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 Justice ardente [PV' Hongo Akimi]

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MessageSujet: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Lun 2 Sep - 20:57


Voila qui était plutôt inhabituel. C’était plutôt singulier que Gekido-sama me demande en privé pour me confier une tâche particulière. Sans trop me dévoiler de détails, chose qui faisait tout le charme de notre Daimyo, il me fallait alors retrouver un voleur qui se serait introduit dans le palais et dérobé un objet de valeur aux yeux de notre souverain. Je sais simplement qu’il avait appartenu au précédent daimyo, son père et qu’il fallait absolument que je le retrouve, que le voleur soit vivant ou non ne l’intéressait visiblement pas. Ma mission n’était alors pas réellement un assassinat, c’était plutôt comme une faveur qu’il me demandait, la discrétion la plus parfaite et la précision chirurgicale. C’était la moindre des choses que je pouvais faire pour Gekido-sama.


Je partais alors sur le champ, avec le peu d’informations que j’avais. Il me fallait aller du côté de Boya où un officier avait déjà été assigné pour réprimander un groupe de bandits. Sans me préciser qui cela pouvait être, j’espérais simplement qu’il ne s’agisse pas d’Akane. Pour que je me retrouve à devoir agir en duo avec quelqu’un c’est que soit le voleur était vraiment quelqu’un, soit que l’objet volé était d’une importance incommensurable. Peut être un peu des deux, après tout il fallait du culot pour oser s’infiltrer dans le château du daimyo en toute impunité. Le trajet était plutôt long malgré ma vitesse de marche et mon envie d’en finir au plus vite. Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette affaire, mais Gekido-sama ne m’avait pas demandé d’y penser il voulait simplement que je m’exécute à la tâche et c’est bien ce que je comptais faire. Il me fallu cependant un long moment avant de voir au loin la petite ville de Boya. Je savais qu’il me fallait maintenant trouver l’officier sur place mais je ne savais pas trop par où commencer. S’installer à l’extérieur de la ville était une bonne idée mais pour trouver le campement c’était une autre paire de manches.


La nuit était déjà presque tombée, l’avantage serait de pouvoir distinguer un feu de camp ou quelque chose comme ça afin de m’orienter. Ce fut d’ailleurs bien vite le cas, quelques minutes de marche supplémentaires me suffirent pour atteindre l’emplacement du camp mais, par habitude, j’observais d’abord la zone afin d’être persuadée de ne pas me tromper. Je n’apercevais personne au premier abord, c’était d’ailleurs plutôt louche. Placée en hauteur, j’avais un bon point de vue sur l’ensemble du camp et peu de chance d’être découverte, si je venais par hasard de tomber sur le campement de ce fameux voleur, ma mission irait bien plus vite que prévu. Finalement je pouvais apercevoir l’ombre d’une personne sans arriver à voir la personne en question. Il me fallait approcher à pas feutrés, silencieusement afin de pouvoir apercevoir son visage.


Ma surprise fut complète lorsque je parvins à l’identifier, Akimi-chan était l’une des rares personnes que j’appréciais au sein du clan, c’était un véritable coup de chance qu’elle soit présente. Elle avait le mérite d’avoir su se démarquer dans notre hiérarchie ou les femmes étaient plus souvent méprisées qu’admirées, en tout cas chez les samouraïs. Je n’avais moi-même pas eu énormément à faire à ce genre de comportement chez les ninjas, bien plus occupés par leur petite personne qu’a l’apparence qu’ils pouvaient donner aux autres.


Je pouvais dors et déjà ôter mon masque, elle n’était pas une personne a qui je comptais faire du mal, loin de là. Je m’approchais plus ouvertement du campement, jusqu'à apparaître visiblement à la lumière tamisée du feu de camp. Je ne l’avais pas revue depuis un moment, chacune prise par nos obligations. Elle était seule, fait étrange compte tenu de son grade, ses subalternes devaient être en patrouille ou partis chercher quelque chose.

« Ca faisait longtemps… » Déclarais-je simplement d’un air rassurée.


Retrouver Akimi en bonne santé était en soi quelque chose de rassurant. Elle avait son petit caractère bien trempé, tout ce qui faisait au final la fierté des femmes de Setsu. Néanmoins personne n’était à l’abri d’un accident, un moment d’inattention ou que sais-je encore. Avec le temps pendant lequel je n’avais pas eu l’occasion de la voir, n’importe qui un minimum réaliste aurait pu envisager le pire, tandis que moi j’étais plutôt bien placée en restant près de mon seigneur afin de le protéger. Être samouraï était bien différent de ninja et je n’avais jamais prêté attention à la dangerosité de leur rôle. Tandis que j’avais appris à tuer silencieusement, Akimi avait du supporter bien des choses et travailler une volonté de fer. Elle méritait un certain respect et c’est probablement la raison pour laquelle nous nous entendions si bien. Parce que l’une comme l’autre avions notre raison d’apprécier l’autre.


Nos petites retrouvailles terminées, il fallait hélas taper dans le vif du sujet, même si je doutais que la nuit nous permette d’agir correctement.

« Gekido-sama m’a envoyée ici en traque d’un voleur qui sévit à Moe, j’ai été informée qu’un officier avait été envoyé deux jours avant moi et qu’il était fort probable qu’il ait plus d’informations à me communiquer… »

Il semblait inutile que j’en rajoute, la raison était suffisamment claire et Akimi faisait bien son boulot, elle avait très bien saisis la raison de ma présence et il était fort probable pour que nous ayons à travailler ensemble sur ce point.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Mar 3 Sep - 12:46

Cela faisait maintenant deux journées entières qu'Akimi était installée dans ce petit camp de fortune en périphérie de Boya. Le campement en lui même ne payait pas de mine : il ne s'agissait que de 7 tentes disposées en arc-de-cercle, dos à la ville, faisant chacune face à un feu de cuisine. Chaque tente abritait une équipe de cinq combattantes, sauf la tente centrale réservée à Akimi et faisant office de bureau. Durant ces deux jours, Akimi et ses guerrières s'étaient principalement attelées à la collecte d'information et au repérage des lieux. Elles n'avaient pas encore trouvé l'emplacement exact du camp des bandits, cachés dans les quelques montagnes proches de Boya, mais savaient d'ores et déjà qu'il leur serait impossible de s'en approcher sans être repérées à l'avance. Néanmoins, depuis leur arrivée les brigands n'avaient lancé aucune nouvelle attaque, en ce point leur mission était un succès puisque l'objectif principal était de dissuader les renégats d'agir. Cependant Akimi refusait de se contenter de cela et cherchait activement un moyen, plus définitif, de mettre un terme à leurs méfaits.

Elle était seule à l'extérieur des tentes, réfléchissant à la lueur des flammes, symboles de son clan. Cinq des six groupes étaient en patrouille et le sixième, qui avait monté la garde autour du camp la nuit dernière, se reposait dans sa tente. Il ne s'était d'ailleurs rien passé d'extraordinaire cette nuit, mis-à-part un cavalier arrivé vraisemblablement de Moe et qui s'était dirigé vers les montagnes au triple galop. Étant situé à moins de trente kilomètres de la capitale, il était très probable qu'il ait fait le trajet d'une seule traite. Comme il n'y avait rien d'intéressant dans ces montagnes, Akimi ne voyait qu'une seule raison à son empressement : la fuite. Et s'il préférait se cacher dans des montagnes infestées de hors-la-loi qu'à Boya, c'était sans nul doute les autorités qu'il fuyait. Il n'était pas impossible qu'il soit déjà accoquiné avec les brigands et que ceux-ci l'attendaient à bras ouvert. N'ayant pas les moyens de résoudre avec certitude ce mystère, la jeune Taii avait décidé de se reconcentrer sur les moyens les moins risqués de forcer les brigands à dissoudre leur groupe quand des bruits de pas et une voix familière la tirèrent de sa réflexion.

"- Ça faisait longtemps…
- Kakita-san, quel plaisir de vous revoir, je ne m'attendais pas à recevoir votre visite."


Kakita Sakuya, Hatamoto de son état, était une femme qu'Akimi respectait énormément. Elle avait réussi à prouver sa valeur aux yeux du daimyo afin de mériter l'honneur de faire partie de sa garde rapprochée, et, maintenant qu'elle n'était plus ninja et que des récits de ses activités passés circulaient librement dans les rues de Moe, Akimi avait entendu de nombreuses rumeurs qu'elle jugeait élogieuses. Elle l'avait personnellement rencontrée quand elle s'était autorisé à venir la féliciter pour sa promotion et les deux jeunes femmes s'étaient très vite entendues et appréciées. Les retrouvailles, bien qu'heureuses, se terminèrent rapidement car Sakuya n'était assurément pas ici pour des raisons touristiques.

Une fois que celle-ci eut expliqué les raisons de sa présence, certaines choses devinrent plus claires pour Akimi. Le cavalier aperçu cette nuit n'était autre que le voleur que recherchait la Hatamoto et il était bel et bien venu trouver asile au milieu des bandits. Bien qu'elle n'ait pas été très explicite, Akimi se doutait que pour que leur Daimyo envoie une Hatamoto à la poursuite d'un simple voleur, celui-ci avait dû s'en prendre personnellement à Setsu-sama ou au palais et celui-ci ne voulait pas que l'affaire s'ébruite, ce qui était compréhensible. La jeune Taii s'imagina qu'il devait encore, à cet instant peut-être, veiller à renforcer les mesures de sécurité de son château. Elle se demanda l'espace d'un instant comment leur seigneur avait su que le bandit trouverait refuge parmi les coupe-jarrets de Boya puis elle conclut qu'on avait dû le voir s'enfuir vers Boya et il avait simplement envoyé son Hatamoto auprès des officiers sur place afin qu'elle débute son enquête en captant de plus amples informations. Reportant toute son attention sur son interlocutrice elle lui détailla brièvement leur situation.

"En effet, je suis arrivée ici il y a deux jours pour m'occuper d'un petit groupe de bandits parmi lesquels ton voleur a trouvé refuge. Ils ont leur repaire dans ces montagnes, nous ne savons pas encore exactement où mais nous le recherchons en ce moment même. Ils ne semblent pas être d'excellents combattants mais ils connaissent bien le terrain et ont une position dominante. Il est impossible de s'avancer dans ces montagnes sans être repéré immédiatement par leur groupe. Ils sont environ une vingtaine, soit une dizaine de moins que mon groupe, mais leurs avantages liés au terrain nous empêchent de tenter une attaque frontale sans risquer de très lourdes pertes : s'ils arrivent à nous coincer dans un passage étroit notre supériorité numérique n'aura plus aucune importance et ils pourront à loisir nous arroser de flèches pendant toute la durée de l'affrontement."

Laissant un léger silence s'installer pour que son interlocutrice puisse intégrer toutes ces informations, Akimi tarda à reprendre la parole.

"- J'attends actuellement le retour de mes patrouilles avant de prendre une décision quand aux opérations de demain. Je ne saurai que trop vous suggérer de profiter de ce temps pour aller profiter des sources chaudes de Boya afin de vous détendre de votre voyage."

Il n'avait, en effet, pas échappé à Akimi que Sakuya était venue à pied depuis Moe, soit un trajet tout de même éprouvant. De plus il était impensable de passer à Boya sans profiter de ces sources, réputées dans tout Yokuni. Akimi espérait également secrètement que Sakuya lui demande de l'accompagner, après tout elle avait elle aussi bien besoin de se ressourcer avant de s'attaquer au problème épineux qui lui valait sa présence ici.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Mar 3 Sep - 15:05

Akimi était plutôt surprise, vraisemblablement pas avertie des nouvelles a Moe, ce qui revenait à dire que l’affaire avait été correctement dissimulée et que j’allais bien plus vite que les rumeurs ne se propageaient. Il n’était pas dans l’intérêt de mon seigneur qu’il se sache qu’un vaurien avait pu mettre les pieds dans sa forteresse et lui dérober un objet de valeur en toute impunité, il me fallait agir vite et facilement pour faire taire les mauvaises langues et étouffer les potentielles rumeurs dans l’œuf.
Akimi me donnai les informations qu’elle avait, une vingtaine de brigands, un camp dans les montagnes, une position dominante et difficile a prendre et la possibilité de se faire asperger par les archers à cause de la hauteur. Une galère en somme, du moins pour un bataillon en formation. Si ses patrouilles arrivaient à me donner une idée l’emplacement des sentinelles, il serait facile de faire avancer les guerrières jusqu’au camp. C’était là l’avantage d’être un ninja, mon métier ne consistait pas à me faire tirer dessus avec mes camarades dans une bataille rangée, je serais l’ombre qui permettrait de réduire au maximum les pertes au sein du groupe. Couvrir l’avancée des samouraïs dans les montagnes sera compliquée et il me sera impossible de les rendre parfaitement indétectables jusqu'à la fin mais d’ici à ce qu’elles soient découvertes et que l’affrontement commence, j’espérai bien neutraliser un maximum de monde.

Enfin, tout dépendrait des informations glanées par les patrouilles, en attendant nous ne pouvions rien faire et cela m’embêtait un peu. De plus je ne savais pas quels étaient les ordres exacts d’Akimi concernant ces bandits mais dans mon cas, leur sort importait peu, j’avais juste eu carte blanche pour récupéré le bien volé. Le nombre de mort était alors un simple détail et la manière d’y parvenir ne figurerait nulle part. Quant au voleur, je n’avais pas envie de m’encombrer d’un prisonnier pour le retour, chose qui réglait alors bien des problèmes. De toute manière le ramener pour qu’il soit exécuté ne changerait rien et vu que l’histoire devait être étouffée, il aurait simplement eu « un accident fâcheux » en cellule.
 
« En ce qui concerne leurs sentinelles et les archers, ils ne savent pas que je suis ici, ils s’attendent à voir débarquer une trentaine de samouraïs par les chemins qu’ils sont capable de couvrir. Si j’ai leur position exacte, je pourrais faire gagner du temps à tout le monde en décimant l’avant-garde. Il me faudra simplement leur nombre et leur emplacement approximatif. La supériorité numérique n’a jamais été un avantage, à mon sens… » Répondais-je simplement.

Aux yeux d’un samouraï et d’un tacticien, cela semblait aberrant mais aux yeux d’un assassin, le nombre était une faiblesse, un manque cruel de discrétion et le meilleur moyen de faire perdre de vue à tout le monde l’objectif principal. Les missions que j’avais pu remplir s’étaient au maximum déroulées en duo pour un total de six personnes, lors des plus grandes opérations. Alors une trentaine de guerrières, cela me semblait évidemment exagéré, mais je perdais de vue le fait qu’elles n’avaient pas suivies le même chemin que moi.
Quitte à être bloquée d’ici le lendemain, Akimi avait pris la peine de me parler des fameuses sources chaudes de Boya, leur réputation était des plus élogieuses. Ce n’était pas extrêmement raisonnable de passer du bon temps alors que chaque seconde perdue nuisait à la réussite de ma mission mais sans renseignements viables, je ne pourrais aller nulle part et l’échec ne serait bien évidemment pas une option. Après un soupire de déception qu’il était évident qu’Akimi avait pu comprendre, compte tenu de ma réputation et de ma radicalité sur mes missions, je prenais finalement la parole.
 
« Soit, attendre ne me plait pas particulièrement mais puisqu’il le faut… Autant profiter du temps dont nous disposons pour être en forme dés que nous aurons les informations adéquates. En attendant, pourquoi ne pas aller visiter ces fameuses sources… » Lâchais-je en faisant explicitement comprendre a Akimi que je voulais qu’elle m’accompagne.

D’ailleurs je n’avais pas réagi la première fois qu’elle m’avait vouvoyée ni même le fait qu’elle utilise respectueusement mon nom de famille pour m’interpeller, il faudrait que je prenne le soin de le lui dire lorsque nous seront plus en privé. Mais avant de partir il nous fallait tout de même attendre qu’elle prévienne ses soldates de son absence, histoire que personne ne s’inquiète de sa subite disparition.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Mar 3 Sep - 19:16

L'arrivée de Sakuya parmi eux étaient une véritable aubaine pour les guerrières. Comme elle l'avait si bien exprimé, elle pouvait sans mal se faufiler à travers les mailles du filet pour dégager le passage pour Akimi et ses troupes. Encore fallait-il qu'elle dispose des renseignements suffisants, dans le cas contraire une telle tentative relèverait du suicide. Tout reposait donc pour le moment dans la capacité de ses combattantes à glaner des informations utiles, leur sens de l'opération et, il fallait bien l'avouer, d'une bonne part de chance. Néanmoins, Akimi ne doutait pas une seconde des capacités de ses "princesses" et attendait sereinement leur retour.

Son invitée laissa échapper un soupir agacé, la jeune Taii comprenait bien que l'ancienne ninja n'était pas habituée à l'inaction ni à dépendre des autres, elle ne s'en offusqua donc pas. En revanche, elle ne cacha qu'à peine sa satisfaction quand Sakuya accepta sa proposition et l'invita à se ressourcer dans les célèbres bains de Boya avec elle. Akimi l'invita à déposer ses affaires dans sa tente pendant qu'elle allait prévenir ses subordonnées de son absence.

La jeune officier alla donc avertir les cinq guerrières en train de se reposer dans leur tente qu'elle allait en ville et qu'elle comptait sur elles pour accueillir leurs camarades et préparer le dîner en son absence. Une fois cette formalité accomplie, elle revint auprès de la Hatamoto et la guida d'un pas tranquille à l'intérieur de la ville, vers les sources. Elle prit la peine de s'arrêter quelques instants à l'écurie où les chevaux de son bataillons étaient logés, juste à l'entrée de la ville, et de les prévenir que ses combattantes n'allaient pas tarder à revenir avec leurs montures. Ceci fait, plus rien ne l'empêchait de se rendre aux bains avec son invitée. Elle profita de la courte marche pour demander, sur un ton toujours aussi formel, à la Hatamoto si elle connaissait bien Boya et vanta les mérites de quelques artisans locaux dont ils dépassaient l'échoppe. Les rues étaient animées, comme toujours dans cette ville touristique, et quelques spectacles de rue s'improvisaient à la tombée du jour. Danseurs, joueurs de Taiko et autres jongleurs faisaient planer une ambiance joyeuse et festive qui donnait le sourire aux badauds et amusait les enfants.

Les deux femmes ne tardèrent pas à arriver aux bains. Après s'être débarrassées de leurs effets personnels et les avoir confié à la gérante de l'établissement, elles allèrent à l'arrière du bâtiment profiter de ces fameux bains. Le contact de l'eau délicieusement chaude sur sa peau pâle fit beaucoup de bien à Akimi et l'aida à évacuer une bonne partie de la tension qui l'habitait, bien que celle-ci avait déjà été allégée par l'aide proposée par Sakuya afin de régler son problème de bandit. Lâchant un discret soupir de décontraction elle s'autorisa à fermer les yeux quelques instants. Dès qu'elle les eut rouvert elle s'assura qu'elles étaient bien seule et se rapprocha doucement de son amie.

"Dis-moi, Sakuya-san, que dirais-tu d'un petit massage pour détendre tes muscles après cette journée de marche ?"

Maintenant qu'elles étaient seules, Akimi pouvait se permettre plus de familiarités avec elle. Depuis toujours Akimi maintenait des cloisons épaisses entre sa vie privée et sa vie professionnelle et traitait toujours avec le respect dû à leur rang les personnes qu'elle côtoyait pendant son temps de travail. De plus, elle souhaitait de tout cœur éviter que leur relation n'impacte la réputation de son amie, elle avait atteint un poste prestigieux dans lequel elle pouvait s'épanouir et Akimi se refusait à être une cause de renvoi pour elle. Le sourire espiègle que la rouquine arborait maintenant contrastait avec son attitude sobre et sérieuse qui ne la quittait pas pendant qu'elle s'attelait à ses missions d'officier du clan Setsu. Mais, pour le moment, elles pouvaient se contenter de savourer l'instant présent, comme les deux amies qu'elles étaient.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Mar 3 Sep - 23:15


Le temps de prévenir ses subordonnées, Akimi m’invite à déposer mes affaires dans sa tente et il ne faut pas beaucoup de temps pour que nous soyons déjà en route vers la petite ville. Le pas léger et le silence qui ponctuait le début du trajet était plus écrasant qu’autre chose. Fort heureusement Akimi était du genre bien loquace, contrairement à moi et elle faisait des pieds et des mains pour que le trajet soit un minimum animé. Moi qui ne connaissais pas très bien Boya, c’était alors de longues explications et de nombreuses recommandations qui venaient de la Taii. Elle semblait vraisemblablement connaître le sujet sur le bout des doigts. Les bonnes adresses, les meilleurs artisans du coin… La ville ne semblait avoir aucuns secrets pour Akimi.

Elle prit le temps d’aller voir les chevaux du groupe avant que nous n’arrivions rapidement au grand bâtiment, passant devant toutes sortes d’artistes de rues qui profitaient de la nuit pour se livrer à leur passion et amuser la galerie. Une fois entrée dans le bâtiment nous devions confier nos affaires à la gérante avant de finalement arriver devant les fameux bains. Akimi  y va en première, la suivant de près, cheveux tenus en chignon par une petite baguette pouvant accessoirement faire office de senbon. Le contact de l’eau avec ma peau était vivifiant et il fallait reconnaître qu’il n’y avait pas mieux pour oublier ses petits soucis au moment. La chaleur qui se dégageait était douce, énergisante, salvatrice… Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi détendue. Je prenais le temps de repenser à cette affaire, mon travail était comme une obsession malsaine. Surtout lorsqu’il restait en suspend, d’ordinaire tout se réglait très vite et je passais à autre chose mais cette fois-ci était différente. Et cela me mettait mal à l’aise, d’autant que ma mission comportait un très fort impact sur le lien qui me reliait à Gekido-sama. Je préférais me faire torturer des journées entières que de le savoir déçu par mes performances. Notre daimyo était un homme d’un rare génie, une excellence exigeante qui méritait ce qu’il y avait de mieux.

Akimi me sort finalement de mes pensées en me proposant un massage. Je n’avais même pas remarqué qu’elle se tenait à présent derrière moi alors qu’elle était juste à côté il y avait même pas trente secondes. Je remarquais que le temps qui nous avait séparées toutes les deux avait marqué un certain manque pour moi. Akimi était de mon âge, bien qu’elle était ma cadette de quelques mois et que nous n’avions aucun lien de parenté -et fort heureusement pour elle- nous étions sur la même longueur d’ondes pour des raisons diverses. Personne n’ignorait son aversion pour le genre masculin, bien que je ne sache pas exactement pourquoi encore aujourd’hui, je suppose qu’elle avait de très bonnes raisons. En règle générale elle était juste et intègre alors elle avait VRAIMENT du avoir une très mauvaise expérience. De son côté elle ignorait tout de mon passé ou presque, seules les rumeurs qui circulaient sur moi servaient de base pour me cerner et trop peu étaient laudatives à mon sujet.

Mais puisqu’elle se tenait dans mon dos, elle avait très probablement remarqué la cicatrice que mon frère m’avait laissée, il y a longtemps lors de notre affrontement. La seule et unique disgrâce qui était à jamais gravée sur mon corps, symbole de mon plus cuisant échec et l’une des rares fois ou j’avais pu envisager ma propre mort. Machinalement je posais la main sur cette ancienne blessure qui me faisait toujours souffrir, mentalement parlant. Elle était toujours là et le serait toujours pour venir me rappeler que malgré mes capacités, je n’étais pas non plus à l’abri.


« Je dois avouer que je ne suis pas contre… J’ai les épaules complètement nouées… » Répondis-je d’un air a demi-distrait.


Je ne saurai expliquer pourquoi j’étais si sereine lorsque j’étais en présence d’Akimi. Sa simple présence me rassurait, comme si elle seule savait chasser les craintes qui obscurciraient mon esprit en temps normal. Elle était une amie… Et plus encore. Au même titre que Gekido-sama, Akimi était dans la liste des gens pour lesquels ma propre vie passait en simple option. Je n’étais pourtant pas du genre à m’accrocher ainsi aux autres, en réalité, Akimi était la seule et unique personne qui avait réussi à m’approcher et me côtoyer sans finir par mourir d’une obscure manière. Par défaut, j’avais été formée pour ne m’attacher à personne afin que mes attaches ne puissent m’entraver dans mon travail. Mais j’ignorais jusqu’alors la définition même d’un mot important…


Ce moment en compagnie de mon amie était béni, c’était mettre en pause ma vie pour profiter de celle que j’avais trop longtemps laissé de côté, ma vie en tant que femme et non en tant qu’arme au service de mon seigneur. Ma vie personnelle, celle pour laquelle chaque minute passée devait être un souvenir gravé à jamais dans ma mémoire. Et pour une fois que je profitais d’un moment personnel, je comptais bien me souvenir a jamais de la soirée que je passerai avec Akimi aujourd’hui, une soirée entre copines, loin de nos vies si dangereuses et pleines de responsabilités.
Je sentais les mains d’Akimi parcourir mes épaules et les malaxer par intermittences, un agréable sentiment de détente et de soulagement prenait place, si bien que je ne pouvais me retenir de soupirer doucement de soulagement. Chassant subrepticement une petite larme qui coulait, mon seul souhait à cet instant était que cet instant ne finisse jamais.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Mer 4 Sep - 15:51

Sakuya n'avait pas menti en annonçant que ses épaules étaient nouées, c'était même un euphémisme. Tout son dos était parcouru de nœuds comptant parmi les plus denses et les plus profonds qu'Akimi n'avait jamais vu. Il était clair que la Hatamoto ne prenait pas suffisamment soin d'elle en voulant toujours faire passer son travail avant tout et Akimi s'épuisait à défaire une à une les boules formées par ses muscles et à remettre son dos, ses épaules et sa nuque en bon ordre. Elle en venait même à se demander comment son amie pouvait encore utiliser correctement ses compétences avec un corps dans cet état.

Après un massage de près d'une demi-heure la rouquine n'en pouvait plus, ses bras étaient épuisés à force de pétrir les muscles de Sakuya et elle n'aspirait qu'à les reposer. Elle se glissa donc à côté de son ami et profita pendant une petite dizaine de minutes des bains, sans prononcer un mot, savourant le silence, l'eau chaude, et la proximité de la Hatamoto.

Les étoiles qui commençaient à briller au dessus d'elles rappelèrent à la jeune Taii l'heure avancée et leurs missions respectives qui les attendaient. Elles ne pouvaient malheureusement pas se permettre de lambiner d'avantage ici. Akimi se sentit presque coupable de passer du bon temps pendant que ses guerrières préparaient le dîner ou achevaient leur patrouille et se promit intérieurement de les inviter toutes, une fois la mission terminée, à se détendre ici.

Les deux femmes quittèrent à regret le bain, se rhabillèrent et firent le chemin inverse rentrant au camp. Quand elles furent sur place elles purent constater que trois des quatre patrouilles étaient déjà rentrées apportant quelques informations collectés auprès d'habitants de la région sur la topographie de ces montagnes mais, malheureusement, rien de significatif pour permettre à Sakuya de faire son travail. En revanche, la dernière patrouille, qui ne tarda pas à rentrer au camp, leur rapportait une surprise des plus intéressantes : un prisonnier. Elles expliquèrent que, longeant la région montagneuse elles avaient aperçu un groupe de trois bandits à cheval, dont l'un d'eux était blessé, rentrant vers leur base avec un menu butin probablement dérobé à un marchand de passage. Elles avaient, sans hésiter, chargé les hors-la-loi qui avaient aussitôt voulu prendre la fuite. Malheureusement le blessé, dont le bras gauche était inutilisable et de surcroit piètre cavalier, n'avait pas pu contrôler correctement sa monture et avait chuté dans l'herbe haute. Les guerrières l'avaient alors encerclé et, seul et armé d'un simple tantô, il s'était rendu immédiatement.

Le prisonnier fut amené dans la tente de la Taii pour être interrogé par celle-ci et Sakuya. D'un naturel lâche et ne souhaitant visiblement pas souffrir pour couvrir ses "camarades", il s'empressa de leur raconter bien plus de choses qu'elles n'en avaient besoin. Il leur raconta que lui et ses deux collègues avaient intercepté la charrette d'un marchand et de son fils, que ce dernier avait décidé de se rebeller et lui avait poignardé l'épaule, expliquant ainsi sa blessure, et qu'une fois le sale gosse décapité, le marchand leur avait bien vite livré toutes ses possessions. Akimi débuta alors une série de questions extrêmement précises visant à connaître l'organisation et les moyens dont disposaient les brigands. Le prisonnier lui confirma tout d'abord qu'un nouveau venu les avait bel et bien rejoint dans la nuit après une très brève discussion avec le chef du camp. Il leur apprit ensuite leur organisation quotidienne, leur donnant le plus de détails dont il pouvait se souvenir, espérant visiblement susciter la clémence des femmes dont les regards appuyés le terrifiait. Ils étaient vingt-trois, en comptant le nouveau venu et sans le compter lui, et disposaient de dix chevaux. Un groupe de trois sentinelles étaient en permanence postés en surplomb du sentier grimpant dans la montagne et ils avaient pour consigne d'envoyer un homme alerter le camp principal à chaque fois qu'ils apercevaient quelqu'un. Ce groupe était relayé toutes les 8h, si bien qu'au total neuf bandits étaient affectés chaque jour à la surveillance, ce groupe comprenant toujours le second du chef des brigands. Dix partaient, souvent en plusieurs groupes, commettre leurs méfaits dans la campagne environnante, car, comme il l'avait déjà dit, ils n'avaient que dix chevaux. Ce qui laissait en permanence quatre personnes au minimum, et sans compter les sentinelles, dans le camp, dont leur chef, un géant maniant un no-dachi. Avec les forces d'Akimi en faction près de Boya, ils avaient été plus qu'hésitants à organiser leur seule sortie en deux jour et, voyant qu'un des leurs avaient été pris pendant celle-ci, ils risquaient d'hésiter d'avantage encore et peut-être de renforcer les équipes de sentinelles, bien qu'ils n'aient que neuf arcs.

Désormais satisfaite, Akimi laissa le soin à Sakuya de poser d'autres questions si elle le jugeait nécessaire avant de charger deux de ses subordonnées de conduire leur prisonnier aux autorités de Boya. Si elles en avaient besoin ultérieurement, Akimi se gardait la possibilité de retourner interroger le pauvre bougre qui venait en cette soirée de transpirer toutes les sueurs froides de son corps blessé. Une fois qu'elles furent débarrassées de lui, la rouquine se consacra de nouveau pleinement à son invitée, lui annonçant qu'elle pouvait dormir dans sa tente avec elle et qu'elles prépareraient leur plan d'action au petit matin. Après l'interrogatoire, elle avait retrouvée sa douceur naturelle bien qu'elle conservait toujours la formalité usuelle dans leurs rapports, dû au fait qu'elles étaient de nouveau en train d'exercer leurs fonctions respectives et qu'elles étaient alors agents de Setsu avant d'être amies. Cela n'empêcha pas la Taii d'adresser un sourire joyeux à son invitée, la tournure favorable des opérations et leur visite salvatrice aux sources ayant effacé la totalité de ses doutes et de sa tension.


Dernière édition par Hongo Akimi le Dim 24 Nov - 14:39, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Mer 4 Sep - 21:52

Plus le temps passait plus les mains expertes de mon amies avaient raison de ma résistance corporelle. J’en avais oublié la dernière fois ou j’avais eu un peu de temps à me consacrer, juste pour moi, à entretenir mon corps de femme et non celui qui me sert à tuer.  Akimi l’avait bien compris au moment ou elle avait touché mes épaules, elle qui était toujours si jolie et rayonnante en toutes circonstances. Sur ce point nous étions bien différentes, moi qui ne jurait que par mes performances au mépris de tout le reste, du moment que ma mission était accomplie. Et Akimi, qui trouvait le temps d’être irréprochable et jolie comme un cœur par la même occasion. Indirectement elle me faisait comprendre sans le moindre mot ni même l’intention de le faire que je me focalisais trop sur mes objectifs et pas assez sur les conséquences qui se répercutaient sur mon corps. Je le comprenais lorsque je repensais à toutes les fois ou j’avais pu croiser la Taii, même au simple détour d’un couloir. Toujours énergique et reposée, chose qu’il m’arrivait parfois de ne pas comprendre car de mon côté, j’avais l’impression de m’user bien plus vite.

Akimi savait s’y prendre avec les massages et étrangement, je l’imaginais bien s’y être longuement fait avec ses précieuses hime. Je savais que ses soldates étaient très importantes à ses yeux, c’était cette attention particulière qu’elle leur portait qui différenciait la Taii des autres gradés de l’armée. Et en même temps je ne comprenais pas, non pas parce que cela me semblait absurde mais parce que je n’avais jamais été habituée à le faire : Se soucier des autres. Les seules personnes dont j’avais pu m’inquiéter au cours de ma vie étaient mes victimes, les cibles et éventuellement les quelques fois ou j’avais un genin dans les pattes. Au final je ne m’étais jamais sincèrement accroché à quelqu’un, au point de vouloir protéger cette vie comme je me dévoue a protéger celle de mon seigneur. Akimi était d’ailleurs la première personne, en dehors d’Akane, à me porter une attention particulière. Et encore, comparer mon amie à cette garce de jônin était bien méchant. Je me souviendrais toujours du jour où elle était venue personnellement me féliciter pour mon ascension au rang d’hatamoto, bien que nos relations fussent très formelles à cet instant, je m’étais sentie touchée par l’attention qu’elle me portait. Probablement en lien avec le fait qu’elle était la première personne qui me vouait une attention différente de la majorité des autres. Je ne me voilais pas la face, Gekido-sama m’avait choisie pour mes talents, Akane me détestait parce que je lui faisais de l’ombre, certains de mes collègues chûnins de l’époque avaient tenté de m’évincer parce qu’ils ne supportaient pas d’être égalés par une femme…

Finalement, l’heure tardive me faisait sortir de mes pensées, après qu’une longue poignée de minutes silencieuses s’étaient installées entre moi et la Taii. La baignade m’avait fait un bien fou mais c’était encore loin d’égaler le massage relaxant qu’Akimi m’avait proposé. Je me sentais reposée, en pleine forme, détendue comme jamais. Cela m’embêtais un peu de revenir si vite au campement, non seulement parce que la chaleur des sources était très agréable mais aussi parce que je savais qu’Akimi se verrai contrainte de redevenir la Taii formelle et distante qu’elle était lorsque nous étions au travail. Arrivées sur place, plusieurs patrouilles étaient revenues, certaines des soldates étaient d’ailleurs très intriguées de ma présence, les plus aguerries ayant entendu parler de moi par les rumeurs et ma renommée en tant qu’hatamoto, les autres, plus jeunes simplement par les rumeurs et quelques bruits de couloirs. Malheureusement, parmi les recherches minutieuses, aucune des patrouilles ne semblaient avoir d’informations intéressantes. La dernière arriva, avec une surprise conséquente : un prisonnier.

C’était du bon boulot de la part des soldates, attraper un bandit était inespéré et les informations que nous pourrions tirer de lui -avec ou sans violence- seraient précieuses. Le jeune homme était blessée et la plaie semblait sommairement pansée, ce qui m’indiquait déjà les maigres capacités ou le manque de matériel des bandits. Conduit dans la tente de commandement pour interrogatoire, il semblait déjà bien effrayé de n’avoir qu’Akimi et moi en face de lui. Terrifié à l’idée d’imaginer ce que nous -ou du mois je- pourrais lui faire contre des informations, il déballait en vrac tout un tas d’informations diverses, dont beaucoup qui me serviraient pour le bon déroulement de l’opération. Trois groupes de sentinelles, un renouvellement toutes les huit heures, soit un total de neuf personnes plus le commandant en second soit neuf arcs et un type dont j’ignorais l’armement. Le battement ne serait pas simple, abattre le premier groupe de sentinelles donnait huit heures de battement, abattre le deuxième permettait de gagner encore quelques précieuses minutes avant que les autres ne calculent l’absence du premier groupe, censé revenir. Au maximum nous avions huit heures et vingt minutes de tranquillité, peut être moins. Largement suffisant pour frapper au cœur du campement et les avoir. Cependant les dix qui partaient en excursion étaient un problème, mais leur tendre un piège au moment ou ils rentraient au campement était envisageable pour cela il me fallait des informations précises et je n’avais pas franchement envie d’attendre.

Akimi semblait satisfaite, moi pas, je voulais les détails les plus pointus. Nous endossions malgré nous les étiquettes du gentil et du méchant flic, le méchant serait bien évidement moi. M’approchant du jeune prisonnier, je le regardais attentivement dans le blanc des yeux, cherchant à découvrir s’il mentait ou non. Visiblement trop effrayé pour oser mentir, je commençais alors.

« Votre nouvelle recrue, est-ce qu’il fait partie des dix qui vont aller en expédition demain ? »

Il semble intrigué par ma question, ne sachant visiblement pas pourquoi je m’intéressais particulièrement à leur nouveau compagnon.  Il ne me répond pas tout de suite, j’en profite alors pour lui faire comprendre que, contrairement à la samouraï, l’égorger sur place ne me gênerai pas le moins du monde. Je pose ma main sur sa blessure et appuie fermement, la douleur qui surgit lui arrache un cri de douleur qui provoqua un peu d’agitation au sein du campement. Il finit par me dire que non, qu’il serait présent dans le camp avec leur chef et quelques autres car la confiance et le droit d’aller en mission se méritaient.

« Où déposez-vous vos chevaux ? »

Paniqué à l’idée que je réitère mon action, il me répond directement qu’ils avaient leur petite place dans le camp. Je continuais avec quelques questions diverses au point d’avoir des informations qui concordaient avec ce que je pensais. Le campement étant caché dans un renfoncement de la montagne, leurs sentinelles verraient les samouraïs débarquer avant même qu’elles ne soient a porté de tir. De plus, une fois entrées dans le campement, il était facile de bloquer l’accès et de les piéger à l’intérieur et si cela arrivait, elles n’auraient plus le choix que de combattre et les pertes seraient conséquentes sans aucuns doutes. Akimi ne voudrait pas ça et moi non plus, il me faudrait absolument neutraliser leurs guetteurs avant toutes choses.  Lorsque j’en eus fini avec lui, Akimi demanda a deux des hime de l’emmener aux gardes de la ville, cela voulais sans doute dire que ses ordres étaient de les capturer vivant si possible. En somme, ses instructions ne collaient pas parfaitement aux miennes qui me permettaient de tuer tous ceux qui se tiendraient en travers de ma route.

De retour près du feu de camp, Akimi semblait plutôt sereine et m’adressait même un sourire réconfortant, ayant repris nos rôles, la formalité entre nous ne nous empêchaient pas d’être complices de manière moins visible. Le doute m’envahissait, pour l’une des rares fois dans ma vie, je savais que bien des choses se joueraient demain sur ma capacité à neutraliser les sentinelles. Pour la première fois de ma vie, je me mettais à douter au sujet de choses qui me semblaient évidentes. Je devais tuer les sentinelles, les assommer serait dangereux et si je venais à rater, le bataillon d’Akimi paierait les frais.
En vérité je réagissais de manière plutôt enfantine, je n’avais pas peur d’être ou non le maillon faible de l’opération mais d’être celle qui mettrait la vie d’Akimi en danger. Mas capacités parlaient pour moi, j’étais une élite dans mon domaine mais le destin était imprévisible et m’imaginer voir ma seule et unique amie se retrouver blessée ou tuée alors que j’aurai pu l’en empêcher me terrifiait. Mes parents ou même mes frères me blâmeraient pour avoir pensé d’une telle manière, le fait était que j’avais toujours évoluée seule, sans amis, parce qu’ils étaient une source de discorde intérieure. C’était comme ça que j’avais grandit, enfermée dans un cercle vicieux qui me privait de tous contacts avec les autres.

Mais maintenant, j’avais une amie, quelqu’un pour qui j’étais importante et qui était tout aussi importante à mes yeux. Lorsqu’elle me fit signe de la suivre dans sa tente, à peine fussions nous à l’abri des regards, je m’approchais d’Akimi dans son dos et, le plus naturellement du monde, la prenait dans mes bras. Pourquoi le faisais-je ? moi-même je ne savais l’expliquer, peut être pour me réconforter, me dire qu’elle était bien là et pas ailleurs, me persuader qu’elle le serait toujours et que je ferais toujours de mon mieux pour qu’elle puisse rester avec moi, parce qu’au final, c’était pour protéger quelqu’un que j’étais ici, mais a défaut d’être là pour protéger Gekido-sama, je me promettais de protéger mon amie, parce qu’elle ferait sans doute la même chose pour moi.

« Quoi qu’il puisse arriver demain, promet moi de faire attention à toi, Akimi-chan. » Lâchais-je subitement, la voix légèrement tremblante, rongée par mon propre doute et la peur.

C’était la première fois que j’étais si familière avec elle, d’ordinaire j’avais toujours conservé une petite distance entre elle et moi, Akimi s’adressait à moi de manière respectueuse malgré le fait que nous soyons amies, et finalement cela ne me convenait pas, nous étions de véritables amies, j’en étais persuadée, je ne voulais plus de cette distance et de ces formules de politesse qui se convenaient pas à cette relation que nous avions.

Ma réaction m’étonnait moi-même, m’exprimer aussi ouvertement même sans le moindre mot ne me ressemblait pas, parce que la vie m’avait apprise à quel point une vie était courte, que chaque seconde que nous passions nous rapprochait inexorablement de la mort, je n’avais pas voulu m’attacher à quelqu’un parce que je me savais incapable de supporter la disparition de cette personne. Je n’avais pas pleuré à la mort de mes frères, pas une seule fois, impassible et froide comme le souffle de la mort lorsqu’il arrache une âme à un corps. Perdre Akimi me ferait énormément de mal, je le savais, maintenant que j’avais accepté le fait que j’étais capable d’avoir une amie.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Jeu 5 Sep - 1:33

À n'en point douter, et c'était loin d'être une surprise, Sakuya savait y faire avec les interrogatoires. Elle disposait maintenant des informations nécessaires pour passer à l'action le lendemain dans des conditions satisfaisantes et cela réjouissait Akimi. Si les archers étaient neutralisés, les brigands ne seraient pas un réel problème pour les guerrières aguerries sous ses ordres. Si la plupart d'entre eux étaient à l'image de leur prisonnier il suffirait d'abattre leur chef et quelques malandrins en les prenant par surprise pour que les autres se rendent, dans le cas contraire l'affrontement serait plus long mais les Hime avaient l'avantage du nombre, de l'équipement et de la technique de combat : sans archers ennemis pour les abattre à distance elles ne pouvaient perdre.

Alors qu'elle entrait dans sa tente, son invitée juste derrière elle, la jeune Taii fut saisie avec une certaine force et une immense affection par Sakuya. Surprise, Akimi mit de nombreuses secondes avant de réagir. Elle n'avait jamais vu son amie aussi démonstrative de ses sentiments et cela l'étonnait presque autant que cela la touchait.

"- Quoi qu’il puisse arriver demain, promet moi de faire attention à toi, Akimi-chan.
- Ne t'en fais pas, Sakuya-san, je serai entourée d'amies demain... et un esprit gardien veillera sur moi depuis les hauteurs, je ne crains rien."


Ne cherchant nullement à cacher qu'elle parlait d'elle, Akimi se tourna vers son amie et l'enlaça à son tour. Ce fut une étreinte douce, tendre, et remplie d'un amour profond et sincère. Akimi s’inquiétait également pour elle mais sa confiance était plus forte que ses doutes : Sakuya était une femme redoutable qui avait su se hisser dans la hiérarchie du clan grâce à ses grands talents. La jeune Taii pouvait se vanter d'être capable de mettre sa vie entre les mains de n'importe laquelle des 31 autres femmes de ce campement sans l'ombre d'une hésitation, et elles savaient toutes qu'elles pouvaient mettre la leur entre ses mains. C'était de cette confiance mutuelle, et de leur entraînement des plus rigoureux et incessant, que venait la force des Hime, reconnue dans tout le clan, bien que souvent à voix basse par les hommes.

Ses pensées centrées sur Sakuya, sa soudaine proximité et le danger qui les guettait, Akimi laissa ses mains vagabonder délicatement sur les habits de son amie. Tout ceci contribuait à faire grandir l'excitation de la jeune femme et, comme Sakuya se laissait faire, elle s'enhardissait de secondes en secondes. Bientôt, ses lèvres vinrent effleurer les joues de la Hatamoto, puis sa nuque douce et fine, puis, enfin ses lèvres. Savourant ce contact exquis, les sens de la jeune Taii s'emballèrent comme à son habitude et son cœur s'embrasa. Depuis son viol, alors qu'elle avait quatorze ans, un vide existait en elle, un vide terrifiant qui ne s'estompait que grâce à la proximité physique. Elles avaient besoin de ces rapports intimes afin de se sentir à nouveau entière, de récupérer ce qu'on lui avait volé.

Bien vite, les mains de la rouquine, expertes en la matière, vinrent défaire les attaches du vêtement de son amie et celui-ci glissa lentement le long de son corps. Elles se retrouvèrent rapidement nues toutes les deux et Akimi commença à chauffer son corps grâce aux dons de Moegami. L'effet provoqué sur sa partenaire fut semblable à celui vécu dans les sources chaudes, l'eau en moins. La chaleur pénétrante aidait les muscles à se détendre et devait, normalement, emplir d'excitation le corps de son amante. Tandis qu'elle guidait avec délicatesse Sakuya vers leur lit, Akimi jeta un œil à la boîte contenant son set de voyage, extrait de sa collection personnelle, se demandant si elle allait l'utiliser avec son amie et amante. Dans un cas comme dans l'autre, la nuit promettait d'être intéressante et passionnée...
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Jeu 5 Sep - 12:46

Me rassurer était difficile dans ce genre de situations. Je doutais très rarement de moi, mais lorsque cela arrivait, je n’avais plus que ça en tête. Akimi était visiblement surprise de me voir aussi affectueuse, si proche d’elle alors que l’habitude nous avait poussées à des rapports plutôt amicaux mais distants malgré tout. La Taii connaissait ses troupes mieux que quiconque, elle seule était capable de donner sans avoir besoin de réfléchir ni même sourciller le nom de ses 31 soldates par ordre alphabétique et sans s’arrêter. Une représentation un peu caricaturale de l’importance qu’elle accordait a chacune, mais témoignant de son talent de leader. Elle avait la confiance aveugle de toutes ces samouraïs et je ne doutais pas qu’à l’inverse, elle pouvait avoir une confiance aveugle en chacune d’elles.

Mais dans mon cas tout était différent. Je ne connaissais aucune de ces femmes et si les rumeurs à mon sujet étaient prises pour argent comptant, peu d’entre elles seraient disposées à me faire confiance aveuglément. Chose que je pouvais comprendre, moi qui avait tant de mal à attribuer une once de confiance aux autres. Au final je ne connaissais qu’Akimi, me rendant compte que je n’aurai jamais été vers elle si elle n’était pas venue me voir ce jour là pour me féliciter. Nous n’aurions probablement jamais tissé ce lien qui maintenant me met dans cet état de stress à la moindre pensée de mon amie blessée ou tuée. Un lien à double tranchant, source de bonheur tout en étant une faille dans l’armure impénétrable que j’avais mis tant de temps à fortifier.

Au final je comprenais surtout qu’il ne tenait qu’a moi de colmater cette faille dans mon armure, il me fallait pour cela protéger ma seule amie, ainsi que toutes ses subordonnées du mieux que je le pourrais. Cela impliquait que je n’avais pas la moindre marge d’erreur demain, il me faudrait être silencieuse, discrète et impitoyable comme à l’accoutumée dans mes missions. Je ne voulais pas entraver l’objectif qui avait été fixé pour Akimi et son bataillon, j’imaginais alors qu’elles avaient pour mission de capturer le plus de bandits vivants… Je ne pouvais malheureusement prendre le risque de laisser un seul de ces archers en vie, trop de choses se répercuteraient s’ils restaient vivant une seconde de trop.

Finalement, Akimi se retourne vers moi en m’adressant ouvertement la confiance qu’elle avait en moi. Me gratifiant également d’une étreinte sincère, je me rendais compte que plus les secondes passaient, plus cette proximité entre nous deux allait se changer en quelque chose de bien plus fort. J’ignorais jusqu'à-lors cette facette de la personnalité d’Akimi, bien que quelques rumeurs mentionnaient sa profonde attirance pour les femmes, ces mêmes rumeurs étaient souvent colportées par ceux qui voyaient intérêts à la discréditer et par définitions étaient peu fiables. Je le découvrais par moi-même, lorsque ses mains glissaient le long de mon corps et que ses lèvres parcouraient ma joue et ma nuque avant de se déposer sur mes lèvres. Je me laissais faire, inconsciemment désireuse de savoir ce qui se passerait par la suite. Mes connaissances en matière de sexe et d’amour étaient limitées, sur le sujet des femmes tout du moins. Bien que je n’ai jamais eu de partenaires, tous genres confondus, être ninja impliquait de savoir charmer son entourage et par conséquent de savoir quoi dire à un homme pour attiser ses désirs les plus primaires. Mais tout cela ne s’arrêtais qu’a la théorie pour moi et c’était une véritable découverte que de me rendre compte qu’Akimi et moi, à l’instant et pour la nuit à venir, pourrions avoir un désir charnel à combler l’une avec l’autre. Mon amie deviendrait mon amante pour la nuit à venir, c’était un nouveau type de lien encore plus fort qui se tissait entre nous, bien au delà de la simple amitié et même si cela restait une aventure sans lendemain, il était évident que ce lien perdurera, témoignant de l’attachement que nous avions l’une pour l’autre.

Me laissant alors guider par la Taii, Nous nous laissions aller à nos ébats, dans un élan torride de sentiments et de sensations qui m’étaient encore inconnues jusque là. Le sommeil vint naturellement nous gagner et pour l’une des rares fois de ma vie, je passais une nuit agréablement douce et reposante, comme si j’avais abandonné tous les soucis qui me tourmentaient.

Le lendemain arriva cependant bien plus vite que nous n’avions pu l’imaginer, les petites folies de la nuit passée ayant réclamé un temps considérable. Pourtant cette courte nuit était bien suffisante, m’éveillant en première, dans les bras de la rouquine que je tenais toujours dans les miens, je n’osais faire de mouvements de peur de l’obliger à se réveiller. Mais le rythme que nous imposait notre travail avait visiblement fait d’elle une lève-tôt, il ne lui fallut que quelques minutes supplémentaires pour émerger elle aussi du monde des rêves. Les rayons du soleil levant étaient annonciateurs d’un tournant capital de notre présence ici, nous avions encore beaucoup de temps devant nous et, le sachant toutes deux, nous nous permettions de profiter encore un peu plus de notre complicité avant de nous lever.

Les soldates étaient toutes aussi matinales, lorsque nous sortions de la tente de commandement, un grand nombre d’entre elles étaient déjà en train de vaquer à leurs occupations, certaines à l’entraînement matinal, d’autres au rangement de quelques affaires… Après un repas bref et consistant, nous en venions au sujet délicat de cette mâtiné : La réunion stratégique. Je ne prenais pas la peine de prendre la parole pendant qu’Akimi briefait ses troupes, leur expliquant les détails que nous avions et le rôle que nous remplirons dans cette mission. Pourtant elle semble insister pour que je m’exprime sur l’opération, probablement parce que l’incompréhension régnait encore dans l’esprit de certaines guerrières. La question la plus évidente que je pouvais imaginer était « Pourquoi Setsu-sama aurait détaché l’un de ses hatamoto pour nous aider ? » et cette question tout à fait pertinente ne semblait pourtant pas daigner sortir. Je prenais alors la parole, d’un air doux mais assurément sérieux.


« La raison de ma présence ici, comme je suppose que beaucoup d’entre vous à du se le demander, est de retrouver l’un des hommes de ce groupuscule. Cette opération est donc double et la finalité de ma mission concorde avec la votre. Comme il vous l’a été dit, le groupe de sentinelles de ces bandits se constitue de trois archers et d’un superviseur, relevé toutes les huit heures.  Je vais me charger de les empêcher de signaler votre position pendant que vous progresserez sur le chemin vous menant au camp. En théorie les bandits ne vous verront venir qu’une fois que vous aurez investies le camp. Sans leurs archers, la force défensive de ces hommes est quasiment nulle, au même titre que leur entraînement au combat. »

Le doute semblait se dissiper à présent, les guerrières avaient maintenant un plan très pointu à l’esprit, une opération extrêmement bien ficelée grâce aux talent de tacticien d’Akimi et aux informations complémentaires que j’avais pu ajouter. La vie de ma cible était purement inutile, je n’avais donc pas besoin de préciser aux samouraïs de se retenir, si elles le tuaient pendant l’affrontement, cela m’importait peu, du moment que je retrouvais le bien qu’il avait subtilisé à mon seigneur. Il était évident qu’il devait bien le cacher, après tout se réfugier parmi les bandits impliquait de savoir dissimuler son butin. Mais les voleurs étaient de nature froussarde et je ne doutais pas un seul instant qu’il se rendrait en voyant le bataillon débarquer dans le campement, j’aurai alors tout le loisir de l’interroger… Et je n’aurai pas besoin de prendre des pincettes. Je n’avais cependant pas la moindre autorité au sein du campement, j’attendais alors qu’Akimi donne le début de l’opération, profitant du temps pour préparer le matériel qu’il me faudrait : senbons, mes deux kamas, la solide chaîne et le kunai qui y était relié, mon ninjato dissimulé et des shukos, puisqu’il me faudrait escalader le flanc de la montagne pour prendre les sentinelles a revers. Bien évidemment, je prenais aussi mon masque, avancer à visage découvert comme les autres kunoichi ne m’avais jamais trop plu, partant du principe que mes victimes ne méritaient pas de voir mon faciès. J’étais fin prête à partir, les événements de la veille m’ayant fait le plus grand bien et déterminée à faire encore mieux que l’habitude. Akimi entra à son tour dans la tente, visiblement motivée à faire tomber ce groupe de salopards et épingler un nouveau succès à la longue liste de ses victoires en tant que Taii. Nos regards se croisèrent un instant, s’échangeant un sourire et me remémorant la nuit précédente, je savais qu’il faudrait agir vite et avec précision. Il me manquait plus que le signal de départ de mon amie, à moins qu’elle n’ait quelque chose d’important à me dire ou me demander avant que nous ne commencions.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Jeu 5 Sep - 21:47

Se réveiller auprès d'une autre femme après une nuit pleine de passion était presque routinier pour Akimi. Elle était heureuse d'avoir pu partager un tel moment de complicité et de plaisir mutuel avec son amie. Pour elle, ces moments de plaisirs était le summum de l'amitié, ce qu'elle pouvait offrir de plus fort à quelqu'un. Maintenant, le lien qui l'unissait à Sakuya n'en était que plus fort, plus profond, indestructible.

Tandis qu'elle sortait de la tente son œil sévère et exigeant se posa sur ses combattantes. Elle alla corriger avec fermeté les défauts de position de certaines guerrières qui s'entraînaient, donnait des conseils d'organisation et de logistique à celles s'occupaient du matériel, et allait jusqu'à donner des astuces de cuisines pour celles qui préparaient le repas de midi en avance. Elle qui s'obligeait à surpasser les hommes dans tout les domaines se devait d'avoir les compétences les plus diversifiées possible. Bien entendu elle était loin de tout savoir sur tout, mais dès qu'elle pouvait apporter quelque chose à l'une de ses combattantes, aussi infime que cela fut, elle s'empressait de le faire. Elle attendait de ses troupes l'excellence, et pas uniquement d'un point de vue martial.

Une fois que toutes furent prêtes et rassemblées, la Taii pu commencer à évoquer l'opération de ce jour. Elle leur détailla tout d'abord les informations dont elle disposait, le nombre d'adversaires, l'emplacement et la disposition de leur camp et évoqua ensuite les étapes du plan à suivre. C'était un plan simple et efficace que Sakuya et elle avaient conçu naturellement avec les informations et les moyens dont elles disposaient. Elle n'avait pas besoin d'en dire plus et adressa simplement un regard lourd de signification à Sakuya pour qu'elle explique les raisons de sa présence parmi elles. Une fois ceci fait, elle laissa chacune achever ses préparatifs et ordonna finalement le départ. En attaquant tôt elles étaient certaines qu'aucun groupe de bandit n'aurait encore quitté leur camp s'assurant ainsi qu'aucun ne pourrait les attaquer par l'arrière. Alors qu'elles approchaient des montagnes, à pied, Akimi signala à Sakuya qu'il était temps pour elle de quitter le groupe et d'aller accomplir sa tâche. Elle lui renouvela sa confiance absolue en ses capacités et lui assura que tout irait bien pour elle et son groupe. La regardant s'éloigner, la Taii imposa une baisse de vitesse de marche à son groupe afin de laisser le temps à la Hatamoto de neutraliser les sentinelles avant que leur bataillon ne soit à portée de vue. Elle espérait que rien ne viendrait la retarder dans son entreprise, car elles n'avaient désormais plus aucun moyen de communiquer entre elles.

Les combattantes finirent par s'engager sur le sentier de montagne, sur le qui-vive, normalement elles ne devaient pas rencontrer de résistance avant d'arriver au camp, mais il convenait d'être prêtes au cas où Sakuya aurait eu un problème. Finalement elles progressèrent sans encombre. Akimi se représentait mentalement la description du camp faite par leur prisonniers : un groupe désorganisés de huttes de fortune bâties sommairement, de tentes et de simples bâches tendues entre des piquets. Trop confiants dans leurs sentinelles et leur connaissance du terrain les brigands n'avaient construit aucun système de défense, n'avaient planté aucun pieux dans le sol, n'avaient creusé aucun fossé, ... La charge des guerrières sur leur campement serait dévastatrice et le combat promettait d'être de courte durée.

Pour le moment tout se passait comme prévu, et le campement n'était qu'à quelques centaines de mètres, un virage, une ultime montée et bientôt les combattantes Setsu pourraient rappeler l'implacabilité de la justice à ces fauteurs de troubles. Bientôt toute cette histoire serait réglée et elles pourraient rentrer à Moe. Mais avant cela, il leur fallait livrer ce combat, et elles étaient prêtes.


Dernière édition par Hongo Akimi le Dim 24 Nov - 15:13, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Ven 6 Sep - 17:00


Le départ était lancé, arrivées toutes ensemble au tout début du sentier, nos chemins se séparaient ici. Après un regard complice avec Akimi, j’enfilais donc mon masque et escaladais les quelques mètres de montagne qui me permettraient de tomber au même niveau que les sentinelles. Nous progressions en parallèle, tandis que j‘avançais avec une poignée de mètres d’avance pour avoir le temps neutraliser les archers. Nous n’avions plus le moindre moyen de communication alors la marge d’erreur était fatalement petite. Une fois arrivée sur le deuxième sentier en hauteur, je remarquais un amas de roches similaire à celui qui nous avait été décrit par le prisonnier. C’était donc très probablement le point de garde des sentinelles. Je redoublais de vigilance, m’imaginant alors Akimi faire attendre ses troupes encore une poignée de minutes avant de penser que ‘avais déjà agit, je profitais alors du temps que je m’imaginais alors pour examiner les environs et ramasser une pierre au passage. Le point de rencontre des gardes était un peu éloigné du sentier qui était emprunté par les samouraïs mais suffisamment près pour les voir venir, si j’oubliais un angle mort qui se trouvais être au pied même du point d’observation.

Je jetais la pierre au pied du sentier, au niveau de l’angle mort. Le bruit provoqué attira l’attention d’un garde qui s’empressa d’aller voir si quelqu’un n’était pas en train d’arriver. Ce laps de temps me permit de prendre la tête de ses deux camarades et de lui coller un senbon dans la gorge. Il perdit l’équilibre et chuta de son perchoir pour que sa tête s’éclate quelques mètres plus bas sur le sentier. A défaut de pouvoir communiquer, le corps parlerait peut être plus que je ne l’imaginais. C’était une façon comme une autre de signaler à Akimi et ses guerrières que le premier groupe avait été « neutralisé ». Je prenais le temps de ramasser un arc et trois flèches, bien que je n’étais pas très bonne tireuse avec ce genre de trucs, cela pouvait toujours me servir. Je progressais au pas de course sur le chemin, m’arrêtant subitement en voyant le fameux bras droit arriver sur le trajet. Il devait revenir d’une petite ronde et c’était un coup de chance tout en étant un problème. Il verrait bien vite que ses camarades sont morts et tout le campement serait bien vite en alerte. D’ailleurs quelque chose semblait l’intriguer, le fait de ne pas voir ses camarades au loin. Mais comme il ne s’y attendait pas, il passa près de ma cachette sans même me remarquer. Je me glissais alors derrière lui mais un léger craquement trahit ma position, j’eux tout juste le temps de frapper sa gorge pour l’empêcher d’hurler tout en lui supprimant le souffle acquis sur l’instant. Il ne me suffit alors que de le désarmer et de neutraliser cette fois-ci sans le tuer. Je profitais du fait que j’avais pris ma chaine et le kunai pour l’attacher avec et le suspendre à la paroi, tête vers le bas et bâillonné.  Les samouraïs le verraient surement et même si ce n’était pas le cas il n’irait pas loin ainsi.

J’ignorais à quel moment dans le cycle des huit heures je me trouvais, le groupe de relève pouvait arriver dans six heures comme il pouvait arriver dans dix minutes. J’avançais toujours très doucement, voyant au loin les premières guerrières arriver. L’étau se resserrait progressivement sur les bandits et la marche soutenue du bataillon de la Taii ferait qu’elles arriveraient en quelques minutes sur le camp, piégeant les occupants restants  et nous permettant par la suite de tendre un piège à leur expédition lorsqu’elle reviendrait. Arrivée au dessus du camp, invisible et profitant alors de mon point d’observation, j’étais passablement surprise par la précision de la description du prisonnier. Mais certains détails clochaient, notamment sur le fait qu’il n’avait pas pris la peine de nous préciser l’armement exact de ses camarades. En effet, je voyais deux lourdauds avec un baril près d’eux, il ne fallait pas être spécialement futé pour comprendre que c’était un baril de poudre.

Mais après réflexion, peut être que ce détail était le butin de leur dernier pillage et si c’était le cas, il n’aurait jamais pu nous en informer. C’était plus censé ou alors il m’avait fait un sacré coup de bluff et je ne manquerais surement pas de lui retirer une partie de son intimité avec mon ninjato si c’était le cas. Mais la présence de ce baril était un problème, nous n’avions pas prévu un dénouement explosif a la situation. Cependant j’y voyais là un intérêt double. Un moyen de faire signe a Akimi pour qu’elle force la marche de ses samouraïs et peut être même l’occasion de se débarrasser de deux adversaires par la même occasion. Il fallait cependant que je me mette a portée.

En m’approchant plus encore, toujours en faisant bien garde à n’alerter personne, je voyais également des prisonniers, principalement des femmes et des enfants dans le campement. Ils étaient loin du potentiel point d’explosion et ne craignaient rien, mais ils serviraient probablement d’otage si je n’étais pas assez rapide. Je préparais alors une attache au bout de la flèche que j’imbibais d’un peu d’alcool, initialement prévu pour désinfecter une blessure, avant d’accrocher le dispositif solidement au projectile. Il n’y avait pas de vent et c’était une chance, enflammer le tissu et tirer ne serait pas un problème encore fallait-il que je fasse mouche. Par chance, ce ne fut pas un problème, la flèche se planta avec fracas dans le baril qui explosa aussitôt, emportant les deux balourds dans un éclat sanglant et un bruit tonitruant.

Akimi l’avait très probablement entendue et devait déjà forcer le pas à l’heure qu’il était, il ne lui faudrait tout au plus quatre minutes pour arriver, jusque là, je m’acharnais de rester introuvable, ma présence ne passant pour le coup plus si inaperçue.
Pour le moment aucun des bandits n’eut le réflexe d’aller chercher un otage, quand bien même, je n’étais à l’origine pas ici pour sauver des villageoises, je cherchais simplement a attraper le voleur et récupérer son butin. En revanche, je savais qu’Akimi porterai une attention particulière a la sécurité des civils et ma mission n’était pas censé mettre ses objectifs en péril, quoi qu’ai pu en dire Gekido-sama. Il y avait moyen de remplir les critères de tout le monde, alors autant faire de cette manière. Je rôdais près des râteliers d'armes, ou siégeaient encore six arcs, le deuxième groupe de sentinelles n'était donc pas parti pour la relève et le troisième avait encore huit heures après le départ du second groupe, l'idéal maintenant était de saboter les armes en tranchant la corde et cisaillant le bois afin de les rendre inutilisables.

Une fois le méfait accompli, il ne restait que l'armement sommaire des bandits, aucun danger réel pour le bataillon, mais la vie des otages serait mise en péril. Je restais donc embusquée près des cellules, prête à tenir la position au moindre geste offensif des criminels envers ces personnes.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Dim 24 Nov - 17:34

La progression silencieuse du groupe de combattantes se poursuivait sur l'étroit sentier de montagne. De chaque côté, menaçante, la paroi rocheuse semblait vouloir écraser quiconque oserait s'approcher trop près d'elle. Les guerrières croisèrent un cadavre écrasé en bas de celle-ci, un senbon planté dans la nuque. Akimi récupéra l'arme, l'essuya et la rangea comme elle put, souhaitant la rendre après l'assaut à sa légitime propriétaire : Sakuya. Le premier groupe de sentinelles avaient été éliminées, le message était clair. Une centaine de mètres plus loin, après un léger coude, un autre bandit était suspendu par une chaîne, la tête en bas. Les guerrières en déduisirent que Sakuya s'en sortait bien et qu'elles ne souffriraient pas de mauvaises surprise avant leur arriver au campement. Néanmoins, leur attention ne se relâcha pas et chacun des trente-et-un cœur manqua un battement tandis que le bruit sourd d'une explosion raisonnait à leurs oreilles.


Avançant désormais au pas de course, les combattantes arrivèrent très vite en vue du campement. Déjà les brigands étaient sortis et essayaient de comprendre ce qu'il se passait. Sur les vingt-trois brigands présents au départ, trois, les sentinelles, étaient déjà mortes. Le pendu pouvait faire parti du second groupe de sentinelle ou être le second du chef ce qui ramenait, au pire, à dix-neuf le nombre d'adversaires. Akimi distingua deux cadavres roussis près du centre de l'explosion, Sakuya méritait sa réputation. Il ne restait que dix-sept bandits surpris, mal équipés et avec un entraînement militaire quasi-nul contre trente-deux femmes courageuses, mortellement dangereuses et très bien équipées, avec, parmi elles, rien de moins qu'une ancienne Chûnin désormais Hatamoto du Seigneur Setsu.


Chargeant à la tête de ses troupes, Akimi faucha un homme au passage avec sa lame, lui tranchant la jugulaire, et enfonça le manche de son arme dans les côtes d'un second, l'envoyant à terre pour le compte. Ses guerrières se lancèrent également au combat blessant et tuant leurs adversaires, la plupart trop surpris pour réagir. Certains coururent vers les arcs pour les trouver sabotés, quelques autres, plus malins mais bien moins nombreux, s'élancèrent vers ce qui semblait être une prison. Entamant la Danse des Feuilles d'Automne, le style de combat spectaculaire qui valait à Akimi sa réputation de combattante, la rouquine bondissait et tournoyait en tout sens, chaque cabriole voyant tomber un adversaire. Bien vite, succombant sous le nombre et le talent des soldates les effectifs des bandits devinrent ridicule et leur chef fut le seul à encore oser tenir tête aux combattantes. Faisant signe aux siennes de s'écarter, afin de ne pas risquer qu'elles soient blessées, Akimi l'affronta seule. Le combat fut bref, le colosse au no-dachi avait une excellente allonge et une hargne certaine mais son manque de technique rendait ses coups prévisibles et maladroits. Un bon latéral, un coup de manche dans les parties génitales et un second coup en plein visage suffirent à le faire tomber à terre et lâcher son arme.


"- Dis-moi lequel d'entre-vous est celui qui vous a rejoint la nuit dernière.
- Va mourir... sale garce..."



Après un nouveau coup de manche au rustre, qui lui cassa plusieurs dents, Akimi se tourna vers l'un des quatre autres bandits qui avaient jetés leurs armes. Celui-ci se montra bien plus coopératif et lui appris que l'homme en question était toujours dans le bâtiment principal du campement et qu'il ne s'était pas joint à eux pour l'affrontement. Un coup d’œil à l'enclos à chevaux du campement prouva à Akimi qu'aucun malfaiteur n'avait quitté le camp, ils étaient désormais tous hors d'état de nuire, à l'exception notable du voleur de Moe. La Taii fit un rapide tour visuel de ses troupes et remarqua qu'aucune n'était morte, quelques unes avaient soufferts de blessures superficielles et l'une d'entre elles avait subi un coup un peu plus sérieux. Le bilan était très positif et Akimi ordonna à ses soldates de ligoter les prisonniers, de soigner les blessées et s'engagea dans le bâtiment désigné par l'homme, Sakuya, qui les avaient rejoint au milieu du combat en empêchant certains malfrats d'atteindre la prison, juste derrière elle. La rouquine était soulagée que tout ce soit bien passé, même si l'opération n'était pas encore terminée, et que son amie n'ait rien. Il ne restait plus qu'un homme et, bien qu'il était possible qu'il soit plus dangereux que n'importe lequel des brigands, il ne ferait pas le poids contre Sakuya et elle réunies. Restant concentrée, la guerrière, son arme brandie, ne s'autoriserait à se détendre que lorsque leur dernier adversaire serait mort ou neutralisé.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Jeu 5 Déc - 18:42

Une fois le menu-fretin éparpillé en petits morceaux ou en train de pleurer et supplier pour leurs misérables vies, Akimi ne perdit pas plus de temps, consciente que ma mission n'était pas terminée alors que la sienne, en théorie devait l'être à présent, elle fit rapidement le tour de ses effectifs : Blessures superficielles et/ou légères et une seule ayant reçu une estafilade moyennement grave. En clair, une mission parfaite pour les samouraïs, aucunes pertes et des prisonniers bons pour l'échafaud. En d'autres termes, une journée très bien remplie.
Pourtant la Taii semblait vouloir me donner un coup de main, ou empiéter sur ma mission, ce n'était au final qu'une question de point de vue. Je pensais alors que de toute manière, Gekido-sama ne m'avait demandé que de lui ramener l'objet qui lui avait été dérobé, il n'avait rien précisé sur les moyens employés et les forces mobilisées pour cela. D'ordinaire, je n'aurai pas accepté qu'un Taii s'impose ainsi dans mes plans, le fait est qu'Akimi était différente et que, dans son cas, elle faisait partie des rares personnes que j'aimais. Du coup, en m'aidant à compléter ma mission, la Taii aurait un peu plus de louanges auprès de Gekido-sama, bien que je pense que ce dernier ne prête pas spécialement attention aux détails de la mission. Je doute même qu'il me pose la question du comment, mais dans tous les cas, j'aurai une réponse à lui fournir.
 
Après que mon amie eut violenté le plus réticent des abrutis du groupe, le suivant fut bien plus coopératif tandis que je restais, de mon côté, sur la précédente remarque de l'édenté. Je m'approchais donc de ce dernier et le fixait droit dans les yeux tout en l'attrapant au niveau du cou. Je n'ai pas besoin de prononcer le moindre mot et lui n'est pas spécialement disposé à en rajouter sur le moment, ce n'est qu'après une poignée de secondes, qu'interloqué par ma fixette sur ses yeux, qu'il prend la parole :
 
« T'as un problème ma jolie ? »
 
Pathétique. Je ne comprendrais jamais vraiment le fonctionnement des hommes, leur pseudo fierté les poussant à faire les malins alors que leur vie ne leur appartenait plus. Etait-il fou ou sur de lui, je n'en savais rien, d’autant qu’il ne pouvait pas voir mon visage. Je n'avais qu'une vague idée de ce à quoi il pouvait penser à l'instant, il me semblait évident qu'il ne rêvait là que d'un moyen de toutes nous tuer, ou de nous violer et nous tuer ensuite... Ou peut être de nous tuer et de nous violer ensuite, puisqu'il semblait sensiblement malade et que sa petite tête de débile mental avais un air furieusement désaxé. Pour ma part je ne répondais pas à la vermine, mais je préférais que cet abruti se taise, sinon je pouvais encore rapidement déraper, bien que je pense qu'Akimi ne prendrait pas la peine de m'arrêter si j'avais eu l'envie de le découper en petits cubes. A la place je fis chauffer ma peau, concentrant l'effet uniquement sur ma main. Il commença par hurler un peu mais avec la férocité de la brûlure ses cordes vocales furent bientôt inaptes à toutes vibrations supplémentaires. Je le faisais non pas parce qu'il le méritait après avoir dit tout ça mais bien parce que j'en avais envie, parce que je n'aimais pas les guignols dans son genre. La présence des samouraïs m'importait peu, ce qu'elles pourraient en penser encore plus, je n'étais pas là pour plaire aux guerrières du bataillon d'Akimi ou a la Taii elle-même, l'objectif de ma mission était très clair et me donnait plein pouvoirs sur la marche à suivre. Dans la situation présente, mon action n'eut pour effet que de renforcer l'effroi et la soumission des autres bandits, soucieux de ne pas subir le même sort. Chacun mesureraient le moindre de leur mot, sûrement par peur de subir le même sort ou pire. Je relâchais ma proie en la poussant légèrement, l'homme tomba lourdement au sol en couinant un baratin incompréhensible mêlé à des gémissements en lien avec la douleur.
 
Celui qui avait renseigné Akimi lui indiquait le bâtiment principal qui était à flanc de montagne, autant dire qu'il ne s'agissait au final que d'un gigantesque trou à rat avec une porte de fortune rafistolée par les moins boulets du groupe de bandits. Sans un mot j'avançais alors vers la porte, armes à la main, plantant mes deux lames dans le bois pourri que ces dernières transpercèrent sans sourciller. En tirant un peu plus, je décrochais aisément la planche de son socle lui aussi pourri pour la laisser tomber lourdement à mes pieds. Akimi juste derrière moi, qu'elle eut envie de dire quelque chose ou non, ne put commencer à parler, je la plaquais subitement sur le côté pour la sortir du champ de tir du fusil de l'enfoiré barricadé dans le bâtiment. Le coup de feu retentit, le projectile ne se fit pas entendre. Et c'était plutôt normal, puisqu'il m'était presque rentrée dedans, l'imprécision de l'arme à feu était telle que le bout de plomb m'avait arraché la surface de la peau au niveau des côtes droites, laissant une entaille dégueulasse de quatre ou cinq centimètres de long qui saignait pas mal. En réalité ça saignait beaucoup mais la plaie était superficielle, il avait du toucher un vaisseau sanguin situé au niveau du derme, ni plus ni moins. Il n'empêche que si je n'avais pas bougé à temps, j'aurai dégusté sévère et si j'avais bougé sans me soucier d'Akimi, je n'aurai certes rien eu mais c'est elle qui aurait subit ma précipitation. Cependant ce n'était peut être pas plus mal que je fasse tirer le voleur, ainsi devait-il prendre les cinq prochaines minutes pour recharger si tenté qu'il n'avait pas de deuxième arme chargée et prête à l'emploi. Le problème pour lui maintenant est que j'étais vraiment énervée. Akimi pouvait le sentir à ma respiration légèrement saccadée, vu que j'étais encore plus ou moins collée à elle, compte tenu du fait que l'angle mort de l'ouverture de la porte était assez petit, même pour nous deux qui étions plutôt sveltes. Les samouraïs étaient à couvert également, attendant les ordres de leur officier. Akimi pouvait faire ce qui lui semblait juste, mais elle n'avait pas plus d'informations sur l'armement de l'adversaire que ce qu'elle avait déjà pu entendre. Si l'homme possédait une panoplie d'armes à feu, il n'avait qu'une seule arme de déchargée et rien ne pourrait nous confirmer l'inverse, si ce n'est de jeter quelqu'un à la mort potentielle qui pouvait l'attendre.
 
« Je sais pas pour toi, mais là, tout de suite, j'ai pas spécialement envie d'essayer d'entrer... » Chuchotais-je à mon amie avec un air assez plaisantin.
 
L'idéal serait qu'Akimi puisse ordonner à ses samouraïs de balancer un prisonnier dans le bâtiment, mais le faire sans alerter l'homme était difficile. Peut être la Taii avait elle une solution pour remédier à ce problème.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Mar 10 Déc - 11:36

Sous-estimer un adversaire était une grave erreur et Akimi s'en voulut beaucoup de l'avoir commise. Bien qu'elle n'avait aucun contrôle sur l'équipement de leur ennemi, l'idée même qu'il possède une, ou plusieurs, armes à feu, ne lui était même pas venu à l'esprit. Les réflexes de Sakuya leur avait épargnées toutes les deux des blessures trop grave et, bien que la plaie de son amie paraissait assez impressionnante, Akimi, qui en savait long sur les blessures, avait très vite compris que la balle n'avait rien touché d'important et lui avait juste éraflé la peau sur une bonne distance.


Parant au plus urgent elle retourna vers le prisonnier qui avait déjà répondu favorablement à son précédent interrogatoire lui demandant s'il savait de combien d'armes à feu leur invité disposait, ce à quoi il fut malheureusement incapable de répondre, et s'il y avait une autre entrée. L'homme lui désigna l'extrémité d'une cheminée rudimentaire taillée dans le roc à quelques six mètres du sol et affirmant qu'à part la porte principale et les "fenêtres" à côté de celle-ci c'était la seule entrée possible.


S'approchant de son amie, Akimi lui demanda de s'assoir et de la laisser recoudre sa blessure. Son ton de voix, plutôt déplacé considérant qu'elle n'était qu'une Taii s'adressant à une Hatamoto, était clairement autoritaire et ne semblait souffrir d'aucune contestation possible. La rouquine appuya sa démarche en avançant le fait qu'en prenant leur temps elles pouvaient soit faire perdre patience à leur adversaire, soit lui faire baisser sa garde et que, comme il avait de toutes façons déjà eu le temps de recharger son arme, elles n'avaient rien à perdre.


Une fois Sakuya recousue, Akimi lui annonça qu'elles allaient passer par la cheminée pendant qu'une de ses guerrières allait effectuer une diversion à l'aide de l'un des prisonniers. À la surprise de la Hatamoto, Akimi la prit dans ses bras. Fermant les yeux quelques secondes et semblant se concentrer, la Taii déploya ses Ailes de feu et emporta Sakuya dans les airs. Les deux femmes arrivèrent bien vite à la hauteur de la cheminée et Akimi y déposa son amie.


"Passe en première, tu as bien plus l'habitude que moi de ce genre de choses, je vais donner le signal en bas et je te rejoins... au cas où."


Ne s'attardant pas plus, Akimi redescendit et donna, comme elle l'avait dit, le signal à sa subordonnée avant de remonter à la hauteur de la cheminée à l'intérieur de laquelle son amie avait déjà disparu. En bas, celle des samouraï à avoir été désignée empoigna fermement le plus récalcitrant des prisonniers, rendu à moitié muet par les bons traitement de Sakuya, et se dirigea vers la porte du bâtiment principal, se servant de l'homme comme d'un bouclier humain. Son objectif était très simple : attirer l'attention de l'homme à l'intérieur, elle pouvait pour cela lui parler, le menacer, et se servir du prisonnier comme bon lui semblait afin de laisser la possibilité à Sakuya de s'approcher le plus possible sans être repérée.


Dernière édition par Hongo Akimi le Ven 20 Déc - 14:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Jeu 19 Déc - 18:25

C'était tout au plus une vilaine éraflure, rien de grave. Pourtant Akimi mettait un point d'honneur à vouloir recoudre la plaie. Je ne prêtais pas attention la première fois mais je me rendais vite compte que la Taii devenait facilement autoritaire, même envers ceux qu'elle ne pouvait commander. Dans mon cas, le simple fait qu'elle hausse le ton pouvait lui couter cher à cause de nos différences de rang, mais j'aurai été la dernière des abruties si j'avais refusé à Akimi de me soigner et lui reprocher d'être inquiète pour ma blessure n'était pas d'actualité. Je devais cependant avouer qu'elle était très probablement la seule femme au monde qui soit apte à m'imposer ainsi ses décisions, Akane avait été ma supérieure directe et pourtant je ne lu avait jamais vraiment obéi, sauf lorsque cela concernait Gekido-sama. Akimi avait moitié moins de galons qu'Akane mais je la respectais déjà bien plus. En fait, je crois qu'Akimi était, à l'heure actuelle, la seule personne que je respectais réellement au monde, en excluant bien sur de cette liste Gekido-sama puisqu'il n'était pas question que de simple respect mais également d'une dévotion inébranlable.
Je me laissais alors faire, une plaie qui ne saignait plus était une plaie peu handicapante. De plus les arguments avancés par Akimi n'étaient que trop vrais, lui faire perdre patience, le rendre paranoïaque lui ferait faire des erreurs et de toute manière, son arme était déjà rechargée à présent, d'autant qu'il en avait peut être d'autres.

Une fois rafistolée par les bons soins de la samouraï, elle m'annonce simplement que nous allions passer par le toit du bâtiment. Mon air sceptique ne se voit pas vraiment avec mon masque mais je pense qu'elle l'avait compris, cependant elle me surprend une fois de plus en m'attrapant dans ses bras pour nous emmener au sommet du bâtiment. Creusé à même la roche, la cheminée était assez large pour que je puisse m'y glisser et par chance, aucun feu n'allait m'intoxiquer lors de la descente. Je comprenais rapidement la stratégie qu'elle allait mettre en place, similaire à celle que j'avais moi-même imaginée à quelques détails près. Utiliser un prisonnier comme bouclier humain pour obliger le planqué à gaspiller ses balles et perdre le temps de rechargement était astucieux et de loin de qui marcherait le mieux. A peine Akimi avait-elle redescendu que je m’engouffrais déjà dans la cheminée silencieusement, prenant garde à ce que mes armes ne raclent pas la pierre et ne vendent ma position. J'arrivais bien vite en bas et j'entendais sacrément bien ce qui se passait dehors, la grotte était un amplificateur sonore naturel extrêmement problématique dans notre cas. Furtivement toujours, je profitais de l'obscurité de la pièce pour me faufiler sur les côtés, jusqu'à y voir notre homme, jeune et visiblement a cran. Il avait tendance à trembler comme une feuille, sachant qu'il était pris au piège il ne pouvait pas faire autre chose en même temps. J'en rigolais intérieurement, me faufilant dans un des recoins les plus propices pour faire écho, je murmurais avec un air sadique :

« Tu es perdu... Piégé... »

L'écho m'aurait presque fait éclater de rire, me retenir était difficile mais observer sa réaction était absolument énorme. Alimenter ainsi la paranoïa du jeune homme le pousserait plus aisément à vider ses deux armes sur celui qui entrerait. Peut être même qu'il oserait utiliser le tanegashima situé derrière lui également. Alors qu'il avançait vers la source de l'écho, je me déplaçais pour me mettre à l'opposé de lui et recommencer a murmurer.

« Mourir... Tu vas mourir... » Avec une voix bien plus agressive.

Prit de panique, il coucha la grande table sur la côté pour s'abriter derrière, gardant ses armes près de lui et tenant la porte en joue. Je n'avais plus qu’à attendre, même si je trouvais le moyen de me placer derrière lui, prête à lui sauter dessus dés qu'il aurait ouvert le feu.
J'entendais les pas approcher, probable la samouraï avec le prisonnier qui arrivaient. Il mit instantanément l'ouverture en joue avec deux pistolets. Il tira sans réfléchir pour abattre le prisonnier que le samouraï laissa tomber, dégainant son katana pour entrer également dans la pièce. L'homme poussa la table d'un violent coup de pied, la calant en plein dans les pattes de la soldate, il eut le temps de prendre son fusil mais je l'interrompais avant qu'il n'ouvre le feu sur la pauvre femme. En lui tombant dessus, je déviais le canon et le coup ne partit pas, mais il avait plus de force que je ne l'imaginais, il me repoussa assez facilement mais je revenais assez vite pour l'empêcher de m'aligner avec sa saleté d'arme. Lors de l'échange il parvint à me mettre un coup de crosse au visage, brisant la partie supérieure droite de mon masque. L'argile de ce dernier, en se brisant, m'ouvrit l'arcade sourcilière ce qui ne manqua pas de m'aveugler la moitié du champ de vision l'espace d'un instant.
Ce genre de blessures pouvaient paraitre impressionnantes vu la quantité de sang qui coulait, mais au final ce n'était qu'une petite entaille superficielle, elle représentait un gros handicap pour un combattant car le sang venait obscurcir la vue au moment les moins opportuns. Avec l'un de mes yeux à découvert, il comprit bien vite l'erreur qu'il venait de faire, rares étaient les personnes qui avaient pu lire la haine dans mon regard. En réalité ceux qui l'avaient vue étaient toutes mortes de manières plus ou moins amusantes.

Akimi ne tarda pas à débarquer elle aussi, le bruit des coups de feu l'avaient probablement pressée dans sa démarche à présent. Je n'avais pas dégainé mes armes, trop peu d'espace disponible pour des mouvements amples, j'imaginais alors qu'Akimi ne pourrait pas non plus manier son naginata dans un espace aussi restreint. C'était déjà tout juste pour un fusil après tout. La mêlée continuait son cours, j'empêchais toujours l'homme de tirer pendant que la samouraï dégageait l'entrée pour ses comparses, la table fut remise sur pieds et poussée, je profitais de l'occasion pour repousser une nouvelle fois le canon de l'arme en reculant, me laissant glisser sur le mobilier pour le pousser à mon tour en direction de l'homme qui en perdit le souffle, plaqué contre le mur. Il trouva cependant la force de me mettre encore en joue, la situation se répétait. J'étais le rempart qui empêcherait les samouraïs de se faire shooter comme des lapins. Mais j'étais toujours trop proche pour lui, parvenant à dévier une nouvelle fois le canon, mais trop peu pour empêcher le coup de feu de partir droit au niveau de mon épaule, la sale éraflure que le coup laissait de nouveau m'arracha un cri sec. Cela faisait deux fois qu'il me tirait dessus et deux fois qu'il me touchait, j'en faisais une affaire personnelle. Parmi toutes les armes qui traînaient encore ici, je prenais un pistolet à mon tour, chargé avec un peu trop de poudre d'ailleurs, que j'enfonçais dans sa gorge avant d'appuyer sur la détente. Comme c'était prévisible, le bout du canon explosa, lui arrachant par la même occasion tout le bas de la tête dans l'affaire dans une volée de sang et de morceaux divers. Le reste du corps resta sur place, inerte tandis que je retirais ma main avec le reste de l'arme. J'étais brûlée légèrement par la déflagration, le dessus de la main en avait pâti mais je m'en sortais plutôt bien, retirant mon masque pour constater l'étendue des dégâts, mon favori était brisé partiellement et maculé de sang, un vrai gâchis.

« C'était mon masque préféré... » Concluais-je en soupirant, tandis que les samouraïs commençaient déjà à explorer l'étendue de la pièce et les quelques renfoncements de la galerie.

Je me retournais pour voir Akimi, l'air assez neutre, consciente que je venais de sauver l'une de ses soldates mais que je m'étais encore faite charcuter au passage, je m'attendais à ce qu'elle me fasse une remarque sur mon comportement, après tout la Taii avait bien compris que je ne lui tiendrais pas rigueur des remarques qu'elle me ferait...
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Ven 20 Déc - 15:29

L'intérieur du "bâtiment" était bien plus exigu qu'Akimi ne l'aurait pensé, et cela représentait un vrai problème pour se battre efficacement, et avantageait fortement leur adversaire. Le combat fut bref mais d'une extrême violence. Sakuya fut blessée par deux fois avant de parvenir à retourner l'une des armes à feu de son adversaire contre lui, lui explosant littéralement la mâchoire. N'ayant pas la place d'intervenir, Akimi observait, impuissante, la scène tout en enjoignant ses guerrières qui étaient entrée à se mettre à couvert. La Taii avait bien compris que son amie avait agit aussi tôt pour protéger ses combattantes et elle l'en remerciait intérieurement, espérant sincèrement que son altruisme n'allait pas lui faire plus de mal encore. Une fois leur adversaire vaincu, Akimi se précipita vers l'Hatamoto.


"- C'était mon masque préféré...
- Je connais un artisan très doué à Boya, je t'en offrirai un autre pour te remercier.... et pour que tu ne m'oublie pas."



Tandis que la rouquine tirait doucement son amie par le bras pour la mener dehors, à la lumière, un léger sourire illumina l'espace d'un instant son visage sévère d'officier. La Taii était soulagée que tout ce soit bien passé, et que ni son amie ni aucune de ses subordonnées ne soit en danger de mort. Dès qu'elle furent dehors toutes les deux, Akimi fit assoir son amie et se pencha sur elle afin de soigner ses blessures. Elle s'occupa tout d'abord de son arcade, nettoyant la plaie avec un peu d'eau, retirant les éclats d'argile coincés à l'intérieur, et la bandant finalement. Ses connaissances en premiers secours, qu'elle avait acquise très jeune au temple à Hibana, lui avaient servi durant toute sa carrière militaire et avaient déjà sauvé la vie de nombreux soldats, hommes ou femmes, et éviter une infection ou la gangrène à une multitude d'autres. Akimi dénuda ensuite l'épaule de son amie afin de pouvoir retirer la balle qui s'était coincée contre un os à l'intérieur. Donnant à Sakuya un morceau de bois à mordre, la Taii fouilla la plaie à l'aide d'une petite pince et arracha finalement le morceau de métal. Satisfaite, elle nettoya ensuite la blessure des morceaux de tissu qui l'encombraient et appliqua une pâte à base de plante avant de bander l'épaule de l'Hatamoto.


"Voilà, maintenant fait ce que tu as à faire à l'intérieur, nous repartirons quand tu auras terminé."


Laissant son amie à sa mission secrète, Akimi demanda à ses troupes de rassembler au centre du campement le matériel et les biens divers des bandits pour les faire transporter à leurs chevaux. Les quelques prisonniers, uniquement des femmes et des enfants, furent également mis à contribution pour aider à transporter une petite partie du matériel. Dès que Sakuya en aurait terminé avec sa tâche, tout le monde serait prêt à rentrer à Boya et l'on pourrait clore définitivement l'histoire de cette bande de malfrats.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Ven 10 Jan - 18:31

C'était fini, enfin presque. J'avais rempli quasiment tous les pré requis de ma mission, il me manquait simplement l'objet que mon seigneur m'avait demandé. Mais avec toute forme de menace écartée, je pouvais m'atteler à ma chasse au trésor simplement. Il me faudrait sans doute un peu plus de temps pour retrouver l'objet que Gekido-sama m'avait demandé, surtout avec le bordel qui régnait en maître dans la pièce maintenant. Et d'autant plus chiant que de chercher quelque chose avec le sang qui venait gêner mon œil de manière intempestive, je n'étais pas vraiment habituée à me fier à une vue réduite par quelque chose. M'enfin je pouvais surtout commencer à souffler un peu, personne n'était sérieusement blessé, bien qu'il me faudrait probablement un peu de repos après ça. Une balle dans l'épaule c'était relativement galère, réduisant les mouvements du bras, perdant en précision et en impact... J'allais également devoir soigner mon entraînement pour récupérer tout ça. Akimi n'avait pas caché une certaine frustration d'avoir été réduite à l'observation dans ce combat, mais les conditions n'auraient pas jouées en sa faveur, surtout pas avec l'agilité de l'autre salopard et de ses armes à la con. Au final j'étais surtout soulagée d'être la seule blessée, bien que ça me laisse un vague sentiment amer.

Finalement Akimi prends la parole qui me tire un sourire avec un rire léger. Je savais qu'elle le disait sincèrement et avec sérieux, mais cette petite phrase avait le don de détendre l'atmosphère. Elle m'incitait à sortir un instant, je me doutais qu'elle allait s'empresser de jeter un œil a mes blessures et probablement souffler un coup elle aussi. L'opération que nous venions de mener aurait pu avoir un bilan dramatique pour le bataillon de samouraïs, par chance on avait réussi à éviter le pire et ça serait encore un bon point dans le dossier militaire de la Taii. Ça serait également un poids de moins sur son esprit, j'avais bien compris que le fait d'avoir un blessé était pour elle beaucoup de soucis, Akimi avait beau être un leader autoritaire et d'apparence sévère, elle restait deux millions de fois plus douce et fragile que moi. Divergences d'éducation, sans doute, j'avais très vite appris à faire abstraction de toute forme de sentiment lorsque je travaillais, des sentiments pourtant très simples. On m'avait vite enseigné à regarder mourir un partenaire en mission s'il faisait une erreur tactique, même s'il nous implorait du regard de venir le secourir. Chose qu'un samouraï ne ferait probablement pas, ou très rarement, C'était là toute la différence entre le bushido et le ninpo : l'entraide.
Un bon ninja était capable de mener sa mission à terme même si tout son groupe était décimé, il devait mourir pour s'approcher au mieux de son objectif s'il ne pouvait terminer sa mission. Les samouraïs qui ne mourraient pas en mission pouvaient éventuellement faire seppuku, la finalité était la même si ce n'est qu'ils mourraient pour racheter quelque chose qui leur était propre : l'honneur.
 
La lumière extérieur m'agressait assez méchamment les yeux, je m'habituais facilement aux endroits sombres mais l'inverse était une autre paire de manches. Je pouvais cependant voir Akimi arborer un léger sourire en regardant le ciel tandis que moi je gardais le regard un peu plus bas, gênée par la luminosité. Le jour et la nuit, voilà ce que nous étions Akimi et moi, pourtant il semblait assez évident que nous étions également le parfait duo dans les situations à affronter, chacune comblant les faiblesses de l'autre à la manière d'un cycle. La comparaison prêtait à sourire et je savais d'autant plus qu'a Setsu, j'étais peut être la dernière personne du clan que les gens pourraient imaginer voir travailler en tandem. Je laissais Akimi me soumettre à un nouveau diagnostic médical, pendant qu'elle prenait soin de moi comme personne jusqu'à présent ne l'avait fait, je prenais le temps de penser à bien des choses. Je n'avais par exemple jamais trop su m'expliquer le pourquoi du comment nous avions fini par nous entendre toutes les deux. Tout s'était joué sur peu de choses après tout, venue me féliciter en personne pour ma nomination de manière très formelle, je me souvenais qu'au moment j'étais également d'excellente humeur, chose qui avait très surement facilité la prise de contact. Je me demandais d'ailleurs maintenant comment notre rencontre aurait pu tourner si j'avais été dans des dispositions différentes : Peut être que nous ne nous serions jamais entendues, jamais parlées ou peut être que nous serions un genre de rivales, un peu comme Akane et moi. C'était perturbant parce qu'au final, Akimi était la seule femme dont la vie avait de la valeur à mes yeux, je n'aurais probablement pas essayé d'écarter quelqu'un d'autre de l'encadrement de la porte un peu plus tôt, n'importe quel autre samouraï aurait pu prendre la balle à ma place que j'en aurai rien eu à cirer. Pourtant Akimi, elle était spéciale et plus je tentais de réfléchir au « pourquoi ? » moins j'avais la sensation de trouver une réponse. Peut être sa façon d'être qui était sensiblement différente de ce que j'avais toujours connu, beaucoup de gens ne connaissaient d'Akimi que son sérieux et sa sévérité, ce n'était pas mon cas, je savais la douceur et la gentillesse qu'elle dissimulait sous sa casquette d'officier, au final je pouvais dire que je la connaissais mieux que beaucoup d'autres, peut être était-ce la profondeur de notre lien qui entrait le plus en ligne de compte. En y repensant, c'est en me liant avec elle que j'avais commencé à enfreindre tous les enseignements que j'avais reçu de mes frères : Avoir quelqu'un qui compte à nos yeux, c'était quelque chose qui était mal vu chez les ninjas dans la mesure où cela commençait à se sentir sur nos performances.
 
Enfin je cessais d'y penser alors qu'elle finissait  de bander ma blessure à l'épaule, j'avais eu une certaine chance, si on pouvais le dire ainsi, que la balle passe trop bas pour toucher la clavicule et trop haut pour toucher un point sensible. Mais qu'elle se loge contre l'omoplate était en soi très inconfortable. Akimi m'indiquait simplement qu'elle avait fini, je la remerciais d'un signe de tête avant de retourner dans le bâtiment pour récupérer ce que j'étais venue chercher. Compte tenu du nombre d'armes entreposées dans le renfoncement, il me fallu un certain temps pour reconnaître avec difficultés ce que j'étais venu chercher. Enveloppant la lame dans un tissu propre et d'assez bonne qualité, je ressortais avec un peu plus de difficultés, la tête tournant légèrement. J'avais perdu trop de sang, l'utilisation de mes capacités n'aidait en rien à mes maux, je prenais appui un instant sur le mur en soupirant longuement, forcée de constater que ma main tremblait, probablement à cause du choc que mon corps avait subit. C'était pas le moment de tomber dans les vapes, à part me faire perdre du temps et inquiéter pour rien Akimi, cela ne m'apporterait rien. En forçant un peu plus, j'arrivais a rejoindre le groupe de soldats et de villageois qui avaient pris le temps qu'il fallait pour charger tout ce qui était récupérable dans un chariot, ce qui incluait plusieurs armes à feu assez bien entretenues, diverses lames, quelques richesses, de la nourriture et des biens divers de bonne qualité tels que des textiles. Beaucoup de choses qui avaient été pillées suite aux raids des bandits et qui maintenant reviendrait en partie à leurs propriétaires. Les armes finiraient surement dans une armurerie au fond d'une caserne, le temps d'être détruites ou réintégrées pour les samouraïs. Quant à moi, il fallait que je rentre à Moe pour restituer à Gekido-sama la lame issue de la collection de son père. La mission aura été plus courte que prévue, j'imaginais bien qu'il serait satisfait que tout ait été réglé dans des délais si brefs.

Le chemin du retour fut pourtant délicat à cause du chemin restreint qui ralentissait le convoi, je préférais éviter de marcher, surtout que mes blessures m'avaient légèrement affaiblie en plus du contrecoup de l'action. Je m'étais installée sur le chariot qui ramenait le butin des voleurs à la ville, quelques samouraïs marchant autour du convoi également, au cas où une bande rivale surgirait pour nous attaquer également. Le temps semble passer lentement, trop lentement à mon goût mais, faute de mieux, je ne me plaignais pas, d'autant que je pouvais profiter du chemin pour récupérer un peu. Mes plaies avaient été efficacement traitées mais cela ne m'empêchait pas de ressentir la fatigue, j'avais conscience qu'aujourd'hui, j'avais été plus imprudente que jamais, pour une raison qui ne me collait pas et qui pourtant était véridique : J'avais voulu protéger ma seule et unique amie.
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Souteigai

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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi] Mar 25 Mar - 0:50

Dû à l'absence des deux joueuses, le sujet est mis en attente.
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MessageSujet: Re: Justice ardente [PV' Hongo Akimi]

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