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 Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido)

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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Ven 6 Sep - 12:40

Partie en mission de reconnaissance depuis plusieurs jours, je suis bien contente de rentrer à Setsu pour faire une pause et mon rapport. Avant de retourner à la capitale, je prends le temps d’un détour à Boya, détour relativement habituel lorsque je reviens de longs voyages. Malgré le monde, les sources chaudes me revigorent et me permettent réellement de faire le plein d’énergie. Il m’arrive souvent de méditer dans ces lieux mais je n’ai encore jamais trouvé de réponse à ma vie si vide de sens. J’ai réussi à prendre la place de Bykuya il y a huit ans mais qu’ai-je gagné en retour ? Faire l’inventaire du gratifiant de l’histoire me rassure parfois : j’aime enseigner, former les plus jeunes et, malgré que j’aie encore quelques difficultés à adopter certaines stratégie, je m’y fais progressivement en m’entourant de bonnes personnes.

Malheureusement, il m’arrive de penser aux pertes, également. Les premiers temps ont été tellement durs, surtout à cause de l’absence de mon tyran. Je l’ai aimé encore longtemps, même après lui avoir retiré la vie. L’enquête à Honoo a pris du temps, beaucoup de temps et le village a également commencé à me manquer. La vie à Moe est bien différente d’une vie en pleine nature, où chacun fait partie de la même famille, où tout le monde se dit bonjour. Devenir anonyme m’a donné de l’assurance et m’a permis d’évoluer tout en gagnant en liberté. Cependant, j’ai rapidement appris ce qu’était la solitude. Les quelques hommes que j’ai pu séduire sont morts à l’heure qu’il est car je ne sais utiliser mes charmes que dans le cadre de missions bien orchestrées. Je ne crois plus tellement en l’homme idéal, de toute manière.

Mon père était loin de l’être. Gouverner par la peur, par la destruction était sa seule manière de fonctionner. Bien sûr, grâce à cela, il a édifié ce magnifique château où j’ai passé mon enfance et il a rallié énormément de gens à sa cause. Mais peu l’ont respecté... Byakuya a même organisé son assassinat et celui de mon frère. Gekido a grandi, est devenu la copie conforme de mon père à quelques détails près. Je ne sais toujours pas ce qu’il peut penser. Il m’énerve parfois profondément avec son air dédaigneux, à ne donner que des ordres sans jamais compatir. C’est pourtant lui qui m’a nommés Jônin et qui, malgré tout, a gardé le seul et unique secret douloureux que je lui ai confié. Maintes fois, alors que je m’opposais à lui, il aurait pu dire devant toute l’assistance que sa sœur avait été souillée par l’ancien Jônin et que c’était elle-même qui l’avait tué de ses mains.

Il n’en fit rien... et voilà même qu’aujourd’hui, alors que je devais de toute façon le voir pour lui faire mon rapport, il m’invite cordialement à partager un repas avec lui. Les derniers souvenirs d’un repas seul à seule avec mon frère remontent bien loin. Je ne sais même pas si en huit ans de service, j’ai pu échanger des paroles non formelles avec lui, non centrées sur les missions et les traîtres qui rôdent à Setsu. Je mets régulièrement les pieds au château Nikkou pour affaires : comme Gekido connaît mon identité, les rapports sont plus naturels. Il connaît même les trois... mais n’aime pas tellement celle de Mononoke car il sait que sa sœur masquée n’est pas la même que la Jônin et que c’est cette première qui lui désobéis le plus souvent. Là encore, malgré tout, il ne dit rien et me laisse la plupart du temps agir comme bon me semble.

Le crépuscule est avancé lorsque je monte les nombreux étages du château, me demandant pourquoi mon frère n’a pas voulu manger en bas et si ce n’est pas juste pour m’ennuyer. J’arrive finalement dans l’une des nombreuses salles à manger ; c’était souvent dans celle-ci que nous mangions avec notre père, d’ailleurs. L’endroit n’a pas changé et est toujours aussi bien entretenu. Gekido est assis en bout de table, comme tout chef qui se respecte et, sans hésiter longtemps, je choisis la place la plus proche de lui. Essoufflée, je m’affale sur la chaise, soupirant profondément.

- Quelle idée de monter jusqu’ici pour manger, Gekido ! dis-je sans retenue.

Une fois remise (il me faut peu de temps), je m’assois enfin correctement et, au fur et à mesure des plats arrivant sur l’immense table en bois massif et des gargouillements de mon ventre bien vide, je finis par m’adresser plus correctement.

- Merci pour l’invitation, ça faisait bien longtemps que nous n’avions plus rien partagé. Mais je suis quand même curieuse... en quel honneur puis-je partager ta table, mon cher frère ?

Je ne sais pas quelle tournure prendra la discussion mais je suis bien contente d’être ici. Malgré mes mauvais souvenirs et notre éloignement progressif, il reste un homme que je respecte... peut-être même le seul actuellement, simplement pour tout ce qu’il a pu me donner.


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Setsu Gekido

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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Dim 27 Oct - 17:15

« ...Ce sera fait, Setsu-sama »

La jeune femme, presque tremblante, s'inclina précipitamment et s'en alla tout aussi vite. En aurait-elle eu l'occasion, elle se serait enfuie en courant. Les quelques mots échangés avec son Seigneur ne l'avaient pas laissée indifférente. Il faut dire qu'elle venait de se faire remonter les bretelles sans avoir été ménagée une seconde.
Tout avait commencé par la balade de Gekido dans les jardins du château, chose qu'il faisait presque tous les jours. Il se plaisait à laisser son regard aller des pruniers à l'étang en passant par tous les autres arbres, buissons, plantes et fleurs qui étaient cultivés et entretenus ici. Malgré sa propension à la violence, le Daimyo avait tout de même un certain penchant pour l'esthétisme. Ainsi, il aimait ces lieux et les voir mal entretenus, comme aujourd'hui, avait tendance à l'agacer : voilà des semaines qu'un des cerisiers se mourait à force d'être parasité. Voilà des années qu'il était là, au centre de tout. Planté sous le règne d'Ichigo avant même la naissance de ses enfants, il était l'une des pièces maîtresses du jardin et de ce fait, le Seigneur aurait préféré pouvoir le garder en vie. Or, les jardiniers montraient toute l'étendue de leur incompétence, comme la situation s'aggravait de jour en jour. Il le leur avait déjà fait remarquer, et si ceux-ci assuraient avoir la situation bien en main, force était de constater que l'arbre dépérissait de plus en plus.
Et dire que ces gens avaient la réputation d'être les meilleurs jardiniers et paysagistes de la nation. Autant dire que Gekido commençait sérieusement à mettre en doute ces affirmations. D'aucuns trouvaient étrange l'attachement du Daimyo à ces jardins mais s'il était souvent dépeint comme étant un tyran sanguinaire, il portait toutefois un certain intérêt à la beauté des choses. L'étiquette dont on l'affublait, à savoir celle d'un barbare rustre et violent ne traduisait pas totalement la vérité, même s'il était loin d'être un saint homme.

Bref, il ne pouvait plus faire grand chose à ce sujet, ce serait aux jardiniers de s'occuper de la suite. Autant dire qu'ils avaient tout intérêt à le faire s'ils tenaient à conserver leurs postes ; des gens avec un minimum de compétences, cela se trouvait partout ou presque. Les remplacer ne prendrait pas longtemps. Quittant les jardins, Gekido regagna le château. Le temps avait passé et il n'en avait plus beaucoup pour rejoindre la salle à manger située dans les derniers étages du bâtiment. Ce soir, il avait invité Akane à partager un moment avec lui le temps d'un repas. Sa sœur rentrant de mission aujourd'hui, le moment était plutôt bien choisi.
Cette aile était presque entièrement réservée à sa royale personne. Elle n'était pas libre d'accès et mis à part quelques serviteurs et les invités, nul n'était autorisé à circuler dans ces couloirs-ci. Il dînait donc ici quand il désirait manger seul – ce qui arrivait à peu près tous les jours – mais la salle étant bien à l'abri des oreilles indiscrètes, elle convenait également lorsque le Daimyo souhaitait discuter tranquillement. Le brun s'assit en bout de table, place qui lui revenait de droit, et patienta. S'il avait pensé être en retard, il constatait que sa cadette n'était pas en avance et se faisait attendre.
Les minutes s'écoulant, celle-ci finit par montrer le bout de son nez. Essoufflée, les joues un peu rougies par l'effort d'avoir grimpé les marches quatre à quatre, Akane était finalement arrivée. Elle s'affala sans aucune grâce sur la chaise à droite de son aîné, sa respiration rapide troublant le calme qui jusque-là avait régné dans la pièce.


« Tu n'auras qu'à dîner à l'arrière de la cuisine, la prochaine fois, avec les serviteurs »
répondit-il sans sourciller.

Il appréciait peu le fait qu'elle commence déjà à se plaindre mais soit, Akane qui ne râlait pas lui semblait difficile à imaginer. Elle était ainsi et le Seigneur avait appris à vivre avec. Cette dernière finit par retrouver son calme et se décida enfin à s'asseoir correctement, comme les premiers plats arrivaient. Des mets tous plus succulents les uns que les autres furent disposés sur la table et, le temps que les garçons de cuisine quittent la salle, ils purent commencer le repas.

« Ai-je vraiment besoin de justifier mon invitation, Akane ? » lui demanda-t-il, jugeant sa question absurde, « Je ne pense pas que cela soit étrange qu'un Daimyo convie son Jounin à sa table, encore moins lorsqu'il s'agit de sa sœur. »

Akane pourrait remarquer qu'il s'était référé à elle d'abord comme son Jounin et ensuite comme sa cadette mais peut-être était-ce involontaire. Après tout, l'homme se sentait fatigué aujourd'hui. Il avala une première bouchée avant de s'adresser de nouveau à elle :


« Et sinon,  cette mission de reconnaissance, comment s'est-elle déroulée ? »


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Dernière édition par Setsu Gekido le Mar 29 Oct - 22:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Mar 29 Oct - 10:03

« Tu n'auras qu'à dîner à l'arrière de la cuisine, la prochaine fois, avec les serviteurs »

Je m’attendais à un peu plus de charme pour ce moment peu formel...

* Les serviteurs sont au moins sympathiques ! * ai-je envie de lui dire. Mais je me contente de le penser en soupirant pour éviter de partir fâchée.

« Ai-je vraiment besoin de justifier mon invitation, Akane ? Je ne pense pas que cela soit étrange qu'un Daimyo convie son Jounin à sa table, encore moins lorsqu'il s'agit de sa sœur. »

Ainsi me considérait-il en premier lieu par ma fonction et non par nos liens du sang... Avec le temps, j’ai appris à me contenter de très peu d’affection, surtout de sa part et j’arrive quand même à me sentir satisfaite qu’il me désigne encore en tant que sœur.  Même si j’ai encore beaucoup de peine à comprendre ce qu’il voit en moi en tant que tel, puisque nous n’échangeons pas grand-chose, mis à part les rapports réguliers que je lui fais.

Avant de répondre à sa question suivante, j’observe rapidement Gekido, chose que j’ai rarement l’occasion de faire. Posé, sûr de lui, chaque geste qu’il effectue pour manger, même un simple clignement de ses yeux, semble contrôlé de A à Z. Pas un pet de travers, pas une mèche qui dépasse, pas un pli sur ses vêtements. Cela lui enlèverait presque du charme... naturellement gâté par la nature, je sais que mon frère dispose comme il veut des femmes à sa disposition et, même s’il n’avait pas été choisi par la Kannushi, je pense qu’il aurait pu arriver haut dans la hiérarchie militaire. J’avale moi aussi quelques bouchées des délicieux plats qui nous sont servis ; il est rare que je mange si bien et j’en profite au point de ne pas faire attention à mes manières. Mon frère semblant agacé et impatienté par mon manque de réponse, je finis de mâcher et lui répond enfin.

- La mission s’est bien passée. Il n’y a pas de mouvement dans les troupes ennemies ; ni de pertes, ni de réel gain, les récents jeunes Samouraï nommés étant si incompétents que leur élimination sera rapide. Les Taii semblent fatigués mais les Taisa sont aux aguets. J’ai l’impression qu’ils ménageront leurs troupes ces prochaines semaines afin d’être d’aplomb pour une éventuelle attaque.

Mon regard se perd dans le vide lorsque je dicte mot pour mot ce que j’ai préparé. Mes yeux s’arrêtent alors sur un pendentif que Gekido porte presque tous les jours. Un bijou que notre père affectionnait particulièrement. Je pense alors entamer une toute autre discussion... les mots que j’utiliserai provoqueront probablement une énième dispute mais ma curiosité dépasse parfois l’entendement. J’avale encore quelques légumes, un peu de viande et du riz, pendant que mon frère me dit ce qu’il pense de mes précédentes paroles et, sans répondre en retour, j’entame un monologue risqué.

- Je me demande souvent quand le fossé s’est le plus agrandit entre nous... est-ce dès ma naissance, parce que je t’ai enlevé ta mère lorsqu’elle m’a donné la vie ? Je me rappelle pourtant de tendresse, de moments de curiosité que tu avais à mon égard, de questions que tu posais aux femmes qui s’occupaient de moi. Je me rappelle de moments où nous jouions à cache-cache, où nous cherchions des insectes dans les jardins du château... Je me rappelle aussi de moments où Père t’appelait sévèrement pour te gronder d’avoir joué avec la vermine que j’étais. Mais je me rappelle de ces tout derniers moments où, lorsqu’on me traitait de fille indigne, tu disais que j’étais une Setsu et qu’on ne manquait pas de respect à un membre de notre famille.

Puis tout a disparu. Tu as disparu, complètement, derrière ce géant qu’était Ichigo. Moi aussi, je me suis effacée, j’ai trouvé un homme qui me reconnaissait... je le pensais, du moins. J’ai fait mes preuves mais, lorsque Père a été assassiné, tu n’as plus vu personne car on ne se comprenait déjà plus. Je n’aimais pas cet homme qui ne m’a jamais aimé et tu es devenu comme lui. Pourtant tu m’appelles « sœur », tu m’as nommé Jônin et, même si j’en ignore les motifs exacts, tu as reconnu mon talent pour remplacer le traître qui a failli attenter à ta vie.

Il m’arrive de penser que les choses auraient pu être différentes, Gekido... tellement différentes. Mais rien n’a marché comme il faut... J’ai eu mal pendant toutes ces années et j’ai encore le cœur serré de te voir assis devant moi, m’invitant à partager un moment avec toi. Est-ce que tu y gagnes quelque chose ? Ma présence t’est-elle juste utile ou plus ou moins agréable ? Reste-t-il des bribes de souvenirs heureux dans ton esprit de dirigeant, assoiffé de pouvoir et de destruction ? T’ai-je manqué au détour d’un chemin ? Aurais-tu voulu un autre genre de soutien ?


J’ignore comment il réagira mais je manque de lui poser encore une question : suis-je encore considérée comme une personne ou ne suis-je plus qu’un pion sur son énorme échiquier de guerre ?


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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Mar 11 Fév - 11:32

Le Seigneur continuait de se restaurer alors que sa sœur parlait. Il était plutôt content des nouvelles qu'elle lui apportait. Il hocha la tête à ses dires, satisfait. Puis un silence se laissa couler entre le frère et la sœur. Elle l'observait, il le savait, il le sentait. Cela ne sembla pas le perturber plus que cela. Elle avait arrêté de manger. Le fil de ses pensées l'avait perdue. Puis elle reprit la parole. Comme si elle avait absolument besoin de vider son sac. Elle en revenait à cet éternel sujet sur lequel elle semblait toujours avoir quelque chose à dire sans ne jamais rien apporter de nouveau... Quel fossé ? Il avait toujours existé. Creusé par leur père. Bien sûr, ayant été un petit garçon, il ne comprenait pas la haine qu'on a pu voué à une naissance. Elle avait tué leur mère... Non, pas vraiment, mais tout le monde avait implanté cette idée au fond de leur esprit et c'est ce qu'on avait essayé de lui faire croire aussi, quand il pense. Mais il n'avait pas cessé prendre sa défense. Pourquoi ? Parce que malgré tout il était son aîné. Ils pouvaient tous penser ce qu'ils voulaient, elle était et sera toujours une Setsu. Ils devaient donc la traiter comme tel. Les souvenirs qu'elle évoqua lui firent fermer les yeux. Autant d'agacement que de nostalgie. Il était son Daimyo désormais.

Rien n'avait vraiment disparu. Il était toujours son frère. Heureusement ou malheureusement. Mais il était vrai que la mort de son père l'avait plus affecté que ce qu'il voulait bien l'entendre dire. Gekido ne savait pas si les mots d'Akane pouvaient encore le blesser. Si sa propre sœur n'aimait pas son père et qu'elle disait qu'il était devenu comme lui, il y avait de forte chance pour qu'elle ne l'aime pas non plus. Et quoi ? Cela devait affecter le souverain ? Il la regarda un moment, sans rien dire, puis il la laissa à son délire. Préférant ne pas trop la couper dans son discours qui semblait lui tenir à cœur. N'était-ce pas non plus le devoir d'un chef, écouter les autres parler de ce qui, à leurs yeux, n'allait pas ? Il l'appellait "sœur" parce que c'est ce qu'elle était. On nommait "un chien" un chien et "un chat" un chat. Personne ne pouvait lui en vouloir pour un mot, si ? Oui, il avait fait de sa sœur sa Jônin. Parce qu'il la savait douée et loyale. Alors pourquoi se priver de quelqu'un qui a du potentiel dans son domaine. Avec elle, il n'y avait que doutes et questions, elle en devenait épuisante. Gekido reposa ses baguettes sur le côté de son bol, puis il la regarda, attendant qu'elle finisse de parler. Non pas parce qu'il ne voulait pas la couper, plutôt parce qu'il ne voyait pas l’intérêt à l'arrêter. Surtout si c'était pour qu'elle recommence de plus belle en chouinant qu'il ne l'écoutait pas. Sinon ce repas allait mal finir pour l'un d'entre eux et quelque chose lui disait que ce n'était pas lui qui allait en souffrir. Un soupire lassé lui échappa, plutôt volontairement. Voilà, elle venait d'écouler le stock de patience du Daimyo qui passa une main sur son visage. Rien n'aurait pu être différent. Il était à sa juste place et si cela lui déplaisait, c'était son problème. Il devait reprendre ce que leur père avait laissé et l'homme n'avait pas à se remettre en question pour sa névrosée de petite sœur. Penser à elle au détour d'une ruelle ? Cette pauvre Jônin divaguait totalement, un Seigneur avait parfois mieux à faire que de s’inquiéter pour sa cadette. Chacun ses problèmes et la demoiselle était assez grande pour les gérer seule.


« Akane, peux-tu, ne serait-ce qu'une petite minute, te calmer. J'ai encore bonne mémoire, merci de t'en préoccuper. Et puisque je suis un être assoiffé de sang et de pouvoir, comme tu le dis si bien, je doute franchement que ta présence m'importe. C'est ce que tu voulais entendre, n'est-ce pas ? Soit, entendons-nous. »

Il reprit ses baguettes sans d'autres manières. Son repas allait être froid, en plus. Il n'avait pas envie de creuser davantage le sujet qui pour lui est désormais clos. Il avait souhaité manger avec elle parce qu'il pensait qu'entretenir des liens avec sa seule famille, qui est d'ailleurs sa Jônin, pouvait être une bonne idée. Mais s'il doit manger toute la nervosité de sa sœur et ses reproches, il allait finir par faire une croix sur ses repas de famille. Très droit, il porta toute son attention sur son repas, contrarié par l’insistance de la jeune femme.

« Ne me regarde pas avec cet air contrarié, tu tends le bâton pour te faire battre » finit-il par dire entre deux bouchées, « Les choses sont ce qu'elles sont et brailler n'aidera en rien. »

[J'espère te laisser une ouverture suffisante pour répondre.]


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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Ven 14 Fév - 15:43

Rien, vide, néant. Ce sont les mots qui habitent la pièce quand mon frère prend la parole. Il n’a aucune patience, il n’en n’a jamais eu. Les rapports doivent être précis et concis. Gekido n’aime pas les détails, seulement lorsqu’ils lui permettent de mieux comprendre pour mieux agir. Des sentiments ? Il n’en n’a rien à faire, strictement rien. C’est comme si tout ce que nous avions vécu n’avait jamais existé. Il dit avoir bonne mémoire, peut-être, oui... pour les faits. La mort de notre mère, ma naissance, sa formation, son entraînement, la mort de notre père, sa nomination, la mienne... c’est tout. Il est absolument inanimé.

Je n’arrive même pas à savoir s’il pense ce qu’il dit lorsqu’il annonce se foutre de ma présence. Comme il le dit si calmement, c’est peut-être ce que je voulais entendre... ou pas, je n’en sais rien. Mais il est là, en face de moi, comme si je venais de lui faire un énième compte rendu de mission alors que je viens de balancer, en face du seul homme qui compte encore pour moi, tout ce que j’ai sur le cœur. Et rien, vide, néant. Il continue de manger et met fin à la discussion, comme si évoquer le passé ne comptait plus, comme si parler de ce que nous avons vécu ensemble ne voulait rien dire.

Les minutes passent. Je ne mange pas, je le regarde faire. Il finit un petit plat, puis deux et termine la théière à lui tout seul. Je ne sais pas quoi faire... je ne sais pas quoi lui dire mais je sais que je ne me suis jamais sentie si révoltée par son attitude. Il me fait penser à Ichigo, si imbu de sa personne, incapable d’aimer qui que ce soit, si... détestable. Pourtant, j’ai voulu éviter ça tant de fois, éviter de détester mon frère. Mais c’est plus fort que moi, il me sort par tous les trous ! Je respire fort pour me calmer, à plusieurs reprises et je sens la moutarde lui monter au nez également.

- Je voulais parler à mon frère, pas à mon Daimyo, dis-je d’un ton sec mais calme. Mais puisqu’il t’est visiblement difficile de dissocier les deux, je vais faire avec.

Je deviens insolente parce que, cette fois, j’attends qu’il s’emporte. Il ne ressent peut-être plus rien, depuis des années... mais la colère peut-être exprimée par bien des insensibles. Pour le titiller, je saisis mes baguettes et pioche dans son assiette – il a toujours détesté ça, même bien avant de devenir Daimyo. Le jeu devient une provocation et mon envie de le faire réagir va trop loin, je le sais. C’est juste plus fort que moi.

- Puisque parler du passé ne t’intéresse visiblement pas, commence-je, la bouche pleine, parlons donc du présent. Nous ne sommes pas proches mais ça ne t’ennuie pas. Tant mieux pour toi, ça te permet de faire un travail correct. Mis à part, bien sûr, ton côté si adorablement tyrannique qui effraye littéralement tous les autres Clans. Mais je trouve ça plutôt pas mal parce que, mine de rien, tu as a la paix tout le temps. Je dirais presque que faire peur te permet de te la couler douce.

Ta mission divine n’a d’ailleurs pas l’air de te démanger tant que ça... J’ai connu un Setsu bien plus féroce, dans le passé... oh pardon, ça ne t’intéresse pas. N’empêche que Setsu a perdu une belle dorure lorsque Père est mort. Personne n’a parié sur toi ou dans le mauvais sens : « Va-t-il sauver la patrie et enfin nous aimer ? » se demandait le peuple ? Quelle déception...


Quelqu’un entre pour servir le thé. Gekido semble rester impassible, maintenant. Je ne sais pas ce qu’il pense, si ce que j’essaye de faire va donner quelque chose. Mais s’il démontre un brin d’agacement, j’aurai gagné ma journée. Une fois la personne ressortie, je souffle quelques instants sur mon thé et reprends de plus belle.

- Si tu aimes parler stratégie et fonctionnement, allons-y aussi. Le pays va mal. Certes, les riches vont bien, mis à part qu’ils sont utilisés comme des pions. Dis-moi, Gekido, à part ne rien faire, as-tu bougé tes fesses en or de ton siège ces derniers temps ? Parce que ça fait quand même un paquet d’années que tu es Daimyo... mais rien n’a changé. L’armée n’a pas grandi, au contraire.

Que penserais Père d’un fils qui ne domine pas les autres Clans ? Comment se fait-il qu’en tant d’années, tu n’aies conquis aucun territoire ? Le notre est le plus restreint de tout Yokuni. Tu laisses les autres faire le boulot à ta place, c’est ton choix. Mais vois comment il est bien fait. A force de faire le flemmard et de déléguer, tu vas voir ton pays couler. Et qu’auras-tu gagné ? La fuite de Moegami vers quelqu’un de plus compétent que toi. Ame a encore assez de ressources pour choisir quelqu’un d’autre, crois-moi.


Sans m’en rendre vraiment compte, je me suis levée de ma chaise, le verre en terre cuite dans la main. Je ne me suis pas encore opposée si fort à mon frère mais je n’ai pas peur. Je n’ai pas grand-chose à faire de la vie, qu’il me tue si ça lui chante. J’aurais peut-être au moins réussi à le voir s’emporter une dernière fois. Je termine par une phrase plus agressive que le reste, moins ironique.

- Nous avons parlé de ce que je voulais entendre à l’instant. Et toi, Gekido ? Que voulais-tu entendre en m’invitant à partager ce repas ? Qu’attendais-tu ?

Je reviens sur le sujet car il me ronge. Quel intérêt avait-il ? Je veux l’entendre, maintenant que je n’interprète ou ne suggère rien. La pièce reste vide, rien, néant pour le moment. Mais pour combien de temps ?


L -M - M - J - V - S - D


Dernière édition par Setsu Akane le Dim 15 Juin - 16:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Ven 14 Mar - 6:04

« Mais ton frère n'est pas disposé à discuter avec une enfant » lâcha-t-il en haussant les épaules, « Cesse de geindre et nous pourrons discuter. »

D'aucuns le trouveraient cruel de parler ainsi à sa cadette mais les choses étaient ainsi. La patience n'était pas une vertu chez le Daimyo et entendre sa sœur se plaindre inutilement le mettrait vite sur les nerfs. Son temps était précieux, il en accordait volontiers à sa seule famille, pas à une gosse qui cherchait à l'apitoyer.
Ses dents se serrèrent l'espace d'un instant quand elle rouvrit la bouche, tandis qu'il pinça les lèvres d'agacement. Akane le connaissait, elle savait où appuyer pour l'énerver et visiblement, elle le faisait à cœur joie. Ce n'était pas la première fois, elle aimait jouer la carte de la provocation dans ce genre de situation. Elle tirerait bien trop de satisfaction si Gekido entrait dans son jeu... Hors de question de lui laisser ce plaisir. Aussi fit-il de son mieux pour contenir sa colère : s'il haussait la voix, il avait perdu. Amère défaite que de laisser sa jeune sœur avoir raison de lui, mieux valait la battre à son propre jeu. Tout en continuant de manger – voilà longtemps que plus rien n'était parvenu à lui couper l'appétit – il la laissa finir ce qu'elle avait à dire. Elle non plus n'y allait pas avec le dos de la cuillère... Petite peste. Se rendait-elle seulement compte de la chance qu'elle avait ? Bien des hommes avaient été punis pour moins que ça, d'autant que cette petite insolente remettait clairement en question sa façon de gouverner. Fallait-il lui rappeler ce qui était arrivé au dernier homme a avoir ouvertement proféré des insultes envers le Seigneur Setsu ? Non, elle s'en souvenait très bien, il le savait, elle profitait seulement de son statut pour l'ouvrir sans trop craindre de conséquences. Son aîné ne lui ferait pas de mal et elle en profitait sans vergogne, peut-être qu'un rappel à l'ordre s’avérerait nécessaire...


« La peur de Setsu tient les autres clans à distance. C'est grâce à cela que j'ai pu faire de cette nation ce qu'elle est aujourd'hui. Setsu aurait été rasée il y a bien longtemps si la crainte n'avait pas fait douter nos ennemis aux moments où nous étions les plus vulnérables. »

Le clan du feu n'avait pas toujours été aussi puissant qu'aujourd'hui, personne n'irait dire le contraire. Auparavant, l'armée était plus faible, moins nombreuse et moins bien équipée. Les armes de siège étaient moins perfectionnées, aussi. Une guerre aurait pu mettre Setsu en pièces, à cette époque, mais les choses étaient différentes maintenant : jamais les forces militaires du clan n'avaient été aussi puissante et cela rendait le pays presque intouchable. Fou était celui qui oserait leur déclarer la guerre... Sans doute était-ce la raison pour laquelle l'autre grande gueule de Fukyuu se tenait tranquille. L'inverse était vrai aussi, l'issue des batailles était encore trop incertaine pour tenter une marche sur Ite mais tôt ou tard, l'heure viendrait.

« J'attendais des arguments plus pertinent de la part de ma Jounin. L'armée n'a sans doute pas doublé de taille et est loin de connaître une croissance aussi fulgurant que sous le joug de Père mais tu sembles oublier une chose, Akane : avec tout le respect que j'ai pour lui, Père commettait des erreurs, notamment celle de ne penser qu'à augmenter le nombre de tête à envoyer au front. L'économie de Setsu n'était pas au beau fixe lorsque j'ai pris le pouvoir et ce n'est pas un problème qui se règle en quelques mois, contrairement à ce que tu sembles croire. Il serait fort peu utile d'avoir dix ou quinze mille samouraïs de plus si l'économie du clan menace de s'écrouler à tout instant, sans compter la perspective qu'une guerre civile nous menacerait. »

Il marqua une pause et planta son regard dans celui de sa jeune sœur tandis qu'un sourire discret mais narquois commençait à étirer ses lèvres. Il avait là le regard d'un vainqueur.

« As-tu quelque chose à rajouter à cela ? Bien sûr que non, tu sais que j'ai raison, me contredire ne prouverait que ta mauvaise foi. »

Il parlait sèchement. Aurait-il voulu envoyer paître Akane comme une malpropre qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Cela dit, elle le cherchait, en lui manquant de respect à ce point. « On récolte ce que l'on sème », n'était-ce pas là un adage connu ? Gekido n'était pas connu pour être une personnification de la sympathie, loin de là, mais vu la façon dont sa cadette s'adressait à lui et l'arrogance dont elle faisait preuve... Peut-être était-il son frère mais depuis quatorze ans, il demeurait avant tout son Daimyo et mieux valait qu'elle ne l'oublie pas, c'était dans son intérêt.

« Tu réponds toi-même à tes questions. Je t'avais invitée afin que nous puissions partager un repas, ni plus ni moins. Peut-être attendais-tu autre chose ? Je te sens déçue. Revenir constamment sur le passé est futile et ne te fera jamais avancer, tire un trait là-dessus et passe à autre chose, tu ne pourras de toute façon jamais rien y changer. »


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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Dim 15 Juin - 16:47

Il me remet en place calmement, en commençant par parler de la peur. Je sais pertinemment que je me suis emportée trop vite et que la perche que je lui ai tendue était bien trop salvatrice. Certes, la peur a éloigné les autres Clans et Setsu a pu devenir plus solide. D’ailleurs, son raisonnement sur les quotas de l’armée est tout aussi cohérent. Mais je ne suis pas prête à lâcher le morceau, malgré son sourire narquois agaçant.

Je me rassois finalement, le laissant parler et retrouvant mon calme. Je quitte enfin son regard, entamant mon plat, désormais froid. Il peut bien voir, dans mon attitude, que même s’il a raison sur ces points, je n’arrêterai jamais de le contredire. Ne serait-ce que parce qu’il est mon frère et parce que j’estime qu’il a choisi un mauvais chemin. Alors que je finis hâtivement de manger et de boire une tasse de thé, je lui laisse quelques minutes de répit sans lui répondre. Mais ce n’est que le calme avant une nouvelle déferlante. Quoi que moins violente que la précédente.

- Je ne remets pas en cause ta façon de gouverner, même si on peut le penser. Le fait que tu réussisses à me répondre sans broncher et avec des arguments valables prouve bien que tu es un bon Daimyo. Moegami ne m’a pas choisie, il a choisi Setsu Gekido et ce n’est pas pour rien.

Une petite pause, je retrouve son regard et continue.

- Mais je ne te lècherai pas les pieds pour si peu parce que tu traites mal les gens. Ils te sont fidèles parce que tu peux leur amener un avenir brillant. Les traiter comme des moins que rien ne les fera que te trahir. Voir Setsu s’écrouler parce que le Daimyo n’a pas la confiance du peuple me ferait vraiment réfléchir sur tes capacités humaines. Si tu en as, pour le moment, tu les caches un peu trop bien et ça m’inquiète.

Je soupire et me résigne à faire la rebelle. Finalement, à quoi bon ?

- Mais malgré ton air de gagnant et ton attitude hautaine, tu restes mon frère. Oui, je m’attendais à autre chose lorsque tu m’as demandé de venir. Mais probablement n’aurais-je rien d’autre que des sushis à déguster. Ce n’est pas ton truc, de toute manière... plus maintenant.

Je prends une autre tasse de thé et, avant de le laisser parler, je lance un nouveau sujet épineux qui pourrait cependant amener une discussion plus posée.

- Du coup, une femme pourrait donner l’amour que tu ne sais pas donner au peuple à ta place, tu ne penses pas ? Tu commences à entrer dans la fleur de l’âge et ton image serait plus brillante encore si tu trouvais une épouse qui sache te lécher les bottes correctement et te donner de beaux héritiers. D’ailleurs, il vaut mieux avoir des fils si les choses se gâtent. Moegami a l’air d’apprécier les générations d’hommes chez les Setsu. Qu’en penses-tu ?

Je rentre un peu dans son jeu méprisant, tout en gardant une part de sérieux. J’imagine de toute manière mal mon frère trouver l’amour. Mais, naïvement, j’ose encore espérer qu’une femme pourrait le changer en gouvernant ce pays avec lui. En plus, s’il me donne des neveux ou nièces, il y aurait moyen de revoir l’éducation familiale, peut-être les habituer à autre chose que vouloir le pouvoir.


[HRP : voilà enfin ma réponse ! Désolée du retard. J'espère qu'elle n'est pas trop incohérente par rapport au reste.]


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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Lun 30 Juin - 9:09

Bien sûr qu'il était un bon Daimyo, Akane ne faisait qu'énoncer l'évidence. Il avait redressé et élevé son clan quand il en obtint la tête mais il y aurait toujours des mécontents, peu importe sa façon de gouverner. L'homme était un être aux rêves utopiques et qui aspirait toujours à mieux, lui-même n'échappait pas à cette règle. Dans tous les cas, Gekido ne doutait nullement de la justesse de ses choix concernant le fonctionnement de son clan. Il ignorait si la Jônin cherchait à l'excéder mais si c'était bien là son dessein, elle s'en sortait très bien... Ne pouvait-elle pas tout simplement arrêter son petit jeu et se taire ? Non, bien sûr que non, cela aurait été trop simple. Elle avait besoin d'enfoncer encore le clou, au grand agacement de son aîné. Elle ne remettait soi-disant pas en question sa façon de gouverner et pourtant, elle doutait ouvertement de ses capacités humaines – qu'entendait-elle exactement par là, d'ailleurs ?

« Surveille tes paroles, veux-tu ? Entendons-nous bien : je sais ce que je fais. Je dirige Setsu depuis quatorze ans, aussi crois-je être la personne la plus à-même de connaître les risques me concernant. Si quelqu'un tente de me faire tomber, soit, ce ne sera ni la première fois, ni la dernière. Ça fait partie du jeu et peu importe la compassion dont je fais preuve, il y aura toujours des gens avides de pouvoir et des assassins prêts à m'abattre pour une poignée d'or. Malgré tout, je suis toujours en vie après toutes ces années et je compte bien gouverner pour un long moment encore, que ma manière de le faire te plaise ou non. À présent, le sujet est clos et je te conseille vivement de ne plus y revenir. »

Le ton était calme mais la menace sous-jacente était bel et bien présente. Il était temps qu'elle se rende compte qu'être la puînée du Seigneur ne lui donnait pas tous les les privilèges et qu'elle avait déjà outrepassé ses droits. Néanmoins, la dernière intervention d'Akane eut le mérite de l'amener à réfléchir. Un peu.

« Hmm... me marier ? » demanda-t-il tout bas en se lissant le bouc à l'aide de deux doigts, comme s'il s'était adressé à lui-même et n'exigeait aucune réponse, « Crois-tu que je n'y ai jamais pensé ? Il est évident qu'il me faudra assurer ma descendance avec un héritier légitime. »

Ce n'était pas un de ses bâtard qui hériterait de quoi que ce soit. À ses yeux, il n'étaient que des accidents, le fruit malencontreux des passions d'une nuit et Gekido se refusait à leur donner la moindre reconnaissance. Il leur avait déjà offert le don de vie, ils pouvaient s'estimer heureux... La Jônin n'avait pas tort en lui soulignant « l'urgence » de la situation. Il n'était pas vieux, non, mais elle avait raison en affirmant qu'il serait temps pour lui de s'unir à une femme. Il ne tint pas compte de toutes ces conneries débitées sur l'amour à donner au peuple, il ne répondit d'ailleurs rien là-dessus, préférant laisser le sujet couler un bonne fois pour toute.

« Le problème est de savoir qui me le donnera. Si la terre n'est pas à la hauteur de la graine offerte, le résultat sera décevant. Je me pencherai plus sérieusement sur la question mais pour le moment, je n'ai pas trouvé une femme digne de devenir mon épouse. »

Il n'entendait pas trouver un femme pour qui il aurait des sentiment, loin de là. Pour lui, seule comptait la capacité de la demoiselle à lui fournir un enfant à la hauteur de ses attentes. Autant dire que cela rayait beaucoup de noms de la liste...

« Quelques nobles de Setsu pourraient convenir, sinon je serais dans l'obligation d'aller chercher une femme dans un autre clan. » Il marqua une pause, tandis qu'un sourire discret naissait sur ses lèvres, « Ceci dit, la Dame Eiichiro semble être un bon parti et cela faciliterait les négociations futures. »

Une blague. Ou quelque chose s'en rapprochant, du moins. Cela étant, le problème demeurait toujours le même : qui ? Il s'était déjà interrogé à ce sujet, rapproché de certaines jeunes femmes de noble famille mais cela n'avait rien auguré de bon jusqu'à présent. Bah. Il avait encore tout le temps d'y penser, il était encore jeune après tout.

« Et toi, Akane ? Ne serait-il pas également temps pour toi de trouver un homme ? »


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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Sam 5 Juil - 14:56

Ainsi mon frère est-il prêt à accepter de gouverner jusqu’à y laisser sa peau. Je n’avais pas envisagé cette possibilité aussi concrètement. Et s’il se faisait assassiner, comme notre père avant lui ? Que resterait-il de Setsu ? Une Jônin et des Hatamoto bien esseulés... Quoi qu’il en soit, Gekido est bien décidé à arrêter de se prendre la tête. Dois-je en déduire que j’ai réussi à l’énerver suffisamment pour qu’il abrège et mette fin à la prise de bec ? Triomphant intérieurement, je laisse un sourire en coin m’échapper mais l’écoute ensuite attentivement car c’est bien la première fois que nous abordons ce genre de sujets.

Il fait évidemment son prétentieux en disant qu’évidemment, il y a déjà pensé. J’en doute, même s’il a beaucoup de femmes dans son lit... probablement ai-je beaucoup de neveux et nièces qui trainent en Setsu, depuis le temps qu’il copule à droite et à gauche. Il y a malheureusement peu de chances que je les rencontre un jour. Je prends cela comme un compliment, qu’il me dise qu’il va y réfléchir... peut-être commence-t-il enfin à m’écouter, ça sera le moment ! J’apprécie cependant moyennement la métaphore sur la graine et la terre... ne considère-t-il les femmes que comme des objets ?

« Quelques nobles de Setsu pourraient convenir, sinon je serais dans l'obligation d'aller chercher une femme dans un autre clan. Ceci dit, la Dame Eiichiro semble être un bon parti et cela faciliterait les négociations futures. »

Son sourire me donne des frissons. La Dame Eiichiro n’est qu’une enfant, à mes yeux, contrainte de gouverner sur un Clan si jeune. Je n’imagine pas cette jeune fille fragile dans les bras de mon frère, qui ne voit là qu’un intérêt diplomatique. Ainsi ai-je placé trop d’espoir en Gekido, le pensant encore capable d’aimer. Je soupire, lui faisant bien comprendre que c’est lui qui décide mais que je n’approuverai pas forcément. En même temps, je sais qu’il n’en aura rien à faire, alors à quoi bon donner mon avis.

Je bois une gorgée de thé et me laisse surprendre par sa question. Je manque de m’étouffer et crache le liquide. Aux vues de la réaction de mon frère, j’imagine que j’en ai projeté sur son joli vêtement. Je toussote encore, sans exagérer et je ne sais pas si je rougis à cause du précédent incident ou à cause de mon extrême malaise. La dernière fois que j’ai parlé d’amour à Gekido, c’était pour remettre des documents prouvant que Byakuya avait abusé de moi, malgré la confiance aveugle que nous lui faisions. Mon frère est la seule personne, au jour d’aujourd’hui, à Setsu, à savoir ce que l’ancien Jônin m’a fait subir en tant que femme. Je le soupçonne de vouloir être cruel avec moi... mais je ne sais pas s’il serait capable d’aller jusque-là, puisqu’il sait à quel point ça m’a affectée.

- Soyons sérieux, Gekido... réponds-je en essuyant ma bouche, toujours peu à l’aise avec le sujet. Qu’apporterait un homme à la Jônin du Clan ? Si ce n’est de la distraction de temps en temps... mais surtout un frein aux différentes missions à accomplir.

J’essuie également la table, à présent trempée, ainsi que mes genoux... surtout pour fuir son regard interrogateur.

- Je dois dire qu’après ce qu’il s’est passé... dis-je alors doucement. Je dois dire que servir d’objet ne me tente pas plus que cela. Me marier ne m’apporterait rien non plus, si ce n’est me faire quitter mes fonctions pour habiter dans une grande maison et m’occuper des enfants... Non merci. Ce n’est pas la vie dont je rêve.

Je reprends mon souffle et, sentant mon visage pâlir un peu plus en reprenant mes esprits, je questionne mon frère.

- Mais pourquoi cette question ? Souhaiterais-tu être débarrassé de moi pour élire un nouveau Jônin et enfin avoir la paix ?


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MessageSujet: Re: Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido) Mer 13 Aoû - 18:43

La conversation devenait presque amusante. Presque. Du moins, ce sujet était toujours plus agréable à aborder que celui concernant sa manière de gouverner Setsu et la façon dont il – soi-disant – délaissait sa jeune sœur. Ceci avait le don de l'exaspérer alors oui, parler de femmes et de mariage lui plaisait davantage bien que d'après lui, cela reste un débat stérile. Normalement, Gekido devrait être marié depuis bien longtemps car à presque trente printemps, il était rare qu'un homme de si bonne famille soit encore célibataire. Sans doute l'aurait-il été si Setsu Ichigo n'avait pas passé l'arme à gauche si vite, ce dernier se serait probablement chargé de lui trouver une épouse digne de son rang – probablement une noble jeune fille du clan Setsu. Or, l'ancien Daimyo était mort et enterré depuis des lustres et ayant été abattu quand son fils était encore jeune, la décision d'un mariage n'appartint dès lors plus qu'à lui. Les candidates potentielles ne manquaient pas, pourtant aucune ne l'intéressait. Une femme dont les cuisses s'écartent sur sa simple demande n'avait pas d'intérêt pour lui. Il aimait gouverner son peuple et le dominer, le voilà à rêver d'une femme de caractère. N'était-ce pas ironique ? Enfin, l'avenir réservait toujours bien des surprises, qui sait ce qui attendait Gekido au tournant... ? En conclusion, il se marierait une fois l'épouse idéale trouvée, pas avant. D'ici là, les histoires d'un soir combleraient ses besoins affectifs.

Quoiqu'il en soi, le cours de ses pensées fut violemment interrompu quand la Jounin lui recracha dessus tout ce qu'elle avait en bouche quant à son tour, il souleva l'hypothèse d'une union maritale. Il eut un réflexe de recul un peu inutile maintenant que sa tenue avait été gratifiée d'un arrosage au thé. Quelques gouttes à peine l'avaient touché, la plupart s'étant répandu sur la table où ils avaient mangé, mais cela suffit à lui arracher un soupir agacé.


« Je ne sais pas, Akane. Puisque ton frère n'a pas l'air décidé à perpétuer la lignée Setsu, rien ne t'empêche de le faire toi-même. » dit-il en essuyant tant bien que mal les endroits légèrement humide de ses vêtements.

Le silence retomba pour un bref instant, le temps d'un battement de paupières où chacun réfléchit. Le Seigneur se rendit compte de la gêne semblant atteindre sa sœur. Il n'y avait pas pensé mais en y regardant une seconde fois, lui demander si elle comptait un jour se trouver un homme pouvait la mettre mal à l'aise au vu des événements passés. Il aurait juré qu'elle était passée à autre chose, depuis le temps, mais sans doute fallait-il croire que c'était le genre d'expérience qui marquait à vie... L'espace d'une seconde, l'homme se demanda si les demoiselles auxquelles il avait un peu forcé la main le vivaient elles aussi de la même manière. Hmph. Il avait souvent tendance à user de son rang et de ses talents d'orateur afin de mettre certaines femmes dans son lit mais contrairement à l'histoire de sa puînée, le facteur d'attachement émotionnel était absent. Puis, ces relations n'avaient pas véritablement été amenées sous la contrainte.

Elle reprit finalement la parole et vu ce qu'elle lui dit, Gekido sut qu'il avait vu juste quant à son malaise. À coup sûr, elle devait ressasser tout ce qui concernait Byakuya. Un jour elle finirait par s'en remettre mais actuellement, il voyait bien que c'était un sujet à éviter. De toute façon, il n'y avait rien à en dire : cette histoire était du passé et le coupable avait été abattu. Le reste, c'était à Akane de s'en occuper.


« Compte tenu de tes fonctions, je pense que tu peux te passer de t'occuper de tes futurs enfant toi-même. Être Jounin ne t'empêche pas de fonder une famille. Tu seras probablement écartée un certain temps mais si tu montres la volonté et la capacité de revenir, je n'ai aucune raison de te le refuser. » Il marqua une pause, le temps de se gratter l'arête du nez, « Nous en avons déjà parlé : je ne t'ai pas donné ce poste parce que nous étions du même sang. Tu étais compétente, c'est tout, et tu garderas ton poste jusqu'à ce que je ne te juge plus apte à cette tâche. As-tu besoin d'autres éclaircissements ? »

C'était une manière un peu crue de tourner les choses mais c'était ainsi. Akane serait Jounin jusqu'à ce qu'il trouve mieux. Oh, ce n'était pas près d'arriver car Akane était intelligente, douée et habile – bien que Gekido n'emploierait jamais explicitement ces termes. Sakuya n'était pas mal dans son genre et aux yeux du Daimyo, elle avait également les compétences nécessaires pour accéder au poste de Jounin. Seulement, la place était déjà occupée et il en fit son Hatamoto, de manière à s'entourer des gens les plus aptes du clan.

« En tout cas, je te remercie d'être venue pour partager ce repas » répondit-il de façon neutre, « J'espère que tu m'excuseras mais j'ai maintenant bien des choses à faire. »

Il s'agissait de la vérité : son rang de Seigneur, s'il lui accordait une infinité de privilèges, le contraignait aussi sur bien des points et faisait peser sur ses épaules de lourdes responsabilités. L'homme se leva, dominant sa cadette de toute sa hauteur, et reprit la parole :

« Ce serait un plaisir que tu reviennes t'asseoir à ma table si l'occasion se présente. »

Simple politesse ou le pensait-il vraiment ? Allez savoir. Il n'était jamais facile de savoir ce qu'il avait derrière la tête, surtout sur de tels sujets. Une fois qu'Akane se serait levée et qu'elle serait partie, le Daimyo envisageait d'aller se changer et ensuite il s'occuperait de tout ce qui avait été prévu. De mémoire, il avait au moins à rencontrer l'un de ses conseiller, bien qu'il sache son emploi du temps bien plus chargé que cela.

[Fin du RP.]


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Le temps n'efface pas les liens du sang (PV Setsu Gekido)

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