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 La Belle et la Bête [Ame][Terminé]

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Setsu Gekido

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MessageSujet: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Ven 24 Jan - 8:52

La journée se terminait lorsque les chevaux s'arrêtèrent à la résidence seigneuriale d'Hibana, comme le soleil était bien bas. Gekido et sa garde avaient parcouru une longue route depuis Moe avant d'atteindre la ville. Ses hommes ne parurent pas mécontents de pouvoir poser le pied à terre afin de se dégourdir les jambes. Il étaient certes en nombre réduits mais après tout, il s'agissait d'une escorte, inutile de s'entourer d'une armée entière pour voyager sur les terres de Setsu. Les femmes de chambre, prévenues de leur arrivée, avaient déjà tout préparé pour les accueillir. Ainsi, l'éminent Daimyo put se restaurer et faire sa toilette. La chevauchée l'avait affamé et sali, aussi avait-il grand besoin de cela.
Une fois lavé, parfumé, coiffé et repu, le brun rédigea deux lettres. La première était destinée à Shimizu Ame, sa Kannushi qui vivait ici, à Hibana. La missive l'informerait de la venue de son seigneur durant l'après-midi du lendemain sans toutefois préciser d'objectif bien précis – il pouvait tout simplement lui rendre une visite de courtoisie, non ? La deuxième était quant à elle à destination des parents d'Ame. Ceux-ci étaient invités à rencontrer leur vénéré dirigeant ici-même, dans sa résidence, afin de s'entretenir avec lui, sans qu'il n'en précise à quel sujet. Il n'y avait aucun doute quant au fait qu'ils allaient accepter l'invitation car si la lettre portait ce nom, elle ne leur laissait en réalité pas le choix. Celui qui refusait était audacieux... ou fou. Une fois ceci fait, le Seigneur gagna sa couche pour la nuit.

Il se leva tôt et fit ses ablutions avant de confier les deux missives à un messager. Celui-ci devait d'abord remettre celle d'Ame avant de s'occuper des parents et des les escorter jusqu'ici. Si Gekido avait bonne mémoire, le père travaillait au Temple, cela éviterait donc à tout le monde de perdre du temps. Il ne fallut guère plus d'une heure avant que le messager revienne avec les parents de la Kannushi à sa suite. Ces derniers se perdirent en courbettes de toutes sortes devant leur éminent Seigneur. Ils auraient visiblement voulu se faire tout petits car aucun des deux ne savait où se placer. Ils étaient impressionnés, cela se voyait aussi clairement que si ça avait été inscrit sur leur front. Le Daimyo les convoquait pour la première fois. Ils ne les avait jamais rencontrés auparavant, il n'avait de toute façon eu aucune raison de le faire jusqu'à aujourd'hui, aussi devaient-ils se demander la raison de leur présence ici. Il les fit s'asseoir dans une petite salle, bien moins belle que la salle du trône du château de Nikkou, avant de leur expliquer la raison de leur présence ici.
L'entretien fut très rapide, comme il l'avait prévu ; une demi-heure, tout au plus. Il leur fit une demande singulière qui suscita l'étonnement chez ses interlocuteurs mais ils ne mirent pas longtemps avant d'accepter. Était-ce parce qu'il reconnaissaient le bien fondé de sa requête ou bien parce qu'ils n'étaient pas en position de lui refuser quoi que ce soit ? Il s'en fichait, seule leur assentiment comptait.


« Ce serait un immense honneur pour notre famille. » avait humblement avancé le père d'Ame.

Ça l'était, oui. Si les deux partis avaient à gagner dans cette histoire, c'était évidemment Gekido qui en tirerait les meilleurs profits – fidèle à lui-même, comme toujours. Le Daimyo éprouvait une certaine satisfaction d'obtenir le consentement du couple car dans le cas contraire, bien des choses auraient été compliquées et il aurait été obligé d'agir à sa manière, quitte à aller à l'encontre de traditions bien ancrées sur Yokuni. Ce n'étaient pas quelques coutumes ridicules qui allaient l'empêcher d'obtenir ce qu'il voulait...


« Bien, bien. Votre fille recevra ma visite cet après-midi, ne lui dites rien. » répondit-il, « Sur ce, mes devoirs m'appellent »

Et il les congédia. Maintenant qu'il avait leur accord, nul besoin de faire s'éterniser la conversation. Les parents sortirent et un garde les accompagna jusqu'à la sortie de la résidence. Voilà une bonne chose de faite, pensa le Daimyo. Il restait à présent à accomplir la partie la plus difficile, à savoir rencontrer la Kannushi et la convaincre. Vraie tête de mule dotée d'un caractère bien trempé, Ame était sans doute l'une des seule personne de tout Setsu à lui tenir tête ouvertement. Leur relation était ambiguë : ils s'appréciaient, d'une certaine façon, mais ne cessaient de s'envoyer sur les roses mutuellement. Enfin, tout cela se verrait tout à l'heure, quand Gekido lui aurait rendu visite.

La matinée s'acheva, le heures s'écoulèrent et vint finalement le moment de se mettre en route pour le Temple Kaigen. Quatre soldats furent désignés pour escorter et protéger le Seigneur jusque là-bas, et la petite troupe se mit en route. Par chance, le Temple n'était pas bien loin : le trajet ne prenait guère plus de dix minutes à cheval. L'homme s'y était rendu à plusieurs occasions, souvent était-ce pour rendre visite à Ame et, par la même occasion, faire une offrande à Moegami – y avait-il meilleur endroit que celui-ci pour le faire ?
Une fois arrivés, deux des hommes demeurèrent à l'entre pour garder les chevaux tandis que les deux autres le suivirent à l'intérieur. Ici, tout le monde connaissait son visage. Miko ou Sohei, nul n'ignorait qui il était et tous s'inclinaient cérémonieusement quand il passait près d'eux. Il demanda à une des jeunes filles du Temple où se trouvait la Kannushi. Elle était à l'étage, dans une zone du Temple qui lui était entièrement réservée. Voilà qui éviterait d'avoir à la chercher trop longtemps. Ils suivirent donc de nombreux couloirs jusqu'à parvenir à l'escalier menant vers les appartements de la demoiselle, gardés par deux Sohei. Ils s'inclinèrent très bas et le moins âgé d'entre eux ouvrit la marche et conduisit le Daimyo à l'étage supérieur, après que celui-ci ait ordonné à ses deux gardes de l'attendre en bas. Se laissant guider à travers l'endroit très joliment décoré, il fut mené jusqu'à la porte de ce qui était le bureau d'Ame. Le Sohei se racla la gorge et annonça d'une voix forte :


« Shimizu-sama, Setsu-sama est arrivé. »

Le bruit provenant de l'intérieur, semblable à celui d'une chaise que l'on pousse en se levant, indiquait que la Kannushi avait entendu l'appel. Courtoisie oblige, Gekido attendit qu'elle vienne lui ouvrir.


L M M J V S D


Dernière édition par Setsu Gekido le Mar 20 Mai - 23:00, édité 1 fois
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Shimizu Ame

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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Lun 10 Fév - 8:37



La Kannushi tousse de plus en plus fort. Les jumelles qui s'affairent autour d'elle ne tardent pas à s'inquiéter, se lançant des regards l'une et l'autre. Lourds de sens et sans vraiment s'en cacher. Ame n'est pas dupe, une main devant sa bouche, elle continue de cracher ses poumons. Son sourcil s'arque de manière très artistique et délicate, observant les deux jeunes filles. L'agacement ne tarde pas à voiler légèrement son regard alors qu'elle lâche son parchemin de sa main libre venant défaire un peu son kimono. La réincarnation a beaucoup trop chaud. Elle se sent à l'étroit dans sa soie et les bouffées de chaleur l'incommodent fortement. Les deux Miko finissent par s'approcher d'elle. La première avec un verre d'eau et la deuxième vient poser sa petite main sur le front brûlant de son aînée. Plus de doutes possibles, la Dame est belle et bien fiévreuse. Akemi se mordille la lèvre d'inquiétude en regardant Akali. Les yeux rubis de la femme se posent sur les deux adolescentes. Les intimant toutes deux au silence le plus profond si elles ne veulent pas finir à frotte tous les sols du temple et ceux aux alentours. Elle vide son verre d'eau très longuement, appréciant la sensation que la boisson dans sa gorge. La Kannushi allait ouvrir la bouche quand un Sohei fait irruption avec une certaine hâte dans son bureau. Elle le dévisage, non sans irritation. Il parle vite et un peu trop fort aux goûts de la Dame qui a la tête en vrac. Ses mains viennent masser ses tempes alors qu'Akemi remonte un peu ses vêtements pour ne pas aller contre l'étiquette, bien qu'Ame n'en a rien à secouer sur le moment.

En dépliant la lettre, la Haute-Prêtresse sait déjà de qui elle est, aux vues du seau. Elle tousse, utilisant le papier comme d'un pare-microbes pour les deux filles. Qu'a-t-elle encore fait qui puisse obliger le Daimyo à lui écrire ? Une visite dans l'après-midi... Voilà qui tombe à point nommé. Gekido n'a jamais eu le bon sens de penser aux autres lorsqu'il fait ce genre de visite de courtoisie. Et si la Dame n'avait pas été là ? Elle repousse la lettre un peu plus loin avec dédain, avant d'essayer de se lever. Ses bras tremblent sous son poids et c'est le Sohei porteur de la bonne nouvelle qui la rattrape avant qu'elle ne s'effondre. Il l'aide à se mettre sur ses jambes, qui elles aussi, paraissent flancher sous le faible poids de leur propriétaire. Le jeune homme se penche pour passer son deuxième bras derrière les genoux de la femme pour la porter en princesse.


« Vous êtes bouillante, Shimizu-sama... »
« Gekido ... Gekido passera ... dans l'après-midi... V-veille à-à ... ce que les choses soient ... prêtes pour son ... arrivée... »
« Shimizu-sama... Il faut vous reposer s'il vient ! On s'occupe de tout ! Mais vous vous reposez ! »
« La petite a raison, Kannushi, reposez-vous. Le Daimyo sera reçu comme il se doit. »

Le prêtre guerrier ne lui laisse pas le choix, de toute façon. La Dame dans ses bras n'est de toute façon pas en étant de protester, bien qu'elle essaie de le faire malgré tout. En vain. Les jumelles sont restées auprès d'elle, passant des serviettes froides sur le front de la réincarnation. Ame est dans les vapes, la fièvre l'empêchant totalement de bouger. Et l'arrivée inattendue du seigneur du clan ne va pas dans son sens. La Kannushi s'agite, son besoin inconditionnel de tout avoir en main ne met des bâtons dans les roues de sa santé. Akemi et Akali l'obligeant à rester dans son lit ! Dans le brouillard complet, la femme ne peut même pas résister aux deux jeunes filles. Elle finit par s'endormir grâce à une infusion.


En début d'après-midi, Ame va un peu mieux, bien que sa fièvre continue de la faire trembloter. Levée en fin de matinée, les Miko ont toutes tenu à faire porter des couleurs pastels et chaudes à la réincarnation. Celle-ci a laissé faire le tas de jeunes filles qui grouillent autour d'elle. Certaines n'ont jamais rencontré le seigneur Setsu et sont totalement euphoriques. Bien qu'elles tentent toutes de se contenir. Ce qui a pour effet de taper sur les nerfs de la malade qui finit par toutes les chasser. C'est la même scène à chaque fois. Les gamines sont sous le charme du charismatique Daimyo, les plus âgées doutent de la mise en place des choses, les Sohei sont nerveux à l'idée de faire un faux pas et Ame, tout simplement, blasée par ses visites improvisées. Elle se rend avec difficulté dans son bureau, le souffle court, la Prêtresse s'assoit et finit de lire ses papiers. Peut-être que le fait que cette fois sa santé ne la suit pas joue un rôle, mais elle incapable de retenir quoique ce soit. Les idées foules, le souffle lui manque, la chaleur, sa gorge qui brûle et l'impression sordide que son coeur bat dans son crâne l'agacent de plus en plus au fur et mesure que le temps passe. Elle repousse les feuilles, croisant les bras sur le bureau elle vient y enfouir le visage. Tout le monde est occupé ailleurs... Persuadée qu'elle va finir par décéder seule ici. Au fond, Ame se surprend de songer que ça n'a rien de surprenant. La réincarnation passe son temps à ériger des murs infranchissables entre elle et le reste du monde. Une crise d'angoisse vient s'ajouter à la pile de ses problèmes actuels. Elle n'a plus la force de bouger, écrasée par le poids d'une souffrance aussi physique que morale. La Kannushi a perdu la notion du temps avec ses nerfs. La fièvre doit avoir pris le dessus.


« Shimizu-sama, Setsu-sama est arrivé. »

Les mots n'ont pas tout de suite frappé la femme. Elle reste étalée sur ses dossiers un moment avant de réaliser. Quelle horreur. Le voilà qui arrive et elle n'est absolument pas en état de tenir debout. Malgré tout, elle se fait violence. Elle force son corps à lui obéir. La pièce tangue. Elle ignore si c'est elle qui chancelle ou si son esprit embrumé ne parvient pas à réceptionner toutes les images assez rapidement. Elle parvient jusqu'au shôji qu'elle peine à ouvrir dans premier temps, avant de le faire coulisser très brusquement. Elle garde une main sur ce dernier, la deuxième se plaçant sur l'encadrement pour empêcher sa chute. Sa fièvre la laisse transpirante, alors que de nombreuses mèches fuient son chignon. Son kimono ne tient plus vraiment, alors qu'elle donne l'impression de suffoquer. Elle ferme les yeux, essayant de recouvrir son souffle en vain. Elle les rouvre lentement, pleine de détresse et regarde son Daimyo, faire bonne impression n'est plus possible, suppose-t-elle.

« J-je ... Je suis dans ... l'incapacité ... d-de ... m'in-incliner ... Setsu-sama... » lâche-t-elle avec la plus grande difficulté du monde.

Ame vacille dangereusement, mais se retient au pauvre shôji qui n'a rien demandé. Elle ferme encore les yeux, émettant un vague son mécontent quand l'un des Sohei fait un mouvement dans sa direction. Elle prend une profonde inspiration, avant de toussoter. Sa dignité l'empêchant d'admettre qu'elle a besoin d'aide.

« Comme toujours... Vous a-arrivez ... au bon ... moment... »

Cette fois, la réincarnation s'effondre vers l'avant avec ses dernières forces.




L-M-M-J-V-S-D



Dernière édition par Shimizu Ame le Sam 1 Mar - 17:18, édité 1 fois
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Setsu Gekido

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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Dim 16 Fév - 7:09

Les bruits provenant de l'intérieur indiquaient qu'Ame avait entendu. Elle n'avait cependant pas l'air très pressée de venir ouvrir à son Seigneur qui très vite s'impatienta. L'espace d'une seconde, il envisagea d'entrer sans plus de manière mais cela aurait été d'une part un manque de respect considérable et d'autre part, la Kannushi n'aurait pas manqué de s'en offensé. Et vu ce qui allait être dit aujourd'hui, Gekido avait tout intérêt à la caresser dans le sens du poil s'il voulait obtenir ce pourquoi il était venu...
Le Shôji s'ouvre brutalement, comme si elle avait cherché à le surprendre par la soudaineté de l'acte. Raté, le Daimyo sourcilla à peine. Il se demanda ce que pouvait bien lui valoir cette brusquerie de la part d'Ame, elle dont les gestes étaient d'habitude lents et calculés mais cette interrogation lui sortit de l'esprit aussi vite qu'elle y été entrée, et son attention se porta plutôt sur le spectacle offert par la demoiselle.


« Mais tu resplendis, dis-moi. » ironisa-t-il.

Son kimono ne la couvrait plus vraiment à cause d'une ceinture lâchement serrée, de telle sorte que la jeune femme révélait presque assez de peau pour être qualifiée de scandaleuse – même les Geishas étaient moins effeuillées ! En ajoutant à cela ses cheveux défaits et sa mine épouvantable, Gekido soupçonna très vite qu'elle ne soit pas au mieux de sa forme, voire peut-être même souffrante. Pour changer, tiens ! Ame avait toujours été très fragile et encore, le mot était faible. D'aussi loin qu'il se souvienne, il l'avait toujours connue avec une petite santé et une faible constitution, tombant malade pour un rien. Le moindre coup de vent menaçait de la clouer au lit pour les deux prochaines semaines, aussi le Seigneur ne fut-il pas plus surpris que cela en la voyant de ce piètre état. Elle parlait avec difficulté et chaque mot semblait être sorti de sa bouche au prix d'un terrible effort. Restait à espérer qu'elle ne casse pas sa pipe maintenant, cela le mettrait dans un bel embarras. Elle avait l'air à l'article de la mort, pourtant. D'ailleurs, elle lui indiqua ne pas être en mesure de s'incliner, la raison étant si évidente qu'elle ne dut pas être mentionnée. Un signe de la main de l'homme lui indiqua qu'il ne tiendrait pas compte de l'étiquette pour cette fois.
Il sentait le reproche dans sa voix, quand elle lui dit qu'il arrivait encore une fois à point nommé. Il tombait mal, peut-être ? Et bien tant pis ! Tout citoyen de Setsu devait être prêt à accueillir le Seigneur chez lui, sans compter qu'à ses yeux, il avait prévenu de son arrivée bien à l'avance. Puis, il avait aujourd'hui à aborder avec elle des sujets ne pouvant attendre. Il n'aurait pas fait le voyage jusqu'à Hibana si ça n'avait pas été nécessaire. Dans le cas où les affaires devant être réglées n'auraient pas été de première importance, la Kannushi se serait vue conviée au château de Nikkou. Daigner se déplacer lui-même était plutôt rare de la part du tyran.
Elle vacilla, son état ne lui permettant plus de tenir davantage sur ses jambes, et sans le réflexe de Gekido, elle se serait retrouvée face contre terre. En effet, celui-ci parvint à placer un bras autour de sa taille afin d'arrêter sa chute mais l'inertie provoqua la rencontre fâcheuse entre le visage d'Ame et l'encadrement en bois du shôji.


« Shimizu-sama ! » s'écria le Sohei, soudain pris de panique.

Il est vrai que le choc avait été retentissant, suffisamment pour que l'on puisse s'en alarmer, mais de là à s'affoler comme lui le faisait... D'accord, la Kannushi était si faible qu'elle devait casser en deux au moindre coup mais cette fois-ci, elle avait l'air de s'en être bien sortie. Son arcade rougie ne saignait pas, c'était déjà bon signe ! De sa main libre, le Seigneur Setsu indiqua au prêtre-guerrier de rester ne pas s'approcher davantage ; pas besoin d'un Sohei inquiet dans les pattes.


« Conduis-moi plutôt à sa chambre. »

« Mais... Bien, Setsu-sama. Je vous prie de me suivre. »

C'est qu'il avait failli protester, le bougre ! Il avait pu tenir sa langue – heureusement pour lui – et s'apprêtait à ouvrir la voie pour accéder à l'ordre donné. De son côté, le Daimyo réajusta le kimono de la demoiselle dans les vapes afin de la couvrir un peu. Il plaça ensuite un bras dans son dos, l'autre sous ses cuisses et la souleva en essayant de ne pas trop malmener son corps frêle. Elle était si légère... Gekido aurait pu la porter toute la journée sans aucun mal. En la déplaçant ainsi, il donnait l'impression de porter une princesse. Enfin, vu l'état d'Ame, un cadavre de princesse aurait été plus exact.

« Voici, nous y sommes. »

Sans plus de manière, il entra, la Kannushi toujours dans les bras et la déposa dans sa couche avant de lui remonter les couvertures jusqu'au menton. Pourquoi diable fallait-il qu'elle soit si mal en point maintenant ? Ne pouvait-elle pas juste être en forme aujourd'hui ? Elle aurait eu tout le loisir d'être souffrante après si ça lui chantait. Une fois la jeune femme installée, il envoya le Sohei chercher quelqu'un capable de soulager ses maux, lequel revint quelques minutes plus tard avec une autre femme qui se perdit en courbettes devant son Seigneur, les joues rougies, avant de se préoccuper de la malade. Agenouillé devant une table basse, le Daimyo la laissa faire tandis qu'il piochait sans gêne dans la corbeille de fruits. Il soupira très discrètement en pensant au temps que tout ceci allait prendre : la visite au Temple de Kaigen devait être courte, or, il était certain d'être encore là pour quelques heures, à présent.

« J'ai fait ce que j'ai pu. J'espère que la fièvre tombera un peu dans les prochaines heures, elle a surtout besoin de repos. »

Elle s'inclina très profondément et sortit. Le silence retomba dans la pièce, ce qui ne déplut pas au Seigneur, agacé par tout ce brouhaha. Ce dernier se racla la gorge en se relevant, avant de prendre la parole.

« Reste allongée, je ne veux pas te voir sortir de cette pièce avant un moment. » dit-il à la Kannushi, qui avait reprit connaissance mais était toujours mal en point, « Je reviens sous peu. »

Gekido quitta la pièce à son tour, laissant la malade seule afin qu'elle puisse prendre un peu de repos – cela lui serait salutaire ! Il s'arrêta seulement à la hauteur du Sohei gardant l'entrée de la pièce et s'adressa à lui après avoir fait coulissé le shôji.

« Empêche-la de quitter sa chambre. » ordonna-t-il sèchement.

« A vos ordres, Setsu-sama, mais je crains de ne pouvoir m'opposer à la volonté de Shimizu-sama si elle désire sortir. »

Bon sang, il était chiant, celui-là ! Toujours à tout remettre en question, ne pouvait-il pas simplement la fermer et obéir ?!

« Quelle est ton rôle ici ? »

« Je... Je suis au sein du temple pour en assurer la sécurité et pour protéger Shimizu-sama »

« Et tu n'es pas capable de la protéger d'elle-même, quel Sohei compétent tu fais. Entendons-nous : si elle sort de cette chambre, tu reviendras à Moe avec moi. Il me manque des domestiques pour nettoyer les latrines. »

Amical et conciliant comme toujours, mais au moins le message était passé de façon on ne peut plus claire. À l'intérieur Ame avait probablement tout entendu de la conversation, puisqu'elle s'était déroulée à l'entée, mais il s'en fichait royalement. Il avait besoin d'elle lucide et aussi en forme que possible, inutile de la laisser aggraver son état toute seule. Sur ses mots pleins de gentillesse, il quitta les appartements de la Kannushi, descendant l'escalier jusqu'au niveau inférieur. Il avait du temps à tuer, autant le faire de façon efficace. Aussi décida-t-il d'aller rendre hommage à Moegami maintenant – il était au Temple après tout.
La salle était vide, seules quelques Miko s'activaient sans bruit dans la pièce. Le Seigneur Setsu appréciait beaucoup le calme ambiant, cela lui permettait de se recueillir en paix et de faire le vide dans son esprit. Sa communion dura une bonne heure, peut-être deux, il avait vite perdu le fil de temps qui passait. À part au Temple Kaigen, il ne ressentait cette impression de communication avec Kagutsuchi nulle part ailleurs, aussi pouvait-il parfois rester ici très longtemps. Ses prières et offrandes faites, il se remit debout et quitta la pièce principale du Temple. Il était temps d'aller voir comment se portait la jeune Kannushi, l'espérant en bien meilleure forme... L'homme monta de nouveau à l'étage, plantant encore une fois ses deux gardes au rez-de-chaussée et prit la direction de la chambre d'Ame. Il savait désormais où la trouver. Toujours le même Sohei incompétent à l'entrée... Mais s'il était encore là et n'avait pas l'air trop mal à l'aise, c'est qu'il avait obéi aux ordres de son Daimyo. Bien, il n'était donc pas complètement inutile. Ce dernier l'annonça, comme lors de sa première venue, à la nuance près que Gekido prit la liberté d'entrer lui-même.


« Te sens-tu mieux ? » demanda-t-il laconiquement avant de marquer une courte pause, « Te savoir en bonne santé et en pleine possession de tes moyens m'aurait accommodé, Ame, je ne vais pas te le cacher. »

Sans même attendre de réponse, il s'agenouilla auprès d'elle plutôt qu'à la table où il avait prit place auparavant. Elle était loin d'être radieuse et à première vue, elle ne paraissait pas en meilleure forme que tout à l'heure mais à en juger par la lueur vive dans ses yeux, la fièvre ne la faisait plus délirer ou en tout cas, plus autant.


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Shimizu Ame

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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Jeu 20 Fév - 19:09



Il existe un lieu qui fait battre son cœur. Un lieu de paix et d'harmonie dans lequel elle aime se perdre. Parfois, elle espère ne jamais refaire surface. Elle est tellement mieux ici. Tellement plus forte. Tellement plus belle. Allongée au milieu des herbes hautes, elle sent la caresse délicate du vent sur son visage. Elle refuse d'ouvrir les yeux, sachant que si elle le fait, elle ne voudra plus se réveiller. Qu'est-ce qui peut être pire que d'avoir conscience que l'on est dans un rêve ? Elle referme ses bras sur son fragile corps, profitant des rayons du soleil. Ici, elle est bien. Jamais elle ne voudra partir. Ame sait qu'elle faisait ces rêves-là quand elle était encore une petite fille. Son âme s'est assombrie avec les années et le peu qu'elle songe... elle ne s'en souvient pas. Traces chimériques de pensées joyeuses, balayées par les vagues de ses obligations. A l'image de pas dans le sables au bord d'un océan d'incertitudes et de questions. Elle a vraiment perdu connaissance... C'est étrange comme cela la soulage de savoir qu'elle n'a plus vraiment conscience de sa véritable vie. Ses paupières s'ouvrent à demi alors qu'elle place une main vers le ciel, protégeant les bijoux de ses iris des rayons inquisiteurs de l'astre lumineux. Il fait toujours beau ici. Tout est toujours si agréable... si parfait. Elle se redresse doucement, promenant son regard calme sur la prairie apaisante de son enfance. Elle détaille le paysage de ses moments de rêves éveillés. Les collines qui grimpent doucement, les fleurs aux couleurs multiples, mais harmonieuses, qui gigotent avec le vent, le silence plat d'un endroit en paix. Surgit de la flore, un papillon rougeoyant. Ame ne peut toujours pas expliquer ce qu'il signifie, ni ce qu'il lui veut... Tout ce que elle sait à son sujet se résume au fait qu'elle le suit. Elle ne parvient pas à l'ignorer et l'insecte joue les guides. Se baladant avec délicatesse dans les airs, ici puis là. Elle soulève le tissu blanc, qui ressemble fort à une toge, pour suivre l'animal en marchant derrière lui. Quand il s'éloigne que trop, il fait un joli surplace pour l'attendre. Mais dès qu'elle est à portée pour l'attraper, il file comme une flèche au vent. Elle gravit une colline, c'est bien la première fois qu'elle le suit aussi loin. A l'époque où Sôichirô était Kannushi, elle ne parvenait pas à avancer autant dans ce monde étrange qui l'habite. Elle se questionne sur le lieu que veut lui montrer son compagnon de route. Jamais elle ne parvient à terme du voyage. Comme si celui-ci attendait le bon moment pour se dévoiler entièrement. Au sommet de la bosse, elle regarde l'étendue à ses pieds. Une vaste clairière avec un lac. L'eau scintille sous le feu réconfortant du soleil, mais l'insecte lui ne s'arrête pas, il continue son ascension et Ame est obligée de trottiner pour le rattraper cette fois. Elle avance toujours et encore plus loin, sans savoir. C'est la première fois qu'ignorer où elle se rend ne semble pas l'agacer ou la rendre nerveuse. Les ailes cramoisies de l'animal lui apportent réconfort et confiance. Messager improbable et inatteignable. La réincarnation parvient à se rapprocher de lui, après être descendue le flanc en pente douce de son point de vue.

Le silence. La noirceur de la réalité l'arrache à son exploration sans le moindre remord. Vive et brûlante comme la flamme d'une bougie. Elle entrouvre à peine les yeux, pour observer le plafond au-dessus d'elle. Le froid mordant de la fièvre qui baisse lui mord le corps sans ménagement alors qu'elle l'entend se racler la gorge, comme pour la tirer davantage encore de son repos. Alors c'est donc cela... un réveil indésiré. Elle aurait mille fois préféré sombrer dans le néant sans fin d'un sommeil éternel que de se rappeler la visiter sans raison de son Daimyo. Elle ne daigne même pas tourner la tête vers lui. A quoi bon ? Cela ne l'importait que peu, à lui aussi. Comme sonnée, elle comprend ses mots une fois qu'il a quitté la pièce. Il s'en prend à un Sohei, mais Ame ne réalise même pas. Elle est pensive. Voilà maintenant des années qu'elle n'a plus rêvé de cet être surprenant et tellement chétif. Comment peut-il avoir un tel impacte sur les pensées de la Dame. Signification ? Message ? Voyage ? Départ ? Inconnu ? Pourquoi ? Elle se roule en boule sous ses draps. Bouger ? Mais pourquoi voudrait-elle sortir alors qu'elle se sent si faible... Elle voit bien que cela l'agace... Que lui voudrait qu'elle soit plus forte, plus résistante à ce qui l'entour, mais que peut-elle y faire ? Elle est née comme ça... Maladie bénigne qui la ronge corps et âme. Et pourtant, elle garde la tête haute. Ame mène à terme chaque tâche qu'on lui confie et elle le fait bien. Ses conseils sont avisés, justes, logiques et pertinents. Que lui veut-il de plus ? Elle ne peut faire mieux que ce qu'elle fait déjà. Elle fait toujours au mieux, pour que la nation ne souffre pas trop, pour tempérer la force belliqueuse de Gekido. Malgré tout, elle a sans cesse l'impression de ne jamais être à la hauteur avec lui. Qu'il ne parvient pas à voir plus loin que sa faible condition physique. Finalement, cela a quelque chose de blessant pour la femme. Elle ne peut bien évidemment pas l'avouer, mais cela reste un fait. Même si leur respect mutuel les pousse à être polis et corrects l'un envers l'autre... Ame ne serait pas contre un peu de reconnaissance. L'espoir de l'entendre lui dire merci est aussi fin que le fil de la vie. C'est drôle comme un rêve peut vous faire penser à d'autres choses. A observer l'horizon avec un regard nouveau. Elle enfouit son visage dans l'un de ses nombreux coussins, recroquevillée dans ses draps. Elle ne l'entend pas revenir. Son corps semble aller bien mieux et sa respiration la fait moins souffrir. Son environnement ne tournoie plus autour d'elle et sa tête ne la fait plus souffrir le martyre.


« Te sens-tu mieux ? » demanda-t-il laconiquement avant de marquer une courte pause, « Te savoir en bonne santé et en pleine possession de tes moyens m'aurait accommodé, Ame, je ne vais pas te le cacher. »

Elle souffle par le nez en l'entendant. Une marque de dédain et de moquerie chez la Dame qui lui tourne le dos, sans se soucier de son rang. Elle ne doit pas être jolie à regarder, autant qu'il ne la voit pas. Cela est mieux pour l'un comme pour l'autre. Et comme toujours, Gekido ne voit le monde que comme il voudrait qu'il soit. Cependant, Ame n'a pas le pouvoir d'être en pleine forme sous la simple demande de son Daimyo. Pour qui elle se plie en quatre. En effet, elle affectionne certainement suffisamment l'homme en question pour déjà aller au-delà des efforts qu'elle devrait faire. Elle lâche un profond soupire. Comme si le fait qu'elle aille mieux l'intéresse. La seule chose qui compte, c'est le but de sa visite. Non, Gekido n'est pas du genre à faire des visites de courtoisies par pure plaisir. Plus désormais qu'elle se lève et qu'elle marche. Il y a six ans en arrière, il venait pour s'inquiéter de sa santé... Mais maintenant qu'elle y repense, seulement dans le but de savoir si sa Kannushi sera bientôt en état de prendre en main ses tâches. N'a-t-il jamais rien fait qui ne soit pas dans son intérêt ? Elle apprécie le Daimyo, certes, mais certainement pas pour son égoïsme irrationnel. Elle le sent s'asseoir dans son dos. Ce qui l'énerve le plus, c'est ce sentiment apaisant quand il est dans la même pièce qu'elle. Émotion qu'elle a contractée à son égard après la mort de son prédécesseur... Il lui faut s'avouer que même si ce n'était que dans son propre intérêt, il était venu la réconforter souvent. Mais là n'est pas le problème. Le sujet est de savoir ce qui l'a mené à elle.

« Je suis en pleine possession de mes moyens... N'est-il pas coutume que je sois malade, Setsu-sama..? » susurre-t-elle de sa voix douce, « Quel vent vous amène..? Nous savons tous deux que... vous ne feriez pas voyage sans raison... »

Sa voix est teinte de douceur, mais le ton est monocorde, voire fatigué. Elle ne veut pas tourner autour du pot. Elle ne veut pas qu'il reste en observant la faiblesse qui l'habite. Lui qui l'aurait sans grand mal laissée pour morte si elle n'était sa Kannushi. Elle ne lui fait l'affront d'être méprisante, pas tout de suite. Elle préfère faire mine d'être encore faible et épuisée. Elle ne craint plus les idées ou les pensées du meneur. Elle n'a pas non plus peur de sa colère, de ses menaces et de ses cris. Elle reste stoïque face à ses caprices d'enfant gâté et lui dit la vérité sans peser ses mots. Quitte à le faire beugler plus fort encore. Elle ferme les yeux. Elle veut se rendormir. Retrouver sa plaine qu'elle a perdu pendant si longtemps. Ame serre encore son coussin... C'est à se demander si la prestance de l'artefact vivant ne s'est pas envolé avec ses chimères.




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Setsu Gekido

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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Lun 3 Mar - 4:14

Elle avait encore le teint pâle et cireux. Elle n'allait pas bien, cela se voyait tant sa maladie s'inscrivait sur son visage. Peu importe à quel point Ame pouvait être une bonne actrice, jamais elle n'aurait pu feindre être en forme, surtout pas aujourd'hui. Comment parvenait-elle à rester en vie malgré sa santé déplorable ? Nul n'était capable d'y répondre. Peut-être était-ce un don de Kagutsuchi à sa réincarnation, il aurait été dommage que celle-ci rende l'âme trop rapidement... Dans tous les cas, cadeau du Kami ou non, la jeune femme pouvait s'estimer infiniment heureuse de ce qu'elle était à présent. Par là, Gekido entendait sa position de Kannushi. En effet, voilà déjà bien longtemps qu'elle serait retournée nourrir les entrailles de la terre si elle n'avait pas eu accès à cette place privilégiée car celle-ci lui permettait d'être soignée au mieux. Bien des gens plus robustes qu'elle étaient déjà décédés pour moins que ça...

« Bien, bien. » répondit-il tout bas quand elle avança être parfaitement en état de tenir la conversation, « J'ai bien des choses à te dire alors ne te surmène pas, je peux revenir au Temple demain »

Son visage impassible n'indiquait rien mais ceux qui le connaissaient savait à quel point ce genre de propos était inhabituel de sa part. Lui, le grand Seigneur Setsu, autoriser quelqu'un à se ménager et pire encore, faire preuve de patience ?! L'on pourrait croire à une farce mais non, le Daimyo était bel et bien sérieux. Il connaissait bien la demoiselle, cette attitude allait l'intriguer, il le savait mais vu la tournure que leur conversation allait bientôt prendre, il avait besoin d'elle dans les meilleures dispositions possibles, autant la surprendre agréablement en ne lui forçant pas la main. Sur ce point, les choses auraient pu mieux commencer : en lui tournant ainsi le dos, Ame lui indiquait à quel point elle était de bonne humeur et combien elle était heureuse de le voir. Gekido expira bruyamment sous l'effet de l'agacement. Elle avait de la chance oui, en d'autres circonstances et avec d'autres personnes, il n'aurait jamais laissé passer un tel affront.

« Je te rends pas seulement une visite de courtoisie, je l'admets. Aujourd'hui, je ne viens pas te voir en temps que ton Daimyo, mais en temps qu'homme. »

De l'humilité, à présent, en voilà une surprise. La Kannushi était quelqu'un de perspicace et elle devait déjà avoir flairé qu'il y avait anguille sous roche, nul doute là-dessus. Il n'avait de toute façon pas l'intention de lui cacher quoi que ce soit, elle verrait tout de suite le mensonge et cela compliquerait bien des choses. Non, la façon la plus simple pour lui de s'en sortir comme il le voulait était certainement de se montrer honnête, dans la limite du possible bien entendu. On n'allait pas le changer.
Il s'éclaircit la gorge, prêt à expliquer clairement la raison de sa venue. Il avait essayé de préparer un discours, un plan pour lui présenter les choses sous le meilleur angle mais force était de reconnaître qu'avec une personnalité aussi imprévisible que celle d'Ame, il se torturait l'esprit pour rien. Aussi bon orateur puisse-t-il être, la jeune femme constituait à elle seule une audience particulière.


« Quand j'y repense, nous ne sommes pas si différents, toi et moi. J'étais certes prédestiné à tenir un grand rôle, même dans l'éventualité où Sôichirô ne me désignait pas pour succéder à mon père mais nous avons tous les deux hérités d'une place importante de façon brutale. »

Les anciens Kannushi et Daimyo étaient chacun décédés de façon soudaine, laissant Setsu dans un désarroi certain. Personne ne s'était attendu à les voir passer l'arme à gauche si vite et pour cela, l'intronisation de leur successeur respectif fut un peu plus laborieuse que prévu. Gekido avait quinze ans, à l'époque, et il était loin d'avoir été préparé à prendre les commandes si tôt. La présence de Sôichirô avait été une bénédiction, car ses conseils avisés et son expérience permirent au nouveau Seigneur de s'en sortit mieux que personne ne l'avait espéré. Ame aussi avait eu beaucoup d'estime pour son prédécesseur et sa mort l'avait profondément affectée. Elle non plus ne devait pas s'attendre à un jour passer du rang de Miko à celui de Kannushi.

« Au final, nous nous en sortons plutôt bien mais tu es sans doute l'une des seules personnes de tout Setsu à connaître le prix que nous avons dû payer pour cela. Le pouvoir demande un lourd tribut, dont nous nous sommes acquittés par la force des choses. Nous avons été contraint de nous effacer derrière notre titre. Vois, tu es la réincarnation de Moegami et considérée comme telle. Les gens te vouent un immense respect pour cela. Crainte et adulation à la fois, c'est à cela que se limitent tes relations avec la plupart des gens qui t'entourent, n'est-ce pas ? Je le sais car c'est mon lot à moi aussi, j'ai dû apprendre à me méfier de tout le monde, car ils me vénèrent en apparence, mais qui sait ce qu'il se trament dans leur tête. Mon père a été trop confiant, regarde où cela l'a mené. »

Pour ne pas être écrasé par la pression inhérente au fait de diriger une nation, le Seigneur Setsu avait été contraint de se couper de son entourage, d'ériger un mur entre eux et lui afin de ne pas laisser ses sentiments influencer ses décisions. Il gouvernait seul dans le seul but de hisser Setsu plus haut que ça n'avait jamais été fait jusque là, pas pour aimer son peuple et le prendre en pitié. Voilà longtemps qu'il ne s'attachait plus à personne, qu'il n'avait plus noué de liens solides. Oh, de loyaux sujets, il en avait à la pelle mais ils étaient là pour le servir, rien de plus. Gekido avait peu voire pas d'amis et Akane était la seule famille qu'il lui restait – il y avait bien les bâtards d'Ichigo, mais c'est à peine s'il reconnaissait leur existence. Ame était sans aucun doute l'une des rares personne avec laquelle il avait développé un semblant de relation. Entendement ou amitié, il se fichait bien de comment cela s'appelait. Bien qu'il soit Daimyo, elle ne s'était jamais perdue en génuflexions devant lui, pas plus qu'elle ne se gênait de lui dire les choses comme elle les pensait, sans prendre de pincettes. La laissait-il parler ainsi parce qu'il avait de l'estime pour elle ou à cause de son rang ? Un peu des deux, sans doute.

« Nous sommes probablement voués à finir notre vie entourés de gens qui pourtant nous font nous sentir seuls. La solitude est un lourd fardeau que j'aimerais ne plus avoir à supporter. Avoir une personne de confiance à mes côtés, t'avoir à mes côtés... »

Il marqua une pause. Ses propos restaient très vagues car il n'avait pas encore explicitement précisé ce pourquoi il était venu aujourd'hui. Il savait tout cela, tout autant qu'il savait avoir à présent l'entière attention de la Kannushi. Maintenant, il avait tout intérêt à être claire et directe, car la jeune femme n'aimait pas que l'on tourne autour du pot en restant évasif – tout comme lui, d'ailleurs. Il prit donc une profonde inspiration, puis il ouvrit de nouveau la bouche :

« Ame, la raison de ma présence aujourd'hui... est que je suis venu te demander ta main. »

Voilà, c'était dit. Le Seigneur ressentait des choses étranges : son cœur s'était accéléré en prononçant cette dernière phrase et il sentait ses mains être devenues moites. Le puissant Daimyo Setsu, réputé pour être un tyran cruel et sans scrupules, l'homme à qui on ne refusait rien, craindrait-il d'être rejeté... ?


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Shimizu Ame

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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Lun 3 Mar - 8:57




« J'ai bien des choses à te dire alors ne te surmène pas, je peux revenir au Temple demain »

La Kannushi lâche un « Tss... » moqueur, sachant que le Daimyo ne bougera pas de là tant qu'il n'aura pas dit tout ce qu'il a à lui dire. En principe, ce genre d'attention est succédé de paroles "importantes" d'un point de vue propre à Gekido. La femme roule des yeux, de loin pas décidée à lui faire face pour autant. Non, non, elle veut juste qu'il lance sa dernière fabuleuse idée et qu'il s'en aille. Sa maladie n'est pas d'humeur à avoir de longues conversations fougueuses avec le Setsu. Au bas mot. Conversation n'est pas le terme à appliquer la plupart du temps lorsqu'ils tentent de communiquer. Il faut voir un débat enflammé jusqu'à ce que l'un des deux acceptent les compromis. Et cela peut durer tellement longtemps qu'elle finit toujours plus agacée que d'habitude. Ceci dit, Ame doit être la seule personne dans cette nation qui aurait le droit à ce genre de "traitement de faveur". Un peu comme le fait qu'elle lui tourne le dos. N'importe qui d'autre aurait subi les foudres de Gekido, mais pas elle. Respect ? Rang ? Amitié ? Elle ignore totalement le comment du pourquoi, cependant elle sait mettre ce détail à profit.

« Je te rends pas seulement une visite de courtoisie, je l'admets. Aujourd'hui, je ne viens pas te voir en temps que ton Daimyo, mais en temps qu'homme. »

Bien ! Il avoue qu'elle a raison. Mh... Serait-elle chanceuse cet après-midi ? Non, le seigneur doit avoir quelque chose de très spécial à demander. Et bien qu'il le fasse et qu'elle puisse se rendormir. Elle l'a connu un peu plus direct dans ses manières de procéd-... Pour la première fois depuis très longtemps, les traits du visage d'Ame prennent un air incroyablement surpris. Heureusement qu'elle lui tourne le dos. Il aurait l'impression d'avoir le dessus et ça, elle ne se le pardonnerait pas. Elle reprend un peu de contenance et répétant les mots qu'il vient de prononcer au moins une bonne dizaine de fois dans sa tête. Juste pour être sûre qu'elle n'a pas mal interprété à cause de sa faible fièvre. Non. Gekido se présente à elle comme l'homme qui se cache derrière le Daimyo brusque et tyrannique. Elle fronce les sourcils. Cela doit forcément cacher quelque chose. Cet homme n'a pas dû visiter qui que ce soit en parlant ainsi. Alors pourquoi elle ? Et surtout pourquoi maintenant. Il se passe des choses dans la tête de Gekido qu'aucun n'être doté de réflexion ne puisse comprendre. Elle se tourne à peine vers lui, ayant retrouver son air stoïque.

« Je vais donc oublier la Kannushi que je suis pour un temps ... je suppose que discuter d'égal à égal est plus intéressant... Je ne serai qu'une simple femme... » un presque soupire lui échappe alors qu'elle tend l'une de ses mains vers son visage. Ses doigts fins viennent se poser délicatement sur le front du Daimyo. « Tu n'es même pas ... fiévreux... Quelque chose ne va pas, Gekido... »

Sa main se détache de lui, alors qu'elle ne tarde pas à se glisser à nouveau sous ses draps. Continuant de lui tourner le dos. Il a désormais toute son attention. Il le sait. Qu'a-t-il de si important à lui dire pour qu'il en vienne à ne pas vouloir être vu comme le seigneur de son clan. Elle prend une grande inspiration, se préparant au pire. Intriguée, certes, mais pas folle pour autant. Ame n'a pas réellement hâte qu'il reprenne la parole aux vues du début de cette conversation. La première qu'ils partageront entant qu'être humain et non pas à leurs titres respectifs. La tournure de cette visite commence à devenir palpitante pour la malade qui a laissé de côté sa perplexité pour se laisser envahir par l'intérêt. Elle ne connait que trop bien le don qu'à Gekido de transformer les mots en or massif. Soit, qu'il l'éblouisse en tant qu'homme.

« Quand j'y repense, nous ne sommes pas si différents, toi et moi. »

La brune tique légèrement, arquant un sourcil. Cette fois, elle en est persuadée, cette discussion ne lui plait absolument pas. Elle sait faire la part des choses, Ame sait aussi qu'elle ne doit actuellement pas le voir comme son seigneur. Malgré tout ses efforts, tout en elle lui hurle qu'ils sont loin de se ressembler. Cet homme est un monstre d'orgueil, de méchanceté, de violence et d'intolérance... et il ose ne serait-ce que penser une demi seconde qu'elle et lui ne son pas si différent que cela ? Elle ressert sa prise sur le coussin dans ses bras, se retenant de le couper une fois encore.

« J'étais certes prédestiné à tenir un grand rôle, même si Sôichirô ne me désignait pas pour succéder à mon père mais nous avons tous les deux hérités d'une place importante de façon brutale. »

Elle plisse les yeux. Elle semble se perdre un moment dans ce qu'il vient de dire. Un voile de peine se met à danser au fond de ses yeux carmins. Ils ont tous deux perdu un père qu'ils se sont vus succéder sans vraiment en avoir envie. Ame n'a jamais voulu être ce qu'elle est devenue. Elle n'a jamais eu la prétention ou l'ambition de se trouver parfaite dans ce rôle qui lui va pourtant si bien. Non, elle aurait au mieux espérer pouvoir atteindre la place de Jushoku. Rien de plus. Être Kannushi lui semblait être une responsabilité que trop grande. Et la voilà réincarnation d'un Kami. Lui seul avait eu le droit de la juger digne de tout ceci. Elle a dû mal à comprendre son rang, mais elle l'a néanmoins en partie accepté.

« Au final, nous nous en sortons plutôt bien mais tu es sans doute l'une des seules personnes de tout Setsu à connaître le prix que nous avons dû payer pour cela. Le pouvoir demande un lourd tribut, dont nous nous sommes acquittés par la force des choses. Nous avons été contraint de nous effacer derrière notre titre. Vois, tu es la réincarnation de Moegami et considérée comme telle. Les gens te vouent un immense respect pour cela. Crainte et adulation à la fois, c'est à cela que se limitent tes relations avec la plupart des gens qui t'entourent, n'est-ce pas ?»

Un prix que trop lourd à ses yeux. Un coût violent qui la force à admettre que jamais plus cela ne sera comme avant. Tout devient différent... Le monde se jette à vos pieds, il vous admire et vous craint. Un environnement déstabilisant dans lequel vos proches deviennent parfois un cauchemar. Votre entourage change. Ils ne savent plus s'adresser à vous sans qu'une certaine peur ne traverse leur regard. Lourde tâche que d'être Kannushi. Les foules vous observent, ils sont envoûtés par l'aura différent que vous dégagez. Personne ne peut douter de la soudaine présence qui prend toute cette place dans la pièce. Effrayés à l'idée de vous mettre en colère. Effrayés à l'idée de froisser le Kami. Ils ne vous dissocient plus du tout de l'être qui vous a élu. Beaucoup ne voit plus en vous qu'un être divin. C'est l'une des choses qui fait le plus souffrir Ame. Celle d'avoir été effacée d'un battement d'ailes par les plumes brûlantes de Moegami. Il a raison. Bien sûr qu'il a raison. la Kannushi préfère mille fois mourir de sa fièvre plutôt que d'opiner à sa question qui n'en est de toute façon pas une. Elle ne comprend pas où il veut en venir. Cependant, cette histoire ne va pas lui plaire.

« Je le sais car c'est mon lot à moi aussi, j'ai dû apprendre à me méfier de tout le monde, car ils me vénèrent en apparence, mais qui sait ce qu'il se trament dans leur tête. Mon père a été trop confiant, regarde où cela l'a mené. »

Agacement. Compassion. Étonnement. Il est vrai qu'elle n'a jamais abordé la chose de cette façon. Elle ramène ses jambes contre le coussin sur son ventre. Elle qui pensait que personne ne pouvait la comprendre. Elle a été aveuglée par sa peine de manière tellement violente qu'elle n'a pas fait le lien entre le vide qu'elle ressent et celui de Gekido. Lui doit souffrir davantage encore. Elle est en quelque sorte au-dessus des menaces. Il faudrait être fou pour s'en prendre à un Kannushi. Fou et totalement inconscient. Le seigneur lui, n'est à l'abri de rien. Le peuple a bien compris que le père comme le fils n'étaient pas des êtres de douceur. La crainte qu'il inspire n'est en rien semblable à la sienne. Elle commence a avoir une vague idée de ce qu'il compte lui dire. Partagée entre la surprise et le doute. Elle s'enferme encore dans son mutisme. Il n'a pas fini et elle ne tient pas à le couper avant qu'il soit au bout de son récit. Ils ont beau avoir abandonné leurs titres le temps de cette conversation, elle trouve que cette dernière reste quand même bien axée dessus.

« Nous sommes probablement voués à finir notre vie entourés de gens qui pourtant nous font nous sentir seuls. La solitude est un lourd fardeau que j'aimerais ne plus avoir à supporter. Avoir une personne de confiance à mes côtés, t'avoir à mes côtés... » Il se permet une pause. Elle l'écoute prendre du courage dans une longue inspiration. « Ame, la raison de ma présence aujourd'hui... est que je suis venu te demander ta main. »

Il vient de faire un ravage dans l'esprit de la malade. Elle a dû mal à comprendre l’exactitude de ces mots-là. Tous les autres, elle a pu les saisir, les cerner et parvenir à faire un accord entre ce qu'il a dit et ce qu'elle en pensait. Par contre, à ce moment précis, la Kannushi ignore totalement ce qu'elle peut en déduire. Comme si toute sa logique s'était envolée alors qu'elle essaie vainement de parvenir à une conclusion qui aurait du sens. Vient-il de lui dire qu'il compte combler la solitude de sa vie avec sa personne ? Il ose imposer sa présence dans le seul but de COMBLER SA SOLITUDE ? Une personne de confiance, a-t-il dit. Ame est sans doute la plus dévouée de ses sujets, certes, mais ce n'est pas lui qu'elle a décidé de soutenir. Non, c'est la nation toute entière. Il pense peut-être qu'il la met dos au mur de par son rang ? Ah..! Il ne peut pas. Pas dans cette conversation, parce que visiblement ce n'est pas son titre qui l'intéresse au moment présent. Non, c'est simplement la femme qu'elle est. Étrangement, elle a dû mal à y croire. Qu'a-t-il vu en elle pour la juger "convenir" au statut d'épouse ? Ils ne se connaissent pas, passent leur temps à ne pas être d'accord ainsi qu'à s'en tenir a des propos courtois et un beau matin, le Daimyo se lève en se disant qu'il veut l'épouser. Elle ne veut pas de lui au quotidien. C'est déjà suffisamment compliqué d'avoir affaire à lui lors des réunions, alors si c'est pour en plus l'avoir en tant qu'époux... pour remédier à sa solitude... La situation a quelque chose d'un peu blessant et d'amusant. Par dépit de trouver quelqu'un d'autre qui puisse comprendre ce qu'il ressent et en qu'il a confiance, il se tourne vers la seule personne dont il ne pourra jamais douter ? Ame est sa conseillère. Elle donne des conseils et n'hésite pas à clamer son avis. Qu'il soit pour ou contre le sien et là, elle est contre. Un petit rire sans joie et mesquin lui échappe. C'est bien la première fois qu'elle rit depuis des lustres. Superbe, elle rit tellement de cette demande lui semble impossible de sa bouche.

« C'est pathétique, Gekido... N'as-tu donc pas suffisamment de femmes à tes pieds pour en choisir une qui te convienne..? Non, il faut bien évidemment que tu ailles chercher plus haut pour combler la plaie béante qu'à laisser la solitude dans ton cœur... C'est triste, mais je suis bien moins ... seule que toi... J'ai ce que l'on nomme ... "des amis"... Qu'as-tu toi..? Que vas-tu m'offrir de plus que ce que je n'ai déjà..? Ne parle pas d'amour... Tu n'as que trop démontré que tu es totalement incapable de tendresses envers quoique ce soit... »

Ame ne sait dire si elle ressent de la souffrance ou de la rage, mais ça lui donne la nausée. L'envie de pleurer grimpe de plus en plus. Elle affectionne le Daimyo plus que ce qu'elle veut bien en dire. Seulement, le goût amer qu'a laissé sa demande dans sa bouche la rend triste. N'a-t-il donc aucun sentiment pour personne ? Il vient de marcher sur l'espoir qui habitait la jeune femme. L'espoir de voir quelqu'un ne pas s'arrêter à son rang... Plus elle pense, plus elle se perd dans l'incompréhension. Et seul Moegami sait à quel point elle déteste ce qui lui échappe. Elle se retourne en lui lançant le coussin qu'elle tenait dans la figure. Oubliant d'économiser ses forces dans son geste et dans ses mots :

« Je ne sais pas à quel jeu tu joues actuellement, mais il ne m'amuse pas. Je ne veux pas te servir d'onguent contre la solitude. Je refuse de n'être qu'un passe-temps. Ma santé n'est pas au beau fixe pour supporter tes petites plaisanteries contre ton ennui du jour ! N'as-tu pas mieux à faire que de venir me tourmenter ? »

Elle se redresse lentement à bout de souffle. Sa tirade l’exténue autant que ses larmes. Ses longs cheveux noirs glissent sur ses épaules avant qu'elle ne redresse la tête pour le regarder. Tenue légère ou pas, elle plonge son regard rougeoyant dans le sien. Sans doute faut-il être fou pour oser s'adresser à lui avec de pareilles manières, mais n'a-t-il pas dit faire abstraction de son titre pour s'adresser à elle ? Elle se retrouve face à une incompréhension des plus totales. Les perles salées roules sur ses joues. Ame ne sait plus rien. Pleure-t-elle parce qu'elle est surprise ou parce que l’orgueil de son interlocuteur l'a blessée ? Elle souffle longuement avant de reprendre, plus calmement malgré ses larmes.

« Oseras-tu me prétendre que ... l'une des raisons qui te pousse à me demander ma main ... est que tu m'apprécies suffisamment ... pour me promettre ... sincérité ... fidélité ... ainsi que soutien..? Ou n'est-ce là ... qu'un nouveau caprice..? »





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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Dim 16 Mar - 21:28

Il n'y avait plus de retour en arrière possible, les mots avaient franchi ses lèvres et n'y rentreraient plus, même s'il le voulait. Tant mieux,il n'avait pas l'intention de faire comme si de rien n'était. Gekido était venu jusqu'à Hibana et avait fait sa demande, il ne comptait pas partir d'ici sans avoir eu une réponse, quelle qu'elle soit. Il lui était étrange d'avoir une conversation avec quelqu'un à qui il ne pouvait rien ordonner et doté d'un caractère bien trempé. Ame ne lui rendait pas toujours la vie facile, c'était un fait, mais elle s'était toujours montrée digne de confiance et était de bon conseil en toutes circonstances. Il ne lui avait jamais dit et n'en montrait probablement rien, mais il appréciait la Kannushi à sa façon.
Il pinça les lèvres quand elle ouvrit la bouche. Agacé ? Sans aucun doute. Oui, il sentait la colère s'insinuer dans son esprit face à l'attitude provocatrice de la jeune femme. Si elle le faisait de façon délibérée ou non, il n'en savait rien. Elle n'avait jamais eu la langue dans sa poche mais cela lui ressemblait si peu, peut-être parce que pour une fois, il s'adressaient l'un à l'autre en mettant leur titre de côté. Quand bien même, elle jouait à un jeu dangereux en s'adressant ainsi à l'homme qui néanmoins restait son Daimyo. Qui plus est, vu cette réaction, les choses n'évoluaient pas du tout dans le sens qu'il souhaitait, loin de là. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle accepte avec le sourire pour ensuite lui tomber dans les bras mais il n'imaginait pas non plus tant de véhémence de sa part... Il chercha un instant ses mots, se faisant violence pour ne pas lui balancer une réplique cinglante en retour ; il avait comme le pressentiment que cela n'arrangerait rien à la situation. Au moment où les mots lui vinrent, quand il allait répondre à son tour, la Kannushi l'interrompit en se retournant brusquement pour lui envoyer un coussin. Il sentait de la colère dans son geste mais elle était faible. C'est à peine si le coussin le décoiffa avant de retomber mollement sur les genoux du Seigneur Setsu. En d'autres circonstances, il aurait pu être amusé de la voir ainsi, mais pas aujourd'hui. Il n'était pas d'humeur à rire, surtout pas maintenant.
Gekido sut qu'elle se méprenait profondément quand elle rouvrit la bouche. Elle pensait que tout ceci était une farce immature, un caprice... Le pensait-elle vraiment ? Elle n'avait certes jamais aimé ce genre de blague puérile mais sa réaction lui semblait démesurée, plus encore quand il vit des larmes rouler sur son visage. Peut-être était-ce la fièvre qui la poussait à bout, ou peut-être était-ce un mal plus profond, il n'aurait pu le dire.


« Ame » dit-il enfin quand elle se tut, après avoir mis dans ces paroles ce qui semblaient être ses dernières forces, « Tu ne comprends pas. Bon sang, j'ai autre chose à faire que de me déplacer jusqu'à Hibana pour te faire une plaisanterie de mauvais goût. Je suis on ne peut plus sérieux. Est-ce si dur pour toi de le concevoir ? »

Le ton était calme mais ferme. Le brun tenait avant tout à clarifier ses intentions et à lui faire comprendre la situation. Espérons qu'elle ne se montre pas trop butée, cette fois-ci, cela risquerait fort d'irriter le Setsu si le malentendu perdurait.

« J'aime être à la tête du clan, tout autant que l'on m'obéisse, mais s'il me faut choisir une épouse, je tiens à ce qu'elle ait du caractère. J'ai, il est vrai, tout un tas de femmes à mes pieds mais épouser l'une d'elles ne m'offrirait rien de plus. T'unirais-tu à un pion sans opinion ? Pas moi. Je ne te ferai pas l'affront de te mentir en te disant que je ressens une passion inextinguible pour toi, je ne suis même pas certain de connaître ce sentiment. »

Il fit un pause, le visage marqué d'un sourire sans joie. À force d'avoir des contacts humains très superficiels, chacun d'eux étant dénaturés par son titre, beaucoup de choses lui étaient devenues très vague. L'amour lui était inconnu tandis que son amitié et son affection n'étaient offertes qu'à un nombre de personnes très restreints. La Kannushi avait beau avancer avoir des « amis », leur situation à tous les deux était très similaire, il n'en doutait pas.

« Tu me demandes ce que j'ai à t'offrir. Je peux te promettre de l'argent et du pouvoir, mais tu possèdes déjà tout cela. De plus, je sais que tu n'es pas le genre de femme à te laisser acheter ainsi. Mon soutien et ma présence, sans regard sur ton rang, te sont cependant assurés.  »

C'était peu, il en avait conscience. Aucun des deux n'avait de véritables sentiments pour l'autre, Gekido lui-même savait que la convaincre serait loin d'être chose aisée. Il lui parlait en la regardant toujours droit dans les yeux. Il ne craignait pas son jugement, il n'avait rien à perdre de toute façon. Une réponse affirmative le satisferait assurément mais dans le cas contraire, il survivrait.

« Pour être honnête, tu es l'une des personne dont je suis le plus proche, même si nous nous envoyons paître sans arrêt. Qu'une chose soit claire, Ame, je n'essaie pas de t'imposer cette union. Je ne veux pas que tu aies l'impression d'être acculée, alors cesse de pleurer. »

Dans le pire des cas, il pourrait toujours tenter de l'obliger en faisant valoir son rang de Daimyo mais aussi fourbe que puisse être le Seigneur Setsu, il ne tenait pas à la faire accepter sous la contrainte. Quitte à l'épouser, autant que ce soit avec son consentement. En ne la lâchant toujours pas des yeux, il se saisit du coussin qui depuis tout à l'heure était resté sur ses genoux et le tendit à la jeune femme afin qu'elle le remette à sa place.

« Tu n'es pas non plus obligée de me donner ta réponse tout de suite, bien que je préférerais être fixé tout de suite. Ma demande a l'air de t'avoir perturbée, veux-tu que je te laisse un peu seule ? »


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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Sam 10 Mai - 16:25





« Ame. Tu ne comprends pas. Bon sang, j'ai autre chose à faire que de me déplacer jusqu'à Hibana pour te faire une plaisanterie de mauvais goût. Je suis on ne peut plus sérieux. Est-ce si dur pour toi de le concevoir ? »

Calme, il est calme. Toujours. Comme si rien ne l'atteignait. Elle dévisage longuement, ses lèvres se déforme un vague rictus de circonstance. Désemparée, en larmes. Une femme. Juste une femme. Elle est simplement perdue par à ses mots. Oui, c'était que trop difficile à concevoir pour elle. Elle entrouvre la bouche pour parler, mais rien ne sort, rien ne lui vient, elle reste là. Hébété. Silencieuse. Ame renifle piteusement.

« J'aime être à la tête du clan, tout autant que l'on m'obéisse, mais s'il me faut choisir une épouse, je tiens à ce qu'elle ait du caractère. J'ai, il est vrai, tout un tas de femmes à mes pieds mais épouser l'une d'elles ne m'offrirait rien de plus. T'unirais-tu à un pion sans opinion ? Pas moi. Je ne te ferai pas l'affront de te mentir en te disant que je ressens une passion inextinguible pour toi, je ne suis même pas certain de connaître ce sentiment. »

Elle baise les yeux, puis la tête. Ses pleures silencieux inondent ses draps alors que ses cheveux, lentement, se laisse glisser, cachant son visage. Elle n'est pas sûre qu'elle épouserait un "pion", mais sans doute ne s'arrêterait-elle pas à un simple rang. Peu importe le comment du pourquoi. Cette question a-t-elle vraiment une raison d'être ? Elle ne s'est certes, pas encore prononcée, mais tout ceci sonne comme si elle avait tort de résister. Combien de mariages sont faits par amour ? Aucun ? Très peu ? Tout n'est qu'intérêt. Alors... pourquoi s'offusquer de celui de Gekido ? Sans dans l'un des rares hommes de Setsu à pouvoir lui demander sa main. Encore, il lui est venu lui en parler. Il aurait très bien pu prendre la décision seul. Faut-il y voir un marque de respect ? Elle essaie. Mais elle ne peux pas se bercer d'illusions non plus. Sans doute. Elle ferme les yeux, toujours penchée vers l'avant. Le silence s'installe, entrecoupé par quelques reniflements distingués. Elle non plus, ne peut se vanter de savoir ce que signifie le mot amour. Bien sûr, elle aime sa famille, mais elle n'est jamais tombée amoureuse. Fort heureusement pour elle ? La réincarnation ne peut pas le dire. Elle ne veut pas penser à tout ceci. Elle a envie de hurler. Mais Gekido reprend déjà la parole, alors qu'elle tremblote, contentant un sanglot.

« Tu me demandes ce que j'ai à t'offrir. Je peux te promettre de l'argent et du pouvoir, mais tu possèdes déjà tout cela. De plus, je sais que tu n'es pas le genre de femme à te laisser acheter ainsi. Mon soutien et ma présence, sans regard sur ton rang, te sont cependant assurés. »

La Kannushi pose sa main sur sa bouche, soufflant dans ses larmes. Comme si elle n'était pas déjà assez exténuée ainsi. Une présence, du soutien... C'est les seules choses qu'elle peut attendre de lui. Evidemment. Elle-même sait qu'elle ne peut pas attendre davantage du Daimyo, bien qu'au fond d'elle, elle le souhaiterait. On n'a pas toujours ce que l'on veut dans la vie... enfin, pour elle. Si elle se refuse à lui, elle finira peut-être seule. Supportera-t-elle l'idée de finir sa vie isolée et puissante ? Sans doute pas. Mais, au final, vaut-il mieux être seule qu'unie par dépit ? Elle se crispe, lâchant une quinte de toux sèche.

« Pour être honnête, tu es l'une des personne dont je suis le plus proche, même si nous nous envoyons paître sans arrêt. Qu'une chose soit claire, Ame, je n'essaie pas de t'imposer cette union. Je ne veux pas que tu aies l'impression d'être acculée, alors cesse de pleurer. »

Sa tirade vient de l'achever. Elle est triste pour eux deux. Gekido, lui, ne semble pas toucher le moins du monde par la tristesse de cette union. Bien qu'il plaide le fait qu'elle n'est en rien forcée de lui dire oui, tout son discours la laisse penser que si elle ne le choisit pas lui, personne n'aura assez de cran pour faire la même demande. Elle n'arrive pas à arrêter de pleurer, malgré sa demande, elle pleure même plus. Peut-être est-ce un trop plein d'émotions qui se laissent enfin sortir. Tant mieux ? Tant pis ? Elle ouvre doucement les yeux sur le coussin qu'il lui tend. Sa frêle main se tend pour le récupérer, alors qu'elle redresse la tête pour poser quelques secondes ses yeux sur lui avant de s'en détourner, trop honteuse pour supporter son regard sur elle. Ame se sent mal refermant ses doigts sur le tissu de l'oreille, sans avoir le temps de le prendre, il conclut :

« Tu n'es pas non plus obligée de me donner ta réponse tout de suite, bien que je préférerais être fixé tout de suite. Ma demande a l'air de t'avoir perturbée, veux-tu que je te laisse un peu seule ? »

Elle tourne vivement la tête vers lui. Non... La Kannushi semble prise de panique. Comme si l'annonce de son départ venait de la meurtrir un peu plus. Elle ne peut le dire tout haut, parce qu'elle est parfaitement incapable de l'avouer, mais sa présence l'apaise. A chaque fois qu'ils sont dans la même pièce elle se sent rassurée. Comme si la présence du seigneur soufflait un peu sur le feu du poids de ses responsabilités. Sans crier gare, la jeune femme vient poser son front sur son épaule, tombant dans un sanglot paniqué. Ame a lâché le coussin, glissant lentement sur les genoux du Daimyo pour se blottir contre lui. Insignifiante créature dans les bras d'un colosse inébranlable. C'est sans doute pour cela qu'elle se sent rassurée quand il est là, le fait de le savoir si sûr de lui, d'eux, écrase ses doutes. Comme une vague sur des traces de pas dans le sable. Elle ne parvient pas à se calmer, ramenant ses mains contre elle. La réincarnation glisse son nez dans son cou, cherchant du réconfort. Elle n'a pas la moindre idée de la réaction que cela suscitera en lui, mais elle n'est pas en état d'y réfléchir. Ame ne veut simplement pas le voir partir, pas toute de suite. Jetant la pierre à sa fièvre pour se comportement irréfléchi que ne lui ressemble en rien.

« Non ... n-non ... j-je ... je t'en pr-prie... Ne m-me laisse pas... » gémit-t-elle faiblement.




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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Dim 11 Mai - 15:56

Ame n'était pas toujours facile à cerner tant elle était imprévisible. Par exemple, pas une seule seconde Gekido ne s'était attendu à la voir fondre en larmes quand il lui eut demanér sa main. Il savait d'avance qu'il aurait à la convaincre et à faire valoir ses bons côtés, il s'était également attendu à la colère de la Kannushi, à ses insultes et à son air presque hautain en toute circonstance mais de là à imaginer avoir affaire à une femme en pleurs... Depuis la mort de Sôichirô, elle s'était beaucoup endurcie, du moins en apparence, tant et si bien que le Daimyo s'était déjà demandé auparavant si elle était capable d'éprouver d'autres émotions que du mépris et de l'indifférence. À un autre moment, il aurait pu être amusant de voir des larmes couler sur ses joues tant cela était inhabituel, d'autant que les perles salées n'enlevaient rien à son charme, bien au contraire. De quoi attendrir le plus cruel des animaux... Dommage que cela ne fonctionnait pas sur le Seigneur Setsu.
Ce dernier n'oubliait pas raison de sa venue et ses motivations. Si ses paroles avaient déstabilisé Ame, il ne comptait pas laisser un quelconque sentiment prendre le dessus. C'était décidé, il ne repartirait pas de Hibana avant qu'il n'ait une réponse à sa demande, dusse-t-il attendre jusqu'au lendemain s'il le fallait. Il le lui avait d'ailleurs proposé, lui-même s'étant rendu compte qu'elle avait besoin de temps avant de prendre sa décision. Certes, la balance ne semblait pas pencher en sa faveur pour le moment mais connaissant la Kannushi, insister ferait empirer la situation. Elle était une femme de pensée, une fois apaisée, elle réfléchirait de nouveau à l'entrevue entre elle et le Daimyo et pourrait ensuite prendre une décision plus réfléchie. Un mot travers suffirait à lui faire refuser. Un jugement irrévocable car fière comme elle était, jamais elle ne reviendrait sur sa décision, quand bien même elle l'avait prise sur un coup de tête. Pour toutes ces raisons, Gekido souhaitait qu'elle ait d'abord l'occasion de mettre de l'ordre dans ses idées, en espérant que la fièvre n'aille pas y semer la confusion.

Il se montrait si patient qu'il s'en étonnait lui-même. D'habitude, voir quelqu'un pleurer et être incapable de se contrôler avait le don de l'agacer mais aujourd'hui, il se découvrait une contenance nouvelle. Persévérant comme jamais, il ne laisserait pas ses plans tomber à l'eau par sa propre faute.
Ame Shimizu était un être bien plus imprévisible que prévu, il ne cessait de le penser, davantage encore quand elle bougea à nouveau. Une fois encore, il ne l'avait pas vue venir. Timidement d'abord, elle sortit de ses couvertures et se rapprocha de l'homme l'ayant demandée en mariage. Toujours sanglotante, elle paraissait vouloir dire quelque chose sans toutefois être capable de prononcer la moindre parole – le Seigneur aurait juré avoir vu ses lèvres frémir dans un ultime essai. Tentative vaine qui l'amena à poser son front fiévreux sur l'épaule de l'homme. Puisque quelque chose semblait retenir ses mots, elle avait décidé de le lui dire avec son corps. Elle garda cette position durant quelques secondes où lui ne bougea pas, avant tout curieux de voir ce qu'elle avait en tête, puis elle se laissa doucement glisser sur ses genoux, se rapprochant toujours jusqu'à aller enfouir son visage dans le cou de Gekido tout en le suppliant de ne pas la quitter. Elle qui lui hurlait presque de s'en aller il n'y avait pas plus de cinq minutes, la voilà qui adoptait une position radicalement opposée. Ce devait être la première fois depuis des années qu'Ame se dévoilait à lui, qu'elle se montrait telle qu'elle était vraiment, sans artifice.


« Calme-toi. » lui susurra-t-il à l'oreille.

Peu avaient osé faire preuve d'autant d'affection et de familiarité face à lui, mais il ne la repoussa pas. Son souffle chaud et le contact de ses joues humides ne lui étaient pas désagréables. D'un geste sûr, il lui passa un bras dans le dos afin qu'elle ne lui glisse pas des genoux, la ramenant même un peu plus contre lui. Il se sentait bien et surtout, il était infiniment satisfait. Il avait gagné. Ame venait de plier et si elle n'avait rien dit, aucun mot n'aurait pu être plus significatif que son geste.
Sa deuxième main glissa le long du dos de la Kannushi. La pression légèrement plus forte de son majeur lui permit de sentir l'ossature de la jeune femme à travers son kimono – elle n'était de tout façon pas bien charnue. Petit à petit, ses doigts dévalèrent les omoplates,devinèrent quelques côtes et apprécièrent la courbe de ses hanches jusqu'à s'arrêter avant d'être descendus trop bas. Enfin, ils se déplaçèrent une dernière fois avant de trouver refuge sur sa cuisse, que Gekido effleura légèrement.


« Je suis juste là, je ne vais pas te laisser. »

Suite à quoi il déposa un baiser succinct dans le cou d'Ame, l'ombre d'un sourire sur les lèvres. Il était entré au Temple en craignant le pire, il repartirait en conquérant. Les effluves fruitées de ses cheveux mélangée à la discrète mais âcre odeur de transpiration de la malade, le contact de leur corps pressés l'un contre l'autre, cela réveillait l'homme qui était en lui... Le Daimyo avait fait preuve d'une grande maîtrise de soi pour arrêter sa main sur la cuisse de la Kannushi car, l'espace d'un instant, il avait souhaité plus. Il lui suffisait pourtant de glisser ses doigts jusque dans sa ceinture puis d'en défaire le nœud avec un geste déjà mille fois répété. L'arrêterait-elle ? La question lui traversa l'esprit sans qu'il ne céda à la tentation d'obtenir une réponse. Mieux valait ne pas tenter le diable car ce geste pouvait réduire à lui seul tous les efforts fournis jusqu'ici. Soit, il rongerait son frein pour le moment, tôt ou tard il comblerait ses désirs...

« Je repars pour Moe dans la journée de demain. Je ne quitte pas Hibana dans l'immédiat, tu devrais en profiter pour te reposer. »


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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Lun 19 Mai - 5:38




Contre toutes attentes, le Daimyo ne se met, ni à hurler au scandale, ni à se moquer. Non, il la laisse faire sans bouger, pour finalement glisser un bras dans son dos pour la rapprocher et dans le même temps l'empêcher de la voir tomber de ses genoux. Elle essaie de reprendre un peu dr contenance, cachant son visage dans le creux du cou du Seigneur. Là, pour être traitée différemment elle l'était. Ame doute que quelqu'un d'autre ait un jour tenté de trouver réconfort dans ces bras-là. Encore faut-il que quelqu'un en ait eu l'idée. Chose qu'elle ne croit pas possible. A quel moment pareille pensée peut traverser l'esprit de quelqu'un parfaitement sain ? Mh.

« Calme-toi. » lui susurra-t-il à l'oreille.

Elle renifle. Elle entend. Elle ne saisit pas. Le Daimyo parait vouloir la calmer. Alors qu'elle ne sait même plus pourquoi elle pleure. Ah... La réincarnation est en colère, semble-t-elle se souvenir... Trop tard, visiblement. Sa santé lui chuchote de ne plus bouger, alors qu'elle sent l'autre main de Gekido se balader dans son dos. Elle ne doit pas faire partie de la centaine de femmes sur lesquelles il a dû promener ses doigts. Trop frêle, trop maigre, trop peu résistante. Elle souffle contre sa peau, tentative pour reprendre une respiration posée, en vain. Ame sent sa main tout le long de son dos. Sur chaque partie qu'il effleure. Ne sachant pas tellement si cela lui plait ou non. En y réfléchissant bien, rares ou inexistants sont ceux qui ont eu des contacts physiques tel que celui-ci avec la Kannushi. Elle n'est pas persuadée qu'elle doit s'en réjouir, mais pour l'heure, elle ne s'en plaindra pas. Autant qu'elle cesse de gigoter, qu'elle ferme les yeux et qu'elle apprécie cet instant privilégié qu'elle ne partagera peut-être plus avec le Seigneur Setsu. La main finit par arrêter sa course sur sa cuisse. Y laissant planer l'ombre d'une caresse.


« Je suis juste là, je ne vais pas te laisser. »

Elle acquiesce doucement dans son cou, buvant ses paroles. Si bien qu'il lui aurait pu lui demander n'importe quoi. Ame entrouvre un oeil au baiser dans son cou, un frisson la parcourant. Sensation étrange, cependant pas forcément désagréable. Elle ramène un peu son épaule contre son cou, comme pour effacer le geste de Gekido. Par gêne. Ces mots sonnent comme une promesse. Et elle vient de lui dire oui, sans avoir prononcé le moindre mot. La Haute-Prêtresse a accepté sa demande. Mh. Elle préfère ne pas trop y penser, blottie contre lui. Le futur viendra, plus tard si possible. Une pensée étrange lui traverse l'esprit l'espace d'un instant. Le Seigneur Setsu a un coeur. Ame en a douté aussi férocement qu'elle se croyait incapable de ressentir quoi que ce soit. Impassible à un tel point qu'elle avait presque oublié ce que l'on ressentait lorsque l'on pleurait. Et cet après-midi, elle découvre que le grand Gekido a un coeur qui bat dans la poitrine. Non, non, elle n'est pas folle. Elle l'entend. Du moins, elle perçoit la résonance de ses battements. Si vous aviez un doute, elle vient de confirmer la présence de cet organe. Alors... s'il en a un... pourquoi a-t-elle cette vague impression de froid malgré une pareille proximité..? Elle ne doit pas trop en demander, suppose-t-elle. Puis elle réalise que cette situation lui convient bien plus que tout ce qu'elle a bien pu dire. Résignée, elle en vient à se dire que peu importe la situation, il n'aurait pas lâché l'os avant d'avoir obtenu ce qu'il était venu chercher. En l'occurrence, elle préfère devoir le supporter elle-même que de voir une idiote se pavaner à son bras. La réincarnation, elle, est au moins digne de sa personne. Et plus encore. Aurait-elle pu être jalouse s'il avait décidé d'en épouser une autre..? Elle ? Non. Elle accorde simplement un point de bon goût et de raison à Gekido. Elle ne sanglote plus, elle se contente de renifler légèrement de temps en temps, les yeux mi-clos. La Kannushi se sent encore plus frêle et ridiculement petite dans les bras du Seigneur. Elle n'échangerait pas sa place avec une autre, quoique..?

« Je repars pour Moe dans la journée de demain. Je ne quitte pas Hibana dans l'immédiat, tu devrais en profiter pour te reposer. »

« Dans la ... journée de demain.... » Comme si le répéter tout bas allait mieux lui faire comprendre. « Du repos, oui... Je ... Je suppose que tu ne vois ... pas d'inconvénient à ce que ... je ne bouge plus... »

"Très cher, vous êtes un coussin parfait, restez-là." aurait sans doute eu le même effet sorti de sa bouche à ce moment là. Elle somnole déjà. Ame a sans doute grillé trop d'allumettes au même moment. C'est tout ce qu'elle gagne à s'emporter sans réelle raison. Enfin, ses doutes, ses peurs et sa réticence son légitime, surtout lorsque l'on connait Gekido. Désormais il irait fanfaronner qu'il va épouser une belle Dame. Mieux, la divinr Kannushi de Setsu. Parfait... Parfait..? Elle se perd un peu dans le fil de ses pensées, lâchant un bref soupire dans son cou.

« Si tu racontes  mon sanglot ... à qui que ce soit... Je te promets ... d'être la pire épouse qui soit... »

Menace qui n'en est pas vraiment une, étant donné que la Dame est presque assoupie. Elle murmure encore quelque chose. Du moins, elle le marmonne. Ce qui ne semble pas ressembler à grand chose... Mais il trop tard, elle s'est endormie...




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MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [Ame][Terminé] Mar 20 Mai - 21:56

Ame se laissait faire, pas une fois elle n'essaya d'arrêter sa main. Heureusement pour elle, Gekido fit passer ses intérêts à long termes avant la satisfaction de ses pulsions primaires. À défaut d'être plus épaisse qu'un bambou, forcé était d'avouer que la Kannushi avait un visage magnifique et une prestance naturelle qui la rendait très désirable. Discuter de son caractère était un peu plus délicat, et c'était peu de le dire. Étroitement enlacés, ils restèrent ainsi de longues minutes, physiquement plus proches qu'ils ne l'eurent jamais été jusqu'ici. Aucun deux ne bougeait, chacun savourant l'instant à sa manière. Le Daimyo, pour sa part, savourait une grande victoire aujourd'hui, sans compter que le souffle chaud d'Ame dans son cou n'était pas pour lui déplaire, loin de là.

« Je t'en prie. » répondit-il distraitement tandis qu'elle lui demandait pour rester ainsi encore un peu plus longtemps.

Il avait le temps, d'autant que lui refuser ce plaisir et s'en aller maintenant serait très malvenu. Ame pourrait toujours se raviser s'il quittait les lieux sitôt après avoir obtenu ce qu'il désirait, ici la promesse d'une union prochaine. La jeune femme demeura donc dans cette position peu convenable à son rang. Non seulement elle est était à califourchon sur son Seigneur agenouillé mais elle était en plus très découverte. Auparavant, Gekido avait réajusté son kimono afin qu'il ne révèle pas une parcelle trop importante de peau mais elle s'était relevée et s'était collée à lui sans faire attention, tant et si bien que ses frêles épaules était à présent nues.


« Ce qui s'est passé ici restera entre nous, tu as ma parole. »

Elle ne pleurait plus. Elle avait repris constance et sa respiration avait retrouvé un rythme régulier. De même, son étreinte se relâcha progressivement, comme si elle n'avait plus la force de serrer ainsi le Daimyo, à moins qu'elle ne soit tout simplement apaisée. Elle lui sembla s'appuyer davantage contre lui, ceci dit, glissant tout doucement.

« Ame ? »

Pas de réponse. Elle s'était endormie. Telle une enfant qui s'assoupit après avoir crisé, la Kannushi Setsu avait rejoint le pays des rêves après avoir laissé déferler toutes ses émotions sur Gekido. Elle était passée de la colère à la tristesse, se montrant plus expressive en cinq minutes que sur toute une année, sans compte qu'elle était malade. Tout cela avait dû l'exténuer, suffisamment pour qu'elle s'endorme de cette position aussi inconfortable qu'improbable. Il l'avait crue incapable de ressentir autre chose que de l'indifférence et du mépris depuis longtemps. Il avait eu tort, elle enfouissait juste ses sentiments au plus profond d'elle-même, les étouffant et laissant un certain mal-être s'installer. Aujourd'hui avait été la goutte de trop, le vase avait débordé et elle avait craqué. Puisse-t-elle trouver une certaine paix avec elle-même.
Le Seigneur la fit basculer doucement sur le côté. Il  ne pouvait rester indéfiniment ici et la pression qu'exerçait Ame sur lui rendait peu à peu sa position gênante, même si elle était ridiculement légère. Elle paraissait d'ailleurs tellement petite dans les bras du colosse. Si fragile... Il lui suffirait de si peu pour la briser. Mogami devait avoir le sens de l'humour, pour choisir de se réincarner de le corps de la plus faible créature qui soit.
Elle fut donc doucement déplacée, maintenue par les mains larges et puissantes du Seigneur afin qu'elle ne se réveille pas. La tête calée contre son épaule, il passa un bras sous sa cuisse en vue de remettre dans ses couvertures. Les mouvement nécessaires pour y arriver firent en sorte que le tissu de son kimono fut tiré dans un sens, puis dans l'autre, jusqu'à ce qu'au final, Ame se retrouva moins couverte encore. Il la déposa aussi délicatement que possible dans son lit et lui ramena les couvertures jusqu'au menton, ne prenant pas le risque d'aller couvrir sa nudité en tirant sur ses vêtements. Elle se serait sans doute réveillée et sans en avoir aucune preuve, il était persuadé qu'Ame était le genre de femme à  pourrir la vie de celui qui aurait le malheur de la réveiller.


« La pire épouse qui soit... » répéta-t-il dans un murmure.

Peut-être pas la pire, mais elle ne serait pas facile à vivre il le savait. Tout comme le Daimyo, elle était une véritable tête de mule, fière et bornée comme pas deux. Leur union créerait des étincelles tôt ou tard, la quiétude d'un couple en harmonie n'était assurément pas faite pour eux deux ! Sur ces quelques mots, il se releva, pas mécontent de pouvoir enfin s'étirer les jambes et le dos, puis il quitta la pièce sans bruits. Sans même un regard au Sohei incompétent, il laissa les appartements de la Kannushi derrière lui, dévalant les escalier le pied léger pour retrouver les gardes qui l'escorteraient jusqu'à la résidence seigneuriale. Un sourire discret étirait un coin de ses lèvres, le sourire d'un homme victorieux. Aujourd'hui, avec cette demande en mariage acceptée, il venait de remporter une grande victoire. Seule lui restait à conquérir l'intimité d'Ame mais il pressentait que cela ne serait pas pour tout de suite. Il aurait encore à ruser et à avancer avec prudence. Mais ce n'était pas la question la plus urgente pour le moment : avant tout, il conviendrait d'organiser leur union au plus vite et pour le mariage entre une Kannushi et un Seigneur, soit deux des personnes les plus puissantes de ce continent, il conviendrait que la cérémonie soit somptueuse afin que tous s'en souvienne plusieurs années durant.


[Fin du RP.]


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