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 "Iwanu ga hana"

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MessageSujet: "Iwanu ga hana" Mar 14 Jan - 22:46

    Il pleuvait ce jour-là.
    Les routes étaient boueuses et les nids de poules débordaient de vase. Il restait plusieurs kilomètres de marche avant le prochain village. Néanmoins, Ai avait eu vent d'un repos existant sur cette route. Et c'était pourquoi, malgré la pluie et la puissance des vents, elle continuait tant bien que mal à progresser sur le sentier.
Un chariot chahutant lui envoya un bon litre d'eau sale dans la figure en croisant son chemin. Ayant le réflexe de se retourner pour jurer, elle leva machinalement le bras en direction du chariot, mais la sensation fort désagréable de sentir l'eau couler dans sa manche le long de son bras puis de son aisselle lui fit rapidement revenir sur ses intentions.

    Un bon kilomètre plus loin, des lumières perçant à travers la bruine l'encouragèrent à accélérer le pas, et Ai, trempée et épuisée, ne tarda pas à atteindre le fameux repos.
Il s'agissait tout juste d'une petite bicoque de bois, où quelques voyageurs dans un tout aussi piteux état serraient leurs mains autour d'un thé.
Dans un soupir de soulagement, Ai pénétra dans la pièce et alla se blottir dans un coin, face à une table basse dont le bois portait les traces de cercles laissés par toutes les tasses qui avaient séjourné sur sa surface.
    Un jeune homme s'inclina devant elle et lui demanda si elle désirait un thé.
    Ai commanda ainsi un thé et un bol de soupe brûlants.
    Lorsqu'on les lui apporta, elle pencha d'abord son visage dans la vapeur qui s'en échappait, savourant cette chaleur qu'elle n'avait pu depuis quelques jours ne ressentir qu'en rêve. Elle but sa soupe lentement. Le goût n'était pas fameux, les ingrédients ne devaient pas être de la première fraîcheur, mais elle n'en tint pas rigueur.
Son regard se portait plutôt sur les autres personnes installées dans la pièce.
    Y régnait un silence inquiétant, tranché uniquement par les gouttes au dehors et sur la toiture, et les bruits de vaisselle qu'on débarrassait.


Dernière édition par Shinsetsu Ai le Mer 15 Jan - 13:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: "Iwanu ga hana" Mer 15 Jan - 10:56

Daïchi ?

Une voix fluette traversa l'étrange obscurité de cette journée. Il pleuvait dru depuis la veille au soir et les nuages noirs qui se déversaient sur les lieux étaient si compacts qu'il empêchaient les rayons du soleil de les traverser. Le vent ne semblait pas les pousser.  Le bœuf lui, avançait insensible aux conditions climatiques de son voyage. Le cocher ne se plaignait pas, mais étant originaire de Setsu tout comme sa maîtresse, la température devait lui sembler insupportable. C'était même la raison pour laquelle sa passagère lui avait adressé la parole.

Oui, Miko-sama ?
Il fait un temps infernal, vous allez attraper la mort si cela continue. Faisons marche arrière, il y à une halte à moins d'un kilomètre. Arrêtons-nous jusqu'à ce que la pluie cesse.

De nombreuses personne se plaignaient du caractère impossible et mauvais de la prêtresse, mais Daïchi n'avait jamais eu à subir ses foudres. Elle avait toujours été d'une grande prévenance avec lui. Elle n'était pas toujours très polie et parfois très largement condescendante, mais elle avait toujours eu une attention pour lui. Un sourire, un mot gentil...elle se souciait de lui le serf qui travaillait au temple depuis de si longues années. Il avait commis de lourds actes, de vol et s'était même retourné contre son Daimyo. Il avait été arrêté et fait esclave en punition. Le temple l'avait recueillis quant il avait trente ans et c'était le Prêtre Itou qui l'avait prit sous son aile. C'était comme ça qu'il avait fait la connaissance de la petite prophétesse. Lui, il n'avait jamais eu à craindre son tempérament manipulateur et presque violent.

Le palanquin avait fait demi-tour selon l'injonction de la jeune femme et ils s'étaient dirigés vers ce petit édifice un peu branlant dans l'espoir d'y trouver quelque chaleur et réconfort. Leur présence en terre neutre s'expliquait par la missive qui avait traversé le pays à la recherche d'une personne capable de pratiquer un exorcisme sur une  mère et son enfant à venir. On soupçonnait la mère d'avoir été enlevée par un esprit renard et d'attendre un enfant Yokai. Oda no Kazuyuki avait toujours eu un goût prononcé pour l'aventure et les voyages et si elle dépendait de son temple elle n'en était pas moins une Miko douée. Elle avait donc répondu vivement à la demande d'aide venue de si loin.  On ne l'en avait pas empêchée, au contraire, nombreux étaient ceux qui pensaient que son départ était une bonne chose et espéraient même qu'elle ne revienne pas. Malgré qu'une Itako et un Onmyoji l'aient examinées avait de déclarer qu'elle n'était pas possédée, certaines personnes de la hiérarchie n'en étaient pas convaincus. Ils allaient jusqu'à raconter qu'elle avait envoûté les experts.  Daïchi s'en fichait. Sa foi variait. Parfois il croyait, d'autre pas du tout et méprisait ceux qui criaient ouvertement leur foi.

Le chariot s'arrêta vingt bonnes minutes plus tard, un peu à l'abri et l'homme descendit pour entrer dans la pièce chauffée et observer attentivement la population présente. Il repéra une table, reculée et presque vide. Il ne prononça pas un mot et dans un grincement de planché il fit demi tour pour quérir sa maîtresse. Toute vêtue de ses fourrures et de ses tissus épais aux milles couleurs elle entra, grelottante  dans la pièce  et se laissa conduire à la table reculée. Dans un silence presque religieux elle obligea son accompagnateur à retirer son par dessus trempé pour le laisser sécher dans un coin et retira l'un de ses par-dessus en épaisse laine pour le lui tendre.  Il fit mine de protester, et posa les yeux  sur l'autre personne qui occupait leur table. Toutes les autres étaient pleine de voyageurs qui avaient été surpris comme eux par le violence de l'orage. Cette table là semblait être la dernière suffisamment spacieuse pour les accueillir tout deux.

Je suis navré de vous imposer notre présence.
dit-il en 'inclinant profondément avant de tourner le visage vers la demoiselle qu'il escortait, l'air un peu dur devant son absence de réaction. Elle pinça les lèvres offusquée qu'il puisse seulement penser qu'elle s’inclinera.
Mademoiselle, excusez-vous ! il avait murmuré.
Elle plissa le nez, visiblement pas ravie d'avoir à le faire  et pencha légèrement la tête en guise de salutation. Elle ne prit pas la parle cependant attendant simplement qu'on leur apporte la soupe brûlante dont elle avait envie.

Le goût toutefois se trouva être fort décevant et elle grimaça légèrement avant de décider qu'elle s'en fichais. Ses mains se serrèrent autour du bol et elle ferma les yeux pour apprécier la chaleur.  Le silence les gagnât à nouveau et la prêtresse ne chercha pas à le rompre se perdant dans l'observation de toutes les personnes qui constituaient leur entourage avant d'en arriver  à  celle dont ils partageaient la table.  Ses yeux clairs, extrêmes opposés des siens. Des cheveux aussi noirs que les siens et aussi peu entretenus que les siens étaient parés de peignes, de perles...comme deux mondes que tout oppose.

Je suis Oda no Kazuyuki, très enchantée.

un éclat vif de malice. Les lieux presque lugubres ne semblaient pas tarir sa soif de mystère et de complexité. Elle songeât un instant que la femme qui lui faisait face en était probablement un charmant condensé.
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MessageSujet: Re: "Iwanu ga hana" Mer 15 Jan - 14:29

    Ai somnolait, baignée dans la chaleur propagée par les vapeurs de tous les plats et concentrée dans cette seule et même petite pièce.
    Elle reposa son bol vide sur le côté et serra sa tasse entre ses doigts fins. Après avoir soufflé doucement sur le breuvage, elle le porta à ses lèvres et but à petites gorgées.
A l'extérieur, la pluie ne semblait pas près de se calmer et Ai se sentait trop fatiguée pour repartir par ce temps. D'autant plus que ses vêtements commençaient seulement à sécher et que ses zori, laissées à côté de l'entrée, étaient toujours pleines de boue humide. Il fallait attendre que cette boue sèche également pour pouvoir la gratter.
    Dans un soupir las, Ai s'adossa au mur. Elle ne se souvenait même plus pourquoi elle était partie ainsi sur les routes au début du mois. Mais peut-être était-ce seulement l'envie de tranquillité.
En ces régions, au moins, personne ne la lorgnait d'un mauvais oeil.
    Certes elle ne croisait pas grand monde.
    Mais le peu de monde qu'elle voyait sur les chemins et les haltes l'ignoraient. Elle n'était pour eux qu'une voyageuse inconnue de passage.

    Des bruits de pas et des murmures l'extirpèrent de sa torpeur passagère.
    Un homme d'une drôle d'allure entra dans l'auberge de fortune et examina les alentours.
    Quelques instants après, à sa suite, C'est une jeune femme qui entra. Elle devait être aisée, au vu de son accoutrement. L'on distinguait sous ses épaisses fourrures des tissus chatoyants et richement décorés.
De plus, le tout était sec, ou tout juste perlé de quelques gouttes d'eau ; sans doute parvenues là le temps de faire les quelques pas qui séparaient l'entrée de son moyen de transport.
    Qu'est-ce qu'une personne pareille venait faire dans une zone aussi perdue, et de plus dans un repos aussi médiocre ?
C'était la question que se posait Ai tout en buvant son thé.
    Lorsque ce qui devait en toute logique être son serviteur se tourna vers elle, elle détourna les yeux dans un mouvement vif. Elle ne les vit pas, mais devina les corps s'installer en face d'elle à sa table, et sûrement la toiser du bord de table jusqu'à la racine des cheveux.

Je suis navré de vous imposer notre présence.

    Ai releva légèrement la tête, et son regard se posa sur l'homme : Il chuchota quelque chose à la jeune dame qui l'accompagnait, d'un air offusqué. Et cette dernière n'en avait pas l'air plus reposé, en vérité.
    Il se passa dix bonnes secondes durant lesquelles elle sembla devoir concentrer un effort immense avant de se décider à incliner légèrement la tête. Ai en conclut par avance qu'elle devait sans doute être pourvue d'une certaine arrogance. Le serveur arriva en hâte avec de cette soupe médiocre et il en servit la dame.
    Lorsque celle-ci porta le bol à sa bouche, une grimace déforma son visage. Elle non plus ne devait pas fort en apprécier le goût.

    Quand la nouvelle hôte à la table de Ai posa son bol sur la surface de bois, le silence s'installa, aussi dur qu'une vingtaine de minutes auparavant, n'ayant à nouveau pour le trancher que la pluie et la vaisselle. Elle l'observait. Et Ai en fit pareillement : C'était une femme avec un charme étrange, sans beauté fantasmagorique, mais s'échappait d'elle quelque chose de particulier. Peut-être avaient-elle le même âge. Ses cheveux, aussi sombres que les siens, étaient lourdement parés, de breloques et de bijoux en tout genres, et cascadaient sur ses épaules, dont on peinait à distinguer la forme, tant elles étaient couvertes par des couches et des couches d'habits.
    Ai se sentit tout d'un coup intimidée, dans son kimono de lin léger tout juste confortable pour les voyages, mais néanmoins admirative, elle qui aimait les beaux apparats. Enfin, elle remonta jusqu'à ses yeux, et fut frappée d'une certaine stupeur. Avec le reflet des lanternes, elle distingua une couleur étrange dans ses iris, pourtant fort sombres. C'était une sorte de gris délavé, un peu comme un ciel chargé de pluie en pleine journée.
    Elle ne connaissait rien de cette femme. Pourtant, elle se sentait soudain proche d'elle.

Je suis Oda no Kazuyuki, très enchantée.

    A ces mots, Ai s'inclina un peu plus bas. Une mèche qui glissa de son épaule manqua d'atterrir dans sa tasse de thé. Quand elle se releva, ses pupilles plongèrent dans celles de son interlocutrice.

Shinsetsu Ai, des montagnes de l'Est.
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MessageSujet: Re: "Iwanu ga hana" Mer 15 Jan - 18:06

Elle se réchauffais peu à peu et ses sens engourdis semblaient se réveiller au fur et à mesure qu'elle leur demandait d'agir. Avoir une prise permanente sur son entourage était quelque chose sans laquelle elle ne parvenait pas à se sentir en sécurité. D'une certaine façon la jeune femme ne s'était jamais sentie réellement chez elle. Lorsqu'elle était enfant elle était restée l'enfant non désirée destinée au temple et au temple après la mort du prêtre Itou elle était devenue un paria. La fille possédée. Son retour en force au sein du clergé et sa réputation grandissante en temps que Miko n'avaient pas fait taire les vilaines rumeurs et si, sur le plan général elle s'en fichait, cela ne l'aidait pas à se sentir en sûreté. Le fait même qu'ils 'aie expressément encouragée à traverser les terres Okaruto pour se rendre en territoire -neutre certes- mais pas moins inconnu témoignaient de cette constante. Elle était indésirable, mais essentielle au bon fonctionnement du temple. Ils ne pouvaient pas s'en débarrasser mais la garder était tout de même partiellement problématique.

Elle détourna les yeux de la seconde jeune femme assise à leur table et les posa sur la silhouette emmitouflée de laine de Daïchi qui buvais son thé dans un silence calculé. Ainsi il était près à agir à la moindre incartade de sa pupille. Et Moegami savait que cela arrivait souvent. Kazuyuki n'avait jamais su tenir sa langue et arrondir les angles moins encore. Sa sincérité accablante faisait des ravages sans même qu'elle ne comprenne ce qu'elle faisait de mal. S'il y avait des choses sur lesquelles il avait toujours trouvé la demoiselle relativement précoce, il savait en revanche qu'elle était très limitée dans le domaine des relations sociales et des interactions avec ses semblables. Elle avait visiblement du mal à accepter que tout le monde ne réagissait pas à son ton condescendant de la même façon que lui-même le faisait ou que l'avait fait Itou. Elle aurait sans doutes déchanté douloureusement si son grade de religieuse ne l'avait pas partiellement protégée de toute atteinte. Peut-être d'ailleurs, en profitait-elle  trop.

Elle en revint silencieusement à celle qui s'était présentée comme « Shinsetsu Ai » arrivée de l'est. Pour être parfaitement les « montagnes l'Est » n'inspiraient pas de lieux particuliers à la Miko mais elle se garda de le dire, reprenant son analyse de son visage.

Vous avez l'air horriblement épuisé. remarquât-elle.

N'importe qui aurait pus sentir l'homme se tendre en entendant les mots de sa compagne. Elle se crispa elle-même craignant soudain d'avoir véritablement dit quelque chose de mauvais. Finalement elle jugea qu'elle se fichait pas mal de ça comme elle se fichait du reste et se redressa sur elle même pour jeter un regard circulaire à la pièce.

Voici Daïchi. elle désigna le serf d'un signe de tête et il s'inclina poliment une seconde fois. Il à pour mission d'être polit à ma place. elle ironisa dans le but de vexer le concerné qui lui jeta un regard noir. Elle pouffa.

Daïchi la suivait d'abord parce qu'il était un esclave recueilli par le temple et qu'elle était une miko et ensuite probablement par affinité personnelle.  Sans doutes parce qu'il était clair et inévitable que la jeune femme s’attirerait des ennuis si elle partait seule. Il avait été samouraï et se servait de ses connaissances tant pour la protéger que faire montre de qualités irréprochables pour un valet. Il avait toujours voulu mettre son épée et donc sa vie au service d'une autre personne. Parce que c'était dans cela qu'il excellait. L'ombre lui convenait. Être le garde chiourme de cette petite peste aurait sans doutes été un supplice pour nombre de personne, mais des gens insupportable, il en avait connu et il lui trouvait bien assez de qualités pour encaisser le reste. Et il savait qu'elle lui en était reconnaissante. Elle n'aurait pas supporté la solitude. Jamais. D'une certaine façons ils étaient essentiels l'un à l'autre.

Nous arrivons de Setsu et nous allons nous enfoncer un peu plus vers le nord. Je ne sais pas ou vous allez mais pourquoi ne pas partager la carriole avec moi ? Notre bœuf ne verra pas la différence.

Elle pinça les lèvres, perplexe. Elle n'avait vu ni chevaux, ni palanquin, ni rien d'autre de ce genre à l'extérieur et en avait probablement justement déduit que tout les gens qui s'attablaient ici faisaient route à pieds.  Triste situation. Elle-même avait trop été habituée aux bons traitement qu'elle ne supporterai sans doutes pas de marcher sur des jours entiers. En réalité partager la carriole avec cette inconnue était avant toutes choses un calcul purement égoïste. De cette façon elle aurait quelqu'un à qui bavarder durant son trajet et peut-être quelque chose d'intéressant sur  lequel réfléchir.  Elle manquait cruellement d'occupations et pour tout dire elle détestait ça. Les gens s'ennuyaient mais pas Oda no Kazuyuki. Certainement pas ! Elle se renfrogna à ses propres pensées, sans même tenir compte de la tension qui régnait chez l'ancien samouraï qui doutait que le fait d'inviter n'importe qui à faire route avec eux ne soit une véritable bonne idée. Cependant, il ne protesta pas.  À quoi bon de toutes les façons, elle ne l'aurait pas écouté.

Comme de nombreuses autres personne avant lui, et de nombreuses après lui, Daïchi se demandait souvent si la jeune femme était née arrogante ou bien si c'était les circonstances dans lesquelles elle avait grandi qui l'avaient rendue telle qu'elle était.  Ce n'était sans doutes pas quelque chose qu'il saurait tant s'était ancré en elle et si peu elle faisait d'effort pour se montrer plus agréable.  D'une certaine marnière il supposait que cette façon d'être constamment en opposition avec le monde qui l'entourait lui convenait parfaitement et pour être tout à fait honnête, il aurait même eu tendance à penser que cela l'amusait plutôt.
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MessageSujet: Re: "Iwanu ga hana" Sam 18 Jan - 0:16

Ai les toisait tous deux d'un air interloqué.
Sa route semblait avoir croisée celle d'étranges personnages, entre lesquels elle sentait toutefois une complicité particulière.
Mais Ai avait peu de notions en ce genre de relations. Des amis, certes elle en avait eus quelques-uns... Tout du moins des connaissances sympathiques, avec qui elle s'était plue à converser. Mais soit le temps, soit les chemins les avaient séparés et, bien qu'ils demeuraient dans ses souvenirs comme un songe chaleureux et apaisant, tout cela était désormais lointain.
Ses autres relations étaient restées très restreintes, notamment à cause de sa réputation, dont elle n'était pourtant en rien responsable...

Son regard se perdit un cours instant dans le reste de thé au fond de sa tasse. Il était devenu tiède à force d'attente et les mains de Ai ne captaient plus la moindre chaleur réconfortante.
Une certaine fraîcheur venue du dehors, sans doute dues aux cloisons trop minces, lui arracha quelques frissons. Elle pensa à ce qui avait été un bref moment sa famille, à sa vie jusque là, son parcours.
Le positif comme le négatif.
Un léger rictus amusé se dessina sur la commissure de ses lèvres durant quelques secondes.

Ses yeux revinrent se poser sur son interlocutrice, la bien singulière Oda no Kazuyuki.

Nous arrivons de Setsu et nous allons nous enfoncer un peu plus vers le nord. Je ne sais pas ou vous allez mais pourquoi ne pas partager la carriole avec moi ? Notre bœuf ne verra pas la différence.

Cette proposition lui fit hausser les sourcils.
Il faut dire que c'était plutôt soudain pour deux jeunes femmes presque totalement opposées qui venaient tout juste de se rencontrer, dans une halte de fortune, au milieu de territoires où n'importe qui est à aborder avec méfiance, de recevoir de l'une d'elle une invitation pareille.
Dans un sens, cela reposait Ai. Personne ici ne risquait de la connaître, ainsi que le nom qu'on lui attribuait injustement, et l'ignorance de la jeune femme à ce sujet n'était pas pour lui déplaire.
Elle songea quelques instants, silencieuse.

Eh bien... Je n'ai pas de réelle destination, je m'aventure un peu là où mon instinct me guide.

Ai n'avait aucune envie de faire part de ses projets personnels, bien qu'il y avait dans ses propos une bonne part de vérité. Elle ignorait réellement si sa route menait à une destination particulière. Elle ne savait même pas comment mener à bien sa quête. Alors, elle cherchait des moyens qui pourraient l'y faire venir, par ci ou par là, là où on l'accueillait et où l'on remettait sa confiance entre ses mains.
Ses mains qu'elle avait si fines et frêles en apparence, que sa mère, même petite, lui avait fréquemment répété qu'elle devait apprendre le shamisen, et que sans nul doute, elle serait encore plus douée qu'une geisha avec dix ans d'expérience.
Ai détestait le son du shamisen. Elle le trouvait agressif. Quant aux chants avec lesquels les geishas accompagnaient cet instrument, elle les jugeait détestables à l'oreille.

Veuillez me pardonner, mais je n'ai sûrement pas la monnaie suffisante pour payer ma place dans une carriole. De plus, ma compagnie vous décevrait, les discussions m'inspirent peu...

Et pour cela, elle était plutôt sincère. Ai n'était pas très douée pour la conversation. Lorsqu'elle parlait, soit c'était pour acheter du riz, soit pour répondre à une question, et très souvent de la manière la plus courte possible. Ce qui n'améliorait pas son statut, mais encourageait plutôt le terme "antipathique" à pendre aux lèvres des passants qui la croisaient.
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MessageSujet: Re: "Iwanu ga hana" Sam 18 Jan - 11:20

« De toutes façon, ça n'est pas pour vous faire la conversation qu'elle vous veux avec elle. Tout juste pour alors quelque mystère à percer le temps d'un trajet. Le reste lui-importe peu. »

S'il le pensa bel et bien, Daïchi se contenta de garder le silence. Il comprenait le désarrois de sa compagne sans qu'elle ne l'exprime elle-même. Kazuyuki était souvent seule, même lorsqu'elle n'était pas sur les routes. Les autres Miko la craignait et pour être tout à fait honnête elle ne faisait rien pour arranger la situation puisqu'elle-même ne les aimait pas. Elle ne les aimait pas dut tout. Elle n'aimait pas leur fausse foi et leurs minauderies. C'était quelque chose dont il s'était rendu compte très rapidement. Si la jeune femme savait parfaitement manipuler les gens elle avait en sainte horreur ceux qui mentaient. Ceux qui mentaient aux autres et , surtout, qui se mentaient à eux même. Lui-même avait toujours été très honnête sur son ressenti quant aux Kamis et elle l'avait parfaitement accepté. Il lui avait dit qu'il ne croyais pas devoir quoique ce soit à un Kami quelconque et à la lueur de ce qu'elle savait de sa vie elle avait hoché positivement la tête, compréhensive. Mais le sanctuaire était remplis de gens qui feignaient une confiance absolue en Moegami et qui étaient prêts à se délester de leur foi à la moindre occasion. Un petit malheur, une erreur, quelques mots venimeux.

Nombreuses étaient celles-qui n'aspiraient qu'à se trouver un mari et quitter le temple dans les plus brefs délais sans la moindre intention d'y revenir pour quelque prière par la suite. Elle n'avait sans doutes pas choisis d'entrer au temple, mais dès lors qu'elle l'avait fait, la petite fille qu'elle était avait donné son cœur tout entier à la divinité qu'elle servait. Le fait qu'elle soit en plus dotée d'un don plus qu'évident pour décrypter l'avenir et les comprendre les désir de son Kami ne passait qu'en second lieu. Premièrement elle avait été prête à tout sacrifier même pour un Dieu qui ne la regardait peut-être même pas. Elle avait tout donner sans avoir la certitude qu'elle serait récompensée pour sa foi ensuite. C'était en cela qu'elle se différenciait clairement des autres membres du clergé et de la plupart des gens et c'était également pour cette raison précise qu'elle était si détestable avec son entourage. Le prêtre Itou avait été pendant longtemps la seule exception à la règle. Sans doutes parce qu'il possédait une confiance inébranlable dans celui qu'il servait. Sans doutes parce qu'il avait immédiatement donné sa chance à la petite fille que Kazuyuki était alors.

Je ne me souviens pas avoir dit que je comptais vous faire payer quoique ce soit.

Elle reposa son gobelet de thé sur la table crasseuse et regarda ce dernier avec une rare fureur comme s'il avait été dotée d'une vie et d'une capacité à comprendre combien à cette heure précise elle était enragée contre lui. Le serveur qui servait une table plus loin du s'en rendre compte lui parce qu'il se crispa légèrement.

Parce-que vous avez le culot d’appeler ce bol d'eau croupie et chauffée avec trois  pauvre feuilles de menthe du thé ?! Enma-ô vous emporte vous et votre calamiteuse cuisine, submerge de ses flammes cette abominable bicoque et ...

Fulmina la prêtresse avec une portée de voix presque impressionnante tant elle avait l'air douce et mielleuse la seconde d'avant.  Ses yeux noirs acérés comme des poignards se fichèrent dans les yeux du propriétaire cependant qu'elle amorçais le geste de se lever. L'esclave la saisit par le bras avec une certaine violence et la força à se rasseoir. S'il n'avait pas été habitué à ses frasques, il aurait sans doutes  courre se faire seppuku à la seconde ou il perçu le regard venimeux qu'elle lui adressait.  Remplis des promesses de milles douleurs à venir. Un son presque bestial monta dans sa gorge, un grondement sourd digne d'un fauve mais il le tus d'une pression douloureuse sur son poignet.

La jeune femme plissa le nez et renifla avec dédain. Ses yeux soudain moins ombragés, se posèrent une nouvelle fois sur Ai avec une attention toute particulière et un petit sourire, mit amusé mi-railleurs apparu sur ses lèvres.
Tu ne penses pas qu'il es dangereux pour une femme de voyager seule?

exactement comme s'il n'y avait jamais eu d'incident. La salle qui s'était tu le temps d'une seconde repris son brouhaha habituel et Kazuyuki abandonnait définitivement toute forme de formalité prenant ses aises, se délestant d'une de ses couches de fourrures et s'asseyant en tailleurs, une main posée sur son genoux, le coude de l'autre bras appuyé sur le bois de la table, elle posa son menton dans la paume de sa main, avec une certaine nonchalance

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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: "Iwanu ga hana" Ven 22 Aoû - 12:26

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