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 Là où tout à commencé

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Eiichiro Suzuka

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MessageSujet: Là où tout à commencé Lun 20 Jan - 15:58

Une journée comme les autres, il faisait un peu froid mais le soleil nous gâtait de quelques faibles rayons, timide et dissimulé derrière de légers nuages. Aussi timide que moi au tout début, silencieux, discret. La journée n'était pas très avancée, le repas du midi était passé, je savais que Takeshi ne pourrait pas venir me voir avant que son professeur ne lui indique la fin de son entraînement quotidien. Mais j'avais la chance d'avoir Etsurō avec moi aujourd'hui ces derniers temps il n'avait pas pu beaucoup passer, quelques affaires urgentes à régler. D'ordinaire j'aurai fait la tête s'il m'avait dit ne pas pouvoir passer l'après midi à jouer avec moi mais je n'avais plus sept ans, je commençais à comprendre toute l'importance de ses missions au nom d'Etsukazu-sama. Enfin comprendre était un bien grand mot, je n'avais que douze ans, assez pour ne pas en faire un fromage mais trop peu pour comprendre toute l'ampleur du rôle d'Etsukazu-sama ainsi que sa nécessité d'avoir l'aide d'Etsurō pour y parvenir. Mais aujourd'hui, comme dit, j'avais de la chance. Il était arrivé dans la matinée, naturellement accueilli chaleureusement comme toujours j'avais eu le temps de lui raconter ce que j'avais fait pendant son absence.
 
L'âge des jeux enfantins comme le cache-cache était fini, je m’intéressais à des choses plus tactiques, plus poussées. Réfléchir était quelque chose que j'aimais et c'était mon père qui m'avait premièrement montré quelques jeux de société et casse-têtes divers, que j'avais ensuite montré à Etsurō. De son côté, je savais que mon précepteur aimait aussi se prendre la tête parfois, mais plutôt avec des énigmes que des casse-têtes. Petit à petit ce qui était à l'origine qu'un échange à sens unique de connaissances entre lui et moi était devenu un vrai dialogue, c'était avec Etsurō que j'avais appris le plus de choses et je m'en rendais compte chaque année qui passait. Depuis quelques temps, plus précisément depuis qu'Etsurō avait été adoubé, je profitais de chaque moment passé avec lui, consciente qu'il aurait moins de temps à m’accorder maintenant. Je ne réalisais pas encore ce que son nouveau statut représentait, je ne réalisais pas qu'il pourrait ne jamais rentrer de mission mais je savais que c'était quelque chose d'important qu'il venait d'obtenir, une reconnaissance qu'il méritait selon moi. Et j'étais fière de lui pour sa persévérance, j'étais contente de voir que son dur labeur avait été remarqué par d'autres. C'était une nomination encore récente et déjà cela lui impliquait pas mal de nouvelles choses. Alors aujourd'hui alors qu'il était là pendant une journée de libre qu'il avait, il me semblait évident dans mon esprit encore enfantin de profiter de ce temps libre. Après le repas du midi auquel il fut convié -par moi, sachant que ma mère appréciait beaucoup Etsurō et qu'elle n'y verrait aucun inconvénient- j'avais prévu plusieurs amusements pour lui rendre l'après-midi agréable. J'effaçais mon inquiétude par un sourire, même s'il était déjà au courant de l'état de santé de mon père. Une énième maladie qui l'alitait, rien de très extraordinaire à mes yeux, je ne connaissais déjà que trop bien ce point que je partageais avec mon paternel. Je m'inquiétais naturellement mais j'étais déjà persuadée que ce n'était qu'un vilain rhume déjà presque guéri. Je ne pouvais de toutes manières rien faire d'autre qu'attendre, impuissante alors que mon père était déjà pris en charge par Aoi-san et un de ses confrères lorsqu'elle ne pouvait pas être présente dans l'immédiat. Aujourd'hui c'était justement son confrère, un homme gentil et attentionné, toujours souriant. En définitive un type que j'aimais bien même si ce sourire persistant m'avait toujours paru dissimuler une tristesse permanente. Alors que ma mère allait au chevet du paternel, je ne fis pas de même, sachant que je gênerai le travail du médecin plus qu'autre chose à mon âge. Etsurō était avec moi dans la pièce principale, alors que j'étais en train de lui raconter diverses choses que je n'avais pu dire la matinée, et le soumettais à milles et unes questions sur ce qu'il faisait, n'ayant que moitié de réponses sans le savoir, je n'apprendrais que bien plus tard qu'il me dissimulais des détails de ce qu'il faisait, parce que j'étais trop jeune pour ce genre de choses parfois bien crues.
 
« Tu veux jouer une partie avec moi Etsurō-chan ? » Lui avais-je dit en montrant un des nombreux jeux de plateau que mon père possédait, en parfait passionné qu'il était.
 
Je débutais à bon nombre de jeux de société mais j'apprenais vite, très vite. Je savais que ce n'était pas spécialement ce qu'Etsurō aimait, mais je savais aussi que ça ne le rebutait pas totalement et il faisait toujours un effort pour jouer avec moi.

« Oto-sama m'a montré comment on y joue, mais il est trop fort pour moi, c'est pas juste ! Ajoutais-je en souriant. Tu y as déjà joué toi ? » Avais-je demandé en apportant le jeu de Go sur la table entre nous deux.


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Uroko Chomei

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MessageSujet: Re: Là où tout à commencé Lun 20 Jan - 21:35

An 33. Nous vivions tous pleinement la période de reconstruction mais, aussi prospère fusse-t-elle, elle n'empêchait point les surprises, heureuses ou malheureuses. Uroko Etsurō, alors âgé de vingt-cinq ans, n'échappait pas à la règle. Cela faisait maintenant neuf ans qu'il était au service du clan Eiichiro. Il se souvenait de son intronisation comme si c'était hier. Il avait subi brimades et tortures de la part de ceux qui étaient ses acolytes, particulièrement Zeshin-sensei, cet homme réputé pour être le plus sévère du clan Eiichiro. Aujourd'hui il avait acquis le titre de Samouraï. Mais la noblesse ne lui séyait guerre au point de ne pas voir de différence dans les privilèges accordés, si ce n'est l'extrême reconnaissance de ses pairs et la fierté de ses proches. La petite Suzuka était d'ailleurs la plus expressive de ce côté-là. Et résister à l'envie de fondre devant cette adorable petite jeune fille qui lui témoignait cette joie altruiste était plus difficile encore que d'encaisser les entraînements pluridisciplinaires de Zeshin-sensei. Après tout, Etsurō était assez jeune et déjà réputé pour être l'un des plus hardis du clan, mais il éprouvait une certaine tendresse pour sa propre élève. Au fil des âges, il se remémorait la première fois qu'il rencontra la fillette. Sa silhouette avait laissé une empreinte éternelle sur la rétine du samouraï au point qu'il se souvint de son image dans les moindres détails. En effet, Suzuka lui avait rappelé les derniers souvenirs de sa propre soeur dont il a été séparé alors qu'elle n'avait que deux ans. S'il n'y avait pas eu ce déclic, Etsurō se retrouverait-il ici à s'occuper de la petite Suzuka ? Sans doute n'aurait-elle plus manifesté aucune envie de le revoir. Mais pour l'heure, même si les occasions de se retrouver se raréfiaient, Etsurō avait la grâce de Eiichiro-sama et ce dernier permettait bien évidemment à son ancien page de s'occuper de Suzuka. A vrai dire c'était l'une des premières directives que le samouraï avait eue lors de son entrée dans le clan lorsqu'il n'avait que seize ans ; "montre-moi que tu es digne de confiance, Etsurō-kun", avait-il dit. Confiance qu'il avait fortifiée en neuf ans de bons et loyaux services, allant jusqu'à protéger son seigneur de bien des dangers. D'ailleurs, la seule fois où il avait rouspeté, c'était lorsqu'Etsurō avait porté du thé froid à son seigneur sur le champ de bataille.

Pour résumer, Etsurō était un samouraï accompli, redoutable sur bien des aspects, mais il n'en restait pas moins un éternel étudiant. Même s'il était le digne précepteur de Suzuka, cette dernière lui apprenait bien des choses également. Il allait sans dire qu'elle était la seule à pouvoir l'attendrir, et c'est avec elle qu'il avait plus ou moins rattrapé son enfance à ses heures perdues. Les innombrables parties de cache-cache où il faisait parfois exprès de mal se cacher ; les parties de chat où il courait à vitesse modérée ou, plus amusant encore, feintait de choir. Malgré la différence d'âge évidente, tous deux étaient complémentaires. Et cette après-midi, elle lui proposait une activité des plus intéressantes. Souriant, il la regardait apporter le jeu de Go du paternel qu'elle déposa soigneusement sur la table.


    - Je n'ai jamais eu l'opportunité d'y jouer. Je me suis surtout contenté d'admirer les prouesses des guerriers du clan, sans y accorder grand intérêt. Je serai donc sans nul doute un partenaire adapté pour jouer avec vous, Suzuka-san.


La partie débutait l'air de rien alors que Suzuka, qui avait le privilège d'engager les hostilités, plaçait son pion noir. Elle dévisageait Etsurō d'un air espiègle comme pour le mettre en garde et lui demander de jouer honnêtement. Ce qu'il fit. A son tour, il positionna un pion blanc à son tour, suffisamment loin de celui de la jeune fille. Il se remémorait légèrement des mouvements exécutés par les joueurs de Go assidus et savait qu'il valait mieux éviter de chercher l'offensive dès le début. Ainsi les deux joueurs formèrent des groupes assez solides jusqu'à finalement se rencontrer. Suzuka laissa une faille évidente dans sa compisition et elle gardait ce même sourire narquois. Elle cachait assez bien son jeu et préparait une enième entourloupe à Etsurō ; il la connaissait trop bien. Mais lui feintait la naïveté et, pour faire plaisir à la chipie, exécuta l'action tant attendue. Il cerna un pion noir qu'il retira ensuite du plateau, questionnant son élève du regard type "je t'ai eue". Sauf qu'elle avait tendu un piège que le samouraï n'avait vu venir. Elle positionna à son tour son pion noir qui, après observation attentive, était le dernier maillon manquant d'une chaîne emprisonnant quatre des unités d'Etsurō. Elle avait exécuté la technique dite "uttegaeshi" avec brio ; sans doute l'avait-elle apprise des défaites contre le paternel. Le sourire satisfait de la fillette laissa le samouraï pantois et il se contenta de garder cette expression impassible. Elle lui avait infligé un gros coup mais il ne se laisserait pas faire. Après tout, un samouraï était connu pour ne pas quitter son souverain, quand bien même le nombre de ses sujets passerait de cent à dix, de dix à un. Par ce comportement, il espérait enseigner à son élève la persévérance quand bien même la situation paraissait désespérée.

    - J'ai entendu dire que les colonels du clan étaient les meilleurs joueurs de la ville et que le jeu de Go était un parfait stimulant, en plus de développer la logique et la stratégie.


Il avait parlé spontanément, absorbé par le plateau de jeu qui devenait de plus en plus noirci tant Suzuka prenait une avance considérable sur le Samouraï. Puis celui-ci plongea son regard dans le sien pour changer subitement de sujet.

    - Au fait, Suzuka-san, il paraît qu'il est impératif, pour un samouraï, de soigner son apparence. J'aimerais me faire pousser le bouc. Je n'ai vu personne parmi mon escadron qui affichait une telle pilosité, pensez-vous qu'elle me sierait à ravir en plus de démarquer fièrement mon apparence ? Jamais au monde je ne toucherai à mes cheveux et je préfère tabler sur d'autres aspects.


Sa chevelure était des plus particulières en effet. Elle était épaisse et légèrement bouclée au point d'avoir l'apparence d'un indigène lorsqu'il ne les attachait pas. Heureusement, il se contenait de les tenir soigneusement attachés le long du dos et de les parfumer d'une odeur agréable. Tout ceci allait plutôt bien avec son style exotique, c'était sans remarquer ses boucles d'oreilles en forme de plume qui ornaient ses lobes. Mais il tenait avant tout à être un samouraï digne et, comme les coutumes l'exigeaient, il devrait davantage prononcer son apparence, que ce soit par des signes physiques que par des accessoires.

Entre temps ? Il avait réussi à distraire la jeune fille et reprenait peu à peu ses moyens, au point de redonner plus d'éclat au plateau qui voyait de nouveau son nombre de pions blanc augmenter. Il espérait, là aussi, enseigner à la jeune fille qu'il fallait être prudent et ne pas se laisser facilement distraire...


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Eiichiro Suzuka

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MessageSujet: Re: Là où tout à commencé Mar 21 Jan - 20:02

Comme je m'y attendais à l’ instant où j'avais émis la demande, Etsurō avait accepté de faire une partie avec moi. Il avait toujours été là pour me faire plaisir, me passant parfois des petits « caprices » si on pouvait les nommer ainsi. Je me souviens encore de comment nous nous sommes rencontrés, le jour ou il est arrivé en même temps que mon père, cet homme dont je ne savais rien tout d'abord et que l'on m'annonçait qu'il serait mon précepteur. En y repensant bien, je ne lui avais pas facilité la tâche au début, enfant timide et silencieuse, peu communicante, c'était toujours à lui de faire le premier pas même pour me proposer un jeu. Et avec le temps et la patience dont i la su faire preuve, il était devenu pour moi un professeur, un grand frère, un ami, un très bon ami même. Il est étonnant parfois de voir à quel point une relation peut naître vite. Il suffit de peu, une situation qui ne mette personne dans l'embarras, un minimum de communication et le tour était joué. Pendant des années j'avais appris d'Etsurō : Langues, cérémonies et usages, mathématiques... Tout ce qui finalement pourrait jouer en faveur de ma bonne éducation. Il avait mené sa tâche avec brio pendant des années, tout en restant au service de notre seigneur. Et maintenant il en était là, samouraï. Une bien belle ascension gagnée grâce à ses bons et loyaux services. Cela faisait peu de temps qu'il avait eu cette « promotion » et pourtant cela faisait bien longtemps que mes parents le considéraient déjà comme tel, je savais qu'ils étaient très contents de ce qu'il m'avait aidé à accomplir.
 
Etsurō était un fin pédagogue, patient, aimable et il savait motiver les autres, il semblait assez évident qu'il arriverait à devenir de plus en plus important, c'était du moins ce que j'étais en train de penser alors que nous commencions à colorer le plateau avec nos pions. A partir du moment où Etsurō et moi commencions à jouer, je ne pouvais m'empêcher de le regarder avec un air insistant, pour le prévenir de jouer normalement et d'arrêter de me ménager comme il avait pu le faire lorsque nous jouions à cache-cache quand j'étais petite. Consciente de mes douze ans et de la réflexion que je pouvais avoir maintenant, Etsurō semblait avoir compris qu'il fallait arrêter de me « sous-estimer ». Plus le temps passait et plus je lui montrais à quel point je pouvais être vive d'esprit, alors que j'avais à peine franchi la dizaine d'années, mon éveil avait été tel que je m'étais bien vite passionnée pour les casse-têtes. Patience, ingéniosité, inventivité... Tous étaient des critères pour arriver au bout d'un puzzle. Lors d'une partie de Go, c'était assez similaire pour moi, nous avions rapidement construit nos groupes et les hostilités ainsi que le vrai jeu, allait enfin commencer. S'il y avait bien quelque chose que je retenais très vite, c'était tout ce qui m'avait fait perdre dans les précédentes parties. Avec mon père qui ne m'avait fait aucun cadeau, j'avais pu assimiler quelques coups qui me donneraient un avantage certain et le simple fait d'y penser marquait mon visage d'un sourire amusé. Comme je l'avais espéré, Etsurō posa un pion dans la gueule du loup, il savait très probablement pourquoi j'en souriais sur le coup mais après que j'eus renfermé mon piège, son air fut tout autre, étonné, surpris, il n'avait pas vu venir le véritable piège qui encadra quatre de ses pions en même temps, réduisant son effectif de pions d'un seul coup. Mais le samouraï ne bronchait pas alors que j'étais tout sourire, fière d'avoir pu reproduire l'un des coups de mon père. Mais il n'abandonnerait pas aussi facilement alors que j'avance tranquillement sur le plateau qui se noircit a vu d'œil.
 
Puis, soudainement Etsurō prenait la parole absorbé par sa réflexion il parlait tout à coup des colonels. J'avais souvent entendu mon père dire qu'il passait énormément de temps à batailler contre l'un d'entre eux, un adversaire qu'il avait qualifié d'extraordinaire, chose que je n'avais encore jamais entendu de la part de mon paternel. Je n'avais jamais osé imaginer qu'un jour mon modèle puisse être battu au jeu de go, tant il me semblait impossible d'arriver moi même à gagner contre lui. Mon regard surpris croisait celui d'Etsurō qui changea bien vite de sujet. Je me laisse perturber par sa question et commet deux erreurs qui me coûtent au total six pierres. Mais après un court instant, je finissais par répondre.
 
« Je ne connais pas beaucoup de samouraïs, Akito-dono, Shi-chan et toi vous êtes les trois personnes que croise le plus souvent. Mais je crois qu'il ne faut pas se forcer à quelque chose qui ne nous convient pas, alors ne t'oblige pas si tu n'en as pas vraiment envie ! » Avais-je répondu tout sourire de nouveau, alors que je plaçais quatre autres de ses pions en position de shicho pour finalement en supprimer six en mettant fin à sa fuite. En contrepartie je perdais deux pierres dans un kame no kô que je n'avais pas remarqué sur la gauche du goban.
 
« Mais je pense que ça t'irais bien ! » Ajoutais-je en essayant d'éviter une position de kô qui pourrait m'être défavorable.
 
J'avais tendance à me déconcentrer encore facilement lorsque je jouais et parlait en même temps, Etsurō le savait et peut être en tirait-il parti par moments. Pour quelqu'un qui n'avait jamais joué au Go, il était d'un niveau qui me donnait du fil à retordre tout de même. Mais j'avais un professeur de Go très expérimenté moi aussi après tout...

Ma mère vint nous proposer du thé pendant notre affrontement, que nous acceptions volontiers. Je la savais contente de me savoir en sécurité avec Etsurō et elle était également soulagée que j'arrive à m'occuper alors que je savais mon paternel souffrant. Mais au fond de moi je ne m’inquiétais pas spécialement pour lui, il en avait l'habitude et comme d'habitude il vaincrait le mal qui le ronge, tout comme j'avais à le faire régulièrement. Ma mère portait ensuite un peu de breuvage à mon père, rien de tel qu'une boisson revigorante et un peu de repos ! L'après midi avançait bien maintenant, il devait être déjà trois heures environ, je regardais toujours Etsurō en souriant légèrement, gentiment, naïvement dirais-je même. Mais j'étais contente d'avoir quelqu'un qui, comme moi, débutait dans ce genre de jeu, c'était -presque- une première pour moi que de jouer à ce genre de choses. Peut être un jour proposerais-je a Etsurō de jouer au shôgi, on raconte que beaucoup de samouraïs apprécient ce jeu, Akito-dono en fait partie, il lui arrive d'ailleurs d'en faire une partie avec mon père, peut être que je prendrais le temps de les regarder faire la prochaine fois d'ailleurs !


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Uroko Chomei

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MessageSujet: Re: Là où tout à commencé Mer 22 Jan - 0:03


    - Pas d'inquiétude, jeune fille. A vrai dire c'est quelque chose qui me tient à coeur ; un samouraï doit s'affirmer et je commencerai par quelques brins de pilosité faciale. Je compte sur vous pour me faire part de votre ressenti une fois que vous verrez de quoi il en retourne. Et puis... Je dois bien montrer à notre Daimyo que je suis devenu un homme, n'est-ce pas ?


Un sourire tendre se dessina sur les lèvres d'Etsurō. Même si Suzuka avait bien pris presque une décennie depuis qu'il la connaissait, quelque part il ne pouvait pas s'empêcher de se rappeler de cette jeune fille adorable et timide et donc de s'attendrire à son enthousiasme constant dans ses paroles. Tellement que c'en était lui qui perdait sa concentration. Mais l'affrontement intellectuel finit par battre son plein et, même si le samouraï savait au fond de lui qu'il devrait renoncer à la victoire, il donnait le meilleur de lui-même. Les tours étaient de plus en plus lents, s'éternisaient, faisant place à un silence de plomb tandis que les deux joueurs réfléchissaient intensément. Curieusement, il arrivait même à Suzuka de donner des pistes à Etsurō pour que celui-ci se dépatouille autant que faire se peu de l'emprise noire de sa jeune adversaire, toujours le sourire satisfait de se sentir dominante par rapport à son précepteur. Mais leurs efforts furent partiellement interrompu par la mère de Suzuka qui apparut dans le pièce pour porter le thé aux deux amis. Etsurō la remercia franchement de ce même sourire tendre tandis que, pour la toute première fois, elle évitait le regard du samouraï, se contentant toutefois d'afficher ce même sourire grâcieux. Ce comportement mit la puce à l'oreille du jeune homme, mais il n'avait jamais vu la matronne se comporter comme tel. La position regard faisait partie de l'expression corporelle et voulait dire énormément de choses. Les samouraïs les plus nobles allaient jusqu'à travailler ces minutieux détails, de peur de paraître irrespectueux. Car oui, un simple regard mal soutenu pouvait être un grand irrespect envers son seigneur. Etsurō le savait depuis belle lurette, et faisait donc partie de ces hommes qui avaient embrassé le Bushido au possible : ainsi il se doutait que quelque chose n'allait pas. Mais il était encore trop tôt pour établir quelconque diagnostic, d'autant plus qu'il était naturellement préoccupé par cette partie de Go qu'il allait perdre. Par ailleurs, lorsque l'homme s'avoua vaincu, il reconnut modestement sa défaite.

    - Vous êtes impressionnante, Suzuka-san. Si vous continuez sur cette voie, vous ferez sans doute la fierté de vos parents. Permettez que je rapporte le couvert et le nettoie, j'en ai pour quelques instants.


Le samouraï se redressa, repliant les talons pour se relever de son seiza, puis se saisit délicatement des ustensiles tandis qu'il quittait la pièce de vie, débouchant sur un long couloir qu'il parcourut silencieusement jusqu'à croiser de nouveau la maîtresse des lieux. Celle-ci semblait chercher le calme à ne plus savoir où se positionner dans sa propre demeure. Elle fut surprise par la présence du samouraï qui la regarda d'un air neutre, hésitant dès lors à prendre la parole. Ce simple regard, qu'il ne détourna pas au risque de paraître impoli, avait suffit à confirmer ses craintes : quelque chose n'allait visiblement pas. Ses prédilections du Wajutsu ne se trompaient que rarement et, se disant qu'elle espérait peut-être qu'on l'aidâ à briser la loi du silence, le vingtenaire prit le risque d'engager le dialogue, à voix basse.

    - Shiba-sama... loin de moi l'idée de paraître intrusif, mais pour le bien de votre fille, j'aimerais savoir si je puis faire quelque chose pour vous réconforter ; j'ai senti dès la seconde où vous êtes entrée que quelque chose n'allait pas. Les plus observateurs remarqueront que votre regard fuit, que vos pas sont moins certains... Et ce ne sont que des exemples de signes qui ne trompent pas. Je suis peiné de vous savoir ainsi, alors, si je puis faire office d'oreille attentive, n'hésitez point...


Sans réellement attendre la réponse de son interlocutrice, Chomei baissa légèrement la tête en guise de salut respectueux puis se remit en route vers la cuisine. Quelque part il avait honte d'avoir été si indiscret, mais il avait suivi son instinct. Et puis, après tout, si le bien-être de la petite Suzuka dépendait de celui de la parentèle, alors le guerrier n'hésiterait pas une seule seconde à se montrer réconfortant envers chaque membre de la famille. Elle avait eu la bonté de le traiter comme un grand-frère pour Suzuka durant toutes ces années, de le respecter également. Elle lui avait offert ce que le clan n'était en mesure de lui prodiguer, d'autant plus qu'il lui avait fallut du temps pour obtenir le respect de son seigneur ou de Zeshin-sensei. Ici, c'était différent. Et si Suzuka considérait Etsurō comme une figure fraternelle, alors c'était le moment pour le vingtenaire de se comporter comme tel et de s'enquérir des désagréments de cette famille. Coûte que coûte.


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MessageSujet: Re: Là où tout à commencé Jeu 23 Jan - 18:00

L'affrontement était titanesque, Etsurō savait qu'il n'aurait pas la victoire mais faisait des pieds et des mains pour se battre jusqu'à la fin. Les coups devenaient longs, très longs. Les moments de réflexion intenses que nous passions dans le seul but de savoir combien de pierres nous allions supprimer à l'adversaire étaient amusants tout comme ils pouvaient stresser. Une seule erreur et tout pouvait se retourner, raison pour laquelle je prenais le plus grand soin d'observer alternativement toutes les pièces du goban et de tenter de prévoir quel coup pourrait être joué si je jouais telle pierre à tel endroit. L'anticipation, un mot maître dans ce genre de jeux, même si cette fois-ci, mon avantage était tel qu'il me serait difficile d'être mise à mal. Cette position dominante me faisait sourire, fière de pouvoir enfin gagner une partie contre quelqu'un. C'est un énième shicho qui semble sceller finalement la partie, tranchant le peu du plateau qu'il restait a Etsurō en deux parties ridiculement fines, si fines que je terminais la partie en posant ma toute dernière pierre de manière a former une chaîne qui encercla toute la partie gauche de son terrain, provoquant un atari avec la bordure du goban, entraînent le retrait des six pièces qui faisaient rébellion à ma dominance. La partie était terminée, Etsurō finit par admettre sa défaite, humblement comme à son habitude. Il prend le soin de me signaler qu'il allait ramener les quelques ustensiles en me demandant un instant. D'un petit signe de tête associé à mon sourire, il quitta la pièce silencieusement en direction de la cuisine.


***


Shiba Minazuki était comme perdue dans ses pensées. Trop soucieuse pour être parfaitement alerte, elle avait cherché par tous les moyens à trouver dans la demeure, un endroit paisible pour laisser aller ses pensées. Rokuro était malade, bien plus qu'elle n'avait voulu l'admettre lorsqu'elle l'avait dit à sa fille. Mentir ainsi à Suzuka n'était pourtant pas une habitude de la mère si aimante qu'elle était. Mais cette fois-ci c'était différent, bien différent. Ne savoir que faire dans ces situations lui était particulièrement difficile à vivre si bien qu'elle préférait éviter les regards et les conversations, faisant bonne figure pour n’inquiéter personne. Mais ce jeu d'acteur n'avait visiblement pas berné le samouraï observateur qu'était Chomei. Pourtant la maîtresse de maison ne pensait pas avoir autant attiré l'attention, alors qu'elle s'était arrêtée dans le couloir, le temps de souffler un peu, elle se sentait coupable de mentir ainsi à tout le monde mais elle ne voulait inquiéter personne. Lorsque Chomei vint à elle, elle comprit instantanément la raison de sa présence, bien qu'elle vit les couverts dans les mains du jeune homme.
 
« Malheureusement Etsurō-kun, je n'ai que de mauvaises nouvelles à cacher pour des raisons qui à mon sens sont évidentes. Mon époux est souffrant, bien plus que Suzuka n'ait pu le réaliser. Son état s'est aggravé depuis hier, les médecins sont en train de statuer sur le temps qu'il lui reste avant de nous quitter... » Avait-elle répondu a voix basse, les larmes aux yeux.
 
Personne ne pouvait rien y faire, la maladie était cette fois trop tenace et allait avoir raison du magistrat. Ce qui était d'abord apparu comme une petite toux et un peu de fièvre avait grandement progressé en peu de temps. Suzuka avait été écartée de son paternel pour plusieurs raisons évidentes, le fait de le voir décliner serait dur à encaisser pour une enfant et elle risquait, de par sa fragile constitution, de souffrir du même mal et ça, Minazuki s'y refusait. La simple fait de savoir qu'elle risquait à chaque minute qui passait de perdre son mari était déjà dur, imaginer que sa petite fille puisse être terrassée par le même fléau lui arrachait le cœur.
 
« Je ne sais pas comment l'annoncer à Suzuka, comment lui annoncer qu'elle ne pourra plus voir son sourire, de jouer avec lui... Comment lui annoncer que son père va mourir ? Je ne sais que faire Etsurō-kun... Je suis perdue dans ce mensonge que je m'évertue à tenir pour ne pas lui gâcher sa journée en votre compagnie. »
 
Les interrogations de la mère de famille étaient justifiées, il était très compliqué d'annoncer à son enfant qu'elle allait perdre son père, il était même déjà assez douloureux pour elle de savoir qu'elle allait perdre son mari. Etsukazu-sama lui même regretterait cette perte lorsqu'il l'apprendrait, Shiba Rokuro était l'un de ses meilleurs magistrat, un homme de confiance, un homme de bons conseils... Un homme bien. L'échéance n'était pas arrivée mais la vie du chef de famille s'éteindrait sous peu, fauché par la mort comme une flamme peut l'être par le vent. Maintenant qu'elle savait Chomei dans la confidence, elle n'était pas plus soulagée de son fardeau, elle avait même conscience du poids qu'elle venait de placer sur les épaules du samouraï.
Minazuki chasse une larme de son visage, et respire un bon coup avant de reprendre la parole une nouvelle fois, toujours à voix basse :
 
« Que devrais-je faire selon vous ? » Interrogea telle finalement.
 

Le mieux qu'elle pouvait faire à l'heure actuelle était de laisser les médecins faire leur travail et garder espoir qu'un miracle se produise. Elle espérait du plus profond de son cœur que Kazegami accorde un nouveau souffle à son époux et épargne à toute la famille ainsi qu'au clan, une terrible perte.


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Uroko Chomei

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MessageSujet: Re: Là où tout à commencé Ven 24 Jan - 0:33


Pour une fois dans sa vie, le samouraï aurait aimé avoir tort. Tort dans sa manière de se comporter. Mais non. Ses présentiments étaient justifiés et la matronne ressentait réellement de la tristesse au point de savoir la santé de son époux en déclin. Etsurō s'était arrêté net et n'avait pas continué sa marche jusqu'à la cuisine du logis. Bien qu'il avait été endurci par le temps et les épreuves, il restait suffisamment empathique pour se rendre compte que la matronne resterait veuve dans les jours voire les heures à venir. C'était une situation des plus critiques pour lui. Après tout, il n'avait pas été formé pour ça : rassurer les civils, leur rapporter du réconfort... Tout cela devait venir du coeur. Son coeur à lui était quelque peu meurtri et endurci par les évènements passés, certes, mais la tendresse de la jeune Suzuka l'avait aidé à rester un être humain aimant. Aussi eut-il le réflêxe de faire volte-face pour regarder de nouveau la femme dans les yeux, d'un regard plus profond encore :


    - Quelque part, mon cœur est soulagé que vous ayez accepté de me dévoiler la vérité, Shiba-sama. Et je comprends le fardeau qui pèse sur vos épaules. Laissez-moi vous soulager de cette charge ; j'irai intimer à votre fille d'aller voir son père avant d'aller faire un tour en ville. Je voudrais qu'un de vos domestiques se tienne à l'entrée de votre demeure si le pire venait à arriver ; aussi prendrai-je discrètement connaissance du verdict final quant à la santé de votre époux... Et me chargerai de le faire comprendre à votre fille. Je vous le demande en qualité d'être humain, Shiba-sama, acceptez de me confier cette responsabilité, laissez-moi vous soulager de cette contrainte et profitez de vos derniers instants avec votre époux.


Le jeune homme marqua un silence tout en plantant son regard dans celui de la matronne, espérant ainsi la convaincre de lui laisser prendre les choses en mains. N'attendant pas de réponse, il continua calmement sa route jusqu'à la cuisine où il nettoya énergiquement les ustensiles, pensant à comment il pourrait occuper la fillete le temps que son paternel puisse vivre ses derniers instants. Après un instant, alors qu'il eut finit de ranger les récipients qu'il avait proprement nettoyés, il revint à la salle de vie où la brave petite attendait sagement à s'occuper toute seule sur ce même plateau de Go qu'ils avaient délaissés.

    - Suzuka-san ! Allons faire un tour dehors, le temps est bien trop agréable pour ne point en profiter. Mais avant, pensez à aller saluer votre père.


Contrairement à la mère de Suzuka, Chomei savait dissimuler ses émotions, les contrôler. Il l'avait appris suffisamment tôt, à vrai dire. Lui avait perdu sa parentèle à l'âge de six ans et était suffisamment dur pour ne laisser paraître aucune émotion contradictoire quant aux évènements récents. Ainsi il continuait d'afficher ce même sourire gracieux à l'attention de la jeune fille ; c'était chose facile car la fillette l'attendrissait au point de lui faire oublier ces mêmes tourments. Même s'il avait conscience du lourd climat qui pesait sur la famille, son instinct l'incitait à se montrer toujours aussi bienveillant envers Suzuka pour limiter sa peine. Et puis, après tout, il comptait sur son paternel pour lui faire part de ses propres mots doux afin de la rassurer avant qu'elle ne parte en vadrouille avec son précepteur...

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Eiichiro Suzuka

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MessageSujet: Re: Là où tout à commencé Mer 29 Jan - 3:13

La maîtresse des lieux semblait rassurée de pouvoir confier a Etsurō une partie de ce lourd et terrible fardeau. L'initiative du samouraï l'aidait déjà à se ressaisir, elle prenait conscience que le temps jouait contre elle et qu'il viendrait inexorablement détruire le bonheur de la famille sur toute la durée du deuil. Elle savait sa fille jeune et apte à comprendre la gravité de la situation, le fait que Chomei accepte de l'écarter le temps du pire afin de lui permettre d'achever cet après-midi joyeux lui faisait plaisir. Au fond d'elle la mère de famille savait qu'elle ne verrait plus sa fille sourire avant un temps, pas après ce qui se profilait, Chomei lui même semblait touché par la nouvelle, bien qu'il connaisse bien peu son époux. La famille Shiba avait toujours plus ou moins considéré Chomei comme un membre de la famille, il avait vite démontré par son caractère et son tact qu'il savait être le parfait grand frère avec Suzuka, le confident de sa mère et un bon mai aux yeux du père, presque un fils s'il avaient eu un écart d'âge sensiblement plus grand. La femme acquiesça simplement, tandis que Chomei reprenait son chemin l'air pensif.
 
* * *
 
Pendant que j'attendais le retour d'Etsurō, je prenais le temps de repenser à notre partie, cherchant des petites choses, des trucs divers que je pouvais assimiler pour la prochaine fois. Je reproduisais également certains coups sur le plateau pour les analyser, toute fière à l'idée de pouvoir montrer mes progrès a mon père la prochaine fois. Si absorbée par mon affaire que je n'avais pas entendu Etsurō revenir, c'est le son de sa voix m'interpellant qui me fit sortir de ma transe. En écoutant ses mots j'étais animée d'une énergie nouvelle, prenant cependant le soin de ranger les pièces du jeu ainsi que son plateau à l'endroit exact ou je les avais pris. Appliquée et précise, je voyais qu'Etsurō allait m'attendre le temps que j'aille voir mon père. En arrivant devant la porte de sa chambre je l'entendais déjà tousser et respirer fortement le temps de se remettre. Une vilaine toux... Voila à quoi j'avais pensé à l'époque. J'entrais silencieusement en saluant tout aussi respectueusement le médecin présent qui sortit quelques instants pour me laisser avec mon paternel. Je découvrais sa mine affreuse, fatigué, affaibli. Cela me faisait mal au cœur mais j'avais aussi foi qu'il guérirait, que je pourrais le voir de nouveau à table avec nous.
 
« Oto-sama ? » Avais-je dit innocemment en entrant, croisant son regard assombri par la fatigue mais empli par la joie de me voir.
 
Il me fit signe discret d'approcher, sans trop parler. J'y étais habituée et approchait doucement, hésitante parce qu'au fond de moi je savais que j'avais une chance de contracter cette même maladie et qu'il s'en serait voulu d'être impliqué dans l'affaire. Mais j'avais passé tant de temps sans pouvoir le voir que finalement j'avais décidé d'être inconsciente et de l'enlacer affectueusement. Je pouvais entendre sa respiration saccadée et cela me perturbais un peu mais sur le coup je restais naïvement persuadée de l'issue de sa convalescence. Je prenais le temps de lui parler un peu, lui aussi le faisait, du mieux qu'il pouvait, alors que je lui comptais la partie jouée avec mon précepteur, il rigola légèrement, ce qui lui valu une petite quinte de toux qu'il étouffa de son mouchoir. Il me semblait avoir distinctement vu du sang mais je n'y avait prêté attention sur le coup, absorbée par mon récit. Je me souviens juste de la fin de la conversation.
 
«- Il faut vite que vous guérissiez, Oto-sama, j'ai hâte de pouvoir rejouer avec vous !
- Il est possible que je sois très pris par la suite même si j'ai hâte également de pouvoir constater tes progrès. »
 
Je ne réalisais que quelques années plus tard le terrible double sens qu'il avait glissé dans ses mots.
 
De retour dans la pièce ou Etsurō m'attendait toujours, je le rejoignis silencieusement, l'air ailleurs. Comme si avoir vu mon père m'avait choqué mais ce n'était pas le mot. J'étais juste un peu ailleurs sur le coup, je pensais à tout et à rien, il y avait tant de choses qui pouvaient préoccuper une enfant de douze ans...

En rejoignant mon précepteur j'avais retrouvé un sourire un peu moins radieux, même si j'étais heureuse d'aller me promener avec lui. Le temps de mettre autour de mon cou un petit voile pour protéger ma gorge trop sensible de quelques infections et du vent insidieux, j'étais fin prête à suivre le samouraï, c'était lui qui déciderait du chemin... Du moins pour le moment !


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MessageSujet: Re: Là où tout à commencé Lun 3 Fév - 23:09

L'homme profita de l'absence momentanée de la fillette pour s'asseoir en tailleur et adoptée une position propice au contrôle de sa respiration. La tournure des évènements avaient en effet été brusque et lui se doutait déjà de l'aboutissement et des nombreuses conséquences qui en découleront. Laissant ses paupières à l'abandon, il ferma ses yeux pour mieux méditer, comme si plus rien n'avait d'importance que le calme. Mais il avait parié gros sur le temps qu'aurait passé la petite Suzuka en présence de son paternel, aussi revenait-elle à la charge aussi vite qu'elle s'était volatilisée. Etsuro ouvrit les yeux, son sourire restant le même à toute épreuve, bien qu'il remarquât que la mine de sa protégée n'était plus aussi radieuse. Cela en disait long sur l'état de santé de l'Homme de la maison. Essayant de chasser cette sombre pensée de son esprit, il se remit sur pattes et quitta les lieux, prenant soin d'embarquer ses armes qu'il avait laissées à l'entrée - son katana et son wakizashi, dons du seigneur Eiichiro qui témoignaient de son assiduité exemplaire au sein du clan éponyme. Ainsi il marchait aux côtés de Suzuka, l'air serein, revêtant une tenue de civil puisqu'il n'était pas en service pour son clan - du moins, pas officiellement. Peut-être qu'on le considérerait comme un ronin, mais il n'avait que faire de son image personnelle. Elle ne remettait nullement en cause la notoriété du clan, seulement la sienne, voilà tout. Etait-ce vraiment important en de telles circonstances ?

    - Il y a fort à parier que le fait de vous être creusée les méninges vous a également creusé l'appétit, Suzuka-san.


Il se dirigeai peu à peu vers un épicié dont l'odeur agréable des multiples mets qu'il préparait en arrière boutique se dégageait à plusieurs mètres à la ronde ; une stratégie mercatique de base pour attirer les plus envieux des clients. Pour une fois, exceptionnellement, Etsuro n'échappa pas à la règle. Il n'avait pas vraiment adressé la parole à son amie depuis qu'ils étaient de sortie et il ne savait pas vraiment quoi dire sur le moment pour raviver sa joie légèrement estompée par son entrevue avec son père. Gardant un oeil sur la petite, il attendit patiamment qu'un contact visuel s'établisse entre l'artisan et lui-même. Celui-ci était à vrai dire suffisamment occupé à servir d'autres clients, la plupart ingrats. Mais cela ne lui faisait pas perdre cette mine agréable, ni à lui, ni à son épouse qui s'occupait des commandes en arrière boutique. Attendant patiamment et échangeant quelques sourires sereins à Suzuka. Mais sa mine se renferma aussitôt lorsqu'il cru entendre au loin quelques jurons, comme s'il y avait une altercation non loin. Il cherchait discrètement du regard la provenance de ses sons désagréables mais la population était suffisamment dense pour l'en dissuader. Il se remit alors à attendre. Jusqu'à ce qu'il constate quelques mouvements de foule se dirigeant vers la source des injures. Le dilemme qui s'était présenté à Etsuro devenait de plus en plus pesant et il n'y avait apparemment pas de soldat du clan aux alentours. Le ton et l'agitation commençaient sérieusement à monter, et le samouraï était dès lors forcé d'agir.

    - Attendez-moi là, jeune fille...


Ni une, ni deux, Etsuro s'éloigna à grandes enjambées vers le bain de foule qui se formait, commençant par se faufiler habilement puis par bousculer ensuite les individus qui bloquaient le passage. Il assistait à une scène notoire comme il avait l'habitude d'en voir au fil des saisons : un homme à terre, le nez en sang, passé à tabac par des soiffards ayant la goûte au nez pour on-ne-sait-quelle-raison. Et une femme dont la peur s'était transformée en volonté d'agir qui s'était recroquevillée contre l'homme à terre, prête à recevoir un coup de boken sur le dos.


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