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 [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane]

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Shimizu Ame

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MessageSujet: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Sam 9 Nov - 12:26


La Kannushi fixe un point dehors. La petite Prêtresse lui tourne au tour, afin d'essayer de trouver d'où vient la douleur de la Dame. De son air las, la réincarnation semble agacée, si fort que la gamine est de moins en moins sûre d'elle et de plus en plus maladroite. Ce qui ne va pas aider Ame a rester calme. Elle reste cependant silencieuse comme une tombe. Ses yeux rougeoyants se baladent dans son jardin. Blasée de la situation. Personne n'ose réellement la ramener à la conversation lorsque son esprit s'en va vagabonder ailleurs, Tant mieux, cela l'irrite beaucoup, c'est son droit de penser à autre chose de temps à autre. Ce n'est pas que la discussion l'ennuie, c'est simplement que son esprit n'est pas aussi calme qu'elle. Si elle avait eu les capacités physiques de se déplacer souvent, la Dame le ferait, cependant elle ne le peut. De ce fait, son imagination s'envole parfois vers d'autres contrées. La petite Miko observe la Kannushi se figer, elle tourne la tête à droite puis à gauche, attendant toujours les moines plus aguerris du temple. Ame est assise sur son coussin, le regard perdu vers la verdure. Une parfaite statue dont l'expression faciale s'est adoucie. Chïo s'agenouille pour mieux la contempler. Bien que neutre, elle ressemble à une jeune femme qui découvre un mon inconnu. Ame ne paraît pas moins dure, simplement plus détendue. La gamine se demande à quoi peut bien penser la Haute-Prêtresse qui ne bouge absolument pas. Sa poitrine se soulève lentement et régulièrement, on pourrait croire qu'elle rêve éveillée. Et c'est le cas.

Akali pose sa petite main sur la bouche de Chïo en la tirant vers l'arrière, un brin brusquement, le plus loin possible de la Kannushi. Chïo se débat un peu avant d'apercevoir l'une des deux jumelles qui suivent Ame comme son ombre. Ce qui a pour effet de la calmer peu à peu.


« On peut savoir ce que tu fais ?! C'est très irrespectueux ! » chuchote-t-elle.
« On dirait une poupée..! » répond la petite Chïo, l'air toute émerveillée.
« Shimizu-sama n'est pas une poupée ! C'est la réincarnation de notre Kami ! Alors démontre lui plus de respect ! » Akali met une tape sur la tête de sa cadette.

La Miko chasse ensuite la plus jeune, au même moment les moniaux tant attendus entrent et s'inclinent bas devant la Dame qui sort lentement de ses pensées. Inclinant la tête vers eux, en seul guise de salut, la Prêtresse les invite à entrer. Ame observe longuement chacun d'entre eux très dubitative. Certes, ils sont présents pour l'aider, mais à part soulager temporairement sa douleur, rien d'autre ne pourra lui être apporté. Elle tousse, plaçant sa main devant sa bouche, l'air totalement détaché. La Kannushi agite la main pour renvoyé celui qui s'était penché pour la soutenir. Ce n'est plus une enfant et ce n'est certainement pas une toux qui viendra à bout de sa détermination. Résignée, elle leur fait signe de se hâter. Elle n'a pas la moindre envie de rester ici toute la journée. Bien que sa fierté mal placée lui hurle de tous les renvoyer et de se débrouiller seule, chose qu'elle ne fera pas, trop raisonnable pour cela. Finalement, elle a toujours autant horreur de paraître faible face à qui que ce soit. Mais ce qui l'énerve le plus, c'est bel et bien leurs têtes d'ahuris honorés d'avoir été choisi pour cette tâche. Les cérémonies de politesses attendront, elle se sent à l'étroit dans son propre corps. Une douleur aiguë lui lacère les entrailles, pourtant elle ne laisse rien paraître. A force de faire la maligne, elle va finir par se tuer. Et c'est avec une quinte de toux bien sèche qu'elle accueil les premiers rituels.

Un peu soulagée de ses maux, Ame décide d'aller prendre l'air dans les jardins de son temple. De l'oxygène, c'est tout ce qu'elle demande. Ses doigts maigres se posent sur le pétale d'une fleur violacée. Ses yeux se posent sur sa main trop étroite. Elle est plus inquiète pour les siens que pour sa santé que tous savent déjà fine comme un fils de verre. Les étranges activités de certaines créatures ne la rendent que plus nerveuse. Elle penche la tête, une très légère grimace habille ses lèvres lorsqu'elle examine le tremblements de sa main tendue vers la végétation. Un sourcil se arque alors qu'elle referme le poing, le dissimulant dans les longues manches de son kimono. Les deux Soheis qui la suivent ne semblent même pas avoir remarqué. Ils marchent derrière elle en silence et s'arrêtent lorsqu'elle s'arrête. Elle n'a pas envie de discuter. Ame ressent un étrange ressentiment à l'idée de n'être qu'un artefact vivant que l'on doit garder de tous les maux. Ses yeux se promène encore sur le jardin, survolant chaque recoin qu'elle peut analyser. Puis, elle juge d'un regard blasé les deux hommes avant de se remettre en route. Les jardins de la cité sainte sont magnifiques, entretenus avec passion par ses jardiniers. Calme... Reposant... Apaisant... Habité par toutes sortes de créatures sauvages... Une Miko arrivent en courant, essoufflée, tout en troublant le silence. Une Dame de la capitale demande à voir la Kannushi.

« Faites la venir dans ce cas... »
« Je... euh... O-oui, Shimizu-sama..! »

Ame roule des yeux en allant poser son saint fessier sur un banc pour attendre son invitée. Et reprendre son souffle, mais elle refuse de l'avouer. Elle tousse discrètement, observant un chat en pleine chasse. Elle tourne ensuite la tête vers la nouvelle arrivante, surprise à sa manière. Elle arque un sourcil sur son visage de marbre en reconnaissant Akane Setsu, la soeur du Daimyo.

« Setsu-san, en quel honneur me rendez-vous visite..? »

Elle incline la tête pour la saluer, l'invitant à prendre place à ses côtés. Un toussotement lui échappe, alors que ses yeux froids se reposent sur le jeune chat. Elle n'a pas la moindre idée de ce qui pouvait amener la femme à venir à elle. Ame pire les kamis en silence pour que ce ne soit pas de mauvaises nouvelles. Cela devait être de famille, ces étranges envies de visites au temple de manière aléatoire. Parfois même sans raisons. Ou peut-être est-ce pour entretenir de bonnes relations "politiques" entre eux..? Bien, dans tous les cas, ce défiler de connaissances à quelque chose de divertissant pour la réincarnation. Le chat saute dans une touffe d'herbe. Ame redresse la tête, tournant à peine son regard vers la Setsu, sans trop lui démontrer d'attention. Pour le moment du moins. Malgré tout ce qui peut paraître, la Kannushi apprécie la femme. C'est une Dame avec qui elle trouve plaisant de casser du sucre dans le dos du dirigeant. C'est son frère, après tout et elle a la langue aussi tranchante qu'une lame. Et pour ça, la noiraude apprécie leurs conversations. Elle souhaite simplement qu la Jônin ne sera pas un corbeau porteur d'un message dont elle aurait pu se passer.




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Dernière édition par Shimizu Ame le Lun 19 Mai - 5:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Dim 10 Nov - 12:54

Il est rare que je recherche le calme et la sérénité tout comme il est rare que je me rende à Hibana. C’est une cité particulière où énormément de religieux effectuent leur pèlerinage. Élevée dans la tradition des kamis et autres êtres surnaturels comme les Yokai, j’ai été « forcée » d’y croire, voyant ces derniers faire parfois d’énormes ravages dans certaines cités. Cependant, j’ai toujours de la peine à me dire que les kamis veillent au bien-être des Hommes... s’ils le font, la sélection est drastique et je ne fais clairement pas partie du lot. Certes, j’ai eu ma chance il y a huit ans en accédant au poste de Jônin mais c’est bien la seule bénédiction qui me soit tombée dessus depuis ma naissance. Ma présence à Hibana est donc étrange, encore plus dans les jardins du Temple Kaigen.

Il y avait longtemps que je ne m’étais pas simplement assise sur un banc, à ne rien faire, sans personne à qui parler. Masao avait à faire aujourd’hui, mon autre Chûnin aussi et les Genin étaient en plein entraînement. Aux vues de missions très mouvementées que j’ai effectuées ces derniers temps, j’estime mériter un peu de repos. Je me rends compte que les jardins sont presque mieux entretenus et plus jolis que ceux du château, à la capitale. Il faudra que je pense à demander le nom des passionnés de ce lieu afin qu’ils contentent enfin mon frère, jamais content des soins apportés à ses plantes. Alors que j’admire le paysage, une jeune Miko passe devant moi et semble surprise de voir une tête inconnue. Elle s’approche timidement de moi et s’incline pour me saluer.

- Je... bonjour. Puis-je vous aider ? Cherchez-vous quelqu’un ?

Je réfléchis quelques instants. Quitte à venir ici, autant profiter d’une compagnie agréable.

- Shimizu Ame. Est-elle ici ?
- Bien sûr, je... je m’en vais l’avertir de votre présence.

Elle s’en va presque en courant et j’attends quelques secondes avant que la jeune fille ne revienne me chercher.

- Shimizu-sama demande à ce que vous alliez la trouver, me dit-elle pressée et essoufflée.

Je me lève alors, la remercie d’un signe de tête et la laisse m’accompagner près de la Kannushi. Depuis huit ans que je suis Jônin, j’ai eu le temps de la côtoyer plus d’une fois. Sans que nous ne nous connaissions très bien, il nous est arrivé de nous trouver des points communs, surtout sur la façon de gouverner de Gekido. C’est le précepteur de cette dernière qui a choisi notre Daimyo mais c’est elle, après sa mort, qui a dû justifier un tel choix et qui le conseille maintenant dans la plupart des actes qu’il effectue. Moegami l’a choisie et la voilà, portant un fardeau que je juge trop lourd pour elle. Sa santé fragile l’empêche de se déplacer, de se mouvoir certains jours... et elle doit supporter une soif de pouvoir intarissable de la part d’un homme qu’elle ne connaît de nulle part. J’en voudrais presque au kami en question de l’avoir choisie.

J’arrive vers elle. Ame est assise sur un banc, apparemment pensive, regardant un chat non loin de là. Elle peut paraitre hautaine, beaucoup de gens la vénèrent et la craignent mais j’ai tout de suite senti, dès le premier contact, qu’elle était surtout victime de son succès. Jamais laissée seule, jamais vraiment sereine puisque tellement malade qu’elle doit s’évader comme elle le peut. J’ai toujours vu cette femme comme une prisonnière de la vie, arrivée dans un corps qui ne peut lui servir à rien, si ce n’est à subir la cruauté du monde sans pouvoir s’en défendre. Pourtant, je ne la plains pas, c’est plutôt un genre d’admiration que je ressens lorsque je la vois si inexpressive... je la trouve courageuse malgré elle, de supporter tout cela. Deux Sohei veillent sur elle, un peu plus loin et je me fiche bien qu’ils écoutent ce que nous dirons. Je m’installe sur le banc, lui accordant même l’un de mes rares sourires.

- Je t’ai déjà dit de m’appeler Akane, lui dis-je sans vraiment de reproche, juste sur un ton neutre. En réalité, je t’avoue que je viens de penser à venir te voir. Je cherchais du calme et un peu de sérénité... ma vie est moins palpitante, ces derniers temps mais Gekido ne s’arrête jamais. Ses exigences me sortent par les trous de nez, aller le voir m’ennuie. Je crois que j’aurai besoin d’un peu de ta patience pour limiter mon envie de l’étrangler, par moment.

Je pose mon dos contre le dossier et soupire.

- Comment vas-tu, toi ?

La question est simple mais lourde de sens. Sans vraiment comprendre pourquoi, je me fais souvent du souci pour elle. Étrange relation entre une tueuse et la réincarnation d’un kami...


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Dernière édition par Setsu Akane le Mer 13 Nov - 15:25, édité 1 fois
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Shimizu Ame

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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Lun 11 Nov - 2:02




Ame redresse le port noble de sa tête, essayant de détacher son regard des muscles roulant sous la fourrure fournie du félin blanc. Seuls le bout des ses pattes, de sa queue et de ses oreilles sont d'un léger brun. Sa tête se penche sur le côté,dans la direction de l'assassin, alors qu'elle prend une grande inspiration. Le bleu du ciel devrait réjouir la Dame. Elle ne souffrira pas tellement du froid aujourd'hui, mais elle devra se garder du soleil, le mieux possible du moins. Les rubis de ses yeux se tournent à peine vers les deux Sohei : l'un tient une ombrelle, l'autre un manteau. Il serait sans doute dommage que la Kannushi soit clouée dans son lit pendant deux-trois jours. Surtout avec tous les parchemins qu'elle a lire. Elle roule des yeux, revenant à la jolie Setsu.

« Je t’ai déjà dit de m’appeler Akane. En réalité, je t’avoue que je viens de penser à venir te voir. Je cherchais du calme et un peu de sérénité... ma vie est moins palpitante, ces derniers temps mais Gekido ne s’arrête jamais. Ses exigences me sortent par les trous de nez, allez le voir m’ennuie. Je crois que j’aurai besoin d’un peu de ta patience pour limiter mon envie de l’étrangler, par moment. »

Elle aime le fait que son aînée (bien que seulement d'une année, cela avait son importance) ne lu fasse pas de reproche vis-à-vis de sa cordialité. Ame sait pertinemment qu'elle n'a nullement besoin de toutes ces cérémonies, mais parfois, elle oublie presque qu'elle n'est pas que Kannushi. Cependant, elle tient au "vous" tant qu'elles ne sont pas seules. Certaine personne tienne visiblement à elle pour d'autres choses. Elle apprécie d'autant plus le fait d'avoir une alliée contre Gekido. Cet homme aura sa peau. Elle a l'impression qu'ils s'entendent plutôt bien tous les deux, mais que les Kamis lui ont soit témoin, il la pousse trop. Ame lève la main vers son chignon, afin de vérifier sa position. Satisfaite elle ramène ses mains sur ses genoux, essayant de cacher leurs maigreurs à son invitée. Sa patience pour tenir bon face à son aîné ? Ame se rend bien compte qu'elle est une des rares personnes à lui tenir tête, mais cela ne veut pas dire qu'elle le supporte mieux que le reste de la population.

« Il vaut mieux tard que jamais, n'est-il pas, Akane-san..? » elle arque doucement un sourcil « Setsu-sama est un idiot borné et belliqueux, je ne cesse de le répéter... Ce n'est pas de la patience qu'il vous faut, très chère, c'est de la sagesse... Faites le réfléchir sur les actions qu'il compte mettre en oeuvre plutôt que d'essayer de lui faire comprendre qu'il s'emporte de façon inutile... » Elle hausse à peine les épaules.

Un soupire lui échappe alors que son invitée semble se détendre. Le fond de sa gorge commence à la gratter. De sa lenteur habituelle, elle remonte le dos de sa main au niveau de sa bouche, pour se mettre à tousser. Une bonne quinte de toux sèche et désagréable. La Kannushi prend une longue inspiration fatiguée.

« Comment vas-tu, toi ? »

Ame n'a aucune raison de mentir et quand bien même, elle ne pourrait pas. Akane est bien trop perspicace pour se laisser avoir par une simple fable inventée de la jolie dame. Elle n'a pas su dormir correctement cette nuit. Épuisée par sa maladie, la noiraude a passé sa nuit à tousser. Si fort que le moine de garde a fini par s'imposer pour qu'elle voit un guérisseur. Et encore, c'est sans parler de sa perte de poids plutôt conséquente. Toujours aussi neutre, elle laisse un peu aller sa tête vers l'arrière, examinant le pauvre nuage qui semble avoir perdu ses camarades en chemin. Elle pose ensuite son regard de feu sur la Jônin.

« J'ai connu pire... » ses yeux reviennent sur le chat « Je ne suis que bien trop inquiète pour notre peuple... Les démons sont de plus en plus présomptueux... Pourtant, je ne leur connaissais pas autant d'ardeur à se faire remarquer... » un léger silence naît avant qu'elle ne reprenne dans un souffle : « Mon mal semble lui aussi plus violent qu'à son habitude... Peut-être que l'hiver sera libérateur... »

Sa dernière phrase dégouline d'ironie. Elle n'a pas la moindre envie de mourir. Quoique, cela pourrait la reposer un peu. Lentement, elle vient agite une main, comme pour repousser le sujet un peu plus loin, ennuyée.

« Et vous ? »








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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Mer 13 Nov - 15:50

« Il vaut mieux tard que jamais, n'est-il pas, Akane-san..? Setsu-sama est un idiot borné et belliqueux, je ne cesse de le répéter... Ce n'est pas de la patience qu'il vous faut, très chère, c'est de la sagesse... Faites le réfléchir sur les actions qu'il compte mettre en œuvre plutôt que d'essayer de lui faire comprendre qu'il s'emporte de façon inutile... »

Faire réfléchir mon frère, lui qui est si impulsif et fermé d’esprit ? J’ai presque envie de rire et j’arrive au constat qu’elle doit être la seule à pouvoir y arriver. Elle change de formule de politesse mais s’en tient à me vouvoyer... je l’ai toujours connue très polie, surtout en présence d’autres gens. Je peux comprendre qu’elle ne veuille pas forcément mettre au grand jour une complicité apparente, même si elle y aurait droit. Porter en soi la réincarnation de Moegami ne doit pas être facile tous les jours... Ame semble réfléchir avant de me répondre, comme dans un autre monde, rêveuse.

« J'ai connu pire... Je ne suis que bien trop inquiète pour notre peuple... Les démons sont de plus en plus présomptueux... Pourtant, je ne leur connaissais pas autant d'ardeur à se faire remarquer... Mon mal semble lui aussi plus violent qu'à son habitude... Peut-être que l'hiver sera libérateur... »

Étrangement, mon cœur se serre lorsque j’entends ces derniers mots. J’aurais pu me demander comment elle peut parler de la mort aussi légèrement mais, finalement, je fais de même, de façon moins gracieuse et sage. Mourir m’importe peu. La différence est que j’ai la santé et que je provoque mon destin en mettant tous les jours ma vie en danger. Ame, elle, n’a aucun choix ; la Kannushi mourra probablement de maladie plutôt que de combat, si ce n’est d’épuisement. Devant mon silence, elle finit par agiter sa main comme pour chasser les mots plus loin avant de me demander comment je vais.

- Je ne sais pas tellement quoi te répondre, dis-je légèrement embarrassée. Tu me dis avoir connu pire mais je te vois dans un tel état que te dire que je vais mal serait déplacé. Cette question est lourde de sens lorsque c’est toi qui la pose.

Je parle plus bas pour la phrase qui suit. Ame est au courant que Setsu Akane est la Jônin, elle sait donc aussi que je suis Mononoke. Elle est l’une des rares personnes à le savoir et, bien que cela puisse mettre ma crédibilité en danger, je fais une entière confiance à son silence.

- Est-ce qu’une Jônin peut aller bien ? Formant sans cesse des jeunes gens assoiffés de sang au meurtre et aux attaques, juste pour défendre le Clan, le Daimyo et ses valeurs... douteuses.

Un silence, puis je continue.

- Enfin oui, je vais bien... je n’ai pas eu grandes blessures ces derniers temps et malgré quelques missions difficiles, rien ne s’est passé d’extraordinaire. Ma vie est tristement vide.

À présent inquiète de voir à quel point elle a maigri et à quel point elle semble mal en point, je lui pose finalement une question.

- Il ne fait pas froid ces temps mais apparemment trop pour toi. Tu ne veux pas retourner à l’intérieur ? Je n’aimerai pas que tu tombes malade à cause de moi... j’ai assez de responsabilités comme ça.

C’est dit sur un ton de reproches mais c’est son bien sur lequel je veille en ce moment.


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Shimizu Ame

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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Lun 18 Nov - 20:31


« Je ne sais pas tellement quoi te répondre.» dit-elle légèrement embarrassée. « Tu me dis avoir connu pire mais je te vois dans un tel état que te dire que je vais mal serait déplacé. Cette question est lourde de sens lorsque c’est toi qui la pose. »

Ame agite la main avec dédain. Ses yeux se détachent enfin du félidé pour venir se poser sur le visage de sa camarade. Elle n'aime pas le savoir inquiète. Pourtant, elle sait pertinemment  que tout ceci est de sa faute. Une légère grimace se dessine sur les traits fins de la Kannushi alors qu'elle vient replacer une mèche derrière son oreille.

« Est-ce qu’une Jônin peut aller bien ? Formant sans cesse des jeunes gens assoiffés de sang au meurtre et aux attaques, juste pour défendre le Clan, le Daimyo et ses valeurs... douteuses. » la Prêtresse aime quand Akane lui fait des confidences. Elle se penche doucement vers elle, l'invitant à continuer ses confessions. « Enfin oui, je vais bien... je n’ai pas eu grandes blessures ces derniers temps et malgré quelques missions difficiles, rien ne s’est passé d’extraordinaire. Ma vie est tristement vide. »

Ame roule lentement des yeux en écoutant la Jônin. Elle joue avec le tissu de son kimono, en pensant que ni l'une ni l'autre n'a une vie facile. Elle se racle la gorge, tout en appuyant son dos au dossier du banc. Elle n'a peut-être pas tellement tort.

« Il ne fait pas froid ces temps mais apparemment trop pour toi. Tu ne veux pas retourner à l’intérieur ? Je n’aimerai pas que tu tombes malade à cause de moi... j’ai assez de responsabilités comme ça. »

La culpabilité envahit davantage la Kannushi lorsqu'elle se rend compte qu'elle est la cause de l’inquiétude naissante qu'elle peut lire dans les yeux de la cadette du Daimyo. Elle redresse noblement la tête, usant doucement de ses paroles rassurantes, esquissant un très faible sourire dans sa direction alors qu'elle tend sa main vers la joue de son amie. Elle laisse courir ses doigts décharnés sur la peau douce de sa joue.

« Je suis persuadée que nous avons tous à l'intérieur de nous-même le pouvoir de réaliser un exploit... Mais le plus grand des exploits, est celui de faire face à ses responsabilités au quotidien... Peu importe mon état apparent, je ne fais que ce que j'ai à faire, il en va de même pour vous, n'est-il pas..? Vous allez bien, ma douce... Votre tâche n'est pas aisée, la mienne non plus... Il faut cependant que vous gardiez espoir, la vie deviendra plus douce si vous décidez de la voir ainsi... Ne vous en faites pas autant pour moi... Je suis capable de m'occuper de moi-même sans trop risquer de me tuer à chaque coup de vent... Mais si vous y tenez, nous pouvons nous déplacer vers l'intérieur du Temple... » Ame ajoute encore un peu plus bas. « J'apprécie pourtant le fait que tu te préoccupes de mon bien-être... »

Ame glisse deux doigts sous le menton d'Akane pour lui redresser la tête, venant déposer un baiser sur sa joue. Avant de lâcher soupire en laissant retomber sa main squelettique sur ses cuisses.





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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Ven 22 Nov - 16:23

J’hésite à reculer lorsqu’elle touche doucement ma joue sans rien me répondre de suite. Je n’ai pas l’habitude du contact, encore moins féminin. Je ne me rappelle plus de l’affection donnée par une mère, d’ailleurs je n’en ai jamais vraiment eu. La servante qui faisait une « erreur » était tout de suite congédiée par mon père, remplacée par une autre, puis une autre... comment s’attacher à quelqu’un ainsi, à un amour maternel que j’aurais pu connaître ? Des années que je n’ai étreint personne volontairement, que je n’ai donné ni reçu d’amour « sain » au sens où je l’entends. Cette proximité amicale me met donc mal à l’aise mais je la laisse faire... me défendre en reculant ou en la repoussant n’amènerait rien de bon.

« Je suis persuadée que nous avons tous à l'intérieur de nous-même le pouvoir de réaliser un exploit... Mais le plus grand des exploits, est celui de faire face à ses responsabilités au quotidien... »

J’ai de la peine à croire à ses propos mais au fond n’ai-je jamais rêvé d’accomplir quelque chose par moi-même, de montrer à tout le monde que je valais autant qu’un autre, autant que n’importe qui ? C’est un désir enfoui tellement profondément que je l’ai oublié, au fil du temps...

« Peu importe mon état apparent, je ne fais que ce que j'ai à faire, il en va de même pour vous, n'est-il pas..? Vous allez bien, ma douce... Votre tâche n'est pas aisée, la mienne non plus... »

Faire ce que nous avons à faire se résume à aider un tyran à assouvir son pouvoir... Mais il est vrai que malgré tout cela, je ne vais pas foncièrement mal. Je laisse le temps passer. Et peut-être que c’est le cas aussi pour Ame, malade comme un chien. Elle laisse les heures défiler, accomplissant ce qu’on lui a demandé parce qu’elle n’a rien d’autre comme but ?

« Il faut cependant que vous gardiez espoir, la vie deviendra plus douce si vous décidez de la voir ainsi... »

J’ai de la peine à croire à cela. J’ai cru pendant tellement longtemps que ma vie serait plus douce mais elle n’a fait que s’endurcir. Certes, elle est plus calme depuis que je contrôle tous les ninjas de Setsu mais relationnellement parlant, ma vie est toujours agitée et jamais sereine. J’ignore encore qu’une rencontre prochaine changera la métamorphosera en quelque chose de bien plus doux.

« Ne vous en faites pas autant pour moi... Je suis capable de m'occuper de moi-même sans trop risquer de me tuer à chaque coup de vent... Mais si vous y tenez, nous pouvons nous déplacer vers l'intérieur du Temple... »

J’ai beau tuer sans raison, sans aucune compassion, lorsque quelqu’un m’inspire de la sympathie, je ne suis pourtant pas inhumaine. Qu’elle me demande de ne pas m’inquiéter est assez contrariant mais elle se rattrape.

« J'apprécie pourtant le fait que tu te préoccupes de mon bien-être... » me dit-elle en chuchotant.

Je lui souris timidement et me laisse encore une fois surprendre par un geste d’affection… pour le moins étrange dans cette situation : un simple baiser sur ma joue. Pendant plusieurs secondes, je reste alors immobile, ne sachant toujours pas encore réagir, encore plus mal à l’aise qu’avant. Je finis cependant par me reprendre, lentement et par me relever. Je m’étire sans rien dire et aide alors Ame à se relever délicatement en lui tendant mes mains.

- La soirée pointe le bout de son nez petit à petit et je commence à avoir faim. Que dirais-tu de partager un repas avec moi ? J’imagine que tu ne manges pas beaucoup mais cela nous donnerait l’occasion d’être moins... entourées.

Vu l’importance de la jeune fille au sein du Temple, j’imagine qu’elle est servie dans une pièce à part ou, en tout cas, spéciale. Si elle accepte, nous pourrons parler plus librement et casser du sucre sur le dos de Gekido ne susciterait pas de réactions déplacées de la part des Sohei ou tout autre personne chargée de surveiller la Kannushi.


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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Mer 11 Déc - 21:12




Ame sent son aînée se gêner. Peut-être en fait-elle trop ? Tant pis. Il est trop tard de toute façon, ce qui est fait est fait. Elle prend les mains qui lui sont tendues avant de lorgner les deux Sohei derrière elle. Fidèles à leur poste, ils n'ont absolument pas bougés, telles deux statues imperturbables. La seule chose qui nous rappelle qu'ils vivent est le soulèvement lent de leurs poitrines à cause de leurs souffles. Ame esquisse une petite grimace en toussotant.

« La soirée pointe le bout de son nez petit à petit et je commence à avoir faim. Que dirais-tu de partager un repas avec moi ? J’imagine que tu ne manges pas beaucoup mais cela nous donnerait l’occasion d’être moins... entourées. »

Elle opine du chef, toujours aussi lente. « Bien sûr... Il y aura toujours une place à ma table pour toi... Bien que je te propose de manger dans un lieu plus privé... Je n'ai pas envie que d'autres se mêlent à notre conversation... Si cela ne te dérange pas... Il fait trop chaud... Ou trop froid... Je ne sais plus... » dit-elle distraitement en époussetant son kimono de soie douce.

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. Une longue insporation, pinçant l'arrête de son nez. Ame n'est même pas capable d'appliquer à elle-même ses propres conseils, alors qu'elle garde la face à toutes épreuves. Malgré sa fatigue qu'elle cacherait à n'importe qui d'autre. Ses prêtres adjoints ne sont pas tout à fait dupes vis-à-vis de son manque d'énergie. Seulement, aucun des deux n'osent la remettre à sa place. L'été approchant, cela n'ira pas forcément mieux. La chaleur étouffante pourraient lui être fatale, et pour ceci elle bénit son Temples frais qu'elle ne quitte qu'en fin d'après-midi lors de cette période de l'année. Quand le soleil décline doucement pour laisser place à la nuit chaude de cette saison.  Un toussotement lui échappe, mais elle garde son atention sur l'horizon un moment. Comment a-t-elle pu perdre autant de poids sans s'en rendre compte ou que cela ne l'alarme.. ? La Kannushi retourne à son examen conscencieux de la Jônin. Elle a l'air de se porter plutôt bien. Elle lui prend le bras avec douceur, pour l'entrainer avec elle vers le Temple. Cette femme qui supporte autant qu'Ame le Daimyo. A ses yeux, les deux dames sont les êtres les plus patients de Setsu. La Haute-Prêtresse se demande franchement ce qui à bien pu arriver dans le crâne de cet homme, pourtant tellement intelligent, pour qu'il deveinne si renfermé, intolérent et belliqueux. Fukyuu est leur nation opposée, certes, mais elle ne parvient pas à mettre le doigt sur le problème des deux Clans. D'un point de vuer purement religieux, c'est un peuple très croyant... Bien évidemment, cet angle n'intéresse pas Gekido.

Elles entrent dans la fraîcheur de la demeur de la réincarnation. Quelques moines s'approchent pour poser des questions diverses, toutes axées sur des directives religeuses. Ame prend le temps de répondre à chacun, même si elle a l'air passablement ennuyée par les perturbateurs. Elles finissent par atteindre l'étage supérieur. En son centre se trouve un jardin plus ou moins spacieux, tout autour se dessine un engawa assez large pour laisser passer plusieurs personnes, couvert par la toiture. Sur l'aile gauche, un bureau et un lieu de réunion. Sur l'aile droite, une bibliothèque. Et de l'autre côté du jardin, en face d'elles, un shôji à peine ouvert sur la chambre d'Ame. Au milieu du jardin, un étang dans lequel nage des koïs, parait être surveillé par un cerisier qui penche vers la surface lisse de l'eau. Plusieurs pierres, d'un blanc éclatant, sont disposées de façon agréable alors que quatre lanternes, couplée à chaque extrémité du chemin, attendent sagement leur heure pour être allumées. Un chemin de pierres plates sinue doucement dans ce décor simple et féerique. Permettant de traverser le havre apaisant pour atteindre le refuge, ou chambre, de la Kannushi. Deux Sohei gardent l'entrée de l'escalier. Ame continue de guider la ninja jusque dans ses appartements. En observant la soeur du Daimyo, la prêtresse ne parvient pas à retrouver le chef de Clan en elle. La réciproque est vraie aussi. Cependant, elle connait la douceur et la pateince dont peur faire preuve le dirgeant. Etant donné qu'il a passé un certan temps à son chevet lors de sa rude dépression. Akane lui semble pourtant bien plus suptile que son ainé. Plus stratège que le présomptueux meneur. Bien qu'elle ne maniplue pas les mots aussi bien que la Kannushi. Existe-t-il une autre personne, peu importe laquelle, qui soit capable de lui tenir tête avec autant de franchise et de sang-froid qu'Akane et Ame ? Peut-être, peut-être pas. Cela dit, les deux femmes savent se serrer les coudes pour obtenir le bon sens de l'homme. Qui ne peut pas faire face sur les deux fronts des deux brins de demoiselles qu'elles sont. Un fin sourire se dessine sur ses lèvres alors qu'elle prend place sur son coussin, invitant sa camarade à faire de même.


« Tu souhaites manger quelque chose en particulier..? Un sujet spécifique à amener..? » demande-t-elle gentiment.




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Setsu Akane

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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Ven 13 Déc - 9:44

Ame accepte, il me semble, volontiers mon invitation et j’ai d’ailleurs l’impression qu’elle aimerait profiter de l’occasion pour fuir les Sohei chargés de la surveiller. Elle saisit mon bras pour m’emmener à l’endroit qu’elle souhaite habiter avec moi, quelques instants. Il fait bien plus frais à l’intérieur et je comprends mieux pourquoi il est rare de voir la Kannushi à l’extérieur. Bien que la plupart des Setsu supportent bien la chaleur parfois extrême du pays, j’imagine facilement qu’elle doit être insoutenable lorsqu’on a des problèmes de santé. J’admire vraiment cette jeune femme et je me questionne sans cesse : pourquoi Moegami l’a choisie ? Est-ce le divin kami qui la rend si faible ou a-t-elle toujours été comme cela ? Comment fait-elle pour porter sur elle le choix du Daimyo le plus tyranique de tout Yokuni ?

Nous nous arrêtons plusieurs fois sur le chemin de la salle en question. Ame est tellement faible et discrète que j’en oublie qu’elle commande le Temple dans lequel elle réside, en plus de conseiller mon frère au quotidien. J’ai l’habitude de voir la crainte dans les yeux de mes ninjas, principalement des Genin encore inexpérimentés... commander autant de monde n’est pas facile sans imposer une certaine autorité. Pourtant, je vois que l’autorité n’est pas directement détenue par Ame. J’imagine que si elle avait été Jushoku, personne ne l’aurait regardée de la même façon. La peur et l’admiration remplissent les yeux des autres religieux parce qu’elle est le réceptacle d’un kami surpuissant... ni plus, ni moins. Je me sens alors un peu révoltée qu’elle ne soit pas reconnue à sa juste valeur, en tant que femme.

Nous arrivons finalement lentement à l’étage supérieur où se trouvent des pièces à usage bien divers. Le passage est large ; j’imagine qu’en pleine journée, les gens s’activent bien plus que maintenant. La chambre de la Kannushi se trouve également ici et c’est apparemment vers d’autres appartements que nous nous dirigeons. L’endroit est terriblement serein et je me rends compte que j’aurais bien envie de venir m’y détendre plus souvent. Le jardin est magnifique et calme, tout est fait pour éveiller la spiritualité du lieu. Je remarque qu’Ame me regarde du coin de l’œil et semble pensive... je ne sais pas vraiment pourquoi et ne cherche pas encore à élucider la question. Une fois arrivées, nous nous installons à table sur des coussins, ma foi, bien moelleux. Je mets quelques secondes à réfléchir avant de lui répondre enfin.

- Je ne suis pas compliquée pour la nourriture, je voyage beaucoup et il m’arrive même de ne pas toujours manger des choses comestibles... alors demande ce que tu aimes manger.

Pensive, je regarde dans le vide encore quelques secondes avant de passer à un sujet bien sérieux mais que je pense important à aborder avec la Kannushi du Clan.

- Je n’ai jamais eu d’amis, tu sais ? Bien que je connaisse la définition du mot, il ne m’est jamais arrivé de rencontrer quelqu’un qui me jure fidélité pour un autre prétexte que le rang. Les promesses des ninjas ne sont d’ailleurs pas vraiment des engagements solides. Je me demandais, même si c’est stupide, ce que nous sommes l’une pour l’autre. Tout comme moi, tu as juré – un peu malgré toi – d’être loyale envers Gekido et ce, même si tu n’es pas toujours d’accord avec lui. Mais si, un jour, il me prenait l’envie de partir... de laisser mes convictions et l’affection pour le frère qu’il a été derrière moi. Si un jour je trahissais Setsu en désertant... que serons-nous l’une pour l’autre ?

Un silence s’installe, je baisse la tête sans essayer de décrypter son expression.

- Je te rassure, je ne partirai pas pour le moment. Mais j’ai toujours eu envie de liberté... et si un jour Gekido s’éloigne trop de mes convictions, je risque bien de faire une bêtise, d’autant plus que je ne suis rattachée à aucun principe comme les Samouraïs avec le Bushido. Je te fais confiance, c’est bien pour cela que je me permets de te poser la question. Mais jusqu’où serons-nous liées si la désertion s’immisçait entre nous ?

La question est lourde de sens et pourtant posée légèrement, comme si cela n’allait jamais arriver. Sa réponse suscite alors tout mon intérêt et j’écoute attentivement ce qu’elle s’apprête à répondre.


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Shimizu Ame

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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Jeu 19 Déc - 23:44



Pour une visite improvisée, s'en était une. Ame a mandé l'un des deux gardiens de leur apporter de quoi manger et des mets variés, si possible. Akane n'a pas toujours l'occasion d'avoir des plats de qualités ? Soit, la prêtresse à décidé de lui offrir un large choix. Elle revient ensuite à la demoiselle, qui semble prendre un air entre la peine et le sérieux.

« Je n’ai jamais eu d’amis, tu sais ? Bien que je connaisse la définition du mot, il ne m’est jamais arrivé de rencontrer quelqu’un qui me jure fidélité pour un autre prétexte que le rang. Les promesses des ninjas ne sont d’ailleurs pas vraiment des engagements solides.  »

Un faible sourire fatigué se dessine sur son visage. Un voile de tristesse se glisse doucement sur son regard de feu, le rendant plus terne. Les mots d'Akane ont brisé en une fraction de seconde les barrières mentales de la Kannushi. Elle reste droite, comme toujours. Ame doit être l'une de ces forces de la nature tel un arbre face à une tempête. Elle tient bon dans toutes les circonstances. La religieuse non plus, ne connait pas la chance de pouvoir se faire des "amis" à tous bouts de champs et avec n'importe qui. Non, la relique est précieuse aux yeux de beaucoup, effrayante pour d'autre et malade pour tous. Combien serait rester à son chevet si elle n'avait pas pris la place de son prédécesseur ? Combien l'aurait, ne serait-ce, considérée ? Très peu de monde, voire même personne. Pas même le Daimyo. Ses maux ne disparaissent et ne se propagent pas en épidémie, malgré cela, quel médecin, parmi tout ceux qu'elle a pu voire, aurait accepté de lui venir en aide aussi rapidement ? Elle prend une profonde inspiration, dépassée par toutes ses pensées. Ame gigote un peu sur son coussin. Au final, elle a de la chance dans son malheur. Pourtant, elle ne maudira jamais assez Gekido d'avoir forcé le Kannushi à se rendre à Moe. Jamais.

« Je me demandais, même si c’est stupide, ce que nous sommes l’une pour l’autre. Tout comme moi, tu as juré – un peu malgré toi – d’être loyale envers Gekido et ce, même si tu n’es pas toujours d’accord avec lui. »

La nostalgie gagne la réincarnation qui tousse. A défaut de ne pouvoir le faire discrètement. Le tourment de la question d'Akane la plonge dans un profond silence. Ces interrogations n'ont rien de stupide pour quelqu'un qui doute de son serment envers le Daimyo. Elle n'aime pas spécialement la tournure que prend le dialogue, mais soit. A ses yeux, la soeur du meneur est un trésor, à qui Ame s'accroche parfois, du moins quand elle sent le poids des bêtises de Gekido la peser que trop fort. Non, la haute-prêtresse n'est pas toujours d'accord avec lui. Elle ne l'est jamais. Pourquoi ? Parce que dans un premier temps, tout ce qui sort de la bouche du chef de Clan parait vide de sens. Elle est d'une mauvaise foi incomparable, mais l'assume tout à fait. Ame ne peut pourtant pas dire ce qu'elles sont l'une pour l'autre... Des amies ? Des collègues ? Des femmes qui sont capables de calmer les ardeurs de conquêtes d'un homme puissant ? Elle pousse un léger soupire.

« Mais si, un jour, il me prenait l’envie de partir... de laisser mes convictions et l’affection pour le frère qu’il a été derrière moi. Si un jour je trahissais Setsu en désertant... que serons-nous l’une pour l’autre ? »

Ame redresse la tête, comme piquée par une épingle au fond de son cœur. Son expression neutre ne change pourtant pas, bien que ses sourcils se froncent, sans que l'on puisse dire si c'est de l'énervement ou de la peine. Trahison ? ... Ame ferme les yeux, lâchant un autre très long soupire. Elle se laisse un peu aller vers la table, plaçant sa joue contre son poing. Elle observe la Jônin, longuement, comme si elle la sondait de l'intérieur. Malheureusement, la dame n'a pas le don de lire en ses interlocuteurs comme dans un livre ouvert. Elle ignore aussi ce qui a pu la blesser autant. Savoir qu'Akane puisse même songer à quitter les siens en désertant ou le fait qu'elle sera seule face à Gekido ? Non, ce qui l'agace le plus, c'est qu'une de ses rares amies s'en aille. Encore une fois, sa position l'empêche de prendre de telle décision. Imaginez la Kannushi qui quitte son Clan pour aller gambader à travers le pays. C'est d'un ridicule. Elle serre son autre main, froissant son kimono au niveau de sa cuisse.

« Je te rassure, je ne partirai pas pour le moment. Mais j’ai toujours eu envie de liberté... et si un jour Gekido s’éloigne trop de mes convictions, je risque bien de faire une bêtise, d’autant plus que je ne suis rattachée à aucun principe comme les Samouraïs avec le Bushido. Je te fais confiance, c’est bien pour cela que je me permets de te poser la question. Mais jusqu’où serons-nous liées si la désertion s’immisçait entre nous ? »

Très lentement, la réincarnation se redresse pour aller fouiller une boîte. Que pouvait-elle ajouter à cela ? Si la Setsu partait, Ame serait sans doute perdue. Perdue d'avoir encore été séparée d'un proche. Maintenant, elle se sent déchirée entre sa loyauté et une amitié. Cependant, elle sait qu'elle y songe sérieusement, de part son "pour le moment". Elle va devoir se faire à l'idée que, si le Daimyo venait à faire un écart de trop, sa soeur partirait. Et cela serait la deuxième fois qu'il lui arracherait quelqu'un. Cet homme était le grand destructeur de sa vie, visiblement. Elle laisse les perles filer entre ses doigts. Un très joli collier, ceci dit. La tête penchée, elle pèse chacun des mots que venait de lâcher l'autre conseillère. A quoi bon lutter ? Elle ne cesse de se battre pour les personnes qu'elle apprécient, mais, en y regardant de plus près, son combat est vain. Que lui restera-t-il s'il parvient à éloigner tout son entourage ? Gekido se renferme sur lui-même et fait fuir les membres de son propre Clan. Ame n'aime pas ne pas savoir quoi dire ou parler trop légèrement, bien que le ton employé par son invitée laisse penser que rien n'est jouer. Pourtant, au fond de son faible cœur, elle sent que rien ne retiendra Akane ici, pas même son "humble" personne. Ce qu'il resterait de leur relation si elle venait à faire le choix de la désertion ? Rien. La réincarnation ne voit pas comment elles pourraient continuer de se "voir" si l'une d'elle venait à tomber. La Jônin serait sans doute traquée et mise à mort si elle restait sur leur terre. A quoi bon ? Elle ferme à nouveau les yeux, essayant de se remémorer Sôchirô. Qu'aurait-il fait ? Qu'aurait-il dit ? Aurait-il été prêt à courir le risque ? Sa main vient se poser sur sa joue, alors qu'elle réfléchit, épluchant chaque possibilité. Elle prend le simple collier et le serre contre son cœur, songeuse. La haute-prêtresse parait toujours aussi stoïque alors qu'elle se sent blessée. Elle se tourne lentement vers Akane, la dévisageant d'abord un moment.

« Tu le sais autant que moi... Je ne peux te promettre quoi que ce soit, si tu venais à renoncer à Setsu... Je suis Kannushi, Akane, je ne peux te dire que nous serons amies si tu viens à trahir toute notre nation... Je sais, au moins autant que toi, combien il est difficile de vivre, de supporter et de soutenir ton frère... Malgré cela, il est le Daimyo... Je ne devrais te tenir ce genre de discours, mais parfois je me dit qu'il aurait été plus aisé si vos deux rôles avaient été inversé... Cependant, si tu venais à déserter ton poste, je ne suis en mesure de te dire que nous serons toujours aussi proches... Je ne te donnerais pas la chasse, Akane... Je n'en aurais même pas la force, de toute façon... Je ne pourrais rien pour toi... Bien que j’essayerais de calmer ton frère, comme toujours... Comme toujours... »

Elle ne lui fait même pas un sourire, elle vient simplement s'asseoir à ses côtés, recouvrant son silence si dérangeant. Que voulait-elle entendre ? Qu'avait espéré la Jônin en posant cette question à la Kannushi ? Un simple test pour juger sa loyauté ? Peu importe, Ame est troublée, bien qu'elle ne laisse absolument rien paraître. Elle attend sagement que les plats soient disposés devant elles, avant de chasser tous les autres religieux présents. Elle ne veut de personne dans son espace privé. Et serait capable de tuer si quelqu'un venait à les interrompre.





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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Lun 23 Déc - 9:14

Ame se lève et va fouiller quelque part. Bien que son visage soit toujours aussi neutre, je sais que mes interrogations l’ont ébranlée. Nous ne sommes pas si proches mais j’ai quand même toujours eu l’impression que quelque chose d’indicible nous unissait, comme un lien tissé par le destin... un lien réconfortant. Un départ m’obligerait à briser ce lien, à briser la seule chose positive qui me soit arrivée ces dernières années. Je ne pense pas partir actuellement mais je sais que si, un jour, je trouve une raison de vivre ailleurs – même si je ne l’espère plus – je n’hésiterai pas longtemps. Je me sens pourtant mal de lui avoir dit tout ça sans crier gare... Alors que je la vois du coin de l’œil serrer un collier contre son cœur, je regrette mes paroles irréfléchies. Peut-être n’est-ce pas le moment d’aborder la question. Pourtant elle se retourne et me dévisage un moment avant de me répondre enfin.

Malgré son inexpression naturelle, je la sens terriblement lasse, comme si elle était fatiguée de ces trop lourdes questions. Pourtant elle me répond sincèrement avant de venir s’installer à côté de moi et je ne peux qu’accepter ses propos bien rationnels. Je saisis tout de même une envie sous-jacente de m’aider à sa façon, malgré toutes les contraintes que lui imposera son rôle au moment donné. Alors que les plats nous sont servis, je soupire, soulagée d’avoir une réponse. Je ne m’attendais ni à ce qu’elle pleure à chaudes larmes en déclarant m’être fidèle à jamais, ni à ce qu’elle soit totalement froide sans chercher de solutions. Les deux extrêmes n’auraient pas été représentatifs d’Ame car la jeune femme est toujours raisonnable. Je crois que je suis rassurée que, même si je m’en vais, quelqu’un reste là pour assurer l’avenir du Clan, pour tempérer mon frère. La Kannushi finit par demander à tout le monde de partir de façon assez sèche et le silence s’installe à nouveau pendant quelques minutes.

- Je te remercie d’être honnête avec moi, finis-je finalement par dire. Les promesses mal placées m’agacent, de toute manière... je n’aime pas les coups fourrés.

Je me retourne vers elle pour mieux lui parler.

- Je ne sais pas ce qui se serait passé si j’avais été choisie par Moegami. Je ne me suis d’ailleurs jamais posé la question... mais maintenant que tu le dis, je ne pense pas que les choses auraient été plus faciles. Mes gênes auraient sûrement pris le dessus, j’aurais cherché à prouver ma valeur autrement, sans connaître le sens du mot « combat ». Je m’imagine tout à fait être aveuglée par le pouvoir, comme l’a été mon père, comme l’est actuellement Gekido. Je suis une Setsu, après tout...

Je m’approche encore et, délicatement, passe mes mains derrière ses épaules pour la prendre dans mes bras. J’ai toujours eu peur de la casser, physiquement et moralement, ne sachant pas interpréter ses émotions, ne pouvant que les deviner à travers les expressions si subtiles qu’elle veut bien laisser s’échapper. Je caresse ses longs cheveux noirs pendant que je continue à parler de façon plus légère mais pourtant sincère.

- Savoir que tu n’entreprendras rien pour me nuire, toi personnellement, est suffisant. S’il y a une chose que je regretterai c’est le fait de te laisser derrière mais je comprends que tu veuilles tempérer mon frère. Gekido serait en colère, il ne faut pas être devin pour le savoir... ça peut paraître égoïste mais dans un sens je suis contente que tu souhaites rester à ses côtés. C’est beaucoup pour toi, j’en suis consciente mais j’ai l’impression depuis longtemps que tu es la seule à Setsu qui pourrait un jour réussir à le faire changer. Il est trop corrompu pour devenir un homme bon mais j’ai espoir qu’un jour il devienne moins mauvais. Je ne sais pas si je serai encore là pour voir ça mais... si Setsu voit la lumière, je saurai que c’est grâce à toi et j’en serai heureuse, peu importe où je serai.

Mes propos sont maladroits mais j’espère qu’elle saisit que mes gestes et mes paroles sont porteurs d’une grande affection pour elle. J’ai beau me protéger des relations depuis longtemps en étant peu sympathique, j’ai su être moi-même avec Ame car elle a fait ressortir autre chose que la Jônin en moi. Je ne peux pas exprimer ce que je ressens à son égard, les sentiments sont très durs à identifier de mon côté. Mais je comprends que la Kannushi soit réellement partagée entre son devoir et notre lien. Me séparant doucement d’elle et la regardant dans les yeux, je lui offre alors un sourire.

- Ce n’est pas prêt d’arriver, de toute façon. Je n’ai pas l’intention de te laisser seule face à Gekido et, même s’il m’en fait voir de toutes les couleurs, il m’écoute quand même de temps en temps. Alors, pour le moment, profitons du moment présent... et de ce délicieux repas qui refroidit devant nos yeux !

Je caresse doucement son visage du dos de la main, réellement motivée à penser à autre chose. Je ne veux pas imaginer l’abandonner à son sort. Et même si je l’envisagerai peut-être un jour, cette idée me sera forcément douloureuse.


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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Ven 27 Déc - 18:58



« Je te remercie d’être honnête avec moi. Les promesses mal placées m’agacent, de toute manière... je n’aime pas les coups fourrés. »

Ame hausse faiblement les épaules en marmonnant un « C'est normal... » blasé. Elle tourne la tête vers Akane lorsque cette dernière se trouve vers elle, l'air plus ou moins sérieuse. Elle garde le silence, ne voulant surtout pas la couper. Déjà qu'elle a le cœur en vrac, alors si en plus elle commence à vouloir tout le temps lui couper la parole. Elle attrape ses baguettes. Devant absolument occuper ses mains. Mais celles-ci tremblent et manger devient une épreuve compliquée pour la Kannushi.

« Je ne sais pas ce qui se serait passé si j’avais été choisie par Moegami. Je ne me suis d’ailleurs jamais posé la question... mais maintenant que tu le dis, je ne pense pas que les choses auraient été plus faciles. Mes gênes auraient sûrement pris le dessus, j’aurais cherché à prouver ma valeur autrement, sans connaître le sens du mot « combat ». Je m’imagine tout à fait être aveuglée par le pouvoir, comme l’a été mon père, comme l’est actuellement Gekido. Je suis une Setsu, après tout... »

La jeune femme serre le poing, elle a envie de hurler. De lui hurler de se taire. Tous les Setsu ne doivent pas forcément finir assoiffés de sang et de pouvoir que l'est et ont pu l'être les hommes de cette famille. Elle est persuadée que la Jônin n'est pas comme le reste de sa famille. Qu'elle est différente sur bien des angles de vue. Cette femme n'envisagerait pas de quitter son Clan si elle avait été tout aussi dérangée que son aînée. Son cœur se serre davantage dans a poitrine. Ame le sent rater un battement, ce qui a pour effet de la faire grimacer. Elle toussote légèrement en reposant ses baguettes sans avoir touché la nourriture. Comment pouvait-elle essayer de faire croire à qui que ce soit qu'elle avait faim ? Elle n'a pas faim. La prêtresse a juste envie de vomir. Elle tressaute au moment où Akane la prend dans ses bras, toute surprise. Et pourtant, elle passe ses bras dans son dos pour la serrer de sa faible force contre elle. Son visage dissimuler dans les plis de son épaule, elle écoute sans réellement savoir ce qu'elle doit faire. Sa position religieuse est parfois trop lourde à assumer pour ses frêles épaules.

« Savoir que tu n’entreprendras rien pour me nuire, toi personnellement, est suffisant. S’il y a une chose que je regretterai c’est le fait de te laisser derrière mais je comprends que tu veuilles tempérer mon frère. »

Ame s'est pourtant qu'elle se verra forcée d'accepter le fait qu'Akane devra mourir si elle s'en va réellement. Elle ne peut quitter Setsu avec les secrets qu'elle garde sur la nation. Elle sait bien trop de choses pour que son frère la laisse gambader à travers champ à son gré. Elle se serre un plus contre lui. Elle n'a pas peur des fureurs de Gekido, non. Elle a peur qu'il se blesse. Et voir sa propre sœur le trahir risque de laisser une plaie béante au fond de son cœur déjà tellement meurtri. Ame ne saurait dire ce qui lui fait le plus de mal...

« Gekido serait en colère, il ne faut pas être devin pour le savoir... ça peut paraître égoïste mais dans un sens je suis contente que tu souhaites rester à ses côtés. C’est beaucoup pour toi, j’en suis consciente mais j’ai l’impression depuis longtemps que tu es la seule à Setsu qui pourrait un jour réussir à le faire changer. Il est trop corrompu pour devenir un homme bon mais j’ai espoir qu’un jour il devienne moins mauvais. »

Plus elle parle, plus Ame songe que ce n'est pas seulement une éventualité. Et que fatalement, cela arrivera un beau jour. Le jour où elle ne s'y attendra le moins. Elle aura le sentiment de s'être fait poignarder. Et qu'elle souffrirait pour deux. Gekido ne pouvant se permettre d'afficher ses blessures au yeux de sa nation. La réincarnation ignore si elle aura la force de parvenir à contenir cet homme tellement puissant. Il pourrait la balayer d'un revers de main sans qu'elle ne puisse rien y faire. Cependant, il en le fait pas. Elle a l'impression que sa présence l'apaise malgré l'agacement qu'il renvoie vis-à-vis de sa Kannushi.

« Je suis... heureuse de savoir que tu as foi en moi... Cela me rend que plus forte... Même si je doute qu'en une seule faible vie comme la mienne... on puisse obtenir quoique ce soit de ton aîné... Mais je ferai de mon mieux... »

Elle a l'impression que son choix de moi n'est pas celui qui conviendrait à la Kannushi. Mais celle-ci comprend bel et bien là où elle voulait en venir. Elle se sépare doucement d'Ame. Qui tente de se remettre droite sans vaciller. Elle a l'impression de manquer d'air. Qu'elle va se noyer dans un torrent d’émotions refoulées. Et qu'elle refoule encore et toujours, se parant des ses barrières. Carapace de froideur qui tombe parfois. Akane sourit à la prêtresse, et celle-ci essaie de le lui retourner sans que cela ne ressemble à un rictus songeur.

« Ce n’est pas prêt d’arriver, de toute façon. Je n’ai pas l’intention de te laisser seule face à Gekido et, même s’il m’en fait voir de toutes les couleurs, il m’écoute quand même de temps en temps. Alors, pour le moment, profitons du moment présent... et de ce délicieux repas qui refroidit devant nos yeux ! »

Sa dernière réplique redonne un peu de force à Ame. Qui se voit partiellement rassurée. Elle n'avait vraiment pas envie de la voir partir. Pas tout de suite du moins. Elle n'est pas prête à se séparer d'elle. Et sans doute ne le sera-t-elle jamais. Personne n'est préparer au départ d'un proche. Elle se souvient de l'état second dans lequel l'avait plongé la mort de Sôichirô. A son grand désarroi, elle n'avait pas su gérer cette séparation ridicule et brutale. La Kannushi ignore si elle saurait faire face à un autre départ. Puis elle se surprend à se demander ce qu'aurait fait son prédécesseur dans une situation pareil..? Il aurait fait ce qui lui semble juste. Comme toujours. Bon et juste... Elle lâche un petit soupire avant de redresser la tête vers elle à la caresse sur sa joue. Ame est prise d'une quinte de toux sèche avant de se reprendre, esquissant un sourire doux. Elle se sent rassurée de la voir rester encore au près d'elle. D'elle et de Gekido. Il ne l'avouera jamais, mais cela allait tellement le blesser. Elle secoue la tête. Essayant de penser à autre chose en servant le thé. Elle boit une gorgée. Ce qui lui fait du bien avant d'attraper ses baguettes.

« Oui..! Mangeons avant que ne devienne froid... J'ai joué les exigeante en demandant quelque chose de varié et voilà que je ne mange pas... Quel monstre je suis... »

Elle rit doucement se demandant si elle va amener un nouveau sujet ou si c'est à elle de le faire.




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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Ven 10 Jan - 15:50

Je ne réponds rien à sa première affirmation, mal à l’aise. J’ai l’impression de lui avoir imposé une nouvelle contrainte, une nouvelle responsabilité. Veiller sur mon frère... ça fait longtemps qu’il n’a plus besoin de personne pour décider ce qu’il veut. Les valeurs de notre père planent au-dessus de sa tête comme pour le menacer de ne jamais dévier du droit chemin. Chemin tonitrué qu’est celui des Setsu... Alors qu’Ame sert le thé après avoir sérieusement toussé, je me sens on ne peut plus coupable de lui avoir parlé de cela. Il s’agit d’une simple idée ; si le bonheur existe ailleurs, pourquoi le fuir en restant ici ? L’une des réponses, peut-être la seule, c’est Ame. Quelques secondes passent pendant lesquelles je me régale malgré tout.

Sa dernière réplique me paralyse. Un monstre... Ame... c’est comme si je parlais de mon père comme d’un saint : impossible. Il en faut du cran pour supporter la vie lorsqu’on est malade. Il en faut du cran pour supporter les tyrans. Il en faut du cran pour supporter la solitude car la Kannushi est seule face à tant de monde. J’ai envie de la réprimander pour ses propos malsains mais je garde le silence, relâchant la prise sur mes baguettes, fixant mon assiette vide sans ne plus penser à rien pendant un moment. Peut-être n’ose-t-elle pas relancer la conversation, peut-être a-t-elle tout dit. Lentement, je pose ma main sur la table, mes baguettes entre les doigts et je commence un récit que personne n’a encore entendu.

- Je me rappelle du premier couple que j’ai tué. J’étais avec Byakuya... à l’époque, rien ne pouvait plus me rassurer que sa présence. Il m’avait tout appris, seul cet homme pouvait me donner des ordres, me réprimander, me complimenter. Ce soir-là, il a désigné mes premières victimes en me donnant leur nom et leur emplacement. Il s’agissait d’un couple de marchands, plutôt âgé, transportant illégalement de la marchandise dans un autre Clan. Ça me semblait vraiment insurmontable, tu sais ? J’avais déjà utilisé des armes mais jamais je n’avais tranché de gorge. Je devais être discrète et rapide, sans quoi du monde serait alerté et la mission un échec.

Il m’a accompagné très froidement vers la caravane en question, la nuit. Elle était légèrement éclairée par une torche bien fixée. Le cheval était endormi debout, à l’avant et malgré le caractère craintif de cet animal, il n’a pas bougé une oreille lorsque je suis montée à l’intérieur. La lumière de la lune accompagnait mon kunai dans chacun de mes gestes et je me suis sentie, pour la première fois de ma vie, faite pour le meurtre que j’allais commettre. Ils étaient hors la loi et, pourtant, leur visage était affreusement serein. Serrés l’un contre l’autre, je me suis mise à m’imaginer vieille, aux côté de celui que j’espérais amoureux de moi.

Je me suis approchée jusqu’à pouvoir placer ma lame sous la gorge du marchand. Le métal était froid et l’homme a à peine ouvert les yeux que son sang se propageait sur le bois. Alertée par un discret gémissement, son épouse s’est tournée vers moi et a laissé une marque profonde dans mon cœur à ce moment-là. Je ne sais pas pourquoi, alors que son mari se vidait de son sang à côté d’elle, elle m’a souri. Un sourire très mélancolique... puis j’ai vu de la pitié. Malgré mes tremblements, elle savait qu’il me fallait accomplir mon devoir. Ça n’a duré qu’une fraction de seconde mais en la tuant elle aussi, j’ai ressenti un pincement unique dans ma poitrine... le sentiment que je n’aurais pas dû faire ça.

Je suis sortie passablement troublée mais Byakuya m’a dit « bravo ». Alors j’ai eu la conviction, pendant les nombreuses années qui ont suivi, que j’œuvrais pour le bien en versant du sang. Alors j'ai commencé à aimer ça. Il m’a trahie par la suite... mais malgré cela, je ne me suis pas une seule fois remise en question. J’ai laissé de côté mon carnet dont chaque page était marquée par le nom de l’une de mes victimes. J’ai cessé d’être une femme, j’ai cessé d’aimer les gens.


Je saisis à nouveau mes baguettes, prends une bouchée de nourriture avant de parler à nouveau après avoir mâché et avalé ce que je venais de lui confier.

- Le monstre... penses-tu que c’est celle qui pense à elle en commandant un bon repas pour une compagnie agréable, veillant sans cesse sur l’unité du pays ? Ou bien celle qui ne regarde pas la vérité en face et suit les ordres sans broncher (éventuellement juste pour la forme) en tuant des innocents ?

Un autre silence s’installe, parlant pour moi. J’ai déjà ma réponse.

- Je t’en prie, Ame. Ne parle pas de monstre alors que j’en suis un, alors que je n’aide personne. Je sers un fantôme me mon père, celui-là même qui m’a enlevé mon frère. Je ne fais rien pour le récupérer, à part râler. Je me ferai tuer un jour où l’autre, c’est certain... je ne manquerai peut-être pas à grand monde. Mais j’aimerais que tu gardes une image réaliste de moi. Je ne veux pas qu’il soit inscrit sur ma tombe « sœur aimante et amie dévouée ». Je suis une piètre humaine... il sera simplement indiqué « Jônin du Clan Setsu ». Parce que je n’ai pas su te sauver et je ne le saurai probablement jamais. Je m’excuse...

C’est bien pour ça que je m’en veux le plus : ne pas pouvoir la sortir de là. Laisser ce kami la bouffer des pieds à la tête, l’utiliser jusqu’au bout de ses capacités. Laisser mon frère l’utiliser alors qu’à mon sens elle mérite tellement mieux. Je suis douée pour gâcher les journées... j’aurais aimé que celle-ci se passe autrement.


[HRP : désolée du retard. Sad]


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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Mar 11 Fév - 4:49




La noiraude observe du coin de l’œil la Setsu. Elle écoute son histoire, sans l'interrompre une seule fois. Son regard carmin tombe dans sa tasse de thé. Les yeux mi-clos, elle se demande pourquoi Akane est comme ça si triste tout le temps. Ses baguettes sont posées sur le bord de son bol de riz. La légère fumée qui s'en échappe se dissipe rapidement dans l'air. Elle imagine le vieux couple, puis la dame âgée qui réalise que ce sont ses derniers souffles qui fuient son corps. Ame se dit que tout le monde à des choses à se reprocher, que ce soit le sang d'un autre ou une simple erreur de la vie courante. Tout le monde ne réagit pas de la même façon à ces événements. Visiblement, son aînée n'oubliera jamais son premier sang. Chose qu'elle peut comprendre. La Kannushi se plaint, souvent, pour très peu. Un sentiment d'égoïsme naît au creux de son ventre. Finalement, chacun à ses peines, à des degrés différents certes, mais tout le monde n'a pas une vie aussi belle que la sienne.

Elle ne sait rien des obligations des ninjas. Elle ne s'y intéresse que trop peu. Cependant, si une chose est sûre pour elle, c'est que son amie n'est en rien responsable de ces morts. Bien sûr, c'est très aisé à dire, ainsi, d'un point de vue extérieur... Lorsque l'on est la main qui éteint une vie, on se sent coupable. On culpabilise de ce que l'on a fait. Akane doit comprendre qu'elle ne fait qu'obéir aux ordres. Qu'elle n'a plus le choix de vie ou de mort sur quiconque. Pas plus qu'un autre. La seule différence, c'est qu'elle doit obéir aux ordres. C'est ainsi qu'est régie sa vie désormais. Ressasser ainsi le passé n'a jamais rien eu de bon. La réincarnation se sent coupable d'avoir fait remonter ce sujet sensible sur la table. Ce qui est fait est fait. Personne n'a le don de retourner en arrière. Heureusement. Sinon tout le monde ne ferait que ce qu'il veut faire sans jamais affronter les obstacles que les Kamis dressent sur les chemins sinueux de la vie. Elle redresse un peu la tête, tournant son joli visage vers son interlocutrice. Elle replace l'une de ses propres mèches derrière son oreille, continuant de se laisser bercer par son récit. Fronçant de parfois les sourcils, l'air de désapprouver ce qu'elle dit. C'est un sujet sensible pour Ame. Car, à ses yeux, tous être à le droit de vivre. Elle ne peut changer le mode de vie de toute une nation pour que tout lui plaise. C'est tout à fait impossible pour elle. Pour personne d'ailleurs. La cadette des Setsu manche un morceau avant de continuer.


« Le monstre... penses-tu que c’est celle qui pense à elle en commandant un bon repas pour une compagnie agréable, veillant sans cesse sur l’unité du pays ? Ou bien celle qui ne regarde pas la vérité en face et suit les ordres sans broncher (éventuellement juste pour la forme) en tuant des innocents ? »

Un silence coule entre les deux femmes. Ame ne voit en elles deux aucuns monstres. Elles font ce qui leur doit d'être fait. Chacune à son niveau. Ce n'est que l'ordre des choses de leur rang respectif. Elles ont des choses à faire et à mettre en place. De manière très différente, mais la Kannushi aussi, se voit forcée de faire des choses qui ne lui plait pas. Il n'y a aucun monstre ici. Les deux femmes doivent faire ce que leurs places de pouvoir demande de mettre ne place. Sans rien dire. Sans se plaindre. Sans remords. Qui d'autre qu'elles sont en mesure de faire ces choses si elles ne le font pas ? Sa fragile main se lève vers sa joue, qu'elle frôle, se grattant à peine d'un mouvement mécanique. Ame réfléchit. Sans cesser d'observer la Jônin.

« Je t’en prie, Ame. Ne parle pas de monstre alors que j’en suis un, alors que je n’aide personne. Je sers un fantôme de mon père, celui-là même qui m’a enlevé mon frère. Je ne fais rien pour le récupérer, à part râler. Je me ferai tuer un jour où l’autre, c’est certain... je ne manquerai peut-être pas à grand monde. Mais j’aimerais que tu gardes une image réaliste de moi. Je ne veux pas qu’il soit inscrit sur ma tombe « sœur aimante et amie dévouée ». Je suis une piètre humaine... il sera simplement indiqué « Jônin du Clan Setsu ». Parce que je n’ai pas su te sauver et je ne le saurai probablement jamais. Je m’excuse... »

Sans un sourire, Ame secoue la tête négativement. Ses yeux observent la table en coin. Instinctivement, elle va user de ses mots rassurants pour prendre la parole. Elle sait qu'Akane ne peut s'empêcher de tout remettre en question ou de s'interroger sur beaucoup de choses. Mais Ame est une personne bienveillante et rassurante. Espérant être suffisamment sage pour tenir sa place de Kannushi avec droiture et justesse.

« Nous ne sommes des monstres... que si c'est ce que nous croyons être, Akane-chan... Tu n'es de loin pas un monstre... Et tu le sais... Tu ne peux porter tous les maux de Sestu sous seul prétexte que tu as été conditionnée pour tuer... Les ordres sont les ordres... Et même si ôter des vies n'a rien de plaisant, tu ne peux te reprocher de faire ce qu'il doit être fait... Personne à Setsu ne peut mentir en disant que ce que tu fais est inutile... Tu es une stratège et tu œuvres pour ta nation... Pas aussi directement que Gekido ou moi, parce que certaines choses doivent rester dans l'ombre d'un souverain... Jamais, tu entends, je ne te laisserai penser que tu es un monstre... C'est faux... Il suffit que tu t'écoutes... Un monstre n'aurait ni remords ni inquiétudes au sujet de ses victimes... Le simple fait que tu te demandes, maintenant, si ce que tu engendres est juste démontre que tu es quelqu'un de bien, Akane...

Le jour où ta vie sera soufflée... Il sera écrit sur ta tombe : « Une sœur, une amie et une Jônin du Clan Setsu. Qui mérite le meilleur des repos. » ... Parce que c'est ce dont tu as le droit... Le frère que l'on t'a arraché ne peut revenir si ce n'est pas ce qu'il désire... Tu connais Gekido aussi bien que moi, voire mieux... S'il ne veut pas, personne n'est en mesure de lui faire changer d'avis... Un jour... il ouvrira les yeux... Sans doute trop tard... Je ne doute pas de l'affection qu'il a pour toi... Il est seulement trop orgueilleux pour l'admettre...

Mange pendant que c'est chaud, Akane...
»

Le coin des lèvres d'Ame s'étire en un tout petit sourire, alors qu'elle reprend ses baguettes. Elle attaque son bol de riz avec sa lenteur habituelle.




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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Ven 14 Fév - 14:28

Ame secoue légèrement la tête et je me dis que nous venons d’entamer un débat sans fin. Ses mots se veulent réconfortants, tellement doux et sincères... Mais je n’en crois pas un mot. Pas encore, pas de sa bouche. Je croirai peut-être un jour à ces paroles mais je suis encore trop fermée pour cela. Croire que je ne suis pas un monstre, c’est trop de demander. J’ai été conditionnée pour tuer, pas pour aimer cela. C’est bien ce qui me chiffonne. Je suis les ordres et exécute mes missions avec plaisir non pas parce que je satisfais Gekido mais bien parce que je satisfais mon envie de sang. Et je crois que personne ne peut comprendre ce désir de tuer et cette confrontation avec ma culpabilité.

Ame me fait comprendre que je suis quelqu’un de bien car je me questionne sur le sens de la justice... mais je ne crois pas que ça soit ça qui me rende meilleure. Il n’y a pas de justice en Setsu. Mon frère n’est pas juste, il prend ses décisions en fonction de ses envies. Il est plus âgé que moi mais prends des décisions de façon impulsive et irréfléchie la plupart du temps. Qui sait combien de mois encore s’écouleront avant qu’il ne décide de provoquer une guerre. La Kannushi trouve les mots et je crois que je comprends enfin pourquoi mon frère ne la fait pas chasser. Elle est la douceur et la sagesse incarnée alors qu’elle n’a même pas mon âge... Je comprends pourquoi Gekido ne m’écoute pas.

Alors qu’elle parle de lui en dernier lieu, souriant légèrement, je lâche complètement mes baguettes au lieu de continuer mon repas. Je soupire ensuite lourdement, regardant la pièce, comme si j’étais perdue. Je finis par la regarder et parler sur un ton plutôt monocorde, la voix malgré tout tremblante.

- Je suis devenue ce que je pensais être depuis ma naissance : l’ombre d’un homme qui prend toute la place. Quand mon père est mort, je pensais pouvoir retrouver cet homme, celui qui un jour a fait attention à moi. Mais il est parti plus loin, toujours plus loin. Je ne l’ai plus jamais vu sourire, je ne l’ai plus jamais vu s’amuser. Il est devenu dominateur et orgueilleux, comme tu le soulignes et je ne crois pas qu’il m’aime encore. J’y ai pensé, souvent mais je n’y songe plus. Il m’a choisie en tant que Jônin parce que je suis compétente, il aurait pu choisir quelqu’un d’autre si j’avais refusé...

Le ton fait penser à la colère mais je n’arrive pas vraiment à identifier de quel sentiment je suis la proie actuellement.

- J’œuvre pour une patrie qui ne connaît pas mon existence car je la dissimule derrière un masque, une identité secrète. J’œuvre pour un Daimyo qui ne porte pas d’affection à son peuple ou à ses sujets. Il est pourtant ma seule famille... et je crois que s’il venait vers moi un jour en m’appelant « imôto » je penserais à un rêve. J’ai perdu l’habitude d’aimer mais puis-je oublier le peu que nous avons partagé. Je ne peux pas effacer la générosité qu’il avait, enfant... Mais je crois qu’il l’a fait et qu’elle ne reviendra pas.

Je me tourne vers elle, la faim et la gourmandise m’ayant maintenant oubliées elles aussi.

- Il sera écrit Jônin sur ma tombe, sûrement pas « sœur » car même Gekido ne m’appelle plus ainsi. Mais si tu penses qu’il existe un espoir pour qu’on y inscrive « amie »... Si tu penses que le jour de ma mort tu pourras demander cette faveur à mon frère, même si tu es la seule... alors je reposerai sûrement en paix.

Le regard maintenant dans le vide, je lâche une dernière phrase à celle qui m’a changée.

- Je crois bien que tu viens de me donner une raison de vivre, Ame... Une envie de tisser des liens plus forts avec toi pour qu’un jour on m’appelle autrement que par un titre.


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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Jeu 27 Fév - 14:23




Ame se crispe légèrement. Elle laisse le flot d'informations se déverser comme si cela devait soulager la Jônin. Le silence. Il n'y a plus que ça entre elles. Le silence et les pensées de la Kannushi. Il est vrai que Gekido n'est pas quelqu'un de simple. Ils doivent souffrir autant l'un que l'autre d'avoir perdu un être. Qu'il soit vivant ou mort. Mais visiblement, quoi qu'elle dira, Akane trouvera le moyen de lui prouver le contraire. Par amusement ? Par dépit ? Parce que finalement elle a raison ? Ame ne sait pas comment interpréter tout ce que lui dit son aînée. En y réfléchissant, ils sont plutôt semblables, tous les deux. Ils se voilent la face sur des problèmes plus profond encore qu'une simple querelle d'un frère et d'une sœur. Les deux souffrent d'une absence. Celle d'un père et celle d'une frère. Personne ne peut les sauver mise à part eux. Je sais cependant qu'elle est un peu sa seule famille. La seule qui puisse revendiquer un peu d'attention à juste valeur. Et il est le seul à pouvoir la rassurer au mieux de ses peurs. La réincarnation comprend, malgré les apparences, ce que ressent la jeune femme. Oui, car elle aussi a souffert de l'absence de son aînée... Momoko n'a jamais été très présente pour sa cadette malade. Leurs parents avaient beau lui répéter que sa maladie ne pouvait pas se transmettre, elle avait toujours vu ça petite sœur comme une lépreuse. L'évitant autant que possible. Désormais, les deux femmes se voient forcées de se croiser de temps en temps. Moins depuis le mariage de l'aînée qui a dû renoncer à sa place de Miko pour devenir mère. Et depuis que Moegami a choisi Ame comme Kannushi, la plus âgée essaie en vain de se rapprocher de la plus jeune. Une fois encore, on en veut à son rang. Peut-être a-t-elle vu en le choix du Kami une sorte de remède à la maladie de sa sœur. Cependant, la Dame a toujours refusé de changer leur relation. Non, réincarnation ou pas, si elle voulait de sa petite sœur, il aurait fallu qu'elle s'y prenne avant.

Elle sent doucement son cœur se serrer à la dernière phrase d'Akane. A-t-elle réellement ce pouvoir ? Celui d’insuffler l'envie de vivre aux autres ? Si c'est en effet le cas, l'élue de Moegami se sent rassurée. Elle ne rate pas tout ce qu'elle fait, loin de là. Elle parvient a donner ce qu'elle a de meilleurs pour les autres... Tant mieux. L'amour inconditionnel qu'elle voue aux siens n'est pas un vain. Si la Jônin a pu s'y blottir, d'autres le pourront encore. Elle a une raison de plus de continuer à respirer. Encore un peu. Et combien même, elle n'est pas assez égoïste pour abandonner son peuple à Gekido et a un successeur trop mou qui courberait l'échine devant le Daimyo. Elle ne se le pardonnerait pas. Les mots lui échappent après une telle révélation. Elle ouvre doucement les bras en attirant Akane contre elle. Tant pis si le repas est froid. Il y a parfois des événements qui vous amène à ignorer certaine petite chose de la vie... pour une amie qui en a besoin. Son premier bras passe a sa taille alors que le deuxième enlace doucement l'une de ses épaules, laissant la réincarnation caresser avec toute la douceur d'une mère les cheveux de son aînée. Elle ne pourrait même pas expliquer son geste. C'est un réflexe. Un réflexe qu'elle s'ignorait posséder avec un être autre qu'un enfant.


« Alors sois rassurée, Akane... Je ferai en sorte qu'il soit écrit «une amie» sur ta tombe... Tu n'auras peut-être pas été une sœur à ses yeux, mais j'aurais donné beaucoup pour que tu sois la mienne... Je n'ai rien de quelqu'un de doux ou qui se préoccupe beaucoup de sa propre famille... Cependant, ne doute pas que je donnerai ma vie si cela pouvait sauver Setsu... Sans même avoir besoin d'y réfléchir...

Ne cherche pas à faire l'impossible, Akane... Gekido ne reviendra parce que tu le lui demandes...  Il faut le faire petit à petit... Le pauvre peine à faire confiance, peine à croire que l'on peut lui donner sans arrières pensées... Il s'est renfermé... Comme toi, comme moi... Au fond de lui, il est toujours celui que tu as connu et le sera à jamais... Personne ne change, c'est bien trop dur de changer du tout au tout... Il est bien plus aisé de se cacher derrière des murs infranchissables... De se détacher des gens qui nous sont proches pour mieux vivre les départs... Tout le monde ne revient pas un jour...

J'ignore si une Jônin et une Kannushi font bien de se lier ainsi l'une à l'autre... Malgré mes doutes, je ne veux pas que tu aies l'impression que je te repousse... J'accepte volontiers de construire une relation... J'accepte volontiers de te voir comme la sœur aînée qui m'a manqué dans mon enfance... Je pense que c'est à mon tour de me confier comme tu t'es livrée à moi... J'ai une sœur aînée moi aussi... Quand nous étions très jeune, elle prenait soin de moi... Elle défendait corps et âme la frêle créature que j'étais et que je demeure... Mais elle a grandi...
» Ame continue de la bercer doucement, alors que dans ses yeux passent un éclair de tristesse. « Elle a pris peur de tomber malade à rester à mon chevet... Elle a commencé à me fuir comme une lépreuse... A l'image de la plupart des enfants de mon âge dans le village... Esseulée... Personne ne voulait tomber malade... Chose que je comprends... Que je pardonne... L'inconnu fait peur, Akane... Si Gekido fait en sorte d'être un inconnu aujourd'hui, c'est parce qu'il peur en quelque sorte... Peur d'échouer... De ne pas être à la hauteur... Alors il fait comme s'il était inatteignable...

Il ne veut pas de toi comme sœur..? Et bien tant pis... Je me ferai un plaisir de te voir comme telle... Peu importe ce que tu étais, ce que tu es et ce que tu seras... Je serai là, Onēsan...
»

Depuis bien longtemps. Trop longtemps... Un sourire tendre vient se dessiner sur les lèvres d'Ame, alors qu'elle pose sa joue contre la tête de la Jônin.




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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Mar 25 Mar - 8:50

Mon cœur est serré mais il se détend lorsqu’elle me prend une nouvelle fois dans ses bras. Ces échanges physiques ne sont pas habituels pour moi et j’avais oublié à quel point le réconfort qu’ils apportent peut être salvateur. Ses mots contredisent l’affection qu’elle me donne : Ame me dit ne pas être douce mais tout de même dévouée à Setsu, tout en me disant qu’elle aurait aimé être ma sœur. En quelque sorte, elle l’est déjà, même si notre sang n’est pas le même. Elle me dit encore que Gekido est un pauvre bonhomme, qu’il s’est renfermé au fil du temps. C’est peut-être ce qui caractérise notre famille et ce pourquoi nous nous méprenons sur l’amour depuis tant d’années.

Alors que la Kannushi se confie, je me sens étrangement valorisée, comme la grande sœur que je n’ai jamais été. La jeune femme me parle de sa sœur qui, visiblement, n’est pas restée à ses côtés, tout comme Gekido s’en est allé. Fuie comme la peste, Ame s’est isolée des autres... ou plutôt, ce sont les autres qui l’ont isolée du reste du monde. Il ne m’est jamais venu à l’esprit que sa maladie pouvait être contagieuse et, quand bien même l’aurait-elle été, je ne l’aurais pas fuie car la mort et la maladie ne me font pas peur. Il est difficile d’imaginer que Gekido ait peur de quelque chose mais l’explication de mon amie tient la route... la peur pourrait donc rendre insensible ?

Elle conclut en m’appelant Onēsan, dénomination inconnue à mes oreilles car je ne me rappelle plus la dernière fois que je l’ai utilisée au masculin pour mon frère. Gekido est devenue « sa » dénomination et je ne pense pas à nouveau l’appeler comme dans notre enfance avec cette pointe de respect.

Je serre Ame délicatement dans mes bras à mon tour, réalisant que j’étais restée paralysée ces quelques minutes d’étreinte. Je soupire encore mais cette fois de soulagement, comme si une page s’était tournée. Une petite page mais une étape quand même dans le courant de ma petite existence. Je murmure alors quelque chose, percevant le sourire de la Kannushi, laissant le mien se dessiner à son tour sur mes lèvres.

- Tu incarnes la divinité de Setsu mais, au-delà de cela, tu es l’âme de mon pays natal ainsi que la chaleur qui m’a toujours plu ici. Je resterai pour toi, pour ma sœur de cœur et une part de mon esprit restera ici à jamais. Tu me fais aimer notre Clan, tu me donnes envie de le défendre et je le ferai à présent pour moi et non plus seulement pour Gekido.

J’appuie encore mon étreinte, sans pour autant exagérer, afin que son corps fragile n’en pâtisse pas.

- Merci, Ame... merci pour tout. Maintenant, mangeons pour de bon et allons profiter du soleil, s’il te reste un peu d’énergie !

Une conclusion hâtive et maladroite... comme moi. Mais j’espère de tout cœur qu’elle comprendra que son intention me touche profondément.


[HRP : désolée pour le retard, ma réponse et courte et pas bien garnie en plus... J'ai de la peine à me remettre dans le bain, d'autant plus qu'on parle de tombe. x_x Quoi qu'il en soit, je pense qu'on arrive tranquillement au bout, non ? Je te laisse peut-être conclure, si tu le souhaites ou partir sur autre chose, à ta guise. ^^]


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MessageSujet: Re: [Fini] Les jardins sont des lieux de grands discours. [PV Akane] Lun 19 Mai - 5:27




Ame sent son aînée se détendre un peu alors qu'elle la serre à son tour contre elle. La réincarnation ne peut pas s'empêcher de sourire avec tendresse. Elle ne l'était que tellement rarement avec les personnes de son âge. Mais Akane n'est pas n'importe qui à ses yeux. Non, bien sûr que non. Elle est sa meilleure alliée et sans doute celle qui correspond le mieux à sa définition du mot "Onēsan". Elle n'a pas d'explications. C'est ainsi et pas autrement, voilà tout. La Jônin murmure quelque chose et la Kannushi écoute avec attention.

« Tu incarnes la divinité de Setsu mais, au-delà de cela, tu es l’âme de mon pays natal ainsi que la chaleur qui m’a toujours plu ici. Je resterai pour toi, pour ma sœur de cœur et une part de mon esprit restera ici à jamais. Tu me fais aimer notre Clan, tu me donnes envie de le défendre et je le ferai à présent pour moi et non plus seulement pour Gekido. »
« Je ne sais pas si j'ose prétendre être ... l'âme de Setsu... Mais tes mots me touchent... Merci... Je pense que tu as le droit de te montrer égoïste... et de défendre les tiens pour toi aussi... Il n'y a pas que le Seigneur dans nos vies... Mh... » répond-elle sur le même ton.

Peut-elle réellement représenter l'âme de ces terres ? Elle ne le sait pas. Peut-être ferait-elle bien de continuer à ne pas le savoir. Bien. Elle semble satisfaite de la "prise de conscience" de celle qui désormais représente sa grande sœur. Ame ignore totalement ce qu'il adviendra... Si Akane partira ou non. Ceci dit, pour le moment elle est présente, la réincarnation à meilleur temps de profiter d'être en sa compagnie plutôt que de se demander combien de temps leur reste-t-il. Et peut-être qu'elle ne partira pas, en fin de compte. Seul l'avenir et le temps pourra le lui dire.


« Merci, Ame... merci pour tout. Maintenant, mangeons pour de bon et allons profiter du soleil, s’il te reste un peu d’énergie ! »
« C'est moi qui te remercie, Onēsan... » elle incline doucement la tête, avant de la relâcher, « Oui, mangeons... Je crois que je pourrai me déplacer pour flemmarder au soleil encore un peu... »

Ame prend ses baguettes et attaque tranquillement, l'air plus légère. Peut-être iront-elles se balader ensuite dans les jardins. Elle ne sait pas. Pour le moment, ce qui compte, c'est le repas qu'elles partagent. La suite n'a pas d'importance, du moment qu'elles sont toutes les deux. Pour un temps. Une pause dans leurs existences trop épuisantes.

[Bon, j'ai fait très court... Mais comme je clôture, on pourra en relancer un dès que tu auras du temps ! n.n]




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