient pour une faible femme, bien que mon surnom coure partout dans le territoire Setsu depuis déjà plusieurs années. C’est là que toute la stupidité de l’homme entre en ligne de compte : Les recrues, largement inférieures en terme d’expérience et de pratique au combat arrivaient à penser pouvoir me battre s’ils me tombaient dessus a plusieurs. Dans certains cas, ça serait possible mais le manque de rigueur et d’organisation les handicapaient. Quelques minutes suffirent pour mettre au tapis cinq personnes et quelques secondes de plus pour décourager les deux qui restaient.

Finalement ils avaient appris à leurs dépend, l’analyse et la patience. Moi j’avais simplement eu de quoi m’échauffer et j’étais un peu déçue, je devais l’admettre. Je me posais finalement dans un coin, observatrice sur la progression des quelques élèves à l’écoute de leurs professeurs qui, pour certains, étaient capable de rivaliser plus de trois minutes avec moi au corps a corps.
Mais au lieu de sauter sur l’occasion de démontrer quelques pas de techniques aux jeunes, ils préféraient expliquer et les moraliser sur leur défaite contre moi. Leur insouciance, leur précipitation, leur manque d’analyse et le fait qu’il ait osé un seul instant penser pouvoir abattre un vétéran grâce à leur supériorité numérique. Tout cela était vrai, c’était la base même d’un combat, la pratique surpassait bien des facteurs comme le nombre. Mais à cet instant la différence entre eux et moi était telle qu’il était impensable de me faire avoir. Il était cependant très amusant de lire la surprise de certains élèves en apprenant mon statut d’hatamoto, beaucoup ne semblaient pas imaginer que les protecteurs de leur seigneur pouvaient passer du temps à l’entraînement. Les plus humbles se voyaient honorés de m’avoir combattus, d’autres semblaient accablés par la honte d’avoir pensé un seul instant pouvoir rivaliser avec l’élite et certains avaient tout simplement buggués.

Assise au bord de la petite terrasse du bâtiment, je regardais les autres groupes de recrues à l’entraînement, les samouraïs ne se mêlaient pas aux quelques genins présents c’était à la fois amusant à voir et regrettable pour leur pratique. Combattre des styles autres que le leur pourrait les faire progresser sur bien des points comme la vitesse de réaction ou la précision ou l’importance d’une frappe. Là où les ninjas étaient rapides et précis, les samouraïs étaient forts et tenaces. La manière dont les samouraïs voyaient les ninjas était assez bizarre, leurs principes idiots les empêchaient de voir plus loin que le bout de leur nez. Et vice-versa, j’étais la première à penser que les samouraïs étaient trop coincés pour comprendre quoi que ce soit. Mais avec le recul, j’avais aussi compris que la coopération était importante, même si elle pouvait être animée par un intérêt sous-jacent. Du coup, j’avais pris la peine de soumettre une idée aux sensei du dojo pour qu’ils organisent un petit tournoi amical entre les deux types de bushi du pays. J’espérais simplement qu’ils y voient ça comme autre chose qu’une compétition entre les deux branches distinctes qu’étaient ninjas et samouraïs.
Seulement l’affaire n’étais pas réalisable aussi simplement bien que les plus sages avaient très bien compris que c’était dans l’intérêt de chaque combattant ici présent. Ce genre de combat pouvait engendrer des rancunes pour la suite, à cause de la fierté de chacun. Au lieu de ça, on m’avait alors proposé de faire un combat amical avec l’un des Taii en charge de l’instruction.

C’était amusant et différent tout en étant plutôt ennuyant et mou. Il n’était pas spécialement rapide, c’était une montagne de muscles avec une force phénoménale, du moins c’était plutôt évident. Mais comment rivaliser en force contre quelqu’un que l’on ne peut atteindre ? Du coup il tint le rythme pendant presque six minutes avant que je parvienne à avoir raison de son endurance. Une fois le gradé au sol, une foule de murmures s’élevaient parmi les jeunes recrues. L’égo du Taii semblait en avoir pris également un coup et c’est en bougonnant comme un enfant qu’il regagnait sa place tandis que je faisais de même, au milieu des autres ninjas. Je n’avais toujours pas pu m’échauffer dignement, c’était frustrant mais d’un autre côté ce n’était pas spécialement important.

En laissant mon regard vagabonder dans les environs, je remarquais une silhouette au loin, une personne que je connaissais bien et que j’aimais d’un amour le plus sanglant possible. Pourtant je n’avais jamais été ouvertement violente envers elle, j’étais cinglante dans ma façon de parler parfois, je m’amusais à l’agacer, lui donner envie de m’attaquer. Mais Akane avait un self control presque admirable. Je ne sais pas si elle observait depuis longtemps ni même pourquoi elle observait, mais il me semblait évident qu’elle n’était pas là par hasard. Quitte à ce qu’elle soit là autant que je trouve un moyen pour l’attirer encore plus près, l’enquiquiner était une passion.
Ça tombait bien, quelques recrues me demandaient conseils, après avoir vu ma prestation ils voulaient apprendre mais je n’étais pas enseignante et je n’en avais rien à faire. J’en renvoyais donc un en direction d’Akane, l’air de rien.


« Je dois m'occuper de quelques petites choses, mais si tu parviens à trouver Akane-san qui se cache un peu plus loin dans le paysage, tu pourrais lui demander de te montrer comment faire. » Répondis-je avec un sourire hypocrite.

Les autres ninjas la voyaient comme une chûnin et non pour ce qu’elle était vraiment, elle était donc techniquement d’un niveau suffisant pour leur rendre service et puisqu’elle n’était pas un monstre, je la voyais mal refuser. J’avais donc fait semblant de devoir résoudre une broutille un peu plus loin tandis que l’apprenti allait naturellement vers elle après l’avoir cherché du regard un long moment.

Une fois à sa portée il la salua avec tout le respect dû a son prétendu « rang ». Je n'avais pas la capacité de décrypter toute la conversation a cause de la distance mais je pouvais clairement distinguer ce qu'elle demandait a Akane :


«  Accepteriez-vous de nous faire une démonstration de vos talent, Setsu-senpai ? »

La scène que je guettais du coin de l’œil était touchante et absolument géniale à contempler. Je savais que les formalités étaient un point qu’Akane n’appréciait pas des masses, et voir une jeune recrue lui demander de l’aide de cette manière, avec sa petite voix et son air si innocent me demandait une certaine force pour éviter d’éclater de rire. Alors si on ajoute les cinq-six autres étudiants qui regardaient Akane avec des yeux admiratifs et une certaine candeur me demandait l’intégralité de mes forces pour ne pas mourir de rire, pour le coup. Camouflée dans la masse de jeunes samouraïs, faisant semblant de les observer tout en discutant avec l’un des sensei, j'épiais la moindre réaction d’Akane, me demandant avec impatience comment elle réagirait.


Dernière édition par Kakita Sakuya le Dim 29 Sep - 23:06, édité 1 fois
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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Lun 2 Sep - 10:29

Je m’étire au soleil, allongée dans l’herbe, et profite de cette douce chaleur matinale. Mes journées sont plutôt calmes malgré la fougue de mon frère à vouloir tout conquérir. Il me demande sans cesse d’envoyer des ninjas aux quatre coins du pays, même aux quatre coins de Yokuni. Chaque jour, je les prépare à ne pas revenir, à travers mes précieux Chûnin. Mais certains d’entre eux ainsi que la totalité des Genin ignorent que je suis Setsu Akane, la sœur du Daimyo... ils ignorent même que je suis Jônin. Pour beaucoup, je suis une Chûnin parmi les trois mais la confusion règne car ces trois-là sont directement au contact des apprentis... mes apparitions sont rares et les spéculations sont nombreuses sur mon véritable rang. Personne, cependant, ne devine qui je suis réellement. La majorité ignore également que je suis Mononoke, l’être étrange qui rend justice un peu partout. Mes Chûnin savent que Mononoke est Jônin... ils ne savent pas que la Jônin est Setsu Akane.

Ce petit jeu m’amuse mais je risque beaucoup. Perdre en crédibilité, perdre en influence. Avoir trois identité est parfois dur à gérer, d’autant plus que donner des ordres par écrit, principalement, prend énormément de temps. Je n’imaginais pas ce que Byakuya pouvait assumer, alors que j’étais son apprentie. Je me rappelle cependant qu’il avait délaissé son propre entraînement au bénéfice d’une meilleure gouvernance... c’est probablement ce qui a causé sa perte. Je pratique quelques étirements avant de partir me balader à visage découvert. Pour une fois, je n’ai pas grand-chose à faire et prendre l’air me fait le plus grand bien. Il m’arrive de me sentir étouffée dans ma petite chambre, légèrement isolée du village. Je me sens souvent seule mais ne peut rien faire pour palier à cela.

Je passe alors devant l’un des plus grands dojos de la capitale. Regarder les autres se battre me permettaient de me représenter de véritables affrontements et d’imaginer des tactiques plus sérieuses ainsi que de nouvelles méthodes d’entrainement à transmettre aux plus jeunes. J’avais pu former très peu de monde avant ma dernière promotion. J’en ai nommé un Chûnin, les autres ont trouvé un autre Maître. Sans grande surprise, je découvre Sakuya, mettant à terre chaque Genin ayant osé l’affronter. Elle a beau être insupportable, je n’ai jamais nié son talent. Aurait-elle été plus aimable (sans chercher constamment à me provoquer) et non Hatamoto, je l’aurai probablement choisie dans mes favorites. Malheureusement, le fait qu’elle cherche constamment à me combattre et qu’elle soit si proche de mon frère ne me donne pas une grande marge de manœuvre.

Deux des trois Chûnin sont là pour entrainer les Genin et, contre mon avis, ils privilégient la théorie plutôt que la pratique. Je continue cependant d’observer, les apprentis étant admiratifs d’apprendre que Sakuya est l’une des Hatamoto du Seigneur du Clan. Leur innocence et leur insouciance témoignent bien  d’un manque d’expérience. Admirer Sakuya, c’est le premier pas vers l’admiration d’un ennemi... et admirer les ennemis est le propre des Samouraï. Elle a alors l’occasion de combattre et de mettre à terre le Taii, comme si de rien n’était. Je ne peux m’empêcher de sourire face à sa fierté mal placée et aux chuchotements de ses jeunes recrues. Je vois qu’elle finit par me remarquer et, comme je m’y attends, elle envoie sournoisement les apprentis dans ma direction ; j’imagine bien qu’elle n’a pas grand-chose à faire de leur enseignement.

Le jeune garçon me cherche du regard longtemps et finit par me trouver puis par s’avancer. Il me salue avec respect et sa jolie frimousse m’indique qu’il n’est pas à l’entraînement depuis longtemps. Bien naïf... Le reste du groupe me regarde, Sakuya se retient de pouffer de rire (ça ne se voit pas mais je le sais) et je soupire avant de hocher la tête. Il commet alors sa première erreur ; sa réjouissance lui fait me tourner le dos. Je profite de l’occasion pour retourner son bras et lui placer l’un de mes lames sous la gorge. Le petit se crispe, arrête de respirer.

- Ne tourne jamais le dos à quelqu’un. Ami, allié, ennemi, paysan, étranger... personne ne mérite ta confiance ici. Tout le monde peut être un traitre, tout le monde peut te surprendre et te tuer en une fraction de seconde. En mission, tu serais mort à l’heure qu’il est alors que tu as plus de force que moi, en tant que jeune homme.

Je le relâche, il respire plus fort et se retourne vers moi. Se rappelant immédiatement de mon conseil, il se place de côté pour avoir tout le monde à l’œil, même ses camarades. Je rengaine ma lame dans mon dos et m’avance alors sans crainte vers le reste du groupe. Tous ont l’air stupéfaits et légèrement effrayé de ma démonstration. Sans retenue, je blâme mes instructeurs. Les enfants n’y comprendront rien, le deuxième non plus mais le premier sait qui je suis.

- Êtes-vous passés à côté de l’essentiel ? Il a bientôt quinze ans et détourne encore son attention quand il est satisfait... je n’ose pas imaginer les dégâts sur le reste des troupes.

L’un baisse la tête, l’autre serre le poing. Je soupire alors à nouveau et me retourne vers les recrues.

- Alors, qui voulait m’affronter ?

Le doute se propage, même les Samouraï ont l’air perplexe. L’une des recrues en pousse une autre vers moi ; cette dernière gronde son camarade et je rappelle rapidement les règles.

- Ne me quitte pas des yeux !

C’est une jeune fille qui me regarde alors, environs quinze ans elle aussi.

- Eh bien, qu’attends-tu ? Attaque ton ennemi !

Elle fonce alors vers moi, kunai dehors, un cri de guerre. J’esquive facilement ses coups, elle en oublie mes pieds et je l’encouble en une fraction de seconde.

- Regarde ton ennemi dans son ensemble, prend toujours de la distance pour sentir le moindre de ses mouvements, dis-je alors qu’elle se relève pour retourner dans les rangs.

Elle hoche la tête et me remercie. Les combats s’enchaînement ensuite, sans que je ne m’épuise. Les Chûnin observent et retiennent également les leçons. Ils savent que la Jônin ne les a pas nommés pour avoir pitié des Genin mais bien pour les former, comme ils l’ont été. L’entraînement ninja est difficile et plein de sacrifices, j’en sais quelque chose. La survie est le maître mot, le corps est un outil, comme les armes. Une fois chaque apprenti et quelques Samouraï remis à leur place, je désigne d’un signe de tête Sakuya.

- Je pense qu’ils aimeraient voir une situation réelle, un véritable affrontement ninja. Setsu a de nombreux ennemis, leur armée est conséquente mais ce sont surtout les ninjas qu’ils enverront pour assassiner le Seigneur. Montre donc à ces enfants comment se débrouille une vraie Hatamoto, prête à tout pour Setsu-sama.

Nommer mon frère alors qu’elle en est dingue est une bonne provocation. Je me mets alors réellement sur mes gardes, sachant qu’elle ne m’épargnera sûrement pas.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Lun 2 Sep - 16:05

La réaction d’Akane est amusante, tout autant que la lecture de la terreur sur le visage de la recrue. Elle avait beau m’insupporter au plus haut point, elle était la seule personne qui arrivait à rivaliser avec moi en termes de compétences. C’était un fait accompli que je détestais maintenant que j’étais hatamoto. Lorsque j’tais chûnin, me savoir du même niveau que la Jônin revenait à dire que j’étais digne de prendre sa place, maintenant que je protégeais son frère, cela prenait une tournure inverse. Elle avait également une patience qui me faisait défaut, pour l’enseignement, pour la tolérance. Chose qui ne me servait a rien ceci-dit. Mais je devais m’estimer heureuse qu’elle soit patiente, tandis qu’elle montrait quelques trucs aux recrues sous l’œil presque choqué des samouraïs et le regard pointilleux des sensei présents ainsi que des autres chûnins présents. Je me demande combien parmi eux la savaient Jônin. J’observais la scène avec attention, elle avait raison de les entraîner ainsi, nous l’avions tous été. Un entraînement dur et éprouvant mais notre force faisait office d’une preuve de notre hardiesse a la pratique.

Elle prenait le temps d’accepter les combats d’un groupe de genins, de quelques jeunes samouraïs, je fus déçue de ne voir aucun officier essayer. Qu’ils ne s’y frottent pas contre moi parce qu’ils me savaient hatamoto était une chose, mais tous ici semblaient ignorer qu’Akane était la jônin. Devant la dureté de cette dernière, je ne pouvais que constater la justesse de ses mots. Détourner le regard de notre adversaire pouvait nous coûter la vie et passer du temps à tergiverser également. Il fallait être rapide net et précis, c’était ça être un ninja. Sur ce point Akane avait atteint un degré de maîtrise qui se démarquait de la masse, c’était d’ailleurs a cause de ça que je l’avais remarquée. Tout comme moi à ma façon, j’avais transcendé tous ceux qui me faisaient de l’ombre, ce qui était inexorablement passé par la mort tragique de mes deux frères.

Mais elle avait autre chose derrière la tête, maintenant qu’elle avait dérouillé les trois quarts des recrues elle aussi, je la voyais me fixer et m’inciter à venir me battre également. Savoir qu’Akane cherche le conflit m’étonne, généralement elle se contentait de se défiler en s’assurant que je ne pourrais pas l’atteindre. Mais ici, devant autant de témoins elle pouvait prouver plusieurs choses : Le fait qu’elle ne me craignait pas, le fait qu’elle pouvait très bien me combattre mais surtout, elle se cachait derrière un rang de chûnin, si elle me battait ici, c’était pour porter atteinte à ma réputation. Je me levais doucement avant de m’approcher d’elle, sous le regard inquiet des plus anciens. Notre rivalité était connue de tous à l’exception des recrues et bien des rumeurs circulaient sur des prétendus affrontements que nous avions eus. J’étais face à elle, silencieuse et je pouvais déjà sentir cette aura brûlante qui animait chaque combattant lors d’un combat que l’on attendait depuis longtemps.  Certains gradés avaient machinalement tenté de nous empêcher de nous affronter ici mais devant mon obstination ils avaient simplement jugé bon de nous laisser plus d’espace pour que nous donnions libre court à notre art.

« Tu n’es pas sans savoir qu’il y a bien des rumeurs sur notre compte à toutes les deux, depuis l’époque ou j’étais chûnin… »

Je n’en dis pas plus, les messes basses s’élevaient déjà pour corroborer ma déclaration. C’était un peu comme une légende sur Akane et moi, la fameuse rumeur voulant que nous nous étions battues pendant une journée entière sans arriver à décider d’un vainqueur.
Nous nous battions sans arrêt depuis plusieurs années, sur le fond.

Elle était sur ses gardes, c’était amusant à voir et je voulais pousser la provocation jusqu’au bout, ne serait-ce qu’en venant ridiculiser ses explications plus tôt. Je lui tournais alors le dos et la quittait du regard, restant attentive a ses mouvements et au bruit de ses pas qui se trouvaient faussés par le sol. Elle était armée, je le savais et je l’entendais déjà approcher dans mon dos, d’un geste sec et rapide je tentais de balayer ses appuis, coup qu’elle esquivait avec aisance. Mes autres coups étaient aussi facilement parés tout comme je déviais facilement ses contre attaques. Déjà plusieurs minutes d’échange s’écoulaient sans que, comme d’habitude, l’une puisse prendre le pas sur l’autre. Sous le regard médusé de tous ceux qui nous observaient. Mais je me savais avantagée par le temps que le combat prendrait, plus elle tenterait de me résister plus j’aurai de chances de l’avoir pour la suite. Je n’étais pas armée et bien que je ne l’aimais pas je préférais avoir un combat « loyal » avec elle, la battre en usant de ruses ne me ferait retirer aucun honneur de cette victoire.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Lun 2 Sep - 17:32

Je devine que Sakuya a compris où je voulais en venir... dans le sens que je voulais donner à la provocation. La connaissant, elle pensera sûrement que je souhaite faire mes preuves mais en réalité je cherche plutôt à lui donner de la crédibilité. L’admiration est une chose, la crainte en est une autre. Si toutes les personnes présentes voient la Hatamoto de mon frère combattre et rivaliser avec moi, ils comprendront le niveau qu’il leur faudra atteindre pour espérer détruire un Seigneur. Et encore, n’auront-ils pas vu les pouvoirs du Daimyo lui-même ! D’ordinaire, ils sont si durs à atteindre qu’on ne peut voir leur capacités... mon père n’a d’ailleurs jamais pu les montrer, vu la mort fulgurante l’ayant atteint il y a bien longtemps. Mais j’ai pu réaliser lors de l’entraînement de mon frère qu’ils apprennent tout et peuvent mettre à terre quiconque les défie. Cependant, le chemin est long pour parvenir jusqu’à eux.

Certains nous empêchent de nous affronter mais ils se résignent bien vite, reculant davantage, éloignant les jeunes de nous. Je ne me rappelle pas la dernière fois où j’ai provoqué Sakuya... peut-être est-ce la première ? D’habitude, elle m’énerve et me suit tellement partout que j’ai plutôt tendance à fuir ou à écourter le combat d’une manière ou d’une autre. La rumeur propageant le bruit que nous nous étions battues une journée entière sans interruptions est drôle et je ne la contredis généralement pas, laissant les gens faire naître les légendes petit à petit. Je me sens bouillonner face à Sakuya et repense après ses mots à cette période qu’elle énonce. La jeune femme n’avait jamais autant essayé de me tuer, simplement pour prendre ma place. Du moins, c’est ce que j’avais compris. Nos affrontements ont légèrement diminué depuis mais nos échanges restent très pénibles et chargés de rancœur. Elle reste pourtant, paradoxalement, l’une de mes motivations actuelles. Elle met du piment dans ma vie terriblement vide... c’est presque triste à penser.

Par provocation, Sakuya se retourne et attend que je m’approche pour tenter de me renverser. J’esquive facilement, elle esquive ma riposte et le combat se poursuit ainsi plusieurs minutes. Je jette de rapides coups d’œil à l’assemblée qui s’exprime de différentes manières : exclamations, yeux écarquillés, pas en arrière, répétition sommaire des gestes. Pour n’avoir prolongé l’affrontement qu’une seule fois, je sais que Sakuya s’améliore avec le temps qui passe. Raison pour laquelle je ne me ménage pas et n’utilise pas mes armes... en résumé, je ne compte pas gagner cette affrontement. Vingt bonnes minutes passent pendant lesquelles le rythme ne se tarit pas et l’assistance commence progressivement à se lasser. Un bon combat le reste à partir du moment où l’action laisse les gens bouche bée. S’ils s’ennuient, il s’agit alors d’un jeu inintéressant.

Je profite d’une feinte pour lui donner un coup dans le mollet, la rapprochant de moi. Elle glisse alors sur le côté et me donne un violent coup dans la nuque, qui me projette à terre sans ménagement. Tous sursautent et certains hésitent alors à applaudir la victoire de la Hatamoto. Je lis la surprise sur son visage lorsque je me relève : elle sait que j’aurais pu combattre différemment mais je l’ai laissée gagner pour une fois, devant bon nombre de gens. Je frotte mon cou et ma tête avant de rattacher mes cheveux et de m’exprimer à voix haute.

- Genin ! Ne visez pas le niveau de vos supérieurs pour devenir plus forts. Viser plus haut. Chûnin, Jônin, Hatamoto... ce ne sont que des titres. Ils ne font pas le talent. Seul l’entrainement suffit à vous perfectionner. Considérez chaque victoire comme une étape et non comme un acquis au risque de ne jamais être satisfait. On ne protège pas un Seigneur avec des mots ou des titres, on le protège avec des actes. ELLE doit être votre objectif pour aujourd’hui. Continuez demain si ça ne marche pas... et encore demain s’il le faut. Atteignez l’excellence et vous serez de vrais ninjas de Setsu.

Sans un regard pour ma partenaire et pour le reste de l’assistance silencieuse, je me dirige vers l’un des seaux d’eau glacés près du dojo pour me rafraichir. Je me doute alors que Sakuya viendra peut-être poursuivre l’affrontement avec ses mots sanglants.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Mar 3 Sep - 11:21

Je mets peu de temps à comprendre qu’Akane ne cherche pas véritablement à m’affronter, elle se contente de coups basiques, de quelques techniques un peu plus poussées mais trop peu de véritables attaques dignes d’une jônin. Elle semblait bien plus absorbée par ce prétendu rôle d’enseignante que par le danger que je représente pour elle. Les seuls moments où elle daigne donner de la force dans ses gestes sont les moments ou elle doit repousser mes assauts. Je ne jauge pas ma force plus que nécessaire, compte tenu du peu de volonté qu’elle y met, me donner a fond revenait à l’écraser subitement et je ce n’était pas de cette façon que je voulais avoir sa peau.
Mais ces longues années de querelle entre nous deux semblaient avoir passablement faussé sa perception de mon attitude. Ce qui, à la base était pour moi une ambition démesurée liée a la pleine confiance en mes capacités était devenu progressivement un genre de test pour moi, je tentais constamment de me maintenir a son niveau voir à la dépasser pour me prouver que je valais mieux que la majorité des autres ninjas. Depuis mon ascension au rang d’hatamoto, ce n’était plus trop l’optique, je ne cherchais même plus à essayer de prendre sa place. Maintenant tout se voulait plus amical qu’avant, je perdais de plus en plus mon envie de la tuer puisque sa place ne m’intéressait plus et que, malgré tout ce que je voulais croire, elle restait la sœur de mon seigneur.

Mais la rancune avait fait naître des rivalités qui avaient du mal à mourir, nous ne nous supportions pas plus de dix minutes et il nous arrivait plus souvent de nous envoyer des choses au visage que de rigoler ensemble. Pourtant sur le fond nous n’étions pas si différentes, toutes deux kunoichi, toutes deux des femmes, toutes deux au sommet de notre art. Si similaires que nous avions également développé un pouvoir très similaire, si similaire que leur force s’annulaient au contact l’une de l’autre. C’était à la fois étonnant et rageant de me dire qu’elle était l’une des seules personnes qui me talonnaient si aisément. Au final je m’étais souvent demandé pourquoi Gekido-sama m’avait choisie comme hatamoto au lieu de sa propre sœur, il aurait très bien la choisir elle et me placer en tant que Jônin du clan. Mais avec le recul je savais par avance comment j’aurai pu interpréter ce choix et cela n’aurait probablement pas changé nos anciens conflits. Gekido-sama n’était pas idiot, c’était une manière pour lui d’avoir quelqu’un pour le protéger d’aussi voir plus talentueux que sa sœur tout en évitant que nos petites querelles ne sèment trop de chaos au sein du clan.

En même temps je ne pouvais me plaindre de sa décision, le protéger était à mes yeux une raison de vivre bien plus importante que tout ce que j’avais pu imaginer. Cette dévotion aveugle que je portais à notre seigneur était la base de certains racontars à mon sujet d’ailleurs, mais je n’en avais que faire, ma réputation parlait d’elle-même, en territoire Setsu mon nom était craint par beaucoup, même si très peu avaient la moindre idée de qui je pouvais être réellement. Akane faisait partie des rares qui avaient une très vague idée de mes véritables dons, tout comme son frère.

Cet affrontement à l’instant, était très différent de ce que j’avais imaginé. C’était limite décevant. Une vingtaine de minutes sous le regard ahuri de la foule avant que finalement je ne la mette au sol d’un coup sec sur la nuque. Cette victoire ne me plaisait pas, elle aurait eu mille fois le temps de parer ou esquiver le coup pour continuer et je me sens presque insultée qu’elle me donne la victoire ainsi. Notre sens de l’honneur était certes différent de celui des samouraïs mais même les ninjas avaient un sens de l’honneur qui leur faisait refuser ce genre de victoire, surtout contre un pair de niveau équivalent.

Mais comme je le soupçonnais, tout ce cirque n’était que dans le but de motiver ses jeunes genin. Au final je ne pouvais la blâmer pour cela, elle faisait son boulot et je n’avais rien à y redire, malgré le semblant de frustration qui régnait. Elle avait raison sur toute la ligne, les titres n’étaient que des titres, et ne témoignaient en aucun cas d’une force quelconque. Ils marquaient simplement la confiance qui nous était attribuée et, en ce sens, d’une performance minimale à maintenir en permanence. Le cas d’Akane était similaire bien que différent, puisque très peu de personnes savaient pour son statut. Je l’écoute déblatérer son joli monologue en fermant les yeux et en acquiesçant, un sourire en coin. Je finis mes étirements avant de la rejoindre près des seaux emplis d’eau, m’accotant au bâtiment en croisant les bras, le regard au ciel.

« Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu ce genre de discours… Je dois reconnaître que tu sais motiver tes troupes. Cependant je n’accepte pas cette victoire, tu sais aussi bien que moi que ce combat aurait pu durer encore longtemps, c’était tout juste digne d’un échauffement, autant pour moi que pour toi. » Lâchais-je sur un ton dénué de toute méchanceté, chose rare lorsque je m’adressais à celle qui vient après l’excellent.

Arrivées toutes deux à un stade ou nous apprenions très peu de nos combats, combattre dans le but de gagner devenait un objectif plus amusant, en règle générale. Notre expérience nous avait rendues maîtresses dans bien des techniques de combat et accepter la défaite aussi simplement n’était pas, à l’origine, quelque chose que les ninjas avaient. Ici, dans le cadre de cet entraînement et sous le regard des recrues, j’acceptais le fait qu’elle bâcle un combat contre moi, en d’autres circonstances j’aurai très probablement agis différemment et elle le savait. Je n’étais pas sotte et elle non plus, nous savions aussi bien l’une que l’autre ce qui se jouait à chaque fois que nous nous adressions la parole et osions croiser un regard. Pour une fois je dirais qu’une mini-trêve s’est instaurée passivement entre nous deux. Au final je voulais simplement qu’elle comprenne qu’aujourd’hui et pour une rare fois, j’acceptais d’entrer dans son petit manège. L'entraînement des autres ninja était après tout, un domaine qui me semblait aussi important.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Jeu 5 Sep - 23:05

Le ton est étonnant, l’attitude aussi. Je l’ai vue tellement de fois me sauter dessus sans prévenir dans la simple intention de me tuer que je suis presque bouche bée en n’entendant aucun brin d’agressivité dans sa voix. Je me relève lentement et lui fais face, commençant par étirer mon bras droit.

- Eh bien merci pour le compliment... les températures risquent de changer à Setsu ces prochaines semaines ! Je crois bien que c’est la première fois que tu reconnais l’une de mes capacités, dis-je en rigolant légèrement.

Je regarde un peu plus loin avant de continuer : les Chûnin ont bien retenu la leçon et enseignent maintenant à mon goût. Celui connaissant mon identité me remercie d’un hochement de tête et s’excuse du regard ; il a probablement réalisé que je ne le blâmais pas pour le plaisir. Mes yeux retrouvent ceux de Sakuya et je poursuis en étirant mon deuxième bras.

- Les jeunes l’ont acceptée, ta victoire. Si j’avais été à ta place, je pense que ça m’aurait suffi mais... je te connais suffisamment bien pour savoir que seul un dénouement clair et net te convient. C’est bien pour ça que tu ne peux pas me voir, non ? On finit trop souvent à égalité.

Je ris encore, de façon moins audible. Je me plie en deux pour étirer mes cuisses et touche aisément le sol avec mes mains. La tête en bas, je continue de parler.

- Le fait que tu n’acceptes pas cette victoire va me valoir une revanche ?

Je me relève quelques secondes après et soupire profondément, me penchant en arrière pour étirer mes abdominaux.

- Une embuscade dans un couloir, dans la rue, comme tu as l’habitude de le faire ?

Je craque alors mes doigts, étire ma nuque de chaque côté des épaules et termine encore par un sourire et un ton légèrement provocateur.

- Je serai prête pour t’accueillir à la loyale, dans ce cas. En attendant, je voulais quand même te remercier d’avoir joué le jeu. Tu as reconnu mes intentions rapidement mais tu as quand même tenu à terminer l’affrontement. C’était important pour eux, je suis contente que tu sembles t’intéresser à d’autres choses qu’à mon assassinat.

Maladroitement, je lui assène une tape amicale sur l’épaule mais me rends rapidement compte que le geste n’est pas du tout approprié. Nous sommes loin de nous connaître si bien que je le prétends et encore plus loin de nous entendre. Même les chats et les chiens s’entendraient mieux... De nombreuses années nous ont séparées et enflammé de nombreux litiges que mon frère n’a jamais été capable de prononcer comme clos. Et je reste quand même rancunière sur le fait que Sakuya voulait prendre ma place de Jônin avant qu’elle ne soit Hatamoto. Je ne connais rien de sa vie ou presque et je sais que, si je n’avais pas été entraînée, elle aurait volontiers pris le poste à la place de Byakuya. Mais le temps a passé... elle a théoriquement une place plus importante auprès de Gekido. Peut-être alors nos rapports changeront-ils avec le temps... Seul celui-ci nous le dira. J’ignore encore si j’en ai vraiment envie. Ce qui est sûr également c’est que, tant que je réussirai à tenir tête à la « vipère », mon niveau sera maintenu et je me sentirai capable d’assumer mon rôle.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Sam 7 Sep - 14:47

La rancune était tenace, si bien que même lorsque je faisais l’effort de lui dire quelque chose de presque gentil, elle trouvait le moyen d me relancer des piques. Akane était comme ça et ce n’était pas pour me déplaire, quelque part. Elle était mon alter-égo, mon parfait inverse, quelqu’un sans qui mon existence serait morne. Cette compétition constante entre nous deux était le facteur qui nous avait poussé à faire de notre mieux, moi pour la détrôner à l’époque et elle pour survivre à mes tentatives. J’étais indirectement complice de son propre entrainement et elle du mien, a toujours dresser un système de défense plus complexe chaque jour.
Bien que depuis mon ascension au rang d’hatamoto je n’avais plus essayé d’attenter à sa vie, elle semblait toujours penser que je n’attendais que ça. Ce n’était pas vraiment faux quelque part, mais pas de la même manière qu’avant. L’an passé encore j’aurai volontiers tenté de l’assassiner dans son sommeil s’il le fallait, maintenant j’aurai préféré l’affronter de front en déployant tout mon potentiel de combat. Pourtant malgré ces quelques mois, Akane ne semblait toujours pas avoir compris ma façon de faire.

« Ce n’est pas un compliment mais un fait. Je n’ai jamais nié tes capacités si ce n’est que par pure provocation, le fait que nous finissions constamment à égalité parle de lui-même. » Répondis-je de manière neutre et posée, comme lorsque l’on énonce un diagnostic.

Elle me semble toujours sur la défensive et après ce que j’avais pu faire, c’était compréhensible. Elle n’était visiblement pas capable de faire la différence entre les moments ou je cherchais à la piéger et les moments ou j’étais parfaitement sincère. Un avantage dont je tirerai parti un jour, sans hésiter. Mais pas aujourd’hui, je voulais parler avec elle, pour l’une des rares fois où j’espérais que nous puissions clarifier la situation dans laquelle nous nous trouvions. Je voulais qu’elle comprenne que je ne rigolais jamais avec l’entrainement, que cela soit le mien ou celui des Genins, c’était du pareil au même. Et d’autre part elle me devait indirectement sa volonté de fer que j’avais pris soin de l’obliger à fortifier avec toutes mes tentatives passées. Mais elle ne me remerciera jamais pour ça, tout comme je me savais incapable de lui dire un jour qu’elle était majoritairement responsable de l’entrainement strict que je m’étais imposée. Tout ça dans un but précis dans lequel j’avais absolument tout sacrifié au point d’en oublier les liens du sang. Au final, je devais reconnaitre que je préférais Akane à mes deux frères. Elle était là, à me faire de l’ombre depuis des années et continuait de le faire sans broncher, tel un rempart inébranlable. Une source de motivation secrète que je chérissais et voulait protéger afin de la détruire de mes propre mains.

Mais maintenant que Gekido-sama m’avait prise sous son commandement direct, je n’en avais que faire si ce n’est m’assurer qu’Akane reste une jônin de talent. Je ne lui pardonnerai pas le moindre signe de faiblesse et elle le savait.

« Cette victoire que tu m’as laissée n’a aucun sens, elle n’est là que pour justifier le combat d’entrainement qui sert maintenant de base de connaissance aux recrues. Nous n’étions pas à fond ni l’une ni l’autre et on s’est battues assez souvent pour le savoir de toute manière. Coupais-je avec le même ton posé. Tu me dois une revanche, mais tu n’as toujours pas compris que je cherchais plus à te nuire comme avant. Ta rancune te pousse à voir ce que tu veux voir. Je n’ai pas besoin de t’attaquer au détour d’un couloir ou d’une ruelle pour obtenir un beau combat, digne de nos compétences respectives. Après tout, pourquoi voudrais-je ta place alors que je suis devenue hatamoto ? C’est d’un non-sens que tu aurais toi-même pu deviner si tu avais pris la peine d’y réfléchir une poignée de minutes. »

J’avais le plus grand mal à rester parfaitement calme compte tenu des sourires et des légères provocations de la jônin. Mais si le ton montait, la conversation ne donnerait rien et nous la savions toutes les deux. Alors si Akane persistait à me provoquer, cela voudrait probablement dire qu’elle se fiche éperdument de ce que je lui raconte et cela ne donnerait rien si ce n’est attiser encore un peu plus cette rivalité. Mais puisqu’elle prenait la peine de me remercier par la suite c’est qu’elle avait juste essayé de voir si j’allais monter au créneau ou véritablement essayer d’établie le dialogue.

« Tu n’as pas à me remercier pour ça. A l’époque déjà j’étais très impliquée dans l’entraînement des genins et tu le sais mieux que quiconque. L’entraînement, notre pratique est tout ce que nous avons lorsque nous nous battons. » Répondis-je naturellement tout en commençant à m’étirer également.

C’est un point qu’elle ne pouvait nier, les genins que j’avais entraînés étaient devenus des éléments clés des ninjas de Setsu, pour beaucoup. De la même manière qu’ils étaient parfaitement obéissants, placés sous mon commandement à de rares occasions ils n’avaient osé contester une seule fois mon autorité d’officier. Maintenant, un était devenu chûnin après mon changement d’affectation et il était tout aussi soumis à l’autorité d’Akane qu’il l’était à la mienne à l’époque. Un soldat d’une dévotion incroyable, un exemple pour les futures recrues et un talentueux combattant, il n’en fallait pas moins pour convenir aux exigences de notre daimyo. Je préfère ignorer la tape sur l’épaule, consciente malgré tout que nous nous connaissions plutôt bien sur le plan théorique toutes les deux, nous n’étions surement pas des amies. A l’heure actuelle je ne pouvais compter qu’une seule amie et c’était tout ce qu’il me fallait pour vivre. Une amie dévouée et sincère qui valait à elle seule une centaine d’amis.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Sam 7 Sep - 22:57

Sa première remarque efface mon sourire. J’avais oublié à quel point elle peut ne rien exprimer lorsqu’elle est contrariée. Oui, parce que, la plupart du temps, ce n’est pas la colère qui l’habite ou quelconque autre sentiment mais bien l’indifférence... et une prétention qu’on respire à des kilomètres. J’avais été confrontée à l’indifférence bien longtemps, de la part de mon père puis de celle de mon frère, celle encore de Byakuya. Les femmes du château avaient toujours fait attention à moi... et voilà qu’une femme se fiche éperdument de ma personne, ne désirant en réalité que mon rang. J’étais surprise qu’une Genin puis une Chûnin fasse preuve d’autant d’audace concernant ma prise de position. Elle n’avait pas peur d’une mauvaise réaction de la part du Seigneur ni de ses semblables, d’ailleurs.

Bien que je sois moi aussi prétentieuse à certains moments, je ne supporte pas les gens qui prennent de haut sans arrêt. Il fut un temps ou Sakuya avait cette mauvaise habitude mais j’ai bien remarqué qu’elle s’est calmée depuis que son égo a été flatté par le Daimyo en personne. Me sentir constamment testée par la jeune femme, qui plus est de trois ans ma cadette, me stimule malgré mon agacement permanent de la croiser sur mon chemin. J’ai perfectionné beaucoup de techniques grâce à elle et j’ai même découvert que l’une d’entre elle était annulée par la sienne. Nous nous ressemblons et sommes si différentes à la fois, de par notre vécu et notre entourage mais aussi de par nos caractères enflammés, chacun à leur façon. Je la laisse répondre à tout ce que j’ai pu dire, sans réagir pour finalement lui répondre petit à petit.

- Bien, restons-en aux faits... commences-je sans plus provoquer, simplement en énonçant. Je n’ai pas donné de sens à l’affrontement, mis à part celui dont tu parles : donner un exemple aux Genin. Ils font partie de l’avenir de la nation et j’aime toujours leur donner une once d’espoir ainsi que l’idée que, même en étant une moins que rien, on peut arriver à tout. Même si l’idée de ne pas leur montrer un véritable affrontement ne me plaît pas vraiment, je sais qu’ils ont retenu la leçon, c’est le principal.

Je me sers un verre d’eau, plongeant le récipient dans un autre seau d’eau propre. Après avoir tout bu, je me ressers et continue.

- J’ai saisis ton changement d’attitude, tu sais ? J’ai l’air bête et incapable, parfois mais je sais observer. Tu as cessé les attaques au moment de ta promotion puis tu as recommencé mais pour bien d’autres raisons. Je ne dirais pas que tu n’as plus envie de m’éliminer mais c’est surtout l’entraînement qui t’intéresse. Nous aspirons souvent aux mêmes choses... heureusement ou malheureusement, je dirais que cela dépend des fois !

Je bois encore mon verre, en deux fois ceci dit, puis m’en ressers un autre.

- Tu as fait un travail acharné, discipliné et au-delà de beaucoup d’espérances, même au-delà des miennes. Je t’avouerai que j’ai eu peur à un moment donné... aux vues de tes capacités, je pensais que la folie du pouvoir pourrait te gagner et que, comme Bykuya avant toi, plus rien n’importerait à part réussir et détruire. C’est tout à fait possible que tes ambitions aient été celles-ci ou le soient encore aujourd’hui mais... Tu ne mettras pas le Clan en péril. Du moins, pas tant que Gekido sera aux commandes. Ton obsession pour ses dons et ta manie de le considérer comme un dieu sont bien étranges à mes yeux mais si cela te permet de lui rester fidèle, ça me convient. C’est peut-être encore un point commun que nous avons, là. Rester fidèles à Gekido.

Je ne sais pas trop comment va partir la conversation. Aborder le sujet Daimyo était délicat avec elle. Je l’avais vue s’emporter plusieurs fois très sérieusement devant les gens qui osaient ne serait-ce que donner un avis légèrement déviant à celui de mon frère. Je ne me suis personnellement jamais retenue de dire que Gekido est plus humain qu’il n’y parait et ce n’est pas aujourd’hui que cela changera !


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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Mar 10 Sep - 12:26

Elle me gonfle, parce qu’elle savait très bien de quoi je parlais depuis le début mais il avait tout de même fallu que je prenne la peine de le signaler pour qu’elle ricoche dessus. Akane possède ce don enquiquinant qu’est la rhétorique. Bien qu’elle ne soit pas du genre à poser trop de questions, elle aimait bien utiliser ce genre de formulations pour faire comprendre à son interlocuteur qu’elle le savait et qu’en réalité elle n’avait pas besoin que l’on le lui signale. C’était gonflant à un point pas possible.
Mais en même temps, j’avais un peu la même façon de faire, en partie à cause de mes frères. Ils m’avaient prise pour un fardeau dés le début, parce que j’étais une fille, parce que leur égo stupide les poussait à penser qu’une femme ne serait jamais aussi bonne qu’un homme dans ce domaine. Nos parents n’avaient pourtant pas spécialement fait en sorte que les mâles de notre fratrie soient mis en avant, nous avions toujours été traités a égalité et pourtant…

J’avais finalement obtenu un minimum de reconnaissance de mes frères lorsque j’avais tué le premier d’entre eux. Je n’imagine pas le choc que cela avait pu faire, lorsque j’étais rentrée de mission seule, annonçant qu’il avait été tué. C’était l’égo qui s’était retrouvé touché chez son jumeau, la sensation de se sentir d’un coup plus faible que sa cadette qu’il avait toujours sous-estimée. Akane n’avait probablement pas eu une enfance facile elle non plus, le précédent Daimyo était réputé pour être quelqu’un de très strict et j’imaginais bien le fait qu’il place tous ses espoirs sur son fils et non sur « celle qui vient après l’excellent ». Elle avait sans doute été traitée comme une moins que rien elle aussi et pourtant voilà ou elle se trouvait : Jônin d’un clan dirigé par son frère. C’était un accomplissement en soi.

Je la laisse parler sans trop me soucier de ce qu’elle raconte sur le moment, m’accotant encore une fois au même mur une fois mes étirements terminés. Je reste songeuse un instant sans trop le montrer cependant.
Cependant, je tique lorsqu’elle énonce le nom de Byakuya et de sa soif de pouvoir. Me sentir comparée à cette sombre merde ne me plait pas et encore moins sachant ce qu’il a essayé de faire.

« Byakuya était une pourriture. Sa soif de pouvoir l’a conduit à la mort, il n’avait déjà pas les capacités d’être jônin à l’époque, alors Daimyo ? J’esquisse un sourire ironique et amusé suite à ma propre question. Il a voulu devenir ce qu’il n’aurait jamais pu être, d’un sens il faut reconnaître qu’il avait de l’ambition, de l’autre qu’il lui fallait une brutale leçon d’humilité. Il a eu ce qu’il méritait et peut être même plus encore, enfin je l’espère. »

Je marque une pause, fermant les yeux sur un air grave, presque inquiétant. En réalité je jalousais Akane d’avoir pu mettre à mal ce complot tandis que j’étais encore trop faible à l’époque. Si j’avais eu une année supplémentaire, nous aurions peut être été deux à lutter contre ce salopard. Je me demandais seulement quelles motivations avaient poussé Akane à enquêter sur le jônin de l’époque. M’enfin inutile de demander, elle me répondrait surement pas.

« Tu as raison sur un point, j’aime le pouvoir, et je cherche constamment à accroître le mien, mais pas pour un jour tenter de renverser Gekido-sama. Non, pour être sur de pouvoir le protéger à chaque instant et quoi qu’il advienne. Je ne m’attends pas à ce que tu comprennes pourquoi je le respecte autant, je pense d’ailleurs que le fait que vous soyez parents t’empêche de le considérer avec exactitude comme le modèle de perfection qu’il incarne à mes yeux. J’ai toujours lutté dans un but précis, je me suis toujours battue pour Setsu et je le ferais jusqu'à la fin de ma vie. J’ai été formée dans ce seul sens comme mes deux frères, mes parents et grands-parents et encore ceux qui nous ont précédés. »

Akane savait déjà tout cela mais qu’elle insinue que je puisse un jour tenter quelque chose de stupide m’agace à un point pas possible.

« Je resterai fidèle à mon serment envers Gekido-sama, mon engagement envers lui est tout ce que j’ai de plus précieux dans ce monde. C’est d’ailleurs presque étonnant de penser qu’en tant que ninja, je puisse respecter une promesse à ce point, nous n’étions pas formées pour faire ce genre de choses à l’origine. Un sourire en coin se dessine sur mon visage, devant l’absurdité de la chose accomplie. Et pourtant. Notre daimyo est tout ce que j’ai de plus précieux en tant qu’hatamoto, mon devoir est d’assurer sa sécurité malgré le fait que sa puissance dépasse de très loin les notre combinées. Il est le feu suprême, celui qui me brûlera si j’ose le toucher. »

Je la fixe alors, le regard pensif et en même temps indifférent, comme si j’énonçais une vérité.

« Mon frère répétait souvent ce proverbe : Le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. Le sens en lui-même est évident et simple, et c’est la base même de tout le système actuel : Le plus fort dirige les plus faibles et les plus faibles protègent le plus fort contre ceux qui cherchent à lui nuire. La société fonctionne ainsi depuis des temps immémoriaux. Je suis consciente qu’aucune de nous deux ne pourra atteindre le sommet de cette pyramide, mais nous nous plaçons respectivement  juste en dessous de ce sommet, c’est une chose dont nous pouvons être fières et qu’il ne tient qu’a nous de conserver à présent. »
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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Sam 14 Sep - 23:11

J’ai envie de répondre à ce qu’elle dit sur Byakuya mais elle enchaîne sur son admiration de Gekido... un discours alors mielleux et pompeux à souhait commence, comme je m’y attendais. Personne n’arrive à déterminer s’il s’agit d’amour, pas même moi qui les ai côtoyés ensemble. Je sais cependant une chose : Sakuya en est dingue (même si j’ignore dans quel sens exactement). Pour elle, Gekido est à la perfection ce que Byakuya était pour moi à l’époque, c’est-à-dire absolument tout. Le seul sur qui elle puisse compter, le seul qu’elle sert coûte que coûte, le seul qu’elle voit.

Chacun ses goûts... j’ai bien aimé un criminel, violeur et manipulateur. Pourquoi ne pas aimer un tyran, peu sympathique et insensible ? Quoi qu’il en soit, peu importe ce qu’il peut faire, il reste mon frère et je comprends malgré tout le respect qu’on peut lui porter, même s’il est souvent suscité par la peur. Je hoche alors la tête à ses derniers propos très rationnels, un air songeur sur la face. Tout son discours me revient alors en tête et je ne peux m’empêcher de soupirer, sachant que je la contrarierai probablement inévitablement.

- Byakuya était assurément une pourriture mais il était loin d’être bête. Je ne crois pas que son ambition ait été de prendre la place de mon père puis de mon frère. Il trouvait simplement que le gouvernement était bancal et voulait le renverser. Aussi cruel a-t-il pu être avec moi, je n’ai jamais remis en cause son idéal et j’étais même plutôt d’accord avec ça au départ. J’ai dénoncé ses agissements parce qu’il menaçait le Clan tout entier, finalement... et surtout Gekido. Ma vengeance personnelle s’est rajoutée au tout mais...

Je secoue la tête, consciente que j’en dis probablement trop.

- Tu as raison, de toute façon... il a eu ce qu’il méritait.

Je saisis une chaise à côté de nous et m’y assois, histoire de me détendre un peu.

- Je suis ravie que tu utilises tes capacités pour défendre mon frère et je ne peux qu’espérer que cette admiration que tu lui portes ne se retourne pas contre lui. Nous ne sommes peut-être pas formés à respecter des serments mais heureusement que la majorité des supérieurs les appliquent, auquel car, il y aurait bien trop de gens comme Bykuya et le gouvernement en pâtirait sérieusement. J’ai toujours peur que le peuple, mû par une peur indescriptible du Daimyo, se rebelle. Parmi eux, des talents sont bien cachés et la menace serait importante pour Gekido... Enfin nous serions là pour lui, je n’ai aucun doute là-dessus.

Je penche la tête en arrière et regarde alors le ciel, pensive mais déjà sûre de ce que je vais répondre.

- Les plus forts dirigent les plus faibles, oui. Mais il arrive que les plus faibles deviennent les plus forts. Le risque n’est jamais nul, j’ai pu moi-même faire l’expérience. On m’a répété que j’étais une bonne à rien et me voilà Jônin. La Daimyo du Clan Eiichiro a seulement dix-neuf ans et une santé fragile... pourtant, le Kannushi l’a élue et a estimé qu’elle pouvait gouverner son pays. La loi du plus fort n’est pas la règle absolue. Bien des choses peuvent la contrer. Tu ne penses pas ?

Le sourire aux lèvres, je la regarde alors à nouveau, attendant une réponse.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Ven 27 Sep - 15:04

Elle avait quand même le don de m’agacer fortement. Akane se bornait dans ses petites idées reçues, parfaitement stupides et à l’image de sa propre faiblesse. Les faibles étaient opprimés toute leur vie, c’était ainsi et pas autrement. Et quand bien même ils se soulèveraient, que feraient-ils contre ma toute puissance de notre daimyo et de l’armée de Setsu ? Je me le demande en rigolant intérieurement, imaginant assez facilement la magnifique bain de sang organisé. Mais je ne répond pas à sa réflexion, je n’en avais après tout rien a cirer si bien que je n’avais écouté que la première partie et décroché au bout de dix secondes pour finalement tiquer lorsqu’elle parle de sa vengeance. Une vengeance, sérieusement ? C’était amusant et intéressant à savoir. Que quelqu’un comme Akane qui pense vivre dans un petit monde édulcoré à sa façon ait pu oser vouloir vengeance me faisait sourire, encore intérieurement puisque ma passivité habituelle laissait faussement penser que je n’avais strictement rien à faire des dires de mon interlocuteur.

« La peur et la terreur empêche les faibles de se rebeller, leur vie les importe plus que tout le reste. Ils n’ont pas l’âme d’un guerrier, perdre la vie pour des convictions qui leur sont propre leur est inconcevable. C’est là toute la description de la faiblesse : Le fait de se complaire dans sa vie de merde par fainéantise ou par peur d’y laisser des plumes. » Lâchais-je sèchement.

Akane était réellement gonflante, elle qui pourtant avait atteint un rôle prestigieux passait son temps à envisager le pire et l’impossible, tandis que moi qui était née dans une famille certes réputée mais dont la réputation était acquise par des années et des années de loyaux services, le simple fait de penser qu’un groupe de pecnos pourraient rivaliser avec l’excellence même m’était des plus horripilant. J’avais ouïe dire que le défunt père de notre seigneur n’avait jamais été tendre avec sa fille mais quand même, Akane avait eu la « chance » si on pouvait l’appeler ainsi, de naître avec des prédispositions. Qu’elle fût traitée comme une moins que rien était une chose, qu’elle se base sur son passé pour imaginer des choses en était une autre. J’ai toujours grandit dans l’ombre de mes frères, c’est par ma volonté que j’ai surpassé ces deux abrutis tout en les éliminant définitivement de la course et ça, c’était un symbole de mon pouvoir. Je savais tout aussi bien qu’Akane qu’être une femme était rude, même si les ninjas étaient moins regardants et moins misogynes que les samouraïs.

« Les faibles devenant plus forts abandonnent les faibles pour rejoindre les plus forts, c’est là la nature profonde de l’être humain. C’est cela même qui constitue le système féodal dans lequel nous vivons, les faibles meurent pour que les forts perdurent et engendrent de nouvelles générations. C’est peut être cruel et immoral, j’en conviens, mais nous n’avons aucune raison d’inverser ce processus qui s’est naturellement mis en place. » Ajoutais-je avec l’air grave, comme si j’évoquais un fait accompli et irrémédiable.

Lorsqu’elle énonce cependant le clan Eiichiro, je n’arrive pas à retenir un éclat de rire malsain tout en me souvenant cette rencontre amusante près de Kaze. Le théâtre même de la faiblesse de ce clan ridiculement idéaliste. J’ai un peu de mal à me remettre de cette sinistre blague, posant sur mon visage ma main droite, découvrant par la même occasion les deux alliances accrochées à mon poignet que j’avais dérobées à Takeshi en guise de trophée. Ce fou rire incontrôlé avait d’ailleurs attiré l’attention d’une poignée de personnes tandis qu’Akane elle, restait de marbre comme à l’accoutumée.

« Le clan Eiichiro n’est qu’une vaste blague, l’incarnation même de l’idiotie et de l’idéalisme d’une gamine faiblarde et incompétente. Je n’ose même pas imaginer la tête de sa kannushi, oser nommer une adolescente à la tête d’un clan devait vraiment être un acte désespéré… Et tout aussi désespérants sont ses hatamotos…  Commençais-je en marquant une pause, reprenant un air un peu plus calme mais teinté d’amertume. Bourrés de jolies valeurs et de principes idiots pour au final être incapables de s’en tenir aux choses les plus simples, les hommes d’Eiichiro sont rebutants. »

Machinalement je chassais la petite chainette et les alliances sous ma manche après m’être rendue compte qu’elles étaient visibles. Bien qu’elles soient un trophée, je ne voulais pas qu’on me pose trop de questions ni même qu’on imagine des choses étranges. Akane n’était d’ailleurs pas la seule à les avoir aperçues et j’entendais déjà des messes basses un peu plus loin, que je ne gratifiais que d’un regard glacial et haineux qui avait par le passé fait ma réputation avec mon masque favori.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Ven 27 Sep - 16:20

Sakuya n’a encore une fois pas tort. La peur paralyse, la peur de mourir ou de perdre ce qui nous est cher. C’est bien pour cela que Setsu est figé dans le temps, dans le même gouvernement depuis des décennies. Reigner à travers la menace, à travers l’exécution des peines, à travers la réalisation des pires cauchemars du peuple... il faut croire que cela marche, puisque Setsu a, actuellement, la plus grande force militaire et, même si le territoire n’est pas très étendu, la terreur que le nom du Clan provoque permet à Gekido de dominer tous les autres. Tous craignent le début d’une guerre, tous craignent que son courroux ne s’abatte sur leur famille. Et ceux qui ont déjà tout perdu n’ont plus de raison de se battre à part la vengeance. Je suis bien placée pour dire qu’une fois la vengeance accomplie, il ne reste plus rien.

La plupart des jeunes femmes rêvent d’autre chose que de tuer celui qui leur a fait du mal. Une fois que cela est fait rapidement et proprement, elles n’espèrent alors que recommencer. Je ne sais plus ce qu’est l’amour, autant fraternel que conjugal. Je n’ai aimé qu’une fois et je ne me rappelle plus le bien que cela peut procurer. La haine a dévoré mon cœur pour mieux y laisser le vide après lui. Le vide, la maîtrise totale de mon corps en tant qu’outil pour le combat, au même titre que mes projectiles ou que le feu. Sakuya est peut-être folle mais je la sens bien plus vivante que moi lorsqu’elle parle. Elle exprime la colère, le mépris et ris parfois... de façon malsaine, certes, mais tout de même. Objectivement, j’exprime plus visiblement mes sentiments que Sakuya mais elle les fait mieux passer, comme si elle se rappelait comment se connecter aux gens.

Elle dit que la nature humaine est cruelle et immorale mais nécessaire pour faire évoluer le Clan, puisqu’il est naturellement établi. Repartir sur mon discours précédent ne servirait à rien, si ce n’est m’embourber dans son obstination à avoir raison... Il fut un temps où je pensais comme elle mais il faut croire que je suis devenue plus idéaliste depuis quelques temps. J’ai toujours été tiraillée entre mon appartenance au Clan et à cette famille de tortionnaires. J’aime Setsu mais je me questionne quotidiennement sur le sort qui nous attend en continuant ainsi. Je n’ai pas peur de mourir, pas peur de tuer (au contraire, j’aime plutôt ça) mais l’avenir de notre nom me préoccupe.

Je sursaute légèrement lorsqu’elle commence à rire comme une dégénérée à l’énonciation du Clan Eiichiro. Elle porte sa main droite à son visage et je vois pendre à son poignet deux alliances alors que certains s’arrêtent également sur ce détail. D’un geste de la tête, je les renvoie à leurs activités et continue de me demander d’où peuvent bien provenir ces bijoux. Sakuya critique ouvertement, et bien plus dédaigneusement qu’à l’accoutumée, la Daimyo du Clan. Je suis particulièrement intriguée par la suite, surtout à cause de son air amer imprimé sur son visage.

« Bourrés de jolies valeurs et de principes idiots pour au final être incapables de s’en tenir aux choses les plus simples, les hommes d’Eiichiro sont rebutants. »

J’avais toujours eu de la peine à imaginer Sakuya autrement que combattante. Peut-être qu’elle aussi avait connu des hommes, ceux-ci mêmes auraient fait qu’elle émette maintenant ce genre d’avis. Je devine qu’elle a, au moins, rencontré l’un des Hatamotos de la Dame Eiichiro. Peut-être ces bijoux lui appartiennent-ils ? Mais pourquoi Sakuya possède-t-elle les deux ? Sans crier gare, aussi vivement qu’une étincelle, je glisse ma main sous sa manche et réussi à en tirer la chaînette. Avant qu’elle ne s’énerve et me les reprenne, j'observe rapidement les anneaux : une belle matière, très raffinée. Par pure idée de provocation et aussi par curiosité, je dis alors :

- Depuis quand subtilises-tu les bijoux de tes rivales ? À moins qu’il s’agisse d’un trophée de réussite d’assassinat ? Enfin je ne pense pas que tu veuilles me le dire mais...

Une drôle de question me traverse alors l’esprit : depuis quand ai-je cessé de penser à vivre d’autre chose que de sang ?


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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Ven 27 Sep - 19:37

Sale garce. Akane est plutôt rapide lorsqu’elle à envie de m’emmerder. Qu’elle arrive si facilement a subtiliser les alliances au moment ou j’avais détourné mon attention sur ceux qui me regardaient encore en s’interrogeant, c’est son petit air suffisant et provocateur qui m’oblige a me re-concentrer sur elle. Elle observe un instant les anneaux avant de me lâcher une remarque qui aurait pu me vexer si j’avais été la réelle propriétaire des anneaux. Néanmoins sa façon de faire m’agaçait encore plus et dans le feu de l’action, la réaction produite était sensiblement la même, je voulais les récupérer. D’un geste sec un senbon glisse de ma manche gauche pour se glisser entre mes doigts.

« Rends les moi sinon je t’arrache un œil. » Lâchais-je sèchement, laissant penser que j’étais vexée.

Ma réaction était prévisible sans que sa motivation ne le soit et c’était là tout le comique de la situation. Akane ne savait rien de ma vie privée, pour le peu qu’elle avait pu s’y intéresser, elle savait simplement que mes parents étaient eux aussi de très bons ninja loyaux au clan, que j’avais deux frères jumeaux et qu’ils étaient morts dans l’exercice de leur fonctions. Mais elle n’aurait jamais pu apprendre quelque chose de privé à mon sujet, le fait que j’ai pu avoir quelqu’un qui comptait à mes yeux par exemple. Le fait que je réagisse aussi brutalement pour deux simples anneaux était signe qu’ils étaient importants pour moi d’une certaine manière, elle pouvait alors croire qu’ils étaient bien à moi. En réalité j’avais horreur que l’on touche à mes trophées.
Elle semble avoir un instant d’inattention, se concentrant plus sur le fait que je la menace ouvertement devant tout le monde plutôt que de retenir fermement les anneaux, j’en profite alors pour les lui reprendre tout aussi rapidement d’un geste précis et foudroyant également. La petite chainette étant brisée dans l’action, je ne récupère que les anneaux, par chance celui de la femme m’allait parfaitement au doigt contrairement à celui de son mari qui avait visiblement les mains bien plus imposantes. Je glisse alors la première alliance à mon doigt et range la deuxième tout en rengainant aussi sec mon arme.

« J’ai beau être la première à plaisanter sur bien des sujets, il y a des choses sur lesquelles je ne rigole pas, Kakane-chan. » Lançais-je de manière bien moins neutre, avec cette même impression d’être vexée.

En réalité je crois que si nous avions été seules à cet instant elle aurait déjà du bouger de sa foutue chaise à moins de vouloir finir perforée par l’arsenal que j’avais sur moi en permanence. Même sans avoir mes kamas j’étais toujours un danger ambulant, le moindre accessoire sur moi était une arme potentielle et elle le savait. Même ce petit bâtonnet qui attachait mes cheveux était en réalité un projectile mortel selon l’usage que j’en voulais. A mains nues j’étais également dangereuse à cause de ma célérité et mon aptitude à m’améliorer au fil du combat, ce qui a terme donnait à Akane une chance de me battre que si elle parvenait à m’avoir en début d’affrontement. Et elle n’était probablement pas là pour se battre à la base et moi non plus. Par ailleurs personne n’aurait vraiment envie de nous voir nous affronter ici, il y aurait des éclaboussures au cours du combat à coup sur. C’est peut être d’ailleurs la raison pour laquelle l’un des instructeurs était arrivé à notre niveau dés que le ton était monté. Je n’avais pas écouté ce qu’il avait dit, mon attention était fixe sur Akane, je pense même que s’il essayait quoi que ce soit contre moi à cet instant, j’aurai encore dans l’obligation d’expliquer a Gekido-sama pourquoi je l’aurai tué dans la seconde.

Pour une fois que je pensais pouvoir avoir une simple discussion avec mon insupportable jônin préférée, il fallait que ce soit elle qui fasse éclater le conflit. Étions-nous alors destinées à nous entretuer tout le long de notre existence ?
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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane] Dim 29 Sep - 21:39

Je m’attends à une vive réaction mais... pas si vive tout de même. Plusieurs suppositions me viennent alors à l’esprit. Soit ces objets lui sont vraiment précieux et lui appartiennent de droit, soit elle est simplement contrariée que je lui aie subtilisé l’un de ses nombreux jouets. L’une ou l’autre possibilité m’est bien égale et je me contente de lui rendre sans discuter, distraite un petit instant car craintive que la situation devienne incontrôlable devant tous ces apprentis. Me battre sérieusement avec elle ne me fait pas peur mais il serait malheureux de perturber davantage l’entraînement des Genin, pour aujourd’hui. Sakuya enfile alors l’anneau le plus petit et range le plus grand car la petite chaine, fragile, s’est cassée dans l’action.

« J’ai beau être la première à plaisanter sur bien des sujets, il y a des choses sur lesquelles je ne rigole pas, Kakane-chan. » me dit-elle sur un ton encore plus sérieux que précédemment.

L’un des maîtres présent semble vouloir intervenir. Je le laisse avancer un peu plus vers nous mais, voyant le regard meurtrier de Sakuya sur lui, je lui fais un signe de la main pour interrompre son discours.

- Sauf votre respect, mesdames, je pense qu’il serait préférable...
- Laissez-moi régler ça, vieil homme, dis-je d’un air grave. Vous n’aimeriez pas défier cette folle...

Il fait alors quelques pas en arrière et s’incline avant de se retourner pour rejoindre les Genin. Je me lève alors lentement de la chaise, soupirant une énième fois face à l’attitude excessive de Sakuya. Je me demande souvent quand est-ce qu’elle pourra s’arrêter de menacer sans arrêt les gens, de provoquer des scandales partout où elle passe, de rependre la terreur sous le nom de « Lune de Sang ». J’ai d’ailleurs toujours trouvé bizarre que ses deux frères jumeaux soient morts tous les deux en mission alors qu’ils étaient aussi talentueux qu’elle et que ses parents. Sans jamais mettre le sujet sur le tapis pour éviter de provoquer une guerre sans fin, j’ai toujours trouvé la jeune femme très mystérieuse et la connaître mieux ne m’aurait pas dérangé... si elle n’était pas si insupportable.

- J’ai bien compris la leçon, Sakuya, dis-je simplement. Je ne pensais pas qu’il existait d’autres sujets sensibles à ne pas aborder avec toi, autres que mon frère, bien sûr. Je saurai donc que le dialogue est à éviter... nous ne sommes pas vraiment faites pour discuter, de toute manière... ça se saurait, non ? Si notre destin est de nous battre sans fin, si les kamis l’ont décidé ainsi, alors j’accepterai tes attaques et tu accepteras les miennes. Je n’ai jamais réussi à penser que les kamis existaient pour nous aider... ils sont plutôt là pour nous imposer des épreuves. Si, parmi les miennes, se trouve l’affrontement perpétuel d’une Hatamoto effrontée et malheureusement douée, alors j’accepte cette mission.

Je commence tranquillement à reculer et à m’en aller, sans lui tourner le dos. Puis, je reviens légèrement sur mes pas.

- Je suis quand même fort désolée que nous ne puissions pas nous entendre. Tu es bien la seule dans l’entourage de Gekido que je ne peux pas supporter... Enfin... les jeunes et innocents Genin aiment à penser que les kamis offrent une chance à tout le monde. Si nous ne nous entendons pas dans cette vie, nous nous entendrons peut-être dans la suivante..?

Cette fois, je recule pour de bon mais prends tout de même le temps de laisser encore quelques mots m’échapper.

- Passe une bonne journée, vipère. Ne tue pas trop de monde... le goût du sang est agréable mais l’excès risque bien de t’empoisonner un jour où l’autre.

Sur le trajet du retour, je me rends compte que je n’arrive pas moi-même à me convaincre de mon discours. J’ai peu d’espoirs sur notre entente, qu’elle soit présente ou future... même dans une autre vie. J’ai d’ailleurs bien assez à faire avec celle-ci, même si je continue de me sentir vide jour après jour. Peut-être qu’avec un peu de persévérance et de foi, je réussirais à provoquer le destin pour que les choses changent.


[ RP terminé ! ]


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MessageSujet: Re: [Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane]

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[Terminé] Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. [PV' Akane]

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