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 Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE]

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Denbee Eisei

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MessageSujet: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Mar 12 Nov - 20:06

Kousen était sans doute un village agréable pour ceux qui savaient y vivre. Ce n'était visiblement pas mon cas-den. Même si je me trouvais totalement bête devant le boulot titanesque qu'avaient effectué les menuisiers du monde sur ce chantier catastrophique qu'était la région plein sud-est du pays, je me savais parfaitement incapable d'en apprécier la vie et ce dès les trois premières minutes de notre arrivée en ces terres. Le coup de l'accès en bateau m'avait rebuté mais le voyage s'était mieux passé que prévu-den. L'ambiance était chaleureuse mais pas trop ; disons qu'on pouvait circuler convenablement sur la chaussée sans manquer se faire écraser par un convoi de charretiers aveugles, preuve inéluctable d'une grande bonté dans cette partie-là de la population-den.

Finalement, ce qui me gênait le plus à Kousen, c'était moins ses habitants et sa structure que l'air qui y régnait. Mon nez semblait avoir décidé d'y être totalement allergique et ce, effectivement, dès les trois premières minutes de notre arrivée en ces terres-den. Gorō Gō, le grand, l'exubérant, le fort déplaisant vieillard qui m'accompagnait ne semblait pas souffrir de la froide humidité ambiante et bouillonnait à côté de moi de la même excitation dans ces températures négatives autant que dans celles positives de Geki. La proximité avec la mer et la beauté bucolique des montagnes blanches de Fukyuu avaient le même effet sur lui qu'une crevette sur la calotte glacière-den. Il préférait s'absorber dans la contemplation des rateliers qui décoraient l'intérieur de l'échoppe dans laquelle nous nous tenions alors que je m'évertuais péniblement à garder une respiration décente dans ce froid tenant.
« Quel genre de katana tu veux, osoi-chan ? Ils font des manches extraordinaires dans le coin, dis donc. Regarde celui-là là-bas ! »
Gorō avait complètement perdu la tête quand je lui avais demandé de m'accompagner jusqu'ici-den. Il avait été touché par la démarche au point d'en faire une affaire personnelle, si bien qu'à peine  le pied mis sur les planches de l'embarcadère, il me listait déjà toutes les qualités d'une bonne lame. Le soucis, c'est que je ne voulais toujours pas de lame et je m'exaspérais de le lui rappeler pour la n-ième fois cet après-midi :
« Du genre bokken, Gorō-sama-den...
- … Non, non, non, non. Non. Il lui faut un kissaki moyen. Vous avez ça ? A la forge ? Très bien, je vous suis. Osoi-chan ! On revient ! Ne t'e-...
- Je ne m'enfuirai pas, promis-den, reniflai-je d'une voix roque en bon habitué que j'étais.
- Parfait. Reste-là alors. »

Je les suivis du regard quand ils quittèrent la pièce, sans pouvoir m'empêcher d'entendre le reste de leur conversation passionnée de l'autre côté du rideau-den :
« Il est très calme votre fils, Gorō-sama.
- Quoi ? Osoi-chan ? Ah ! Non ! C'est pas mon fils, non ! Ahah ! Non, non. C'est le Taisho du clan, vous savez ? Il a oublié son bokken dans une auberge durant son dernier voyage et il a voulu me faire croire qu'il l'avait cassé ! Ahah ! Comme si on pouvait cass-... Oh ? C'est une Hira, ça ?
- Je l'ai vraiment cassé-den ! » mentis-je pour sauver le peu d'honneur qu'il me restait dans ce coin-là de Yokuni. Mais ça ne servait évidemment à rien-den ; je me surprenais à avoir encore des réflexes de ce genre.

Le temps qui passa ensuite me parut glisser en grosse goutte d’éternuement et de reniflement sur les aciers tranchant et les fourreaux de peau qui encombraient toute la pièce-den. En y réfléchissant bien, c'était une échoppe assez bizarre, non seulement parce que je n'y étais pas coutumier, évidemment, mais aussi et surtout parce que j'avais du mal à croire que le meilleur forgeron de tout Kenshu soit aussi le plus bordélique des hommes. Je ne m'y connaissais pas en armes, ce n'était pas tellement un secret, et encore moins en rangement, mais il suffisait de laisser son œil se promener d'un râtelier à un autre pour comprendre pourquoi ce type n'avait pas été débauché à Geki-den : il avait dû perdre ses papiers dans ce fouillis de vieille et nouvelle mode. Malgré ça, il fallait avouer que ce bordel entraînait les réflexes oculaires et poussait à la curiosité-den. On redécouvrait de nouveaux détails chaque fois qu'on regardait une ligne, quand bien même chaque extrémité de lame semblait être le commencement d'une nouvelle. Il avait sûrement de quoi équiper un bataillon d'homme voire, a priori, remarquai-je en éternuant sur des poignées, d'oshidori-den.

Ainsi, il y avait des katana suffisamment bricolés pour être portés par des canards minuscules mais rien pour les pauvres Taisho fainéants qui détestent la violence, me dis-je avant de tomber par un parfait hasard sur une poignée de bois poussiéreuse au bout de laquelle je retrouvai une même lame de bois tout aussi poussiéreuse. Le temps que je l'extirpe en totalité de sa prison surchargée, un bonhomme entra en trombe dans l'échoppe, eu le temps de vociférer quelques inepties au nom de tous les dieux pour finalement se jeter par-dessus un éventaire où il resta visiblement caché-den.
« Osoi-chan ! Touche à rien ! » me hurla-t-on depuis le fond de l'autre pièce quand tous les bouts de bois et d'acier eurent fini de dégringoler. Je reniflai avant d'aller fermer la porte d'où arrivait le vent glacé de ce qui me sembla déjà être la fin de la journée (on perdait plus que ses papiers dans cet atelier : on y perdait aussi la notion du temps) et m'en retournai à l'exercice de déracinement dans lequel je m'étais lancé-den.
« Osoi-ch-...
- JE SUIS TOUJOURS LA-DEN ! »
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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Jeu 14 Nov - 18:43


Le vent froid des régions de Fukyuu amenait jusqu’ici une certaine fraîcheur que les habitants avaient réussi à supporter. Les visiteurs étaient, quant à eux, plus retissant à venir se balader dans cette partie du clan de la foudre. Ce n’était pas le cas de notre jeune mercenaire. Elle ne dépassait que très rarement les frontières de sa patrie mais elle connaissait celle-ci dans les moindres recoins, allant du nom du plus petit paysan jusqu’au forgeron le plus connu. C’est d’ailleurs pour lui que la demoiselle faisait le déplacement.

Après une rencontre bien compliquée avec des créatures tout aussi impressionnante que féroce, Inuko avait malencontreusement émoussée cette lame qui lui était si chère durant l’affrontement. Il n’en restait pas moins qu’elle était encore dangereuse. Le poids du katana accompagné de la force qui faisait de la mercenaire un Oni aux yeux des certaines personnes rendait les coups plus violents que jamais. Les Yokais ne faisaient pas longtemps face à cela mais, l’étrangéité qui faisait d’eux ce qu’ils étaient, avait malheureusement endommagée en plus du coupant de la lame sa robustesse. Il était temps qu’elle fasse une révision. C’est donc sur la route menant à Kousen qu’Inuko dirigea ses pas.

Montagnes et rivières furent bientôt les compagnons de routes de la demoiselle. Elle les laissa ensuite de côté pour rejoindre le détroit du Sud de Kenshu qu’elle traversa en bateau pour arriver à destination du port de l’île. C’est sur un petit navire qu’elle descendit avec un petit saut. Regardant les alentours, elle se retourna bientôt pour tendre une bourse au seul navigateur de l'embarcation. Elle préférait voyager seule et surtout, de façon discrète. Quoi que son arrivée et surtout son style vestimentaire, qui se résumait à une longue cape noire surmontée d’une chevelure écarlate attaché exceptionnellement en chignon mal entretenu, attira les regards de bons nombres de passants. Ne faisant guère attention à eux, l’Hinnin prit bientôt le chemin des grandes rues du village.

Sans aucune hésitation, elle voguait parmi les différents chemins, zigzaguait entre les habitants pour finalement se retrouver au fin fond du village. Là, elle s’arrêta quelques instants afin d’observer l’enseigne qui se trouvait en face d’elle. Celle-ci était simplement accrochée par des bouts de chaînes au dessus de la porte. L’une d’entre elle était d’ailleurs bientôt prête à lâcher prise. Il n’y avait aucun doute, elle était à la bonne adresse. Elle passa le pas de la porte.

La boutique, ou plutôt ce qui devrait ressemblait à une boutique, était dans un état assez catastrophique. Katanas, kunais mais aussi tissus, paperasse, décoraient méchamment le sol. Habituellement peu expressive, le visage d’Inuko montra une certaine nostalgie. Rien n’avait changé malgré les nombreuses années qui s’étaient écoulées depuis sa dernière visite. Elle entendit à plusieurs reprises des sons de métaux mais également des voix au loin dans la pièce située au fond de la boutique. Il y avait également une autre personne qui semblait s’intéresser au désarroi du magasin. En étant plus attentive, elle remarqua un autre homme caché derrière une pile d’arme et de minerai argent. Son visage ne lui était pas inconnu. Il s’agissait d’un des assistants du forgeron. Inuko s’approcha alors de lui quand une odeur familière l’arrêta dans son élan.

Un plus de sa mémoire, la demoiselle avait un odorat qui lui permettait de retenir toutes molécules odorantes et celle-ci était bien particulière. Celle d’un tabac que l’on ne trouvait que dans une région bien spécifique de Kenshu mais surtout fumé d’une façon unique. Tendant l’oreille, elle se concentra ensuite sur les voix se trouvant dans l’arrière boutique. Elle n’eut aucun mal à reconnaître celle du forgeron et l’autre lui remémora certains souvenirs qu’elle n’aurait pas du. Son regard, bien qu’expressif à cette instant, laissait paraître une once de mécontentement. Denbee Eisei et Goro Go… Que faisaient-ils là ces deux là ? Cela n’était pas forcément une bonne nouvelle pour elle.

Sans attendre, elle se dirigea à pas lent vers l’assistant. Sortant son katana encore dans son fourreau, Inuko ne prononça que quelques mots :


« Donnez ça à l’ancien. J’ai besoin qu’il y jette un coup d’œil. Je reviendrais un peu plus tard… »

L’homme, terrifié, tendit ses mains pour prendre l’arme en main. Cependant, ne s’attendant pas un tel poids, se retrouva les mains liées entre le sol et l’arme. Après quoi, la jeune femme fit volte-face et se dirigea, toujours en une démarche lente, vers la porte mais, lorsqu’elle déposa une main sur la poignée, son nom lui vint aux oreilles. Finalement, elle ne put échapper à cette rencontre. Laissant passer un léger soupire tout en clignant lentement des yeux, elle n’adressa qu’une phrase sans se retourner pour faire face à son interlocuteur.

« Cela faisait bien longtemps, n’est-ce pas… ? »

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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Lun 9 Déc - 20:44

Je me mis à dévisager l'échoppe toute entière, tournant sur moi-même jusqu'à croiser le regard de l’apprenti toujours aux prises avec le sabre géant. Son expression inquiète, angoissée, aux yeux larmoyants de crainte, me fit cependant comprendre que l'ambiance polaire, en tout point bizarre qui venait de s'installer était tout à fait réelle-den.

Je reportai mon regard sur la jeune femme. Je ne pus pas m'empêcher d'avoir un rictus stupide, gêné, incrédule quant à sa présence devant moi-den. Son nom était sorti tout seul de ma bouche, sans que jamais mon cerveau ne l'y invite ; j'avais, jusqu'à cet instant, jusqu'à ce moment T précis, j'avais oublié l'existence d'une telle personne en ce monde-den. Quoique... non, pas réellement-den : je l'avais omise et elle me revenait à présent en pleine figure comme autant de vieille peinture du passé. J'avais l'impression de toutes me les prendre sur le coin de la tête, en pluie de souvenirs douloureux et... den... C'était indéfinissable. Je tiquai sans rien dire, tantôt plissant l’œil, tantôt haussant les épaules, sans quitter du regard Yasha Inuko, l'une de mes anciennes camarades de garde-den. L'une de mes anciennes camarades tout court, en fait. Merde-den ! Je ne savais même pas comment j'étais supposé l’appeler-den !! Je ne savais même pas qu'elle était encore en vie...
« Ah-ha-ha... j-... den... »

J'étais complètement déboussolé-den ; j'avais l'impression de voir un yokaï. Mais ce n'était pas ce genre de yokaï vengeur, tueur et tutti quanti, alors-den. J'avais l'impression de voir un vrai yokaï, de la bonne vieille espèce fantomatique, car j'avais dû, au moment de me poser des questions sur le devenir de mes camarades après mon accident, j'avais dû l'enterrer en même temps que mon œil et me forcer à la croire morte comme tous les autres. Ils ne l'étaient sans doute pas plus qu'elle, mais je ne les avais jamais revu après cette fameuse nuit, ce dont je m'étais toujours contenté-den. Les croire morts et ne jamais les revoir m'avait suffit. Mais Yasha Inuko était vivante-den.

Je fis tomber le bokken que je n'avais pas sentis me glisser entre les doigts tout ce temps, trop absorbé par la multitude d'informations à traiter – il n'y en avait pas tant que ça, remarquez –, ce qui me valut de me le prendre sur les orteils-den. Encore une fois, j'étais forcé de constater que le bois valait autant que l'acier à la croisée des doigts de pieds. Je me retins de gémir et me sentis affreusement stupide, maladroit, choses qui m'importaient peu jusqu'à présent mais qui, dans cette situation-là, me donnaient la sensation de prendre douze ans de moins-den. Je me sentais à nouveau comme ce petit samouraï stupide, in-intéressé et inintéressant, parfaitement inutile face à son lieutenant super charismatique. Yasha n'avait pas changée-den.

Et un peu comme auparavant, je ramassai l'arme avec mollesse avant de me redresser, de fixer l'aura enflammée qui brillait dans ses yeux – et je me souvins en même temps d'où elle venait et de comment j'avais pu me passionner pour elle (et comment j'étais déjà stupide à cette époque). Je tournai à peine la tête vers l'arrière boutique que je désignais en même temps du bokken, incapable pour le moment de la quitter de l’œil-den. N'allait-elle pas disparaître si je la détachais un instant du regard ?
« Hm... Go... Gorō-sama est derrière-den. Il... discute avec le... marchand-den. Peut-être que tu peux attendre deux minutes pour... den. » Tous les muscles encore utilisables de mon visage se contractaient en même temps que je parlais. Les mots me semblaient stupides-den. Tout me semblait stupide, en fait. Et je ne pus pas m'empêcher de me remettre à sourire bêtement-den. Je n'avais sans doute jamais autant souris de ma vie ; à bon escient puisque je pris conscience de quelque chose et mon regard suivit immédiatement ma pensée-den :
« Oy, tes cheveux ont bien poussé-den ! »
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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Mar 10 Déc - 19:40


Le visage légèrement tourné vers l’intérieur de la boutique, Yasha croisa le regard, ou plutôt l’œil unique du jeune homme qui se tenait dans la pièce. Cela lui rappela que le temps avait passé depuis cette fameuse nuit qu’elle ne put s’empêcher de se souvenir. Pluie, métal, hurlement. Tout lui revint en mémoire et la peur qu’elle avait ressentie à cet instant se propagea le long de son corps, en partant des pieds pour rejoindre le plus fin de ses cheveux. Cependant, l’époque de l’armée était loin derrière elle et son tempérament de faiblesse avait évolué en un sang-froid sans égale. Du moins, c’est ce qu’elle voulait croire.

Après le visage, ce fut autour de son corps de se tourner d’un quart. Bien évidemment, elle ne quitta pas du regard celui dont elle avait affreusement peur de rencontrer (lui et Juubei d’ailleurs). A ses yeux, il était l’une des personnes les plus importantes dans sa vie. Denbee Eisei… ce nom eut du mal à resurgir, par peur ou bien par oubli simple ? Elle l’ignorait. Durant de nombreuses années, elle fit en sorte de ne croiser la route d’aucune personne qui lui était chère. Elle connaissait le mal qui pesait sur elle et elle savait également ce qu’encouraient ses proches. L’isolement était la seule solution à ses yeux pour ne faire souffrir personne.

Laissant le passé derrière elle, elle se concentra sur la silhouette de l’homme. Contrairement à elle, il n’avait pas changé d’un pouce. Même ces attitudes restèrent les mêmes. Elle en fut certaine en le voyant ramasser le bokken et en pointant celui-ci vers la porte désignant l’arrière-boutique. Durant le peu de paroles qui exprima, il ne la quitta aucunement des yeux. Avait-il peur qu’elle s’enfuit ? Il n’avait rien à craindre. Malgré les monstres de son passé, elle ne fuirait pas une nouvelle fois. Qui plus est, elle savait qu’il ne tarderait pas à la suivre en dehors du magasin. Voila pourquoi il était inutile de quitter les lieux précipitamment. Et puis, voir Denbee sourire bêtement …Tout l’or du monde ne vaudrait pas ce sourire. L’un des seuls qu’elle est vu depuis longtemps. La dernière fois, c’était lorsqu’elle avait quitté ses soldats. C’était ce même qui lui avait adressé ce visage. A son tour, la demoiselle laissa dessiner ce qui semblait être un sourire sur le bord de ses lèvres. Il s’accentua quand le jeune homme lui déclara que sa chevelure avait gagné en longueur. Alors qu’il pourrait lui demander pourquoi elle avait quitté armé ou encore pourquoi elle avait choisi de se reconvertir en mercenaire, le Taisho lui fit uniquement par de son changement physique. Il n’avait vraiment pas changé…

En général, Inuko serait resté silencieux, pourtant cette fois, elle entra dans le jeu ironique de l’homme. Pointant son propre œil gauche, la demoiselle lui exprima de façon peu ironique, trop sérieux même.


« Et toi, ton visage est devenu difforme… »

Il n’avait rien de sarcastique dans ses mots. Inuko ne savait juste pas comment réagir face à lui. Après tout, Denbee était un personnage totalement opposé à elle. Maladroit, feignant, humoriste  alors qu’elle était froideur, force et ardeur incarnées. Cependant, elle voulait faire un effort pour cette fois.

La mauvaise ambiance (du point de vue de la jeune femme) fut brisée lorsque le maître forgeron revint de l’autre pièce. Croisant son regard, Inuko lui salua d’une inclinaison du buste en plus d’une main sur la poitrine. Sans même prononcer un mot, l’homme dont les mains avaient été abîmé par l’ouvrage sourit et aperçu l’arme dont il devait s’occuper dans les bras de son apprenti.


« Tu as encore fait souffrir cette pauvre lame, hein ? –déclara l’artisan dont la voix semblait étouffée par de la poussière.
- Je vous payerai la somme convenue… »

Toujours fidèle à elle-même. Elle ne voulait pas avoir de dette. Ses missions lui permettaient ce type de réparation. Son travail d’Hinin lui permettait de vivre facilement et surtout d’être qu’une ombre parmi les autres habitants du pays. Une ombre, c’est vite dit lorsque l’on sait que certaine personne de l’armée (pour ne pas citer Juubei) essaie de garder un œil permanent sur elle. Chose qu’il n’arrive malheureusement pas à mettre en place. Cependant, une angoisse vint alors jusqu’à son âme : Denbee était au courant qu’elle était en vie à présent, Goro le serait prochainement. L’armée allait-elle se mettre en travers de son chemin ? C’est à cette idée qu’Oni-kira se remémora les paroles du Taii Kenshu : « Tu as beau être mercenaire, ça ne te donne pas le droit de vie ou de mort sur ta cible. » Il ne pouvait nier cette évidence mais à ses yeux, l’armée était faible face à certains criminels et malheureusement, elle ne pouvait les punir. Inuko se voyait comme l’espoir de ses employeurs…

Elle n’eut pas le temps de réfléchir plus à la question lorsqu’un nouvel homme pénétra dans la pièce. Goro Go… lui par contre avait pris un sacré coup de vieux. Inuko eut comme un malaise lorsqu’elle croisa son regard dont la couleur fut accentuée par les rides. Elle ne prononça mot et resta droite et fière en face de son ancien supérieur. Qu’allait-il bien pouvoir lui déclarer ?


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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Mar 28 Jan - 17:17

Je triturai un rond de bois sur le manche du bokken, un peu mal à l'aise-den. Sa remarque ne m'avait pas blessé, non, je ne m'animais pas pour si peu mais... allez savoir pourquoi, je m'étais lancé dans une réflexion qui ne s'était plus ou moins jamais posée, ou alors si, mais de façon très succincte-den. Suite à sa réflexion, je m'étais remis à considérer la question du bandeau plutôt que du bandage pour cacher mon œil et regrettais, en quelques sortes, de l'avoir rejetée aussi vite. Sans doute aurais-je été plus... hm... agréable à voir avec un bandeau-den. Sans doute aurais-je été plus... hm... joli-den. Et peut-être que j'aurais également dû me brosser les cheveux, et en finir avec ce kimono criard. Hm... oui, j'aurais pu opter pour un plus sobre aujourd'hui, un qui me mettait bien plus en valeur et peut-être que Yash-... Non ! Je déraillais complètement et retombais dans les travers obscurs de mon adolescence suite à la remarque de mon sempaï d'antan et, heureusement pour moi, la voix du forgeron me sortit complètement de ces lianes épineuses sordides, dans lesquelles je m'étais longtemps lové jusqu'à me rendre compte que je m'y piquais pour rien-den. Encore une fois, faire attention à mon apparence ne changeait rien à mes rapports aux femmes. Pourquoi faire des efforts-den ?

Je remerciai mentalement le vieux artisan tout en reprenant pied dans la réalité. Je regardais toujours Yasha d'un œil luisant de surprise bête quand je me rendis compte de ce que le retour du forgeron impliquait-den. Il n'était pas parti seul dans l'arrière boutique et, à moins d'une rencontre particulièrement mauvaise avec une hache bien cachée, n'était pas revenu seul. La grosse voix qui suivit le court silence me fit baisser la tête et souffler silencieusement-den. Toute la magie du moment disparut. Le spectacle de Gō allait commencer.
"Oh-oh ! Je reconnaîtrais cette lame parmi mille autres... quoique je doute qu'il en existe mille de la sorte ! Ah ah ah ah !"
Bien que je lui tournais le dos, je sentis son regard se porter sur nous et, très vite, sa grosse main se poser sur mon épaule. Je me cachai pitoyablement la tête sous la main en présage de ses futures remarques et le sentis s'incliner très légèrement en même temps-den. Je devinai un sourire gigantesque sur son visage et je n'avais pas besoin de le voir pour être sûr qu'il y était bel est bien.
"Yasha Inuko, dit-il simplement.Quelle joie de te revoir ! Enfin, si c'est bien comme ça que je dois t'appeler ? Ah ah ah !!" Je relevai la tête et dégageai ma main, surpris de cette dernière remarque. A ma connaissance, il n'y avait pas d'autres façons de l'appeler-den. Gorō me donna un léger coup de coude qui manqua tout de même de me faire chanceler.
"Petit coquin ! Je me retourne deux minutes et voilà que ce que tu nous ramènes ! Ah ah ah !" Son timbre de voix était normal, fort, puissant, assuré mais j'entendais cette petite note familière-den. La note d'un secret qu'on ne dit pas, qu'on ne peut pas dire. La note silencieuse qui soulignait tous les non-dits. Je n'y prêtai pas réellement attention sur le moment et me contentai de reporter un œil gêné sur une Yasha qui me paraissait impassible. Comme toujours-den.
"Je parie que tu l'as déjà invitée à aller boire un saké, osoi-chan ! Pas vrai ? Pas vrai ?? Ah ! Trop timide pour l'ouvrir encore une fois ! Tu as trouvé ton bout de bois ? Je vois que oui. Très bien, parfait, va payer ton bidule, je me charge de conduire ce bel oiseau à l'auberge le temps qu'on lui répare son magnifique outil." Je le vis déplier le bras pour me dégager du chemin et le tendre ensuite à Yasha. Qu'elle refuse ou accepte lui importait peu-den. Gorō était plus têtu que vieux et, par malheur, il devait toutes ses rides à ceux qui lui avaient tenus trop longtemps tête.

Je restai sans bouger, totalement désœuvré-den. J'avais pourtant l'habitude de ce genre de chose. Plus que je ne l'aurais souhaité-den.
"N'oublie pas de nous rejoindre, osoi-chan. Accélère le pas d'avance, peut-être que tu seras là avant qu'on ait fini de discuter du bon vieux temps."
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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Mar 28 Jan - 19:40


A la vue de cette personne, de nombreux souvenirs oubliés refirent surface. La période où Yasha était encore Taii dans l'armée de Kenshu. L'un de ces souvenirs était lors d'une nuit, à la veille du salon des armes à feu. La division de la jeune femme était en charge de la sécurité. Elle travaillait donc tard le soir pour tout mettre en place. Voilà pourquoi, quelque part dans la caserne, on pouvait y voir une lueur, celle d'une bougie posée près d'un parchemin ainsi qu'un pinceau dont la pointe était encore recouverte d'encre noire. Près de la table où étaient déposés tous ces outils, Inuko, alors âgé de 26 ans, se tenait assise, droite et fière, lisant un des infinissables rapports de ses soldats. Déjà à cette époque elle ne laissait paraître que peu ses sentiments et émotions. Alors qu'elle était entièrement plongée dans sa paperasse, une forte voix résonna dans la pièce. Elle ne put s'empêcher de lever les yeux et de tomber sur ceux de Goro, son supérieur de l'époque. Réflexe : elle se leva et le salua. Le rire si personnel de l'homme rappela à la demoiselle à quel point il était peu pointilleux sur la hiérarchie quand l'heure de savourer du saké était arrivé. N'ayant pas terminé, elle s'apprêta à refuser l'invitation lorsqu'elle fut forcée de suivre le Taisho. Elle n'était pas du genre à boire mais la gaieté de cet homme mêlé à une curiosité certaine pour la vie la fit rapidement changer d'avis et à présent, elle était heureuse d'avoir pu partager de nombreux moments avec lui...

Aujourd'hui, les choses étaient différentes. Bon nombre d'évènements s'étaient déroulé et ils n'étaient pas tous aussi heureux que ces souvenirs. Malgré son humour et sa joie, Inuko resta impassible face à l'homme imposant. Elle en oublia presque Denbee un instant. L'avoir ainsi devant elle ne la mettait pas du tout à l'aise pourtant, elle ne le montra point.
Elle laissa couler les paroles de son ancien supérieur. Du moins jusqu'à ce qu'il évoque son nom ou plutôt, qu'il fasse allusion à une autre appellation pour la demoiselle. Était-il au courant pour « Oni-kira », son nom démoniaque que lui donnent les gens effrayés? C'est vrai, depuis son départ, elle n'avait eu affaire que très peu à l'armée. Que savait-il d'elle à présent? Elle l'ignorait, et elle devait s'assurer qu'il n'en sache que le minimum. Voilà pourquoi elle accepta son invitation, à contre coeur cependant. Regardant la main tendue par l'homme, elle la rejeta en faisant volte-face et en prenant le devant de la marche.

Durant le trajet entre les deux boutiques, Yasha ne dit mot, si ce n'est pour répondre à son interlocuteur qui ne put s'empêcher de lui poser des questions, non pas sur le passé, mais bel et bien sur ce qu'est devenu la Hinin.


« voilà maintenant 3 ans que tu n'as pas refais surface. Néanmoins, ton statut te précède : qui aurait cru que tu te reconvertirais en artiste. Pas moi en tout cas hahaha!
- Les gens changent avec le temps...
- Même toi. Surtout lorsque l'on connaît ton surnom d'artiste, Oni-kira. Tu ne crois pas que tu aurais pu choisir quelque chose de plus... Féminin et mignon ha ha! »

A la prononciation de ce titre, la jeune femme adressa un regard des plus obscurs à l'homme. Comment avait-il appris la nouvelle identité de Yasha? Non, en fait, elle se doutait que l'armée traînait partout et qu'un des soldats avait pu lui rapporter la rumeur de ce « démon vengeur ». Stoppant sa marche, elle ne put s'empêcher de vouloir révéler toute l'histoire à cet homme en qui elle avait une confiance aveugle autrefois. Pourtant, elle ne le pouvait.

« Disons quand voyant mon travail, les habitants ont commencé à croire que je ne pouvais qu'avoir des pouvoirs autres que ceux prodigué par les Kamis. D'autres pensent que je suis un Oni se déguisant pour distraire les passants. Bon nombre d'opinions sont nés à mon égard.
- Dans ce cas, tu ferais mieux de changer de vocation. Pourquoi pas musicienne, ou chanteuse, voire geisha. Je t'imagine très bien avec la peau blanche. Quoi que, la tienne l'ait déjà énormément. Il ne faudrait pas rajouter beaucoup d'artifice ha ha ha! »

Soupirant, la demoiselle reprit son trajet afin de rattraper son retard.


~~~


Bientôt, les deux personnes se retrouvèrent à l'auberge et l'énergie du vieil homme attira toute l'attention lorsqu'il demanda à ce qu'on lui apporte des bouteilles de sakés. Yasha resta sans émotion malgré l'envie de soupirer à la vue de ce spectacle déconcertant. Bientôt, elle alla s'installer dans un coin, rejoint par son ex-camarade de combat. Le silence ne dura guère que quelques secondes. Goro en revint à la demoiselle et chercha à connaître sa véritable vocation. Elle ne lâcha cependant aucunement le morceau. Rapidement, ils s'en vinrent à parler du bon vieux temps, comme il l'avait déclaré devant Denbee. Batailles, entraînements, discussions, de nombreux souvenirs furent évoqués. Certains plus importants que d'autres. Entre deux remémorations, elle voyait les différents visages qui constituaient sa mémoire. Ces anciens camarades, ses subalternes, Goro, Denbee ou encore... Juubei.
La discussion commençait à être longue et l'auberge se vidait peu à peu. Yasha prenait plaisir à discuter. Étrangement, ses émotions si peu visibles refaisaient surface en ce début de soirée. Même si elle ne voulait se l'avouer à elle-même, ces soirées à boire avec son supérieur lui manquaient. Plus qu'elle ne le pensait. Elle se demandait d'ailleurs pourquoi elle avait tout quitté... Non, en réalité, elle le savait. Cette nuit... celle qui transforma l'âme de la demoiselle et qui fut marquée à jamais sur le visage de son camarade borgne... Un visage triste s'afficha alors qu'Inuko, les yeux fermés, le menton posé sur le dos de sa main, coude sur la table, se souvint de chaque scène, chaque visage torturé et surtout, l'horreur de voir Denbee mourir sous ses yeux, comme l'a été Matoru. En parlant du loup, le nouveau Taisho ne tarda pas à rejoindre les deux personnes. Celui-ci aurait pu lire la détresse dans les yeux de la demoiselle. Non pas à cause de Goro et de ces questions, mais la même détresse qui s'était emparé d'elle lors de cette nuit et qui l'éveilla en tant qu'Oni-kira.

Elle venait de plonger ce regard dans celui de son camarade et elle s'en rendit compte. Surprise, elle baissa le regard avant se lever précipitamment. S'excusant avec une voix quelque peu tremblante, elle quitta la table et gagna la sortie. Prenant une énorme inspiration une fois dehors, elle vint tenir sa tête.


« Yasha, ressaisis toi... »

Effaçant le moindre de ses souvenirs, ne pensant qu'à l'avenir et aux personnes qu'elle avait aidés en leur apportant assistance, le regard flamboyant et sauvage de la demoiselle refit surface. Elle venait de faire disparaître cette faiblesse qu'il lui faisait tant défaut pour redevenir celle qu'elle était devenu : Yasha Inuko, la Taii laissa place à Oni-kira, la mercenaire...



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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Mer 5 Fév - 18:51

"Décidément... Tu les fais toute fuir..." me lança Gorō entre deux coupelles de saké. Yasha venait à peine de disparaître derrière ce mur que je ne pouvais m'empêcher de fixer avec émotion-den. Le regard qu'elle m'avait lancé me restait en travers de la gorge, si bien que je dus me la racler plusieurs fois pour calmer la douleur.
Ses yeux racontaient beaucoup de choses et c'était bien là tout ce qui m'intriguait chez elle-den. Depuis toujours j'étais curieux de connaître l'histoire qui passait dans ses pupilles et me sentais prêt à me noyer dedans pour en deviner la fin.
J'espérais pourtant qu'il n'y en ait jamais-den.

Je partis m'asseoir à la place qu'avait prise Yasha auparavant et me retrouvai de cette façon face à mon prédécesseur. Ses yeux à lui luisaient autant qu'il y avait de bouteilles vides sur la table et me paraissaient attendre une réaction de ma part-den. Je me contentai de poser mon nouveau bokken à côté de moi et de hausser les épaules, essayant de prendre sur moi pour masquer le trouble qui me tenait. 
"Que voulez-vous que j'y fasse-den ? Je n'y peux rien, moi, si elles ne ve-...
Ne fais pas l'idiot." Je fus choqué par le ton de sa voix-den. Elle n'avait plus rien de sympathique ni même d'extravagant. Elle contenait l'essentiel des mots-den ; le sérieux résonnait en elle et je dus me préparer à la conversation qui allait suivre. 

Je détournai légèrement la tête et observai les autres clients de la salle, incapable d'affronter les humeurs qui passeraient sur le visage de mon prédécesseur-den. Je savais d'avance que mes mots le décevraient, mais... den... je n'y pouvais pas grand chose. La vérité est toujours décevante-den. Je croisai les bras.
"Je ne savais même pas qu'elle était vivante-den...
Tu ne m'as jamais demandé ce qu'ils étaient devenus.
... Ah ! Pardon-den ! j'agitai une main dans le vide, un peu contrarié. J'aurais tellement voulu demander-den ! J'aurais tellement voulu savoir mais ce n'était tout simplement pas possible. Pas avec une partie de la tête en moins et des images traumatisantes dans l'autre-den. Il se trouve que j'étais assez pris à ce moment-là-den. Ça m'est complètement sorti de la tête-den."

Je sentis le vieillard affecté par mes mots, lui qui avait tant sacrifié pour rester à mes côtés et me rendre une vie décente. Il me fixa un moment avant de se perdre dans le fond d'une nouvelle coupelle de saké-den. Il s'était toujours ressaisi de cette façon.

"... Et tu ne veux pas savoir maintenant ?"
Les petites cloches du non-dit me firent tiquer-den. Cette fois-ci j'y prêtai une attention particulièrement importante. Il savait des choses à propos de Yasha, lesquelles voulait-il me dire sans oser cependant-den. Et quand Gorō Gō n'osait pas quelque-chose, c'est qu'il y avait des chances que cela puisse nuire plus qu'aider. Je l'interrogeai du regard avant d'ouvrir la bouche pour parler mais il me doubla-den : 
"On ne peut prendre sans donner Eisei-kun, dit-il. C'est le genre de chose que le maniement du katana apprend. Peut-être t'en serais-tu rendu comp-.
Épargnez-moi ces bêtises, s'il-vous-plait-den. Ça n'a rien à voir-den." Son regard était pourtant convaincu que si. Il soupira et se redressa pour passer une main sur la table-den. 
"Le fait est qu'il n'y a pas que toi qui as manqué mourir ce jour-là, contrairement à ce que tu sembles croire. Quand un membre d'une escouade est blessé, c'est tout le groupe qui l'est. Tu étais mort et tes camarades sont allés te récupérer. Tu es revenu avec tes blessures et eux avec les leurs. Si tu n'as pas envie de les voir, alors tu ne mérites peut-être pas plus que vos opposants d'être encore sur tes pieds.

Il se tut et je ne trouvai plus rien à dire-den. La vérité était-là, décevante et brutale. Il était clair que Yasha comme les autres avaient eux aussi souffert de cette attaque mais... je les croyais forts-den ; Ils ne pouvaient pas vraiment... enfin... Avais-je été égoïste-den ? Certainement et je ne le réalisai que plus à présent. Je réalisai en même temps que je n'avais jamais remercié celle qui m'avait sauvé sans craindre de passer par des torrents de sang-den. 
Et aussi fort qu'on le soit, on ne pouvait pas sortir de ce genre de choses sans éclaboussures, hm ? 

J'avais été stupide et fus violemment contraint de l'admettre ce soir-là-den. Décidé, j'empoignai mon bokken avant de me lever pour partir en direction de la sortie qu'avait prise mon senpaï - c'était définitivement de cette façon que j'avais envie de l'appeler, peu importe les règles de bienséances-den.
 
"Où vas-tu ? " demanda Gorō alors que je m'éloignai d'un pas nonchalant. Je tendis le bokken en guise de réponse, sans prendre la peine de me retourner-den :
"Le forgeron m'a demandé de lui donner un nom-den. Mais je n'arrive décidément pas à trouver la moindre idée avec vos discutions ennuyantes-den. Je vais voir ailleurs s'il y a des gens plus inspirés-den. Vous, vous êtes trop chiant-den."

Je ne pus m'empêcher de sourire en attendant son rire profond et lourd reprendre le dessus sur l'ambiance de l'auberge.

Je sortis finalement et me retrouvai confronté à une nuit plus dense, plus froide et plus humide-den. Je frissonnai en chassant l'obscurité de l’œil à la recherche d'une silhouette familière que je parvins à ne trouver qu'après un certain temps d'habituation-den. Le regard que Yasha m'avait lancé avant de partir revint me tapisser la bouche d'une gêne pâteuse qui me fit hésiter à l'aborder. Son attitude n'avait pourtant plus rien à voir maintenant, ce qui était d'autant plus déstabilisant-den. Et inquiétant.
"Senpaï-den... est-ce que tout va bien-den ? Oui, tout allait forcément bien-den. C'était Yasha. Elle allait toujours bien-den, pensais-je immédiatement sans pouvoir m'en empêcher. Les premières impressions font la vie dure-den. Je me ressaisis : Tu ne devineras jamais quoi-den... ah-ha... hm... je me suis rendu compte que... hm... je ne t'avais jamais remercié de m'avoir sa-..." non-den... Je ne pouvais pas le dire-den. Je n'étais définitivement pas convaincu qu'il s'agissait d'une bonne chose. La vie ne méritait parfois pas d'être secourue-den. 
"... de m'avoir supporté toutes ces années-den. Je sais que je n'ai pas toujours été très... impliqué dans les exercices et que je n'ai pas toujours fait beaucoup d'effort mais... hm... voilà-den. Il y a ce bokken et... j'aimerais vraiment que tu le baptises pour moi-den." Je me sentis absolument stupide de demander une telle chose et ajoutai immédiatement : "Evidemment, c'est pas comme si ça avait une grande importance ou n'importe quoi-den... Ah-ha... Ce serait stupide-den... C'est juste que... hm... den... On ne s'est pas vu depuis longtemps et... " ... et c'était aujourd'hui la chose la plus dure à accepter dans ce monde-den.
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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Mer 5 Fév - 23:09

Il était évident qu'en cette nuit, il lui serait impossible d'être celle qu'elle était au quotidien depuis son départ des rangs. Trop de souvenirs jaillissaient parmi les innombrables visages qui lui valaient son surnom. Le passé refaisait surface et il était difficile de lui échapper. Quoi que l'on fasse, quoi que l'on pense, il restera toujours gravé au fer dans les mémoires.
Pendant toutes ces années, Yasha s'était persuadée de l'avoir scellé au fond d'elle-même, derrière une porte infranchissable. Qui aurait cru que le simple visage d'un camarade pouvait détruire le verrou. Il est vrai qu'il ne s'agissait pas d'une personne de voyage. Il était l'une des dernières personnes sur cette terre à avoir croisé son chemin et être toujours parmi les vivants. Par conséquent, après cette soirée, les portes se refermeront et le métal des chaînes viendra s'enlacer pour ne jamais céder, aider par un cadenas dont la serrure ne correspondra qu'à une clef unique. Clef qu'elle ne possède pas et qui ne lui sera rendue que le jour fatidique. En attendant, elle se ferait gardienne de ses songes et effacerait toutes traces de son ancienne existence...

Perdue dans ses propres chimères, la présence de cette fameuse personne se fit ressentir près d'elle. Elle n'osa jeter un regard par-dessus de son épaule. Elle craignait d'y voir inquiétude et désarroi. Pourtant, la mélodie de cette voix qui se faufila jusqu'à ses oreilles n'avait rien d'inhabituel, si ce n'est la difficulté de s'exprimer. La question posée donna part à une réponse simple; pourtant, cela ne semblait pas si évident pour une fois. Le sentiment d'avoir été si facilement découvert la troublait. Que devait-elle dire? Comment? Cette sensation d'impuissance, à ne pouvoir faire face à une part de son passé, lui était inconfortable. Cependant, l'homme lui facilita la tâche en enchaînant immédiatement sur un autre sujet, qui se trouvait être tout aussi, voire plus douloureux que le précédent. Alors qu'il s'apprêtait à gratifier la jeune femme, il stoppa ses dires et continua sur de nouvelles paroles, paroles qui ne suivaient pas sa pensée. Voulait-il la remercier pour cette nuit? Savait-il seulement ce qui s'était déroulé après avoir perdu connaissance? Leurs anciens camarades, ayant été témoin de la scène, lui avaient-ils tout raconté? C'est en partie à cet instant qu'elle perdit la dernière lumière d'espoir de voir sa malédiction se dissipait.
Denbee continua de s'adresser à Inuko, mais ces mots étaient brouillés pour elle, comme noyé dans un liquide cristallin. Elle ne pensait plus qu'à une chose : se libérer d'un poids. Révéler à cette personne ce qu'elle est réellement devenu après ce cauchemar. Bien qu'il ne l'exprimât pas, le Taisho s'était rendu compte qu'elle n'était plus la Taii qu'il avait pu connaître, et il lui était permis de savoir pourquoi. Faisant totalement abstraction des paroles de l'homme, elle le coupa, sans lui faire face pour autant.


« Cette nuit-là... tu n'as pas seulement été la cible de ses hommes aux armes de feu. Tu fus également emprisonné dans une cage... Celle d'un destin lié à une mort certaine. Chaque jour à rester à l'intérieur te rapprochait pas à pas de ton jugement. Par chance, elle se fissura puis se brisa... alors que j'abandonnai mon statut. »


Finalement, elle prit le courage de se retourner vers l'homme qu'elle voyait comme un membre de sa famille... l'un des seuls survivants. Elle prit le temps de réfléchir aux mots qu'elle était sur le point d'exprimer. Son visage avait repris les teintes claires d'une jeune femme vivante.

« Tu te demandes pourquoi j'ai disparu aussi précipitamment? C'était dans l'unique but de vous protéger, toi et les autres. »

Elle serra l'un de ses poings tout en l'approchant de sa poitrine. Elle vint ensuite à ouvrir son étreinte et à fixer l'intérieur de sa paume, voyant le reflet de ce fluide écarlate rendant les hommes vivants. Son timbre de voix reprit les allures d'antan alors qu'elle conta son histoire pour la première fois.

« Lorsque j'ai quitté les rangs, je me suis reconverti en mercenaire. Voyageant parmi les flots et les arbres, j'accomplis les missions que les habitants me confiaient. Malheureusement, ce n'est pas le genre de requête que peut exécuter un enfant. -Elle prêta de nouveau son attention sur l'homme, plongeant son regard dans le sien.- Je fais justice lorsque l'armée ne le peut. Je suis le shinigami de mes cibles. Je suis devenu... le Yokai de quiconque se retrouve sur ma liste noire. Je suis... Oni-kira... »

Elle marqua un long silence afin que l'homme, qui ne réagissait pas, puisse faire le point sur toutes les informations qui venaient de lui être révélées. Inuko, quant à elle, ne savait si dévoiler ainsi son identité lui coûterait la liberté ou même pire, la mort. Après tout, Denbee était Taisho de l'armée de Kenshu. Il a, à l'heure actuelle, en face de lui, une meurtrière. Juubei avait déjà abordé le sujet il y a peu de temps de cela. Elle n'avait en rien écouté. Elle voulait rester dans l'armée pour pouvoir faire justice sans les représailles, mais l'être vêtu de noir rodait beaucoup trop près. Il a fallu faire un choix et jusqu'à présent, elle n'en a jamais douté.

Voyant le trouble dans le regard de son ami, elle se permit de baisser le visage, yeux fermés, et de rajouter avec un semblant de soulagement.


« Alors... oublie les senpai et autres appellations... Je ne suis plus celle que tu as connue... Eisei... »

Il y avait bien longtemps qu'elle ne l'avait pas appelé par son prénom, et cela sera sûrement l'une des dernières fois...



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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Jeu 6 Fév - 4:49

Je l'avais écoutée du début à la fin avec une attention habituellement trop rare. Les longs discours m'ennuyaient mais le sien sut trouver mon intérêt avec une facilité déconcertante-den. Quand elle s'était arrêtée de parler, j'avais attendu une suite et quand elle eut fini, je m'étais tenu tranquille malgré l'horreur que me provoqua la compréhension de ses propos.

Je regardai la nuit dans laquelle nous étions plongés sans la voir réellement tant la complexité de la situation nouvelle m'apparaissait importante-den. Je ne pouvais plus dire n'importe quoi, voilà où nous en étions, et le Kami seul savait à quel point j'adorais dire n'importe quoi, surtout en face d'elle. Mais elle n'était plus vraiment elle-den.

Je reculai pour m'appuyer au mur et soupirai. J'avais l'impression d'avoir fait une chute du haut de la muraille de Geki-den ; jamais je n'aurais imaginé les choses aller de la sorte et ne savais, de fait, pas trop comment réagir. Le sens pratique me disait de lui répondre en Taisho et de la prévenir de ce qui allait se passer pour elle, à contre cœur hélas car je ne pouvais que me contraindre à suivre ces lois. Elle était et serait toujours Yasha pour moi, quoi qu'elle en dise-den. Aurais-je été Taisho sans elle ?

La morale et le cœur me disaient quant à eux d'agir en ami, en frère, en élève... peu importe-den ; ils me disaient qu'elle avait besoin d'une présence à côté d'elle là où il n'y avait que la nuit. Une main sur l'épaule, des mots de camarade, un prompt réconfort qui pourrait la réchauffer quand elle serait seule.

Mais je n'étais pas doué pour ça-den. Pas plus que pour être Taisho. Cependant elle m'avait appelé par mon prénom, ce qui me rendait encore plus vasouillard que d'ordinaire-den. Je posai une main sur le mur, ne serait-ce que pour m'assurer que je n'allais pas tomber. Elle m'avait appelé par mon prénom, alors peut-être pouvais-je tenter d'être seulement moi-même-den...
"Oy, senpaï-den...dis-je d'une voix douce.... Ça fait un long nom pour un bokken-den. Je ne suis pas sûr de pouvoir le retenir entièrement-den..."

Je souris et baissai la tête à mon tour quand je constatai que ça ne la faisait même pas sourire. Enfin-den... je ne le constatai pas réellement mais l'ambiance ne me semblait pas vraiment vouloir se détendre.
Je repensai alors à ce que mon prédécesseur m'avait dit quelques minutes auparavant et essayai de me convaincre d'arrêter de faire l'idiot pour revenir vers ce sérieux que la situation exigeait-den. C'était dur. C'était tellement dur d'être franc avec elle alors que je ne l'étais pas avec moi-même-den.
"... Je n'ai jamais revu personne après cette nuit-den. Et je n'ai jamais rien demandé à votre sujet-den. Je le regrette... j'haussai une épaule, hésitant ; un rire gêné accompagna ma main quand je me mis distraitement à gratter une trace sur l'une de mes manches-den.... Ou peut-être pas, en fait-den. Je ne sais pas-den. J'ai vécu depuis sans penser à vous et à ça-den".

Un nouveau rire me prit mais ce n'était pas vraiment un rire de bonne foi-den. Je n'aimai pas moi-même l'entendre et l'arrêtai rapidement. Puis je relevai la tête pour regarder l'expression de Yasha-den :
"'Ça'-den... Ah ah ah ... Je ne suis même pas capable de le dire, tu vois-den. Enfin... peu importe-den, concluai-je en chassant la question de la main. Je t'ai toujours admiré et tu le sais-den : je n'étais pas très discret-den. Laisse-moi t'appeler 'senpaï', s'il-te-plait, c'est bien la moindre des choses que je puisse faire-den. Ca ne t'engage à rien de toute façon-den. Ça ne t'empêche pas de livrer la Justice que tu souhaites livrer-den."

Je me redressai pour me masser nuque et front que le trop plein émotionnel de la journée avait rendu douloureux-den. Je me mis face à mon ancienne camarade et inclinai la tête, espérant avoir maintenant toute son attention. Je repris la parole d'une voix un peu moins légère :
"Evidemment ce n'est pas le Taisho qui parle-den. Gorō n'approuverait pas et ce serait me moquer du Grand Seigneur que de t'encourager à faire tes affaires-den. Je comprends le rôle que tu joues auprès de ces pauvres gens et suis extrêmement désolé que tu aies à le faire-den. Si le monde était parfait, sans doute que les samouraïs s'occuperaient un peu mieux de tout le monde et un peu moins des quelques privilégiés-den... J'ouvrai les bras pour montrer mon désarrois face à la situation et un rictus se dessina sur mon visage quand j'ajoutai : Remarque, si le monde était parfait, les samouraïs n'auraient pas à exister-den."

Ce qui était bien vrai-den. Mais le monde n'était pas parfait et les samouraïs encore moins. Je l'étais encore moins-den. Je me détournai pour laisser une nouvelle fois mon œil vagabonder dans la nuit, l'esprit un peu perdu. On ne voyait pas grand chose du paysage sinon les formes vagues des maisons et un dégradé de teintes plus ou moins sombres où perlaient par endroit de petit point de lumière, signe de vie et d'espoir-den. Ils me redonnèrent espoir quand je les vis, en tout cas.
"Je déteste mon rôle de Taisho-den... Encore plus maintenant que je sais ce que tu fais de tes journées et ce qu'il va falloir que je fasse des miennes-den... Et... den... Je ne peux pas m'empêcher de croire que tout est de ma faute-den... Que je sois ce Taisho ou cet idiot d'Eisei-den." Je secouai la tête, visiblement agacé. "Evidemment je pourrais me consoler en me disant que tu es heureuse d'avoir choisi ce chemin-là-den... mais je doute réellement que ce soit le cas-den... On ne protège pas ses camarades en les abandonnant ou en devenant un yokaï-den... Et la solitude ne rend heureux que ceux qui sont morts-den..."
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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Jeu 6 Fév - 14:16

Les mots du jeune homme furent dits par ironie. C'était bien lui, toujours à plaisanter et à laisser de côté les choses d'intérêts. Inuko ne pouvait oublier les nombreuses fois où elle le retrouva à rêvasser alors que le reste de la division suait eau et sang; ou encore la fois où il ne voulut pas utiliser de bokken pour s'entraîner et ne fit qu'esquiver ce qu'il pouvait. Elle était désespérée. Puis, lorsqu'elle apprit que Goro laissa sa place pour le jeune homme, une lueur d'espoir s'illumina. Denbee n'était peut-être pas si maladroit... Elle le vit même comme son supérieur pendant un temps. Le petit jeunot avait maintenant une grande responsabilité.
Plus elle y pensait, plus elle se demandait ce qu'elle serait devenue si elle était restée. Connaissant Goro, elle n'aurait pas manqué de prendre sa place. La fuite aurait alors été impossible et aujourd'hui, les regrets envahiraient son esprit. Est-ce les sentiments que ressent Eisei à cet instant? Elle en doutait. Leur passé différait ainsi que leurs actes.

Après quelques minutes de réflexion, l'homme réussit enfin à faire le point et à prendre la parole alors qu'Oni-kira se rendit compte du faix de ses dires. En l'écoutant, elle n'aurait jamais dû le revoir. Il semblait l'avoir complètement oublié et ce n'était pas plus mal. Le destin voulut une nouvelle fois mettre la jeune femme à l'épreuve mais ses épaules devenaient trop encombrées. Elle ne résisterait pas bien longtemps sous le poids de cette malédiction. Elle se laisserait alors porter par un vent de peine et de douleur, son âme succombant à ses blessures. Cependant, le moment n'était pas encore venu. Elle se devait d'accomplir la tâche qu'elle s'imposa.

Le Taisho avoua ensuite qu'il admirait depuis toujours Inuko. C'est pourquoi il insista pour continuer à la voir comme son aîné. Un sourire en coin apparu sur son visage. Comment pouvait-il autant l'apprécier? A son tour, elle vint s'adosser au mur, à quelques centimètres de l'homme, regard toujours tourné vers le sol. Elle croisa les bras, et resta silencieuse durant le reste du récit.

Ce dernier s'attarda sur la perfection du monde, qui était loin de l'être. L'Enfer écarlate leur avait prouvé. Aujourd'hui encore, les conflits ne cessent de s'accroître, causant des pertes que peu souhaiteraient. Haine et colère, ainsi que la vengeance voient le jour. L'armée ne peut rien faire contre ça et les mercenaires interviennent alors à leur place, faisant la justice des plus démunis. C'est le lourd fardeau qu'ils portent sur leurs épaules, et c'est celui d'Inuko.

La suite des propos vint irriter la demoiselle qui tourna son regard vers son interlocuteur, sourcils arqués. Il n'était en rien responsable des actes de Yasha. Si elle devait en vouloir à quelqu'un, ce serait les Kamis.
Quittant le mur, elle se mit face à Denbee. Immobile quelques secondes, elle finit par tendre son bras, hésitante. Elle vint finalement déposer sa main sur l'épaule de l'homme. Sa voix prit des teintes cristallines et beaucoup plus calmes et reposées.

« Tu n'es en rien responsable. Depuis ma naissance, les Kamis m'ont mis à l'épreuve et je ne souhaite à personne de vivre ça. Je veux leur résister, afin que les êtres qui m'étaient chers voient à travers moi le monde dans lequel ils vivaient. Et si je vous ai abandonné... c'est bel et bien pour que vous viviez sans crainte. Alors s'il te plaît... -Sa main quitta l'épaule pour rejoindre la chevelure ébouriffée de l'homme. A cela, elle y ajouta un trésor que beaucoup de personnes aimeraient voir : un sourire sincère.- Ne reste pas prisonnier de ces fantômes. Avance avec tes jambes, voit le monde avec ton oeil, et survit. »

La main précédente descendit. Ses doigts vinrent frôler le bandage se trouvant sur le visage de l'homme. Elle resta à le fixer avant de poser son regard dans l'oeil unique.
« J'ai été négligeante mais tu as tenu bon. Maintenant que de nouvelles responsabilités te sont attribuées, tu te dois d'y faire face. En tant qu'homme, en tant que samurai... en tant que Taisho.
Goro compte sur toi. Tu sais à quel point il t'en voudra si tu échoues. »


Une fois encore, la main fit des siennes en venant lier le pouce et l'index qui, sous une petite pression, vinrent frapper le front sous le bandage.
« Et je compte sur toi pour m'arrêter. Tu es le seul en qui j'ai confiance. Tu seras me remettre sur la voix si les choses tournent mal. »

Il n'était pas le seul en qui elle avait confiance en réalité. Goro, mais aussi Juubei faisait partie de cette liste restreinte...



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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Jeu 6 Fév - 20:11

J'avais eu cette fois-ci énormément de mal à comprendre ce dont elle parlait. Tout le monde était mis à l'épreuve par les Kamis, c'était là toute la difficulté de la vie-den. S'il n'y avait pas de danger à vivre, qui vivrait ? Pourquoi prendre ça avec tellement de gravité-den ?

Je l'avais regardé en fronçant le sourcil et en penchant la tête jusqu'à ce que sa main s'approche. Mon coeur s'était emmêlé les tuyaux quand elle s'était posée sur mon épaule et avait dévalé les escaliers sur les fesses quand elle s'était tendue vers mon visage-den. J'avais cru perdre toutes mes capacités ensuite. L'angoisse m'avait prit en même temps que ses mots avaient traversé mon oreille-den.

Je sursautai quand elle me donna cette pichenette, de laquelle je la remerciai intérieurement puisqu'elle me permit de retrouver tous mes moyens. Je me frottai la tête en essayant de ne plus l'écouter-den. Plus elle parlait, plus je rajeunissais. Je ne regrettais pas spécialement le passé - pas sérieusement, pas réellement - au point de vouloir lui courir après-den. Aucune larme ne tomberait de cet œil en repensant à ce que j'avais fait de ma vie car j'avais toujours fait ce que je souhaitais, même dans les situations les plus désagréables-den. Même quand j'étais ce flemmard agaçant et stupide.
Mais en écoutant Yasha, je ne pouvais m'empêcher d'y repenser. Je ne le revivais pas avec une meurtrissure au cœur, j'y repensais seulement et c'était déjà beaucoup-den.

J'y repensais comme s'il ne s'était jamais arrêté et je ne pouvais que me dire que ce n'était pas quelque-chose de bon ni de vraiment très utile dans cette situation. C'était des rêveries et les rêveries n'aidaient pas-den. Bien que j'aimais beaucoup rêvasser, je m'y refusais quand les songes finissaient en cauchemars. Je croyais en l’occurrence que ce serait le cas de ce passé qu'elle me faisait revoir, quand bien même la fin n'était pas devinable, Yasha m'en proposait une que je n'avais pas envie d'entendre-den.

Mais sa voix était une chanson qu'on ne pouvait ignorer, surtout quand elle s'habillait de ce beau sourire-den.

"... Je crois que tu surestimes mes capacités-den... murmurai-je sans bouger, l’œil baissé dans le vide. Depuis toujours tu es celle qui lutte pour les autres-den. Je me sens fatigué d'avance à l'idée de... de devoir 't'arrêter'-den..." Je souris tristement avant d'oser bouger pour lui attraper doucement la main. J'avais envie de la prendre dans mes bras, mais, n'importe comment, je me savais d'avance peu doué pour ça-den. Je regardai les marques qu'elle s'était faite plus tôt, pour je ne sais quelle obscure raison. Elle souffrait et je le sentais ; l'impuissance m'arrachait le cœur tant je doutais d'être l'homme de la situation-den. Il y en avait tellement d'autres plus proches d'elle et tellement mieux bâtis pour la ramener et la garder auprès d'eux. Ce grand blond tout en langueur en était l'image parfaite-den.
Image parfaite de ce que je n'étais pas, mais ensembles, peut-être que... den...

"... Je ne me déplacerai qu'une fois-den, la prévins-je avec un sérieux profond. Ce qu'il était-den. Je ne me sentais pas capable de la voir mener ses combats sans avoir l'angoisse d'agir. Je ne te courrai pas après et ne ferai pas de chasse aux yokaïs, cependant je serai-là à l'heure-den. Choisis-la bien-den. "

Je relâchai sa main et m'éloignai d'elle pour lui tourner le dos-den. Je soupirai et essayai de me détendre maintenant que tout me paraissait clair. Je ne reverrai Yasha qu'une seule fois et ce serait la dernière-den. Ce soir était peut-être déjà cette seule et unique fois. C'était... un sentiment étrange qui me tenait à présent-den. Je sortis ma pipe et la rallumai pour fumer en silence, le temps de comprendre la nature de cette nouvelle sensation. Et je la devinai finalement sans trouver quoi lui dire de plus-den. Je me sentais maintenant redevable envers elle-den. Moins pour la vie qu'elle m'avait rendu que pour la confiance qu'elle me prêtait. C'était le plus grand honneur qu'elle pouvait me faire-den. Je me devais de le lui rendre.
"Il y a une maison au nord d'Ariake-den. Dans les plaines en aval de la montagne-den. Elle est facile à trouver quand on fait un peu attention au paysage-den. Isolée-den. Si un jour tu as le moindre problème, rends-toi-y s'il-te-plait-den. Ne serait-ce que pour t'y reposer ou... t'abriter-den. Ce que tu veux-den. C'est un bel endroit-den. Ton sourire y serait le bienvenue, peu importe les circonstances-den."
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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Jeu 6 Fév - 22:15

La situation était étrange à ses yeux. Pendant un instant, elle s'imagina, une quinzaine d'années en moins, en train de rassurer ce jeune garçonnet plus jeune qu'elle. La différence? Elle qui arbore un grand sourire et lui ayant les larmes aux yeux. Bien qu'il ne s'agisse que d'un rêve, c'est ce qu'elle aurait aimé vivre étant plus jeune. Connaître les jeunes gens de son âge, rire, s'amuser ou encore réconforter. Au lieu de ça, l'horreur, les cris, la douleur et le sang étaient devenus les cauchemars qu'elle ne pouvait fuir et qui la rattrapaient chaque nuit. Pourtant, une lueur apparut parmi le voile noir des songes. Elle était petite, mais si éclatante. Yasha voulait croire en cette libération qu'elle pourrait lui apporter. Pourtant, elle se sous-estimait, tout comme Denbee.

Il semblait incapable de venir à bout de la demande de la demoiselle, ce qui la fit sourire. Puis, un geste, ou plutôt une sensation nouvelle envahit tout son corps. Un contact, celle d'une main chaleureuse. A cet instant, elle oublia tous ses malheurs, ses peines ou encore ses douleurs. Il ne restait que la palpitation du flux dans les veines de l'homme qui avait osé la toucher. Fermant les yeux, une image lui parut, puis un visage. Il lui était inconnu sur le moment mais elle le reconnut immédiatement lorsque ses traits s'éclaircirent. Le grenat de ses yeux, une chevelure écarlate... Cette silhouette vint alors prendre la jeune femme dans ses bras, comme l'aurait fait... une mère. Celle qu'elle n'avait que peu connue.

La chaleur se dissipa, ainsi que la lumière de sa mère qui habitait ses pensées. Yasha rouvrit les yeux tout en écoutant son camarade qui annonça que leur prochaine rencontre serait unique. Elle lâcha un semblant de rire, amusé. Il se disait inapte et pourtant, il prit quand même la peine de surmonter l'épreuve qu'Oni-kira venait de lui confier.
Le Taisho lui tournait le dos alors qu'elle observait sa main qui était dans un état plus que déplorable, lui rappelant les nombreuses batailles qu'elle mena. Ce n'était sûrement pas ce qu'il aurait aimé voir mais il s'agissait d'une réalité. Elle referma son poids alors qu'elle était maintenant dos au jeune homme. Puis une odeur lui vint. C'était cette dernière qui lui avait permis d'identifier Denbee chez le forgeron. Encore un souvenir de plus à emprisonner derrière cette porte. Elle dirigea son regard vers le ciel tout en savourant les parfums du tabac et en écoutant ce qui serait sûrement les dernières paroles de l'homme. Il lui indiqua une demeure isolée. Un endroit où elle serait accueillie et dont son sourire serait apprécié.

« Malheureusement, tu seras l'un des seuls à connaître ce trait sur mon visage... Eisei... » chuchota-t-elle à soi-même.

Non... elle ne voulait pas que cette soirée se termine ainsi. La chaleur de ses mains, ses paroles ou encore son visage... Ne pouvait-elle pas vivre comme elle le désirait? Connaître la romance et les plaisirs de la chair, ou encore avoir un héritier? Sa vie n'a été que rage, blessure et autres douleurs de ce monde.
Elle sera davantage son poing. Les blessures qui étaient cautérisées laissèrent échapper des filets rouge écarlate. Yasha comprit à ce moment qu'elle ne connaîtrait que la souffrance.

Finalement, elle se retourna vers l'homme. Elle put apercevoir la brume émise pour la pipe ainsi que les cheveux mal coiffés de son camarade. Elle les observa quelques instants avant de s'approcher. Elle ne vint pas à ses côtés, ou du moins, pas exactement. Sûrement allait-elle surprendre le Taisho mais, c'est dos à dos qu'elle se positionna, ressentant alors toute la carrure du jeune homme. Il était loin d'être le petit et gentil garçon qu'elle avait imaginé plus tôt.

« Qu'y trouveras-je exactement, dans cette maison? Mon salut? Ou peut-être mon propre Shinigami?
Non... en réalité, peu importe... »


Yasha, profitant de la chaleur que lui procurait le dos de son camarade, fit rejoindre ses mains. L'une d'entre elles vint agripper un anneau se trouvant sur l'autre. Coinçait entre son pouce et son index, elle tourna l'objet vers le ciel où les astres vinrent s'y refléter. Les yeux de la demoiselle devinrent alors rubescents face à l'éclat rougeoyant du bijou. Bijou qu'elle vint discrètement glisser dans la paume de main du jeune homme.
« Je tiens à ce que tu me la rends... Alors soit à l'heure... »



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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Ven 7 Fév - 6:21

Je refermai les doigts doucement sur l'objet qu'elle venait de dissimuler dans ma main sans laisser paraître la moindre émotion-den. Pourtant c'était un ouragan de pensées qui s'abattait dans mon esprit et mon cœur et tout ce dont j'avais envie c'était d'y mettre fin. Accepter sa requête était facile, la mettre en oeuvre serait une autre paire de manches-den.

Je ne regardai pas le contenu de ma main de suite et la laissai ballante, solidement fermée. Je sentis mes phalanges blanchir et chauffer tant j'y tenais. La seule présence de ce petit machin solide me prouvait que les adieux ne seraient pas pour ce soir, ce qui me réconforta tellement que je laissai ma tête partir en arrière et l'appuyai à celle de la jeune femme-den. Un bruyant soupir de soulagement aurait pu suivre tant je me détendis ensuite. Mais je me contentai d'apprécier mon tabac d'une toute autre façon, silencieusement, un sourire satisfait aux lèvres-den.

Je fus en outre définitivement convaincu qu'elle avait sa place dans cette petite maison au nord d'Ariake. Je savais la construction véritablement finie depuis peu et, bien que je n'y avais pas vraiment mis les pieds, j'étais persuadé qu'elle correspondait à ce que j'avais toujours attendu d'une petite maison de plaine, posée au milieu des champs de fleurs. Et si les fleurs n'y étaient peut-être pas vraiment, je savais que les gens qui y habitaient, eux, rendaient l'endroit sain, chaleureux et surtout sûr-den. Yasha pourrait faire partie de ce petit monde puisqu'il appartenait à ma famille. Elle y appartenait aussi-den. J'étais persuadé que si un jour la curiosité ou le besoin la poussaient à s'y rendre, le destin ou la chance m'y auraient emmené aussi. Cette simple pensée me fit sourire un peu plus et je pouffai presque tant elle m'apparaissait niaise et... absolument possible-den. Ma chance aimait ce genre d'histoire.

"Oy... dis-je doucement en donnant un très léger coup de tête pour attirer son attention. Raconte-moi ce que tu as fais-den. Maintenant que tu es sur les routes, tu n'as plus d'excuse pour ne pas me parler de tes voyages-den."

Je fixai les étoiles de l’œil, prêt à l'écouter-den. Son silence me satisferait tout autant cependant ; j'étais habitué à ce qu'elle ignore toutes les questions profondément indiscrètes - et un peu obsessionnelles - que j'avais pu lui poser dès notre première rencontre-den. Je l'avais admiré depuis ce jour sans jamais me lasser, tout chez elle appelant à la curiosité, laquelle grandissait au fur et à mesure du temps. Ce n'est pourtant que maintenant que j'osais regarder ce que contenait ma main que je réalisai la véritable question à poser : est-ce que je la connaissais vraiment-den ?
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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Ven 7 Fév - 19:17


Des années s’étaient écoulées. Le contact chaleureux d’un membre de sa famille ou bien d’un ami lui avait manqué. Sentir le dos du jeune garçon contre le sien était déjà appréciable et elle ne se serait enfuie pour rien au monde. Elle se sentit encore plus vivante et humaine quand Eisei prit l’objet. Le frôlement de la peau était pour tous naturel mais pas pour la demoiselle. Elle en savourait chaque instant, comme on pourrait déguster une sucrerie durant un printemps fleuri. Puis, les deux chevelures vinrent à se mélanger, donnant des reflets vifs dans les cheveux sombres et inversement. Si elle devait ignorer qui était réellement la personne dos à elle, Inuko jurerait qu’il s’agisse d’un frère. Une nouvelle complicité naquit, plus forte qu’auparavant. Le regretterait-elle ? Sûrement, mais les choses lui importaient peu alors que le voile bleu roi du ciel était à son apogée.

Le Taisho ne répondit point suite à la demande. Un silence s’installa et Oni-kira se concentra bientôt sur l’odeur du tabac qui lui parvenait. C’était l’une des caractéristiques du jeune homme qu’elle n’avait jamais oublié, ou du moins, elle gardait dans son esprit ce parfum si particulier. Peu d’hommes dans le clan fumaient ainsi la pipe, et encore moins l’herbe qui prévenait d’une région éloigné de la capitale. Goro et Eisei étaient les seuls à la connaître. Depuis, cette odeur resta sur eux, comme une aura pouvant n’être perçue que par les plus expérimentés dans la matière. Ce n’était pas le cas de la demoiselle, mais avec le temps et le quotidien passait avec ces deux personnes, elle avait appris à la reconnaître. Gardant sa voix si vibrante et mélodieuse, elle ne put s’empêcher de détendre l’atmosphère.

« Tu n’as pas changé de tabac depuis ce temps… »

Cette phrase irait chatouiller les quelques souvenirs du Taisho sur la question.
Elle tourna son regard vers le ciel étoilé, laissant alors une partie de sa tête faire contrepoids avec celle de son camarade. Chaque nuit, elle observait, silencieuse, alors que les cités s’endormaient, rejoignant les bras de Yumigami*. Elle se voyait comme l’une des gardiennes du soir, ne pouvant trouver le sommeil. Chaque nuit, le même cauchemar lui revenait depuis la mort de Matoru. Depuis, elle apprit à survivre qu’avec quelques heures de repos.
Avant qu’elle ne se remémore, Denbee vint la sortir de ses songes en la questionnant sur ses nombreux périples. Elle réfléchit, ne sachant réellement par où commencer. De plus, elle voulait éviter de mentionner les vies qu’il prit pour la vengeance de ses embaucheurs. Voilà pourquoi, elle ne résuma que les jours de marches ou les bagarres de bas étages.

« Je ne m’aventure que rarement en dehors de frontières mais je connais Kenshu dans ses moindres recoins. Mes… missions m’ont permis de voyager dans de nombreux endroits, des quartiers pauvres jusqu’à la cité des nobles. J’ai traversé montagnes, plaines ou encore rizière. J’y ai vu des enfants dont le seul plaisir était de jouer avec des outils de bois, des hommes et des femmes cultiver leurs champs alors que leur propre parent racontait les histoires de Kamis. Mais… -Elle hésita avant de continuer.- J’y ai vu aussi la misère, ceux qui ne peuvent vivre parmi les leurs, ceux dont le seul désir est de manger à leur faim. Ce que je vois du monde… c’est la discrimination. »

Un silence s’installa lorsqu’elle termina son résumé sur le peuple Kenshu. Elle attendait une réponse de l’homme mais un autre petit évènement attira son attention. En détournant son regard vers sa gauche, elle put entendre puis apercevoir les pleurs d’un enfant qui, malgré l’heure, veillait encore et venait de s’égratigner le genou, appelant sa mère qu’Inuko ne pouvait voir.
Elle quitta le dos de son camarade pour rejoindre la jeune vie qui se tenait maintenant devant elle. Elle s’accroupit, introduisant sa main dans l’une de ses sacoches alors que le chérubin s’interrogeait, apeuré. Elle sortit alors un bout de papier, qu’elle commença à plier dans différents sens. Après quelques minutes, il en ressortit un lys de papier qu’elle tendit au blessé. Emerveillé, il commença à jouer avec alors que la demoiselle s’occupait de ses plaies. Sans douleur, la blessure était à présent bandée. Le jeune homme se releva et remercia sa sauveuse bien que sa mère, arrivant et le prenant dans ses bras, ne sembla pas apprécier la femme, au vu de son regard. La mère partit, au pas rapide, avec l’enfant qui fit un geste de main qu’Inuko lui rendit.

« Les innocents me voient comme une main chaleureuse les aidant, alors que d’autres… me prennent uniquement pour Oni-kira. –Elle se tourne vers Eisei, le regard quelque peu attristé.- Voila une partie de ma nouvelle vie. Et encore, tu n’as pas vu les yeux amusés puis apeurés de mes proies… »

Elle n’aurait peut-être pas dû utiliser ce terme. Denbee réagirait forcément mais à ses yeux, les meurtriers n’étaient rien d’autre que des animaux à abattre. Pourquoi devrait-elle les traiter autrement ?
Toujours la pipe à la bouche, la curiosité de la demoiselle refit rapidement surface alors qu’elle prit l’objet entre ses doigts, sans demander une quelconque autorisation. La fumée qui s’en dégageait, l’odeur ou encore les feuilles brûlantes dans l’orifice. Prise d’une envie nouvelle, Inuko voulait connaître la sensation de ce parfum si particulier à l’intérieur d’elle-même. Elle n’hésita aucunement, et s’apprêta à déposer ses lèvres sur l’embout pour venir aspirer cette fumée qu’elle appréciait tant.


*Divinité de la lune.




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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Sam 8 Fév - 18:38

"Tu ne devr-..." commençai-je avec surprise alors qu'elle portait déjà ses lèvres à l'embout. Mais je me ravisai avec un sourire : ce n'était pas le tabac du dengen qui se trouvait dedans-den ; le seul déplaisir qu'elle pourrait éprouver serait une quinte de toux et un arrière-goût dans la bouche à s'arracher les dents. Je ne savais pas si elle avait déjà fumé-den ; dans mes souvenirs, je ne l'avais en tout cas jamais vu faire, ce qui m'amusa quelque peu quand je repensai aux raisons qui m'avaient fait commencer : avoir l'air décontracté et rebelle-den. Je me souvins avoir cru pouvoir obtenir plus de charisme rien qu'en ayant cette pipe entre les dents. Malheureusement, la seule chose que j'y avais gagné à la fin, c'était un souffle plus court qui partait à vau-l'eau dès que je faisais un effort un peu trop intense-den. J'avais très vite appris à y remédier en en faisant jamais, évidemment, et cette pipe avait acquis une autre importance à mon œil sitôt toutes ces lubies passées.

Je me détournai pour observer l'anneau posé dans ma main-den. Il ne me disait rien et, pourtant, il me semblait l'avoir toujours vu. Sans connaître son histoire, je ne pouvais que croire qu'il était précieux et que le perdre dans une de mes poches n'était pas la plus belle chose à faire-den. C'était un petit bout d'elle, non-den ? Peu importe ce que cela pouvait signifier pour elle, ce devait être respecté. Même si je n'étais pas certain de la connaître assez pour mériter de le lui garder-den.

"Vas-y doucement", la conseillai-je en reportant le regard sur elle tandis qu'elle fumait peut-être pour la première fois de sa vie-den. Je ne parlais pas forcément que du tabac, surtout après l'avoir vu avec cet enfant. Je m'étais senti rougir quand elle s'était mise à ses soins, comme s'il s'agissait du sien-den. Elle avait beau parler de discrimination, j'avais vu en elle une future mère attentionnée, tant pour ses potentiels enfants que pour ceux du monde-den. Mais qui ferait attention à elle si elle se refusait toujours à fonder famille ? Voilà qui était une question complexe et qui me laissait à la fois rêveur et... den... non-den ! C'était stupide d'imaginer de telles choses-den. Ça ne marcherait jamais-den.

Je secouai la tête pour balayer les images trop fleurs bleues qui m'assaillaient une seconde fois et croisai les bras dans mon kimono, l'air de rien. Avant de devenir mère, encore fallait-il qu'elle vive et je me demandais bien comment elle comptait le faire dans tellement de violence-den. J'avais par ailleurs tiqué à l'emplois du mot "proie" qui sonnait si mal dans sa bouche. Après l'incident, j'avais fait vœu de non violence et, bien que j'acceptais que ce ne soit pas le cas de tout le monde, j'éprouvais un certain chagrin à voir mes proches y succomber pourtant-den. Yasha avait toujours des valeurs de samouraï, après tout, non ?
"Qu'est-ce qu'il se passera le jour où 'Oni-Kira' se retrouvera par mégarde du côté des coupables-den ?" demandai-je, en essayant de rester de marbre.
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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Dim 9 Fév - 15:05

Yasha vit d'abord les braises se trouvant dans la pipe se ravivaient alors qu'elle aspirait le contenu de l'objet. La fumée s'intensifia et celle-ci vint bientôt atteindre le palet de la demoiselle. A sa grande surprise, l'odeur était plus puissante que ce qu'elle aurait imaginé. La subtilité et la douceur des odeurs volatiles se transformaient en ardeur et picotement dans l'arrière-gorge. Pourtant, on pouvait y sentir la provenance des herbes. Le parfum était malgré tout agréable une fois habitué. Mieux encore, elle ressentait petit à petit les effets apaisants. Elle semblait totalement oubliée son passé : un épais rideau voilait ses moindres souvenirs et elle pouvait enfin respirer l'air pur de ce monde sans craindre une quelconque embuscade. Eisei avait trouvé un bon remède pour se relaxer dans les moments les plus tendus. Peut-être devrait-elle y penser aussi, à l'avenir...

Quittant la bouche de la demoiselle, une nouvelle brume vint à s'échapper de sa bouche après coup. De nouvelles sensations virent le jour, plus douce et délicate que les précédentes, restant sur sa langue. Elle continuait à croire que cette pipe était une invention formidable. C'est pourquoi elle ne la rendit pas immédiatement à son propriétaire, profitant des effets "curatifs" encore quelques instants.
Yasha déposa de nouveau l'objet sur le bord de ses lèvres et fit bientôt volte-face à son camarade pour admirer les étoiles. Si démoniaque pour Oni-kira, elles étaient à présent resplendissantes et décoraient magnifiquement le voile de la nuit. Elle sentit par la suite du mouvement derrière elle. Tournant uniquement son visage, elle remarqua Eisei qui remuait la tête comme pour chasser certaines pensées. C'est avec un sourire que la jeune femme s'interrogeait sur le contenu de ses songes. Etait-ce en rapport avec l'allure qu'arborait Yasha à cet instant? Ou par rapport à ses actes face à l'enfant blessé? Elle ne lui poserai jamais la question. Cela n'en valait pas la peine; mais peut-être aurait-elle dû, évitant alors un retour à la réalité suite à une question du Taisho.

Tout sourire s'envola, les sensations agréables du tabac disparurent pour laisser place à des goûts amers et désagréables. Le regard tournait vers l'avenir redescendit vers la poussière du sol. Cette interrogation était, à son sens, inutile. Eisei pensait encore à l'innocence de son ancien supérieur. Pourtant, il y avait bien longtemps qu'elle était passé dans l'autre camp. Aux yeux de la justice appliquée par l'armée des seigneurs, elle était une criminelle des plus dangereuses. Sa raison de fuir les soldats n'avaient rien à voir avec sa malédiction, elle savait pertinemment aujourd'hui qu'il s'agissait d'une simple sécurité. Elle ne voulait aucunement en finir maintenant. Au fond d'elle, elle voulait au moins accomplir une tâche. Laquelle? Elle l'ignore mais chaque jour la rapproche un peu plus de ce but.

Elle se tourna finalement vers lui, tendant l'ustensile qui le caractérise tant. A cela, elle répondit avec toute la franchise que Denbee semblait admirer par le passé.

"Malheureusement Eisei, je pense qu'il est déjà trop tard... Toi, mieux que quiconque, devrait savoir maintenant que cette justice que je prétends défendre n'est pas aux goûts de tout le monde, surtout pas pour le seigneur que tu protèges..."

Elle ne voulut pas qualifier Kenshu Senko comme son dirigeant. Il y avait bien longtemps qu'elle l'avait trahi sans qu'il le sache. Elle n'avait jamais quitté les rangs comme déserteur, mais en y réfléchissant, c'était tout comme. Qu'adviendrait-il d'elle si elle se rendait? Elle serait jugée, et tuée. Son honneur de samurai serait alors déshonoré et elle finirait comme les nombreux hommes dont elle a ôté la vie. Rien qu'à cette pensée, elle laissa échapper un petit rire ironique qui lui fit ajouter.
"En fin de compte, je ressemble aux brigands que vous arrêtez tous les jours. -Elle vint regarder l'homme dans les yeux. Son regard avait repris ses teintes rouges qui la caractérisait tant.- Voilà pourquoi je t'ai confié cette mission."




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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Lun 10 Fév - 1:59

Il est vrai qu'elle faisait déjà partie des coupables aux yeux de la loi-den. Les lois étaient stupides ; j'avais toujours pensé que plus on faisait de loi, plus il en fallait aux Hommes, si bien qu'on ne savait plus à la fin lequel des deux était arrivé en premier ni même lequel était le plus important-den. Et moi j'étais le dernier à toutes les connaitre, malgré mon rôle, et je vivais très bien sans me préoccuper d'être dans l'erreur. Voilà qui était certain-den. D'un autre côté, est-ce que je vivais réellement quand les seules lois auxquelles je me confrontais vraiment étaient celles du sommeil et de la délégation à tour de bras?

Fuyant son regard de plus en plus déstabilisant, je me passai un doigt dans l'oreille, tic ou toc peu subtil qui me prenait lorsque je me retrouvais confronté à une réflexion particulièrement difficile-den. Je n'aimais pas vraiment le discours qu'elle tenait puisqu'il rappelait encore une fois l'inévitable fin qu'elle me demandait d'écrire pour elle, pourtant l'impuissance face à cette situation me rendait particulièrement imaginatif à présent. Si je ne respectais pas moi-même les lois, pourquoi devrais-je la forcer à le faire-den ? Pourquoi ne les transgresserions-nous pas ensembles ? Pourquoi ne pas trouver... un accord qui n'impliquerait personne d'autre que nous et nos souhaits respectifs ? Où était le mal à éloigner la mort de nos vies-den ?

Je poussai un gémissement de désespoir sous l'assaut de toutes ces questions. Elles me paraissaient aussi intéressantes à résoudre qu'impossibles à réaliser-den. Yasha ne me donnait même pas l'impression de vouloir que sa situation change et c'était peut-être ce qui m'abattait le plus. Elle me semblait résignée à cette vie qui, bien qu'elle l'ait choisie, la destinait à ces tragédies morbides qu'on trouve fréquemment dans les livres-den. Même si les écrivains exagèrent tout, Yasha était celle qui rendrait ces hyperboles du malheurs concrètes. Je n'en doutais pas une seconde et c'était bien là toute ma peine-den.

"Je ne peux vraiment rien faire pour te retenir-den ? demandai-je en sachant d'avance quelle serait la réponse. J'insistai pourtant, laissant sous-entendre des choses qu'un Taisho ne devrait pas : Tout n'est peut-être pas encore vraiment perdu-den. Je n'ai pas arrêté beaucoup de brigands mais... après tout-den... le jugement fait la pénitence-den...". Je soupirai, n'y croyant même pas moi-même-den. Je me faisais de la peine à vouloir essayer de me corrompre tout seul alors que je sentais bien que rien, sauf l'heure venue, ne la retiendrait. Elle faisait peut-être ce qu'elle avait toujours voulu et je ne l'acceptais pas-den. J'étais égoïste, stupide et inutile. Mais je ne voulais tout simplement pas que cette nuit s'arrête-den. Peu importait le moyen.

Je le trouvai peut-être, en ignorant le kiseru qu'elle me tendait-den. Jouant discrètement avec l'anneau que je possédais toujours entre les doigts, je me décidai malgré moi à détacher la blague à tabac qui pendait à ma ceinture et me mis à fouiller distraitement dedans. Son expression n'avait pas arrêté de changer au cours de notre conversation, je ne le remarquais que maintenant que son regard se faisait moins tendre-den. Elle avait de nombreuses façons de regarder les gens, mais la plus belle restait et resterait sans doute celle qu'elle avait offerte à ce gosse. Je n'avais même pas besoin de l'avoir vu pour le savoir-den.

"Pourras-tu me rendre une service si je te le demande-den ?" dis-je, alors que mes doigts balayaient toujours les divers sachets plein de feuilles séchées.
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Yasha Inuko

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Lun 10 Fév - 11:51

Une fois encore, Denbee semblait perturbé par les dires de la demoiselle. Ce geste disgracieux... Yasha avait eu l'occasion de le voir il y a quelques années de ça. Observatrice de surcroît, elle remarqua ce comportement lorsque le samurai était confronté à une réflexion approfondie. Durant un instant, elle aurait désiré être télépathe pour atténuer les conflits dans l'esprit de l'homme, surtout lorsqu'elle savait qu'elle en était la cause. Il devait sûrement trouver la femelle trop rationnelle mais le destin qu'elle suit est malheureusement ce qu'il est actuellement : remplit d'affrontement, de déchéance et vision mortuaire. Il ne pourrait rien faire pour éviter ça. C'était son travail en tant qu'Hinin.

Le soupir confirma les pensées de la jeune femme. Le Taisho était abattu mais il n'avait rien à se reprocher. Il aurait même fallu qu'il ne sache rien de tout cela mais si la demoiselle ne lui avait rien dévoilé, Goro s'en aurait chargé, et les choses se seraient déroulées d'une autre manière peut-être moins diplomatique et amicale. Un regret se perçut sur son visage : Denbee ne connaîtrait pas toute l'histoire, il aurait ordonné de poursuivre Oni-kira, voire de l'arrêter à jamais. Tout se serait terminé simplement; mais la situation était bel et bien différente. En cette nuit, les étoiles, la lune ainsi que le vent étaient les témoins d'un lien reformé et plus soudé. Ils étaient témoins d'une nouvelle amitié naissante qui permettrait à la demoiselle de connaître une fin meilleure. A cet instant, c'est ce qu'elle désirait réellement. Elle voulait cependant changé ses habitudes. Elle restait convaincue que ces pauvres personnes devaient apaiser leur âme et leur coeur. Les mercenaires existaient pour ça.

Rôle qu'elle s'apprêtait à endosser si son "adverse" n'était pas un Taisho dont la violence était tabou de ses actes et dont la seule véritable arme n'était rien d'autre qu'un bout de bois.

"Le seul moyen de véritablement m'arrêter serait de m'affronter -Elle sourit tout en détournant le regard vers le sol- Mais toi et moi connaissons tes principes. -Elle redevient alors plus sérieuse en répondant à la dernière phrase qu'il prononça.- Même si le jugement est annonciateur de mon salut, je ne peux malheureusement pas l'accepter aujourd'hui. Il me reste... certains détails à régler."

Ce fameux but dont elle ignorait tout. Peut-être s'agissait-il de sauver une personne importante? Ou bien de mettre fin à des affrontements sans fondement? Elle ne savait guère, mais les prochains évènements lui apporteraient des réponses, qu'elle soit bonne ou bien des plus mauvaises.

Yasha tenait toujours le bout de bois fumant entre ses mains alors qu'elle réfléchissait à cette cause. Denbee ne s'avérait pas apte à la récupérer alors qu'il fouillait dans une petite sacoche où étaient entreposées les nombreuses et succulentes feuilles de tabac. Avait-il peur qu'en reprenant l'objet, Inuko le quitte aussi précipitamment qu'à son habitude? A cette idée, un nouveau sourire parut sur son visage. Elle n'avait aucunement l'intention de mettre fin à cette nuit aussi rapidement. Si le Taisho tenait le coup, elle ne partirait qu'au lever du soleil, lorsque le forgeron aura terminé son office sur la lame si particulière et qui caractérise si bien la jeune femme. En attendant, elle profiterait de la présence de son camarade.

Suite au sourire, le regard de la jeune femme prêta de nouveau attention à l'homme alors qu'elle s'interrogeait sur la demande si inattendue. Alors qu'il cherchait toujours dans sa blague, elle reporta le kiseru à ses lèvres, profitant des sensations et du parfum pour avoir tous ses esprits et ne pas regretter de lui répondre.

"Je ne peux rien te promettre... Mais si j'en suis capable, cela serait avec plaisir."

Tout en lui répondant, elle remarqua qu'Eisei n'avait pas encore rangé la bague qu'elle lui avait demandé de conserver. Il ignorait tout de son origine. Pourtant, il s'agissait du dernier présent de la première personne que Yasha avait définitivement perdue. Une personne dont le visage, le regard et la chevelure étaient parfaitement identiques à s'y méprendre. Dans le joyau serti résidait les souvenirs de sa propre mère. En y repensant, ce fut à sa mère que les tragédies débutèrent. D'abord son père, qu'elle tua de ses propres mains, ensuite Matoru, qui perdit la vie en se protégeant. Chaque personne qu'elle croisa et apprécia rendit l'âme d'une manière ou d'une autre. Il était étonnant qu'Eisei, mais aussi Goro ou Juubei soient encore en vie à ce jour. Cette malédiction commencerait-elle à s'affaiblir? Elle y crût... jusqu'à ce qu'elle aperçoive derrière le Taisho un petit groupe d'hommes (3-4 personnes) qui se faisait trop bruyant pour l'heure et surtout, trop menaçant envers une demoiselle qui se tenait près d'eux, apeurée.

Inuko, dont le regard s'était adouci, redevint comme ceux des créatures que l'on peut croiser sur les terres neutres. Celui-ci ne quitta pas la scène qui se déroulait devant elle. Cherchant dans sa sacoche se trouvant dans son dos, elle en sortit un parchemin. Elle ne le déroula quand parti, laissant apparaître une description et un nom. Il n'y avait aucun doute. La personne qu'elle recherchait se trouvait devant elle. Pour la première fois depuis longtemps, elle douta : Yasha ne voulait en rien arrêter ce moment avec Eisei. Elle était redevenu la Taii d'autrefois. Pourtant, se dressait devant elle l'homme dont le parchemin demandait l'exécution.

Le kiseru fumait, les braises restèrent rougeoyantes et Oni-kira ne savait quoi faire...


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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Sam 22 Fév - 11:40

Au moins elle ne se refusait pas au principe de m'accorder une faveur-den. C'était déjà ça et, si je n'avais pas été aussi préoccupé par la fouille de ma blague, je lui aurais répondu d'un sourire franc. Je me contentai seulement de me détendre un peu et d'incliner la tête, libérant mes doigts de mon oreille pour extirper un sachet d'herbes aux couleurs ternes, qu'on aurait pu croire figées dans de la glace. Ce qu'elles étaient peut-être pour les rêveurs téméraires qui aiment se perdre dans les hallucinations du tabac, choses désagréables parmi tant d'autres que procure parfois le dengen-den.

Je fis disparaître le sachet dans mon autre main avant de tendre la blague à la jeune femme. Je sentis en même temps un changement dans son attitude et je n'eus qu'à regarder dans la même direction qu'elle pour comprendre le pourquoi-den. Un nouveau coup d’œil dans sa direction, alors qu'elle feuilletait un parchemin de basse qualité qui en disait suffisamment long sur son contenu, finit de me confirmer la chose. Ainsi le destin finissait toujours par rattraper ses pions-den ; même au cœur de la nuit, il ne dormait jamais. C'était désolant et... exaspérant-den. Je ne pouvais décidément pas me croire chanceux tant ces situations s'accumulaient dans mon quotidien.

Agacé malgré moi, j'insistai en lui tendant la blague comme si de rien n'était-den. J'ignorai volontairement la scène derrière moi et essayai, vainement, de profiter de ces dernières minutes. Mais elles paraissaient passer à une vitesse monstre tant le chahut de l'agression attirait les sens. J'eus un mal certain à taire les bruits qui me parvenaient, tant et si bien que mon ton devint sec, résigné à laisser au monde ce qu'il voulait me reprendre-den :

"Garde la-den, dis-je en désignant la pipe en même temps que le sac de peau. Ça a l'air de te faire plaisir et ça fait des années que je me dis que je dois arrêter-den. Mais écris-moi chaque fois que tu finis une poche, d'accord-den ? Parle-moi de tes voyages-den. Considère ça comme une dette envers un Taisho laxiste et rêveur-den."

Ce que c'était effectivement, car ce soir Oni-Kira pourrait faire ce qu'elle avait envie de faire sans se soucier d'être arrêtée-den. Je ne l'arrêterais pas, qu'il s'agisse du Taisho ou de l'ami. L'un comme l'autre fermerait les yeux sur cette partie de la vie, qui parfois menaçait celle d'une femme qui n'avait rien demandé ; cette partie violente que ni l'un ni l'autre n'avait envie de voir, d'imaginer ou d'affronter. Se refuser à la violence est un joli concept bienheureux et utopique qui perd tout son beau verni quand vient l'heure de voir la réalité en face-den. Je ne la regardai même pas lorsque je quittai mon senpaï, la mine inexpressive à l'entente des cris et des rires gras, pour rejoindre la porte de l'auberge. Je la passai en me disant que Gorō avait raison-den.  

Ce n'était définitivement pas la peur du passé qui m'avait rendu incapable de surmonter les épreuves, de vivre une vie sereine ou de retrouver mes amis. Ce n'était pas mon handicap qui m'avait rendu égoïste, désintéressé et seul-den. C'était mes convictions. Je n'avais rien à faire parmi les vivants si elles me poussaient à tourner le dos à des gens dans le besoin-den. Je n'avais pas besoin de connaître les lois ou d'adhérer au bushidō pour reconnaître ça et c'était là peut-être mon plus grand tors.

"Elle est partie ?" demanda mon prédécesseur, le regard embrumé d'alcool, alors que je retrouvais place au chaud.

Devant moi la table était à présent pleine de bouteilles vides et la nouvelle compagnie qui siégeait avec nous m'assura que ce vieux kusojiji avait su trouver comment passer le temps-den. Je m'étirai pour me délasser, commençant déjà à ranger cette nuit dans les petits tiroirs de ma mémoire. Les bons tiroirs.
"Il va me falloir une nouvelle pipe et une blague à tabac-den. Ensuite il faudra que vous me conseillez sur la meilleure façon de décorer un bokken-den." répondis-je seulement d'un air distrait, ignorant totalement sa question, les doigts galopant sur le bijou rouge. "On fera un détour par Raiu sur le chemin du retour-den. Quand vous aurez dessaoulé-den."

Se refuser à la violence est un joli concept bienheureux et utopique, c'est certain, et l'inconvénient premier des utopies est qu'elles ne fonctionnent que si tout le monde s'y prête-den. L'intelligence est de reconnaître que chacun peut y contribuer à sa façon, qu'il soit mercenaire ou victime, armé d'un sabre, d'arme à feu ou de bout de bois.



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Hinin

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MessageSujet: Re: Sur les nouveaux chemins se rencontrent les vieux amis [TERMINEE] Sam 22 Fév - 15:18


Inuko fixa sa cible du soir. Elle ne voyait qu'elle et elle seule. Les mélodies de la nuit n'étaient rien d'autre que du bruit de fond et les personnes circulantes à tout va n'étaient que des fantômes à ses yeux. Autrefois, elle n'aurait pas hésité un seul instant et se serait diriger vers l'homme pour le tuer sur place mais aujourd'hui, deux nouveaux facteurs devaient être pris en compte : le premier était évident. Le Taisho se trouvait face à elle et, bien qu'ils soient camarades, elle doutait qu'il la laisse faire si facilement. Le second détail était également d'importance puisqu'elle ne possédait que son wakizashi. Son katana étant resté chez le forgeron pour une réparation, elle n'avait pas de quoi mener à bien sa mission. Néanmoins, il lui était possible de tendre une embuscade dans le coin d'une ruelle. Elle ne manquait jamais de moyens et les stratégies affluaient dans son esprit qui fut perturbé par la main que tendit son compagnon de soirée.

Balayant un instant les idées sauvages et meurtrières, elle observa la sacoche tendue tout en écoutant les dires de l'homme. N'était-ce pas une excuse pour qu'Inuko lui donne davantage de nouvelles? Même si c'était le cas, elle était ravie. Ravie de savoir qu'elle pouvait compter sur lui et surtout, ravie d'avoir enfin quelqu'un pour discuter même par lettres. C'était une faveur bien simple en remplir et la demoiselle ne pouvait refuser.
Elle agrippa la blague.

"Compte sur moi..."

Promesse faite, elle fixa encore quelques instants l'objet en main afin d'y graver cette soirée. Cela lui permettra de revoir chaque seconde de cette nuit si différente des autres. Blague rangée à sa ceinture, kiseru toujours en bouche, elle ne détourna pas le regard lorsque Denbee quitta finalement ses côtés. Une idée lui traversa l'esprit, celle d'attraper le bras de l'homme pour que cette illusion ne se termine jamais. Pourtant, elle ne le pouvait. Elle ferma les yeux, et accepta de revenir à cette réalité qui lui faisait tant de tort.
Rien ne semblait s'être passé. Oni-kira était arrivé face à sa cible sans même savoir comment. Les braises du kiseru étaient plus rougeoyantes que jamais. Attrapant l'objet, elle en vint par souffler une épaisse fumé avant de taper le bout de bois retourné sur son épaule pour en enlever les feuilles sèches et encore brulante. Elle vint ensuite faufiler celle-ci le long d'une sacoche comme le ferait un sabre dans son fourreau. Il était temps à présent d'intervenir.

Le premier pas fut difficile. Quelque chose l'empêcha de se mouvoir comme elle l'entendait. Serait-ce la peur? Une certaine amertume se sentit dans le fond de sa gorge; comme un regret. Bien qu'elle veuille oublier, Denbee, mais également Goro, ne se trouvaint qu'à quelques mètres d'elle. Elle pourrait tout aussi bien faire demi-tour et les rejoindre. Non... ce n'était pas son genre et puis, laisser une proie s'enfuir ne ferait pas ses affaires. Une fois encore, le choix était scellé d'avance.
Sa marche fut tout de suite plus simple alors qu'elle se rapprocha du groupe d'hommes. Le peu de foules s'écartèrent à son arrivée. Sa cible s'arrêta dans ses gestes trop familiers envers la femme en détresse lorsqu'il vit Inuko. Il n'apprécia pas d'être interrompu et les trois autres hommes présents le comprirent et vinrent à poser leur main sur leur tsuken. L'un d'eux s'approcha alors d'elle et commença à déblatérer des idées sournoises que les hommes peuvent avoir envers les femmes. Il osa même la toucher et ce fut son erreur qui condamna ses camarades.

Yasha vint à attraper la main posée sur elle pour venir briser le poigné. Dans la continuité, elle attrapa le kimono et plaça son genou dans le ventre de l'opposant qui s'écroula immédiatement, sous les yeux et les hurlements des passants. Elle ne pouvait s'arrêter là alors que la cible repoussa la jeune femme et dégaina son katana comme les deux autres qui se trouvaient à ses côtés. Elle ne broncha pas, resta droite, sans expression distinctive. Personne n'osa attaquer l'autre et les minutes s'enchaînaient. Frapper d'une rage, l'un des hommes se précipita vers elle, pointe du sabre levé vers le ciel. Elle esquiva le coup d'un pas sur le côté et frappa les mains de l'homme qui lâcha son arme. Celle-ci se retrouva bientôt teintée d'un liquide écarlate. La lame transperçait les entrailles de l'homme qui regardait, apeuré, les yeux démoniaques de la jeune femme qui récupéra l'arme.
Elle n'attendit pas plus longtemps pour se ruer sur le deuxième garde qu'elle ne tarda pas à mettre à terre également. Toujours dans le même élan, la proie semblait plus expérimentée dans l'art du combat et résista quelques secondes à la jeune femme mais la puissance de cette dernière était trop grande et elle vint briser la lame du katana adverse, permettant alors de mettre fin au contrat.

La foule se dispersa devant cette folie. Quant à Yasha, elle resta près de sa cible, inerte, le foudroyant d'un regard qui n'avait plus rien à voir avec ceux de la soirée. Elle jeta le sabre et quitta les lieux le plus rapidement possible.

Lorsque le matin se leva, le soleil à peine éveillé de son sommeil, elle regagna la forge pour y récupérer son compagnon de combat. Elle ne perdit pas une seule seconde. Payant le vieil homme, elle prit de nouveau la route, en se souciant des ennuis que pourrait avoir Denbee. A l'heure actuelle, il devait observer les monstruosités de la jeune femme. C'est avec ce sentiment lourd et pénible qu'elle quitta les rues de Kousen...


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