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 L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE]

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MessageSujet: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Mar 31 Déc - 18:43



    - Je suis ravi que vous ayez accepté mon offre... Guerrier de Kara.- Byakko suffira.


Le jeune guerrier vêtu de blanc qui avait prononcé ses paroles se tenait dans la pénombre de la pièce volumineuse, sa silhouette pourtant suffisamment visible tant son revêtement était d'une clarté infinie. Son masque de Tigre, tout aussi blanc, masquait purement et simplement l'identité du prétendu Genin ; ce qui était fort contradictoire puisque le guerrier semblait fortement affirmer sa présence aux alentours. Une aura lourde empestait prête l'intégralité de ce manoir bâti en bord de mer, sur cette petite île au Sud du mont Kousen. Une ambiance tendue et pour le moins dissuasive, qui incitait quiconque patrouillait dans la demeure à doubler de vigilance ce soir-là. Chacun avait l'esprit occupé par la forte présence du guerrier Byakko. Être un soldat au service de Kara était, en soi, quelque chose de fort impressionnant pour eux. Ce que tout le monde ignorait, c'était son appartenance au Trio des Ombres, et était de facto l'un des seuls à répondre directement des ordres du Chef. Accessoirement il prétendait à une certaine expertise du terrain et celui du Ninjutsu, et il espérait bien le démontrer ce soir, si les choses s'y prêtaient, évidemment. Pour la petite histoire, cette grande bâtisse appartenait à un riche homme d'affaires en céréales répondant au nom de Aoki Fumimaro. C'était un homme trapu, bien rond, comme tous les individus bien lotis, ceux qui ne sont pas à l'abri du besoin. Son style vestimentaire était des plus soignés, ses cheveux gominés au possible, sa moustache finement coupée ; il avait fier allure, mais la seule chose qui lui faisait défaut était son expression faciale inquiète. On racontait qu'il s'était fait plusieurs ennemis au fil des derniers mois. Des premières rumeurs raconteraient qu'un tiers aurait mis sa tête à pris auprès de la confrérie de la Main. D'autres, moins répandues, vantent l'inestimable valeur de l'héritage familial : un Katana appartenant à l'un des nombreux guerriers du défunt clan Toragi. Lui seul savait où il se trouvait entreposé et avait engagé, ce soir-là, plus d'une trentaine de guerriers pour le protéger de la menace imminente. Pourvu qu'elle fût justifiée, à défaut d'avoir gaspillé de l'argent par les fenêtres...


    - Vous savez... Cher ami... L'opinion publique est des plus mitigées vis-à-vis de votre... "secte". Vous êtes à la fois très dérangeant pour certains, et une bénédiction pour d'autres.- Je ne ferai aucun commentaire. J'ai été payé pour assurer votre protection, pas pour faire la conversation.


Apres avoir sèchement rétorqué ces paroles, Byakko disparut dans l'ombre, laissant seul son client dans son vaste bureau lugubre. Le ninja profita du calme pour marcher le long des couloirs, la démarche lente et assurée, comme s'il s'agissait d'un chien de garde qui rôdait. Il croisait parfois quelques rônins qui le regardaient de travers tant ils semblaient gêné par cette forte personnalité qui gambadait çà et là dans toutes les pièces du manoir. Ses rondes étaient régulières. Parfois il venait s'enquérir auprès de la garde d'Aoki-san, postée aux portes de son bureau. Cela lui permettait également de rappeler les troupes à l'ordre, si jamais elles avaient le malheur de se distraire, faute d'ennui profond dans cet immense endroit lugubre et presque insonore. Seuls le bruit du grand pendule affiché dans le Hall rompait le silence par intermittences, mais l'on s'y habituait vite. Le calme avant la tempête. Car peut-être que bientôt, tous seraient alertés par un indice, un cri distinct, quelque chose qui signale un potentiel danger. Pour l'heure, il fallait compter sur les sentinelles présentes dans le jardin. Byakko finit par laisser s'échapper un soupir. Finalement assis sur une rampe horizontale, sa petite silhouette adoptait celle du penseur de Rodin. Il avait l'air de cette énième statue parmi les nombreux icônes qui ornaient la grande salle d'entrée, et on aurait presque dit qu'il passait inaperçu si son aura n'était pas aussi caractérisée.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Sam 4 Jan - 18:01

Une nouvelle fois Chō passa dans le couloir de son pas traînant, en maugréant. Ces rhumatismes... un calvaire, rien de pire. Quelle idée aussi de venir travailler dans une demeure située en bord de mer, l'iode c'était moins bon pour les os que ne le prétendaient les apothicaires, une vraie saloperie pour sa vieille carcasse. En la voyant passer une nouvelle fois avec sa petite bouillotte chaude, les soldats se gaussèrent. Quel dommage... pourquoi le maître n'avait-il pas engagé une jeune et jolie servante plutôt que cette vieille rabougrie et laide ? Elle était là depuis quatre mois maintenant, elle faisait parti des meubles comme on dit. Une domestique efficace mais râleuse comme pas deux, une véritable horreur.

Pour l'occasion la jeune femme s'était forgé un nom tout neuf : Emiko. Bien dissimulée sous les frasques de la rombière et un savant maquillage à base de poudre de riz et autres artifices, la kunoichi avait eu tout le temps de repérer. En quatre mois elle avait largement pu se dresser une carte mentale du domaine. Comme toujours elle avait savamment préparé son attaque, lentement, très lentement, mais avec efficacité. Emiko avait été créé un an plus tôt, pendant tout ce temps Chō avait fait jouer à sa place une kunoichi plus jeune, qui lui avait soigné le personnage et avait créé une véritable vie à la vieille femme. Emiko avait d'abord travaillé dans le sud, puis vers l'ouest puis maintenant ici. Chō avait créé de nombreux masques de ce type, qu'elle récupérait en fonction, c'était beaucoup plus crédible et si quelqu'un venait à fouiner il serait incapable de trouver quoi que ce soit.

Emiko passa pour la seconde fois devant les gardes, pour rentrer dans ses appartements cette fois. Les gardes la saluèrent en ricanant et elle leur adressa à peine un regard, préférant râler de sa voix croasseuse après ces jeunes idiots immatures qui n'avaient plus le respect des personnes âgées. Une fois dans sa pièce elle attendit un peu et se déshabilla, révélant un corps parfaitement jeune, souple et joliment musclé, très loin du corps flasque auquel on se serait attendu. Cette petite balade avait pour seul but de repérer les placements de chaque personne, dans le but d'aller récupérer ce qu'elle convoitait.

La demoiselle se déplaça vers le petit meuble en laque ou un miroir d'écailles de tortues polies lui permettait de voir son reflet. Elle prit une petite éponge marine, la trempa dans de l'eau de pluie et ôta le maquillage d'Emiko, retrouvant sa peau brune et lisse. Elle prit ensuite une goutte d'eau au bout de son doigt, leva la tête et fit tomber le tout dans son œil, afin de nettoyer la substance non toxique qui voilait sa pupille et lui donnait un effet de cataracte. Elle se sourit, toujours aussi satisfaite de son véritable physique, même s'il n'avait rien d'exceptionnel, et qu'il était peu apprécié par les hommes de son époque.

Sur sa gauche se trouvait un petit meuble à double fond. Elle s'y déplaça, toujours nue, veillant à ce que la fenêtre soit bien couverte et que son ombre ne s'y projette pas, ce serait idiot de se trahir de manière aussi ridicule... Elle tira de cette cachette un ensemble noir, très prisé par les ninja mâles de son clan, et l'enfila. Elle retourna ensuite à sa coiffeuse et s'appliqua à faire un chignon haut, suivant une nouvelle fois la mode masculine. L'ensemble cachait à merveille sa poitrine déjà très menue, et ses jolies formes, métamorphosant sa silhouette. Elle passa une poudre un peu brune, pour durcir encore ses traits, les rendre plus carrés. Elle ouvrit enfin un petit coffret en bois de cèdre et santal, dans lequel se trouvait des bijoux. Elle activa un mécanisme complexe et connu d'elle seul, attendant le petit « cloc » si caractéristique, et souleva le plancher de l'objet pour découvrir une série de petites plaques convexes en porcelaine sur lesquelles étaient peints des yeux de toutes les couleurs connues. Ces objets étaient les seules existants sur tout le domaine, et ils coûtaient une véritable fortune. L'artisan qui les avait fabriqué y avait mis tout son art, passant des jours et des nuits pour parvenir à les rendre extrêmement fins, et résistants, de manière à ce qu'on puisse glisser ces minuscules plaques dans l’œil pour colorer la pupille. Elle prit la plaque de couleur bleue et la fixa dans son œil. C'était douloureux, irritant, et il ne fallait pas faire de faux pas sous peine de de se crever la fine membrane de l’œil, et finir borgne, ou aveugle. Elle n'avait encore jamais fait de faux pas et même si ses yeux restés rouges et irrités pendant un long moment, l'anonymat que ce subterfuge lui apportait valait toutes les souffrances du monde. Elle était en train d'enfiler l'étoffe noire qui couvrait son front, ses cheveux, son nez et sa bouche, ne laissant que ces yeux étranges et très peu communs. Si on la surprenait et qu'elle s'échappait elle serait introuvable. On lancerait la recherche sur une personne aux yeux d'une couleur inhabituelle, et on ne la retrouverait pas, elle qui avait les yeux parfaitement noirs.

Une fois parfaitement vêtue, dans ses vêtements de parfait petit ninja, elle se glissa à nouveau dans le couloir de son pas délicat, visitant la demeure en évitant avec une agilité de chat le moindre garde. Elle savait où se trouvait chaque homme, savait aussi quel chemin prendre pour trouver l'objet tant convoité. La seule inconnu de son calcul restait cet homme au masque, il était trop imprévisible pour savoir où il irait et ce qu'il ferait. Fort heureusement il gardait les mauvaises choses : le sabre et la vie du propriétaire des lieux ? Ça ne l’intéressait pas... Là encore elle avait joué son coup à l'avance, ne laissant rien au hasard. Elle avait fait courir deux bruits simultanés, pour séparer et affaiblir les troupes. La première : on en avait après la vie de cet idiot de marchand, la seconde : on en avait après le précieux sabre Toragi. La vérité ? Elle convoitait un violent poison que le marchand avait ramené des pays d'au delà des mers. Cet homme était le seul à en posséder et elle en avait terriblement besoin pour sa prochaine affaire.

Elle était parvenu jusqu'à la salle sans encombres. Prés de la porte des objets rares il n'y avait qu'un seul garde : les autres veillaient sur le sabre ou sur la vie de leur maître et elle espérait que l'homme au masque se trouvait avec eux. C'était lui le plus dangereux du groupe et évidemment elle s'en méfiait. La demoiselle activa son pouvoir : Shisha no buresu, le souffle de la mort. Un froid glacé alla s'emparer du garde, affaiblissant son corps et le glissant doucement mais sûrement dans le sommeil. Elle attendit qu'il se soit parfaitement endormi et se glisse jusqu'à la porte... ouverte ? Ouuh c'était louche ça... Dommage il n'y avait pas de fenêtre dans cette pièce, aucun autre moyen pour entrer que cette porte. Elle entra avec méfiance mais son instinct lui indiqua qu'il n'y avait absolument personne. Ils avaient simplement laissé la porte ouverte ? Sérieusement ? Non... Elle referma, coupa court à son pouvoir avant que les dix minutes ne soient passées et que son sort entraîne un contre coup sur son corps, et se mit à fouiller dans la réserve, toujours aussi silencieuse qu'un chat. Personne ne semblait l'avoir remarquée, du moins elle l’espérait... elle détestait avoir à se battre... Et puis elle avait était suffisamment stratège pour couvrir ses arrières. Toujours est-il que dans ce type de missions délicate il existait un trop important facteur chance et que, hélas pour elle, la chance était rarement de son coté...
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Dim 5 Jan - 19:19

Byakko ressemblait un peu plus chaque seconde à une gargouille immobile, surplombant le grand hall et veillant d'un regard serein sur les environs. Mais il finit par déprécier cette ambiance de plus en plus pesante au point de recommencer sa ronde dans ce manoir calme. Trop calme. Il jetait de temps en temps un coup d'oeil aux fenêtres, mais il ne s'offrait à sa vue que les ténèbres de la nuit noire. Bien qu'il s'efforcât de faire quelques rondes régulières, il ne pouvait s'empêcher de s'immiscer de temps à autre, par quelque moyen discret, dans le bureau de son client pour prendre la température. Lui semblait le plus inquiet de tous et c'en était compréhensible. De plus en plus enfoui dans ses songes et lassé de recroiser à chaque fois les mêmes visages de ces gardes de moins en moins avertis. Jusqu'à ce que l'un d'eux détale à bout de souffle devant le Tigre Blanc qui s'arrêta net.
    - San ! Nous avons un problème, je n'arrive pas à retrouver le garde de l'inventaire personnel de Aoki-dono ! Et la salle est verrouillée de l'intérieur !
    - Du calme, soldat. Je m'en vais prévenir l'hôte des lieux, contentez-vous de signaler les évènements suspects et même les personnes manquantes. Je ne veux que personne ne rentre ni ne...

Le guerrier Tigre fut brutalement interrompu par un bruit d'éclat de vitre qui avait retentit depuis le couloir. Il intima à son interlocuteur d'acourir sur les lieux tandis qu'il se hâta de nouveau dans le bureau d'Aoki-dono, ouvrant subitement la porte et ne perdant pas de temps avant d'annoncer la couleur.
    - Vous ne devez...

Mais le début de ce qui ressemblait à un sermont s'interrompit lui aussi brusquement. Le chef n'était pas ici. Absent, disparu. C'en devenait de plus en plus étrange que, non seulement, des gardes manquent à leur poste et que les mouvements de l'hôte des lieux n'aient pas été signalés à Byakko. Un éclair lui frappa l'esprit. Ni une, ni deux, il fit volte-face et se retrouva à envoyer le dos de sa main dans la gueule d'un des deux gardes qui avait aussitôt tenté de le poignarder. Exécutant dans la foulée une technique d'immobilisation digne des enseignements du Wajutsu - précisément le stade de la Terre qui regroupait les techniques les plus primitives en matière d'auto-défense - il interposa son agresseur entre lui et le second garde déguisé qui l'empala de son sabre sans retenue. Le ninja profita de l'agitation pour faire jaillir de sa main gauche un senbon et, en un souffle, il l'envoya droit dans la gorge de son ennemi, d'un geste simple et élégant de son avant-bras qu'il avait fait vriller dans un va-et-vient pour faire partir la fine arme métallique. Ces deux indésirables étaient désormais hors d'état de nuire, mais ce ne devait pas être les seules âmes corrompues en ces lieux. Et ils étaient la preuve qu'il fallait se méfier de tout le monde. Ainsi, le guerrier blanc dégaina son ninjato, dégageant cette fois une aura agressive qui lui permis rapidement de déterminer si l'individu en face était un adversaire craintif ou effectivement un allié. Fort heureusement il ne trancha pas la chair cette fois-ci. Il aperçu un autre garde un peu désorienté qu'il questionna sur-le-champ.
    - Qu'il y a-t-il ? Où est Aoki-dono ?
    - Nous ne savons pas ! J'ai entendu des bruits de lame dans le hall, je m'y dirige sur-le-champ !
    - Négatif, guerrier. Regroupez le plus d'hommes possibles à l'inventaire, j'ai l'impression que notre hôte s'y est enfermé. Vous DEVEZ garder un oeil sur lui. Eradiquez toute menace imminente, je m'en vais gagner le hall de ce pas.

Sur ces paroles brèves mais convainquantes, le garde prit la direction opposée tandis que Byakko, déterminé plus que jamais, s'élança en direction du Hall, dégageant cette aura qui vous faisait redouter un danger imminent. Prenez garde, imposteurs ! Vous pouvez fuir, mais vous ne pouvez vous cacher du Tigre de l'Ombre...

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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Dim 5 Jan - 23:29

Une agitation soudaine mit la puce à l'oreille de la jeune femme et elle s'immobilisa aussitôt. Elle se trouvait alors sur la pointe des pieds, prête à récupérer un petit pot de terre posé sur une étagère et qui semblait parfaitement fait pour contenir la précieuse plante empoisonnée qu'elle cherchait. Dehors, dans le couloir, une rumeur de plus en plus importante enflait et elle commençait à s'inquiéter. La chance... une fois de plus sa foutue chance lui manquait. Elle allait pour redescendre tranquillement et fuir pendant qu'il en était encore temps quand, soudain, l'air fut chasser de ses poumons et elle s'effondra sur le coté, tenant son ventre désormais douloureux.

Avec une rapidité de chat, elle se remit sur ses jambes et se recula, un poignard d'os sorti de ses bottes de cuir souples. Elle fouilla la petite pièce à la recherche de son agresseur, étouffant avec succès la douleur dans son estomac. Elle faillit lâcher son arme de surprise en découvrant le maître des lieux. Elle ne l'avait pas vu... que faisait-il donc là au juste ? Non ! Impossible ! Pourquoi n'avait-elle pas senti sa présence plus tôt ? L'homme la fixait avec un regard horrifié, installé dans une posture de défense absolument minable... pas difficile de lui porter un coup, sa garde était pleine de trou, pire qu'un tissus rongé par les rats ? Bien... sortir... vite... Elle ne voulait pas de mal à cet homme, inutile de le blesser ou de le tuer, il n'était pas un danger après tout. Tant pis pour la plante mieux valait battre en retraite. Elle fit quelques pas sur le coté, se jeta sur la porte, tenta de la déverrouiller, l'ouvrit et... se retrouva nez à nez avec plusieurs gardes à la mine plutôt patibulaire... Elle referma aussitôt, verrouilla, sans s'occuper du maître des lieux qui fixait ce ninja sans bien comprendre : pourquoi ne le tuait-il pas ? Il n'était pas là pour ça ? Et bien non, non Chō n'avait absolument pas pour but de le descendre, navré pour lui... Elle devait trouver un plan de secours, et vite. Pas de fenêtre, pas la possibilité de combattre autant d'hommes, c'est ce qu'on appelait être très limité dans le choix du moyen de s'échapper. Merde alors ! Son regard tomba une nouvelle fois sur l'hôte... Une idée était en train de germer dans sa tête... une idée un peu suicidaire mais au point où elle en était...
« Non... non, non, non pitié ! Ne me tuez pas ! Implora le marchand. Je vous payerais le double de ce que votre employeur vous a proposé ! »

Le double ? Ça allait être compliqué puisqu'elle n'était pas là pour la tête de cet idiot, mais ma foi... il allait lui servir ce bonhomme. Toujours aussi agile elle attrapa l'homme lui tira la tête vers l'arrière et lui glissa son poignard sous la gorge. Elle était petite, ce qui lui compliquait la tâche et rendait la position bien douloureuse pour son pauvre otage. Car c'était bien comme ça qu'elle le voyait : un otage. Il allait lui permettre de prendre la fille de l'air.

Elle déverrouilla la porte et sortit, menaçante, sans dire un mot pour ne pas se trahir avec sa voix trop douce, trop féminine. Ses gestes suffisaient à faire comprendre ce qu'elle désirait : sa liberté contre la vie de leur maître. Elle longea le mur sans jamais lâcher des yeux les soldats... qui étaient en train de... s’entre-tuer ? Hein ? Oui elle ne rêvait pas... deux soldats étaient en train de planter leur arme dans le corps des autres soldats, une véritable boucherie. La jeune femme resta sans voix... mais qu'était-il en train de se passer ici ? C'était quoi ce bordel ?! Le marchand se retourna, s'accrocha à elle — à son sein pour être plus précis ce qui, vu comme ils étaient petit, ne devait pas donner beaucoup d'indice sur son sexe... — et croassa, paniqué :
« Ils ont été achetés... ils vont me tuer ! Sauvez moi ! »

Merde ! Merde ! Meeeeeeerde ! C'était pas prévu ça ! Quelle poisse, mais quelle poisse ! Elle devait s'enfuir, leur jeter le marchand dans les pattes et prendre la poudre d'escampette. On ne saurait jamais qu'elle avait été là. Ni vu ni connu, aussi invisible qu'à son habitude. Mais voilà... hélas pour elle, elle possédait une âme, et laisser un innocent mourir c'était... enfin ça ne faisait pas parti de ses principes. Et surtout son clan vendait certaines denrées à cet homme qui les exportait. Il était trop précieux pour la famille. Conclusion : il fallait lui sauver la peau... pff quelle galère... Elle lui chopa le poignet et le traîna vers le hall. Son cerveau intelligent et organisé avait déjà monté un plan. Le hall était le lieu le plus large, le plus facile à défendre et surtout le lieu où elle aurait le plus de chance de trouver des gardes non corrompus susceptibles de l'aider.

Pour semer leurs poursuivants elle voulut utiliser son second pouvoir mais ça aurait été stupide, trop dangereux, un pouvoir de glace on aurait trop vite fait le lien avec son clan... il ne fallait pas être stupide, jamais, et toujours bien réfléchir avant de faire le moindre geste. Elle préféra finalement lancer un petit fumigène qui explosa sous les pieds des deux gardes et leur permit de prendre la poudre d'escampette. Le marchand était lent, trop lent et Chō commençait à se demander si c'était si grave de l'abandonner... un poids mort pareil ce n'était pas une si grosse perte si ?

Les deux fuyards déboulèrent comme des fous au milieu du hall et... le spectacle qui s'offrit à eux n'était pas plus satisfaisant que celui prés de l'inventaire. Là aussi plusieurs gardes s'affrontaient. Qui était assez riche pour payer autant de tueur ? Et surtout pourquoi s'en prendre à ce marchand ? Il était influent certes mais tout de même... La jeune femme grimaça sous son tissus noir en remarquant l'homme au masque. Merde... mauvaise idée le hall finalement... évidemment il avait dû avoir la même idée qu'elle, le hall était plus vaste, lus facile à défendre car plus ouvert et en même temps l'étroitesse du couloir principal permettait de surveiller l'arrivée d'autres hypothétiques ennemis. Derrière elle les deux soldats de l'inventaire se firent plus présent et la demoiselle n'eut d'autre choix que de jeter son otage contre l'homme masqué. C'était lui qui devait le protéger à la base non ? Alors il n'avait qu'à s'en occuper... maintenant qu'elle avait les mains libres elle pouvait enfin réagir correctement. Elle virevolta et creusa une gorge dans son mouvement. Son poignard trancha net, faisant jaillir un sang rouge. Elle se recula, essayant d'y voir plus clair dans ce bordel, reculant jusqu'à l'homme masqué. Cherchant un moyen efficace de protéger le marchand mais aussi de fuir... oui ça restait son principal but : surtout, ne jamais se faire attraper.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Lun 6 Jan - 20:20

Le son de lames s'entrechoquant, étouffé par intermittences par des cris de douleur, résonnait à travers le hall dans lequel le Tigre fit irruption. Fort heureusement l'immense pièce était lumineuse et permettait à Byakko de distinguer les gardes des intrus qui revêtaient un accoutrement noir - quoi de plus normal pour un criminel souhaitant garder l'anonymat ? Mais là où les choses se gâtaient, c'était lorsque certains gardes retournaient subitement leur veste pour trancher leurs alliés. Bientôt les fidèles à Aoki-sama se faisaient peu nombreux et les l'on voyait déjà les plus braves d'entre eux étalés sur le carrelage de porcelaine souillé par de grandes tâches carmin. C'en était désastreux et c'était à se demander qui en voulait à la vie de l'hôte des lieux. Mais fort heureusement, sa présence avait le don d'être remarquable et il sema le doute chez ses opposants tandis que les "bons" se rameutaient jusqu'au guerrier blanc.
    - Byakko-dono, c'est désastreux ! Lança l'un des trois survivants. C'est à se demander si nous n'aurions pas mieux fait de mander l'assistance du clan Kenshu ! Nous sommes finis !
    - Du nerf, guerrier. Cessez de geindre, votre vie est en danger !

Le chûnin eut à peine le temps de répliquer qu'il se retrouva à tirer son interlocuteur sur le côté, interposant son avant-bras pour stopper net la trajectoire d'un shuriken qui vint perforer la protection de son avant-bras jusqu'à entailler légèrement sa chair. Il gémit sous le coup et, rengainant vivement son ninjato, ni une ni deux, répliqua à son tour par un double-lancer d'étoiles piquantes qu'il fit jaillir de dessous ses manches, leur administrant une trajectoire courbée qui se dirigea droit dans le plexus de deux de ses ennemis. Ils furent projetés en arrière, l'un d'eux émettant un cri de douleur avant de choir sur le sol. L'autre, fort heureusement pour lui, s'était légèrement attendu à cette attaque et avait sautillé de sorte à ce que le projectile tranchant ne lui commette qu'une blessure superficielle, à côté de son point vital. Mais le guerrier blanc n'avait guerre le temps de s'occuper du sort de l'opposant qu'il avait raté. C'était maintenant des senbons qui jaillirent sur les quatre acolytes. Et comme les gardes n'étaient pas des plus disposés à faire preuve de souplesse, deux d'entre eux succombèrent sur-le-champ aux fines aiguilles qui vinrent se loger dans des points vitaux. Le poison n'arrangeait rien et punissait définitivement les pauvres hommes qui payèrent leur dette à la nature, tombant sur le sol, le regard pétrifié de terreur. Byakko et son allié restant, quant à eux, avaient réussi à résister à l'attaque. Le ninja avait agité un pan de sa cape qu'il avait subitement déployé pour annuler la trajectoire des senbons, et l'autre s'était baissé de justesse. Tout allait si vite. Il n'eut pas le temps d'apercevoir cet hypothétique nouvel élément perturbateur derrière lui, un autre ninja de noir vêtu tranchant la gorge d'un garde avec une extrémité à en couper le souffle. Etait-ce le triste sort qui leur était réservé à Aoki-san et le jeune Chûnin ? Avaient-ils été imprudents au point de mal jauger le danger et de ne pas pouvoir identifier les taupes dans le nid ? Ils devaient avoir été une dizaine de gardes à s'être retournés contre leur employeur. Ce n'était pas le mode opératoire de la confrérie de la Main qui, d'après ce qu'en savaient les hauts gradés de Kara, préféraient envoyer un seul tueur - quitte à ce qu'il surpasse ses pairs de par ses compétences extrêmes - aux basques de la cible. Ici, ils étaient nombreux. Trop nombreux. Sa surprise ne fut que plus grande lorsqu'Aoki-san fut poussé contre le guerrier blanc qui dût redoubler d'efforts pour, en plus d'amortir le choc de cet homme trapu, contrer une nouvelle vague de projectiles empoisonnés. La situation devenait presque désespérée et, si ce mystérieux guerrier était effectivement son ennemi, ils n'avaient plus aucune chance de survie - du moins, l'hôte et l'un de ses derniers protecteurs. Dans un ultime espoir, Byakko se résigna à demander à la silhouette aux yeux bleus :
    - Faîtes-vous partie de ceux que je dois tuer de sang-froid ?
    - E-Elle m'a tiré d'affaire contre mes agresseurs,
    coupa Aoki-san d'une voix presque sanglotante, Faîtes quelque chose, par tous les moyens. Je vous paierai ce que je devais aux défunts employés ainsi qu'aux traitres...! Par pitié...!

Le marchand plongea sa tête dans ses grosses mains, presque en état de choc tant la situation devenait des plus oppressantes. Quand aux cinq adversaires restants qui faisaient face à Byakko, ceux-ci avaient décidé d'avoir recours aux armes corps à corps, s'élançant de front et à une vitesse impressionnante droit sur les quatre individus pris au piège. Et fort heureusement, c'était dans ce genre de situation désespérée que les talents du ninja de l'Ombre se révélaient être le plus efficace. Il était Byakko, le Tigre intimidant de par son apparence aux couleurs blanches - symbole irréfutable de la mort - et de sa possible appartenance à Kara pour ceux qui connaissaient ne serait-ce qu'un peu les particularités de cette organisation. Alors, dans un dernier souffle, il s'élança droit sur ses ennemis, dégainant une nouvelle fois Arashi et expulsant un Kïai fortement vocalisé à la manière d'un rugissement de félidé qui avait éclaté tel un coup de tonnerre : c'était là la fureur du Tigre dans toute sa splendeur, cet ennemi qu'on ne pouvait ignorer, car il vous faisait face, bondissant, prêt à vous pourfendre.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Ven 17 Jan - 13:25

C'est bien, Chō n'avait pas à faire entendre sa voix, l'hôte s'en chargeait pour elle. Elle ne voulait pas parler : trop risqué... la voix révèle énormément de chose à qui sait l'écouter correctement et la ninja préférait éviter de donner des informations faciles. Quoique niveau information... voilà que l'hôte venait de révéler qu'elle était une femme. Avec sa tenue ça ne se voyait pas, le tout gommait suffisamment ses formes pour qu'elle puisse aisément passer pour un homme, mais le marchant ayant eu l'immense et dérangeant honneur de tâter de sa poitrine pendant l'attaque il n'avait pas dû être bien difficile pour lui d'en tirer des conclusions. Ça n'arrangeait pas ses affaires ça... peut-être que dans la cohue générale cette nouvelle passerait inaperçue et disparaîtrait bien vite des esprits mais elle avait comme un doute...

Chō n'avait aucune envie de continuer à défendre la vie de ce type, surtout maintenant qu'il avait retrouvé ses protecteurs. Elle voulait seulement disparaître tranquillement, le plus vite possible, profiter de ce beau bordel pour mettre les vents et ne plus jamais ré-apparaître sous cette forme jusqu'à avoir une nouvelle opportunité. Mais entre vouloir et pouvoir le fossé est parfois des plus considérable. Le fait est qu'avec une pièce pleine d'ennemis, et des ennemis qui en plus grouillaient peut-être aussi en grand nombre à l'extérieur, elle ne pouvait pas s'enfuir sans faire un peu de ménage au préalable et donc, sans vraiment le désirer, sauver au passage ce gras marchant encombrant. Cinq ennemis contre trois guerrier ? Ce n'était pas la mer à boire après tout, même si le samurai... elle ne pensait pas pouvoir compter sur lui... En voyant son camarade en blanc s'élancer Chō fit un signe sec au dernier des leurs pour lui ordonner de veiller sur le marchand. Au moins il serait protégé au cas où un ennemi passerait et personne ne viendrait leur traîner dans les pattes. Et puis... cette altercation pouvait finalement tourner à l'avantage de la demoiselle. Puisqu'il lui promettait une récompense pour sa protection elle pourrait toujours lui demander l'objet qu'elle était venu chercher et aussi, éventuellement, quelques informations complémentaires sur cet homme en blanc qu'il avait engagé, ça intéresserait certainement son cher hatamoto...

Maintenant que son plan était bien en place dans son esprit, elle pouvait à son tour se lancer à l'attaque. Le cri de guerre de l'autre guerrier lui avait un peu fait lever les yeux au ciel. Ah ces hommes... certes leur théorie de guerre pouvait parfois s'avérer intéressant mais cette idée d'effrayer l'ennemi avec un cri primale... aux yeux de la femme qu'elle était cela semblait absurde. Ses armes à elle c'était la finesse, la discrétion, la dextérité, les kunoichi flottaient sur le silence et c'est dans ce même silence que son premier ennemi trouva la mort. Il n'avait pas dû comprendre ce qui lui arrivait... d'un geste aussi rapide que le battement d'aile du papillon qu'elle était, Chō s'était glissé dans la défense de son adversaire et lui avait habilement tranché la gorge de son poignard. Il avait alors porté une main à la plaie, avait tenté un cri puis s'était effondré sans un bruit, à peine le son d'un sac de toile qui chuterait au sol. A peine finissait-elle son geste qu'un second homme l'attaquait dans le dos, sabre au clair. Attaquer un papillon avec un sabre ? Mais quelle absurdité..., son pied se plaça de biais, elle lui donna une petite impulsion et son corps pivota. Son buste se pencha sur le coté pour éviter un rapide coup de sabre, sa main se glissa une seconde fois dans la défense abaissée et le poignard creusa un chemin direct pour le cœur, se plantant férocement dans la chair et les muscles, glissant entre les os. Elle donna un coup vers le bas en sectionnant l'aorte puis rassembla la force dans son bras pour retirer rapidement l'arme et s'écarter, prête à subir un autre assaut... qui n'arriva pas. Les trois derniers adversaires étaient au prise avec le soldat blanc et ils semblaient en difficulté face à ce combattant hors pair. Chō aurait pu aller l'aider, ou aurait pu simplement fuir, mais comme toute bonne informatrice elle se disait que, si jamais sa route revenait à croiser celle de cet homme, mieux valait qu'elle sache comment il se battait. Ses yeux suivirent le balai du corps, enregistrèrent les mouvement, essayèrent de percer la mystérieuse logique des muscles. Elle était en train de l'apprendre, de le découvrir et d'enregistrer le moindre petit détail, les classant dans son cerveau bien entraîné. Bientôt elle connaîtrait mieux ce corps que son propriétaire. L'analyse : un don précieux, une capacité essentielle. Elle ne faisait pas parti de cette école de ninja actif, qui se mêlaient aux guerres ouvertes et assassinaient à tour de bras. Elle c'était une espionne, une informatrice, parfois une voleuse et quelques rares fois une assassin.

Elle se recula d'un pas pour se mettre entre leur protégé et le reste du conflit. Le combattant blanc semblait gérer et même s'il ne s'en sortait pas elle ne viendrait pas l'aider. Son poignard à l'air, légèrement penché pour entamer une courbe mortelle en cas d'attaque, elle suivait le moindre mouvement, aux aguets, prête à anticiper une attaque... qui ne vint pas. Ni par devant, ni par derrière d'ailleurs. Avaient-ils fini par épuiser leurs troupes ? Si c'était bien le cas les effectifs étaient quand même importants... ça lui semblait étrange, très étrange qu'on en veuille à ce point au marchant et surtout de manière aussi éclatante... soyons logiques... Si l'instigateur du complot avait été un autre marchand il aurait payé un mercenaire, pareil si c'était le fait d'une association quelconque ou l'ordre d'un chef de clan. Ce type de meurtre nécessitait de la discrétion, pas un tel coup d'éclat... la mort de cet homme, assassiné de pareille manière, aurait faut du bruit, à n'en pas douter, était-ce donc le but ? Mettre clairement à jour la tentative ? Faire de lui une victime éclatante... Chō fronça les sourcils. Il n'y avait que deux possibilités : soit la personne engagée pour le mettre un mort était un incapable et n'avait pas su gérer ses actions, soit... non... non ça aurait été tordu tout de même... mieux valait attendre encore un peu d'avoir plus de preuves avant de poser pareille hypothèse. Elle mit son idée de coté pour le moment et se basa sur la première option, jusqu'à ce qu'une nouvelle information réactive sa pensée logique. Ils restèrent à attendre là, que plus aucun ennemi ne tienne debout.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Dim 19 Jan - 12:14

Les Kiaïs prévenants, s'ils permettaient d'expulser la rage du guerrier, paraissaient bien futiles en apparance. Mais l'effet recherché était tout autre. C'était un geste simple et désuet en apparence, mais les gestes sont ce qui façonnent la vie quotidienne ; les arts martiaux n'échappent pas à la règle. Le Kïai d'un véritable guerrier était expulsé, certes, pour intimider, mais il existait une autre composante subtile que peu d'hommes prenaient en compte : un son est un son et le cerveau ne peut l'ignorer et alloue forcément des ressources pour l'analyser d'une façon ou d'une autre. Ressources qui consument une poignée de millisecondes pendant lesquelles le tigre blanc avait préparé son offensive la plus simple au monde, une estoque de front qui vint empâler le premier venu. Repoussé en arrière, le ninja de noir vêtu s'effondra piteusement sur le sol tandis qu'Arashi lui était resté en travers du plexus solaire. Byakko resta ainsi immobile, encerclé par quatre ennemis qui ne se firent pas attendre, attaquant de manière si synchronisée qu'ils obligèrent le guerrier blanc à dégainer son seul et unique nunchaku, enchaînant des mouvements rapides et presque invisibles, quoique prévisibles pour tout ninja expérimenté qui se respecte. Mais cela ne servait à rien aux malfrats puisque Byakko ne faisait que se défendre, finissant par répliquer ensuite d'un coup bien placé sur la tempe sur l'un d'eux après avoir expulsé un autre Kiaï qui lui avait fait gagner ce temps ridicule mais pourtant précieux. Ceci eut pour effet de faire s'évanouir son ennemi spontanément, telle une mort subite. Ils n'étaient plus que trois. Trois ninjas très, très hésitants. D'une part parce que leur adversaire tenait suffisamment le choc, d'autre part parce qu'un ninja de blanc vêtu n'était pas chose courante et suscitait la grande appréhension chez l'ennemi, sans compter son aura. Un seul nunjaku suffisait ; l'autre main restait libre et il restait quelques senbons au Chûnin qu'il dégaina d'une rotation de l'avant bras pour les loger dans les parties vitales de ses adversaires. Mais bien qu'il eut mis deux nouveaux malheureux au tapis, il en restait un qui effectua une attaque pour le moins imprévue : un simple coup de tanto grossier et rapide qu'il allait loger dans le plexus de Byakko. Attaque qui le prit presque au dépourvu puisque peu de ninjas utilisaient une arme aussi voyante, et incita de facto le Tigrou à adopter une autre posture malgré son élan. Lâchant son nunjaku, inspirant et expirant un troisième Kiaï toujours plus effrayant, il se décala sur le côté à une vitesse incroyable, logeant son poing dans les côtes de l'assaillant puis se saisit rapidement du coude et du poignet de l'adversaire pour contrôler son bras, s'en servant comme un bâton pour le mettre à genoux. Effectuant dans la même foulée un pivot pour se retrouver de l'autre côté du bras, Byakko administra un rapide coup de pied dans la pomme d'adam du ninja qui perdit son souffle, et fut ainsi obligé de se coucher. Pour courroner le tout, Byakko effectua une clef de poignet à son ennemi et insista lentement sur celle-ci. Cette technique relevait plus du jujutsu qu'autre chose. Il s'agissait plus précisément d'une des innombrables techniques du Wajutsu, élément Terre. Byakko s'était montré stable et dur comme un bloc de pierre sur lequel son ennemi avait tenté une percée... Vaine.

    - Tu ne parleras pas sur la torture, je le sais, tu es un ninja. Mais je ne vais pas te torturer ; simplement forcer sur tes articulations pour couper le flux énergétique qui y circule. Je pourrais même te casser le bras... Tu en dis quoi ?


Pas de réponse, ni même un gémissement. L'emprise qu'avait Byakko sur son ennemi était inutile et ne servait qu'à l'immobiliser. Il cogna lourdement sur la nuque du genin pour le rendre inconscient. Sans doute pourrait-il lui poser des questions plus tard si l'occasion le permettait. Mais pour l'heure, le guerrier blanc n'avait pas oublié cet autre combattant à qui l'hôte devait apparemment la vie. Une femme d'après Aoki-dono. Allant retirer froidement Araki du cadavre d'un de ses ennemis, il fendit l'air sur la diagonale pour évacuer l'hémoglobine venue entâcher la lame de sa fidèle arme. La rengainant soigneusement et allant par la suite ramasser son nunchaku qu'il rangea, il fit de nouveau face aux trois survivants dans la pièce : le garde, l'hôte et... Cette mystérieuse kunoïchi. Elle semblait mieux portante que les deux autres hommes, réellement traumatisés. C'en était suffisant pour déterminer, selon Byakko, qu'il s'agissait pour l'heure d'un adversaire dangereux. Toutefois sa prise de position semait le doute chez le Tigre Blanc. Elle n'avait pas ôté la vie d'Aoki-dono et ce dernier ne semblait pas l'avoir engagée. Du moins...

    - Aoki-dono, avez-vous croisé Emiko-san lors de toute cette agitation ? Je ne crois pas l'avoir vue récemment... Et si notre ami garde allait vérifier sa chambre pendant que je vous surveille tous les deux ?


Le Chûnin marqua un temps d'arrêt et marchait lourdement en direction de l'hôte et de cette inconnue.

    - Un ninja est très bien placé pour savoir qu'il faut passer au peigne-fin chaque individu du personnel de la maison. Et il est encore mieux placé pour savoir que les personnages les plus innocents d'apparence peuvent dissimuler les personnages les plus dangereux. Navré, chère amie, mais je vais devoir vous demander de rendre des comptes. J'espère simplement éviter un combat inutile, alors faîtes-nous le plaisir de nous expliquer votre présence.


Byakko se tint à distance raisonnable des deux individus. Aoki-dono affichait un regard des plus simplets et incompréhensibles à l'intention du guerrier de Kara et de la silhouette noire, tandis que le garde survivant revint à la charge dans le hall, annonçant la couleur.

    - Je ne la trouve pas.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Dim 19 Jan - 14:51

Chō avait à peine observer la démonstration de force de l'autre ninja blanc, elle était bien trop occupée à surveiller leurs arrières et observer les éventuelles issues. Les trois bruits de guerre de cet homme la firent de nouveau tiquer. Un ninja sans discrétion... voilà autre chose... les autres pays devaient avoir une conception nouvelle du métier qui la désespérait un peu. Ils appartenaient tous deux à une école différente. Le carnage terminé l'homme s'occupa d'elle, et à ce moment précis elle regrettait amèrement d'avoir été humaine et de ne pas avoir abandonné cet homme.

Emiko ? Pourquoi pensait-il automatiquement à Emiko ? Ça n'avait absolument aucune logique, il y avait parmi les serviteurs des personnes plus faibles et plus innocentes que Emiko. Mais qu'importe, elle eut un petit sourire en coin. Pendant que ce guerrier s’entraînait à lancer ses vagissements criards, elle apprenait les véritables bases de son art, et les développait pour les améliorer. Première règle : ne jamais, jamais être seul et la seconde : toujours couvrir ses arrières, pas forcément physiquement ou lors d'un combat. La pensait-il donc stupide ? Elle était venu avec un membre de son groupe de kunoichi, une jeune fille qui jouait une autre servante ici et qui avait pris sa place en tant qu'Emiko juste avant qu'elle-même ne vienne monter son casse. Résultat ? Emiko était bien là, en place, tandis même que la jeune servante était aux abonnés absents. Le lendemain Chō reprendrait tranquillement sa place et son associé disparaîtrait tranquillement dans les brumes du matin, sous une nouvelle forme, celle d'un petit garçon cette fois. La kunoichi ne faisait jamais rien au hasard, elle montait soigneusement ses plans à l'avance, imaginait absolument toutes les possibilités et trouvait une solution à chacune. Son esprit à la fois très féminin et masculin lui permettait de se glisser dans toutes les têtes, de tout envisager et de démonter soigneusement chaque rouage pour s'assurer qu'aucun grain de sable ne viendrait s'y glisser. A aucun moment elle n'avait pensé qu'un ninja pourrait se glisser dans l'affaire, elle n'était pas toute puissante et comme tout être humain elle était faillible même si, en bonne calculatrice soigneuse et maniaque du contrôle, elle s'arrangeait pour ne pas faillir, l'échec était une chose bien trop fatale. Elle tenait à sa vie, elle savait qu'elle n'était physiquement pas très forte et que plus elle pourrait éviter le combat, mieux elle se porterait. Même si elle n'avait pas prévu la présence d'un combattant blanc à la perspicacité dangereuse, elle avait émis la possibilité de ne pas pouvoir rentrer à temps pour entamer son service, ou alors qu'on la ferait demander pendant son absence.

Elle n'était pas là ? Soit son associé avait eu un soucis — peu probable puisque la jeune fille avait pris sa place de vieille alors même que Chō tournait au coin du couloir — soit elle jouait simplement l'un des traits de caractère principal de Emiko qui consistait en un abonnement fidèle aux latrines. Comme bon nombre de personnes âgées elle avait quelques problèmes à la fois de fuites et d'intestins qui la contraignait à se rendre souvent aux lieux d'aisance. Tout le monde était au courant et elle finirait bien vite par réapparaître donc Chō ne s'inquiétait pas, pas pour ça en tous cas parce que là... et bien maintenant elle était dans une belle merde... comment allait-elle partir ? Elle prit dans sa poche un très petit rouleau de feuilles de riz et découvrit simplement sa bouche, une jolie bouche, bien formée, dans laquelle disparu le papier. Elle le cala sur sa langue, un peu au fond. Quand elle parlerait cela ferait vibrer le papier et modifierait sa voix ce qui, allié au tissus de son foulard noir, suffirait à cacher son véritable timbre de voix. Puisqu'elle devait parler autant le faire en toute sécurité. Elle allait devoir utiliser le moins de mots possible, faire attention aux expressions qu'elle utilisait trop souvent et risquait de la faire repérer à l'avenir. Dommage elle ne pourrait pas utiliser son ton d'hypnose avec ce petit stratagème... ça lui aurait pourtant été utile.

« Je n'ai de compte à rendre à personne, homme blanc. J'ai sauvé le propriétaire des lieux, je lui demande immunité, qu'il paye ce qu'il m'a promis, en nature, et qu'il me laisse partir. »
Elle tourna son regard bleu vers l'hôte qui tremblait encore de toute sa carcasse, happant son regard, adoucissant le sien pour fouiller dans son âme. Là encore elle regrettait de ne pas pouvoir utiliser l'hypnotisme soigneusement travaillé de son regard, la petite pellicule de porcelaine lui empêchait de faire efficacement passer ses émotions et son aura. L'effet en était fortement diminué. Dommage.
« Si j'ai quelque chose à dire ce n'est pas à vous mais à votre employeur, vous n'êtes pas décisionnaire ici, vous n'êtes qu'un embauché il me semble. Moi aussi je connais nos règles. J'ai sauvé votre patron à votre place et je demande donc le droit blanc, celui des immaculés. »
Une vieille règle, mais pas une règle du clan Fukyuu non, mais un très, très vieux droit ninja du clan Kenshu. Elle savait qu'aujourd'hui peu de monde la connaissait encore. Elle ne connaissait pas le clan d'origine de l'homme en face mais elle savait par contre que si il connaissait cette règle il en déduirait forcément qu'elle appartenait à ce clan. Les autres ne connaissaient pas forcément les codes régissant les autres groupes, elle si. Parce que c'était important, et elle avait parfois payé très cher pour l'information.

« La règle me place sous la protection de l'homme que j'ai sauvé, vous pouvez vérifier dans les grands registres. Je suis intouchable. »
Le marchand opina du chef, il était Kenshu, il connaissait cette règle d'honneur même si elle ne portait pas ce nom dans sa caste, ces vieilles régles changeaient si souvent... Chō défia un instant le ninja blanc de son regard bleu où brillait une vie et une volonté puissante. Ce regard là n'avait rien d'artificiel, il était bien... vivant. Elle allait faire un pas pour partir mais un autre soldat débarqua et déclara simplement :
« Nous avons retrouvé Emiko-san... »
Léger soulagement invisible de la part de la kunoichi. Elle avait encore eu raison de la jouer serré.
« Elle est... elle est morte. »

Ca par contre... ce n'était pas prévu.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Dim 19 Jan - 20:26

Le guerrier blanc resta de marbre et écouta ce que la kunoïchi avait à dire. A dire vrai il respectait le fait qu'elle soit si avenante alors qu'elle aurait pu se garder de répondre à Byakko. Pour ce dernier, c'était un comportement louable et il ne manifesta rien à l'encontre de la mystérieuse combattante. Cependant il tiqua lorsque celle-ci le rappela à l'ordre en précisant qu'il n'était pas celui qui portait la culotte en ces lieux. En temps normal, le jeune tigrou qu'on connaissait sous le nom de Daishiro aurait littéralement sorti de ses gonds - c'était avant tout un guerrier au sang chaud et au comportement électrique - mais il se contint. Du mieux qu'il peu. Il failli manifester une désagréable surprise lorsque la kunoïchi mentionna ce fameux "droit des immaculés" qui était respecté au doigt et à l'oeil au sein de son propre clan. Etait-ce une ninja du clan Kenshu ? Etait-elle sous ses ordres ? Ou était-ce simplement un ninja d'un autre clan méconnu qui avait connaissance de cette doctrine tant elle était suffisamment vieille pour avoir été transmise en dehors du clan de Gekigami ? Pire ! Etait-ce quelqu'un d'un clan adverse qui avait correctement glané les informations des Kenshu ? Ou encore une meurtrière au service de la confrérie de la Main ? Tant de questions qui resteront sans réponse avant longtemps. C'en était destabilisant pour Byakko qui ne bougea pas d'un cil et se contenta de ne manifester aucune émotion en réponse au regard très expressif de son adversaire. Elle faisait montre d'une grande volonté et, lui, n'en avait décidément plus assez pour faire quoi que ce soit. L'hôte était vivant et c'était tout ce qui lui importait. Qu'il dût recevoir des honoraires où non, cela lui brisait presque le coeur que d'avoir défendu un gros porc qui perdait sa fierté à la seconde où les ennuis pointaient le bout de leur nez. C'est vrai, ça ! Il avait beau paraître fort gentilhomme quand tout allait bien, mais c'était une véritable poule mouillée rongée par la peur et Byakko détestait ça plus que tout au monde. Au final, il se contenta juste de rétorquer sèchement à la kunoïchi :

    - Je me moque éperdument de votre règle du droit blanc. Je suis simplement un guerrier indépendant, régi par MON code de l'Honneur, et JE décide de si je mettrai un terme à votre existence ou non. Recevez mes honoraires si cela vous chante, car contrairement à une idée reçue, je n'ai pas offert ma protection pour l'argent, mais pour appréhender les gens de votre espèce, qui transpirent le danger.


Le guerrier blanc pointa ouvertement du doigt cette mystérieuse silhouette qui l'avait presque dévisagé malgré le port de son masque de Tigre. Mais il fut interpelé par le garde revenant annoncer la mort d'Emiko-san. En plus de s'être visiblement trompé sur le compte de cette combattante aux yeux bleus, le ninja de l'Ombre apprit la mort d'un des enièmes employés du Manoir. Un de plus. C'en était triste, à croire qu'il était incapable de protéger efficacement tout le monde. Certes il ne connaissait pas vraiment Emiko-san au point d'avoir échangé très peu de paroles avec elle, mais elle n'avait pas mérité ce sort. Les choses n'auraient jamais dû tourner ainsi, à vrai dire. Cette kunoïchi qui l'avait remis en place par de simples paroles lui rappelait presque Fumiko, à croire qu'elle s'était bien défendue et l'avait emportée sur Byakko. C'était une défaite amère qu'il accepta cependant. Devenant peu à peu furieux, il fit volte-face tout en dégainant Araki afin de pourfendre le dernier ennemi que le guerrier de Kara avait mis à terre au moyen de techniques de jujutsu, celui qui s'était rapidement remis en était pour tenter de pourfendre le tigrou par derrière. Sans succès. Il fut décapité sur-le-champ et impitoyablement par le Chûnin qui se retrouvait désormais de dos à l'hôte et l'inconnue. Fouettant une nouvelle fois son ninjato pour le rengainer, il dit :

    - Mes fonctions s'arrêtent ici, je ne veux plus vous v...


A peine eut-il le temps de finir sa phrase qu'un coup de feu retenti. Aoki-dono, qui s'était positionné légèrement en retrait par rapport à la kunoïchi salvatrice, avait eu le temps de charger son petit calibre et, malgré l'imprécision de son arme à feu, avait réussi à tirer une balle qui traversa l'épaule du guerrier Tigre qui s'immobilisa net quelques instants avant de choir sur le genoux, portant une main à sa blessure béante. Le sang commença de couler et ça s'annonçait très mal pour le jeune garçon.

    - Tu n'iras nulle part, vermine de Kara. Vous n'êtes que des insectes qui ne valent RIEN face à la puissance des armes à feu ! Je vous hais tous, vous et votre organisation qui ne font que compromettre mes affaires !



Aoki-dono, le pourri qui avait pressé avec hésitation la détente de son petit pistolet pour neutraliser le guerrier à la tête de tigre, oublia complètement la kunoïchi pour se rapprocher un peu plus de sa victime, pointant son canon droit dans son dos.

    - J'ai eu un mal fou à me procurer ce petit bijou. Et tu sais pourquoi ? Parce que les imbéciles de ta trempe détruisent les traffics de ce genre : armes, drogue, esclaves, meurtres... Vous n'avez rien de mieux à faire. De surcroit vous êtes un piètre garde du corps. Il m'a fallu vous engager et payer le prix fort pour appréhender quelqu'un comme vous, sans quoi je n'aurais jamais pu vous mettre la main dessus. Votre secte est si volatile... Fort heureusement, j'ai juste eu à compter sur l'aide de cette... guerrière qui était venue me dérober quelque chose de précieux à la base. Mais qu'importe, je la paierai suffisamment pour qu'elle me laisse tranquille... Après tout qu'ai-je à craindre de quelqu'un qui a des intérêts communs avec les miens ?


Se tenant prêt de Byakko, le gros se pencha pour placer le canon de son arme sur la tempe du garçon. Ce dernier ne disait mot. Sa respiration était haletante et il n'avait d'autre choix que de contrôler l'hémorragie par tous les moyens. Pour l'heure. Car s'il devait mourir, alors il mourrait, la tête haut et fière. Ce qu'il fit, redressant légèrement son crâne tandis qu'il entendit le cliquetis du pistolet qui indiquait la rotation du canon. Une balle était désormais prête à partir.

    - Fais tes prières, "Byakko" !
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Lun 20 Jan - 12:43

Les gens de son espèce ? A vu de nez Chō pouvait dire qu'ils appartenaient à la même espèce : le danger suintait d'eux deux avec un pourcentage égal mais il avait des parfums de loyauté. Aucun ne travaillait réellement pour lui-même, ils avaient quelque chose à défendre et ils le faisaient, pour le salut de ce en quoi ils croyaient. La jeune femme ne prêta pas attention à ces mots, elle savait ce qu'elle était et ne se posait plus de questions. Enfin si, des questions pour l'heure elle s'en posait, mais pas en rapport avec son rôle, ses fonctions ou même sa personnalité. Que s'était-il passé avec sa coéquipière. Cette femme était jeune mais elle était douée, comment avait-elle pu se faire assassiner aussi facilement ? La demoiselle avait-elle demandé à une vieille du village de prendre sa place parce qu'elle avait eu un imprévu avec son second personnage ? Hum c'était possible... après tout le garde qui avait débarqué n'avait pas parlé d'un « problème » avec la vieille femme. Après un meurtre les hommes sur place avaient forcément fouillé, l'avaient déshabillée, au moins un minimum, et ils ne pouvaient que voir le subterfuge, or il n'en avait pas parlé. Merde alors ! Elle n'avait rien vu venir, en même temps qui était capable de prévoir autant d'événements à la fois ? Elle jouait de malchance, comme toujours. Restait à savoir qui avait pu désirer la mort de la vieille. Un soupçon d'espionnage ? Ou alors peut-être la vieille femme s'était-elle retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment et vu des choses dont elle n'aurait jamais dû être au courant... ça paraissait le plus probable. Ce lieu semblait posséder de troublants secrets.

La demoiselle regretta un peu l'acte de décapitation. Avec ses techniques elle aurait pu lui faire cracher le morceau, il suffisait d'un peu de douceur et de son saimin jutsu. Elle n'eut cependant pas le temps de s'attarder un peu plus sur la perte, trop concentrée sur le mouvement de la lame elle ne remarqua pas les mouvement anormaux de leur employeur et le bruit de détonation la prit par surprise. Elle se crispa, mal à l'aise : elle détestait les armes à feu. Les paroles du marchand lui éclairèrent soudain l'esprit et tout se mit en place... Le trafic d'arme, toute cette affaire tournait donc autour de ça... Il lui manquait trop d'informations, elle n'aurait jamais pu deviner pareille machination. Sa théorie quand à la mort d'Emiko se confirma : elle avait bel et bien été témoin d'une transaction qu'elle n'aurait pas dû voir.

P...pardon ? Des intérêts communs avec les siens ? Non mais ça va pas ! Oui elle était en train de s'offusquer, et elle en avait parfaitement le droit non ? Mais quel toupet ! Oser comparer une guerrière de sa trempe, une ninja qui suivait un code très ancien qui n'avait quasiment pas bougé depuis des centaines d'années à ce gros profiteur qui utilisait une arme qu'elle détestait et qui salissait l'honneur de la lame ? Ce type nageait en plein délire, ça ne faisait aucun doute ! Là encore elle se retrouvait face à deux possibilités : partir tranquillement, récupérer ce qu'elle était venu chercher et enchaîner sur sa prochaine couverture, ou aider ce fameux guerrier de Kara... le choix fut très vite fait, elle n'avait pas oublié la discrète mission qu'un autre lui avait confié et ses intérêts seraient beaucoup mieux comblés avec la seconde option.

La balle n'eut jamais l'occasion de partir, car le propriétaire de l'arme s'effondra au sol, la bave aux lèvres, une très fine aiguille de porcelaine savamment plantée à l'arrière du crane. La demoiselle se déplaça vers lui de son pas aérien et s'agenouille pour plonger son regard dans celui de l'hôte et faire entendre un petit bruit de langue agacé.
« Vu comme cette aiguille est plantée je vous conseille de ne pas trop bouger... saviez-vous que là où la pointe de cette petite arme appuie se trouve le point qui contrôle tout votre corps ? Je ne connais pas bien le principe mais je sais qu'en appuyant dessus vous finissez paralysé... de partout... et que si jamais cette aiguille est mal retirée vous passerez vite du rang de salade éphémère à légume éternellement impotent. »
Elle lui tapota l'épaule et reprit de son ton faussement navré.
« Quand on est un marchand et qu'il nous reste un minimum d'honneur on évite de tirer sur un homme de dos... ça c'est le privilège de ceux de ma caste. »

Elle enjamba le corps raide et se déplaça vers le blessé, prenant dans une poche intérieure de son vêtement une bande grâce à laquelle elle fit un garrot plus haut avant de déclarer :
« Que vous soyez capable de marcher ou non il va falloir très vite partir d'ici... »
Elle ne lui laissa pas le choix, le pris sous l'aisselle et l'aida à se redresser, restant bien ferme sur ses deux jambes pour mieux soutenir le poids de l'homme. Une fois sure qu'il était bien calé, et priant pour qu'il n'ait pas perdu connaissance, elle fit un pas, l’entraînant tant bien que mal jusqu'à l'extérieur de la maison, prenant les chemins les moins fréquentés mais aussi les plus courts. Après quelques difficultés ils finirent par sortir et Chō — plutôt que de mener son blessé vers la ville où il trouverait des soins — se dirigea au contraire dans un lieu où il n'y avait pas âme qui vive, juste un gros arbre, au pied duquel la jeune femme déposa le blessé avant de grimper dans les branche, de fouiller parmi les branchage pour sortir un large casier en bois relié par des cordes, ce genre d'armoires à voyage qu'ont les apothicaires. Elle redescendit, ses pieds rencontrérent le sol avec un bruit mat, elle déposa sa caisse au sol, en ouvrit volets et tiroirs et déclara :
« Je vais vous soigner mais je ne suis pas guérisseur donc... il va falloir juste me faire confiance... »
Elle sortit un bol de bois, y jeta une poudre dans laquelle elle cracha avant de remuer un peu.
« Vous allez devoir essayer de me dégager la blessure... je suis polie, je ne vous déshabille pas... »
Elle n'allait pas faire tout le travail non plus... gentille, mais pas trop.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Lun 20 Jan - 20:29

    - Que vous soyez capable de marcher ou non il va falloir très vite partir d'ici...
    - Att.. Atten...


Le jeune homme voulait contester son adversaire qui se retrouvait finalement être sa camarade. Il était suffisamment léger pour se laisser hisser et se remettre sur pattes. Le sang continuait de couler, quoiqu'à débit réduit, et souillait abondamment son manteau immaculé. Il voulait tourner la tête pour apercevoir le pourri qui avait retourné sa veste, mais il sentait son énergie se vider et il fallait se concentrer pour maintenir une cadence assez rapide pour ne pas ralentir la kunoïchi. C'est à ce moment-là qu'il fut réellement témoin de l'expertise et de la volonté dont elle faisait preuve : son parfum paraissait des plus artificiels et elle avait définitivement tout mis en oeuvre pour dissimuler son identité. Lui ? Il ne portait qu'un masque et ne jouait que sur l'aura qu'il dégageait. Fort heureusement il était radicalement différent lorsqu'il agissait en temps que Chûnin à la solde du clan Kenshu. Mais pour l'heure, malgré l'extrême indulgence de cette mystérieuse combattante, il restait le risque qu'elle joue à le dévisager car elle en avait la possibilité. Ou alors était-ce un enième accès de paranoïa amplifié par la douleur et le choc que d'avoir été atteint par une arme à feu. Une première fois douloureuse, sans mauvais jeu de mots. A terme, il se laissa tranquillement déposer au dos d'un arbre, alors adossé, la respiration haletante. Tout ce qu'il pouvait faire, en attendant que la femme prépare les premiers soins, c'était se désarmer. Il ôta ainsi Araki qu'il déposa à distance raisonnable, suivi de son nunchaku, et lustra son bras moteur pour faire tomber les derniers senbons qui lui restait. C'était la seule chose qu'il pouvait faire pour témoigner la même loyauté dont elle faisait preuve. Par ailleurs, quand elle lui demanda gentiment de dégager la blessure, le vingtenaire eut l'impression de faire tous les efforts du monde pour élargir le tissu qui avait été déchiré par la balle et souillé par le sang. Mais cela suffisait à découvrir une peau au teint carmin. Elle était si tâchée et si foncée qu'elle dissimulait toutes les précédentes cicatrices alentours qui dessinaient l'épaule et l'omoplate du guerrier blanc. Se relâchant pour se concentrer sur sa respiration, il oxygéna lentement son cerveau et put débiter ces paroles :

    - J'étais intimement persuadé que j'avais offert ma protection à un criminel... Je voulais faire d'une pierre deux coups en interpelant des potentiels assassins venus se dresser contre Aoki-san, mais j'ai lamentablement échoué. Si j'avais été à votre place, j'aurais infligé plus qu'une paralysie à ce salaud...


Le garçon s'arrêta un instant, puis reprit.

    - J'ai cru comprendre que vos intérêts étaient majoritairement d'ordre pécunier. Je ne sais pas ce que vous deviez dérober, mais si quelque occasion future le permet, peut-être pourrai-...


Il fut interrompu par une vive douleur qui provoqua un gémissement soudain. Il serra les dents comme il put, basculant légèrement la tête et respirant. C'était douloureux et, bientôt, il fut soulagé de voir qu'elle avait pu extraire la balle de la plaie.


    - Vous êtes aussi très portée sur l'honneur, et vous savez que j'ai une dette envers vous. Je ne sais pas qui vous êtes, mais je suis prêt à vous aider pourvu que ça n'interfère pas avec mes propres directives... Demandez-moi... Enfin...


Le jeune homme s'arrêta net. Il n'avait bientôt plus la force de parler. Il avait beaucoup parlé pour un blessé et il était soucieux de rendre la pareille à cette inconnue. Ce simple coup de feu et cette agitation soudaine avaient drainé son énergie, alors il ne put résister à l'appel du sommeil, son corps étant devenu trop faible pour permettre quoi que ce soit.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Mar 4 Fév - 11:43

Elle n'avait jamais soigné les blessures par balle et pour être honnête elle se retrouvait un peu dépourvue face à cette épaule désormais dénudée et parfaitement sanglante. Déjà à la base elle n'était pas vraiment guérisseuse, même les poisons elle n'était pas encore capable de les manier, même si elle commencer à apprendre cet art subtile et essentiel pour un ninja de son genre. Bien... restons logique. Il fallait commencer par retirer la balle. Oui, mais comment ? Et surtout comment éviter que le trou bouchée par cette dernière ne saigne trop abondement au risque de tuer le blessé. Car oui, c'était logique, si elle retirait le corps étranger certains éléments colmatés par elle risquerait de se mettre à saigner et de provoquer des dommages internes. Elle appliqua sa préparation sur la plaie : de la poudre de pavot qui anesthésiait un peu la blessure et éviterait que l'opération soit trop douloureuse même si bon... il ne fallait pas se leurrer, cet homme allait sérieusement morfler.
« Vous devriez arrêter de gaspiller votre air et votre salive, répondit-elle calmement en cherchant un outil assez fin pour l'aider à déloger la balle. Vous risquez d'en avoir bien besoin, faites en l'économie. »

Mais il sembla ne pas l'écouter, voilà qu'il parlait d'argent et de... service ? Peut-être ? Elle ne put savoir, la douleur lui coupa rapidement toute envie de parler. Elle l'avait prévenu pourtant... La jeune femme fut plutôt satisfaite en voyant la balle rouler dans le creux de sa main, elle l'enroula dans un tissus et le mit de coté, pour l'étudier plus tard : cela pouvait toujours s'avérer utile. Elle l'écouta distraitement, trop occupée à regarder s'il saignait avec plus de force où si l'extraction n'avait, au contraire, rien abîmé de plus. Apparemment elle s'y était bien prise puisque le saignement restait relativement calme. A première vue il n'avait rien de gravement abîmé, il ne restait plus qu'à désinfecter et bander. Le pauvre garçon finit par tomber dans les pommes et Chō se fit la réflexion qu'il était tout de même sacrément solide, beaucoup se seraient effondrés bien avant lui. Elle tata son pouls, vérifia que la perte de connaissance n'était pas dû à une brusque chute de tension, nota que le rythme cardiaque était très lent et conclut qu'elle allait devoir surveiller ça. C'était logique après tout, il avait perdu énormément de sang. Elle lui glissa entre les dents une petite racine au goût très amère, réputée pour aider le corps à reconstituer ses réserves en fer et limiter l'anémie, puis désinfecta la plaie à la bourrine : avec du saké. Même dans les vapes il avait dû la sentir passer celle là, ça n'avait vraiment rien d'agréable comme traitement... Enfin la jeune fille le força à se pencher un peu et dégagea complètement l'épaule et une bonne partie du torse, pour pouvoir le bander avec des morceaux de tissus enduit d'un onguent cicatrisant. Elle serra bien, et le laissa dans cette position pour qu'il puisse dormir tranquillement.

Bien évidemment elle ne pouvait pas s'éloigner, elle devait vérifier le pouls de son patient toutes les cinq minutes pour s'assurer qu'il ne lui crèverait pas dans les doigts. En fouillant dans son bagage elle trouva de quoi manger, alluma un feu, y posa sa petite casserole remplie d'eau de sa gourde et fit cuire un peu de riz pour son repas et celui du blessé. Il ne restait plus, pour elle, qu'à se changer, car rester dans cette tenue risquait de lui poser quelques problèmes... elle vérifia une dernière fois le pouls du guerrier, constata que tout allait bien et s'éloigna jusqu'à une rivière à proximité où elle se dévêtit, et se lava. Elle enfila ensuite une nouvelle tenue, plus confortable, celle de son rôle d'acrobate itinérante. Bien armée de son sac à transformation, elle enfila une perruque d'un blond pâle, garda son mécanisme qui lui donnait les yeux bleus, et se maquilla de telle sorte qu'on ne reconnaissait pas les traits de son visage. Pour la perruque elle avait eu beaucoup de mal à la faire. Car oui, c'était elle qui faisait tous ses artifices, à partir de vrais cheveux récoltés aux quatres coins du monde. Avec un physique aussi inhabituel elle ne passait pas inaperçu, et c'était bien son but d'ailleurs. Parfois la discrétion n'était pas la meilleur des armes, bien au contraire.

Suffisamment déguisée pour ne jamais être reconnue, même à visage découvert, elle retourna dans leur petit campement provisoire et se servit un bol de riz. A aucun moment elle n'ôta le masque du blessé, respectant son désir d'anonymat. Elle le tourna simplement un peu sur le coté pour cacher ce visage masqué, afin d'éviter qu'un passant n'en vienne à se poser des questions. Au matin elle descendrait en ville, voir ce qu'il se disait sur l'incident de ce soir, prête à lancer quelques petites rumeurs pour massacrer la vérité et ainsi mieux se protéger.

Ne restait plus qu'à attendre le réveil de cet homme. Il lui avait promis de répondre à ses questions dans la mesure du possible ? Parfait, elle avait beaucoup de questions à poser. Elle irait doucement mais sûrement. Une opportunité se présenter à elle, autant la saisir. Pour une fois que la chance lui souriait, elle n'allait certainement pas laisser filer l'occasion.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Mar 4 Fév - 21:12

Les rétines de Byakko semblaient imprimées d'images aussitôt effacées à la milliseconde près. Il avait cette volonté de percevoir le monde qui l'entourait, mais tout allait si vite. Il croyait voir Hannya se déplacer de liane en liane, Chomei affronter le plus terrifiant des ennemis, Akira jouer à chat avec lui, puis d'un coup il survolait tout le Yokuni, passant des massifs blancs de Fukyuu aux plaines impériales. Son cerveau semblait être mis à rude épreuve, visiblement incapable de traiter ce flot informationnel trop conséquent. Et puis, finalement, plus rien. Le noir, le vide total. Le néant. Le Chaos. Plus rien n'avait de sens ni d'importance. Etait-ce ce à quoi ressemblait la Mort ? Etait-elle venu narguer au point de ne pas annoncer la couleur ? Quelque part le jeune Daishiro percevait cette notion de Vide, autre part il doutait franchement. Jusqu'à ce qu'une nouvelle douleur vienne le réveiller. Il voulu crier mais il sentit quelque chose au goût nauséabond entre ses dents, qu'il avait mordu de toutes ses forces comme s'il allait fendre ce bâton amer en deux. Sa vue était floue et il voulut presque se défendre de cette silhouette qui semblait affairée à traiter sa blessure ; son cerveau reptilien avait en effet perçu cela comme une agression. Mais qu'importe si les intentions de l'individu étaient bonnes ou mauvaises, il rebascula aussitôt dans les vappes et, cette fois, réellement endormi.

    - Prends ça, sale gosse !
    - Arrête t'es CHIANTE !


Akimune rit subitement aux éclats tandis que Fumiko ébouriffait sans retenue le petit Daishiro. Ce dernier affichait un boudeur tandis qu'il s'éloignait en tournant le dos à ses amis. En retrait, Chomei sirotait calmement du saké, ne prétant guerre attentions aux chamailleries de ses trois nouveaux protégés.

    - Ouais Fumi-chan, t'es CHIANTE ! imitait Akimune à la volée.


Le rouquin et la fillette rirent de plus belle tandis que le petit Daishiro, qui devait avoir quatorze années tout au plus, se recroquevillait de plus en plus. Ce spectacle était tellement amusant que même le vieux Chomei se mit à rire doucement à son tour. Mais voyant que le petit garnement ne réagissaient pas, les jeunes amis se dirigèrent vers le garçon.

    - Allons, ça va, on plaisantait juste, Daishi-kun ! Cela dit je suis d'accord avec Fumi-chan... T'es vraiment un sale gosse, c'est comme ça qu'on t'aime !


Akimune posa une main sur l'épaule de son ami, se retenant tout de fois de décrocher un autre fou rire, lançant des regards complices à son ainée.

* * *

    - Tu ne devrais pas dire ce genre de choses à Fumi-chan. Certes ça n'avait rien de violent en soi et elle ne l'a pas forcément mal pris, sans compter ton impatience, mais je te préviens avant que tu ne te mettes à dire des choses blessantes : l'amour que te portent tes amis, c'est ça qui te rendra fort. Toute ta vie. Et les perdre risqueraient de te porter préjudice. Alors pèse tes mots, rends-leur cette importance qu'ils t'accordent et parle leur comme si c'étaient les dernières paroles que vous deviez échanger. Ce sont les bases du Bushido, mon jeune ami...


Chomei, assis sur un tronc d'arbre couché par terre, vidait sa coupelle de saké, l'air détendu, décontracté au possible, le bras libre et las reposant sur sa cuisse. Il profitait de ce silence momentanté pour trouver ses mots.

    - Je t'ai déjà dit que je ferai de toi un guerrier hors pair. Je veux que Fumiko, Akimune et toi soyez parmi les plus redoutables du pays. Il faut parfois une certaine férocité pour faire face aux plus cruels des ennemis, c'est sûr... Mais il faut aussi savoir rester suffisamment humble pour acceter l'aide de ton prochain quand tu seras démuni. A commencer par la nôtre. Et celle des autres. La loyauté n'est pas une qualité innée ; elle s'acquiert, se travaille. J'espère sincèrement que nous aboutirons à des résultats satisfaisants, toi et moi.


* * *

Ces scènes représentants des étapes de la vie du petit Daishiro constituait un bref flash-back. Il semblait avoir vécu ces scènes dans un temps infini et n'avait plus cette notion du temps ; il profitait du calme et son corps semblait enfoui dans un repos d'apparence éternel, sauf qu'il se remettait en réalité de ses blessures. Sa respiration était des plus silencieuse et l'on aurait presque dit un cadavre tant il ne bougeait pas d'un cil. A vrai dire, c'est comme s'il avait dormi ses huit heures conventionnelles pendant toute cette nuit à la belle étoile. Il se réveillait difficilement, de bon matin, ressentant une vive douleur à la tête et un goût amer à la bouche. Se remettant de ses esprits, il comprit qu'il avait été au petit soin de cette mystérieuse femme qui s'était endormie non loin, dans une position propice à la défense au cas où quelqu'un viendrait l'agresser dans son sommeil - encore fallait-il deviner si elle sommeillait réellement. Mais qu'importe. Il comprit par la même occasion que son masque avait été légèrement déplacé pour lui placer cette espèce de plante dégoûtante dans la bouche, mais il était resté suffisamment bien en place pour se rendre compte que la kunoïchi n'avait pas profité de son moment de faiblesse pour trahir son anonymat. Remettant ainsi cette facette de Tigre en place sur son visage, il cerna mieux sa sauveuse qui avait complètement changé d'apparence. Il perçut davantage les traits de son visage fin et reconnut qu'elle était mignone ; un peu trop pour être une combattante si habile. C'était à se demander quelles blessures de jeunesse l'avaient poussée à choisir cette voix martiale. Le fait qu'elle soit de la caste des ninjas, c'était une chose. Mais ses grandes compétences dont il se rappelait au fil des secondes alors qu'il reprenait ses esprits, c'en était une autre. Essayant de se tenir debout sur le gazon humide, lâchant un long "Itaiiiiii" en chuchotant sous le coup de la douleur, il garda de vue la femme blonde tandis qu'il se dirigeait à son tour près du point d'eau pour s'humidifier le visage et se rincer la bouche pâteuse et amère. Il remarqua par ailleurs sa blessure sur le reflet de l'eau ondulante qui, peu à peu, révélait parfaitement sa silhouette à la lumière du jour. Il grimaça légèrement sous son masque à l'idée qu'il ait été autant blessé. Et il n'osait pas imaginer ce qu'il lui serait arrivé si elle n'avait pas été là. Que son geste eût été intéressé ou non, il lui devait la vie et sa doctrine lui forçait à rendre à la pareille à quiconque avait fait montre de bienveillance envers lui. Revenant vers le tronc où il s'était reposé, dans un silence absolu, il se saisit du petit met qu'elle avait vraisemblablement confectionné pour lui à son réveil, et mangea silencieusement. Au fur et à mesure qu'il retrouvait ses forces et son état d'esprit, son égo se ravivait peu à peu et, bien qu'il eut été attendrit les premières secondes, il redevenait lucide. Ainsi, tout ce qu'il put faire en guise de remerciement, c'était lui déposer son dernier mochi ni trop loin ni trop près, de peur de réveiller la jeune femme. Il lui glissa par ailleurs un timide remerciement au cas où celle-ci l'entendrait, puis baissa de nouveau son masque, attendant calmement, assoupi, dépourvu de toute volonté de bouger ne serait-ce qu'un petit doigt tant le fait de se mouvoir jusqu'à la rivière environnante lui avait coûté de grands efforts à cause de sa blessure. C'est là qu'il se dit qu'il ne pourrait manier les armes avant quelques instants. Tout ça à cause d'une arme-à-feu. Vraiment, il détestait ces outils au plus haut point.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Mer 19 Fév - 12:31

Chō avait en effet finit par trouver le repos, ou du moins un repos relatif. En bonne Kunoichi elle ne dormait jamais vraiment, restait constamment sur ses gardes. L'artifice qui rendait ses yeux bleus l'irritait un peu et ses cheveux la gênait pour dormir, cette maudite perruque était trop longue, elle préférait ses cheveux mi-longs, plus facile à dompter même s'ils aimaient jouer les rebelles. Elle entendit l'homme dans son dos et déplaça imperceptiblement la main vers son poignard à porté de main. Il n'avait pas une position d'attaque mais dans le doute... mieux valait prévoir. Elle se détendit un peu en le sentant s'éloigner et replongea dans son demi sommeil : l'oreille toujours aux aguets, prête à bondir au moindre mouvement, à la moindre tentative de meurtre ou de blessure.

Elle finit par se lever, s'étira de tout son long pour remettre un peu tous ses os en place. Le sol n'était vraiment pas confortable, il y avait plus agréable comme endroit pour dormir. En plus elle avait oublié sa petite paillasse dans son autre sac de voyage, rangé dans un hangar en ville, et sa jolie tunique était toute tachée. Pour Chō ça n'avait pas d'importance mais pour son personnage — très soigneux de son apparence — c'était un détail des plus navrant. En baissant les yeux elle remarqua le mochi laissé par son patient. Elle le laissa de coté, peut-être l'avait-il empoisonné, avec un autre ninja mieux valait se méfier. C'était sa légère paranoïa qui l'avait gardée en vie jusqu'à maintenant, mieux valait donc ne pas commencer à donner sa confiance à n'importe qui et voir un geste de gentillesse là où il n'y en avait peut-être pas.

Le point d'eau ne se trouvait pas très loin et même après s'être lavée la veille elle ne se sentait pas très fraîche, elle s'y dirigea donc, s'accroupit, dos à son malade, et détacha la fine cordelette qui liait son haut sur sa nuque, le faisant glisser pour pouvoir laver son buste, son cou et son visage. Elle laissa un instant le soleil sécher sa peau et se rhabilla, frotta quelques boules de mimosa séché contre son cou et revint au campement de sa démarche féline, se dirigeant aussitôt vers le guerrier au masque, un petite coupe d'eau à la main dans laquelle elle fit tomber une épaisse poudre brunâtre.
« Réveillez-vous et avalez ça, ce n'est pas très bon mais ça va anesthésier un peu la douleur et faire baisser la fièvre, vous avez l'air d'en avoir un peu. »
Elle colla une main fraîche sur le front de l'homme pour prendre sa température approximative. Il était un peu chaud mais rien d'affolant.
« Vous avez l'air sur la voie de la guérison. Pouvez-vous parler ? Comment vous sentez-vous ? »
Avant qu'il ne réponde elle glissa la coupe contre les lèvres du blessé mais ne fit pas glisser le liquide. S'il n'avait pas confiance il était parfaitement en droit de repousser le bol, elle ne le forçait pas.
« Je vous avoue que je ne sais trop que faire de vous... J'ai des impératifs qui m'attendent en ville mais il semblerait que vous n'êtes pas capable de vous déplacer et je ne peux décemment vous laissez seul ici alors que vous êtes aussi affaibli... Avez-vous un endroit où aller ? Quelqu'un que je pourrais contacter ? Le marchand a certainement lancé des hommes à votre poursuite, vous allez devoir vous méfier de tous le monde... »
Non, elle ne cherchait pas à l'affoler, elle lui disait simplement ce qu'il savait déjà. Il n'était pas idiot, il connaissait forcément le système d'une tentative d'assassinat, un commanditaire s’arrêtait rarement à un échec. Cet homme allait rapidement avoir les meilleurs assassins du pays à ses trousses et à son humble avis elle aussi allait se retrouver avec quelques limiers aux fesses. Elle ne s'inquiétait pas, elle connaissait ses propres capacités de survie : si elle avait décidée de ne pas être trouvée, personne ne le ferait. Et comme elle n'était qu'un nom éphémère, un individu perdu dans la masse, elle aurait plus de facilité à disparaître que cet homme à la réputation un peu trop forte. La célébrité jouait de fort vilains tours n'est-ce pas ?

« Écoutez... ce soir je dois retourner là bas pour prendre ce que j'étais venu chercher mais peut-être qu’après je peux vous aider et vous ramener dans un lieu où vous serez en sécurité, cependant... »
Voilà le « mais », il y avait toujours un mais, et pour le coup Chō pensait qu'il valait mieux jouer carte sur table dés le début...
« Cependant je ne fais pas ça en toutes innocences... Je sais que vous appartenez à l'organisation Kara et j'aimerais en apprendre plus sur ce groupe. Pas pour vous nuire, simplement pour savoir à quoi m'attendre et si je dois me méfier. Je ne prendrais que les informations que vous voudrez bien me donner et vous êtes parfaitement en droit de refuser ce marché. »
Mais alors il devait se débrouiller seul, dans son état de faiblesse actuel, pour trouver un endroit sur et rentrer chez lui. Le deal n'était peut-être pas très équitable, c'est vrai. Mais une vie contre quelques informations ce n'était pas si terrible non ? Ça semblait plus juste vu sous cet angle. Le guerrier avait toutes les données en main, c'était maintenant à lui de faire son choix, et donner sa réponse.
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Mer 19 Fév - 23:09


Anticipant autant que faire se peut les attentes de sa sauveuse, Byakko déplaçait délicatement son masque en conséquence. Il n'exprima aucun rebus à boire le liquide dont l'amertume fit presque gémir le jeune homme. Il ressentit une nausée soudaine mais réussit à la contenir, avalant entièrement le coutenu de la coupelle. En temps normal, c'est-à-dire sous ses airs de jeune vingtenaire assez infantile, il aurait jacté comme un gamin. Mais le fait d'agir en tant que soldat de Kara lui donnait une toute autre aura et le poussait à se montrer bien plus sage et bien plus conciliant. Aussi baissa-t-il légèrement son masque lorsque la Genin voulut vérifier sa température. Il ne manqua cependant pas de le remettre bien en place lorsque celle-ci eut finit. Se concentrant lentement sur sa respiration, il baissa légèrement la tête pour mieux se sentir à l'aise, préférant boire cette fois-ci les paroles réconfortantes de son interlocutrice. Elle disait vouloir mener à bien sa mission coûte que coûte et il le comprenait. Même si d'autres, amis ou ennemis, exprimaient des intérêts contraires aux siens, il ne pouvait leur en vouloir d'être empreints de volontés. C'est ce qui faisait là la véritable force d'un être humain. Après avoir entendu des mots rassurants de la femme mais d'autres moins agréables en ce qui concernait son intention de revenir sur les lieux probablement dévastés, Byakko prit à son tour la parole.

    - Guerrière, je ne sais pas ce que vous êtes venue chercher... Ou Voler... Mais je doute que ce marchand détienne quelque chose de bon. De ce que j'en sais, il participe activement aux traffics d'armes et d'ingrédients utiles à la concoctions de drogues et poisons. C'est sans nul doute à cause de ça que de nombreux individus ont tenté de porter atteinte à sa vie. Et à son inventaire... C'est là que j'ai été dûpé. Je suis effectivement sur les traces d'un groupuscule connu dénommé la Confrérie de la Main. Les fausses rumeurs qui couraient stipulaient qu'un contrat avait été placé sur la tête d'Aiko-dono...


Byakko se tût pour se mouvoir et ainsi trouver une position plus confortable pour débiter son flot de paroles, puis reprit.

    - Il n'est pas difficile de deviner que je combats au nom de Kara. Chacun de nous annonce la couleur - blanche qui plus est - de par son apparence. C'est un légitime symbole de loyauté, dès lors nos ennemis savent à qui ils ont affaire et choisissent de nous craindre ou périr par le sang. Les avis sont forts controversés à notre sujet parce que d'une part nous ne sommes pas aussi discrets que les groupes indépendants qui échappent à l'autorité du seigneur et que d'autre part nos méthodes peuvent parfois paraître cruelles. J'ai en effet ôté des vies hier soir. Et je le répète : si j'avais été à votre place, j'aurais ôté la vie de ce gros mollusque. Alors qu'il envoie autant de sbires me témoigner leur vain affront, je les pourfendrai tous jusqu'au dernier...


Le guerrier à la tête de Tigre serra le poing mais se calma vite tant ses maux de têtes s'intensifièrent sous l'excitation soudaine. La douleur restait vive et la seule manière de la contenir, c'était de rester calme et de respirer.

    - J'ai naturellement du mal à cerner vos réelles intentions, ninja. Vous auriez très bien pu me laisser périr dans ce manoir délavé. Et vous pouvez m'ôter la vie d'un simple claquement de doigts dans les circonstances actuelles. Les membres de Kara sont très portés sur les préceptes du Bushido, qu'importent s'ils sont de réels samouraïs ou d'humbles gens des campagnes. Il va sans dire que nous sommes sensibles à la loyauté que nous portent les tiers concernés. Par conséquent, pour vous aider à répondre à toutes vos interrogations, laissez-moi vous remettre ça...


Se tortillant légèrement pour aller chercher un espèce de papier de riz soigneusement plié sous son revêtement, il finit par le tendre à sa camarade, entre deux légers gémissements de douleur.

    - Je ne fais que suivre des instructions et me battre pour ce en quoi je crois. Vous trouverez ci-joint des indications pour contacter un homme qui saura bien mieux répondre à vos questions que moi... Ah, et au fait, pensez à chiffrer votre missive si jamais vous décidez d'y donner suite ; qu'importe le procédé, votre interlocuteur se trouvera être un cryptanalyste suffisament fin pour vous comprendre... Je pense avoir tout dit. Faîtes ce que vous avez à faire, je vais me reposer tranquillement ici et repartir quand je serai d'applomb. Ne vous souciez plus de moi. Il me tarde de vous croiser pour vous rendre la pareille. Pourvu que je daigne vous reconnaître si nous nous croisons de nouveau...


A ces derniers mots, le ninja s'affala de nouveau contre le tronc centenaire sur lequel il était adossé, et plongea de nouveau dans un demi-sommeil réparateur dans l'espoir de rassembler des forces et ainsi quitter cet endroit pour de bon.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: L'Oeil du Tigre vous observe... [TERMINE] Jeu 20 Fév - 17:34

Vrai que ce masque n'était vraiment pas pratique pour le coté médical, heureusement que le jeune homme précédait ses mouvements et le déplaçait en fonction : elle avait un peu tendance à l'oubliait et exécutait ses gestes médicaux par automatisme, elle aurait eu l'air joliment stupide en train de prendre sa température à un masque tiens... mais l'idée eut l'avantage de la faire sourire.

Il parlait beaucoup trop pour un malade et Chō lui aurait demandé de garder un peu son souffle et ses forces si les informations qu'il donnait en s'épanchant ne s'étaient pas avérées aussi intéressantes pour elle. Elle nota dans un coin de sa tête tout ce qu'il lui disait, et récupéra ce qu'il lui confia, le plaçant dans son corsage pour le mettre bien à l'abri. Elle connaissait un homme qui aurait fort hâte d'avoir ce genre d'informations, en espérant qu'elles ne soient pas fausses mais ça... c'était à elle de vérifier.

Elle pesa le pour et le contre, toujours silencieuse. Elle regarderait tout ça plus tard, au calme, laissant courir ses yeux bleus sur le masque en face d'elle, comme si elle essayait de voir à travers. Pourquoi lui donnait-il aussi aisément toutes ces informations ? Ok c'était encore très superficiel mais tout de même...
« Très bien... »
Elle ne trouvait rien à dire d'autre, elle n'avait jamais été une reine de l'éloquence et n'aimait pas trop faire entendre sa voix : c'était un élément trop facilement reconnaissable et trop difficilement modulable, aussi le regarda-t-elle simplement s'adosser pour prendre encore du repos. Décidément il n'avait pas un grand instinct de survie ce jeune homme, elle pourrait parfaitement mettre fin à sa vie d'un simple coup bien placé. Il était encore faible, c'était faisable. Mais ça n’intéressait pas la demoiselle...

Elle se releva, rassembla ses affaires pour les mettre dans son grand meuble de voyage et cala le tout sur son dos avec les cordes, prête à redescendre vers la ville et laisser là le guerrier blanc. Déjà dans sa tête les choses se remettaient en place. Elle avait bien entendu le conseil donné par le guerrier mais elle devait tout de même retourner dans cette demeure, récupérer ce poison qu'elle convoitait puis faire courir quelques rumeurs, donner quelques représentations pour assurer sa couverture et ensuite s'éloigner du pays, le tout en quoi... une semaine à tout casser ? Elle se demandait parfois pourquoi le temps n'était pas plus élastique, ça l'aurait bien arrangé. Il aurait fallu pouvoir tirer dessus, pas avec une balle évidemment, oh ça non. Cette petite aventure lui rappelait bien à quel point il haïssait ces maudites armes qui faisaient de pareils dégâts.

La demoiselle se tordit le pied en descendant la pente et s’arrêta sur le bord du chemin en pestant. C'était simulé évidemment, le tout dans le but de faire s’arrêter un marchand — ce qui finit par arriver — afin de lui faire les yeux doux et de se faire accompagner jusqu'en bas — ce qui advint aussi. Ils échangèrent quelques mots, elle glissa une anodine petite rumeur et ils se quittèrent une fois arrivés en ville. Premier petit morceau de stratégie en place, passons maintenant au second, puis au troisième. Sa vie n'était constitué que de ça, des morceaux de plans à mettre en œuvre bouts après bouts, comme ces petits jeux fais de cubes de bois que l'on empile avant de voir chuter. Elle espérait simplement que ses morceaux à elle s’emboîteraient encore longtemps, afin de ne jamais chuter.
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