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 Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être

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Denbee Eisei

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MessageSujet: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Mar 11 Mar - 14:13

Belle terre que celle d'Ariake-den. A la fois rude et difficile et riche et prometteuse. Les maisons du village ne payaient pas de mine, pour ainsi dire elles étaient à la hauteur des gens qui y habitaient et, comme ceux-là se penchaient inexorablement vers le sol comme nulle part ailleurs et que du reste ils étaient mineurs, les bâtisses donnaient cette impression tendancieuse de toujours vouloir se ramasser sur elles-mêmes-den. J'aimais beaucoup ce village, ou plutôt ses environs fleuris, terrestres et aériens en même temps puisque la montagne entre-coupait le ciel avec souplesse. Terre et ciel se mélangeaient ici en toute simplicité-den. Inutile de réfléchir plus.

La première chose que j'avais pensé d'Ariake en y venant, c'était qu'il s'agissait de l'endroit le plus déroutant du monde-den. J'avais ensuite réalisé que cette impression venait surtout du fait que la route s'arrêtait à l'entrée du village, comme s'il était inutile d'en faire plus, comme si tout avait été montré avec ces maisons, comme si l'essentiel se trouvait juste-là, comme une présentation finie, un "voilà ! c'est ici !" et qu'après, il n'y avait plus rien-den.

Pourtant, il y avait d'autres choses derrière ces semblants de rue, au nord par exemple, pas si loin des mines auxquelles on n'accédait que par des chemins tracés à l'habitude des pieds, des sabots et des roues, comme qui dirait.

On n'avait pas fait plus de travaux que nécessaire dans les environs, ce qui me valait un certain réconfort quand je me perdais à imaginer qu'ici, au moins, je ne travaillerais jamais plus que de nécessaire-den. C'est en partie pour ça que j'avais poussé ma famille à s'y établir, génération de flegmatiques chasseurs de papillon qu'ils étaient tous, qui n'avaient somme toute besoin que de rien pour vivre paisiblement. Au nord il n'y avait rien sinon des maisons éparpillées, perdues peut-être, dont la mienne, dans laquelle je n'étais pas souvent allé depuis la fin de sa construction-den. Depuis que j'étais Taisho, en fait. Depuis que ma famille y habitait, donc-den. Mais je n'étais pas venu pour ça.

Entre mes doigts se trouvait une lettre que je n'avais pas attendu-den - ou du moins sans trop grands espoirs. Pourtant elle était arrivée, et j'avais taché de la garder précieusement-den. Je l'avais lue et relue dans mon bureau, dans mon lit, dans le réfectoire, devant ma soupe de miso, devant mon thé, devant mes kombu, devant ma favorite, devant le marchand de yakitori... Je l'avais lue et j'y avais pensé la nuit, durant mon sommeil, à mon réveil, le matin quand je l'avais revue sur mon kotatsu, je l'avais relue avec une boule au ventre qui me disait, en quelques mots : "Kuso-den... déjà-den ? Déjà-den ??!! Ça ne peut pas être ce que tu crois que c'est-den !" et j'y avais pensé toute la journée durant ensuite en triturant le pendant de mon bokken.

J'avais cette impression de devoir bientôt me séparer de quelque-chose que je venais à peine d'avoir, comme cette chaînette de cuir que j'avais faite accrocher à mon arme, au bout de laquelle pendouillait gentiment une bague de bonne facture, précieuse dans tous les sens du terme, qu'il me semblait avoir fait mettre hier encore et que je craignais de devoir rendre aujourd'hui déjà-den. Cette idée truculente m'avait tracassé tout le long du trajet en charrette, si bien que mon chauffeur personnel s'était senti obligé d'arrêter de chantonner gaiement-den. Il me regardait au travers de ses paupières fermées, je le savais, je sentais son regard sur moi, mais je ne pouvais tout simplement pas arrêter de regarder le jour poindre. Nous avions voyagé toute la nuit-den ; le paysage m'avait paru plus hanté par les monstres que jamais et, à l'arrivée, tous ces toussotements dans le vent et ces visages pointés vers le sol m'avaient abattu. J'étais fatigué du Monde-den.

"Vous pouvez repartir, Bozu-san-den, dis-je simplement au vieillard à côté de son buffle. Il avait les mains dans le dos et attendait-den.
- Vous êtes sûr, Denbee-sama ? (j'hochai la tête pour lui confirmer-den) Vous ne voulez même pas votre haori ?
- Pas d'haori, pas de kimono criard, pas de Taisho-den. Seulement... Eisei-den."

Et c'était seulement Eisei, dans un habit des plus sobres, gris sur noir, qui attendit à l'entrée du village d'Ariake, sur la petite parcelle restante du chemin travaillé, que l'essentiel des choses se montre-den. Je n'avais rien avec moi, sinon mon bokken, mon sandogasa toujours graffité de ce trop mignon ''Bottez-moi les fesses !'', cette lettre au contenu trop peu explicite et, oui, une nouvelle kiseru puisque la mienne se promenait dans le monde à la bouche d'une autre-den.
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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Jeu 13 Mar - 16:21


Plus d'une semaine s'était écoulé depuis ce jour où ma vie m'a été révélé dans les moindres détails, vie que je croyais connaître et qui n'était en réalité qu'un amas de peur et d'illusions. Aujourd'hui, les choses me semblaient claires, mes sentiments vis-à-vis du monde m'étaient revenus et je pouvais croire en un avenir avec mes proches. Tout ceci grâce à Amatsu, être corrompu entre ses origines de Yokais et son espoir de se voir aux côtés des hommes. Ils faisaient partie des créatures de Bakemon, ceux combattant pour l'alliance des êtres de Yokuni. C'est lui qui me dévoila mon histoire et mes origines. C'est lui qui me libéra du poids qu'était cette malédiction illusoire. Je lui devais ma nouvelle liberté. Pourtant, il me fallait à présent être encore plus vigilante. Connaissant la vérité, je ne pouvais laisser les autres en savoir plus sur mon identité. Pourtant, je devais en parler à quelqu'un. Une personne de confiance, qui pourrait me ramener sur le droit chemin si mes instincts meurtriers faisaient surface.

C'est pour rejoindre cet homme que je marchais à présent vers les chemins si particuliers d'Ariake. Je traversai les grandes plaines au Nord de la capitale. Celles-ci étaient magnifiquement fleuries. Les quelques arbres qui s'y étaient trouvés domicile chantaient alors que les bourrasques se faufilaient dans leur feuillage. De nombreux parfums vinrent m'entourer alors que j'apercevais au loin les remparts ainsi que le palais féodal. Je me demandais à cet instant si retourner là-bas ne serait pas dangereux, mais une réflexion rapide me rassura : aujourd'hui, je connaissais l'origine du sang dans mes veines, mais le monde l'ignorait. Rien n'avait changé pour lui. J'étais toujours Oni-kira, femme mercenaire qui voyage et exécute les désirs des demandeurs. Aux yeux des habitants, j'ai toujours été différente, voire monstrueuse. Même s'ils apprenaient que j'étais une demi-Yokai, cela ne changerait rien, si ce n'est qu'ils auraient une bonne raison pour me transpercer.
Je chassai ses idées de mon esprit et mon regard se posa sur ma destination qui se trouvait un peu plus vers le Nord-Ouest.

Aussi étrange que cela peut paraître, je rencontrai un marchand ambulant qui se dissimulait vers le seul groupe d'arbres que je pus croiser jusqu'à présent. Celui-ci me montra bon nombre de marchandises aussi peu intéressantes les unes que les autres si ce n'est un haori aux couleurs violettes et noires. Je n'eus pas le temps de racheter des vêtements après mon combat à Akina. Peut-être valait-il mieux que je me change pendant que j'en avais l'occasion. Je ne voudrais pas qu'Eisei s'inquiète en me voyant arrivé avec une cape aussi tâchée de rouge... J'ôtais donc le tissu noir de mes épaules que je tendis à l'homme. Je lui proposais un échange. Il refusa puis changea d'opinion lorsque je lui tendis en plus un petit sachet contenant du riz.
Me voilà vêtit d'un haori qui me correspondait mais qui était pourtant un peu trop grand pour moi. Il avait dû appartenir à un homme dont la carrure était forte. Les manches me tombaient sur les mains alors que le bas de la veste m'arrivait aux genoux. Cela ferait l'affaire pour le moment et cela permettait de cacher mon katana.
Avant que je ne parte, je remarquai un objet brillant. En regardant de plus près, il s'agissait d'une broche à cheveux. Dorée, elle arborait des plumes orangées tournant vers l'écarlate en plus d'un rubis taillé en forme d'œil de félidé. Je ne sais si ce fut le joyau ou bien le vent qui faisait sonner les petites cloches pendantes accrochées après, mais cela me rendit nostalgique. Un sentiment chaleureux me traversa alors que je pris l'objet en main. Sans attendre, je tendis un nouveau petit sachet pour payer l'objet. J'observais celui-ci avant de venir l'entremêler dans ma chevelure pour y faire un chignon quelque peu mal fait. Je saluai l'homme qui disparut aussitôt.
J'ignorais encore pourquoi je fis réellement ce dernier achat mais peut-être que cet insigne était mon nouveau porte-bonheur, bien que je ne croyais pas réellement à l'effet spirituel de ces objets.

Ariake était à présent en vue alors que le chemin se faisait plus simple et fin. Je stoppai ma marche pour observer le paysage. Un parfum, plus agressif, me parvint. Il s'agissait des odeurs que dégageait la montagne, ceux des métaux et de la terre soulevé. Il n'y avait aucun doute, j'étais arrivé près de la cité minière.
Je vins placer une main près de mon visage afin que mon nez puisse respirer correctement sans être irrité par la lourdeur de l'atmosphère. Mon autre main, quant à elle, vint à fouiller sous mon nouveau haori puis attrapa le kiseru que j'avais coincé dans ma sacoche. J'attrapai le petit sachet que le Taisho de Kenshu m'avait offert. J'observai l'objet et de nouvelles questions insufflèrent dans mon esprit : Eisei pourrait-il comprendre? Comment allait-il réagir lorsqu'il apprendra qui je suis réellement? Me fuira-t-il? Me tuera-t-il? Je crois que cela m'importait pas. Je voulais simplement qu'il le sache... pour me rassurer...
Une fois encore, les idées s'envolèrent quand je revins à la réalité. Je pris quelques feuilles que je vins déposer dans le kiseru que j'allumai avec le hi-ire que m'avait donné l'un des villageois sauvés du désastre auquel j'avais assisté.

L'odeur du tabac remplaça la précédente et il m'était à présent possible de respirer à plein poumon. Encore une fois, la nostalgie m'envahit devant ce parfum. L'image du Taisho me revint alors clairement, ou bien était-ce réellement lui alors que je m'avançais vers l'entrée d'Ariake. Il n'y avait pas de doute. Bien qu'il ne portait pas son haori, il était facilement reconnaissable de loin.

Je le fixais de loin alors qu'un homme dont l'âge était plus proche de cent ans que de la vingtaine s'approchait de moi avec sa charrette et son buffle. Mon kiseru fumait alors que je ne dégageais presque aucune fumée de ma bouche. Ce fut le bruit de la roue qui se heurta à un caillou qui me fit reprendre mes esprits. Avais-je... peur? C'était bien la première fois. Néanmoins, c'était la première fois que je devais avouer à un être proche qui j'étais. Mon humanité reprenait-elle le dessus? Ou bien la Taii? Peu importait.
Mes pas suivirent de nouveau le chemin qui s'effaçait peu à peu alors que je m'approchais d'Eisei, l'homme à qui j'avais envoyé une lettre il y a peu de temps pour lui donner rendez-vous.


"Je ne m'attendais pas à te voir arriver si tôt."

Ce fut les seuls paroles froides, je dois l'admettre, que je lui adressai. Un silence s'installa entre nous alors que je le regardais dans son œil unique. Pourtant, je repris la parole.
"Tu as l'air en forme."



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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Sam 10 Mai - 14:39

J'avais sursauté à l'écoute de cette voix mais je ne m'étais pas retourné de suite-den. Je la connaissais bien. Je l'avais longtemps écoutée, souvent sollicitée puis oubliée et redécouverte avec le même intérêt-den. En tournant à peine la tête dans sa direction, je n'avais pas réussir à m'empêcher de pouffer discrètement malgré l'humeur maussade qui me tenait. Le commentaire n'avait pas été drôle-den ; le ton n'avait d'ailleurs pas plus cherché à l'être, pourtant j'avais secoué l'épaule et souri. Yasha Inuko était là-den.

Je ne m'étais retourné que pour mieux ignorer l'angoisse et les questions qui cherchaient à me happer à travers le papier de la lettre. Je l'avais encore relue pendant la montée du jour-den. Je n'arrivais pas à en saisir le sens si bien que, chaque fois que mon œil traînait sur les caractères fins, de nouvelles suppositions naissaient, me donnaient de l'espoir ou détruisaient tous ses germes pour finalement me laisser seul face à l'avenir et ses incertitudes. L'avenir était-là-den.

« A croire que voir des traîtres mourir me fait du bien-den... » dis-je sans ton avant d'agiter la lettre devant moi. Mon œil fatigué regardait mon senpaï-den. Cela ne faisait pas longtemps que nous nous étions quittés, pourtant j'avais eu l'occasion de vivre plus d'une vie dans ce court laps : j'avais eu le temps de me faire trahir par mon Taisa, de me retrouver à l'autre bout de Yokuni, de – manquer – me faire tuer par un Yokaï dans une forêt hantée, de chercher un moyen de revenir dans mes terres, de revenir, de sanctionner de la pire façon le traître en question, d'élire un nouveau Taisa, d'offrir un avenir à deux jeunes personnes traumatisées par un monstre, de recevoir cette lettre-den... Le monde allait mal en ce moment et il fallait en payer les frais. Inuko le savait certainement mieux que quiconque et, malgré le fait que je fûs totalement désarçonné par notre nouvelle rencontre, je ne pouvais que mettre la main à la poche-den. Elle restait impressionnante, paraissait morose et déterminée à la fois, sûre, indépendante et pourtant réclamant qu'on prenne soin d'elle...

Elle avait aussi une nouvelle coiffure-den. En constatant cela, je récupérai les sens et la regardai sans rêver davantage.
« Je ne pensais pas que tu m'écrirais si vite-den. En réalité, je ne pensais pas que tu m'écrirais-den. Merci de l'avoir fait-den... même si je ne suis pas sûr de comprendre les... raisons-den. » C'était faux-den. J'avais justement peur de les comprendre. Je n'osais pourtant pas les formuler ni oralement ni mentalement-den. ''Rejoins moi à Ariake. Il y a quelque chose que tu dois savoir sur moi le plus vite possible. Cela te permettra peut-être de voir les choses autrement à mon sujet et surtout, de pouvoir m'arrêter le jour venu.'' Je craignais que le jour soi venu ; trop vite, beaucoup trop vite pour moi-den.

Je rabaissai le bras avec le papier pour l'appuyer sur mon bokken. La petite bague qui y pendait vacilla et brilla sous les rayons du jour nouveau-den.  Elle eut alors la même couleur que les yeux de la jeune femme et il fut soudainement bien difficile de détourner le regard du sien. Malgré moi, noyé dans cet océan carmin, mon œil à moi quémanda d'être rassuré-den ; il demanda à se tromper et à estomper les doutes. Il voulut que le jour ne vienne pas-den.
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Yasha Inuko

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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Lun 12 Mai - 20:33


La force de ces paroles eut le poids d'une lame que l'on déposerait sous ma gorge. Il est vrai qu'au premier abord, Eisei me semblait être en forme mais ce n'était que sur le plan physique, et encore. Son regard, pour le moins marqué par des cernes sombres, en disait long alors que l'océan de souvenirs qui voguait dans ses iris exprimait clairement que le moment était mal choisi pour annoncer la nouvelle que je m'apprêtais à déclarer à mon camarade.
Je sentis le silence s'installer au gré du vent et des bavardages provenant de la ville. Il m'était important de me plonger dans l'âme du Taisho qui m'était imperturbable et pourtant semblait fatigué de la vie en ce jour. Cherchant à dénicher le moindre indice sur l'inquiétude du jeune homme se tenant en face de moi, j'en avais oublié le kiseru se trouvant sur mes lèvres, fumant, formant un nuage entremêlant le mal aise de la situation et nos pensées, à Eisei et moi. Etrangement, je perçus comme une idée.

Il y a bien longtemps que je n'avais pas posé pied sur le sol poussiéreux et beige des terres de la capitale. J'ignorais donc ce qui s'y déroulait mais je ne restais cependant pas dans le néant. Rumeurs, colportassions arrivaient jusqu'à moi. C'est ainsi que je découvris l'élection d'un nouveau Taisa. Je craignais que Juubei soit impliqué et qu'il est quitté les rangs pour une raison qui lui aurait été suffisante mais je pressentais qu'il n'en était rien. Du moins, je l'espérais... Cet évènement aurait-il un rapport direct avec l'état de l'homme qui se tenait devant moi? Je voulais en savoir davantage, mais ma tâche première n'était pas de mettre cet homme en mauvaise posture, loin de là. Je me contentai de prendre enfin ma pipe en main et de venir souffler la fumée du tabac que j'avais pu apprécier au fond de ma gorge. Mon timbre de voix s'en vint à changer alors que je prononçais avec délicatesse et pourtant force ces paroles.

"J'ignore ce qui a pu t'arriver durant ces dernières semaines... Sache que si tu as besoin d'une oreille attentive, je peux être celle-ci. Avoir un regard extérieur de l'armée pourrait être utile."

Je supposais que les incidents ayant perturbé l'esprit du Taisho provenaient des régiments. Je ne pensais pas me tromper mais si ce n'était pas le cas, cela ne changerait rien à la proposition que je venais de lui faire.
L'humeur revint quelque peu alors qu'Eisei était heureux d'avoir reçu ma lettre dans un premier temps. Je repérai une nouvelle forme d'inquiétude à travers ses yeux, différente cette fois car il était à ma propre personne. Craignait-il que le jour que j'évoquais dans mes écrits et lors de notre dernière rencontre ne soit arrivé? A vrai dire, ce n'était pas le cas à mon sens, mais il se pourrait que la décision que le Taisho prenne suite à ma révélation change peut-être l'aboutissement de cette journée. Il n'en tenait qu'à lui. La véritable raison était tout autre : il était en droit de savoir qui je suis réellement, aujourd'hui. A près tout, n'était-il pas devenu un membre de ma famille? Je n'ai jamais rien caché à mes proches si ce n'est mes raisons de les fuir, ce que m'a toujours rapproché Juubei... Maintenant que le poids de ce que je croyais être une malédiction avait disparu, lui aussi a le droit de savoir mon identité et je pense que ma prochaine destination risque d'être la même que l'homme borgne.

Je ne détachai pas mon regard de celui d'Eisei. Ces paroles n' étaient pour moi rien d'autre qu'une inquiétude inutile car je le savais ouvert d'esprit, surtout envers les personnes qui lui sont attachées; c'est pourquoi je m'empressai de le rassurer une fois de plus avec en compensation l'un de mes sourires rares que je pouvais arborer tout en ramenant à mes lèvres la pointe de mon kiseru qui ne resta que quelques instants pour me laisser expulser le nuage grisâtre.

"On dirait que j'ai mal choisi mon moment pour te faire venir ici mais il fallait que tu saches une vérité sur ma personne, en espérant que cela ne vienne pas embrumer ton esprit qui semble déjà bien loin d'une certaine forme de réalité."

Je vins taper ma pipe au-dessus de mon épaule afin de rejeter l'accumulation de tabac qui vint entacher le sol avant de s'éteindre sous mon pied. Habituellement, je serais venu glisser l'objet à son emplacement initial, sur ma sacoche, mais je décidais pour cette fois de le faufiler à travers mon chignon mal coiffé, permettant ainsi à celui-ci d'être davantage soutenu. Je m'approchai ensuite de l'homme qui me faisait face, m'arrêtai de sorte à nous retrouver sur une ligne égale. Mon regard se tourna vers la bague qui étincelait et laissait des éclats rougeoyant sur le sol, me laissant un brin de nostalgie et surtout, la certitude qu'Eisei pourrait garder ce joyaux. Ce fut autour de ma main de venir se poser sur l'épaule de mon "petit frère".
"Ne restons pas là. Allons-nous installer près de la montagne. Nous y serons plus tranquilles pour discuter. A moins que tu ne veuilles me montrer ce jardin secret dont tu m'as parlé."dis-je en faisant allusion à la demeure où devaient résider les liens du sang du Taisho.

Peu importait la destination, j'ouvris la marche. Sur le trajet, j'aperçus une chaumière qui m'était familière, non pas que j'y avais logé mais seulement, je connaissais très bien les personnes qui y vivent et en particulier le vieil homme dont le dos était voûté par le dur labeur de mineur. En réalité, si j'avais donné rendez-vous à Eisei en ce jour précis, ce n'était pas uniquement pour discuter avec lui mais parce que, au fond de ma sacoche, se trouvait une demande que j'avais exécutée et l'employeur demeurait ici, à Ariake. Afin de recevoir le dû de mes services, je devais donner pour preuve le collier de son fils qu'un bandit lui avait dérobé et que je possédais à présent. Cependant, la date de mon arrivée n'était programmée que pour demain, me laissant la journée pour ne penser qu'à une chose : Denbee Eisei.

Nous arrivâmes à ce qui était un carrefour malgré l'imperfection du croisement dû à une construction peu ordonnée. Le village n'avait pas changé depuis ma dernière visite qui remontait à des mois maintenant. Le seul changement était peut-être le nombre d'habitants. Je pus remarquer certaines offrandes près des habitations qui étaient à présent inoccupées. Mon visage resta impassible. Je vis de nombreuses vies s'envolaient pour rejoindre les kamis devant mes yeux mais la mort naturelle était merveilleuse et honorable pour ces sages de la montagne. Je me tournai vers celui qui serait à présent mon guide et m'adressai à lui.

"Où désires-tu que nous nous rendions?"



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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Mer 14 Mai - 19:56

Je l'avais suivi, docile et curieux à la fois-den. Avec de simples mots, elle était parvenue à reprendre cette place bien assise de senpaï et de sœur comme si nous ne nous étions jamais quittés. Attaché à elle, je l'étais d'une façon ou d'une autre, de part notre histoire commune ou l'admiration, et c'était bien parce que je l'étais décidément que je m'inquiétais davantage en la suivant-den. L'écoute qu'elle me proposait me plaisait, mais ce n'était pas à moi de parler aujourd'hui. Je n'étais pas venu pour ça-den. C'était à elle de le faire et, parce que je l'avais attendu depuis si longtemps que je ne m'en rappelais que trop mal à présent, je me taisais. Je me taisais et je comptais le faire jusqu'à la fin, quitte à y perdre les sens, quitte à ne plus comprendre, quitte à me heurter encore une fois à une vérité décevante et sale-den. La réalité l'est de toute façon et ça, je le savais déjà-den.

Ainsi donc, c'est tout naturellement et sans aucun remord qu'arrivé au carrefour je pris la décision de nous éloigner des chemins sinueux et mal dessinés qui menaient au reste des habitations éparpillées ça et là dans la lande. Je nous guidai sans trop savoir comment m'y prendre exactement jusqu'à un plateau situé non loin d'une entrée de mine, où des charrettes attendaient que la journée reprenne et où les gisements gisaient, brillant dans la poussière du matin, prêts à être recueillis, collectés, lavés et expédiés-den. Le cœur de la terre se tenait-là, extrait pour le besoin maladif de l'homme de s'enrichir.

Bien que hasardeusement, car je ne connaissais la région que trop bien en théorie et trop peu en pratique, je parvins à nous mener jusqu'à un surplomb de pierre où l'herbe avait brutalement cessé de pousser pour laisser place à du plantain et du pourpier-den. Épars au milieu des roches, ceux-là n'étaient que des tâches de vie sur la froideur des pierres antédiluviennes. Le soleil ne tarderait pas à les réchauffer, me forçai-je à croire en m'asseyant-là après avoir contempler l'horizon un peu plus vaste devant nous-den.
« Quoique tu me dises, je vais t'écouter-den. Je suis venu pour ça-den, fis-je doucement, expirant en même temps, tandis que je posais mon bokken par-dessus la lettre, à côté de moi. Je ne sais pas ce que tu comptes me dire ni l'importance que ça a pour toi-den. Je ne sais pas si je pourrais te comprendre, mais quitte à m'être déplacé si vite-den... Autant jouer le jeu-den.
 » Je ne vais rien dire jusqu'à ce que tu aies fini-den, poursuivis-je en lui lançant un regard fuyant. Prend le temps que tu souhaites-den. Je t'écouterai jusqu'au bout-den. Je n'ai jamais été avare de t'écouter parler-den. »

Sur ces mots, je pivotai pour me retrouver face à elle-den. Assis en tailleur, j'appuyai mes coudes à mes genoux et fermai un poing sous ma mâchoire. Je devais donner l'impression d'avoir dix ans de moins, soudain-den. L’œil aussi doux qu'alors, quoique sérieux et pressé de savoir, de connaître et de comprendre ce qui m'avait toujours farouchement intrigué chez cette jeune femme, j'attendis donc avec toute la patience dont j'étais fait-den. J'en avais beaucoup ; un lot entier, donné gratuitement avec la nonchalance et le flegme qui se montrerait aujourd'hui, je le pensais, particulièrement utile-den. Pourtant, même avec cette patience en héritage, je nourrissais encore une fois l'espoir d'être surpris par elle, ou la désillusion de m'être trompé sur elle, ou l'envie d'être encore plus proche d'elle. Ou les trois à la fois-den. Cela pouvait certainement se lire en moi et je ne fis pas vraiment d'effort pour le cacher. Pourtant je lui souris, encourageant-den. Je m'encourageai moi-même en même temps.
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Yasha Inuko

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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Jeu 15 Mai - 10:57


Chaque pas me transporta dans un nouvel horizon de songes et de pensées. Qu'importait la position de mon regard, j'y entrevoyais les mineurs, âgés et fatigués de leur dur labeur, retournant à la douce chaleur de leur foyer, accueilli par l'être aimé et son héritage, oubliant poussière et sueur que la montagne leur offrait. Chatouillée par la lumière naissante, la roche se teinta de milliers d'étoiles, aux couleurs diverses et éphémères, abandonnant sa texture sombre de la nuit. Le tapis de soie verdoyante laissa place à un voile plus dur et sablonneux. Il m'était évident que mon guide ne m'amenait point vers sa demeure. Il préféra le silence de la pierre et le lointain de l'horizon. Cela ne me déplaisait nullement, au contraire. Il me serait plus simple de lui annoncer devant le soutien de Mère Nature et d'Amateratsu.

Denbee s'assit, silencieux un temps, pour prendre la parole et me dévoiler ses intentions à mon égard. Ces mots me touchèrent comme ils m'effrayèrent. Je n'avais point la parole des grands historiens. Les sons de ma voix n'étaient prononcés que pour délivrer le moins que nécessaire. Néanmoins, le Taisho me donnait l'occasion de m'exprimer. Jamais nul n'avait pris le temps de m'écouter sans craindre de recevoir des blasphèmes de ma part. Immobile, dévisageant mon camarade dans sa posture enfantine,  écoutant l'histoire de nos ancêtres, intrigués par la soif de connaissance, je pouvais lire dans son regard la peur et la joie. Etait-il capable de voir mon inquiétude? Le soulagement devait voiler l'océan au plus profond de mes iris.
Les cailloux se fracassaient les uns sur les autres lorsque le poids de ma carrure se posa sur eux. Le sable se souleva derrière moi alors que je pris une distance avec mon interlocuteur. L'aube me faisait face à présent et ma personne se teintait petit à petit d'une ombre, effaçant les détails de ma silhouette, seule ma chevelure devait refléter les rayons de l'astre du jour apparaissant à l'horizon.

Il était temps. Je m'apprêtais à débuter, sans croiser l'œil unique d'Eisei. Je ne voulais connaître sa réaction que lorsque ma voix ne résonnera plus à travers le sable et la roche. "Par où commencer?" pensais-je alors que je ne désirais divulguer que le strict nécessaire. Il n'avait pas besoin d'en savoir plus c'est pourquoi, avec l'indifférence qui me caractérise, je commençai.

"J'ai discuté avec un Kitsune... Il m'avoua connaître mon père et son destin..." Je me stoppai afin de choisir mes mots. "Il me raconta la rencontre avec ma mère, la folie qui le dévora et me força à commettre le crime." J'ouvris la paume de ma main en face de moi, à hauteur de mon buste et continuai. "Il m'annonça les origines de mon père. Ces véritables terres n'ont jamais été celle du Phenix mais bien plus au Sud, vers les Terres Neutres."

J'entendais le sang souillé hurlait de mettre un terme à ce supplice alors que l'âme humaine qui me constituait voyait un soulagement à chaque mot. Mon regard se ferma, ainsi que mon poing.
"Tout comme ce renard, mon père était lui aussi un Kitsune. Un Yokai prenant l'apparence d'un humain pour remercier ma mère de l'avoir sauvé d'une mort certaine." Je me retournai enfin vers Denbee, cherchant un dernier soutien pour prononcer ses paroles pesantes. "Yokai et Humain... Ce sang-mêlé coule dans mes veines. Le fardeau lié à ce que je pensais être une malédiction n'était rien d'autre qu'une illusion que je me suis faite. La mort de mes proches n'a jamais été qu'une coïncidence. Je me suis voilé le visage depuis le début... Tant d'années perdues à vous renier..."

La brise du matin me remplaça. Denbee devait digérer cette découverte mais je ne lui en laissais pas le temps. Je me rapprochai de lui, soutenant toujours son regard.
"Je t'ai dévoilé ce secret car, lorsque le jour viendra, il te sera plus simple de mettre un terme à ma vie. Je souillerai le sol d'un sang corrompu qui aboiera la haine qu'il te porte mais mon âme te remerciera d'avoir mis fin à ma folie...
Eisei... "
dis-je en venant poser ma main sur son épaule tout en m'accroupissant. "Je me rends compte à présent du poids que je t'ai délivré et je m'en excuse. Je ne pensais pas que les choses tourneraient ainsi. Cependant, j'ai... besoin de toi. "

Ces mots me semblèrent lourds à prononcer. Jusqu'à maintenant, l'indépendance était mon mot d'ordre,  il ne fallait en aucun cas que j'implique qui que ce soit; mais la tournure des évènements changat la donne.
"Tout comme mon père, le Yokai qui sommeille en moi peut se réveiller à chaque instant. Je ne veux blesser personne lorsque cela arrivera..."

Denbee comprenait certainement mon point de vue et j'espérais aussi qu'il accepte mon nouveau statut...



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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Jeu 22 Mai - 0:38

« C'est donc ça-den... » avais-je dis bien après qu'elle eût fini de parler.

J'avais détourné le regard depuis longtemps déjà-den. Mon sourire avait disparu également. Celui-là avait fui quand elle avait parlé des terres neutres puis, quand elle avait annoncé la tragédie de son histoire, je n'avais tout simplement plus pu soutenir son regard pour l'encourager à creuser davantage sa peine-den.

C'était une bien drôle de sensation qui m'avait pris alors. C'était peut-être la surprise, la désillusion et l'envie assouvie, toute trois en même temps-den.

Ou bien c'était seulement la pitié et l'incompréhension tant il était difficile pour un individu tel que moi de saisir la douleur d'une telle découverte sur son passé, après tout ce temps ; après avoir dû faire des choix similaires à ceux que Yasha avait fait, sans savoir qu'ils se basaient peut-être (n'était-ce pas ça, au fond?) jusqu'alors sur des secrets-den. Sitôt qu'elle s'était vue accordé le droit de déculpabiliser vis-à-vis de ses actes – ou du moins ce qu'elle avait toujours cru être de son fait-den –, il avait fallu qu'on lui attache la cheville à une nouvelle chaîne, peut-être plus solide que la précédente. Voilà quelles choses je ne pouvais pas comprendre et qu'il me semblait interdit de demander-den. En outre, je n'étais même pas certain d'être capable de saisir l'ampleur véritable d'une telle découverte. Je n'étais même pas sûr d'avoir bien entendu, et lui demander de se répéter encore, encore et encore jusqu'à ce que je fusse capable de l'entendre correctement me paraissait tout aussi déplacé. Ne me fallait-il tout simplement pas accepter cet état de fait, comme elle avait dû le faire, sans chercher plus de réponse là où se trouvaient désormais des tombes-den ?

Cependant, je ne pouvais que me dire qu'accepter cet état de fait, c'était aussi peut-être attirer à moi un sentiment de mort imminente ou future, une angoisse viscérale que j'avais senti fleurir sitôt qu'elle avait abordé la question de ce jour précis. Ce jour-là que je ne voulais pas voir venir, que je préférais inhiber quelque part ailleurs en moi-même, et qui pourtant était revenu et revenait encore, car alors le petit Eisei naïf qui dévorait son senpaï de curiosité plus tôt, le même qui l'avait admirée depuis qu'il l'avait vue, celui-là qui voulait tout connaître d'elle quitte à s'en dégoûter parce qu'il était un enfant gourmand et idiot-den ; celui-ci que je m'amusais à rejouer parfois quand je ne voulais rien assumer des responsabilités qui me tenaient, celui qui rêvait encore sans s'inquiéter de ce à quoi ressemblait véritablement le monde, lui était mort en même temps qu'elle avait parlé. Cela ressemblait à un rêve et pourtant c'était la plus simple des réalités sans doute, celle de devoir tuer l'enfant gourmand et idiot pour lui préférer le véritable monde ainsi que tout ce qu'il comporte de plus décevant et sale-den. Il m'était impossible de fuir cette réalité.

Alors je redevenais inéluctablement cet adulte responsable, qui avait promis et pour qui comprendre l'ampleur véritable de cet aveu était important, car il était véritablement question de mort. Pourtant, même en étant cet adulte accablé de responsabilité qui éperdait volontiers son regard sur ces gens au loin, ceux-là qui remontaient le sentier naturel de la mine, et ceux encore plus loin qui se lavaient au puits, et ces champs tristes où rien de beau ne poussait, et ces maisons basses et penchées qui ne demandaient qu'à s'écrouler, même en étant cet homme qui se caressait la mâchoire du pouce sans plus exprimer la moindre émotion sinon celle d'une profonde réflexion, il m'était difficile de concevoir le monde tel que mon senpaï me le décrivait, tel qu'elle me demandait de l'écrire pour elle plus tard, et ce quand bien même je savais ce monde-là parfaitement moche et décourageant. C'était un dessin trop dur et trop long pour moi et cela je l'avais saisi de suite lorsque nous nous étions revus la première fois-den. En ce jour, il devenait seulement d'autant plus dur et d'autant plus long. Mais je lui avais fait une promesse et j'étais définitivement béni de patience.

Totalement introverti sur le coup, je n'avais rien ajouté-den. Je n'étais pas impulsif, même pas sous le choc d'une nouvelle pareille. Il m'en fallait bien plus pour me remuer-den ; même la perte d'un œil et d'une partie du reste de ma tête n'avait pas suffit à me faire réagir promptement-den. J'étais trop lent, trop distrait, trop... stupide, peut-être, et ce depuis toujours.

Je restai lové dans mes pensées longtemps-den ; j'essayai de comprendre sans avoir à poser de question, de m'informer sans avoir à demander. J'essayai dès lors de retrouver des fragments de souvenir lointain, très lointain, encore plus lointain que les monts qu'on voyait au loin, pour tâcher de me rappeler ce qu'être un Kitsune pouvait bien impliquer-den. Cela ne dura pas longtemps car je fus de suite confronté à l'autre réalité suivante : le jeune et naïf Eisei qui avait dû étudier ces choses démentes-là, lui, était décidément trop idiot pour s'y intéresser, et plutôt que de me souvenir de ce qu'avait pu m'apprendre ma tutrice, je me souvins de ses réprimandes et de ce que j'avais toujours refusé de lire par ennui-den. Aujourd'hui l'ennui était tout autre et la seule chose que m'évoquait le mot « Kitsune » était, quant à lui... qu'ils avaient plein de queue.

Je soufflai en me frottant la joue, sourire bête et fugace au visage, profondément désespéré par la situation et par moi-même-den. « Denbee Eisei tu es stupide et tu l'as toujours été-den. Tu mourras stupide-den. » fut l'une des premières pensées à m'attaquer vigoureusement. Aussitôt, je fus presque incapable de m'en défaire, si bien que je me sentis pâlir sur place, pris par une bouffée de chaleur angoissante et tout un tas d'autres choses qui manqua me faire tourner de l’œil-den. Je soupirai plusieurs fois en silence, fermai la paupière et tentai de me rasséréner.  Demeura le fait que je n'étais pas capable de combattre ni mon senpaï ni un quelconque yokaï poilu-den. Les deux ensembles... den... den...

« Senpaï-den... quel... quel genre de choses serais-tu capable de faire en tant que... kitsune-den ? Me forçai-je finalement à demander-den. Je ne la regardai toujours pas ; mes paupières étaient fixées l'une à l'autre et mes doigts, au bout d'un bras désormais appuyé sur mon genou, se serraient et se desserraient pour cacher l'état totalement hasardeux de ma conscience-den. Que pourrais-tu faire-den ? »
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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Sam 24 Mai - 14:33


Le vent combla le silence que je laissais volontairement plané. Denbee devait voir dans cette révélation un poids bien plus lourd que celui de cette illusion qui transforma ma vie en un enfer, digne de la grande guerre qui dévasta notre beau pays. Pourtant, je voyais à travers elle une libération. Une nouvelle volonté naquit au plus profond de mon être, plus forte, plus robuste, cherchant à combattre et enfermer cette calamité dont les Kamis m'ont fait foi. Grâce à elle, je peux enfin avancer sans craindre de choir au moindre contact, observer le monde sous un nouveau jour, apprécier la caresse matinale et les parfums de la rosée du matin sans ressentir la lame acérée fixée sous ma gorge , s'exalter aux rires et joies du futur de ce monde sans redouter de le voir s'écrouler sous mon regard ensanglanté, et aider les êtres chers à s'émerveiller en oubliant le shinigami qui vogue près d'eux. Tant de projets peuvent se dessiner alors que la mort fallacieuse m'a dérobé à la vie durant de si longues années. Je n'ai aucunement l'intention de m'apitoyer sur mon sort, précurseur d'un chemin au bout duquel je peux croire à une lumière salvatrice en le traversant.

Cependant, je ne pouvais oublier cette part de moi-même qui reste enchaînée, à attendre le moment propice pour briser ses entraves et se saouler avec le sang de celle que l'on nomme Inuko. Tout comme mon père, je ne suis point à l'abri de voir mon esprit s'embrumait d'un voile de haine et de colère, me manipulant comme une simple poupée de chiffon afin de mener à bien ses actes de barbarie. Ces inquiétudes... je les partageais avec mon "libérateur" qui appréhende ce fameux jour où je ne serais plus qu'une coquille vide. Je souhaite que ce jour n'arrive jamais. Si cela est impossible, que le temps s'écoule le plus longtemps avant de s'arrêter. Eisei ne mérite point de devoir entacher davantage ses mains pour mon salut. Les vivants ne devraient pas porter le fardeau des morts. Il m'était clair que cette agonie n'était rien de plus qu'un acquittement.

Ces peurs et ces doutes. Je ne pouvais qu'être la mieux placer pour les comprendre alors que je voyais mon camarade sourire, simple figure voulant me faire croire à un soulagement ou bien à une compréhension  de la situation. Pourtant, tu ne peux mentir, Eisei car les pierres précieuses de ton regard scintille d'angoisses et de frayeur. Alors qu'autrefois, je n'aurais nullement oser t'approcher, aujourd'hui je peux te réconforter... mais les barrières de solitudes m'empêchent d'avancer, moi qui ne suis qu'une femme ayant oublier la chaleur de l'affection, la douceur de la tendresse, l'exaltation du sentiment que je me suis interdit. Il me fut encore plus difficile de lui apporter ce soutien lorsque les lames de ses paroles me transpercèrent, m'imposant de répondre en toute franchise à un avenir que je ne voulais point emprunter.

Je ne mâchais point mes mots. Ma voix était neutre  alors que ma main, fragile en cet instant, révélait mes véritables émotions, les plus alarmantes soient-elles.

"Peut-être pourrais-je garder mon apparence humaine... pour pourchasser la populace afin de la tuer, me rassasier de sa chair et rire aux éclats devant les soldats... Anéantir une vie de dur labeur... Détruire le futur de ce monde sans aucune clémence."

Mes paroles durent lui paraître si impassibles mais je ne pouvais le ménager, lui permettant de voir le jour sur mon âme tâchée d'une impureté qui peut surgir d'un jour à l'autre, venant menacer la race à laquelle je pensais encore appartenir.

"Cependant, je n'ai nullement l'intention de me laisser ensevelir par mes démons. Il est encore trop tôt." Dis-je après une minute de silence alors que je redirigeais mes pas vers le bord de la montagne, m'émerveillant devant l'ambre qui éblouit de toute sa splendeur les champs et plaines des environs par ses bras étincelants d'ardeur. "Des personnes comptent sur moi pour leur apporter le salut de leur âme en peine. Je combattrais mes ennemis, comme cette disgrâce qui fait de moi la créature qui s'offre devant ton regard." Je me retournai, sourire naissant et pourtant imperceptible. "Oublie l'angoisse de cet instant, laisse le vent l'emportait vers d'autres horizons et que l'enfant si paresseux que j'ai connu et que tu es, revienne. Ne penses-tu pas avoir déjà assez de soucis avec tes responsabilités?"

Nul besoin d'en exprimer davantage. S'il souhaitait évoquer le sujet de ce Taisa, il le ferait. Bien que l'élection me semble douteuse, dû à l'inquiétude qui s'échappait des paroles des nombreux colporteurs que j'ai pu croiser,  je m'abstiendrais de venir le tourmenter s'il ne désire point en discuter. Il m'était plus important de venir calmer les craintes de ce jeune enfant, qui portait un nouveau regard sur moi.
J'ignore si je le voyais tel quel à cet instant, ou si les murmures de la roche étaient telles des aiguilles à mes oreilles, mais je m'approchai de nouveau de lui, me stoppant à ses pieds et venant déposer ma main délicatement sur l'ébène le caractérisant, stoppant ains mon angoisse naissante.


"Pendant de nombreuses années, mes nouvelles ont été inexistantes..." 'Et je m'en excuse, voulais-je rajouter mais mon tempérament me l'interdisait. "Je suis pourtant là, devant toi, alors que tu me pensais de l'autre côté, n'est-ce pas? Tu n'as pas à craindre le moment où nos chemins se sépareront... J'ai l'intention de récupérer mon bien le plus cher lorsque je déciderais que tout sera terminé." Dis-je tout en pointant de l'index l'objet scintillant devant l'astre jour, illuminant ses alentours d'une teinte cramoisie. Mon "frère" devait comprendre qu'il ne devait être troublé de me voir totalement disparaître; je n'en avais point l'intention. L'évocation de ce lien que j'entretenais avec lui m'inspira des dires qu'il m'était imprononçable de part alors qu'il ne me restait de ma famille qu'un bijou et un sabre.
"Et je n'ai pas l'intention d'abandonner... ma famille..." chuchotais-je, empli du sentiment d'attache qui vint briser le calice de ma solitude.



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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Mer 28 Mai - 4:51

Je saisis son poignet avec délicatesse. Mais je ne la regardai toujours pas-den. J'appréciai ce qu'elle disait, évidemment ; cela me touchait et me rassurait concernant l'état de ses pensées-den. Je la soupçonnai néanmoins d'essayer de se rassurer elle-même, ou de garder ce contrôle permanent qu'elle avait toujours eu d'elle-même en parlant de la sorte. Il restait agréable d'imaginer qu'elle y croyait réellement et qu'elle était sincère-den.

Cependant je ne pouvais pas m'empêcher de prendre bonne note de ce qu'elle avait dit juste avant, concernant sa part démoniaque, cet autre elle qu'elle ne serait pas capable de contrôler aussi bien malgré ce qu'elle semblait dire, et je pensais déjà qu'il serait plus que nécessaire, le jour où elle ne contrôlerait plus rien, de l'éloigner le plus possible des habitations et de toutes formes de vie. Je me disais en même temps à quel point il me serait compliqué d'y parvenir seul si cela devait se passer demain et qu'il était tout aussi nécessaire, peut-être, que je trouve à qui me confier, à qui demander de l'aide et du soutient en prévision-den. J'avais déjà pris des dispositions après nos retrouvailles, mais le problème aujourd'hui n'avait plus rien à voir avec celui d'alors. L'entourage que je m'étais constitué, celui que j'avais prévenu, celui-là ne serait jamais apte à affronter une telle chose, si bien qu'il me semblait inévitable de trouver d'autres personnes-den. L'idée de céder mon bokken pour une véritable arme de fer s'imposait tout autant.

Je déplaçai la main de la jeune femme et la regardai enfin-den.
« Elle ne t'abandonnera pas non plus-den. Je me relevai et époussetai mes habits. Même l'enfant paresseux, que toute cette histoire ennui cruellement-den, ne t'abandonnera pas-den. Je l'entends gémir rien qu'à l'idée de reprendre l’entraînement et les études sur les yokaïs-den. »
Je ramassai la lettre et mon bokken pour les remettre l'un et l'autre à leurs places respectives. Puis je croisai les bras et regardai ce qui se passait derrière nous-den : rien du tout, ce qui était horriblement satisfaisant.
« Shigeru-san-den, lançais-je après un silence, sur le ton de la conversation. C'est le nouveau Taisa-den. Un grand type, blond, l'air triste, grand combattant... Vous vous entendriez bien, je pense-den. Kusojiji me l'a conseillé-den. Je ne le connais pas encore bien-den. J'imagine que ça montre déjà, quelque-part-den, qu'il est plus intelligent que Naguro-san-den. » Je soupirai bruyamment. Un groupe d'oiseaux passa au-dessus de nous.
« J'aurai préféré que tu sois maudite-den, lui dis-je tout de go. Parce qu'une malédiction, on peut la lever-den. Le sang, ça ne se nettoie pas facilement, en revanche-den. » Je m'attrapai l'arrête du nez et fermai l’œil. Je me mis à secouer la tête de droite et de gauche doucement et involontairement. Plus je réfléchissais à un moyen d'éviter le drame, plus les portes des solutions possibles se refermaient sur mon nez et plus je la voyais devenir une espèce de renard gigantesque à neuf queues hurlant sur un village lointain en proie aux flammes-den. Parler d'autre chose n'était pas évident.
« Naguro-san est mort-den. Il a essayé de m'évincer de mon rang en m'éloignant des terres de Kenshu-sama-den. C'était assez malin, surtout après ses tentatives d'assassinats ratées-den (je me tus un moment) … mais je suis quelqu'un de chanceux, alors je ne peux pas me plaindre-den. S'il existe une façon d'empêcher durablement ces démons, comme tu les appelles, de te prendre, je dois être celui qui sera capable de la trouver-den. »

Je me tus encore. Et relevai finalement la tête du sol en direction duquel elle était penchée jusque-là pour regarder de nouveau Yasha. Je la détaillai de l’œil un moment, songeur-den.  Il était impossible de croire qu'une moitié de Kitsune se cachait en elle. Lorsque je repris la parole, ce fut d'une voix calme. L'angoisse était toujours présente, bien sûr, mais cachée par la conviction que quelque-chose était possible avant d'en arriver au fer, au sang et à la mort-den. Du moins, si elle le voulait bien.  
« Cependant-den... il faut que je te demande ta permission-den. On ne m'a pas demandé si je souhaitais vivre quand on a recousu ma tête et creusé ce qui restait de mon oeil-den. Ne trouve pas ça bizarre-den : tu es bien placée pour savoir, je pense, que parfois la souffrance et la douleur d'un être sont insupportables, il est parfois préférable de ne pas s'acharner-den. Je crois que c'est important de le demander-den... Du coup-den... Je ne m'acharnerai pas à chercher un moyen de te garder en vie si tu ne le veux pas-den. Mais si tu me l'autorises et que je n'y parviens pas, ça ne change rien à la promesse que je t'ai faite-den. »
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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Jeu 29 Mai - 17:30


Il y a à peine quelques semaines, il m'était inconcevable de pouvoir approcher cet enfant s'ennuyant de toute chose qui se tientt en face de moi. Aujourd'hui, je sens le poux de la vie qui coule dans ses veines alors qu'il me prend, avec délicatesse, le poignet. Nul n'avait eu une telle prise sur ma personne. Le dernier était celui que j'idéalisais, l'unique homme sur cette terre que j'ai considéré comme digne d'être mon tuteur. Je me souviens encore de ses bras me soulevant afin de stopper ma rage contre les enfants du village qui venait me taquiner et que je désirais planter de mes crocs; ou encore lorsqu'il me surprit à vouloir quitter notre demeure durant la nuit, me piégeant et me ramenant par-dessus son épaule. Cette époque est si loin. J'étais jeune et naïve, incapable de contrôler ma soif de colère envers l'humanité. A y repenser, certains de mes comportements ou de mes instincts étaient comparables à ceux de l'animal canin, espion de la forêt et grand roublard. Cette nuit où je pris la vie de ma propre chair... L'aurais-je fait sous l'influence de ma seconde nature? Cela expliquerait énormément de situations, y compris mes impulsions meurtrières face à mes ennemis. Cette idée me donna un arrière-goût dans la gorge alors que je sentais la peur m'envahir, mais je ne pouvais me laisser abattre. Pour Eisei, Juubei... et toutes les personnes m'étant chères, je me dois de combattre ce démon qui m'habite et de surpasser mes propres craintes.

Le soulagement terrassa l'effroi alors que mon frère ne pouvait que me rassurer avec ses paroles. Qu'il était bon de se sentir soutenu et surtout, de pouvoir partager un destin commun, quelle que soit l'issue. L'atmosphère sombre qui nous entourait s'apaisa alors que le jeune homme fit naître au coin de mes lèvres un sourire en plus d'un rire étouffé.


"Malheureusement, la vie ne se résume pas à rester dans ces quartiers et à fumer toute la journée, Taisho." Dis-je avec un timbre de voix qui était loin d'être familier. Calme, paisible et mélodieux, le désert de solitude et de doutes était terrassé. Pourtant, un seul nom put bouleverser mon être et ma curiosité tendait grandement l'oreille. Shigeru... ainsi donc il avait réussi à gravir les échelons. Rien d'étonnant. Il était digne de confiance et sa droiture de rendre la justice était comparable à son honneur pour son seigneur, forte et inébranlable. Je me permis alors de rajouter des arguments afin que le Taisho puisse se rendre compte que ce nouveau Taisa était un bon choix, néanmoins, ma voix reprit ses airs sombres et si lointaine.
"Nous avons eu l'occasion de nous croiser à de nombreuses reprises." Je ne pouvais évoquer notre dernière rencontre qui provoquerait des interrogations involontaires de la part d'Eisei. Je poursuivis donc, apportant mon soutien dans le choix de cette décision. "En plus d'être un homme redoutable au combat, son sens de la justice n'a rien à envier à sa puissance. C'est un homme de confiance. Tu ne seras pas déçu."

Le vol des enfants du vent me fit lever les yeux vers le reflet de l'océan avant de prêter, de nouveau, attention aux paroles de mon camarade. Finalement, j'appris les véritables raisons de cette nouvelle élection. Le Taisa précédent avait osé sans prendre au Taisho à plusieurs reprises. Mon sang palpitait à travers mes doigts alors que mon cœur s'emballa un instant en écoutant cette histoire mais entendre que la chance qui le sauva lui servirait à me rendre humaine, d'une façon ou d'une autre, me calma. Si je n'avais pas renié mes émotions durant tant d'années, il m'aurait été simple de rire à ces mots et de le rassurer. Il semblait se préoccuper de mon cas bien plus que de ses responsabilités. Ai-je eu tort de lui en parler? N'aurais-je jamais du le revoir, l'ignorer lorsque nous nous sommes recroisé dans cette forge? Cette voie a été effacé de mon destin et je ne peux qu'accepter mes décisions à présent.

Le vent se faufila le long de nos corps alors que Denbee en vint à me regarder. Je n'avais aucun don de voyance, mais les couleurs vacillantes dans son regard en disaient long sur son état d'esprit. A le regarder ainsi, je l'entendais crier de ne pas partir, de ne pas le laisser derrière, par crainte de me revoir sous un nouveau jour, bien plus terrifiante que je ne le suis déjà.
Par chance (ou bien malchance), il détourna la conversation sur un sujet pour le moins lugubre. Pourtant, la demande était admirable et je n'avais jamais eu le temps de me poser cette question, ou plutôt, je voulais croire que je périrais loin des liens qui m'ont tenu en vie jusqu'à présent et n'aurait aucun soutien. La tournure des évènements me remit de nouvelles cartes en main, que je ne pouvais ignorer.


"Il serait tellement simple de se laisser envouter par les délices de la mort et croire que les souvenirs me concernant s'évanouiront de vos mémoires. Il y a un temps, j'aurais souhaité que cette malédiction me dévore et abrège mon supplice." Je posais un temps de silence alors que mon regard se ferma et ma voix vibra. " Les évènements ont pris une tournure différente, m'apprenant à ne pas délaisser ce souffle éphémère qui nous rend vivants. S'il existe un moyen de survivre, alors je tendrais la main pour essayer de l'atteindre et je compte sur toi... pour m'offrir cette chance, Eisei."

Mon regard se retourna vers mon camarade ainsi qu'un sourire à peine perceptible, avant de se tourner vers le village légèrement en contrebas.
"J'ai l'intention de me rendre à Geki. Il y a une personne, tout comme toi, qui à le droit de connaître ce qui se trouve au fond de moi. Tu pourras compter sur lui le moment voulu, si tu as besoin d'aide." Je me tournai de nouveau vers lui, les yeux rassurants. "Mais je doute que tu es besoin de son aide. Je suis sur que tu t'en sortiras très bien si tu suis mes conseils."

Ma main se leva afin d'atteindre le bout de tissu qui me permet de soutenir mon compagnon de combat que je retirai de mon dos pour le déposer au sol. Mon autre main vint se glisser le long de mes hanches pour venir agripper le wakizashi qui s'y trouvait.
"Beaucoup de samurai pense que la puissance de frappe rend la victoire plus spectaculaire et exaltante, mais il ignore qu'ils ne pourront gagner face à un adversaire capable de parer et de contrer leur attaque." M'exclamai-je alors que je m'éloignais de mon compagnon avant de lui faire à nouveau face, manche de mon arme tournée vers le ciel, et la lame, caché par son fourreau, pointait vers le sol. "Je connais ton amertume pour la violence, mais qu'y a-t-il de mal à apprendre l'art de survivre face à n'importe quelle lame?"



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MessageSujet: Re: Dans l'inconnu, on se reconnait peut-être Lun 8 Sep - 22:59

Suite a l'arrêt inopiné de l'un des joueurs de ce Rp, il est maintenant fermé au jeu.

Les autres joueurs ont le droit de compter les messages poster ici dans leur somme de Rp, dans leur suivi. Ils ont ensuite le choix de considérer se Rp comme Rp Terminé, ou Rp abandonné et ne comptera alors pas dans votre histoire.
Pour retrouver un Rp des plus rapidement, vous pouvez poster une demande (où utiliser votre ancienne demande) dans les Demande de Rp
Ou bien passer en Chat box afin de trouver un autre partenaire libre: Chez Timmy

Pour toute question, n'hésitez pas à contacter un membre du staff ! ( On ne mord pas encore Wink )

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