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 "[E]Le Jour des Morts-Vivants"

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Takakasu Izoruko

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Mort

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MessageSujet: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Lun 10 Mar - 15:25

Jour sombre, des nuages gris voilaient l'astre du jour et la pluie venait doucement jouer de la percussion sur leurs armures tandis que leurs montures les amenaient vers leur funeste destination. A la tête de cette armée en marche, un borgne au regard sombre qui semblait déterminé à les épuiser à la marche tandis que lui-même semblait entièrement absorbé par ses pensées. Les chemins de terre qu'ils empruntaient n'étaient plus que boues après qu'autant de sabots les aient foulés. Miyuki approchait et ils y seraient largement avant la tombée du jour ce qui rassurait tous les soldats, chacun avait entendu les rumeurs sur ce qui se passait non loin de leur destination et nul ne voulait être confronté au fléau qui les attendait sous une nuit sans lune.

Cela faisait plusieurs semaines que la situation avait commencé à dégénérer, les yokais semblaient devenus fous et tout Yokuni en faisait les frais. Izoruko n'avait pas eu le loisir de beaucoup dormir ces derniers jours, il devait gérer tout un clan assailli par la vermine. Il n'y avait pas d'invasion à proprement parlé à part à Miyuki, mais les actes isolés des créatures mystiques se multipliaient à un rythme assez effrayant pour demander la mobilisation de tout ses hommes. Seule restait une division de réserve qu'il ne tenait pas à mettre en branle de suite, en joueur expérimenté de shogi, il voulait conserver la possibilité de parachuter une ultime pièce en cas d'urgence. Les cinq cent cavaliers qu'il menait étaient bien entrainés et leur progression était rapide malgré leur nombres. Alors qu'ils approchaient de la ville, un groupe d'éclaireur revint et leur apprit qu'un village un peu au Nord avait été ravagé, il y a peu. Le Taisho voyant là une occasion de constater par lui-même le mode opératoire de son ennemi avait ordonné à la cohorte de poursuivre tandis qu'avec un détachement il se rendait sur place.

De loin, l'endroit paraissait tranquille, les créatures n'avait mis le feu nul part, les rizières étaient désertes, presque paisibles. Mais en s'approchant de plus près, il ne faisait aucun doute qu'un massacre avait eu lieu en ce village. Les rigoles charriaient une trainée rouge sombre et ça et là des mares de sang étaient apparentes, la disposition des divers objets laissés à la hâte, une porte arrachée de ses gonds et l'intérieur qu'elle dévoilait sans dessus dessous... Tout indiquait qu'il n'y avait pas eu de résistance, ils avaient été assaillis par surprise et s'étaient retrouvés en sous nombre, certains avaient tentés de se barricader, en vain. Cependant ils ne trouvèrent aucun corps, personne ne dit rien à ce sujet, mais tous savait ce que cela signifiait. C'est alors que deux de ses hommes revinrent de la forêt tenant par le bras un jeune homme qui se laissa tomber à ses pieds. Tremblant, il s'agitait d'avant en arrière sur son séant, son visage et ses vêtements étaient couverts d'hémoglobine et ses yeux semblaient ne pas les voir, le général tenta tout de même d'en soutirer quelques informations:
«  Que s'est-il passé ici?
-Elles arrivent les hordes démoniaques, elles viennent nous prendre! Nous recruter! Nul ne peut leur échapper! Mes parents, mes soeurs, tous! Ils les ont tous rejoint! La fin approche, bientôt nous serons tous des leurs! Dans le sang! Tout finira dans le sang Vous! »
Ses yeux révulsés, il montrait le borgne du doigt quand il scanda: «  Votre destin sera le leur! La malédiction est sur vous! La malédiction est sur nous tous! 
- J'aurai dû vous prévenir Taisho-Sama, il débite ce genre de conneries depuis tout à l'heure.
- Je vois. Partons, nous avons assez perdu de temps! »






De beaucoup de villes où aurait pu se dérouler pareil évènement, Izoruko n'était pas mécontent que cela soit arrivé à Miyuki. De par sa position frontalière et l'importance commerciale de son marché, la ville avait été fortifiée et les habitants étaient habitués à vivre sous la loi martiale. Ca n'avait donc pas été la cohue lorsque ses troupes avaient fait leur entrée par la grande porte. Les habitants, bien que terrifiée, semblaient avoir confiance en l'armée Fukyuu pour les protéger. Le Taisho jouissait d'une réputation qui faisait de lui l'homme de la situation. Seulement il ne serait pour sa part rassurer que lorsqu'il recevrait le renfort des huit cents hommes d'infanterie qui devait venir de la capitale. Cependant avec ses cavaliers plus les forces déjà présentes en ville, il avait largement de quoi défendre la ville. Ce qu'il aurait voulu c'est porter le combat vers l'ennemi plutôt que l'attendre, mais ses effectifs ne lui permettait pas.
Ce qu'il avait vu dans le village, deux jours auparavant avait confirmé ses craintes: leur ennemi enrôlait ses victimes, ce qui faisait que leur nombre grandissait de manière exponentielle. Dans le but d'éviter que leur nombre croisse de manière trop importante, il avait envoyé plusieurs groupes sauver et ramener le maximum de monde que possible des hameaux disséminés le long de la frontière et autour de la ville, mais avait dû leur ordonner de stopper ces excursions lorsque l'un de ses groupes était revenu largement amoindri. Il ne tenait pas à fournir à l'ennemi des soldats expérimentés et équipés.

Cet après midi là, alors qu'il était dans ses quartiers provisoires, Kagome Tsukiko lui annonça la visite d'un Sohei venu du temple de la ville. Depuis la tentative d'assassinat à son encontre, Izoruko s'était adjoint un garde du corps et son choix s'était arrêté sur la soeur de Katsuya. Tout d'abord parce que c'était une fine lame en devenir qui le surclasserait d'ici quelques années, il n'en doutait pas,  de plus c'était un moyen de rassurer l'Hatamoto, elle était plus en sécurité au côté du général qu'en mission on ne sait où. Enfin cela permettait au Taisho de s'entrainer au sabre en la prenant régulièrement comme adversaire, moyen de lui transmettre ses connaissances.
Levant l'oeil de son parchemin alors que l'homme attendait depuis plusieurs secondes et que la jeune fille s'était éclipsée, le Taisho lui prêta une attention polie, parfaitement au courant du motif de sa visite:
«  Taisho-Sama, loin de moi l'idée de vous détourner de votre devoir, mais j'ai appris que vous avez ordonné l'exhumation et l'incinération des tombeaux se trouvant en ville!
- C'est exact.
- Sauf votre respect, il s'agit d'un sacrilège! N'avez-vous donc pas peur de provoquer le courroux des esprits?
- De ce que je vois hors de ces murs, ils ne doivent d'ores et déjà pas être de bonne humeur à l'idée que leurs cadavres servent de pantins. Je préfère prendre sur moi une malédiction de plus que courir le risque de voir ces braves défunts courir embrasser leurs descendant la lame au clair. A présent j'aimerai profiter de votre visite pour vous demander si vous pouviez rechercher dans vos ouvrages, quel yokai pourrait être responsable de tout ceci, un nécromancien capable de lever une armée de cadavre...
- Nous travaillons actuellement sur ce sujet, Taisho-Sama, nul doute que nous pourrons vous éclairer de source sûr dans très peu de temps.
- Voilà qui est bien, du temps je n'en dispose pas de beaucoup. Je me posais également une autre question, les mouvements récents des troupes ennemis me laissent penser que quelques stratège est à leur tête, savez-vous si un illustre guerrier était enterré dans les environs?
- Le grand Kaguna Hanato a été inhumé sur le mont Josho... Attendez, vous ne pensez pas que...?
- Si. A présent j'en suis convaincu. »


Le regard du général se reporta sur la carte siègant sur la table basse, tout en lissant sa barbe il se fit songeur. Kaguna Hanato avait été un brillant stratège pour le clan du Boeuf lors de l'Enfer Ecarlate, il avait naturellement suivi le clan Fukyuu quand celui-ci émergea et avait été son premier Taisho. Izoruko avait étudié religieusement ses traités militaires. Face à pareil adversaire, le jeu prenait une toute autre tournure. Et même si le samuraï se consolait en se disant que son adversaire n'avait presque que des paysans sous ses ordres, une part de lui même se réjouissait à l'idée d'affronter un ennemi de ce calibre.



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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Lun 10 Mar - 22:18

    - Vous comme moi savons que j'ai des scrupules à vous faire part d'une si grande requête, mais j'aurai besoin de votre aide pour cette mission. Nous sommes tous concernés par la menace de ces êtres damnés. J'espère que vous reviendrez sur votre refus, Dai-dono.


* * *

Miyuki. J'ai de bien meilleurs souvenirs de cette jolie ville. Elle respire la bonne humeur en temps normal, mais depuis l'assaut Yokai qui embrase le Yokuni de jours en jours, tous les citadins restent sur leurs gardes. La ville a d'ailleurs été interdite d'accès aux touristes qui, déçus, n'avaient d'autre choix que de rebrousser chemin jusqu'à leur foyer. Y étaient-ils seulement arrivés vivants ? Les routes n'étaient plus sûres du tout. Je me rappelle avoir croisé une harde d'êtres à l'allure farouche et à la démarche douteuse. Eux ne me voyaient pas, mais je pouvais clairement discerner leur silhouette de par ma vision thermique. Leur température corporelle était anormalement basse pour de simples êtres humains. Sans doute avais-je évité le pire ce soir-là, alors que je me rendais vers mon point de destination qu'était cette ville désolée.

Ainsi, revêtu de ma tenue blanche et immaculée, portant le masque effarant de "Hannya", je me trouvais là, positionné dans une sombre impasse, seul, avec un angle de vue minimaliste qui débouchait sur un balcon situé en hauteur. J'utilisais par intermittences mon don de vision thermique pour anticiper la venue d'un éventuel gaillard curieux, auquel cas je pouvais insister sur ma discrétion pour qu'il ne me voie pas. En temps normal, je n'avais pas besoin de voir quoi que ce soit, si ce n'est ces signaux lumineux entrecoupés de temporisations précises. J'étais accompagné d'une demi-douzaine d'initiés de Kara qui me communiquaient la situation au moyen d'un code visuel simple et discret et je ne loupais ainsi aucune miette du spectacle.

Par ailleurs on m'annonça la venue d'un grand régiment du clan Fukyuu, mené par leur général. Je compris rapidement les enjeux de tous cela. Pour rien au monde ils ne laisseraient tomber Miyuki. Elle était après tout une sorte de passerelle entre les territoires Kenshu et Setsu. J'avais d'ailleurs un mauvais pressentiment suite à la venue du général en personne. Si sa présence était inéluctable céans, alors il y avait fort à parier qu'il serait accompagné d'individus tout aussi hauts-gradé que le Taisho de Fukyuu. Peut-être jaugeaient-ils le danger mieux nous, après tout ; nous ne sommes que trop peu à Kara et je n'avais pu mobiliser que six hommes, essuyant avec amertume le refus de Dai-dono.

Qu'importe. Je restai un long moment sans nouvelles, si ce n'est illuminé de signaux "R.A.S." toutes les cinq minutes. L'imposante armée de soldats d'Itegami se déployait tranquillement et, fort heureusement, je restais tranquille dans cette sombre impasse qui ne laissait pas même entrevoir mon imposante silhouette. Même si je me doutais que, dans les instants qui suivraient, je devrai m'annoncer au risque d'être abattu sur-le-champ, ma dégaine n'était pas des plus amicales...
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Fukyuu Yukimura

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Mar 11 Mar - 12:02

Yukimura se mit en rang et suivit la cadence des troupes. Il respecta les ordres du Taii, même lorsque celui-ci lui ordonna de hâter la marche. Le soldat à côté de lui lui fit un signe de tête comme pout l’encourager. Puis dans un hurlement assourdissant, les soldats crièrent pour montrer leur dévouement et leur bravoure. Ce que ne savait pas le soldat, c’est que son compagnon d’arme n’était autre que son seigneur, bien caché sous son masque et son armure. Son bo était accroché dans son dos habilement recouvert d’un tissu par crainte qu’on ne le démasque.

Comment le Daimyo du pays des glaces s’était-il retrouvé dans cette situation, au cœur même de son armée et considéré comme un soldat lambda ?


*** Quelques heures plus tôt***


- « Yukimura-sama !!! Yukimura-sama !!! « Yukim…. » BLAM

Le messager se retrouva plaqué au mur dans le couloir central du palais qui menait à la chambre du seigneur des glaces. A moitié remis de ses émotions, il réalisa qu’un des gardes l’avait alors stoppé dans son élan.

- « Non mais ça va pas bien non ??!! Vous n’auriez pas voulu déranger le Daimyo de la sorte n’est ce paaaaass ? Vous voulez qu’on finisse dans un fossé ??!! »
- « Je….j’ai, pour »
- « gue gue quoi ?! Parlez donc, vous aviez l’air si pressé ! » Le messager lui fit signe de lui libérer la gorge.
- « Kof kof…les armées sont en routes, les premiers rapports de sont pas bons du tout ! Des villages sont en cendre et les habitants se font décimer !!! »
- « Qu…Quoi ?! Et pourquoi ne l’as-tu pas dit plus tôt imbécile ??! »

Le garde récolta les dernières informations puis lâcha le messager et se précipita à la porte de son seigneur. Transpirant de part en part, il grelotta puis reprit son souffle pour enfin frapper à la porte. Ceci fait, il entra en tentant de ne pas dramatiser la situation souhaitant ne montrer que sa bravoure puis s’inclina devant Yukimura.

« Mon seigneur, l’armée commandé par Takakasu Izoruko est parti pour la ville de Miyuki. La situation est des plus inquiétante, des hordes de nos anciens soldats semblent désormais faire partie des troupes ennemis. Des renforts ont été réclamés par le Taisho et viennent de se mettre en route. »

Yukimura perché à la fenêtre, dos au garde, l’écouta attentivement et resta figé, le regard porté vers l’extérieur. Il marqua un temps qui sembla durer une éternité pour le soldat. Enfin, le Daimyo tourna son regard vers lui d’un air tout aussi sage que déterminé. Il finit par laisser échapper un léger sourire tout en rassurant son invité.

-« Le courage nourrit les conflits mais seul la peur les fait naître…ressaisissez vous et ramenez moi le garde en chef. »
-« Oui Yukimura-sama »

Le garde fut touché par ces mots qui lui donnèrent de l’entrain et du courage, toutefois il resta dubitatif face à cette idée. Ne venait-il pas par son élan de bravoure soudain de projeter son esprit vers un conflit ? Le seigneur des glaces ne cessait de parler par énigme, si bien que parfois, il parvenait à renverser les esprits. Selon lui, il ne fallait jamais resté sur ses positions et son mode de pensée ; c’est pourquoi la remise en question était la base de sa réflexion. En ce moment même, de la réflexion, le seigneur en était submergé. Comment pouvait-il seulement rester ici alors que son peuple subissait le châtiment des Yokais ? Bien confortablement installé dans son château, avec un thé et des gâteaux sec, voilà à quoi il était réduit. Son seul ami était lui aussi parti combattre les Yokais pour sauver son peuple, et lui, serait contraint de regarder son armée se faire décimer tout en donnant des ordres ? C’était tout bonnement inacceptable ! Pourquoi sa vie aurait-elle plus de valeur que celle d’un paysan, il se le refusait.

Le garde une fois sorti de la pièce, Yukimura détourna de nouveau son regard vers l’extérieur patientant fermement de pouvoir s’échapper. Peu de temps suffit pour que le garde en chef puisse se présenter devant lui. Lors de son arrivé, une couche de givre parcourait à même le sol tellement sa volonté de combattre se faisait sentir, un sentiment d’injustice émanait de lui à en être palpable si bien que le soldat ne pu paraître à l’aise devant son seigneur. Il s’inclina devant lui et demanda l’objet de sa requête. Yukimura s’éloigna de sa fenêtre et s’adressa sereinement à lui.

« Amène moi une armure des plus classiques avec un masque, ne te préoccupe pas des armes. »

Le garde bien qu’étonné s’exécuta et revint quelques minutes plus tard avec tout l’attirail. Yukimura lui demanda de fermer la porte et lui avoua ses intentions de rejoindre le corps d’armée se dirigeant vers le Miyuki. A la vue de son regard, le garde n’osa pas un seul instant exprimer son mécontentement et il ne s’y serait pas risqué alors qu’un voile de givre se formait en continu autour du Daimyo. La volonté qu’il avait de se rendre au front était telle que rien n’aurait pu l’en empêcher, pas même Katsuya.

Une fois habillé, Yukimura demanda de le mener jusqu’à l’armée en route de façon discrète sans ébruité le secret. Ses ordres ensuite étaient de faire en sorte que personne ne puisse passer le seuil de la porte de sa chambre. Le garde en chef mena son seigneur à travers les passages les plus rapides de la capitale pour rejoindre les troupes. Le garde tremblait, non pas parce qu’il était en compagnie de son Daimyo mais parce qu’il redoutait la sentence qui l’attendait si son Taisho ou les Hatamoto venaient à le savoir. Il n’avait plus qu’à prier Itegami que le seigneur s’en sorte indemne car, dans le cas contraire, il était mort.


***


Voilà plusieurs heures que marchaient les renforts en direction de Miyuki. Le temps était sombre, l’ambiance morbide et le son des armures se déplaçant à l’unisson résonnaient comme le tonnerre dans les terres de Fukyuu. Au loin, on apercevait des fumées, présages de massacre, ignominie et profanation. Le sang du seigneur bouillonnât à en sortir de son armure et à travers les fentes de son masque, on percevait difficilement son regard bleuté qui ne se détourna pas un instant de son objectif.

Peu de temps après, ils croisèrent des émissaires du Taisho ayant pour but d’incinérer les tombes de nos ancêtres. Si la plupart furent choqués par cette décision, Yukimura savait qu’il ne ferait pas cela sur un coup de tête et qu’il avait une bonne raison. En effet, bien qu’Izoruko semblait parfois se comporter de façon brutale et impulsive, il n’en était rien. Il avait pu le voir à l’œuvre et discuter avec lui, c’était un homme de principe pour qui l’honneur et la fierté passait bien avant son confort personnel. Yukimura se réjouissait à l’idée de pouvoir garder un œil sur lui, il n’aurait pas voulu qu’il lui arrive malheur.

La route ne fut plus très longue pour arriver au poste avancé que tenait Izoruko. Les soldats, malgré les circonstances faisaient preuve de bravoure et de détermination. Avançant de façon bien réglée, Yukimura suivit le rang pour enfin se retrouver devant la tente de son Taisho. Impossible qu’il puisse le reconnaitre parmi ces soldats et c’est non sans fierté qu’il était enfin parvenu à se rendre au front usurpant un rôle qui ne lui était pas destiné.

Attendant les ordres de son Taisho, il était devenu un parfait inconnu alors que les troupes ennemies, tapis dans l’ombre, gagnaient peu à peu du terrain.
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Souteigai

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Mar 11 Mar - 15:10

Tandis qu'un mince rideau de pluie, une averse qui touchait cependant à sa fin, semblait vouloir laver le monde de ses impuretés, les deux mille soldats Fukyuu stationnés à Miyuki se préparaient silencieusement, les cinq cent cavaliers d'Izoruko, les huit cent fantassins, parmi lesquels le Daimyo lui-même et les sept cent hommes de garnison de la ville. Le silence, tel un voile morbide jeté sur la ville contrastait avec l'habituelle animation de la ville frontalière et de son grand marché. La petite pluie étouffait le moindre son, rendant plus pesant encore le silence terrifiant qui étouffait la ville... le calme avant la tempête.


Dans le nouveau bureau du Taisho les visiteurs se succédaient. Le Taii responsable des éclaireurs vint délivrer les rapports de ses hommes à son supérieur. Moins d'une heure auparavant un groupe de morts-vivants, autour de quatre-vingt d'entre eux, avaient traversé la frontière, venant de Setsu, apportant avec eux plusieurs étranges charrettes bâchées. Ils ne tarderaient sans doute pas à rejoindre le corps d'armée principal des créatures, renforçant d'autant leurs effectifs. Il était impossible d'avoir une estimation précise et fiable du nombre des créatures, de nouvelles recrues s'ajoutant presque à chaque minutes à leur nombre. Les plus optimistes annonçait mille deux cent créatures, les plus pessimistes laissaient ce nombre gonfler jusqu'à trois mille. Pour l'heure ils ne progressaient plus, ils semblaient se préparer, peut-être attendaient-ils d'autres renforts ? Peut-être attendaient-ils uniquement la fin de la pluie ? Il était impossible de savoir ce qu'ils avaient en tête. Un éclaireur avait aperçu un guerrier en armure portant un haori de Taisho et semblant commander aux créatures. Sous son armure il était impossible de dire s'il était vivant ou mort, et cinquante cavaliers parfaitement équipés l'accompagnait. Selon ce même éclaireur il semblait effectuer une reconnaissance du terrain. Le Taii acheva son rapport en mentionnant que quatre de ses hommes manquaient à l'appel et avaient vraisemblablement été pris par l'ennemi.


Faisant suite au rapport du Taii, le Shohei qui avait quitté peu de temps plus tôt ce même bureau revint. Les responsables de toute cette pagaille avaient été identifiés : des chats. Mais pas n'importe quels chats, des Bakeneko. Une croyance populaire recommande de ne jamais laisser un chat s'approcher d'un cadavre sous peine de voir celui-ci se relever, cela n'est vrai que si le chat en question est un Bakeneko, un chat aux pouvoirs démoniaques. Selon le religieux, seuls de tels êtres pouvaient être à l'origine de ce chaos et, vraisemblablement, pour avoir levé si rapidement une telle armée il devait y en avoir plus d'un.
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Takakasu Izoruko

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Dim 16 Mar - 15:30

Affronter un adversaire supérieur en nombre n'inquiétait pas outre mesure le Taïsho borgne, morts vivants ou non, ces ennemis étaient pour la plupart de simples paysans dépourvus de connaissance militaire. Néanmoins le fait que, d'après ses rapports, ces créatures semblaient ignorer la peur et étaient menés par un fin stratège était beaucoup plus inquiétant. Lui-même ne doutait pas du courage de ses hommes qui à coup sûr, redouteraient plus le sort que le général leur réserverait si ils fuyaient que d'être massacrés par des ennemis surgis d'outre-tombe. Quant à ce Taïsho rival, il aurait pu décider d'envoyer des hommes l'assassiner en profitant du fait qu'il se soit mêlé à l'avant-garde, mais il tenait à le vaincre sur le champ de bataille pour lui prouver sa supériorité. Aussi chassa-t-il cette idée de son esprit.

Il quitta ses quartiers pour venir parcourir le camp militaire qui s'était installé avec une vitesse surprenante. Les recrues fraîches qu'il venait de recevoir allait se révéler déterminante dans la pièce qui allait se jouer. L'atmosphère était fébrile et l'attente se révélerait le pire ennemis qu'ils aient à affronter. L'attente laissait le temps de parler, de répandre de rumeurs qui se changeraient en certitudes et qui saperaient le moral des troupes. L'adversaire était en train de mouver ses pions, il était temps qu'il agisse ainsi. Les soldats sur son passage s'inclinaient respectueusement, figure d'autorité incontesté il ne pouvait se permettre de montrer le moindre doute, tant qu'ils seraient persuadés qu'il savait ce qu'il faisait, ils le suivraient tête baissée. Le samuraï ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine fierté de commander ces hommes compétents et ordonnés, ces hommes pour qui l'honneur n'était pas un mot creux. Un regard au ciel grisâtre, maintenant percé par intermittence d'un soleil porteur d'espoir, lui valut une moue dubitative. Si le chargement qui se dirigeait vers les lignes ennemis était bien ce qu'il pensait, la fin de la pluie se révélait une nouvelle plus funeste qu'il n'y paraissait. Aussi décida t-il de prendre les devants. Il s'avisa d'un certain Taii arrivé avec les renforts de la capitale et lui demanda de réunir cinquante de ces hommes et de se procurer une monture pour chacun. Lorsqu'ils furent devant lui, il les harangua d'une voix puissante et assurée:
«  Au Nord de notre position, non loin de la frontière Setsu, se déplace un chargement ennemi qui devrait rejoindre leur armée principale sous peu si nous ne faisons rien. Votre mission sera d'intercepter ce chargement et de le détruire après en avoir identifié la nature, si toutefois celle-ci représente un danger réel pour la ville. Votre but est de frapper rapidement  et de vous replier, n'engagez l'ennemi que le temps d'accomplir votre devoir et ne gâchez pas vos vies stupidement. Des éclaireurs sont morts pour nous délivrer cette informations, faites en sorte que leur sacrifice n'ait pas été vain et revenez nous entier! Qu'Itegami soit avec vous!»

Dans un vacarme de tout les diables ses hommes se mirent en route. Si le Taïsho avait su qu'il venait d'envoyer son Daimyo dans une mission extrêmement risquée, il ne s'en serait pas remis. Il avait choisi d'envoyer cette escouade-ci, car il avait confiance en leur Taii et en son pouvoir qui consistait à emprisonner les pieds de ses adversaires dans la glace ce qui favoriserait leur replis. Le choix de n'envoyer pas plus d'hommes était délibéré, c'était leur grande mobilité qui ferait leur force. En opérant une diversion et en chargeant l'ennemi par le flanc munis de flèches enflammées et de torches, ils devraient pouvoir prendre un avantage certain sur eux. Ils devraient sûrement essuyer quelques pertes, mais si le convois transportait comme il le craignait de la poudre noire en quantité, leur sacrifice serait loin d'être vain. Il reprit sa marche et se rendit dans les quartier du Taisa en charge de la sécurité de la ville. Ce dernier semblait las, visiblement le sommeil ne l'avait point visité depuis plusieurs jours, Izoruko choisit de n'en pas faire cas, d'un ton détaché, il lui confia ses découvertes:
«  D'après nos sources le mal dont nous souffrons serait la cause de Bakenekos, je veux que vous débusquiez ceux qui pourraient se cacher en ville dans chaque chaumière, s'il le faut, et que vous les exterminiez, nous nous occuperons de ceux à l'extérieur de la ville lorsque nous aurons défait l'armée qui se dirige vers nous. 
- Comment allons nous faire pour distinguer les chats normaux des yokais?
- Inutilte de les distinguer, tuez les tous, on fera le tri après.
- Mais les chats protègent les denrées des rats.
- Nous avons de plus gros problèmes que les rats à l'heure actuelle, il sera toujours temps de réintroduire des chats quand tout sera rentré dans l'ordre. »


La manière dont il foudroya du regard l'officier qui osait remettre en question ses ordres suffit à ce dernier pour ne plus argumenter d'avantage et se hâter de s'exécuter. Bientôt la population toute entière serait au courant pour les Bakenekos et poursuivrait cette chasse aux sorcières d'elle-même. Il préférait que des chats fassent les frais de la peur hystérique de la foule plutôt que ses semblables et il avait confiance en ses hommes pour maintenir l'ordre durant l'opération. Avec Tsukiko dans son dos, il décida de poursuivre sa promenade vers les quartiers marchands pour jauger de lui-même le moral des habitants et analyser la situation, ses hommes sauraient où le trouver pour lui remettre leurs rapports, il n'était pas homme à passer inaperçu. Les réserves de grains étaient suffisantes pour tenir un siège prolongé mais d'autres denrées viendraient à manquer si la situation perdurait. Dans ce cas, le marché noir se développerait rapidement. C'était inévitable. En revanche une bonne analyse des personnes présentes lui permettrait de déterminer qui serait à la tête de ce marché et ainsi contrôler le phénomène autant que faire ce peut.

Il avait prévu de terminer son périple par une inspection des remparts de la ville pour s'assurer de la bonne préparation du siège. Le développement de la poudre avait mis à mal le style de combat traditionnel. Le nombre et la taille des canons étaient, hélas à ses yeux, devenus le réel enjeux du conflit, hors avec ceux déjà présents en ville plus ceux qui avaient été acheminés par les renforts, ils n'auraient pas de quoi rougir face à l'adversaire. L'idée d'affronter des non-vivants n'avait pas choqué le Taïsho, depuis quelques mois, il avait vu et reçus des rapports sur tant de phénomènes étranges, que plus rien ne semblait pouvoir l'étonner.  De quoi lui faire penser qu'il n'était peut-être finalement qu'une pièce de plus sur un plateau de shogi, dont les joueurs seraient les kamis en personne.



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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Dim 16 Mar - 17:13


C'était le calme avant la tempête.

Je ne connaissais meilleure expression pour décrire cette ambiance pesante que je vivais. La monotonie était parfois difficile à supporter pour un soldat et je ne le savais que trop bien ; si mes acolytes n'étaient pas là pour me tenir au fait, je me laissais facilement aller dans mes songes. La pluie avait cessé et c'était pour moi fort mauvais présage auquel je devais me préparer. Quelle ne fut pas ma surprise quand l'on me porta enfin des nouvelles intéressantes après ce changement de météo. Je sentais que, d'un moment à l'autre, ça allait tonner. Je pouvais ressentir dans l'air cette peur qui planait sur les citadins et quelques soldats. Au fond nous avions tous un peu peur. J'en oubliais presque mes années passées à parfaire ma technique du Wajutsu. La mort avait toujours été présente à mon esprit depuis que j'ai embrassé le prisé cercle du Feu, le troisième stade du Wajutsu. Et là elle l'était plus que jamais, en plus de me faire peur. En fait, je n'avais pas peur pour ma vie. Je pensais bien évidemment à mes amis, aussi bien à Fumi-chan qui devait rester près de la Dame Eiichiro ou à Daishi-kun qui apportait son soutien à Raimei. Quant à Chomei, celui-ci nous avait dit qu'il avait un plan en tête. J'ai toujours eu confiance en lui depuis qu'il m'a montré qu'il était quelqu'un de digne, mais exceptionnellement cette fois-là je doutais. Je doutais au point d'avoir quémandé l'aide de ce vieux Dai-dono ; sans réponse positive mais, le connaissant, cela ne me surprenait guerre.

Je n'eu pas davantage le temps de m'égarer lorsque mon contact m'expliqua - non sans peine, nos échanges étant codés - que des mesures avaient été prises pour traquer tous les félidés de la ville. En effet, grâce aux informations grappillées par les troupes de Fukyuu, la population locale était informée du véritable Mal qui se dressait contre eux : des "Bakeneko", ces viles créatures étaient responsable de tout ce vacarme et en venir à bout ne serait pas une partie de plaisir. J'étais venu à bout de certaines d'entre elles avec le Vieux, mais c'était bien parce qu'il était présent avec Fumi-chan et Daishi-kun. Certes j'avais à ma disposition six guerriers de Karas que j'avais moi-même choisis ces cinq dernières années. Je les considérais être les meilleurs du pays dans leur domaine - mercenaire, assassinat, marchandage, espionnage. Mais il était évident qu'ils ne valaient pas la force de l'armée de Fukyuu, ni même celle du Vieux. Mais il existe chez eux une qualité que ces milliers de guerriers à la solde de Fukyuu-sama n'auront jamais : eux ne se battaient pas pour un seigneur. Ils ne se battaient pas non plus pour Chomei. Ni l'Empereur. Ni tout ce qui représente un intérêt privé ; non, eux se battaient pour Yokuni entier, et je me félicitais d'en faire de même.

Mon contact m'annonça que le Taisho était en mouvement, en vadrouille un peu partout dans la ville. Lui qui avait ordonné de fouiller celle-ci à la recherche de félins, l'on ne tarderait pas à me tomber dessus. Je fis signe à mon contact de pleinement nous déployer et je me hissais à cette corde que j'avais pris soin d'attacher jusqu'à la toiture de l'habitation voisine. Les habitants des lieux étaient, fort heureusement, trop affairés à rester cloîtres pour se protéger, et l'idée de s'aventurer sur leur propre balcon ne les effleurait même pas. Je me retrouvai donc, discret, en haut d'une toiture légèrement courbée. Je finis un dernier récapitulatif de mon inventaire et vérifiait que je portais bien mon attirail habituel : un sai, mon pistolet, un tanto soigneusement dissimulé et le ninjato que je portais sur le flanc gauche. Je ressemblais à un mercenaire et n'avait rien d'un ninja, certes, mais j'étais suffisamment d'envergure pour porter également des armes type projectile, et en nombre. Je ne comptais pas le nombre de saïs qui se cachait dans ma manche, et les quelques shurikens qui pendaient à ma ceinture. Discret et rassuré, il ne me restait plus qu'à suivre du regard le Général et ouïr au possible ses faits et gestes. Je voulais me manifester pour lui exprimer mon soutien, mais en raison de ma dégaine, je pense que cela serait malvenu. Pas de suite, du moins. En tout cas, sans doute préférerait-il l'aide d'un être ressemblant à un Yokai et de blanc vêtu plutôt que d'un fourbe Genin du clan Setsu. J'étais tout de même assez bien placé pour savoir que les guerriers d'Itegami ne nous portaient pas dans leur coeur, et ils avaient raison.
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Fukyuu Yukimura

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Lun 17 Mar - 16:15

Le convoi ennemi détruit, le groupe de Yukimura chargé de cette sale besogne pouvait désormais rejoindre l’armée principale afin de s’occuper de l’armée ennemie en quelques secondes et tout reviendrait dans l’ordre. Tous les clans pourront s’aimer dans le saké et la débauche, mis à part le clan Setsu bien évidemment. Tous s’unifieront pour une vie meilleure et la plupart auront plein d’enfants bénis par l’empereur lui-même. Voilà une vision bien utopique que pouvait espérer Yukimura tandis que le Taisho envoya au combat cinquante de ses hommes parmi les renforts fraichement arrivés. Bien évidemment, le Daimyo fut choisi pour cette mission. Pourquoi était-ce tombé sur lui ? Non pas qu’il ne voulait pas s’y rendre, bien au contraire, mais il aurait préféré veiller sur le gros de ses troupes. A tout bien y réfléchir, s’il pouvait sauver une partie de cette cinquantaine de soldat, il serait comblé. Une question fut soulevée lors de la sélection… n’avait-il pas été choisi présenté comme un soldat de base, dans sa petite tenue qui n’avait l’air de rien ? Un pion à sacrifier, voilà ce qu’il avait du être aux yeux du Taii. Bien heureusement en effet qu’Izoruko ne soit pas au courant, il s’en serait rongé les phalanges.

Une fois le groupe sélectionné et réuni, tous furent briefés sur l’importance de leur mission. Ces chariots transportaient-ils poudre, cadavre ou brocolis, ils allaient en avoir le cœur net. Le Taii demanda une diversion afin d’être sûr que l’armée ennemie ne porte aucune attention au convoi qui s’apprêtait à les rejoindre.

Le convoi ennemi n’était pas loin de leurs semblables, il fallait donc se hâter alors qu’il sillonnait un sentier entre deux flans de montagne. Parfait pour une embuscade, toutefois les chevaux ne leur seraient pas d’une grande utilité. Soit, ils finiront à pied. Pour commencer, le groupe de Yukimura se hâta en cadence jusqu'au point stratégique. Cette marche funeste creusait les tombes des futurs défunts, les sillons dessinés dans la terre laissait ruisseler l’eau qui d’une couleur brunâtre finirait inexorablement par virer au rouge. Cette trace se prolongea jusqu’ au point désigné comme étant le lieu de rencontre entre les forces de Fukyuu et le convoi moitié mort moitié vivant. En position pour l’assaut, la rage des soldats était palpable, leur engouement pour cette première bataille était inexorablement présente tandis qu’un regard plus proche de l’excitation que de l’appréhension ressortait de leur visage. Un chien devant un os à moelle, voilà le tableau que pouvait contempler le seigneur des glaces. Rassuré de voir ses soldats avec un tel courage, il se prépara dans l’attente du convoi.

Au loin, du mouvement se faisait sentir. Il s’agissait sans nul doute de la diversion qu’ils avaient réclamée. Devant les portes de Miyuki, un soldat avait été envoyé seul entre les deux grandes armées. De premier abord, Yukimura fut surpris qu’on laisse quelqu’un sortir seul devant un tel danger, nul doute que ce soldat s’était porté volontaire…


***Un instant plus tôt devant les portes de Miyuki***


« Bien les enfants ! Il me faut un volontaire pour une diversion ! Nous allons feinter… Il me faut un homme courageux ! Sur qui nous pouvons compter ! Qui saura quoi faire le moment venu ! Il nous faut un effet de surprise, quelque chose d’inattendu ! Qu’ils n’ont pas l’habitude de voir ! » Le Taii gonfla la poitrine tout en marchant répétitivement de gauche à droite. « C’est pourquoi…l’un de vous devra se rendre devant nos ennemis et attirer leur attention ! » Coupé d’un silence, il reprit. « Toutefois !!! Ce soldat ne repartira pas les mains vides !! S’il devait lui arriver malheur, il lui restera notre reconnaissance et la gloire…pour l’éternité ! Si quelqu’un trouve le courage de s’avancer…» Suite à ce discours patriotique, le Taii se stoppa et se retourna pour faire face à ses troupes. Au même moment, tous reculèrent d’un pas, tous sauf un. « Parfait !!! Nous avons un volontaire, viens ici mon garçon»

« M..Mais que.. ?! Mais… »

Ce brave garçon n’eut d’autre choix, jeté à travers la porte de la ville, que de trouver une solution pour la survie…pour la sienne ou celle des troupes qui attendait non très loin de là pour donner l’assaut au convoi.

Alors que les troupes dont faisait partie Yukimura attendaient patiemment que le convoi s’approche, ils observaient le jeune soldat qui semblait tituber seul devant les fortifications de la ville. Devant se sentir bien seul, il resta immobile un bon moment avant de s’approcher de troupes ennemies sans non plus s’en approcher trop dangereusement sous les encouragements de ses collègues postés en haut des murailles. Bien deux minutes passèrent sans qu’il ne bouge un membre puis, sans trouver d’idée, il commença à bouger ses talons qui pivotèrent sur eux même pour faire dos à l’armée ennemie. Pensant qu’il fuyait, l’armée Fukyuu l’encouragea de plus belle tandis que ce dernier se pencha quelque peu vers l’avant. D’un regard interrogateur, l’armée des glaces haussèrent un sourcil devant le spectacle que lui offrait ce jeune soldat. Il était désormais cul nu, dos à une armée de mort-vivant. Voilà tout ce qu’il avait pu trouver… Yukimura fut désespéré de voir une diversion de ce type, qui avait-il à ses ordres ? Qu’avait-il fait pour en arriver là, était ce là les techniques de son clan pour gagner la bataille ? Quel manque de dignité…

Sous les rires gras de ses camarades, le soldat finit également par se prendre les pieds dans son bas tandis que deux créatures se dirigeaient dans sa direction. L’armée de mort vivant manquait-elle d’humour ou bien souhaitait-elle juste libérer leur champ de bataille… ?

Yukimura entendit très rapidement de gros rires bien gras au sein de son groupe. Que ne comprenaient-ils pas par embuscade et discrétion ? Nul doute qu’une séance de fouet dirigé par notre ami Taisho aurait su leur remémorer leur devoir. Le Taii réclama le silence alors qu’un dernier soldat finit de rire en se tournant vers un de ses compagnons comme pour rechercher un appui. Or, en se tournant, le soldat ne vit pas un collègue mais une créature putréfiée, à l’odeur nauséabonde et édentée lui faire face. Il s’agissait d’un éclaireur mi mort mi vivant qui s’était malencontreusement mêlée au groupe suite à cette fameuse diversion. Consterné, le seigneur des glaces se précipita vers la créature tout en sortant son bo. Un coup vif vint balayer les jambes de cette dernière puis d’un mouvement continu et précis, Yukimura planta le côté opposé de son bâton à travers le crâne de cette chose immonde. Dans un bruit typique de fluide vitaux et d’os concassé, Yukimura tourna la tête vers le soldat en question et lui lança d’une voix glaciale…

« Faites attention, voulez vous mourir ? »

Meurtri par son inefficacité, le soldat ne répliqua pas et réfugia son regard vers le Taii comme pour demander pardon. Yukimura se fit discret suite à cela tandis que le Taii le dévisagea. Bien heureusement pour lui, le masque confina son identité. Etant plus préoccupé par leur discrétion que par la présence de ce mystérieux soldat au sein de son groupe, le Taii les réordonna pour l’embuscade qui était désormais imminente. Il ordonna aux soldats de sortir leurs armes et de se préparer au combat. Ils n’avaient plus qu’à espérer que la créature qui les accompagnait n’avait pas sympathisée avec les membres du convoi…
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Souteigai

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Ven 21 Mar - 14:02

Tandis que le Taisho faisait sa ronde dans la ville, animée par son nouveau sport national de chasse aux chats, le Taii chargé des éclaireurs revint le voir, visiblement empressé et essoufflé. Il avait très certainement une nouvelle urgente de dernière minute à faire parvenir à son supérieur.


"Monsieur, monsieur... Taisho-sama... Un de mes hommes que je croyais mort est finalement revenu, il a repéré un autre convoi de chariots bâchés de l'autre côté du camp ennemi. Eux aussi reviennent de Setsu... J'ai peur que le premier convoi n'ai été qu'un leurre."


Malheureusement, dans la disposition actuelle, il serait très risqué d'envoyer un groupe attaquer ce nouveau convoi, car les hommes seraient isolé entre celui-ci et le gros des troupes morts-vivantes. Il n'était cependant pas impossible d'envoyer des renforts aux troupes se préparant à embusquer le premier convoi, bien qu'elles risquaient d'arriver trop tard.


De leur côté, les soldats embusqués s'apprêtaient à attaquer le convoi. L'objectif principal étant de s'assurer du contenu des chariots, le Taii avait décidé de tirer des flèches enflammées sur ceux-ci. S'il s'agissait bien de poudre, comme le redoutaient le Taisho, ils exploseraient, emportant avec eux leur escorte cadavérique, si cela n'en était pas, il serait toujours temps d'aviser ensuite. Cette tactique avait pour mérite de ne pas faire prendre trop de risques aux cinquante soldats, répartis pour l'occasion en deux groupes de vingt-cinq.

Tandis que les chariots avançaient, le signal fut donné et les flèches volèrent. Mais à défaut d'explosion de flammes, ce furent de nouveaux soldats morts-vivants qui jaillirent des véhicules. Les chariots n'étaient, en effet, pas remplis de poudre noire mais d'autres morts-vivants entassés. À défaut de quatre-vingt créatures, c'était désormais plus de cent-quarante d'entre elles qui s'élancèrent aussi vigoureusement que leurs carcasses le leur permettaient vers les sources des tirs de flèches. Dans le même temps, les embusqués furent prit à leur tour en embuscade, l'éclaireur mort-vivant tué quelques instants plus tôt n'ayant pour autre mission que de confirmer la présence d'un groupe d'ennemis. Comme il n'était pas revenu, l'attaque avait été lancé. Ce groupe de renforts d'outre-tombe, trop petit pour avoir été repéré par les éclaireurs Fukyuu, n'avait pas pour objectif d'éliminer les soldats du clan, en luttant à un contre un cela leur serait bien impossible, mais simplement de les retenir le temps que le gros des forces non-mortes les rejoigne.

Le groupe de vingt-cinq soldats où étaient présent le Daimyo et le Taii, fut donc assailli par une trentaine de cadavres ambulants, ralentis ainsi dans leur envie de rejoindre leur chevaux pour fuir les quelques soixante-dix créatures supplémentaires qui s'approchaient au pas de course. Bien évidemment, il leur était impossible de s'enquérir de la situation de l'autre groupe, qui ne devait sans doute pas être bien différente.
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Takakasu Izoruko

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Mar 25 Mar - 15:24

Le général Fukyuu arriva sur les remparts juste à temps pour voir le pathétique spectacle qu'offrait notre soldat inconnu. Ses traits se figèrent et la colère lui monta au nez à tel point que les gardes autour de lui cessèrent rapidement de rire en croisant son regard. Des années d'entrainements à étudier les grandes batailles et ils étaient incapables d'élaborer une diversion digne de ce nom sans qu'il leur livre un tutoriel. Il avait peut-être tort de placer autant d'espoir dans ses hommes. Cependant il refusa de se laisser aller à une généralisation. En temps normal il serait aller personnellement sanctionner cet homme et son Taii, cependant, la situation était loin de la normalité. Alors qu'il ruminait, un soldat arriva en courant lui délivrer son rapport.

Izoruko n'eut pas le temps de réagir qu'une fumée noire apparut dans le lointain révélant le début des hostilités. Les malheureux! La mâchoire du Taïsho se crispa et se décrispa plusieurs fois alors qu'il digérait l'information. Il s'était fait berné. Très bien, cela lui servirait de leçon, il n'avait pas à faire au premier chef de guerre venu et il avait surestimé la qualité des informations transmises par ses éclaireurs. L'ennemi leur montrait ce qu'il voulait bien et nul doute que le petit groupe entourant le général non-vivant constituait un autre piège dans lequel il n'était pas tombé. Alors que le Taii à côté contemplait avec effroi le lointain, son supérieur reprit les choses en main:
«  Amenez-moi immédiatement cet éclaireur miraculé, il détient peut-être d'autres informations utiles pour s'être autant approché de leur ligne.
- Dois-je transmettre des ordres concernant les hommes prit en embuscade?
- Non. Ils ne devront désormais compter que sur leur entraînement et leur courage. »

Nul doute que son adversaire avait prévu qu'il envoie des troupes pour secourir ses hommes, or il ne lui donnerait pas ce plaisir. Par ailleurs, il commençait à nourrir de sombres pensées relatives à la sécurité de la ville. Homme de fait, il ne croyait pas au hasard, et le fait est que ce rapport lui paraissait précisément au moment où il était trop tard pour agir lui paraissait suspect. Contrairement à ce que les habitants pensaient, ces morts vivants n'étaient pas de simples pantins. Ils étaient capables de parler si leurs cordes vocales le leur permettait et de paraître tout à fait vivants s'ils avaient été tués récemment sans trop de séquelles apparentes. Il avait conservé cette information pour éviter un vent de panique et que la chasse aux chats ne deviennent un pugilat entre les vivants. Tans pis pour les félins. Il s'excuserait auprès de leur kami lorsqu'il en aurait le temps.

Rapidement, au vu des rizières qui emplissaient son champ de vision, une stratégie peu orthodoxe se mit en place dans son esprit. Cela tombait bien, son rival excellait dans les méthodes traditionnelles, pour le surprendre il fallait sortir des sentiers battus. Pour cela il devait agir rapidement. Il se tourna vers Tsukiko et Hiro, son aide de camp afin qu'ils délivrent ses ordres aux deux des Taïsas présents en ville:
«  Dites à Honda qu'il prépare sa cavalerie, dites lui de faire mine de charger l'avant garde ennemie venue inspecter le champ de bataille. Je subodore un piège aussi il ne doit entrer au contact sous aucun prétexte, il ne s'agit que d'une diversion. Qu'ils occupent le terrain tant que cela est sans danger puis retourne à la ville. Qu'il en profite pour disposer des archers montés le long de la grand route. Ils pourront couvrir le replis de notre groupe d'intervention, si celui-ci parvient jusqu'à eux.
- Bien Taïsho-sama!
- Quant à toi Tsukiko, va trouver la brigade du génie, dis leur de réquisitionner autant d'hommes que nécessaire et de profiter de la diversion pour sortir et détruire toutes les digues séparant les parcelles de rizières. Qu'ils élargissent également les canaux en provenance du bassin d'écoulement et qu'ils se replient en même temps que la cavalerie. Nous allons faire de ce terrain un marais! »
- A vos ordres Taïsho-sama! »

Les deux jeunes gens partirent sans demander leur reste. Il se privait de sa garde du corps, mais que pouvait-il risquer au beau milieu de ses homme?
La destruction des digues allait avoir pour conséquence direct d'uniformiser le terrain qui serait recouvert d'eau à hauteur de genoux, voir un peu plus. Cela allait avoir une double incidence sur le combat à venir. Elle limiterait l'impact que pourrait avoir sa cavalerie, qui ne pourrait galoper sans danger dans l'eau boueuse mais gênerait aussi grandement le déplacement de l'infanterie ennemie. Par ailleurs, ils seraient obligés de manipuler leurs objets à poudre avec une grande précaution, ne pouvant pas faire avancer de charriot dans deux pieds d'eau. Enfin cela lui permettrait de réaliser un plan qu'il avait inventé il y a un peu plus d'un an mais qu'il n'avait jamais pu mettre en application jusqu'ici. Il allait avoir besoin d'audace pour triompher de manière propre et en limitant le plus possible les pertes.

Son oeil valide ne pouvaient se détacher de la fumée noire au loin. Il avait prit l'habitude de considérer que chaque homme qu'il envoyait en mission était potentiellement mort, afin d'éviter de laisser les émotions fausser son jugement. Ce n'est pas pour autant qu'il acceptait leur mort avec quiétude. Il aurait dû prévoir une fourberie. La lutte devenait de plus en plus inégale dans son esprit, son ennemi pouvait jouer au shogi, chaque perte Fukyuu se révélant un homme de plus dans ses rangs, ce n'était pas son cas. Il ne tirait pas de double avantage de la destruction des morts vivants, il ne pouvait parachuter de troupes au milieu de celles de son adversaire. A ce moment plus que jamais il aurait eu envie de boire une bonne lampée de saké, pourtant il ne goûterait pas de ce breuvage tant que la victoire ne serait pas acquise. Son seul coup de chance dans ce revers était que l'ancien Taïsho ignorait tout comme lui que le Daimyo du clan avait été assez fou pour se glisser dans le commando encerclé.

Citation :

Ci joint un petit schéma approuvé par Souteigai pour faciliter la compréhension de la géographie des lieux:




Thème musical d'Izoruko

L M M J V S D
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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Mer 26 Mar - 23:43

La tempête se manifestait enfin.

Bien que je ne disposai pas d'une vue des plus dégagées sur les alentours de la cité, je devinai rapidement ce dont il était question, et ce grâce à mes acolytes. A peine commencions-nous à réfléchir à une stratégie face à l'ennemi que celui-ci nous montrait déjà qu'il était non seulement supérieur en nombre - probablement du moins - mais aussi supérieur en intelligence. Jamais je n'avais eu affaire à des prétendus morts-vivants et j'avais commis l'erreur de les imaginer débiles. Le clan du Daimyo Fukyuu aussi, au point de s'être fait apparemment pris en embuscade à son tour lorsque leurs troupes voulaient intercepter leur semblant de renfort présenté sous la forme d'un convoi. Je serrai les dents à l'idée de ne pas avoir accompagné ce convoi dans l'espoir de montrer à nos ennemis qu'ils n'étaient pas plus dangereux que ce Kara avait à montrer. Je sentais lentement mon tempérament de Feu refaire surface mais, pour l'heure, je me devais de le contenir.

J'imprimait définitivement la silhouette termique du Taisho sur mes rétines pour ne pas le perdre de vue. Il était ma priorité en terme de protection même si bon nombre de soldats à la solde d'Itegami l'entouraient. Au fur et à mesure qu'il semblait s'entretenir avec ses subalternes, mes hommes me résumaient la situation sous formes de signaux bref et codés auxquels je répondais instantanément tant la situation était grave. J'ordonnai à absolument tous mes hommes de prendre part à la diversion organisée par le Taisho et, au moment opportun, de se détacher du régiment pour rejoindre au galop les troupes de Fukyuu afin de les sortir de ce mauvais pas quoiqu'il en coûte. C'était le moment pour mes hommes de montrer s'ils étaient vraiment des samouraïs dans leur coeur et s'ils étaient prêt à sacrifier leur vie pour des individus qui ne leur portaient guerre attention. Cette pensée fit naître en moi une tristesse certaine, mais nous avions tous choisis en notre âme et conscience de nous dévouer à notre pays quitte à être traité comme une secte, des terroristes. Mes six hommes étaient sûrement prêts à mourir, mais leur sacrifice ne serait pas vain.

M'assurant que mon contact visuel ait assimilé l'information et la transmette, il disparut de mon champ de vision, affairé à s'immiscer parmi la cavalerie de Fukyuu destinée à faire diversion et se détacher pour rejoindre la cinquantaine de guerriers pris en embuscade, tel renfort improbable. Ainsi étais-je davantage concentré sur le Général de Fukyuu qui semblait plus captivé par la scène au loin qu'autre chose. J'en profitai pour me rapprocher discrètement, un peu plus, me dissimulant derrière des toitures jusqu'à bientôt atteindre les remparts. La diversion causée par la fumée noire au loin était telle que je n'eu aucun mal à me dissimuler derrière le général et à l'immobiliser fermement, plaçant les creux de mes doigts sur des points douloureux de son corps où se situait les méridiens du gros intestin. Comprimant sans retenue sur ces zones, je le paralysais instantanément et, lustrant mon avant bras, je fis sortir un senbon qui éffleura sa peau, le menaçant de le tuer instantanément s'il venait à faire le moindre geste stupide. M'affichant tel un Yokai sans pitié, je ne dissimulai plus mon apparence macabre : je paraissais tel un Hannya, grâce à mon masque, et sans doute que ma silhouette blanche comme neige ne laissait aucun doute quant à mon appartenance au groupe de Kara. Je me contentai ainsi de souffler ces paroles glaciales à l'attention de mon détenu.

    - Veuillez m'excuser, je ne fais que prendre des précautions. Manifestez ne serait-ce que la moindre intention de vous défendre, et j'enfoncerai cette aiguille empoisonnée qui caresse votre cou. Je n'ai qu'à mouvoir mon avant bras vers votre gorge, et votre vie s'éteint. Je vous ai prévenu, maintenant, je vais lentement vous laisser regagner votre libre arbitre, et je vais parler.


Maintenant fermement le Taisho sous multiples clés qui paralysaient l'intégralité de son bras droit et son cou, telles les techniques secrètes du Wajutsu élément Feu, je me défis lentement de celles-ci, laissant s'expirer un souffle au son glacial et continu. Si le Général ne se retournait pas pour dégainer son arme et porter atteinte à ma personne, je continuai alors sur ma lancée :

    - Je viens vous proposer mon aide pour défendre la ville contre cette horde de morts vivants à la prétendue solde de Bakenekos. J'ai envoyé l'intégralité de mes hommes secourir votre régiment et je m'engage à vous prêter main forte pour peu que vous considériez ma proposition de vous épauler. Vous êtes libre de m'abattre si grand bien vous fait, mais vous pensez autant que moi que nous avons un problème plus important à régler et que vous pourriez envisager de me faire regretter un peu plus tard de vous avoir accosté de manière si hostile.


Je me tins droit, dans une posture qui ne laissait nullement penser que je cherchais à se défendre, et je plantais mon regard dans celui du borgne. Si ce dernier n'avait pas déjà répondu par les poings ou les armes, il pouvait apercevoir un individu grand au masque certes apeurant, mais qui avait baissé sa garde et était prêt à répondre instantanément de ses actes. Tel un guerrier honorable à qui il était légitime de faire confiance pour l'heure. Ainsi, s'il ne m'avait pas déjà abattu, j'attendais face au général des armées Fukyuu sans manifester davantage d'agressivité.
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Fukyuu Yukimura

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Jeu 27 Mar - 15:04

D’un côté, un Taisho pris par les sentiments d’un des membres du groupe de Kara, et de l’autre, un Daimyo confronté à faire du speed-dating avec des zombies, que pouvait-il arriver de pire ? Et pourtant, les hostilités n’avaient pas encore commencées.

Dès lors que l’éclaireur mi putréfié-mi parfumé fut embroché, une multitude de zombies se rua vers les 25 soldats du groupe du seigneur. Tous se regardèrent et sans signe distinctif, ils sortirent leur lame de leur fourreau pour laisser la lumière macabre de ce jour funeste éclairer ces instruments purificateurs. A travers son masque, le Daimyo caressa son bo qui se mit à luire d’excitation. Entre peur et excitation, il n’y avait qu’un pas, un seul qui déterminerait leur sort. Un excès de courage les guiderait vers la gloire et les emporterait vers les abysses ; quant à la peur, celle-ci ne s’opposerait pas au dénouement salvateur.

Pour le seigneur du pays des glaces, il serait contraint de s’engouffrer dans les ombres, il savait bien que son hôte funeste viendrait prendre sa place au moment opportun. Il repensa à Katsuya et apaisa son engouement tout en regardant les 25 autres samouraïs qui faisaient face de l’autre côté du convoi à leurs amis d’outre tombe. Il était désormais inévitable qu’ils puissent les rejoindre sans encombre et inutile de penser à les secourir, ils mouraient au combat pour l’honneur et la gloire.

Le Taii laissa les ennemis approcher et tous se penchèrent en avant prêt à asséner le premier coup.

« Pas de place à la pitié, place au courage et à l’honneur. Que votre dernier souffle soit le ruminement d’un taureau prêt à piétiner son obstacle. TRANCHEZ POUR VOS VIIIIIEEESSS !!! »

D’un revers de main vif et net, la première ligne de zombies fut scindée en deux morceaux, deux morceaux par zombies. De leurs deux mains, lames vers les cieux, tous chargèrent en avant dans un cri qui aurait pu rendre jaloux un nouveau-né. Le Daimyo chargea de la même façon, son arme à la main. Il prit de l’avance parmi ses compagnons d’arme et se servit d’une moitié de zombie ensanglanté comme tremplin. Une fois en l’air, tel un flocon il s’abattu délicatement au milieu d’un groupe de mort vivant accroupi sur le sol, une extrémité de son bo planté dans la boue. Si les samouraïs qui l’accompagnaient furent surpris, les zombies voyaient là l’opportunité de croquer l’un d’entre eux. Au moment même où ils se jetèrent sur le Daimyo, le bâton, orné d’une aura bleutée, se glaça d’un coup pour décharger toute sa puissance vers le sol. Au même moment, tous les zombies présents dans son cercle furent projetés vers l’arrière avec de multiples blessures. Les morceaux de glaces figées dans leur chaire ne facilitèrent pas leurs mouvements quand les guerriers Fukyuu vinrent leur asséner le coup de grâce. Dans un vacarme assourdissant de cris et de métal, quelques zombies furent envoyés au tapis.

Optimiste de premier abord, les samouraïs déchantèrent lorsque deux d’entre eux vinrent à mordre la poussière d’un coup de katana en pleine glotte. Le gargouillis significatif du sang mitigé entre œsophage et trachée convaincu une poignée de samouraïs à reculer d’un pas. D’un pas brave, celui-ci s’orienta plutôt vers les chevaux qui n’attendaient que leur retour. Toutefois, encore fallait-il repousser les zombies qui s’étaient interposés.

D’une voix transperçante, le Taii ordonna la retraite vers les canassons qui furent désormais leur seule issue. Yukimura hésita au même moment en observant le massacre qui avait lieu de l’autre côté du convoi. Tous tombèrent comme des mouches et la rage qui l’habitait commença à piétiner la sagesse qui la plupart du temps faisait foi. Comment laisser mourir sous ses yeux tout un groupe de ses samouraïs. Tandis que son groupe se rua dans un cri de bête collectif vers les chevaux, une lueur enveloppa le seigneur du pays des glaces, d’un ton bleuté, celle-ci commença à virer au pourpre. La terre gela sous ses pieds alors que le Taii cru difficilement en ses yeux comme trahi par son regard sous ce spectacle macabre. Le soldat qu’il considérait comme un bleu cachait quelque chose ; était-il ami ou ennemi, c’est la question que commençait à se poser le chef de groupe.

(Mais qu’est ce que…)

L’élu d’Itegami resta figé sur place, son regard porté au loin sur la boucherie qui prenait place. Tant de vie gâchée, bien que la mort fût naturelle pour un samouraï, Yukimura ne pouvait le supporter suite à un tel échec stratégique. Peu à peu son esprit dévia de la lumière et s’engouffra vers les ombres. L’aura pourpre qui l’encerclait s’intensifia tandis que de ses points serrés coulait des larmes de sang. Au même moment, un zombie eu l’audace de couper la vue du seigneur des glaces. Prêt à charger sur le Daimyo, le mort vivant se ravisa en croisant le regard de Yukimura à travers le masque. Comme une hésitation liée à la peur ou l’incompréhension, il fut comme paralysé. L’émanation maléfique qui se propageait à présent n’avait rien de naturelle. Celle-ci était désormais perceptible sans nul doute du haut des murailles alors qu’une autre diversion allait bientôt se mettre en place. Espérons fut-elle plus adaptée que la précédente. Plongé comme dans une transe, une image vint frapper l’élu de plein fouet. Celle de Kagome Katsuya qui sortait sa lame comme pour le frapper de plein fouet, comme si d’un coup, les ténèbres, il voulait chasser. Brusquement, croyant entendre son ami lui parler, il sortit de cette inquiétante disposition et repris ses esprits suffisamment tôt pour parer le coup du zombie qui lui faisait face et qui avait enfin réussit à l’attaquer. Yukimura écarquilla les yeux et plaça son bo de justesse dans la trajectoire de la lame qui se dirigeait vers son flan droit. D’un bon en arrière il recula, et sous le débit de morts vivants qui s’amenait au court de la bataille, il prit l’embout de son arme pour repousser son adversaire suffisamment pour s’en servir de butoir. Ceci fait, il se précipita douloureusement faisant dos à l’ennemi et aux 25 soldats laissés pour morts.

Le Taii hésita avant de le laisser rejoindre les rangs vu ce qu’il venait de voir, mais le moment ne laissa pas place au doute et il n’eut pas à réfléchir longtemps pour remotiver les troupes en sa compagnie. D’un pas déterminé, ils avancèrent tant bien que mal vers les chevaux et donc inévitablement vers les derniers zombies qui leurs faisaient face. Yukimura courrait tout en pensant à ses camarades tombés au combat. A chaque enjambée, celui-ci s’assura que chacune d’entre elles permettrait d’effacer cette tragédie et ceci afin de rester en vie et de continuer à lutter pour son peuple. Pendant la fuite, au même moment, quelque chose roula à ses côtés comme un compagnon l’aurait fait. A défaut d’un compagnon, il s’agissait plutôt d’une tête de zombie qui roulait à ses côtés tout en le fixant de toute sa fougue. Si le moment n’était pas aux larmes, nul doute qu’un sourire aurait laissé place à la grimace au niveau de ses lèvres. On se serait presque cru à une partie de football quand celle-ci buta contre une pierre avant de voir sa cervelle parsemer l’herbe fraiche.

Une fois à quelques enjambées du dernier rempart avant les chevaux, d’un cri fougueux, les samouraïs n’hésitèrent pas à se jeter dans le tas. Les mètres se raccourcissaient entre ces deux parties mêlant bientôt une odeur de putréfaction et de sueur en un même lieu. Les sons des armures résonnaient à l’unisson alors que le Taii jeta un bref coup d’œil en arrière, s’il ne faisait rien, ils étaient perdues, de face comme de dos, ils allaient bientôt servir de viande pour le sandwich. Pour la plus grande surprise de Yukimura, le Taii se stoppa net et fit dos à ses hommes puis plongea sans hésitation les mains dans la terre qui se trouvait à ses pieds. Sans perdre un instant deux boules blanchâtres arborèrent les paumes de ses mains pour finalement se propager dans le sol. En l’espace de quelques secondes, tous les zombies derrière le groupe se retrouvèrent les pieds gelés dans l’incapacité de bouger. Pour une retraite, cet homme était parfaitement l’homme de la situation. Ni une ni deux, ils reprirent la route vers le groupe qui rentrerait bientôt en contact avec les morts vivants.

Les zombies situés entre eux et les chevaux restaient quand même nombreux et tous les passer sans encombre n’allait pas être chose aisée. Yukimura et le Taii se précipitèrent vers le groupe tandis que le glissement des lames ennemies et alliées fut précurseur d’un spectacle pyrotechnique. Les étincelles jaillissaient de milles feu et le métal chauffé libérait une vapeur digne d’un bain thermal. Yukimura doutait qu’ils puissent y arriver seul ; et au même moment, de multiples projectiles vinrent frapper les morts vivants sur le flan pour la plus grande surprise des soldats du clan Fukyuu. L’élu tourna la tête en direction de l’origine des projectiles pour en rechercher la cause. La rapidité des membres du groupe de Kara ne pouvait pas être mis en doute, ni d’ailleurs leur efficacité.

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Souteigai

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Dim 20 Avr - 17:21

Spoiler:
 


Sur les murailles, après que le Taii soit parti chercher l'éclaireur miraculé, alors qu'Hannya faisait son entrée remarquée, tous les soldats avaient dégainé leurs armes. Yari, naginata, katana, ... toutes les lames pointaient l'homme au masque, leurs poteurs n'attendant qu'un mot, qu'un signe de leur supérieur pour éliminer celui qui avait eu l'audace de menacer sa vie. En contrebas, dans aux portes de la ville, cavaliers, troupes du génie et archers quittaient la porte, relayant l'auteur de la pitoyable diversion précédente qui rejoignit sa diversion, honteux. Tandis que les cavaliers progressaient à vive allure vers leur cible, six d'entre eux quittèrent le groupe, sous les quolibets de leurs compagnons les prenant pour des déserteurs. Honda, le Taii du groupe, imperturbable, continue de suivre ses ordres premiers, jugeant que la situation ne pouvait souffrir d'aucun contre-temps.


Plus loin, alors que les six cavaliers venaient de lâcher une volée de flèches salvatrice, les dix-huit survivants du groupe d'interception Fukyuu enfourchèrent leurs montures et partirent au grand galop. Bien que le Taii trouvait très étrange que seulement six samurai viennent à leur aide, où pouvait bien être le reste de leur division, il devait tout d'abord trouver la réponse à une autre question. Se rapprochant de la monture de Yukimura, il lui posa une simple question, à voix suffisamment basse pour qu'aucun autre soldat ne puisse les entendre. :


"Qui êtes-vous bon sang de bois ?"


D'ordinaire il l'aurait sûrement menacé de son yari en posant cette question, mais ils s'en étaient sortis vivants en partie grâce à cet homme et il ne pouvait croire qu'il s'agissait d'un ennemi.
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Takakasu Izoruko

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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Lun 2 Juin - 11:51

A trop se prémunir contre les forces extérieures qui voulaient prendre possession de la ville, le Taïsho Fukyuu avait négligé la possibilité que la menace pouvait provenir de l'intérieur du mur d'enceinte. Alors qu'il se retrouvait victime de l'attaque éclair de son agresseur, il sentit l'adrénaline se répandre en lui comme une tâche d'huile. A cet instant, il crut que les morts vivants avaient gagnés, que son heure avait sonné ruinant ainsi une bonne partie des espoirs du clan à se dépêtre de cette situation. Cependant, le coup de grâce n'arriva pas. A la place, l'être qui le tenait à sa merci lui murmura d'autres menaces pour son intégrité. Tout en l'écoutant, Izoruko concentrait lentement son pouvoir de glace afin de le geler sur place. Au contact, son pouvoir était redoutable, qui que fut son ennemi, il était en train de commettre une erreur en ne le tuant pas sur le champ. Mais alors que ce dernier continuait de parler, il lui annonça qu'il allait le relâcher et joignit les actes à la parole. Mais sur quel espèce de fou était-il tombé ?

Sans geste brusque, il se retourna, pour observer l'apparition qui reprit la parole. Accoutrement blanc, masque ridicule, allure guerrière: un membre de Kara. Il ne manquait plus que ça ! Avec l'agitation yokaï des derniers mois, le général avait à de multiples reprises entendu parlé du groupuscule qui se manifestait ci et là, au grès des évènements. Certains soldats et une partie de la population avait leur sympathie. Le Taïsho quant à lui émettait beaucoup plus de réserve, il n'appréciait guère le fait que des milices armées se forment de la sorte, remettant en cause l'efficacité et l'autorité du pouvoir central. Si leurs intentions apparaissaient honorables,  ils n'en représentaient pas moins un danger. Des personnes armées, organisées clandestinement, fonctionnant par cellule, pouvaient très bien décider pour un oui ou pour un non à se livrer au terrorisme et nuire à la sécurité du clan. Cela, il ne pouvait le tolérer. Et ce d'autant plus, que ces illuminés prétendaient être sous les ordres du légendaire Uroko Chomeï, qui aurait plus de cent ans si son histoire s’avérait exacte.
Les traits du borgne ne dissimulaient pas son mépris tandis qu'il écoutait le laïus de son vis à vis qui avait la prétention de lui apporter son aide. Et alors qu'il regardait pas delà la muraille, les hommes du kara se détacher de son armée il fut prit d'un rire sardonique :
«  L'intégralité de tes hommes ? Je dirige deux milles soldats en cette plateforme et tu voudrais que je t’honore de m'envoyer six guerriers dont les montures appartiennent je le paris à ma propre armée ? Allons, pendez-moi ça ! »

D'un geste désinvolte il avait désigné le drôle à ses hommes qui déjà s'élançaient vers lui. Mais alors qu'Izoruko regardait à nouveau le champ de bataille, il put, entre autres choses, constater que ce maigre commando avait visiblement réussi à sortir ses hommes du pétrin. Il était content qu'une partie au moins d'entre eux reviennent vivant de ce fiasco. De plus, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait du vrai dans les paroles de l'homme masqué, ce n'était pas le moment, de s'entretuer, les membres de kara étaient des spécialistes en yokaïs, peut-être pourraient-ils se charger de ceux-ci pendant que lui-même se débarrassait de cette armée hostile? Enfin, beaucoup de ses soldats trouveraient à redire de l’exécution pure et simple de ces guerriers qui s'étaient portés au secours des leur. D'un autre côté, il faisait la guerre ouvertement à tout type de mouvement sectaire ou groupuscule secret et si ces même hommes le voyaient faire des compromis, ils se croiraient permis d'en faire à leur tour le moment venu. Si cet imbécile lui avait fait son numéro en privé, ils auraient peut-être avoir pu avoir une conversation, mais tel n'était pas le cas. Pourtant il leva la main :
«  Attendez ! Il a peut-être d'autres parasites à sa solde dans nos rangs. Toi ! Donne-moi cette corde ! Quant à toi, pose tes armes sans discuter et il ne te sera fait aucun mal. »

Une idée était née dans son esprit, un subterfuge. Il n'affectionnait pas particulièrement tout ce qui avait trait à la fourberie, mais en l’occurrence, il commençait à penser que cet homme lui serait plus utile vivant et en liberté. Alors qu'il s'approcha de lui pour le ligoter, il lui murmura de sorte que seul lui l'entende :
«  Trouvez la cause de ce fléau... Ne tuez ne serait-ce qu'un seul de mes hommes et je vous apprendrai qu'il y a bien pire à craindre que les yokaïs. »

Pour un observateur ordinaire, l'enlacement des cordes autour des bras, maintenus en arrière, paraissait solide. Mais Akimune pouvait sentir qu'il serait aisé de s'en débarrasser. Alors que le Taïsho donnait les armes du jeune homme à un soldat qui paraissait encore plus jeune, il ordonna à celui-ci ainsi qu'à un autre ventripotent d'accompagner le ninja en prison. Toutefois, il ne se donna pas la peine d'ôter le masque de son agresseur, il se contrefoutait de son identité et surtout, il voulait que ce dernier comprenne la nature de l'alliance tacite qu'ils venaient de souscrire. Nul doute au vu de sa vivacité et de son efficacité qu'il parviendrait à se défaire des deux soldats qui l'escortait. Tandis qu'ils emmenaient l’inopportun au loin, l'attention du général se porta tout entière sur le déroulement des opérations tandis que Tsukiko le rejoignait, son teint ayant viré au rouge lorsqu'elle avait appris ce qui venait de se produire. Elle, qui avait été engagée comme garde du corps, avait failli perdre celui qu'elle protège alors qu'on l'utilisait comme messager. Izoruko l'aurait bien rassuré en lui disant que la faute incombait à lui et non à elle, mais une ombre s'était abattue sur son visage depuis un moment. Un étrange pressentiment qui ne le quittait plus depuis quelques minutes.

Dans ce bosquet où avait eu lieu l'embuscade, il aurait juré avoir perçu et aperçu cette aura malfaisante. Cette aura dont le souvenir était gravée dans sa mémoire. Noire et violacée, sombre et oppressante, la seule fois où il avait rencontré cette sensation était il y a plusieurs mois, en présence de son seigneur, lors de la fête d'Itégami. A l'époque il avait déjà suspecté un yokaï d'être à l'origine des maux qui menaçait son Fukimura.
Et si le mal, qui avait frappé ce jour là, était le même qui faisait s'abattre ce fléau mort-vivant sur Miyuki, aujourd'hui?



Thème musical d'Izoruko

L M M J V S D


Dernière édition par Takakasu Izoruko le Lun 2 Juin - 18:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Lun 2 Juin - 12:57



J'étais sans doute le Genin le plus loyal de Yokuni, mais sans nul doute aussi le plus stupide. C'est ce que tous ces incapables pantois pouvaient bien penser alors qu'ils me regardaient avec dédain me défaire de toutes mes armes, même les plus dissimulées. Le Vieux ne m'avait sûrement pas autant entraîné qu'Etsuro, certes, mais j'avais une approche du bushido tellement pointue que je me laissais docilement ligoter ensuite. C'était mon karma, mes principes, mon code de l'honneur. Il faisait partie de moi. C'était naturel d'agir ainsi, sans coup tordu. D'autant plus que je ne craignais pas la mort, surtout en tant que ninja. Alors pourquoi eux, ces pions insignifiants qui n'ont même pas vu venir mon offensive auto-interrompue - sans compter que je ne suis pas des plus discrets avec mes couleurs et mon masque de démon - se permettaient-ils de me regarder de manière si hautaine ? Etaient-ils le reflet de leur Daimyo ou était-ce parce que la situation tendue voulait qu'ils se montrent si arrogants ? Ah, je détestais ça, vraiment.

Mais je n'avais pas le temps de fermenter ces pensées négatives dans ma tête - que d'ironie pour un pratiquant du Wajutsu, et par extension du Bushido - que le Général Fukyuu me sussura des paroles que je ne compris pas tout de suite tant elles étaient peu perceptible dans ce brouhaha. Mais mes connaissances de base en cryptologie m'avaient amené à déchiffrer tout et n'importe quoi, à déduire le sens de ce qu'on ne comprenait pas nécessairement de prime abord. Il voulait que je trouve la cause de ce fléau et que je m'occupe des Bakeneko ? Parfait. Sans mes armes ? Encore mieux, ça rajouterait un peu de piquant et je mourrais en héros si la tournure des évènements devenait mauvaise. Et lorsque ce vieux borgne s'apercevra que je serai venu à bout du Mal sans mon calibre et mes divers outils tous aussi improbables les uns que les autres, on verra qui devra réellement craindre l'autre. Ah, j'ai horreur des menaces ; pour l'heure il me faut collaborer mais j'espère bien ne plus les recroiser.

Ainsi me laissai-je guider en geôle sans broncher. Ils étaient nombreux à m'accompagner, comprenant que ma silhouette imposante pouvait poser problème. Mais non, je restais docile à leur plus grand étonnement. Qu'ils soient bluffés par tant de loyauté, ça m'est égal, ils n'ont pas eu l'éducation du vieux. Enfin... Après avoir été enfermé dans un lieu improbable, je fis de nouveau appel aux dons de Moegami pour observer à travers les moult cloisons la présence des gardes. J'avais déjà un plan, j'étais déjà prêt à m'échapper, mais il faudrait rester discret et, en plus, enquêter finement sur la potentielle présence de Démons dans l'enceinte de Miyuki. Seul.
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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Lun 2 Juin - 17:18

Yukimura n’imaginait pas qu’en haut des murailles se déroulait une véritable prise d’otage. Quand bien même l’aurait-il su qu’il en viendrait sûrement plus à plaindre son agresseur que l’agressé. Il connaissait que très peu Izoruko mais il était bien placé pour connaître les rumeurs circulant au sein de son armée…Izoruko le bourreau, le sadique avait-il même entendu dire par ses informateurs. Nul besoin d’être devin lorsqu’on voit lentement le visage d’un soldat se décomposer à la prononciation même de la première syllabe de son prénom. Cependant, Yukimura savait que derrière cette autorité ce cachait un cœur tendre et dévoué…plutôt dévoué que tendre…en définitive, écartons la tendresse de l’équation.
Alors que le seigneur des glaces chevauchait sa monture, selon lui, en toute innocence, le Taï s’approcha discrètement de lui avec visiblement la ferme intention de communiquer.

"Qui êtes-vous bon sang de bois ?"

Derrière son masque, le Daimyo grimaça d’un air agacé.

(Fichtre…qu’ai-je encore fait…?)

Loin de se souvenir des évènements qui venaient d’avoir lieu, au regard de son interlocuteur, nul doute qu’il avait encore du perdre la maîtrise de soi. Yukimura repensa à la vision de Katsuya durant le combat et fit rapidement le rapprochement. Le ressortir des ténèbres…il se remémora les mots de son ami et réalisa que ce côté malfaisant lui avait un instant caressé l’échine, s’emparant sans scrupule de sa volonté. Le seigneur craignait pour la sécurité des autres et se demandait s’il n’était pas plus sûr de se faire enfermer plutôt que de voir ses compagnons balayés par un élan destructeur.
Yukimura décida enfin de répondre au Taï après une brève interruption. Il tourna la tête dans sa direction et d’une voie terne et monocorde lui octroya une réponse.

« Je suis…ton père. »

Non, il n’aurait pas fallu blaguer sous peine de voir son épiderme se déchiqueter à coup de yari. Une telle réponse n’était donc pas permise et ne semblait pas des plus appropriée. Cependant, il se devait de garder son identité secrète. Il  pencha donc pour une autre réponse plutôt que de déclencher inutilement les hostilités.

« Je ne puis vous répondre pour l’instant, juste une personne de confiance»

Une personne de confiance, quelle bonne blague, lui qui pouvait à tout moment séparer avec dignité la glotte de la gorge d’un de ses proches par pure folie, lui désarticuler la colonne par mégarde ou encore lui transpercer les tympans à l’aide d’une aiguille à tricoter. Dans l’espoir d’une réponse convenable, le Taï ne fit pas suite à sa réponse et continua de diriger le groupe de sa main de fer. Il écarta son cheval du seigneur et reparti s’immiscer dans le groupe.

"RETOURNONS REJOINDRE LE TAISHO, CHEVAUCHEZ AVEC DIGNITÉ !"

Des mots simples et efficaces, glacial à l’instar du pays dont il défendait la bannière. Si Yukimura le jugea quelque peu conventionnel, il n’était pas au bout de ses surprises.

Arrivé derrière les murailles en sécurité, le Taï descendit de sa monture et dirigea ses troupes dont faisait partie le Daimyo devant Izoruko pour faire un rapport. Avant d’y arriver, le Taï murmura quelques mots à deux de ses soldats puis reprit sa place. Yukimura n’avait rien vu venir tandis que deux molosses vinrent l’attraper par les bras. N’importe quel idiot aurait pu comprendre qu’il se trouvait en mauvaise posture. Quelle idée aussi avait-il eu en se déguisant de la sorte pour intégrer le corps d’armée incognito.  Le Taï se rapprocha des trois hommes et parla directement à Yukimura d’un ton sarcastique.

"Une personne de confiance hein?! La confiance ça se gagne mon garçon, nous verrons bien si ta langue se dénoue une fois au fond d’une cellule, vu que tu ne peux répondre pour l’-ins-tant . FOUTEZ-MOI ÇA AU TROU!"

Yukimura serait mal avisé de montrer quelconque résistance pour le moment. Une fois percé à jour, nul doute qu’Izoruko ne lui lâcherait pas les basques. Il n’avait aucune difficulté à imaginer la suite…. « Vous avez perdu l’esprit! Que vous est-il passé par la tête?! Inconscient, fanatique, bouilleur d’enfant » et autres injures de la sorte; bien qu’il n’eut probablement pas fait preuve d’autant de familiarité, sa veine frontale aurait probablement explosée.

Le Daimyo se fit gentiment conduire en prison, chance pour lui, il ne lui avait pas ôté son masque. Probablement que selon le Taï, prendre le temps de converser face à face avec lui représentait déjà trop d’honneur. En route, Yukimura entendit les gardes parler d’un membre de Kara mis en cellule pour avoir menacé Izokuro. Ces derniers ridiculisaient Akimune en lui attribuant divers adjectifs méprisants : incapable, ridicule, minable… Yukimura aurait bien voulu leur inculquer une petite leçon d’humilité et de modestie. À 4 contre 1, ils n’auraient pas eu l’ombre d’une chance contre Akimune et ils osaient ramener leur science. Tentant de garder son calme, Yukimura vit son bo jeté dans un placard avec d’autres armes puis lui-même fut poussé comme un misérable à l’intérieur de la cellule, mains maladroitement attachées par une corde. Pestant intérieurement de voir ses troupes avec si peu de discernement, il respira lentement puis se retourna pour enfin observer avec difficultés une silhouette au fond de sa cellule. Après un temps d’adaptation, il réalisa que cette personne qui se trouvait dans la même cellule que lui n’était autre que le membre de Kara dont il venait d’entendre parler. Yukimura, derrière son masque bien conventionnel par rapport à celui de son interlocuteur débuta la conversation.

«C’est donc toi qui a, paraîtrait-il, menacé notre Taisho? »

 
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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Ven 6 Juin - 14:20

Spoiler:
 


En prison deux étranges compères faisaient connaissance, en ville, on continuait à massacrer joyeusement la race féline, auprès du Taisho, on se remettait encore de la tentative d'assassinat, pour le moins singulière. L'éclaireur miraculé fut amené par son Tai devant Izokuro et, alors que celui-ci faisait mine de s'incliner attendant qu'on lui pose des questions et tandis que son Taii le présentait, il poussa subitement sur ses jambes et, dégainant son tantô, sauta à la gorge du général Fukyuu. À croire que l'assassinat de Taisho était devenu, au même titre que le massacre de chats, un nouveau sport à la mode à Miyuki. Bien qu'encore parfaitement conservé, sa mort étant récente, il s'agissait bien là d'un suppôt mort-vivant. Repéré et capturé par les forces ennemies il avait été tué le plus proprement possible pour être renvoyé parmi les siens, avec pour objectif désormais clair de mettre à mal la chaîne de commandement en éliminant la personne à son sommet. Bien en marge de tout cela, et à l'abri des regards indiscrets jetés du haut des murailles, dans le camp des abominations, la préparation de la suite des évènements suivait son cour macabre...
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MessageSujet: Re: "[E]Le Jour des Morts-Vivants" Mar 18 Nov - 22:14

Comme si éviter la précédente tentative d'assassinat avait fait baisser leur garde à Izoruko et ses gardes rapprochés, après tout pourquoi essaierait-on de tuer le Taisho deux fois de suite, ils furent tous moins prompt à réagir et l'impromptu mort-vivant ne fut décapité qu'après avoir planté son arme dans la gorge du Taisho. Au même moment, la cavalerie ennemie se mit en branle et chargea les murs de la ville. Portant des torches et d'étranges sac à dos, ces cavaliers semblaient déterminés à s'écraser le plus rapidement possible contre la muraille de Miyuki. Privé de commandement, la réaction Fukyuu tarda à arriver et ce fut sans trop de pertes que les soldats purent se faire littéralement exploser sur la muraille. En effet, transportant sur leur dos une quantité raisonnable de poudre, ces soldats-suicidaires n'avaient qu'à passer leur torche dans leur dos pour ébranler la muraille d'une explosion au moins aussi destructrice que l'impact d'un boulet de canon. Le mur fut bien vite éventré et tous retinrent leur souffle tandis que l'infanterie innombrable des cadavres s'avançait promptement vers cette brèche providentielle.


Alors que la bataille s'engageait, les soldats du clan du Boeuf étant bien déterminés à contenir les abominations hors de Miyuki, une lumière vive aveugla les défenseurs. Dès qu'elle s'estompa, ils purent, avec un infini soulagement, constater que l'ensemble des morts-vivants étaient redevenus ce qu'ils n'auraient jamais dû cessé d'être : de simples cadavres étendus sur le sol. Le pouvoir des Bakeneko ayant tout à coup, et mystérieusement, cessé de faire effet, chaque soldat et chaque habitant pu manifester sa joie. Celle-ci fut malheureusement de courte durée car, très rapidement, la moitié des habitants et des défenseurs s'écroulèrent au sol, inconscients.

Dans les cachots de Miyuki, alors que la moitié de son clan sombrait dans un profond sommeil, le daimyo Fukyuu hurla de douleur. Ses muscles se gonflèrent, sa peau se transforma. Désormais pourvu de crocs, de griffes et de cornes il détruisit d'un coup la grille qui le séparait de la liberté. Se frayant un passage parmi la moitié restante des gardes aussi facilement qu'un sabre dégage une voie au milieu des roseaux, il gagna bien vite l'extérieur et, presque aussi rapidement, parvint à quitter la ville dans une discrétion proche de celle d'une troupe de théâtre Oni.

[Suite à ce post, vous disposez d'un tour optionnel pour réagir. Après, ce sujet sera clos.]
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