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 Le destin nous réunit comme il nous sépare

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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Le destin nous réunit comme il nous sépare Mar 10 Sep - 19:15


La pluie. L’une des merveilles qui font de cette région un lieu parfait pour quiconque souhaitant se dissimiler parmi la foule. L’ami dont tout assassin ou même espion aimerait avoir. En plus de ces cliquetis tombant sur le sol, les multiples bruits de pas faisant virevolter des gouttes à leur impact envahissait l’atmosphère. Vue du ciel, les parapluies formaient un jardin de fleurs, tout aussi coloré et harmonieux alors que le crâne des plus courageux se faisaient tremper. En plus de cela, il y avait ceux qui se fondaient dans la masse grâce à leur revêtement sombre et leur chapeau de paille. C’était le cas de cette Hinnin si particulière du clan Kenshu. Bien qu’attaché, formant un chignon entouré de deux autres plus petit, sa chevelure si rougeoyante ne pouvait passer inaperçu parmi les teintes foncées du ciel. Pourtant, de nombreuses personnes auraient pu lui foncer dedans si elle n’avait pas eu la bonté de les éviter avant le contact.

L’absence du soleil ne pouvait donner d’information cette après-midi déjà bien entamé. Yasha était arrivé il a quelques heures mais l’entrée de la ville étant surveillé, le passage y davantage compliqué et cela prend énormément de temps mais peu lui importait. Elle savait qu’elle n’était pas venue pour rien.
Foulant la grande avenue qui était un semblant déserte, la jeune femme marchait droit devant elle afin d’atteindre le bâtiment si admiré des hommes et des ivrognes. Elle observa le bois qui formait la porte derrière son chapeau de paille qui dissimulait son regard. Quelques minutes passèrent et la jeune femme tourna les talons pour rejoindre une ruelle adjacente, où elle s’adossa au mur, croisant les bras et attendant. S’il y avait bien une qualité que l’on pouvait apprécier chez la Hinnin, c’était sa patience. Et il en fallait afin de réussir son travail : aujourd’hui, elle se voulait chasseur de prime.

~
Plutôt dans la journée, elle avait reçu une demande de la part d’un ancien soldat de l’armée. Après une enquête de sa part, il fut témoin de nombreux meurtres de jeunes femmes, dont l’une d’entre elle était sa sœur. Il voulut absolument arrêter ce massacre mais l’armée ne put rien faire, manque de preuve. C’est à ce moment que la demoiselle rentre en action : il demanda ses services afin qu’elle arrête ses hommes. Il ne donna pas plus de précision après avoir raconté son histoire, si ce n’est le lieu où ses meurtriers se trouvaient actuellement.
Sans attendre, elle prit la route de Raiu.

~~~~~
Tournant légèrement le visage afin d’observer la porte d’entrée de la taverne, elle repéra enfin sa cible, complètement ivre, accompagné de quelques uns de ces hommes. La tâche allait être plus facile qu’elle ne le pensait.
Ils restèrent dans l’avenue principale pendant un petit moment alors qu’Inuko, connaissant la ville comme si elle l’avait faite, se faufila dans les rues parallèles, ne manquant aucunement de perdre sa cible de vue. Finalement, une occasion se présenta afin à elle : le groupe d’homme se rendirent dans l’une des ruelles où le taux de passage était faible. Positionnant son chapeau de paille entre son pouce et son index, elle révéla enfin son regard si malfaisant et topaze qui fusilla sa cible.
~~~~

Discrètement mais agile, elle ne tarda pas à rejoindre le gang qui l’attendait, sabre et autres armes à la main. Deux d’entre eux sortirent de l’ombre pour refermer le pseudo cercle. Yasha ne pouvait plus s’enfuir à présent alors que l’ivrogne lui riait au nez en l’insultant d’être incapable.  D’après lui, elle avait été repérée depuis un petit moment.
Elle ne révéla aucunement son visage qui restait baissé. Immobile, l’homme commença à s’énerver alors que ces réponses restaient sans réponse de la part de son adversaire. Il ordonna bientôt à deux de ses hommes, armés d’un katana et d’un kasuri-gama. Ce qui fit la jeune femme : attraper son chapeau afin qu’il ne s’envole durant ces deux esquives qui s’exécuta en se décalant d’un pas et en s’aidant du dos d’un de ses ennemis comme appui pour –exécuter- une roulade, dos à dos. Elle se retrouva alors face à quatre des hommes tandis que l’ivrogne se trouvait hors de porté de la jeune femme.
Cette dernière tourna alors son visage pour se retrouver de profil et pouvoir enfin dévisager sa cible qui fronça les sourcils en découvrant qu’il s’agissait d’une femme. Il en sourit ensuite.


« Je vois. Tu es donc celle que l’on nomme Oni-kira. Amusant HA ! »

Un silence dura quelques minutes alors que nul ne bougeait. Seul le bras droit de Yasha vint se positionner au niveau de sa nuque. Résonna alors ces quelques mots.

« Sois prêt à recevoir ton châtiment… »

Sans crier gare, elle déchira ce qui lui servait de cape pour sortir de son fourreau son katana positionnait dans son dos. D’une rotation du pied et profitant d’un fort appui, elle se précipita sur sa cible, l’œil du démon brillant, près à le déchiqueter dans un coup de lame résonnant d’abord sur le sol avant de fendre l’air…



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Shigeru Juubei

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Taisa

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Dim 15 Sep - 20:32


Manque de preuves, manque de preuves…La belle affaire ! Si Juubei avait horreur d’une chose, c’était bien de ne pas pouvoir mettre à l’ombre d’ignobles criminels par manque de preuves. Il s’en était bien sorti le saligaud avec toutes sa bandes durant le procès. Mais c’était mal connaître le colonel que de dormir sur ses deux oreilles après de telles accusations. Ils n’allaient pas les laisser filer comme ça ! Ah ça, non !

A peine revenu d’une autre mission, Juubei prétexta- une haine mal dissimulée dans le regard- une vilaine blessure qui le faisait souffrir pour obtenir une permission et se rendre à Raiu. En réalité, il était bien loin de souffrir, mais les personnes déterrant avec facilité son mensonge l’encourageaient sur cette voie. La voie de la « justice bien faite » avait surpris Juubei dans la bouche d’une d’entre elles. Ce n’était pas un secret donc, et on le laissa aller très facilement. Et seul.

Quelques jours, oh, deux ou trois, furent assez pour lui pour retrouver celui qui avait déposé la plainte et lui demander d’autres détails. Il fut bien ravi d’apprendre qu’il les surveillait toujours, le saligaud et sa bande, et qu’il n’avait donc pas sombré dans un profond désespoir. Cependant, Juubei fut moins ravi de comprendre que la belle affaire avait trouvé un chasseur de prime. Il fallait savoir que se faire justice par ses propres moyens était vraiment mal vu lorsqu’on avait eu recourt à l’armée. M’enfin, Juubei était venue pour raison personnelle, il ne portait pas d’Haori ce jour-là. Logiquement, on ne pouvait pas le reconnaître comme Shigeru-Taisa. Donc, soit, il laissa filer le frère sans sœur…De bon cœur, il fallait l’avouer.

Il se rendit à la taverne, là où le saligaud avait ses habitudes, paraissait. Il connaissait déjà cet établissement pour y avoir interrogé la plupart des occupants il y avait une semaine ou deux, mais ces pendards ne lui avaient absolument rien raconté. Maintenant, il scrutait la bande. Coup de bol ! Elle était rudement éméchée, bien assez pour qu’elle ne puisse le reconnaître en tout cas. Il n’avait plus qu’à patienter qu’une preuve lui arrive toute crue dans la bouche, ou plutôt dans les oreilles, ou mieux: dans les mains. Une série de crimes ne pouvaient pas être parfaite.

Juubei attendit donc. Seulement la bande criminelle sortit de l’établissement sans avoir rien dit ou fait de vraiment dérangeant à part quelques rots dégoutants et des vomissements par ci par là…Juubei plaignait entre ses lèvres pincées les aubergistes. Ces gens étaient vraiment des plaies ! Les pauvres travailleurs avaient du être menacés pour ne rien sortir lors des témoignages…Ah, en parlant des bandits, il y en avait deux qui étaient bien échauffés. Ils insultaient les passants. Un autre dormait, la tête la surface de bois de la table sans suivre les autres.  Juubei se leva et avança tranquillement à leur suite.

Ils restèrent dans la rue principale un petit moment tandis que le trentenaire tendait l’oreille pour entendre quelques petites confidences entre leurs affreux balbutiements d’ivrognes, mais rien ne vint. Puis, ils débouchèrent sur une ruelle, puis une autre, et encore une. Là, pas un chat à l’horizon et on les entendait très bien. Mais Juubei craignait d’être repéré, il les suivait depuis un moment déjà…Par précautions, il vint caresser du bout des doigts la garde de son katana à son côté sous le gigantesque manteau de toile qui le protégeait partiellement de la pluie. Il n’allait pas se servir de sa grande hache aujourd’hui, la largeur de la ruelle ne le permettrait pas. Il manqua un battement lorsqu’il aperçut le retournement de tête d’un homme. Cette fois, c’était certain, il avait été repéré ! Il allait dégainer pour se réserver le bénéfice de la première attaque, ou non en fait. Il risquerait trop gros s’il faisait ça. Le guerrier était en train de réfléchir, se croyant dans une impasse, le cœur battant à tout rompre lorsque…

Une jeune personne se présenta aux bandits qui l’entourèrent. Au début, Juubei avait cru qu’il s’agissait d’un autre garde du meurtrier, mais non. Cette personne ne pouvait donc qu’être le chasseur de prime dont le frère en deuil lui avait parlé ! Il resta là, immobile, détaillant le nouvel arrivant au-dessus des épaules des bandits -il était assez grand pour cela. Alors que ces derniers s’armaient en conséquence, l’observé fit voler son chapeau de paille à larges bords pour révéler une chevelure de feu dans le gris ambiant. Inuko ?! Il ne pouvait s’agir que d’elle, qui, après avoir lutté, dégaina sa fameuse arme en déchirant son manteau avec un regard fou. Elle était prête à fendre en deux le meurtrier ivre ?!

Ni une, ni deux, Juubei dégaina à son tour sa plus grosse arme, une hache de plus d’un mètre de longueur pour parer l’offensive de son amie in extremis. La lame de la hache vibra douloureusement sous la force de l’impact.

« Oh, Bons dieux… ! » lâcha Juubei en mesurant toute l’étendue de la puissance d’Inuko.

Ouais, Ce qu’on lui avait raconté sur sa force n’était donc pas des salades. Il avait l’impression d’avoir encaissé l’attaque d’un démon. Paradoxalement, il força pour repousser délicatement Inuko de manière à ce qu’elle ne se fasse pas mal en reculant.

« Euh… »

Il cherchait quoi dire sur ces retrouvailles inopinées. Il n’avait jamais été dans ce genre de situation… Bien sûr, ce n’était pas le moment, et un des bandits le reconnaissant en profita pour lui asséner un bon coup dans le dos avec son kasuri-gama. Juubei tomba à genoux dans les flaques de pluie avec un gémissement de douleur…Il avait pitoyablement échoué et les affrontements allaient recommencer. Il bouillait d’une rage intérieure.
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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Mer 18 Sep - 19:06


Le son du métal résonna dans les ruelles étroites. C’est sur un regard étonné bien que divulgué qu’Inuko découvrit en face d’elle celui qu’elle a toujours cherché à éviter : Juubei. Première question que lui vint en tête : que faisait-il ici ? Et surtout pourquoi ? Surveillait-il lui aussi ce groupe de brigand ? Peu importait. Enfin presque. La jeune femme n’avait pas retenu sous coup alors qu’elle s’apprêtait à entailler sa cible. Le Taisa avait dû le sentir passer dans son corps. Sentant d’ailleurs une légère impulsion venant de son arme très original, la jeune femme fit un petit saut en arrière afin de prendre de la distance. Peut être cela fut-il une erreur.

L’instant d’après, elle vit l’un des hommes dégainer son kasuri-gama et se précipita vers Juubei. Elle n’eut pas le temps de le prévenir qu’il était déjà à genoux, souffrant du coup qu’il venait de recevoir. A cet instant, Inuko ressentit comme une pression dans sa poitrine. Cela faisait des années qu’elle n’avait pas eu cette sensation. Celle d’une peur, en plus des visages ensanglantés de ces proches qui lui revenait en mémoire. Les rires du groupe ressemblaient à ceux de hyènes près à se nourrir de leur proie. Mais ne dit-on pas qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer ? Le poing serré sur le tsuka de son katana, Inuko masquait son regard derrière sa chevelure trempée.

Les hommes qui se trouvaient derrière elle profitèrent de cette ouverture pour lui sauter dessus. Grossière erreur : écartant ses jambes afin de prendre appui, elle déposa sa deuxième main sur le manche de son arme pour venir frotter la lame sur le sol qui se retrouva fendu en un demi-cercle avant qu’un bruit strident ne fende l’air. Ce coup rotatif vint percuter l’un des hommes sur son flanc gauche. La puissance était telle que la Hinnin réussit à venir toucher le deuxième avec le premier. Ils se retrouvèrent alors plaquer contre le mur, l’un gravement blessé par l’attaque, l’autre effrayait par la force que le corps frêle de la jeune femme pouvait revendre.

Laissant ces deux là de côté, Inuko termina son regard vers les trois derniers hommes dont le chef était particulièrement équerré de la demoiselle.


« Tu n’as rien d’humain. Comment peux-tu encore vivre parmi nous ! »

Les pas de la jeune femme étaient lent mais chacun d’entre eux marquait sur la terre mouillé la haine et l’envie de massacrer. Inuko se stoppa cependant devant Juubei qu’elle dévisagea de haut. Ce qu’elle voulait faire découvrir au soldat ? Qu’elle avait changé. La cible rigola en voyant cette scène. La Hinnin le foudroya du regard et pas seulement. Lorsqu’elle plaça son poing au même niveau que son visage, dos vers le ciel, puis le retourna en l’ouvrant, ce qui ressemblait à une flamme était en réalité de la foudre dansant tel le feu dans sa main. La lumière topaze qu’elle dégagea vacillait dans les yeux de la jeune femme, rendant son regard encore plus démoniaque.

Puis, quelques secondes après, une deuxième boule de foudre apparu, plus grosse, plus haute et derrière son invocatrice. S’en suivit 9 autres qui bientôt formèrent un cercle dans les airs. Petit à petit, les flammes commencèrent à danser tout en tournant, laissant alors le cercle remplaçait par une roue. Le spectacle fit trembler les deux hommes près de leur patron. Mieux, ils s’enfuirent laissant ce dernier seul qui hurlait qu’ils étaient des poules mouillées. Il ne voulait pas entacher son honneur c’est pourquoi il resta, près à se battre. Inuko en lâchant un sourire. Sa voix résonna dans la ruelle comme le ferait un écho. La pluie accompagnait ses paroles.

« Je te laisse une chance de te rendre à l’armée. Sans quoi, je me ferais un plaisir de devenir ton Shinigami… »

L’homme devint alors fou de rage en s’exclamant qu’elle le faisait bien rire puis se précipita, non pas sur elle mais sur Juubei, affaibli par l’attaque qui venait de recevoir. Le visage de la demoiselle changea du tout au tout : une expression de surprise associée une nouvelle fois à une certaine frayeur. L’image de l’homme se précipitant sur Juubei se transforma en une silhouette dont les habits étaient moins traditionnels et surtout en mauvais état. Lorsqu’elle regarda son camarade, celui prit alors l’apparence de celui qu’elle considérait comme son père. Fermant les yeux quelques secondes puis les rouvrit, elle revint à la réalité. Voyant la lame de l’homme venant s’abattre sur les deux personnes, Inuko s’apprêta à refermer sa main sur la flamme-foudre qui engendrait l’attaque. Mais elle hésita : Juubei l’avait arrêté précédemment. Il semblait ne pas vouloir qu’elle élimine sa cible or avec cette attaque, il n’en ressortira sûrement pas indemne. Elle avait encore le temps pour stopper celle-ci et dégainer son katana…



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Shigeru Juubei

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Taisa

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Jeu 26 Sep - 3:21

Tout s’était passé si vite que Juubei avait eu l’impression d’être pris dans une tempête. Il sentait qu’il saignait, les deux mains dans l’eau sale d’une flaque et que l’arme du salopard avait fait plus que l’égratigner. Mais la colère monstrueuse qui habitait son esprit à cet instant céda un peu de sa place à la satisfaction d’avoir pu atténuer un peu de la violence d’Inuko par sa brusque apparition devant elle. Il voyait les chaussures de celle-ci dans la boue, elles restaient immobiles sous les rires monstrueux, comme si la jeune femme réalisait tout à coup quelque chose d’important.

Malheureusement, les bandits n’allaient pas s’interrompre pour si peu. Inuko leur offrait une sacrée ouverture, ils n’avaient plus qu’à en profiter. C’était mal connaître la bête de combat qu’était la trentenaire, la formation qu‘elle avait reçu à l‘armée et toute son expérience lui permettait de ne pas encaisser un coup si rudimentaire. Inuko bondit sur ses jambes pour faire volte-face, et Juubei devina qu’elle assura en ce moment-même la solidité de sa prise sur son arme. La lame gratta le sol en petites étincelles. Juubei écarquilla les yeux, voulut se relever pour l’empêcher de commettre une grave bêtise. Il allait hurler qu’elle arrête ça de suite, mais c’était déjà trop tard.

Un des hommes encaissa de plein fouet l’attaque sur son flan. Et la puissance du coup ne s’arrêta pas là et vint toucher de sa force prodigieuse un deuxième homme tout proche. Plaqués contre le mur par l’extraordinaire arme de la jeune femme, le premier gémit avant de vomir sur ses pieds tandis que le deuxième regardait Inuko, terriblement apeuré. Heureusement, la jeune femme prit cela pour une victoire et laissa ces deux hors-la-loi à leurs sorts. Juubei souffla, à demi relevé. Tout rouge de douleur, il tomba sur les fesses et prit une attitude de repos et de soulagement. Lorsque Inuko s’arrêta tout à côté de sa position, il la regarda des pieds à la tête. Et ses yeux de rubis reflétaient une haine féroce.

Mais quelque chose avait sensiblement changé. Shigeru n’était plus certain que sa compagnonne ait envie de se battre en cet instant précis. Sa soif de sang était passée, ou était-ce une impression ? Dans le doute, il tendit un bras vers elle dans un « attend » silencieux et inutile. Elle foudroya de son regard si particulier le petit homme ventripotent et meurtrier. Dans sa main, une flamme particulière naquit, dans ses yeux aussi. Et elle faisait peur.

Dix autres boules de flammes apparurent pour former un cercle dans les airs, puis une roues de flammes. Une offensive dévastatrice se préparait alors, et le spectacle ne plus pas du tout à Juubei ni aux deux derniers gardes du meurtrier qui étaient encore en état. Ces derniers filèrent sans demander leurs restes. Le petit homme, lui, tremblant de peur, était comme paralysé. Il tourna la tête vers les fuyards pour leur hurler qu’ils n’étaient que des poules mouillées, d’incapables poules mouillées ! Et il adressa à Inuko un regard plein de méfiance alors que celle-ci le menaçait de le hanter pour le restant de ses jours.

Et soudain, le meurtrier tira une arme et se rua sur Juubei, assis là. Il n’eut qu’une ou deux secondes pour réagir, mais la lame, un tanto, vint plonger dans son épaule alors qu’il avait eu le réflexe de pousser le petit homme. Il ne fit pas attention au sang qui avait giclé de la plaie et regarda l’homme qui lui faisait face dans les yeux. Ce dernier souriait de toutes ses dents.

« ARRÊTE ! » lança-t-il dans un râle de douleur à Inuko qui allait asséner son attaque dévastatrice. « Ne fais pas ça ! Tout va bien ! »

Elle ne l’avait pas écouté. Mais au lieu de lancer son attaque de plein fouet sur le meurtrier et Juubei, elle avait dégainé son katana. Juubei n’eut d’autre choix que d’aveugler son adversaire. C’est les doigts ensanglantés qu’il bondit ensuite sur ses jambes pour plonger sur Inuko et la plaquer au sol.

« Par Gekigami, Inuko, calme toi ! Je suis Taisa, je peux me défendre, tu le sais ?! »

Les hurlements plaintifs du petit meurtrier couvrirent la pourtant forte voix de Juubei. Et ainsi positionnés, ils ignoraient que l’homme préparait une bombe fumigène empoisonnée. S’ils ne s’en rendaient pas vite compte, ils allaient s’endormir et laisser leur cible s’enfuir.


Espoir qui vascille mais qui jamais ne s'éteint...
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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Dim 29 Sep - 18:25


Que cela soit l’une ou l’autre, Inuko arrêta ses attaques. Le katana qui était destiné à stopper net le malfrat fut interrompu par une riposte de Juubei qui réussit à l’aveugler. La jeune femme aurait pu finir son assaut mais une fois encore, le Taisa l’agrippa avant de la jeter à terre. Par chance, l’arme d’oni-kira ne toucha personne, ni elle ni l’homme se trouvant au-dessus d’elle.

Les paroles de Juubei résonnèrent dans la tête d’Inuko. Elle savait. Elle savait qu’il était capable de se défendre seul mais au vu de ses décisions, elle n’avait pas l’air de vouloir réellement arrêter le groupe d’individus. Ce n’est que par un regard naturel et pourtant si effrayant aux yeux de tous qu’elle fixa l’homme, sans ajouter un mot. Elle essaya de se relever légèrement, c’est à ce moment qu’elle vit le chef des bandits, en train de préparer un mauvais coup. C’est en voyant le sourire trop sadique du brigand que Inuko changea les positions : elle bascule Juubei sur le côté afin de se retrouver au-dessus de lui et de le protéger du fumigène en déposant sa manche d’haori sur son visage.

Un épais écran de fumée se propagea dans la ruelle. Alors que la jeune femme cherchait sa cible du regard, elle ne vit qu’une silhouette s’enfuir ainsi qu’un rire qui en disait long sur l’ironie de la situation. Lâchant un soupire coupé montrant son insatisfaction, Inuko se releva lorsque l’épais brouillard se dissipa à cause de la pluie. Sans attendre, elle se précipita au bout de la ruelle qui rejoignait un peu plus loin une des rues principales. Regardant à gauche et à droite, elle ne vit personne ressemblant à son adversaire. Elle relâcha la pression, bien que mécontente.
Elle regagna la ruelle afin de rejoindre Juubei qui s’était levé. La jeune femme le dévisagea de loin, ô combien enrageait d’avoir perdu son gagne pain à cause de l’intervention de cet homme. Cependant, lorsqu’elle remarqua la goutte de sang  qui se transforma bientôt en flaque, elle laissa sa colère de côté. Elle retourna auprès du Taisa et se positionna dans son dos afin d’observer la plaie. Cela semblait un peu plus grave que prévu. De sa voix jeune et vibrante malgré les apparences, elle affirma :


« Tu as besoin de soin, Shigeru. Ta blessure emp… »

Inuko ne put terminer sa phrase. Un fort battement dans sa poitrine l’en empêcha. Sa vue commença également à se troubler à cette instant. Un lourd bruit de genou se posant sur le sol boueux retentit près des deux personnes. La jeune femme commença par positionner sa main devant sa bouche, alors que son visage exprimé par des sourcils est mauvais état. Elle comprit immédiatement à quoi était dû cela : le fumigène. Elle s’était douté que le malfrat avait concocté un fumigène empoisonné mais elle n’attendait pas à ce qu’il fasse effet aussi rapidement sur elle. Elle résista tant pis que mal de ne pas tomber dans les pommes. Tout en gardant ses esprits, elle chercha quelque chose dans l’une de ses sacoches. Elle en sortit un petit bout de papier dont les coins avaient été rabattus à plusieurs reprises. Il s’agissait d’un médicament. A l’intérieur, une poudre ayant une texture plus que douteuse dont on pourrait douter de son efficacité. Il s’agissait d’un contre poison. Cependant, Inuko se retrouvait avec un problème : la pluie. La poudre ne devait être mouillée. C’est pourquoi, utilisant le corps de Juubei comme abri, elle ingurgita la texture. L’effet ne serait pas immédiat mais les vertiges se calmèrent, c’était déjà une chose.

Relevant le visage, elle se retrouva nez à nez avec Juubei. Elle ne put s’empêcher de lui demander s’il allait bien. Il aurait très pu respirer la fumée. Dans ce cas, il restait encore un médicament, mais cela serait le dernier. Oni-kira devrait alors retrouver ce marchand ambulant qui lui avait vendu à un prix réduit. Quoi qu’il en soit, les choses étaient redevenues calme à présent.
Toujours le regard dans celui de l’homme, celui-ci se devait de répondre aux interrogations de la demoiselle.


« Qu’est-ce qui t’amène ici, à Raiu ? Es-tu venu pour me voler mon travail ? Ou bien était-ce juste une coïncidence ? Non… j’en doute. »

Ce qu’il avait d’extraordinaire avec Yasha, c’est que malgré la situation qui était loin d’être satisfaisante, elle restait calme. Sa voix ne montrait aucune pointe de colère ou bien de haine. Au contraire, la justesse, la délicatesse, la volupté étaient les mots qui décrivaient sa voix. Imaginer un tel trait alors que sa force était à l’opposé de cette douceur. Sa réputation aussi d’ailleurs.
Reprenant peu à peu des forces, la demoiselle put se redresser. Un silence s’installa alors entre les deux personnes qui se dévisageaient. Ce fut finalement la jeune femme, habituellement silencieuse, qui conseilla de se rendre dans un endroit calme, où ils pourraient s’occuper de leurs blessures, et en particulier celle du soldat.



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Shigeru Juubei

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Taisa

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Lun 21 Oct - 0:52


Inuko ne répondit pas, se contentant de regarder Juubei en rage les yeux dans les yeux. Il n’était pas vraiment en colère, il était surtout terriblement inquiet pour la jeune femme. Ses manières de faire flirtait avec la criminalité. Il fallait dire que l’armée voyait d’un très mauvais œil ceux qui se faisaient justice soi-même. Inuko tenta de se relever, poussant un peu l’homme au-dessus d’elle qui voulut se relever tout de suite. Alors que Juubei soufflait pour ne pas trop souffrir en se mettant debout, Inuko le bascula tout à coup sur le côté, ce qui lui fit lâcher une exclamation ridicule de surprise. De la fumée apparut, et il comprit qu’elle essayait de le protéger. Cette soudaine démonstration d’attention le toucha en plein cœur. Comme un enfant trop sage, il se laissa faire sans demander son reste.

Un épais écran de fumée se propagea dans la ruelle. Une silhouette s’esquiva dans la fumée, ce que le Taisa ne comprit pas puisqu’il avait, plantés sur ses doigts, la bouillis de sang et de chair qui fut les yeux du meurtrier. Comment pouvait-il rire ainsi ? Il était censé souffrir abominablement. Il disparut. L’épais brouillard, accablé par la pluie, perdit du terrain jusqu’à ne plus paraître du tout. Inuko s’était relevée et avait foncé vers la ruelle, laissant Juubei se vider de son sang sur le sol trempé. Ses blessures n’avaient, jusque là, pas trop l’air graves, mais à présent, elles se révélaient de gravité assez forte pour qu’il ait besoin d’assistance. Lorsque la jeune femme revint enfin vers lui, elle n’avait pas l’air contente. Pas contente du tout. C’en était presque terrifiant de voir une personne aussi violente si calme. On aurait dit qu’elle cachait ses émotions, qu’on ne pourrait absolument rien voir de sa colère avant qu’elle ne morde. Inuko passa dans son dos afin d‘attester de ses blessures, il se tordit le cou pour la garder dans son champ de vision.

« Tu as besoin de soin, Shigeru. Ta blessure emp… »
_ « Je sais. »

Il se trouva troublé un très bref moment par la douceur de la jeune femme, mais il y avait anguille sous roche. Inuko n’avait pas terminé sa phrase. Juubei se retourna.

« Inuko ? Inuko ?! »

Il s’était rué vers elle. Elle n’avait pas l’air d’aller bien, sûrement était-ce le fumigène qui l’avait profondément atteinte. Elle chuta à genou et boucha sa bouche de sa main, certainement prise d‘un très désagréable haut le cœur.

« Parle moi, Inuko ! Fais un ef…fort ! »

Il commençait lui-même à avoir beaucoup de mal à lutter contre le sommeil. Mais il lutterait, au moins pour soutenir Inuko, une main sur son épaule. Qu’elle ne s’évanouisse pas, sinon ils seraient tout deux perdus. Elle eut enfin l’air de chercher quelque chose. Alors que la jeune femme changea de position par rapport au Taisa, apparut dans la main de celle-ci plusieurs feuilles de papiers qu’elle porta à sa bouche, un fin filet de poudre glissa alors entre ses lèvres. Qu’était-ce ? De la drogue ? Qu’importe. Tant que ça lui donnait des forces pour continuer à tenir debout, qu’il en soit ainsi. Bien qu’il ne se faisait pas vraiment à l’idée qu’Inuko ait besoin de ça.

Après quelques instants que Juubei trouva très très désagréable tant il avait envie de dormir et luttait pour ne pas se laisser aller à ce sommeil chimique et dangereux, Inako se tourna vers lui et lui demanda si il allait bien. Il ouvrit les yeux et se contenta d’hocher lentement la tête avec un sourire encourageant. Elle lui demanda alors ce qui l’amenait à Raiu, s’il était venu lui voler son travail. Il ne put s’empêcher de pouffer , puis d’éclater très franchement de rire. Mais n’ajouta rien de plus.

Inuko se redressa, elle avait l’air d’aller bien. Ouf ! Il se redressa aussi, quoique beaucoup plus difficilement. Il étai toujours prêt à dormir debout, bien que le fou rire qu’il avait eu avait été bienvenu et l’avait un peu tiré de son état ensommeillé. Il s’aida des murs pour avancer, et quand ça n’allait vraiment pas, il se posait là et soufflait. Juubei ne voulait pas qu’Inuko le porte. C’était vraiment idiot, mais il n’appréciait pas qu’une femme si frêle puisse le porter lui, alors qu’il était si bien bâti. C’était un homme, quoi !

Comme il avait vraiment du mal à avancer, ils réquisitionnèrent une maison de ville en son nom. Il eut mal au cœur de devoir déranger une modeste famille à l’heure du couché, mais il avait besoin de repos d’urgence. On lui prêta la chambre des enfants. Il demanda à Inuko de l’aide pour se soigner lui-même. A l’armée, ils avaient tout deux appris comment s’occuper des vilaines plaies. Tandis qu’elle s’occupait de lui, il lui dit:

« Je sais que je t’ai embêté en interférant dans ton affaire et je m‘en excuse. Mais je suis content de te voir. Prend le comme tu veux, mais tu m’as manqué depuis ton départ de l’armée. Et c’est là le problème… »

Il passa ses mains dans ses cheveux et redressa la tête alors que celle-ci demeurait jusque là baissée. Il regardait Inuko avec un air aussi rare que sérieux.

« Je dois t’avouer que ton comportement est presque criminel, Inuko-chan. Si tu étais restée dans l’armée, prendre les armes et les abattre sur tes cibles auraient été toléré puisqu’emprunt de justice. Ce n’est plus le cas puisque tu es Hinnin. Tu as beau être mercenaire, ça ne te donne pas le droit de vie ou de mort sur ta cible. C’est pour cela, que même blessé, je vais te suivre dans cette affaire, et je ne m’arrêterai que lorsque tu auras compris cela…
Si ça ne te dérange pas. »

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Dim 3 Nov - 11:10


Toujours aussi fier, Juubei n'a voulu à aucun moment être aidé pour se rendre dans un lieu plus paisible et sur afin de s'occuper de leurs plaies. Qu'y avait-il à être soutenu par moment? Même s'il s'agissait d'une femme... Pourtant Inuko appréciait ce côté de l'homme. Parmi ses connaissances, il devait être l'un des seuls à la voir comme une femme et non un monstre, un oni. C'est les yeux déposés en continu sur son camarade qu'il le suivit, restant à l'affût du moindre signe de faiblesse ou de fatigue.




Ils arrivèrent à présent dans une demeure. Grâce à son statut, le Taisa put les faire rentrer sans problèmes. La jeune femme s'excusa du dérangement et tout deux se dirigèrent vers l'une des chambres. Semblait-il celle d'enfant. Alors qu'elle inspectait chaque recoin, elle avait comme un sentiment de vide en elle. Etait-ce, qu'à son âge, la plus part des femmes avait déjà une vie de famille? Cela lui importait peu. Sa vie actuelle lui plaisait et surtout, elle ne voulait blesser personne. Encore moins les êtres qu'elle chérie. C'est sur cette pensée, qu'elle tourna son regard sur l'homme blessé. Oni-kira ne pouvait oublier ce qu'elle ressentait pour lui mais elle ne pouvait en aucun laissé cela s'exprimer pleinement.

Demandant son aide, Inuko ne pouvait refuser. S'approchant de lui, Inuko fouilla une fois encore dans sa sacoche afin d'en sortir un bandage ainsi qu'un flacon contenant de l'alcool. Elle vint ensuite s'agenouiller à côté de l'homme. Elle déchira un morceau de sa cape dont le temps l'avait rendu bien fade et vieille. Elle l'en aspergea d'alcool puis vint déposer le bout de tissus sur les plaies de l'homme, sans crier gare. Étrangement, il ne hurla pas. Pire, il commença à s'exprimer sur la joie de revoir la jeune femme. Sur ces mots, cette dernière arrêta quelques secondes ces soins avant de reprendre sans ajouter quoi que ce soit.

Après avoir désinfecté la plaie, elle en vint à passer le bandage autour du corps de l'homme. En même temps, elle écoutait le sermon sur la justice et son travail de mercenaire. Il exprima également son souhait de la suivre afin de la stopper. Sur ces dernières paroles, Inuko vint serrer le bout de tissu aussi fort que possible afin que le Taisa arrête ces déclarations. Toujours sans un mot, la demoiselle rangea le flacon puis se dirigea vers la fenêtre dont les gouttes de pluies continuaient de couler, donnant des formes étranges mais agréables à l'oeil.


« Tu me parles de justices... alors que l'armée reste aveugle devant des crimes impunis... »

Enfin des paroles! Mais le ton si sérieux, monotone et pourtant triste révélait le peu de sentiment que la Hinnin dégageait.

« Lorsque j'ai rencontré l'homme qui désirait que j'exécute à bien cette mission, je pouvais lire la moindre de ses émotions : haine, vengeance, tristesse, désespoir... [elle se retourna vers Juubei pour le regarder dans les yeux, sans aucune expression réelle] Dites moi Taisa : que faites-vous pour ces personnes dont le cœur et l'espoir ne tiennent plus que sur un fil? »

Un silence résonna dans la pièce. Seule la pluie brisait l'atmosphère qui devint lourde aussi bien pour la demoiselle que pour l'homme. La regard d'Inuko retourna sur l'extérieur où elle voyait les habitants fuirent la furie de Nuregami.

« Nous, Hinnin, pouvons voir et comprendre ce que ressente ces âmes qui ne demandent à ce que l'on apaise leur peine. C'est notre travail... c'est notre droit. Voilà pourquoi tu ne pourras m'arrêter et surtout... tu ne pourras me suivre, Juubei... »

Lorsqu'elle prononça son prénom, un subtile tintement de peine résonna dans sa voix. Tournant les talons, elle garda son regard pointait sur la porte de sortie. Elle savait pertinemment que l'homme ne la laisserait pas partir aussi facilement. Voilà pourquoi, elle ajouta en restant immobile près de lui.

« Tu dois te reposer. Ta blessure risque de s'ouvrir de nouveau si tu forces trop. Et puis... Je ne veux pas que tu sois davantage blessé... »

Révélation? Pas réellement. Elle aurait dit cela pour n'importe qui, mais pour lui, elle y attachait davantage de sincérité. A présent, elle n'allait aucunement rester dans cette demeure toute la nuit. Que devait-elle faire? Partir immédiatement ou bien attendre que l'homme dorme pour s'enfuir? Cela dépendrait sûrement de sa réponse...



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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Dim 10 Nov - 23:48


Hé si, ça la dérangeait. En tout cas, Inuko avait l’air de ne pas du tout apprécier ce que Juubei avait déblatéré avec tant de sérieux. Elle avait serré le bandage qui recouvrait sa plaie à l’épaule avec une violence colérique, cela étouffait presque le Taisa qui tirait dessus, histoire qu’il le gêne moins pour respirer. Il le défit enfin, et se débrouilla pour refaire le pansement à peu près correctement. Pendant ce temps là ,et avec un calme olympien, Inuko rangeait son nécessaire de soin avant de se diriger vers la fenêtre pour contempler la pluie.

C’est alors qu’elle adressa la parole à Juubei. Son ton sérieux laissait penser qu’elle était lassée et triste de dire que l’armée était bien souvent impuissante. Et Juubei fut désolé de constater qu’elle avait raison, qu’elle était parfois obligée de fermer les yeux lorsque les preuves manquaient et que le criminel était plu doué qu’elle. Cependant, Inuko se méprenait sur son compte. Lui aussi était humain, et était tout à fait capable de comprendre ce que les gens ressentait lorsqu’on leur arrachait un proche. La colère, la haine, l’envie, il était passé par là aussi. L’armée, malgré tout ses codes, n’était pas inhumaine. Loin de là.

Inuko semblait bien triste, mais il était dans le devoir de Juubei de lui prouver qu’elle avait tort. Il la vit glisser un regard vers la porte de la chambre. Elle voulait donc profiter de sa faiblesse pour s’enfuir, et il en fut attristé un moment, mais ne laissa pas la peine se peindre sur son visage. Il paraissait inflexible, malgré la fatigue. Il ne répondait rien à tout ce qu’elle disait, absolument rien. Il savait combien elle était têtue, et la raisonner n’aurait servi à rien à part se ridiculiser ou se disputer. Il se contentait de l’observer avec une mine à la fois sombre et sérieuse. Certainement se disait-elle que Juubei se comportant bizarrement à cet instant, ou bien qu’il était trop fatigué pour vouloir débattre. Comme Il parut au Taisa qu’elle faisait semblant de s’intéresser à sa santé. Tout cela lui paraissait tellement peu naturel, intéressé. Elle ne voulait que s’enfuir et elle essayait de le convaincre, mais lui aussi voulait mettre la main sur le meurtrier. Surtout qu’il était aveugle maintenant, il ne pouvait pas être bien loin.

Ses paupières s’ouvraient, se fermaient, s’ouvraient, puis se fermaient de plus en plus. Il avait sommeil, mais lui ne voulait pas dormir. Cependant, il chercha à leurrer Inuko en s’assoupissant assis sur le lit l’espace d’une minute ou deux afin de la laisser partir. Il l’entendit saluer ceux qui les avaient abrités un court instant, puis se leva en évitant au maximum la fenêtre. Le Taisa nettoya toutes les traces de sang qu’il avait laissé dans la chambre, refit correctement le lit, avant de partir de la demeure en saluant à son tour ses propriétaires. Il avait laissé deux trois pièces sur le lit pour que les enfants puissent s’acheter des sucreries le lendemain.

A présent qu’il était dans la rue pluvieuse, deux chemins s’offraient à lui. Juubei essayait d’écarter sa fatigue pour mieux réfléchir, cependant, c’était bien difficile. Il devait penser comme Inuko…Lequel avait-elle bien pu emprunté…? Un cri retentit derrière lui. Un cri de femme, la mère des enfants qu’il avait quitté plus tôt. Ni une, ni deux, il ouvrit la porte. Elle serrait un de ses trois enfants. Il était inerte contre elle qui hurlait à la mort.
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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Jeu 21 Nov - 10:22


Finalement, il ne put retenir la fatigue qui le gagnait. Juubei venait de s’assoupir juste devant les yeux de la jeune femme. Un léger sourire se dégagea de son visage alors qu’elle se doutait bien qu’il ne faisait que jouer la comédie afin de ne pas répondre au propos que venait d’exprimer l’Hinin. Sans rien ajouter de plus, elle quitta alors la chambre dans une démarche lourde. Rejoignant l’entrée de la demeure, elle croisa bientôt les propriétaires qui se trouvaient dans une pièce adjacente. Les remerciant en s’inclinant, Inuko leur donna toute sa gratitude et demanda également si son ami pouvait rester quelques temps encore. Le sourire enjoué ne fit que plus plaisir à la mère des lieux. L’Hinin se compara un instant à cette femme : si belle, jeune et majestueuse, ayant réussi sa vie de famille. Elle ne dévoila rien, mais la combattante était quelque peu… jalouse et attristé… Déposant son chapeau de paille qui cacha son visage, Inuko quitta les lieux.

La pluie n’avait toujours pas cessé. Attrapant le bout de paille entre son index et son pouce, elle leva le visage vers le ciel où des gouttes commencèrent à ruisseler. Puis, toujours en gardant son silence légendaire, reprit la direction du centre du village via les petites ruelles. Elle aurait plus de chance de trouver des indices là-bas. Néanmoins, elle ne tarda pas à retrouver sa cible plus près qu’elle ne croyait.
Un cri d’une femme l’alarma immédiatement. Cela venait de la demeure dans laquelle elle se trouvait, il y a à peine quelques minutes. Sans attendre, elle se précipita là-bas. A son arrivé, Juubei était déjà debout, à regarder la femme tenir son enfant dans ces bras. Inuko en resta également choqué. Etait-ce possible ? Et surtout, est-ce de sa faute ? Un bruit vint ensuite sortir la samurai de son angoisse. Se précipitant sans même prendre la peine de dire quoi que se soit, elle rejoignit l’étage et ouvrit les différentes pièces jusqu’à entrer dans l’une d’entre elle. Une silhouette s’y tenait. Même à contre-jour, la demoiselle remarqua les dégâts causés sur la lame de l’homme qui se tenait en face d’elle. La pluie semblait avoir cessée alors qu’Inuko entendait des gouttes tomber à intervalles réguliers. Elles glissaient le long de la lame et touchait bientôt le seul.

Le regard de la demoiselle fut cacher par son chapeau mais ses mains tremblantes et l’aura qu’elle dégageait aurait pu effrayer n’importe qui. Lorsqu’elle releva son regard pour foudroyer l’homme en face d’elle, celui-ci était plus rouge qu’à l’accoutumé. Insultant sa proie mais également celui qui était sa cible, il ne s’en sortirait pas vivant cette fois. Elle se le jura.
Bien qu’aveugle, l’homme se précipita vers la fenêtre et n’hésita pas un seul instant avant de passer par-dessus la barrière. Inuko limita rapidement et le rejoignit dans la ruelle. La course poursuite commença mais ne fut que de courte durée alors que les deux personnes gagnèrent le pont qui donnait sur la sortie Ouest du village. Elle ne savait comment, mais l’homme osait lui faire face après ce qu’il avait fait et venait de faire. D’un geste lent, Inuko dégaina son katana dont la lame brillait sous la pluie. En même temps, l’homme rigola aux éclats.


« Finalement, même Oni-kira est capable de ressentir des émotions. Qu’est-ce que cela te fait hein ? Moi, ca me fait vibrer. Comme la fois où j’ai tué toutes ces femmes. Quel délice de les voir succomber devant ma lame ! HA ! »

La demoiselle resta silencieuse et essaya de garder son calme. Reprenant son sang-froid, elle prit finalement la peine d’adresser la parole à cette personne.

« Ainsi donc, ce n’est que par pour plaisir que tu as pris leur vie… ?
- Bien évidemment. Si certains aiment le plaisir de la chair de ses jeunes femmes, mais je préfère sentir leur souffle et voir leur peur lorsqu’il ne le reste que peu de temps avant d’être accueilli dans les bras des Shinigamis. »

Par la suite, l’homme commença à complètement divaguer. Il exclama tout le plaisir qu’il pouvait avoir à faire cela, les sensations qu’il ressentait. Mais également, il déclara tous ses plans futurs et il voyait grand. Pensait-il réellement échapper à l’armée aussi longtemps ? Non, en réalité, il avait réussi jusqu’à maintenant, pourquoi cela ne pourrait-il pas durer. Alors qu’il continuait à déblatérer des absurdités, la Hinin repensa aux paroles de Juubei il y a peu de temps. Que le travail de la demoiselle avait des airs de crime. Si elle était restée dans l’armée, ces actes auraient été justifiés. A cet instant, les souvenirs de ses dernières missions lui revinrent en tête. Comment aurait-elle pu exécuter ses cibles aussi facilement si elle était restée sous les ordres de son seigneur ? Aurait-elle eu le courage de regarder ses camarades dans les yeux après cela ? Non… voila pourquoi elle avait déserté. C’est parce qu’elle savait pertinemment que, quoi qu’elle fasse, la mort rôdait en permanence autour d’elle et qu’elle prenait la vie de peu importe quelle personne qui s’approchait d’elle. C’était la raison pour laquelle elle avait choisi de quitter ses proches. Elle voulait uniquement que cette fatalité s’abatte sur ses ennemis.

Laissant ce moment de mélancolie de côté, Inuko était redevenu l’Oni-kira, cet être sans émotion, sans expression qui prenait la vie de ses proies sans aucune hésitation. Serrant le manche de son katana, elle entendit les dernières paroles de sa cible qui déclarait qu’il mourrait d’envie de sentir sa lame transpercer la jeune femme. C’est également pour cela qu’il se jeta sur elle comme le ferait un fou. Profitant de cette occasion, pour faire de même… Le temps semblait alors s’être arrêté un instant…  

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Mer 18 Déc - 2:46


Paralysé de stupeur devant la terrible scène, Juubei sentit se figer un horrible rictus de dégout sur ses lèvres. Ces sanglots, il aurait voulu ne jamais avoir à les entendre. L’enfant, arborant une sale couleur grise, une couleur de souffrance puis de mort, gisait dans les bras de sa mère qui hurlait et hurlait encore, comme si elle revivait l’ignoble agonie de son petit. Alors que le guerrier se forçait à fermer les yeux pour ne pas voir la panique dans les yeux des parents et de la fratrie regardant et tâtant leur cher perdu dans l’espoir qu’il revienne à la vie, Juubei se surprit à se dire que tout ceci était de sa faute. En effet, il n’y avait qu’une seule personne pour avoir causé ce drame…Si seulement, il n’avait pas arrêté Inuko, s’il n’avait pas été là, alors peut-être que ce gamin serait encore en vie !

Son front lâcha une goute de sueur de culpabilité, de nervosité mais aussi de douleur. Il s’appuya au coin de la porte, son bras et sa main tendus étaient pris de violents tremblements. Le Taisa ne se sentait vraiment pas bien. Alors que quelques goutes se matérialisaient de son front pour s’écraser au sol dans un rythme régulier, il entendit Inuko accourir et n’en fut pas surpris. Pour être si efficace, il s’était toujours demandé si elle n’était pas dotée de quelconque dons qui développaient sa perception et ses sens. Par-dessus son épaule, il la vit, les mains devant la bouche dans une expression de surprise. Puis, presque aussitôt, cette dernière changea pour que la trentenaire se précipite avec rage à l’étage et ouvre toutes les portes, pièce par pièce.

Alors qu’elle fit glisser les écrans de la dernière chambre, ils aperçurent une silhouette en pleine lumière bien que dehors, il pleuvait. Cette silhouette se détachait, noire, sur le gris ambiant, et lorsque cette dernière se retourna, elle terrifia Juubei avec ses larmes de sang qui avaient coulé jusqu’à sa poitrine. Son kimono fin et vert pâle enveloppant sa brioche avait été tâché en plusieurs endroit par ce liquide rouge et vital. Mais à qui ces quelques gouttes avaient-elles appartenu ? A cet homme détestable à présent à moitié fou, ou bien à l’enfant qui avait perdu la vie de ses mains et de sa lame immonde ?

L’air avec lequel il fixait les deux individus était dérangeant, mais même ses yeux réduits à deux paquets de chairs ensanglantés et meurtries ne pouvaient égaler ce que les vibrations de rage d’Inuko suscitaient chez celui qui assistait à la scène. Juubei, après avoir lâché une très légère expression de surprise, ne pouvait s’empêcher de prendre le plus calmement possible quelques distances. Trois ou quatre pas étaient bien assez, mais il s’agissait déjà de quatre pas. L’ennemi lui ne bougea pas, il se courbait d’une étrange façon et son regard vide et sale pointait vers Inuko alors que sa tête était relevée. Son sourire était vicieux et prédateur. Inuko aboya une insulte tandis que l’homme bondit comme un cabris par la fenêtre et chuta sur ses pieds. Son aimée secrète ne se faisant pas prier pour suivre cet odieux personnage, Juubei passa sa tête vers l’encadrement pour appeler la jeune femme. Mais celle-ci, comme hypnotisée, fixait et courrait vers sa proie du jour.

Juubei ne put que les voir peu à peu disparaître, les armes aux poings, se préparant pour une terrible course poursuite puis pour un affrontement d’encore plus de violence. Ces deux êtres ne s’appartenaient plus , ils étaient habités par des esprits inconnus qui trouvaient leur essence dans des duels bestiaux et sanguinaires. Juubei devait les arrêter avant qu’il ne soit trop tard pour l’un d’entre eux. Cependant, la tête lui tournait affreusement et il avait de terribles nausées. Le sol se transformait en multiples vagues sur ses pas, il lui paraissait marcher sur le pont d’un navire plutôt que dans une chambre d’une habitation moyenne. Mais il ne faisait pas confiance à Inuko lorsqu’elle était dans cet état. Après avoir calculé les risques et les dangers, il bondit à son tour par la fenêtre, trébucha et boita en espérant trouver au mieux de l’aide, au pire, les deux combattants qui se prenaient pour des guerriers ancestraux.

Ruisselant de sueur, Juubei parvint à leur tomber dessus. Il n’était qu’à six grands pas d’Inuko lorsqu’il entendit : « Si certains aiment le plaisir de la chair de ses jeunes femmes, moi je préfère sentir leur souffle et voir leur peur lorsqu’il ne leur reste que peu de temps avant d’être accueilli dans les bras de Shinigamis. »

Et il n’en crut pas ses oreilles. Juubei eut alors une expression de rage profonde. Ce fut avec cette même colère très impulsive qu’il interpella son alliée:

« Inuko ! Tue le ! En avouant, il s’est jugé lui-même ! Je n’ai plus besoin de le trainer jusqu’aux baraquements militaires pour qu’il s’explique ! Tue le ! »
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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Mer 18 Déc - 12:26

Il n'en fallait pas plus pour que l'Oni-kira abatte son jugement. Jusqu'à présent, elle s'était retenu par égard à son ancien camarade. Les choses étaient différentes à présent. Même Juubei avait jugé bon de mettre un terme à la vie de cet être encore plus ignoble qu'un Yokai. L'envie de tué, de devenir un Shinigami, devenir l'être le plus cruel... Cela importait peu que le Taisa voie la jeune femme comme telle, elle voulait anéantir cet homme qui se précipitait devant elle.

Le temps semblait ralenti pour la demoiselle, qui pouvait voir les moindres gestes de son adversaire. Le sourire de celui-ci était horrible, plein de joie de détruire des vies innocentes. Il était temps d'en finir. Assez proche de lui, Inuko avait l'avantage de la longueur de son arme, voilà pourquoi, stoppant sa course en positionnant son pied devant elle, genoux pliés, elle pivota sa lame frottant au sol pour pointer celle-ci dans le torse de l'homme qui vint lui-même ne faire qu'un avec celle-ci. Cela arrêta immédiatement son corps mais pas ces rires. Malgré la situation il continuait de rire à plein poumon. Inuko ne lui accorda aucun regard.


« Ah ah ah euh... -Il cracha un filet de sang qui vint sur le visage de la jeune femme. Il sourit à présent – Toi et tes semblables, les Yokais, vous serez tous éliminés. Si ce n'est pas moi, l'empereur s'occupera de vous et je serais heureux de pouvoir vous faire souffrir en Enfer HA HA HA HA!!!! »

Inuko pivota à nouveau sa lame afin d'exécuter un coup horizontal pour délivrer son arme du corps de cet homme souillé. Il gisait à présent mort au sol. Elle le dévisageait encore, et encore avec son regard aussi froid que la glace mais aussi ardent qu'un volcan. A ses yeux, il était mort bien trop rapidement. Il aurait dû davantage souffrir pour ces actes...
Les dernières paroles de sa cible était cependant gravé en elle : « vous serez tous éliminés. » Peut être est-ce ce qu'elle attendait depuis longtemps. Pouvoir être libéré de sa malédiction et laisser ses amis vivre sans crainte. Néanmoins, elle se laissa pas abattra aussi facilement. Essuyant sa lame d'un geste vif, elle rengaina avant de laisser l'homme sur place. Elle rejoignit rapidement Juubei qui était plus fébrile que jamais. Lui évitant une chute certaine, elle le prit dans ses bras et s'accroupit afin qu'il puisse se reposer un instant. Les évènements qui venaient de se dérouler transformèrent sa voix lorsqu'elle s'adressa à son camarade.


« Tu n'aurais pas dû venir... »

Elle ne savait comment mais elle ressentait la moindre vibration du corps du blessé. Est-ce de la fatigue? De la peur? Ou encore... de la culpabilité? Connaissant le Taisa, il devait se sentir responsable alors qu'il n'en était rien. La fautive dans l'histoire, ce n'est qu'elle et elle en prendrait bien évidemment la responsabilité. Sa voix n'était pas des plus amicales, elle voulait tout de même le rassurer. Resserrant son étreinte sur lui, elle lui déclara:

« Ma mission est accomplie... Mais ma faiblesse de ne pas avoir pu tuer cet homme coûta la vie... à un enfant. Tu n'es... pas responsable de cela. Tu n'es... pas responsable... Juubei... »

La répétition de cette phrase était bien différente de la précédente. Elle était tremblante... Voir des hommes mourir, elle en avait l'habitude mais voir une si jeune vie prise par simple plaisir, elle n'arrivait pas à se le pardonner en cet instant. Les choses auraient peut être été autrement si Juubei n'avait pas été là. Elle serait resté impassible, sans aucune émotion, sans aucun regret mais elle ne pouvait l'expliquer, ce Taisa semblait pouvoir pénétrer dans le coeur de pierre de la demoiselle par sa simple présence. A présent, elle n'osait pas le regarder. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait peur d'affronter son regard et surtout, voir la souffrance qu'il pourrait dégageait...



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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Jeu 26 Déc - 3:08

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Inuko sembla avoir senti la présence de Juubei et avoir attendu son avis avant de se donner la peine de condamner le malheureux. Celui-ci s’était précipité sur elle dans une rage guerrière, son épée brandie droit devant. Il était d’ailleurs assez ridicule de voir cet homme si petit et si peu en forme filer comme le vent. Mais la jeune femme, bien loin de se laisser attendrir dans sa course, prit soudainement un appui pour que sa lame frotte le sol avant de se ficher dans le torse du monstre. Celui-ci ne sembla pas remarquer sa situation et continua d’émettre un rire fou en tentant d’atteindre Inuko. Il cracha sur elle, avant de se calmer puis de sourire en comprenant enfin ce qui lui était arrivé.

Juubei ne saisit pas bien la suite. Il semblait traiter Inuko de Yokai, comme si c’était un fait avéré et d’une évidence même. Il était vrai que le colonel avait parfois des doutes quant aux origines de sa compagnonne mais il refusait clairement d’y croire. Un Yokai ne se serait pas caché tant de temps. Et puis, de toute façon, ce n’était vraiment important. Il s’était bien épris d’une kitsune il n’y avait pas si longtemps...Mais Juubei s’égarait. Ce devait être la fatigue, ses pensées allaient à leur aise et perdaient bientôt tout sens logique et spatio-temporel.

Il aperçut dans la brume de son regard Inuko achever ce sale type. La scène ne le toucha même pas, l’appel du sommeil se faisait de plus en plus irrésistible. Il se prit à trembler et à tituber dangereusement, se ressaisit un instant pour ne pas tomber et se faire mal. Sa « compagne » accourut alors, elle le prit dans ses bras. Il l’imagina nue collée contre lui durant deux bonnes secondes. C’était agréable. Cependant…

Il avait rêvé, ou bien Inuko n’avait plus la même voix ? Cette question mourut aussi vite qu’elle était apparue dans son esprit, car elle resserra son étreinte et il plongea dans un instant de béatitude et de délire total. Elle parla, il semblait que sa voix qu’il imaginait agréable était gênée par trois murs ou une très grande distance. Il ne comprit absolument rien d’intelligible. Mais dans ses rêves, il croyait que sa Venus l’appelait et lui lançait des mots doux.

« Redis moi ça. »prononça-t-il avec un sourire stupide sur son visage en sueur.

Ses blessures, le meurtre du jeune garçon, la scène de souffrance de sa mère et le meurtrier n’étaient plus que de très très lointains souvenirs. Juubei était dans son monde, complètement hermétique à ce qui l’entourait véritablement, seulement voué au désir qu’il éprouvait pour Inuko et à son propre bonheur.

« Rapproche toi, que je te sente toute près de moi. »

Ses lèvres cherchèrent ses joues. Ses mains se glissèrent avec gaucherie sur le manteau d’Inuko pour l’en défaire, et avec lui, toutes les autres couches qui la recouvraient. Du moins, c’était son intention. Et il y avait un pas de géant entre ce qu’il voulait et ce qu’il pouvait faire.
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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Ven 3 Jan - 13:49


L'attitude de Juubei devint immédiatement suspecte lorsqu'il commença à glisser quelques paroles. La fatigue le rendait aussi peu réel qu'un Yokai. Inuko pouvait sentir que l'homme n'allait pas bien et elle le réalisa encore plus en voyant sa main couverte de sang quand elle enleva celle-ci du dos de son camarade. Il avait besoin de soin et rapidement; ceux que lui avait procurés la demoiselle ne suffisaient plus. Elle se souvenait d'un homme dans le village, un docteur qui aidait les êtres les plus démunis. L'Oni-kira n'avait pas le choix. Elle ne pouvait l'amener dans leur dernier abri et il était trop grièvement blessé pour être transporté en dehors de la ville où elle aurait pu trouver des plantes médicinales.

Alors qu'elle s'apprêtait à aider l'homme à se relever, celui-ci sera son étreinte et avoua vouloir ressentir Inuko encore plus près de lui. Il divaguait mais elle savait aussi que les hallucinations sont souvent des paroles venant des désirs ou des peurs de l'âme. Elle-même aurait voulu profiter de l'instant présent, collé contre lui. Du moins, si elle avait été une simple femme; c'est loin d'être le cas : guerrière, mystérieuse, insociable et yokai. C'était les mots avec lesquels on l'identifiait. De plus, elle ne pouvait se rapprocher de personnes, sous peine de les voir disparaître. Elle était donc obliger de rester distante de l'homme en ces jours sombres.

Essayant de se défaire de son étreinte, elle dut utiliser la force qui faisait d'elle un monstre pour certains afin de se libérer. Prenant le visage du samurai entre ses mains, il était clair qu'il n'était plus en état de marcher ou même de discuter. Ces yeux étaient aussi peu de vie qu'un mort-vivant et sa peau aussi pâle que la brume. Elle devait se dépêcher. Ironique, elle n'eut d'autres choix que de le porter sur son dos. Présentant ce dernier, elle prit les deux bras de l'homme qu'elle passa de chaque côté de son cou, avant de venir attraper les cuisses de l'homme. D'un geste vif, elle réussit afin à le positionner. S'aidant de sa seule main qui ne maintenait pas le Taisa pour le moment, elle réussit à se lever. Bien qu'elle possédait une force incroyable, Juubei n'en restait pas moins un homme fort et puissant comparé à la carrure de la demoiselle. Elle devait donc se dépêcher sans pour autant chuter.




Courant en petite foulée sous la pluie, elle répétait sans cesse qu'il ne devait pas abandonner maintenant. Il fallait passer la rue principale puis rejoindre les quartiers pauvres de Raiu, dépasser les marchands et enfin rejoindre une ruelle dont la noirceur était inquiétante. Arrivé à celle-ci, Inuko reprit son souffle tout en posant une main sur un mur pour se stabiliser. Longeant celui-ci en gardant son appui, elle aperçut l'échoppe de l'homme en question. La porte n'était rien de plus qu'un rideau que l'Hinnin souleva d'une main. Heureusement, le soigneur d'une trentaine d'années, cheveux longs attachés en une queue-de-cheval basse et portant des lunettes, semblait peu occupé. Inuko n'eut aucun besoin d'expliquer la situation, son regard en disait long. Il indiqua immédiatement une autre pièce se trouvant dans le fond. Un lit s'y trouvait et elle y déposa le blessé avec délicatesse, sans aucun geste brusque. Écartant une mèche de cheveux qui masquait son visage, Inuko voyait la souffrance de son camarade. Cependant, il était en sécurité maintenant.

La demoiselle commença à se dévêtir dans la pièce à côté, laissant l'autre homme s'occupait des blessures du Taisa. Elle commença d'abord par son manteau puis son plastron. Elle continua par ses pieds et enfin, elle retira son kimono laissant apparaître un tissu soutenant sa poitrine et les nombreuses blessures qu'elle a pu recevoir durant ses périples mais également celle durant cette mission. Rien que des égratignures mais il fallait tout de même s'en occuper. Elle s'attacha les cheveux en un chignon mal fait et essuya chacune d'elles. Le médecin revint dans la pièce. Inuko tourna la tête pour croiser son regard.


« Il n'a rien de grave. Un peu de repos et il sera bientôt sur pied.
-silence-... Merci.
-De nombreuses rumeurs courent sur vous, Oni-kira. Aucune ne mentionne cependant votre bienveillance. »

Elle ne dit rien et s'en retourna à ses blessures personnelles. Elle ne le voyait pas mais les yeux inquiets de l'homme présent s'attardaient sur chaque cicatrice du dos de la demoiselle. Terminant son ouvrage, elle se leva sans échanger un regard avec le soigneur. Néanmoins, elle s'arrêta à sa hauteur et ajouta.


« Je vous payerai pour vos soins uniquement parce que je ne veux avoir aucune dette envers vous. »

Puis elle entra dans la pièce où Juubei se reposait. Il semblait plus serein et reposé. Inuko s'approcha du futon et resta à l'observer, sans un geste, sans une pensée, si ce n'est celle de l'abandonner afin qu'il ne la suive pas. Pourtant, elle voulait s'assurer qu'il reprenne des forces. Dirigeant ses pas vers l'un des murs de la pièce, elle vint s'asseoir, dos contre ce dernier, à attendre le réveil de son camarade.



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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Mar 21 Jan - 0:09


Grièvement blessé à l’épaule, Juubei arpentait les routes des Terres neutres à la recherche de Yuuki. Les orages grondaient les uns après les autres. La pluie ne cessait de tomber sur la terre jusque-là asséchée, lavant sa peau de son sang et alourdissant ses vêtements. Pourtant, il ne sentait pas ni la fatigue, ni le froid, et sa hache de guerre semblait aussi légère qu’une plume. Yuuki ! Yuuki…

Il avançait, avançait, avançait nuit et jour. Il flottait, scrutant chaque chemin à la recherche d’une silhouette féminine à la chevelure nuit pourvue d’une longue queue touffue. Malheureusement, il ne croisa nulle part tel profil, il risqua mainte fois sa vie contre de mauvais Yokais. Tout ça pour retrouver une kitsune qui ne lui appartenait plus. Yuuki ! Yuuki…

Qu’était-elle devenue, cette femme d’audace ? Il l’ignorait. Il savait seulement qu’elle lui avait donné son enfant, sa fille, une petite kitsune et qu’elle était partie, faible et affamée. Peut-être y avait-elle été obligée… Il devrait retourner à Kagere et Bakemon, vérifier si elle s’y trouvait. Rien n’était fini, il pourrait s’arranger pour la sauver, il en était certain ! Cependant, Yuuki avait toujours agi en solitaire, elle lui avait avoué un jour qu’elle n’était pas à l’aise avec les siens, qu’elle préférait grandement à leur compagnie, celle de Juubei. Elle demeurait et demeurerait donc introuvable.

Juubei remarqua une femme emmitouflée dans un manteau de toile brune et prostrée à la croisée des chemins, à la frontière des terres humaines et des terres Yokais. Un je-ne-sais-quoi l’attira fortement à elle, il la prenait pour celle qu’il était venu sauver. Il la rejoignit et vit deux mèches flamboyantes dépasser de sa capuche. Celle-ci masquait tous ses traits. Alors qu’elle leva la tête vers lui, un éclat écarlate et menaçant perçait les ténèbres de son manteau.

Juubei se réveilla. Ce n’était pas un cauchemar, aussi s’éveilla-t-il doucement. Il parut tout d’abord surpris de se trouver dans un lit et dans un lieu qu’il ne connaissait pas. Mais sentant subitement sa tête le faire souffrir, il se la prit entre les mains en crissant des dents.Une silhouette bougea dans les ombres de la pièce, Shigeru tourna vivement la tête vers celle-ci. Ses yeux s’habituèrent alors à la pénombre et il put distinguer…Inuko.

Elle ne portait rien sur ses épaules, si bien que Shigeru put percevoir la naissance de sa poitrine. Il ne l’avait jamais vue comme ça. La vue de sa peau blanche le fit rougir, il devint alors aussi rouge qu’une pivoine pour bondir sur la manifestation de son désir et la dissimuler sous plus de replis du drap, comme un garçonnet aurait honte de ses premiers émois. Il avait beau allé sur ses quarante ans, il y avait des choses en l’amour qui ne changeaient pas. Et bien que Inuko sache très bien qu’il la désirait ardemment, elle n’avait pas à encaisser la vue des bizarreries du corps masculin alors qu’elle n’en était pas intéressée. Le guerrier finit par se calmer, frappé une nouvelle fois par une fulgurante fatigue. Raisonnable, il s’allongea et tourna le dos à la mercenaire, le temps de récupérer ses esprits dans leurs totalités.

« J’ai dormi combien de temps ? Comment as-tu fait pour me transporter ? » lui demanda-t-il alors qu’il ne l’avait pas dans son champ de vision.

Il se remémorait peu à peu ce qui s’était passé durant les dernières heures. Enfin, il fit volte-face et sourit doucement à Inuko.

« Merci…Tu sais, l’autre enfoiré t’a traitée de Yokai…Euh… je voulais te dire que mê….Oh, mais qui t’a fait ça ?! »

Il pointait les cicatrices d’Inuko avec, sur son visage, un mélange de dégoût et de colère. Il avait complètement oublié les siennes dans l’histoire, quasiment similaires, alors qu’il était assis, torse presque nu sur le lit.

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Dim 26 Jan - 12:39


Les jours se suivaient mais ne se ressemblaient pas. Alors que la pluie battante des jours précédents avait nettoyé chagrin et colère, le soleil de ce nouvel après-midi avait effacé tout désarroi. Pourtant, les souvenirs restaient distincts et ne pourraient disparaître qu'avec le temps, si celui-ci le permettait. Son âme était cependant  marquée au fer rouge car il lui était impossible d'oublier le visage des innocents morts. Son corps lui rappelait également les batailles et les conflits qu'elle avait résolus avec la seule force de son arme. Elle avait choisi cette vie, celle d'une Hinnin qui résolvait les problèmes des faibles de ce monde.

Admirant l'éclat du soleil, trop éblouissant pour une personne vivant dans l'ombre, Inuko baissa ensuite son regard sur les habitants qui voguaient dans les ruelles. Les rires d'enfants résonnèrent également alors que la douleur de son esprit lui rappelant celui mort durant sa mission refit surface. Délaissant tout regard ou voix, la jeune femme lâcha le rideau de la fenêtre qu'elle avait précédemment relevé et se dirigea vers le milieu de la pièce où dormait encore Juubei. Cela faisait maintenant 3 jours qu'il n'avait pas repris connaissance. Durant ce temps, Inuko avait pris soin de lui apporter son soutien. Chiffon mouillé pour le front, repas préparé par elle-même ou encore pansements et médicaments, elle n'avait rien laissé de côté et surtout, elle ne voulait pas être davantage redevable au médecin en le laissant s'occuper de tout. Elle était ainsi, solitaire mais malgré tout attentive à ses proches.
Elle vint s'asseoir près de lui. Elle reprit le morceau de tissu qu'elle avait placé sur son front pour le plonger dans l'eau de la bassine se trouvant près d'elle. Rinçant puis essorant celui-ci, elle vint le replacer sur le visage de l'homme. Aucun signe de sa part. Cela ne présageait jamais rien de bon mais connaissant la robustesse du Taisa, il ne se laisserait pas faire aussi facilement. La jeune femme l'observa quelques instants puis se releva en prenant le récipient en main. Elle se dirigea ensuite vers la pièce principale où elle croisa l'autre homme mûr de la demeure. Elle lui adressa un simple regard avant de rejoindre un renfoncement avec un baril rempli d'eau. Jetant le contenu sale, elle remplit de nouveau l'objet de métal sous les yeux inquiets de l'homme qui se permis de prendre la parole.


« Vous devriez vous reposer. Vous avez également des blessures dont il faut s'occuper.
- Ne vous inquiétez pas pour moi... »

Dit-elle tout en regagnant la chambre. Elle installa la bassine près du blessé avant de rejoindre l'un des murs de la pièce. Là, une autre bassine, légèrement trouble s'y trouvait également. Elle enleva son kimono et fit apparaître son « passé d'Hinnin ». Certaines cicatrices récentes avaient du mal à cicatriser mais Inuko ne voulait pas laisser la douleur l'envahir. Prenant le chiffon dans l'eau encore chaude, elle vint essuyer chacune d'entre elles en silence.

~~~~


Le jour suivant, Inuko répéta les mêmes gestes. Après avoir nettoyé sa peau blessée, elle observa de loin son camarade encore endormi. Du moins, jusqu'à présent car il reprit enfin connaissance. Silencieuse, elle le laissa reprendre ces esprits tranquillement. Lorsqu'il déposa enfin son regard dans le sien, l'homme fut apparemment perturbé de voir la jeune femme si peu vêtit, au point de voir certains aspects masculins dérangeants faire surface. Elle esquissa un sourire avant de se rapprocher de lui. S'asseyant près de lui, elle répondit simplement aux interrogations du Taisa.

« Cela fait 3 jours depuis cette nuit. Malgré ton corps, j'ai réussi à te porter sur mon dos jusqu'au médecin le plus proche. »

Juubei se releva et la remercia, comme à son habitude. Il voulut également la rassurer sur les paroles que sa « proie » de l'autre soir lui avait jetées en plein visage. Elle les avait oublié. Retenir une seule parole de cet homme était répugnant. Alors que l'homme encore blessé s'adressait à elle, il se stoppa en voyant les cicatrices et blessures sur la peau blanche de la demoiselle. Jetant un regard sur celle-ci, elle lui déclara sur un ton simple et sans aucune émotion.

« Ce n'est que les résultat de certaines faiblesses. Tu n'as pas à t'inquiéter. »


En terminant sa phrase, le médecin fit son apparition dans la pièce et fut réjoui de voir le Taisa enfin sur pied. Il vint à son tour s'asseoir afin d'occulter le malade. Quelle fut sa surprise en voyant que la plaie avait parfaitement été soignée. A cette pensée, il tourna son regard sur la jeune femme qui avait les yeux fermés, le visage serein et calme. Un silence s'installa puis le trentenaire prit la parole.

« Vous devriez remercier cette jeune femme. C'est grâce à elle si vous êtes vivant aujour...
- Je n'ai besoin d'aucun remerciement -coupa Inuko. Elle leva son regard sur Juubei.- Maintenant que tu es remis sur pied, tu n'as plus besoin de moi. »

Sans attendre aucune réponse d'aucun des deux hommes, elle fouilla dans l'une de ses sacoches et en sortit une petite des petits sachets qu'elle déposa près du fuuton.


« voilà l'argent pour votre hospitalité. »


Elle n'ajouta rien, se leva et regagna le coin de la pièce où elle avait déposé ses affaires. Se rhabillant, mettant son katana dans son dos, elle s'apprêtait à repartir. Elle savait pertinemment que Juubei ne la laisserait pas faire mais si elle traînait trop longtemps dans le coin, elle risquerait d'attirer davantage l'attention et les problèmes. Et puis, elle n'en oubliait pas sa malédiction : à rester trop près de lui, il pourrait être encore plus grièvement blessé. Elle ne le permettrait pas... Alors qu'elle se dirigeait près de la sortie, elle eut comme une douleur sur l'une de ses côtes. Posant la main par réflexe sur celles-ci tout en grimaçant un instant, elle replaça sa main le long de son corps avant de reprendre son chemin...



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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Jeu 13 Fév - 21:11


"Trois jours...!"

Juubei ne réalisait pas. Il ne se pensait pas aussi gravement atteint et les souvenirs de l'avant-veille était encore très frais dans son esprit. Il avait certes beaucoup saigné et résisté à un puissant somnifère qui avait puisé dans ses réserves, mais toute cette histoire l'avait tellement pris aux tripes que son état personnel était passé à la trappe.

En outre, il se posait beaucoup de questions sur "le résultat de certaines faiblesses" que Inuko avait gravé dans la peau. Détruire ainsi la belle beau diaphane d'une demoiselle le mettait toujours dans tous ses états de colère, surtout lorsqu'il s'agissait de ses jeunes recrues. Certaines étaient promises à d'autres samouraïs et il ne pouvait se permettre de laisser ces gens répudier les belles gazelles pour un soucis de ce genre. Pourtant, certains ne se gênaient pas et déshonorait ainsi les familles pour une petite rayure.... Quel abominable gâchis !

Pour Inuko, qui n'avait à sa connaissance personne en vue, c'était une autre histoire. La donzelle adorait se battre, il n'y avait qu'à voir la voie qu'elle avait finalement embrassé. Et ce n'était plus une jeune recrue. Elle s'était toujours battue avec cette flamme dans le regard, cette passion, en réalité. Et c'est ce qui avait plu à Juubei, même si certains pensaient qu'elle n'avait pas toute sa tête.
Juubei souriait doucement à Inuko jusqu'à ce que le médecin pénètre dans la pièce. Il ne l'avait jamais vu, mais il était apparemment ravi de voir le Taisa sur pieds. Celui-ci lui adressa un franc signe de tête, de salutations et de remerciements. Il l'examina, sa plaie béante n'était plus qu'un souvenir. Et c'était grâce à Inuko, des dires du médecin. Pourtant, c'était lui le professionnel de la santé, non ? Alors pourquoi ? Peu importait.

La belle ne semblait pas vouloir s'épancher sur ses connaissances, ni s'épancher tout court. Elle se rhabilla, prépara ses affaires tandis que Juubei dégageait ses jambes des couvertures pour aller à sa rencontre. Il ramassa la bourse que Inuko avait donné au médecin au passage, avant de poser la main dans le creux du coude de la jeune femme pour la retenir.

"Et tu pars sans même me dire au revoir alors que tu es restée pour me soigner ? Inuko, je ne sais pas pourquoi tu continues à me fuir comme ça alors que je ne te suis, très visiblement, pas indifférent. Commence par reprendre ton argent, tu n'as pas à payer pour moi alors que tu es sur les routes et que tu es une femme, je ne peux l'accepter. Je paierais le médecin moi-même. Fais-moi plaisir."

Un très bref silence. Il se grattait la nuque de gêne et détournait le regard. Inuko n'allait certainement pas apprécier, mais...

"Ecoute...je vois que tu n'es pas tout à fait guérie d'un vieux mal. Tu mènes une vie dangereuse, et je ne sais pas pourquoi tu fais ça. Mais laisse-moi te dire qu'il serait certainement plus prudent qu'on prenne du bon temps tous les deux le temps que nos blessures soient tout à fait guéries pour reprendre nos routes. Qu'en dis-tu ?"
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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Jeu 27 Fév - 14:54


Juubei a toujours eu les bonnes paroles pour ses proches. Il savait rassurer, réconforter, motiver ou encore convaincre. Néanmoins, Inuko avait aussi un caractère fort. Elle ne succombait pas aux belles paroles, encore moins devant des menaces ou des remerciements. C'est pourquoi elle ne reprit pas la bourse qu'elle avait déposée pour le médecin. Le Taisa protestait ce geste car ce n'était pas à elle de régler. Elle ne le voyait pas de cet oeil. Si l'homme avait fini dans cet état, c'était bel et bien à cause d'elle. En tournant légèrement le visage, elle examina le bandage qui entourait la taille de l'homme qui la retenait. Cette plaie... elle n'avait pas été accidentelle. C'est par négligence venant de la demoiselle qu'elle fut infligée. Elle ne le permettait pas. C'était en partie pour cela qu'elle s'était occupée elle-même de soigner le Taisa. Lâchant un léger soupire, elle se retourna pour lui faire face. Elle prit la bourse qu'elle lança d'un geste rapide vers le médecin qui la réceptionna.
"Tu ne me feras pas changer d'avis..."

Juubei fut gêné ensuite et il y avait de quoi. Il remarqua le mal qui rongeait la jeune femme depuis quelque temps et il désirait qu'elle reste ici, encore quelques jours, avant de reprendre sa route. Cela incluait que lui aussi reste. Elle n'apprécia guère. Sa malédiction la poursuivait toujours et elle ne pouvait prendre le risque de le mettre davantage en danger, lui comme le trentenaire qui ne refusa pas l'offre.
Elle s'apprêta à refuser lorsqu'elle croisa le regard de son camarade. Elle dont le sang-froid n'était plus à mettre à l'épreuve ou encore son sens du combat succomba cependant à la profondeur de ses yeux. Leur couleur rappelait la sombre lueur du crépuscule sur un ciel pâle, ou encore de l'océan lors d'une nuit nuageuse. Elle avait oublié ce sentiment qui naissait comme une flamme en elle. Flamme qu'elle cherche si désespérément à cacher à l'homme qui se trouve qu'à quelques centimètres d'elle. Elle aimerait apprendre à davantage le connaître, passer plus de temps en sa compagnie ou encore partager des plaisirs humains mais à chaque geste de rapprochement, une chaîne l'entrave et la tire vers une cage ténébreuse et miniature, lui remémorant alors les désastres de sa vie, les scènes tâchées de rouge.

Revenant à une réalité terrifiante et injuste, elle baissa le regard avant de prendre son fourreau en main qu'elle déposa contre le mur. Pour une fois, elle se débâterait de ses chaînes pour partager ne serait-ce qu' une journée de plus avec lui.

"Je reste uniquement parce que je ne veux pas voir mon travail bâclé et mourir comme un simple bandit.
- Dans ce cas, laissez-moi regarder ça de plus près."

Elle hésita bien et elle desserra son kimono, enleva les manches. Le tissu ne tenait plus que par l'obi à sa taille. Elle se rapprocha du médecin et vint s'asseoir face à lui. Celui-ci se décala et vint poser ses mains sur les côtes de la jeune femme. La surprise fut comme un choc au coeur pour l'homme.
"Vous avez une côté cassée! Et ça depuis un moment! Comment pouvez-vous bouger sans souffrir le martyre?"

Elle resta silencieuse. A voir son visage si serein, on ne se douterait pas qu'elle endure une douleur insupportable. Le médecin s'empressa de lui prescrire énormément de repos et surtout, de ne pas faire de geste susceptible d'aggraver la chose. Une fois encore, elle n'afficha pas son désaccord mais à l'intérieur, elle ne pouvait rester si longtemps sans travail. Quel que soit l'état dans lequel elle sera après ces quelques jours, elle reprendrait son quotidien.
Le trentenaire quitta la pièce pour rejoindre l'autre salle où se trouvaient les soins qu'il entreposait. Un silence régna durant de longues secondes. Elle pressentait que Juubei n'était pas à l'aise et elle le confirma en jetant un bref coup d'œil à l'homme.

"Tu n'as pas à t'inquiéter. La douleur est loin d'être insupportable. Je ne tarderai pas à m'en remettre. Quant à toi, si tu souhaites revenir en forme dans ta division et ne pas avoir de problème avec tes supérieurs, tu ferais bien de te reposer également."

Le ton de sa voix était doux et attentionné malgré les paroles froides. Elle ne voulait que rassurer l'homme. A entendre le silence perdurer, elle ajouta des explications aux soins qu'elle lui avait procuré.
"Si tu as été blessé, c'est uniquement parce que j'ai été négligente. Ces soins... n'étaient rien d'autre que mon excuse, ainsi que l'argent que j'ai donné au médecin pour son hospitalité. Dans cette histoire, tu es une victime et non pas le responsable... Et... Je te prie d'accepter mes excuses."

Ses dernières paroles étaient très pesantes pour la jeune femme. Il n'était pas dans son habitude de s'excuser ainsi. En réalité, elle n'avait jamais eu l'occasion de se faire pardonner. Les seules personnes qu'elle côtoyait étaient ses habitants cherchant leur vengeance. Le travail fait, elle ne faisait que leur transmettre le message puis récupérer la récompense. Jamais elle n'avait eu de problèmes. Pas comme aujourd'hui. Juubei s'était impliqué et les choses s'étaient aggravés, contre son gré. Voilà elle se devait de rendre l'ascenseur...



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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Mar 11 Mar - 19:32


Après avoir lancé un regard de travers à la blessure de Juubei, Inuko s'était retournée en soupirant pour empoigner la bourse qu'il avait dans la main et la lancer au médecin. Elle prévint ensuite le Taisa qu'il ne lui ferait pas changer d'avis. Il eut soudainement envie de lui labourer le bras de sa prise pour lui témoigner sa détermination. Mais cela n'aurait servi à rien, ils auraient alors perdu du temps en se disputant , et il aurait passé un très désagréable moment lorsqu'Inuko aurait fui selon son envie. Juubei n'appréciait pas qu'une femme lui tienne tête, mais voilà: il s'agissait d'Inuko, ce n'était pas une femme qui avait grandi sous l'autorité d'un homme en toutes circonstances, alors les méthodes habituelles pour signifier aux belles créatures quelle était leur place ne pouvaient pas marcher. Il n'avait d'autre choix que de capituler, peut-être se montrerait-elle plus sage.

Chose étrange, elle allait fuir au grand dam de Juubei lorsqu'elle se retourna encore une fois pour le regarder droit dans les yeux. Il rougit très distinctement avec une folle envie de goutter à ses lèvres, mais il ne fit qu'esquisser un sourire mi-amusé, mi-gêné, comme à son habitude. Alors, Inuko parut en proie à un grand conflit intérieur. Elle baissa le regard, puis déposa son lourd fourreau contre un mur. Juubei allait en sauter de joie, un vaste sourire éclaira malgré lui son visage. Elle avait dit qu'elle restait !

Le médecin voulait examiner la blessure qui la faisait souffrir. Alors qu'elle hésitait, Juubei comprit ce qu'elle devait faire et détourna le regard. Il y avait là une très jolie estampe d'un héron cendré avec un poisson dans son bec qui...Il fut tenté de pouvoir encore contempler la peau d'Inuko, mais se ravisa. Donc, ce héron avec son poisson, il...Rien à faire. Ses yeux voulaient absolument apprécier la beauté de la jeune femme. Un instant, il se dit que c'était ridicule ,et se mit et se plut à regarder, une main dissimulant prudemment la bosse de sa virilité. Celle-ci fut contrecarrée par l'annonce choc du médecin: Inuko avait une côte cassée.

Co...Comment pouvait-elle se déplacer avec ça ?! Si les capacités d'Inuko étaient impressionnantes jusque là, elles en devinrent quasiment effrayante. Par amour pour la jeune femme, Juubei essayait de dissimuler son malaise, adoptant alors la plus neutre des expressions alors qu'il avait été totalement estomaqué. Bien sûr, il y avait anguille sous roche et, cette fois, même un aveugle pourrait le dire. Le médecin finit par quitter la pièce. Inuko lui dit alors qu'il n'avait pas à s'inquiéter et que la douleur était loin d'être insupportable, cependant, c'était bien ça qui le gênait. Il n'entendit pas la suite, il la regardait avec un mélange de fascination et de retenue. Il n'ouvrait pas la bouche, extrêmement sérieux.

Elle s'excusa ensuite, annonçant que s'il avait été blessé, c'était uniquement de sa faute et que les soins étaient son dédommagement. Ce, à quoi, après un nouveau silence, Juubei rétorqua :

"C'est quoi ton problème, au juste ? Tu fuis l'armée. Alors que je te retrouve, tu essaies de me fuir. Tu dis avoir été mon obligée et que c'est ainsi que tu m'as soignée, mais je vois maintenant que tu as quelque chose à te reprocher. Si j'en crois ta force et ta résistance, ainsi que ce que disent les autres de toi, je peux supposer que tu as peur de tes capacités.
Dis le moi, Inuko, je crois que je vois clair dans ton manège, maintenant. Mais je voudrais l'entendre de ta bouche. As-tu peur de blesser ton entourage ? Pourquoi ? "


Une froide colère venait de s'établir en lui. Il était vexé, vexé qu'Inuko n'ait pas confiance en lui, vexé qu'elle n'ait pas confiance en elle non plus. Il se doutait que la jeune femme allait essayer de s'enfuir encore une fois. Il était prêt à intervenir si cela se produisait. Et il allait lui faire savoir qu'il n'était pas en sucre. Peu importait que le médecin prescrive du repos à la jeune femme. De toutes façons, une côte cassée, ça ne se soignait pas en un jour et il connaissait à présent suffisamment Inuko pour savoir qu'elle n'avait pas l'intention de rester dans cette ville pour des vacances. D'ailleurs, si son plan fonctionnait, il y avait des chances pour qu'ils reviennent et cette fois, ils auraient de bonne raison de se reposer chez un médecin.

Bon, le festival à deux pas d'ici avec elle, ce serait pour une prochaine fois.
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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Jeu 13 Mar - 16:24


"Comment?" Voilà l'unique question qui résonnait dans l'esprit de la demoiselle. Cet homme qui semblait succombé facilement au charme d'Oni-kira, avait réussi à toucher là où la carapace était fragile. Ses gestes et son attitude étaient si perceptibles que cela? Il était pourtant évident qu'Inuko venait d'être mise à nu. Elle ne le montra point, mais à l'intérieur d'elle-même, elle ressentait peur, et soulagement. Contradiction mais cela s'expliquait facilement : Juubei qui venait de découvrir la raison de sa solitude signifiait qu'il était apte à comprendre la jeune femme pourtant, la peur que cet homme se rapproche et subisse l'entrave d'une mort certaine était effrayante. Il était dur pour Inuko de se calmer. Elle en vint même à se mordre l'intérieur de la joue, délaissant alors un léger filet de sang sur ses lèvres. Elle devait retrouver son sang-froid et répondre aux interrogations, mais comment y parvenir sans rien révéler d'important? C'est finalement avec tact et sérieux, regard fermé pour ne pas affronter celui du Taisa, qu'elle lui répondit.
"Si j'ai quitté l'armée, c'est pour obtenir une liberté totale et exécuter ce que la justice de notre seigneur ne peut appliquer."

Pour ce qui était de la partie la plus intéressante et que Juubei désirait une réponse, Inuko resta muette. Tout ce qu'elle fit, c'est remettre les manches de son kimono puis vint affronter l'homme du regard. Elle s'exprima en restant le plus vague possible.
"Juubei... lorsque j'aurai quitté la ville... je veux que tu oublies, que tu m'oublies. Tu as raison sur un point : je ne veux pas que toi et les autres vous soyez blessé..."

Elle ne pouvait supporter les yeux si intimidants de l'homme qui se tenait debout devant elle et détourna le regard vers le sol. C'était bien la première fois. Elle était plutôt du genre à terrifier ses proies avec ses yeux si effrayant, digne d'un yokai. Aujourd'hui, elle s'était rabaissé mais cela lui importait peu car il s'agissait de Juubei, ce n'était pas n'importe qui.
Inuko regretta d'avoir accepté l'offre du Taisa. Si elle n'était pas tombé dans le piège de ce regard si intense, elle n'aurait pas eu à se justifier. Le destin avait encore voulu la mettre à l'épreuve et celle-ci était plus compliqué que les précédentes. Il ne s'agissait pas uniquement de prendre les armes et de combattre un ennemi, il fallait faire face à un être proche et éviter de le blesser aussi bien physiquement que moralement, compliqué lorsque l'on sait Yasha fragile quand il s'agit de sentiment ou d'humanité à proprement parler. Elle était désorientée et devait trouver une issue. Malheureusement, s'il y en avait, elle n'était pas visible pour le moment et la recherche de porte de sortie installa une atmosphère des plus pesantes.

Elle osa regarder l'homme qui la dévisageait toujours. Voyant son comportement, elle décida de se lever. Ne tournant que la tête pour diriger son regard vers l'une des seules petites fenêtres de la pièce, son regard, caché à la vue du Taisa, exprimait enfin des sentiments. Celui de la peine.

"Ne me regarde pas comme ça... Tout ce que je veux, c'est que tu vives... Juubei..." se chuchota-t-elle tout en serrant les poings.
Il fallait qu'elle se reprenne et l'air frais lui ferait du bien. Etait-ce une excuse pour le fuir de nouveau? Ou une vraie raison pour se rafraîchir l'esprit et répondre sans hésitation? Elle s'en moquait. Elle se moquait également que l'homme la juge lâche, si cela pouvait le faire s'éloigner d'elle.
Les pas légers de la jeune femme résonnèrent sur les tatamis alors qu'elle se rapprochait aussi bien de la porte que de Juubei. Comme-ci de rien n'était, elle s'apprêtait à sortir mais elle se doutait pertinemment que l'homme l'en empêcherait voilà pourquoi, elle se rapprocha de lui, à quelques centimètres. Bien plus grand, elle dut lever la tête pour affronter l'océan de ses yeux. Elle resta silencieuse et espérait qu'elle ne regretterait pas le geste qu'elle s'apprêtait de faire. Sa main hésita puis finalement commença sa course vers le visage de Juubei. Cependant, elle se stoppa en chemin alors qu'une vision d'horreur de quelques secondes seulement apparut dans les pensées de l'Hinin. Elle resta comme paralysée, sans émotion, telle une statue. Elle ne pouvait pas finalement...

"Pardonne-moi..."

Sa main revint à sa place, les pas se firent de nouveau entendre alors qu'ils s'apprêtaient à franchir la porte se trouvant non loin. Inuko passa au plus près de l'homme, le regard baissé. Une fois encore, les sentiments manquaient au visage, alors que son cœur la suppliait. Raison et émotion s'acharnaient l'un sur l'autre et Yasha était témoin de leur carnage au fond d'elle-même. Qu'elle aurait aimé toucher son visage, qu'elle aurait aimé le prendre contre elle, qu'elle aurait aimé sentir sa peau contre la sienne... Mais une ombre plane sur elle, empêchant la vraie femme en elle se laissait aller à de simples émotions...



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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Mer 26 Mar - 1:34

Sous le regard orageux de Juubei, Inuko parut surprise puis se renferma sur elle-même. Juubei voyait très clair à présent: elle lui avait caché quelque chose durant tout ce temps. A lui et à tous les autres. Et elle leur avait menti en se cherchant des excuses. Le comportement de la jeune femme ne faisait que confirmer ses suppositions. Elle avait beau s'évertuer à faire comme si elle ne comprenait pas, à chercher une alternative, il ne voyait que ça. Ça, qui l'éloignait perpétuellement des autres. Ça, qui la rendait effrayante. Ça, qui donnait naissance à son masque froid et solitaire. Ça, qui faisait qu'elle avait peur d'autrui et pour autrui. Ça, qui faisait qu'elle demeurait hermétique à ses nombreuses invitations.

Après une ultime excuse qui donna envie à Juubei de lui asséner une claque bien sentie, Inuko ne répondit pas à sa question. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle peur ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?...Du sang coula subitement de sa lèvre, mais Juubei n'en avait cure. Elle devait se libérer de ce fardeau. Si la tâche était si aisée, sans doute l'aurait-elle fait toute seule. Mais Inuko avait besoin d'aide. Et elle fuyait, toujours et encore. En fait, Inuko était une craintive, une peureuse, une misérable, une perdante, bien loin de la jeune femme pleine d'audaces qu'il avait rencontré un jour dans la caserne.
Le vernis, s'écaillant, tombait peu à peu, mais il ne voulait pas y croire. Finalement, peut-être était-il aussi prisonnier qu'elle. Ils n'avaient plus qu'à se débattre tout deux. Il lui demanda de l'oublier. Il ne le pouvait pas. Et finalement, elle lui avoua qu'il avait raison. Néanmoins, cela ne lui suffisait pas. Pourquoi ? Pourquoi était la véritable question. Mais pourquoi avait-elle si peur qu'ils soient blessés ? Ils se blessaient tous les jours, c'était les risque du métier. Il ne voyait pas ce que Inuko pouvait leur infliger de plus.

Lorsqu'elle baissa le regard, il voulut la prendre dans ses bras, mais la colère bouillait encore en lui et il n'osait pas la toucher. Inuko était tellement bouleversée...Un regard extérieur aurait dit qu'elle était terrifiée. Le désespoir au corps, elle chercha une sortie physique. Fuir, encore et toujours...Ne comprendrait-elle jamais ?!

N'écoutant que son instinct, il allait bondir vers la porte.

Mais Inuko le regarda droit dans les yeux. Inuko, si faible et si pitoyable...Elle se leva. Le coeur de Juubei était devenu de pierre et son regard, aussi aiguisé qu'un silex. Il lui parut alors qu'elle ne faisait des choix que par peur, qu'elle n'avait jamais connu que ça. La peur. Il n'allait pas lui pardonner.
La braise de son regard, petite flamme à peine chaude vint rencontrer la tempête du sien. Elle tenta de lui toucher la joue mais se ravisa et s'immobilisa. Il tenta, inquiet:

"Inuko ?"
"Pardonne-moi..."

Mais la colère ne l'avait pas quitté et voyant ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle n'allait certainement pas s'évanouir. Il était têtu, même borné. Alors qu'Inuko passa près de lui pour se diriger vers la sortie, il lui murmura, aussi sec:

" Perdante."

Elle ouvrit la porte, il se retourna vivement.

"Tu veux que je continue ? Tu ne m'inspires que de la pitié, misérable !"

Ce n'était pas un jeu, il en pleurait presque.


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Hinin

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Sam 29 Mar - 20:28


Ces paroles... aussi tranchante qu'une lame transperçant une simple feuille de papier. C'est l'effet qu'elles donnèrent à la jeune femme qui agrippait à présent la porte si récemment ouverte. Elle n'osait se retourner pour affronter le visage de l'aimé. Pourtant, elle ne pouvait le laisser ainsi, seul, encore une fois. Que pouvait-elle faire? Que devait-elle faire? Elle fuyait chaque personne cherchant à la comprendre, lui plus que n'importe qui. Lui était-il donc interdit de tisser un lien solide et fort sans que l'on vienne le briser éternellement? Jusqu'à présent, tous perdirent la vie, excepté Eisei qui y réchappa de peu. C'est en partie pour cette nuit qu'Inuko n'était plus dans les rangs de l'armée aujourd'hui, afin qu'il ne lui arrive rien de plus. A cette époque, elle pensait avoir échappé à cette ombre qui la retenait. Alors devenus plus ouvertes, plus sociable, Yasha devint une Taii combattante et serviable, jamais à critiquer la paperasse affluente ou encore les soldats les plus maladroits. Certains l'appréciaient, d'autres la craignaient mais elle adorait chacun d'entre eux. Elle chérissait cette nouvelle famille qu'était devenu l'armée à ses yeux. Mais le mal rôde vers le bonheur et l'Ombre du Shinigami refit surface plus tôt qu'elle ne le pensait, lui infligeant le dilemme de laisser derrière elle son ancienne vie pour devenir Oni-kira, Hinin à la solde des plus offrants.

Juubei était un membre de cette famille. Elle voudrait qu'il soit plus que cela mais chaque fois qu'elle s'approchait, elle l'apercevaitt. Encore tout à l'heure, alors qu'elle s'apprêtait à frôler son visage, une cape noire abritant en son sein que les ténèbres vinrent entourer le Taisa, prêt à imposer son châtiment.
Fermant ses yeux, abattue, elle était prisonnière de choix qui n'en étaient pas. Malgré la colère qu'elle ressentait dans son dos, elle ne pouvait rien faire. Elle ne l'osait l'avouer, mais elle... a peur. Ces pensées traversèrent alors sa bouche
.
"Je ne me le pardonnerais pas s'il devait t'arriver quelque chose par ma faute. Tu es... l'une des choses qui me reste de plus chère sur cette terre. Je ne supporterais pas une fois de plus de perdre une part de moi-même..."

Etrangement, ces mots la rassurèrent. Son timbre de voix repritla droiture et la conviction qui faisait d'elle Oni-kira et non pas Yasha Inuko.
"Je n'ai pas l'intention de te fuir. J'ai juste besoin de prendre l'air un moment."

Excuse? Peut-être bien. Mais il est vrai qu'elle n'appréciait guère de se retrouver entre quatre murs, lui rappelant cette cage dans laquelle elle se tenait. Elle ne referma pas la porte, laissant le plaisir à Juubei de l'accompagner s'il le désirait. Elle en doutait au vu de ses paroles et de sa haine naissante.
Avant de rejoindre le bout de coulissant donnant sur une petite rue, elle fut interpeler par la propriétaire du bâtiment qui ne put s'empêcher de conseiller à la jeune femme de s'ouvrir davantage. Il ignorait bien évidemment le véritable lien qui unissait les deux samurais mais il pressentait qu'elle devait se livrer à lui. Elle garda le silence alors que seul son regard était fixé sur celui du médecin. Un instant s'écoula, avant qu'elle ne renfile ses bras dans ses manches de kimono avec de franchir le bas de la porte.

L'air frais ainsi que la brise vinrent caresser les pâleurs du visage de la jeune femme qui respira à plein poumon. Jamais elle n'aurait pensé qu'affronter cet homme ainsi la rendrait si vulnérable et surtout lui révélerait ses faiblesses. La voix du Taisa la qualifiant de perdante résonna dans ses pensées ainsi que le mépris qu'elle lui affligeait. Il y avait une part de vérité. Elle n'a fait que fuir, encore et toujours pour assurer une vie prospère à ses proches mais n'était-ce pas pour se protéger soi-même, de façon égoïste? Effaçant les couleurs du ciel, des bâtiments et de la terre, elle s'évapora dans la noirceur de son regard fermé et laissa place au visage de Juubei qui ne faisait que l'obnubiler à présent. Cet homme... était une bénédiction comme une calamité. Si l'on devait mettre une image sur la situation, on y verrait Yasha Inuko et Oni-kira de chaque côté d'un miroir. En face de cette dernière se tiendrait l'homme, souriant et embarrassé par on-ne-sait-quelle-raison. Oni-kira resterait là, impassible, l'observant simplement alors que de l'autre côté du miroir, Inuko, cherchant désespérément à briser ce miroir, retenu par des chaines la reliant à l'Ombre qu'elle nomme malédiction.

Malgré son sang-froid légendaire et son manque d'expression, la jeune femme en vint à verser une larme depuis bien des années. Sa force l'empêcha de s'écrouler au sol. Son âge mûr l'empêcha de crier son désarroi. Son manque d'humanité l'empêchait de révéler ses peurs, ses doutes et ses douleurs à Shigeru Juubei, sa moitié, son partenaire, son aimé. Sa détermination l'empêchait de courir pour fuir cette réalité étouffante...




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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Ven 4 Avr - 17:20

Ne perdant pas une miette de la réaction d'Inuko, Juubei la vit serrer la porte sans pour autant oser se retourner. Ce moment dura, la jeune femme était très clairement en plein conflit intérieur et Juubei crut un moment que la manigance allait fonctionner, que sa bien-aimée allait se retourner et le défier. Mais il se trompait. Au lieu de cela, Inuko trouva une nouvelle excuse qu'il ne comprenait pas. Pourquoi lui arriverait-il quelque chose par sa faute ? Pourquoi le perdrait-elle ? Pourquoi lui semblait-il aussi fragile ? Pour un homme, c'était dur à accepter. Il n'était plus un enfant et elle était bien plus jeune qu'elle...

Le perdre, elle s'y approchait très sûrement. Bien sûr, il serait toujours vivant mais il fallait se rendre à l'évidence : Inuko était une tête de mule et n'avancerait pas grâce à lui. Le plus gros à faire devait venir d'elle, il n'y pouvait rien. Très bien, il allait l'attendre encore une fois. Mais le fait qu'elle soit Hinin à présent rendait les choses bien plus compliquées, et bien qu'il l'avait supporté jusque là, il n'était pas sûr de se résoudre à la quitter, peut-être pour toujours. Si un jour elle tombait sur plus fort qu'elle ? Qu'elle mourrait dans d'horribles souffrances, seule et loin de tout allié ? Se pardonnerait-il de l'abandonner à son triste sort en ce moment ? Il vieillissait. Bientôt quarante ans. Il ne fonderait donc jamais le foyer dont il avait tant rêvé. Il perdait patience. Il voulait Inuko tout de suite et maintenant. Les mots qu'il avait prononcé étaient dérisoires. Son attirance était bien plus grande.

Elle lui mentit et partit. Il demeura immobile, à regarder le sol la mine sombre. C'était un nouvel échec. Il alla s'assoir sur le lit, empoigna auparavant son haut de kimono pour s'en vêtir. Sa mission ici était terminée, il fallait qu'il rentre. Il était en assez bon état pour parvenir à la capitale en comptant sur ses propres forces et se trouver à la caserne à s'occuper de ses soldats le lendemain. Lorsqu'on était perdu, on se devait d'avancer. Tant pis pour Inuko. Alors, il se dirigea tristement vers les portes de la ville, pensant que la jeune femme était déjà loin. Pourtant, ils se recroisèrent.
Il se retourna, comme frappé par cette apparition. Inuko semblait alors si frêle et si vulnérable...Une idée lui vint, un coup de tête en vérité. Il devait s'activer, sinon il allait rater son coup... Il profita qu'elle soit dans ses pensées pour la prendre par la taille et la plaquer contre le mur de la ruelle la plus proche. De son bras et de sa jambe, il lui barrait toute possibilité de fuite. Alors, il prit son menton et approcha doucement ses lèvres des siennes. S'il la contraignait à s'embrasser, il ne voulait ni la brusquer, ni lui faire de mal.

Les lèvres d'Inuko avait la douceur et le parfum de celles des jeunes filles, et il en était content. Il vint doucement caresser sa langue de la sienne dans un nouvel assaut avant de s'éloigner pour la libérer enfin avec un rire triste.

"Finalement, je l'ai eu ce baiser !"

Il caressa ses lèvres encore humides de ses doigts, comme s'il s'agissait de quelque chose de précieux et d'éphémère qu'il fallait à tout prix retenir.

"Tu ne me reverras plus. Adieux."

Et amer, partit en courant vers les portes de la ville comme le ferait un gamin troublé et vexé.

Spoiler:
 


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Hinin

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MessageSujet: Re: Le destin nous réunit comme il nous sépare Ven 4 Avr - 19:52


Quelques minutes auparavant, elle n'était qu'une poupée délaissée à son triste sort, attendant de pouvoir reprendre pleinement ses esprits et aller de l'avant. Pourtant, cela ne se déroula pas de cette façon. Loin de là. Jamais elle ne se serait attendu à une telle initiative de la part de Juubei. Elle qui le mettait à l'écart, ne voulant le blesser, voilà qu'il se retrouvait à la forcer à se mettre dos au mur. Ses instincts voulurent reprendre le dessus et elle essaya de se débattre mais la force combinée à l'ingéniosité de l'homme l'empêchait de se mouvoir. Avait-il perdu la tête? Elle s'apprêtait à lui demander des explications quand la main de l'homme lui fit remonter le visage et que bientôt, tous deux se laissèrent envouter par ce contact si intime. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait d'où la surprise visible dans le regard de la demoiselle.

Chaleur... Douceur... Telle une main délicate venant vous caresser le visage... Tel l'agréable impression d'être au-dessus des boules de laines dans le ciel, respirant l'air pur... Ces sensations emprisonnées rappelèrent à la femme qu'elle était bel et bien humaine et surtout, une femme. Que ce moment lui était agréable et elle aurait désiré qu'il perdure mais le Taisa en décida autrement. Bien que son âme était bouleversée et heureuse, aucun sentiment ne se dessina sur son faciès, si ce n'est la surprise de l'acte qui venait de se dérouler. Même le rire et les paroles de Juubei furent sans effet. Elle était comme enivrée dans un rêve éveillé. Seules les dernières paroles la firent revenir à elle. Pourtant, son corps peinait à se mouvoir. Sa main s'avança légèrement mais il était trop tard pour l'attraper .Son âme sœur s'en allait, comme un fuyard ayant commis une erreur.

Cette fois, ce n'était plus une simple larme qui se glissa le long de la joue de la femme. Un, puis deux ruisseaux laissèrent derrière eux la marque d'une tristesse. Un arrière-goût amer resta dans la gorge alors qu'elle s'adossa au mur avant de se laisser glisser doucement jusqu'au sol.
*Qu'est-ce.... qui m'arrive...? Pourquoi est-ce que je reste ici? Rattrape-le!* s'ordonna-t-elle mais son corps refusait. Les chaînes n'étaient pas si facilement cassables. Cependant, la surprise de son regard se transforma en une rage déterminée. Sans attendre, elle se précipita dans la boutique du médecin, qui ne comprenait pas de voir la jeune femme aussi pressée et survoltée. Elle récupéra ses effets avant de quitter la boutique précipitamment, sous la grande interrogation du trentenaire qui soupira.

Inuko, malgré sa blessure qui était encore douloureuse, s'empressa de rejoindre les abords de la ville, près de la grande porte. Aucune trace. Elle regagna alors la ville où elle arpenta chaque ruelle et avenues principales. Etait-il déjà trop tard..? Cela en avait tout l'air, à son grand désarroi. Serrant la plaie de son flan, elle se jura qu'il ne s'agissait pas d'un adieu et que le jour venu, elle retournerait près de lui lorsqu'elle se séparera de sa malédiction. Elle pourrait très bien se rendre à Geki mais... ne serait-ce pas une perte de temps? Aujourd'hui, malgré ce baiser, auquel elle repensa en se frôlant les lèvres, n'avait pas changé en elle son incapacité à se rapprocher des gens qu'elle aime. Voila pourquoi, elle fuyait de nouveau mais pour revenir plus forte et plus battante.

C'est sur ces pensées, qu'elle dirigea ses pas vers l'extérieur de la ville où des nouveaux employeurs ou même de nouvelles rencontres lui permettraient de s'ouvrir à ce monde qu'est Yokuni... mais aussi s'ouvrir à Juubei pour qu'un jour, elle puisse enfin découvrir ce que le mot "famille" veut véritablement dire.


RP TERMINE



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