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 [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes.

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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Mar 20 Mai - 17:46


Cela faisait quelques années qu'il ne l'avait pas vu.

Hibana était toujours pareil à ses souvenirs, et pourtant...
Il avait parcouru le territoire Setsu en entier pour un voyage de deux jours afin d'arriver au Temple parmi les temple, le maître d'entre eux en vérité. Kaigen se dessinait dans toute sa gloire à l'horizon et vers lui, une marche incessante de pieux citoyens venant se recueillir. De Kazan à ce lieu, le culte de Moegami était de force égale, mais le premier n'avait pas la chance d’accueillir le Kannushi du clan.

Un temps avant, il y était venu par trois fois recevoir le don du Kami de la main de Endô Sôichiro et en la compagnie non moins prestigieuse de Setsu Gekido lui-même. Évidement, il était à l'époque un parmi tant d'autres à avoir cet immense honneur. Aujourd'hui, il avait dû faire montre d'une grande insistance pour éviter l'escorte réservée à son rang. Il n'aimait pas cela. Voyager dans les terres de son propre clan, parmi ses frères d'armes et les Seigneurs et sujets placés sous la même bannière que la sienne ne devrait pas se faire accompagner d'une armée.

Il n'était pas venu prendre d'assaut Kaigen. Il était venu rencontrer le nouveau Kannushi, une femme dont la beauté était telle que des chansons en dépeignait les traits. Il en fredonnait une à ce sujet alors qu'il continuait son avancée, mais cet aspect extérieure était un masque pour cacher sa propre fébrilité. Un Kannushi était un avatar des Kami, et celui qu'il allait rencontrer était celui de Moegami. Il faisait montre d'un incroyable effort pour ne pas révéler son intimidation personnelle.

Il était le Volcan et devait se montrer impassible, mais il savait dors et déjà qu'il ne pourrait montrer qu'un profond respect envers son si prestigieux objectif. Comme il en avait montré à Soichiro auparavant, d'ailleurs. La spiritualité de Yokuni avait toujours laissé Kodan mal à l'aise. Les choses que l'on ne voit pas ni ne ressent, mais qui apportent de tels pouvoirs que les siens et ceux de ses pairs ne peuvent être prit à la légère.

Tout ce qui est fait peut être défait. C'était le crédo de l'héritier de Kazan. Mais un Kami n'était pas quelque chose de tangible qu'une lame pouvait trancher. Toute ces forces étranges étaient à craindre autant qu'à révérer et chaque pas de son cheval amenait Kodan vers un destin qu'il ne pouvait mesurer. Qu'attendait le nouveau Kannushi de lui ? Qu'espérait-il lui même de cette rencontre ? Allait il avoir en face de lui une femme qui pourrait devenir une source de conseil ou bien serait ce un ennemi interne à son propre clan ?

Quoiqu'il pouvait en être, c'est avec une profonde humilité et une chanson au bord des lèvres qu'il traversa Hibana. Rapidement, il se mit à croiser la route des moines guerriers, protecteur du sanctuaire des Setsu et de leur Kami. Ils étaient impressionnants. Leur regards s'attardèrent un peu trop à son goût sur lui si l'on se fiait au rang et à l'étiquette, mais il ne s'agissait pas là de gens de la cours, mais de fervent croyant défendant la source spirituelle du clan. Il passa sur cet affront comme un doux zéphyr sur une plaine et leur rendit à chacun leur regard.

Puis soudain, ses yeux se trouvèrent confrontés à la toute puissance dégagée par Kaigen. Le Temple était à l'image de son Dieu et exsudait de la puissance d'un feu éternel qu'il ressentit jusqu'au plus profond de son âme. Quelque chose en lui fit écho à ce pouvoir et il soupçonna son don de répondre simplement à sa source. Il serra ses mains sur les rennes de sa monture, mais son visage n'exprimait que l'émerveillement.

Quelques instant plus tard, il mit enfin pied à terre. Laissant son cheval à un heimin engagé à cet effet et s'engouffra dans les hauts murs du Temple du Feu. Il avait revêtu son armure de bataille complète, à l’exception de son casque, afin de faire honneur au domaine et à son ôte. Son môn familial n'avait jamais parut aussi brillant et chaque torche se reflétait dans ses atours. Il laissa son Zanbato à l'entrée, par respect des lieux, mais préserva son daisho afin que tous purent le reconnaître à son juste titre : un combattant serviteur des Setsu.

Il n'avait pas pour habitude de se coiffer de quelconque manière, juste se contentait il de ramener sa tignasse vers l'arrière habituellement. Mais à cette occasion, il avait fait lustrer ses cheveux et les avait attachés en une queue de cheval qui lui descendait jusqu'aux bas des omoplates. La main gauche sur le pommeau de son katana, il avança longtemps encore, comme s'enfonçant dans les entrailles de Moegami lui-même.

La chaleur ambiante lui parut étonnamment douce, étant donné l'élément loué par leur Kami puis se souvint que tel avait déjà été le cas lors de sa précédente visite. Il se rappela Endô Sôichiro et sa prestance, cette voix que l'on ne pouvait oublier et qui marquait d'un fer chaud tout ceux qui l'entendait. Il voulut imaginer à quoi pouvait ressembler le nouveau Kannushi, mais balaya les images qui s'assemblaient dans son esprit d'un clignement de ses yeux noirs. Il la verrait bien assez tôt...

Beaucoup plus vite qu'il ne le croyait, d'ailleurs. Ses pensés lui avaient fait perdre le cours du temps et il venait de pénétrer dans la salle du Grand Prêtre de Moegami. Ses yeux se levèrent vers ce dernier, qui trônait en bout de salle. Il ne put rien dire dans un premier temps, les mots ne voulurent pas sortir. Ses jambes ne supportèrent pas son propre poids un instant de plus devant ce qu'il voyait et il posa un genou révérencieux au sol. Sa main gauche quitta le pommeau de son katana pour aller trouver le sol, tandis que sa main droite se rua sur le genou encore levé.

Son visage ne soutint qu'un infime instant le regard que la Kannushi lui offrit et il braqua instantanément  son visage au sol. Lorsqu'il put enfin dire quelque chose, ce ne fut qu'un murmure à peine audible :

Moegami ! Je ne suis pas digne...


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Kazan Chinsei-ka


Dernière édition par Amadotsu Kodan le Mar 19 Aoû - 19:14, édité 4 fois
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Shimizu Ame

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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Sam 24 Mai - 5:57



Ame sait qu'aujourd'hui elle a rendez-vous avec un des Taisa du Clan. Bénédiction, purification. Mais ce matin en se levant, elle se demande bien pourquoi certains se sentent si proches de ses bénédictions au quotidien et pourquoi d'autres ne viennent qu'avant les batailles. Les jumelles Miko entrent peu après son éveil pour venir l'aider à se vêtir. Elle dodeline légèrement de la tête, observant ses vêtements de cérémonie. Des couleurs chaudes et pâles. Des motifs ainsi que des ornements qui rappellent les plumes de son kami. Ame lâche un soupire, décidée à ne pas passer sa journée là dedans. Du coup, les petites se sont vues obligées de la changer une nouvelle fois avant de la laisser descendre pour allumer les bougies dans le temple principal. Ses pensées sont ailleurs. En effet, Ame est hantée par l'image de faible demoiselle qu'elle a ancré elle-même dans l'esprit du Daimyo. Les traits du visage de la dame finissent par se durcir, alors qu'elle fronce à peine les sourcils. Allumant la dernière bougie du temple, elle lève ses yeux rubis vers la statue de celui qui l'habite. Puisse-t-il lui apporter des réponses en ce temps trouble. Pour ne pas changer, elle ne démontre rien. Se changeant elle aussi en pierre. Seule sa poitrine qui se soulève au rythme lent de sa respiration laisse penser qu'elle est vivante. La Kannushi finit par baisser les yeux vers le sol, même pas une demi-seconde ne s'est écoulé avant qu'elle ne se détourne avec grâce de l'édifice pour aller prendre place sur un coussin, esseulé.

Le silence se glisse lentement dans la pièce. Prêtres et Miko prient eux aussi ou s'affairent discrètement à leur tâche dans l'enceinte du temple. En tailleur, la réincarnation se tient bien droite. Son visage ne laisse paraître qu'une absence certaine, et son souffle sonne comme un vent d'apaisement. Personne ne saurait la déranger désormais. Non, à moins de vouloir s'attirer ses foudres volontairement. Il n'est pas rare de la voir méditer ainsi, des heures durant. Souvent, cela se solde par un calme et une indifférence plus marquée qu'à l’accoutumée. Ceci dit, plus personne ne semble s'étonner de l'absence d'expressions dont elle peut faire preuve. Lorsqu'elle finit par se redresser, la matinée était déjà bien avancée. La future dame du Clan reprend ses habitudes de gardienne, aidant aux diverses préparations. Diverses et variées pour ne pas à avoir à s'occuper de l'affaires qui pressent le plus. En effet, Gekido semble plutôt hâtif au sujet de leur union, bien qu'elle ne juge pas nécessaire de trop presser la chose. L'élue de Moegami ne voit pas de raisons, autres que l'impatience du Seigneur, pour amener cette cérémonie le plus vite possible. Voilà pourquoi elle repousse sans cesse le moment de s'occuper de cette ... "tâche".

Pourtant tous semblent vouloir le lui rappeler sans cesse. A commencer par ses propres parents qui sont incroyablement subjugués par son futur époux. Tant et si bien qu'ils n'ont plus que "Setsu-sama" aux lèvres. En effet, Ame a dû entendre ces deux mots cent fois plus souvent que ces derniers temps qu'en six ans de son existence de Kannushi. Ce qui ne manque pas de l'agacer. Elle replace l'une de ses longues mèches derrière son oreille, son regard flamboyant posé sur un petit félin qui chasse un koï dans l'étang en face d'elle. Elle se penche doucement, finissant par s'accroupir, à une bonne distance pour ne pas l'effrayer. Les herbes sont hautes ici, et l'animal au pelage roux ne s'occupe pas de la réincarnation, focalisé sur son poisson. Ame devrait chasser ce petit voleur, mais elle a toujours affectionné les chats. Fervente admiratrice de leur souplesse et de leur grâce naturelles. Bien qu'elle n'ai rien à leur envier de ce côté là. Le rouquin trempe la patte dans la mare avant de la ressortir aussitôt, décontenancé, avant de tourner vivement la tête vers elle. Il la dévisage un moment sur le qui-vive. La frêle main de la dame se tend doucement vers le chaton qui lui ne bouge pas. Puis, après un certain temps, il s'approche pour venir renifler les doigts presque squelettiques d'Ame. Un petit sourire doux naît sur ses lèvres lorsque le chat vient frotter son museau contre sa peau. Doucement, elle vient le gratifier d'une caresse tendre avant de sursauter, interrompue par une Miko. Le petit chat a, lui aussi, eu un soubresaut. Quand la Kannushi tourne la tête à nouveau, il avait disparu.

Mainte et mainte fois, les Miko ont tenté de la persuader à se changer. Subjectivement, évidemment. Mais la réincarnation a su se montrer ferme, elle n'a plus envie de quitter ses vêtements-ci et quand bien même cela fait bougonner, elle se sent en droit de porter ce qu'elle voulait. Le Taisa ne va plus tarder, si bien qu'elle se rend de son éternelle lenteur dans la pièce qui lui est entièrement dédiée. A son Kami et à elle. Elle traverse la salle de toute son élégance, puis se tourne vers l'entrée, détaillant les lieux. Correct. Voilà, c'est le seul mot qui lui vient. Elle se penche sur les fleurs déposées là. A l'image d'une offrande. Ame n'a pas eu le temps de se baisser pour s'en saisir que le guerrier fait son entrée. Un homme imposant, elle ne le voit pas si bien que cela à cette distance, mais sans doute peut-il la briser d'une pichenette. Doucement, elle se redresse. En fait, il n'est pas si loin d'elle que ce qu'elle pensait. Elle n'a pas eu le temps d'incliner la tête que l'homme pose un genou à terre, baissant la tête vers le sol lisse du temple. La Kannushi s'avance de sa démarche délicate, ne laissant plus que quelques pas les séparer. Il murmure quelque chose qu'elle n'a pas pu entendre.


« Relevez-vous, Amadotsu-Taisa... Il est embrassant de vous voir vous incliner si bas... » souffle-t-elle, l'air agacée.

Les mains jointes devant elle, la jeune femme l'examine d'un regard froid et ennuyé sans pour autant se montrer trop indiscrète. Peut-être se sont-ils déjà croisés..? Probable. Mais l'élue ne devait être qu'une petite fille souriante et innocente. Le contraste doit sans doute frapper son interlocuteur, si celui-ci ne l'a pas revue depuis un certain nombre d'années. De fillette à dame. Future épouse du Seigneur et réincarnation du Kami de leur Clan. Ame ne parvient pas à se mettre à la place des personnes à qui elle s'adresse. Cela fait bien trop longtemps que plus personne ne la voit comme un être humain à part entière. Et le "commun des mortels" lui semble si lointain et déroutant... Cependant, elle ne le laisse pas dans un silence qui pourrait le mettre mal à l'aise, enchaînant de sa voix cristalline :

« J'ose espérer que votre route ne fut pas trop pénible..? »




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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Lun 26 Mai - 15:48

« Relevez-vous, Amadotsu-Taisa... Il est embrassant de vous voir vous incliner si bas... »

Lorsqu'elle prononça ces mots, les yeux du bushi se fermèrent un instant. Il fut alors projeté au bord d'un ruisseau, au milieu d'un bosquet inondé de vie. Une brise fraîche lui caressa le visage, il suivit le cours du flux d'eau alors qu'il se perdait derrière une barrière de feuillage. Son moi intérieur voulut voir ce que cachait le mur végétal et il le traversa doucement. Son regard se vit découvrir alors une falaise d'où le ruisseau se jetait pour terminer, plus en contrebas, en une branche plus vaste encore de courant aqueux. Une rivière ? Non... Il s'agissait là d'un fleuve. Ce dernier se séparait en détroits sinueux pour se jeter dans un immense Océan. Il rouvrit les yeux.

Sa vision métaphorique fut rayée par le ton de l'être qui avait daigné prononcé ces mots. Il l'ennuyait. Du moins, cela devait venir de son comportement. Dans son inconscience respectueuse et la démonstration d'humilité et de soumission qu'il avait montré, il devait avoir froissé la femme qui se cachait derrière la figure de proue spirituelle du clan. Le bushi en fut meurtrit, il ne s'agissait là pas d'une première impression qu'il souhaitait offrir. Pire, elle ne déguisait même pas sa voix pour paraître moins agacée ou plus chaleureuse. Il s'agissait presque d'un comble, que le Kannushi de Moegami puisse glacer ainsi le sang. Il se crispa un instant, tendant à voir autrement la réincarnation du Kami protecteur des Setsu.

« J'ose espérer que votre route ne fut pas trop pénible..? »

Il leva un tout nouveau regard vers elle. Elle. Il devait s'obliger à voir par delà le rang et le rôle. Il n'aimait pas cela. On était ce que l'on était. Il était un officier militaire du clan, elle en était le Kannushi, il existait une façon de parler à chacun propre ce qu'il représentait, mais cela n'allait pas à son ôte. Malgré ce fait, il tentait de la comprendre. Tous lui devait le respect tel qu'il l'avait lui-même montré, même si sa réaction était en partie dû à un sentiment totalement extérieur à l'étiquette. Il avait été simplement écrasé par l'incarnation d'un être divin sur le même sol que le sien. Il en avait oublié le fait qu'elle n'y était absolument pour rien. Qu'elle n'avait probablement pas demandé, ni voulu être un tel être.

Les fragments de son âme, dispersés par la soumission, se rassemblèrent. Tel de petits morceaux de pierres, ils se collèrent à nouveau les uns aux autres, si minuscules et si nombreux à la fois. On l'avait surnommé Kazan Chinsei-ka, le volcan appaisé, du fait de sa région d'origine, de sa stature et de son attitude. Et jusqu'à présent, il n'avait été qu'une plaine agités par les vents de l'humilité aux yeux de son interlocutrice. Peu à peu, il recouvra son intégrité mentale, chaque pierre s'accolant à l'autre dans un parfait ensemble.

Il se releva doucement avant de répondre. Il se montrerait dorénavant tel qu'il était, puisqu'elle paraissait le souhaiter. Il espéra simplement ne pas paraître insultant à son égard, car c'était là la chose la plus éloignée de la vérité. Il dû baisser ses yeux noirs cette fois ci afin de croiser le regard de la Kannushi. Cette perspective fut une révélation.

Sa première impression d'une immense beauté ne disparut pas le moins du monde et se renforça même alors qu'il la regardait. Elle était plus jeune que lui d'une vie d'enfant et ses yeux qu'elle avait magnifiques ne reflétaient pas l'ombre d'un sentiment, si ce n'était l'ennui. Mais derrière ce regard se cachait une force insoupçonnée... Un esprit puissant emprisonné dans un écrin magnifique et fragile à la fois. Toute vêtue d'atours qu'elle était, elle était aussi fine qu'un roseaux, mais une fierté étrange auréolait autour d'elle.

Il se racla la gorge, prétextant quelque obstacle dans sa gorge qui l'aurait empêché la première fois de parler plus distinctement, et répondit avec une force maîtrisée et un sourire chaleureux sur le visage :

Arigato, Kannushi-dono. La route en nos terres fut paisible et cela faisait trop de temps que je n'avais vu Hibana et Kaigen. Je ne referais plus cette erreur à l'avenir. Ni celle de ne pas venir rencontrer le joyaux que le temple de Moegami cache en son sein.

Tant pis. Cela irait ou n'irait pas, il n'userait pas de sincérité masquant sa personnalité devant une femme comme elle. Elle méritait de voir ce qu'il était, et de se faire un avis complet à son sujet, qu'il soit bon, ou mauvais, il ferait simplement en sorte d'être authentique. Mais quelque part dans son esprit, un fantôme persistait. Celle à qui il venait de parler aussi ouvertement était la source de la flamme qui brûlait en son cœur. Le Volcan apaisé n'en demeurait pas moins un volcan, et elle en était le catalyseur. Néanmoins, il balaya cette pensé d'un revers pour ne pas ruiner ses efforts.

Il n'était pas au fait de l'actualité du clan, ou du moins, le stricte nécessaire. Il plongea dans ses souvenirs pour sortir le nom de cette femme aussi naturellement qu'elle avait fait pour le sien. C'était le moindre hommage qu'il pouvait lui faire. Il trouva sa réponse dans un recoin de sa mémoire et ne put s'empêcher un rictus satisfait lorsqu'il y parvint.

Sumimasen, Shimizu-dono pour mon comportement précédent. Je ne voulais guère vous offenser. Je viens en vos terres, car nous n'avons jamais été présentés, et j'ai estimé à ma grande honte que c'était un tord.

Il fit une courte pause pour mieux reprendre, ses yeux ne masquant en aucun cas tout le respect qu'il pouvait avoir pour elle :

Je vous ai apporté quelque chose de Kazan... Une spécialité locale si je puis dire. Je serais honoré si vous daigniez l'accepter.

Kodan plongea sa main dans son set de voyage et en ressortit un paquet qui parut petit dans un premier temps, en perspective de la taille de ses membres. Il le regarda tout en poursuivant :

Il s'agit d'un thé grillé Hojicha de fleurs de cendres. On lui prête des propriétés fortifiantes qu'aucune autre plante n'égale et il est prisé dans tout Yokuni pour son goût si particulier et sa rareté.

Il leva un regard mutin vers Ame, son sourire s'illuminant de plus belle :

Il est à boire particulièrement brûlant.


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Dernière édition par Amadotsu Kodan le Lun 16 Juin - 15:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Jeu 29 Mai - 8:03



Il lui faut visiblement en peu de temps pour reprendre contenance. La réincarnation s'en accommode aisément. Evidemment, ce n'est sans doute pas le premier ni le dernier qui se trouve pris au dépourvu face à elle. Il n'est pas plus agaçant qu'un autre et aussi n'est-ce pas sa faute s'il n'a rien pu faire de plus que de s'agenouiller. Cependant, cela avait le don de l'irriter, de la frustrer. Ce n'est pas de sa faute à elle non plus si elle s'est retrouvée à être un hôte pour Moegami. Tant et si bien qu'il l'avait effacée d'un revers de plume, sans le moindre mal. Plus personne ne pouvait séparer Ame du Kami. Le Taisa se redresse lentement et la dame peut constater qu'il est au moins aussi grand que Gekido, cela étant sa stature n'a rien à voir. Une pichenette avait-elle pensé ? Si cet homme le voulait, il pourrait broyer la Kannushi avec uniquement deux doigts. Elle ne peut s'empêcher d'arquer un sourcil à tant de chaleur dans un sourire. Si bien que sa froideur aurait pu fondre. ... Comme si cela était possible de toute façon.

« Arigato, Kannushi-dono. La route en nos terres fut paisible et cela faisait trop de temps que je n'avais vu Hibana et Kaigen. Je ne referais plus cette erreur à l'avenir. Ni celle de ne pas venir rencontrer le joyaux que le temple de Moegami cache en son sein. »
« Si la route fut paisible, vous ne serez dépaysé... Hibana est un endroit serein... Merci, je suppose... »

Ame ne soulève pas plus que cela le compliment, presque habituée à ce que l'on chante les éloges de sa beauté. Chose qui la rendait toute émue au début. Désormais, elle le sait. Mais autant le dire, cela ne la laisse jamais réellement indifférente. Quand bien même, cet homme est son aîné et son manque flagrant d'émotions la rend presque imperméable aux compliments. Finit le temps où elle rougissait comme une adolescente à la premier remarque gentille qu'on lui faisait.

« Sumimasen, Shimizu-dono pour mon comportement précédent. Je ne voulais guère vous offenser. Je viens en vos terres, car nous n'avons jamais été présentés, et j'ai estimé à ma grande honte que c'était un tord. »

Elle hoche lentement la tête, démontrant qu'elle comprend, ne cherchant pas à le couper. Visiblement, il a encore quelque chose à dire. Elle doit se démonter le cou, comme lorsqu'elle s'adresse au Daimyo, pour lui parler. Intriguée par tout le respect qu'elle peut lire au fond de ses yeux.

« Je vous ai apporté quelque chose de Kazan... Une spécialité locale si je puis dire. Je serais honoré si vous daigniez l'accepter. »
« Oh..? Délicate attention de votre part... »

Elle le regarde fouiller dans ses affaires. Ame se retient de se mettre sur la pointe des pieds pour le regarder faire. Tentant de faire preuve de patience. Sans doute que cela ne sera pas si long que ça. Mais elle a une sainte horreur des surprises. Uniquement parce qu'elle n'aime pas ne pas savoir ce qu'il se cache derrière le secret. Il ressort un petit paquet qu'il lui tend poliment. Elle s'en saisit avec délicatesse. L'écoutant parler, bien qu'elle ne regarde plus que le présent.

« Il s'agit d'un thé grillé Hojicha de fleurs de cendres. On lui prête des propriétés fortifiantes qu'aucune autre plante n'égale et il est prisé dans tout Yokuni pour son goût si particulier et sa rareté » il ajoute avec un sourire que lui aurait presque retourné la Kannushi, « Il est à boire particulièrement brûlant. »
« Ah... J'en reçois de temps en temps... Merci... J'ai une certaine passion pour ce thé là... Et voilà un certain temps que je n'y ai pas goûté... Oserai-je prendre un peu de votre temps..? Il serait dommage que vous repartiez sans avoir eu le plaisir de le partager... »

La réincarnation tient toujours le paquet contre elle, cherchant une Miko des yeux. Elle lui tend le thé et lui demandant d'aller demander à ce qu'on le lui prépare, pour deux. Même si elle lui a fait la proposition de rester, elle se doute qu'il ne refusera pas. Ou alors cet homme est le plus incompréhensible de tout Setsu. Elle incline doucement la tête vers lui, l'invitant ensuite à la suivre. Boire le thé ici n'est sûrement pas convenable. Il y a tellement de pièce plus agréable que celle-là pour apprécier un thé. Elle prend la direction de l'un des petits salons dont les shojis s'ouvrent sur les jardins. Une table et plusieurs coussins. La Dame entre puis le laisse s'installer, refermant derrière eux. Ame ouvre ensuite ceux qui cachent la nature. Il fait tellement chaud, que ni elle, ni lui ne serait dérangé par l'ouverture. Et la vue est bien plus belle. Elle se crée un fort en oreillers, bien décidée à ne pas souffrir plus qu'au naturel.

« Vous avez donc connu mon prédécesseur, Endô-sama..? »

Le thé arrivera sans doute au cours de la discussion. La Dame observe l'extérieur. Elle l'écoute, évidemment, mais il est vrai aussi qu'elle aime "bavarder" en regardant le monde. Vaste et trop dur pour elle seule. Sans doute n'aurait elle pas vécu bien longtemps si elle n'avait pas croisé la route de l'ancien Kannushi. Elle a de la chance dans son malheur, comme on dit.




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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Mar 3 Juin - 12:18

L'importance de l'étiquette et de la sincérité en Yokuni était plus importante que dans toute autre contrée qui fut. Les Setsu avaient toujours brillé par leur tenue exceptionnelle du protocole et avait toujours su tourner à leur avantages le manque d’expérience à la cours de certaines familles des autres clans. De nombreux conflits s'étaient réglés autour d'une table plutôt que sur le champ de bataille, et il était un fait que les enfants de Moegami n'allaient à la guerre que lorsque les solutions annexes étaient toutes épuisées.

La Kannushi ne devait pas faire exception à cet état de fait. Pourtant, ses manières étaient étranges, très loin de la politesse feinte ou exagérée qu'obligeait la sincérité. Elle paraissait... Usée. Mentalement, physiquement, le bushi de Kazan ne pouvait le dire. Mais quelque chose de fatigué se dégageait de l'écrin d'apparences et de beauté de l'héritière des Shimizu. Alors qu'elle l'invite à la suivre, elle semble toujours préserver ce visage ennuyé. Mais intérieurement, le samuraï sourit alors qu'il la remercie pour l'invitation et l'accepte avec humilité.

Il n'avait pas la prétention de lire les émotions des gens très clairement. Mais il a toujours vu dans les regards un indicateur fiable et sérieux. D'abord au combat, pour suivre la décision de son adversaire, mais aussi en politique, pour anticiper le chemin de pensée de son opposant et enfin, en société, afin de déceler l'humeur de son interlocuteur. Surtout un phénomène comme Ame, dont le visage ne trahissait pas le moindre changement de psychés. Elle était le contrôle incarné et la mesure maîtrisée.

Mais derrière son regard, des reflets en tout genre passaient. Évidement, pas autant que Kodan eut aimé n'en voir. Assez cependant pour comprendre qu'il aurait au moins mit un peu d'épices dans la journée de cette femme faite incarnation divine sur le même sol que lui. Ce devait être une existence incroyablement lourd de responsabilités envers les mortels dont il faisait partie lui-même. Il imaginait simplement à quel point cette femme devait être partagée entre un ennui mortel de figure divine à qui l'on vient quémander quelque prière et la difficulté d'être digne d'un tel fardeau.

Tout comme à Gekido et ses yeux de renards projetés si loin vers l'avenir que le Taisa s'était voué corps et âme à suivre son Daimyo, il était prêt à offrir sa lame et son bras à cette personnalité qui lui faisait face. Elle était le lien avec un monde qu'il ignorait totalement et aurait souhaité être un bras de plus pour lui permettre d'affronter le plan des hommes. Mais il n'osa pas le dire à voix haute tant il redoutait le royaume des esprits et ne savait guère se comporter avec eux. Il s'installa alors sur les coussins que Ame lui montra. Ils avaient quitté la pièce où il avait fait sa rencontre pour une autre, plus dédiée à la contemplation et au repos des sens.

La vue sur le jardin du temple est sublime et captive tant Kodan que son regard se sépare de la silhouette magnifique de Ame pour un court instant. Il expire doucement son émerveillement silencieux. Ses terres, Kazan, sont arides, pierreuses et difficiles. Et malgré une certaine beauté dans l'impression d'immuabilité de son domaine, ce dernier ne possède rien de comparable à ce qu'Hibana et le temple de Kaigen ont a offrir. Puis à nouveau, le chant mélancolique, mais si doux de la voix du Kannushi s'élève à nouveau :

« Vous avez donc connu mon prédécesseur, Endô-sama..? »

Lorsqu'il s'apprete à lui répondre, presque bercé par ses paroles, il se rend compte à quel point elle s'est entourée de coussins pour s'installer. Tout guerrier qu'il était, le langage des yeux avait son importance pour lui, mais le langage du corps était un indicateur que tout adepte du bushido se doit de connaître. Et dans la position qu'il lui voit prendre, ainsi emmuré qu'elle était, il fut persuadé d'une chose : Elle pouvait souffrir physiquement. Et ce assez facilement au vu des précaution qu'elle prenait.

Il lui fallut énormément de maîtrise pour ne rien laisser paraître, mais il s’inquiéta instantanément pour elle et pour sa santé. Il s'en voulut personnellement d'imposer tout cela à cette femme. Mais il resta coi à ce sujet. Il ne connaissait pas Ame, mais quelque chose dans son cœur lui disait qu'elle n'était pas le genre de femme à apprécier d'être prise pour une fragile petite chose. Ainsi, il prit son menton dans sa main gauche, faisant mine de réfléchir pour rassembler une réponse à la question de la Kannushi, plutôt que d'être en proie à ses pensés intimes.

Il se redressa, alors qu'il construisait sa réplique, puis sourit à nouveau aimablement à son interlocutrice avant de répondre :

Endô Sôichiro ne m'est pas inconnu, comme vous devez vous en douter, Shimizu-sama. J'ai été amené à le rencontrer à plusieurs reprises, depuis ma plus tendre enfance et jusqu'à ma nomination au poste qui est le mien aujourd'hui. J'ai été profondément choqué d'apprendre sa mort et les circonstances si peu égale à l'homme qu'il était. Mais je ne suis qu'un officier Setsu, et je n'ai jamais noué de liens avec le précèdent Kannuchi, à mon grand regret et ne le connaît finalement que peu.

Dorénavant que j'occupe le rang qui est le miens, je considère que ce serait une faute d'ignorer ceux qui surplombent l'étage de ma conscience, si je puis dire. Gekido-dono et vous-même, Shimizu-dono, devez savoir qui sont les outils qui vous permettront d'atteindre vos vœux d'avenir et ceux que vous devez avoir pour le clan. Je ne prétendrais jamais les deviner, mais mon arme est la votre autant que celle de notre Seigneur, si vous le souhaitez.


Ah ! Il l'avait finalement dit. Il regretta presque instantanément cet élan injustifié de fidélité exacerbée. La question de la Kannuchi n'avait pourtant rien eut à voir avec cette conclusion ridicule qu'il avait mit à sa phrase. Il était redevenu un enfant voulant plaire à un adulte alors qu'il était plus âgé que la jeune femme. Il ne put empêcher son visage de se déformer de surprise à ses propres mots, puis se renfrogna. On leur apportait enfin le thé prêt, et il souhaita se noyer dans sa propre tasse en se brûlant la langue au passage, si cela était possible, afin de plus sortir de telles âneries.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Sam 14 Juin - 2:59


Confortablement lovée dans ses coussins, la dame garde une position assise et droite pour le moment. Elle ne semble pas plus dérangée que cela par la douleur pour le moment. Non, elle se sent même plutôt en forme. Elle redresse la tête pour écouter lorsqu'elle entend sa réponse. Elle constate que le soldat à fait de même. Ame glisse sa mèche derrière son oreille consciencieusement. Le rubis de ses yeux examinent avec attention Kodan. Ce dernier, même assis, reste un être qui la domine aisément. La frêle dame ne semble pas sans soucier plus que cela, elle n'a pas besoin de sa carrure pour le faire ployer, allons.

« Endô Sôichiro ne m'est pas inconnu, comme vous devez vous en douter, Shimizu-sama. J'ai été amené à le rencontrer à plusieurs reprises, depuis ma plus tendre enfance et jusqu'à ma nomination au poste qui est le mien aujourd'hui. J'ai été profondément choqué d'apprendre sa mort et les circonstances si peu égale à l'homme qu'il était. Mais je ne suis qu'un officier Setsu, et je n'ai jamais noué de liens avec le précèdent Kannuchi, à mon grand regret et ne le connaît finalement que peu. »

Alors ils se sont déjà croisés... C'est amusant de constater comme elle a pu s'effacer dans l'ombre de son prédécesseur sans le moindre mal. Il regrette de ne pas l'avoir connu. Elle le comprend. Sôichiro était un homme appart. Généreux. Droit. Bon. Foncièrement intelligent. La Kannushi reste stoïque, mais elle est affectée par la vision qu'ont les autres d'elle vis-à-vis d'Endô-sama. Ame, elle-même, a été très ébranlée par la perte de l'homme qu'elle considérait comme son deuxième père. Si bien qu'elle se laissait mourir à petit feu. Lorsqu'elle a su qu'elle devait siéger à sa place en tant que messagère de Moegami, elle ne se redressa pas. Quand on y pense, ce n'est que très récemment que la dame s'est prise en main. Redressée de force par le tempérament têtu du Daimyo. Quand bien même, il a pris la peine de lui demander son avis sur plusieurs points, malgré la faiblesse certaine de la Kannushi à l'époque.

« Dorénavant que j'occupe le rang qui est le miens, je considère que ce serait une faute d'ignorer ceux qui surplombent l'étage de ma conscience, si je puis dire. Gekido-dono et vous-même, Shimizu-dono, devez savoir qui sont les outils qui vous permettront d'atteindre vos vœux d'avenir et ceux que vous devez avoir pour le clan. Je ne prétendrais jamais les deviner, mais mon arme est la votre autant que celle de notre Seigneur, si vous le souhaitez. »

Elle aurait presque le vertige de toute l'éloge qu'il fait à son sujet. Cette sensation d'admiration profonde à son égare l’écœure presque. Elle est sur le point de répondre quand le shojis s'ouvre pour laisser enter une Miko qui leur sert le thé avant de disparaître. Ame se masse délicatement la tempe, un sourcil légèrement arqué. Elle a les yeux fermés, essayant de comprendre ce que le Taisa vient de dire. Elle ne sait pas tellement ce que ça lui apportera à lui. Ni à elle d'ailleurs. La Kannushi lui a proposé un thé et non pas une sorte d'alliance. Et puis, ça n'a pas vraiment de sens, en soit. Puisqu'il a prêté serment à Gekido, Amadotsu-san est forcément un allier pour elle aussi. Ses mains se tendent vers sa main alors qu'elle rouvre les yeux en soufflant dessus.

« Je ne me doute de rien... Endô-sensei a toujours été différent... Préférant se lier à toutes personnes qui ... lui semblaient intéressantes plutôt que de se contenter de moines et d'autres membres de hauts rangs... Tant et si bien que je ne serai pas ... en face de vous aujourd'hui dans le cas contraire... D'où ma question... Il était un homme honorable et très ... digne de sa place de Kannushi... » Elle s'interrompt un instant, détournant le regard vers le jardin. Lentement, elle porte sa tasse à ses lèvres, buvant une infime gorgée, tâchant de ne pas se brûler. « Je crois que je n'ignore pas ... ceux qui peuvent m'être utile et ceux qui sont dépourvus d'intérêt dans les différentes batailles que je mène... Je ne parle pas forcément de sang et de violence... Mh... Cela étant... Il ne me semble pas vous savoir Sohei..? Vous avez d'autres objectifs ... que celui de me protéger... Que ferai-je de votre arme..? Je ne suis pas sûre que vous apprécieriez vivre à Hibana, Amadotsu-Taisa... Mh... Cependant, permettez-moi de vous demander pourquoi..? Vous ne me connaissez pas... Ne savez rien de moi... Je dois dire que je suis plutôt surprise... »

Dit-elle en restant parfaitement neutre. Elle retrouve le silence ainsi que la saveur forte de son thé. Malgré le fait qu'elle aurait dû le boire brûlant, elle a préféré le laisser un peu refroidir. Elle ne va pas se brûler la langue pour faire plaisir au guerrier. Bien qu'elle apprécie particulièrement le geste. La tasse retrouve sa place sur la table basse, alors que le feu de ses yeux se porte encore sur l'extérieur. C'est une chaude journée dans la ville sainte. Peut-être pas aussi chaudes qu'ailleurs à Setsu, mais elle l'est que trop pour Ame qui attrape son éventail. Elle crée de petites brises sur son visage de son éternelle grâce, avant d'observer une tâche rousse dans l'herbe. La petite boule de poils se redresse s'avançant vers eux en lâchant un minuscule miaulement. La Kannushi penche la tête, avant de tendre sa main libre vers le chaton qui ne semble pas se décider à enter.

« Ne pensez pas que je rejette ... cette soudaine envie de m'épauler... Je ne souhaite pas avoir le premier inconnu ... qui passe à mes côtés... Encore moins lorsque l'on sait qui je suis... Il serait dommage que nous ayons un différent ... pour une raison aussi futile soit-elle... N'est-ce pas..? »

La dame ne le regarde plus, ses yeux sont perdus dans le pelage flamboyant du félin miniature. Bien que ce dernier soit un peu sale. Le chaton finit par s'avancer, s'enfonçant dans un premier coussin, l'air pris au dépourvu. Ce qui arrache un demi-sourire doux à Ame. Ses doigts viennent se glisser tendrement derrière l'oreille de l'animal. Il se met à ronronner en venant s'asseoir sur les genoux de la Kannushi. Elle revient à Kodan, l'interrogeant de ses iris.




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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Lun 16 Juin - 15:19


Il s'était fustigé intérieurement bien avant la réponse de la Kannushi. Mais ne s'était pas attendu à ce genre de point de vu là. Il n'avait émit qu'un avis éloigné au sujet de Endô, il s'était simplement montré curieux d'un homme dont le nom n'était inconnu nul part en Setsu, et même en Yokuni. Il pouvait comprendre que l'héritage devait avoir été compliqué pour la jeune femme, mais pas qu'elle parussent déçue de l’intérêt du samouraï pour la précédente voix de Moegami.

Et si cela avait été tout...

Depuis son plus jeune age, l'héritier de Kazan avait toujours été éduqué dans le respect de Setsu, la loyauté envers le clan et de son Seigneur, ainsi que des membres prestigieux qui le composait. Il avait honneur a respecter ces valeurs, jamais il n'avait considéré le degré d'utilité d'un samouraï portant le môn du phénix sur son torse. Chacun des hommes, chacune des femmes qui vivaient sous l'égide des gens des terres brûlantes, il les voyait tous comme les maillons d'une chaîne inviolable et comme des alliés, quel-qu’ils fut.

Bien entendu, après avoir prononcé ses mots, il avait su les avoir utiliser à tord et à travers, fort d'un excès de zèle qui ne lui ressemblait pourtant pas. Qu'est ce qui avait bien pu pousser le Volcan Apaisé et impassiblement souriant qu'il avait toujours été à entrer en irruption comme il venait de le faire ? Qu'était elle à ses yeux pour justifier que sa simple présence le fasse ainsi vaciller sur sa large base ? Alors qu'il voyait le beau visage de la kannushi se tinté d'un ennui encore plus vaste que le précèdent, il tenta de s'apporter sa propre réponse.

Elle n'aurait pas pu prendre l'ascendant sur lui par ce magnifique visage qu'elle arborait, car elle ne le désirait tout simplement pas. Son minois aurait pu être une arme terrible si elle l'avait voulu, mais elle avait difficilement quitté, depuis leur rencontre, cette expression qui était la sienne. Il n'était qu'un court événement de sa vie pour elle, un visiteur quelconque, peut être une simple distraction, au mieux. Il ne se formaliserait évidement pas de ça. Elle était à un autre niveau spirituel par rapport au... Ah !

Alors qu'il pensait à ça, une flèche immatérielle alla se ficher immédiatement dans son esprit. C'était ça... Il avait trouvé la réponse à sa question. Depuis le début de leur entretient, il se battait avec lui même pour reconnaître l'être humain qui lui faisait face du héraut divin. C'était une bataille effrénée, car aucune des deux parties ne pouvait dominer l'autre. Un Kannushi était cette dualité. L'esprit immortel d'un Kami envahissant la fragilité d'un corps humain. Mais le bushi su tout aussi tôt qu'il ne pourrait pas briser les défenses de cette femme comme il l'avait fait.

Ses manœuvres d'approche tactiques avaient étés hasardeuses jusque là, voir suicidaire, et le couperet réactionnaire de la jeune femme n'allait pas tarder à tomber de manière évidente. Il tenta une analyse rapide de sa psychés, comme à la guerre, comme si elle était un adversaire dont il fallait lire le jeu. Bien entendu, il était loin de penser à elle comme à un ennemi, mais plutôt comme d'un joueur de go qui positionnait ses pions sur le goban contre les siens, tentant de les enfermer ou de se bâtir des forteresses ça et là.

C'était là ce qu'il recherchait. Un duel amical. Mais ce dernier concept paraissait étranger à la jeune femme. Elle avait dû être isolée à de nombreuses reprises du fait de son statut. C'était une des raisons qui faisait craindre à Kodan les kamis. Ils déterminaient souvent un genre de solitude à leurs fidèles. Et qui pouvait être plus seul qu'une incarnation de l'un d'eux dans le monde des hommes ? Il aurait voulu la connaître depuis bien avant son accession à ce poste si complexe. Il aurait pu alors lui être d'une meilleure écoute. La réponse de la Kannushi à son dérapage ne fit que le conforter dans ce regret. Il en est tellement blessé, d'ailleurs, qu'il en oublie que son palais ne ressent déjà plus le goût du thé à cause de sa température extrême.

Non... Il n'était pas sohei. Non, il ne souhaitait pas s'installer à Hibana. Elle n'avait pas su lire dans son âme, dans son simple désir d'une humble amitié, au delà de tout rang, de tout devoir. Juste deux humains s'écoutant l'un et l'autre. Oui, il ne la connaissait pas et ne savait rien d'elle. Elle lui avançait sa surprise, mais ne montrait que le contraire. Il ne pouvait pas lui en vouloir, il avait été mal habile dans son approche initiale et elle devait avoir tant de choses pesant sur ses frêles épaules que cela lui en donna le vertige.

Elle s’intéressa à un félin passant au hasard dans le jardin, qui lui substitua tout le peu d’intérêt qu'il aurait pu avoir pour elle au préalable, s'il n'y en avait jamais eut qu'un peu. Elle avait totalement interprété son écartement de la voie de la sagesse à sa propre vue des choses. Il se renfrogna quelque peu, mais n'oublia pas qu'il en était l'unique fautif. Et de sa frustration naquit une certaine peine pour elle, et il travailla immédiatement son visage afin qu'il ne trahisse pas la tristesse qu'elle évoquait en lui.

Il attendit qu'elle termine ce qu'elle avait à dire. Retrouvant l'ascendant sur lui-même et la paix qu'il affectionnait le plus. Il redevint l'apaisé, tuant dans l’œuf l'irruption de son âme et tâchant de s'orienter vers la révélation de ses pensés, plutôt que de tenter de lire dans l'esprit complexe de cette femme. La saveur du thé revint doucement, son palais s'étant habitué à sa forte chaleur, et son sourire revint par la même occasion, soupçonneux du message que ce petit détail pouvait faire passer en lui.

Le samouraï laissa passer un instant avant de répondre. Ses yeux sombres se rivant sur ceux, magnifiques, qui l'interrogent à nouveau de leur insistante lueur. Il termine une nouvelle gorgée du breuvage qu'il avait apporté. Le talent des aides de la jeune femme était au moins aussi digne que celui des maître de cérémonie du thé de Kazan, et sa préparation exquise lui fut un véritable réconfort. Il posa sa tasse poliment et lorsqu'il parla, son ton était celui, beaucoup plus calme et roulant, d'un petit éboulement de falaise, les pierres roulants sur des flancs aux angles légers :

Sumimasen, Shimizu-sama. Ce ne doit pas être la première fois qu'un étranger s'emporte ainsi devant vous. Je ne me suis pas illustré à cet instant et mes propos vous sont parut flous et disproportionnés. Vous faites preuve d'un bon sens que je n'ai pas eu au moment de proférer mes paroles, et vous ait mal aiguillé dans ma volonté première. Je ne vous faisait pas là vœux de vassalité, vous êtes effectivement d'une autre caste que la mienne, je suis le serviteur de Gekido-sama et de nul autre que lui.

Il prit une inspiration tranquille et reprit :

Je suis un Setsu, et je n'ai fais qu'annoncer des évidences. Nous sommes tous là pour votre protection, Soheis, Bushis, Shugenjas, Ashigerus. Vous êtes l'incarnation de Moegami et tous se mettront en travers des maux qui pourraient vous être fait. Mais je suis déjà à ma place pour ce faire. À Kazan, je veille à ce que les frontières de l'Ouest soit sûre. Et je ferais mon possible pour que vous ne souffriez jamais de rien ne provenant de ces terres. Mais c'est là déjà mon devoir.

Je ne vois pas de différents possible entre nous, Shimizu-sama. Car je ne saurais souffrir d'être considéré un jour comme un ennemi au sein de Setsu, à votre égard. Une nouvelle fois, pardonnez mon emportement. Je venais présenter simplement mes respects à l'Avatar de ma propre force intérieure, et dorénavant que je suis en face de vous... Je vois que le titre cache un humain derrière ses effets. J'étais de part trop jeune d'esprit à l'époque de Endô-sama pour le comprendre. Vous pourriez me permettre de rattraper mes erreurs passés.


Il montra d'un sourire qu'il n'avait pas terminé sa réponse, offrant toute la matière qu'elle pouvait désirer pour poursuivre leur échange à Ame. Il reprit son souffle paisiblement et finit ce qu'il avait à dire, il ne masquait pas le moins du monde la chaleur dans ses mots, ni ne souhaita le faire :

Je sais qui est le Kannushi de Moegami et ce qu'il représente. Mais je ne vous connais pas, vous avez raison. Pourtant, j'aimerais en savoir plus sur Shimizu Ame, si elle souhaite le partager, évidement. Qui êtes vous, madame ? Qu'aimez vous en ce monde ? Et par dessus tout, que désirez vous ? Et si nous reprenions par là ? Appelez moi comme il vous chante, mais je serais honoré que vous substituiez la particule de mon rang à mon nom pour la suite de notre échange... Si vous souhaitez qu'il se poursuive.

Il reprit sa tasse, et rien ne pouvait lui faire quitter les yeux de la jeune femme à présent. Elle pourrait se détourner et s'enfuir au loin que son regard ne la lâcherait plus dorénavant. Mais il n'imprima aucune insistance à ce dernier. Juste un voile de respect de l'humain derrière le titre, et un soupçon de curiosité évident. Décidément, elle lui plaisait beaucoup avec ses façons éthérées. Elle était particulière à bien des titres. Même son élocution paraissait nager sur un autre plan que le siens tout en étant audible. Il était conscient de n'avoir jamais rencontré à ce jour personne comme elle et il était ravi de découvrir un tel être en ce monde.

Elle le passionnait. Il caressa l'idée d'être tout autre chose qu'un Taisa en face de sa Kannushi, mais plus simplement d'être deux amis se racontant leurs faits, du plus important au plus infimes, juste pour le plaisir de s'écouter mutuellement.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Mar 24 Juin - 6:18








Le chaton se roule sur ses cuisses, visiblement satisfait de l'attention que lui porte distraitement la dame. Ses doigts passent inlassablement dans le pelage rouquin du félin qui emplit l'air de son ronronnement heureux. Elle fixe le soldat qui semble plus ou moins déçu de sa réponse, bien qu'il efface rapidement toutes traces de peine de son visage. Ame se plait à croire qu'elle aurait eu une bien meilleure vie si elle avait été un animal. Liberté. Oh, sur bien des points. A commencer par le fait qu'elle n'aurait pas eu à vivre bien longtemps de part sa faiblesse. Elle va sans doute finir par croire qu'elle n'aurait pas dû vivre jusque là. Tout devient un combat lorsque l'on est aussi malade qu'elle. Se faire des amis n'a pas réellement d'intérêt pour elle. Non. Quand bien même, elle n'est jamais sûre que cela soit uniquement pour sa personne. Un rang. Un nom. Un devoir. Trop durs à porter une si frêle créature. Ses yeux carmins croisent les siens. Dont la réincarnation ne se détachera pas.

« Sumimasen, Shimizu-sama. Ce ne doit pas être la première fois qu'un étranger s'emporte ainsi devant vous. Je ne me suis pas illustré à cet instant et mes propos vous sont parut flous et disproportionnés. Vous faites preuve d'un bon sens que je n'ai pas eu au moment de proférer mes paroles, et vous ait mal aiguillé dans ma volonté première. Je ne vous faisait pas là vœux de vassalité, vous êtes effectivement d'une autre caste que la mienne, je suis le serviteur de Gekido-sama et de nul autre que lui. »

Ame continue d'agiter son éventail, persuadée que brasser l'air ainsi lui offrira un peu de fraîcheur. L'air tout à fait concentrée sur ce qu'il dit, elle penche un peu la tête sur le côté. Cela lui donne un air de chiot qui ne comprend, pas. Elle ne dit rien, pourtant. Essayant d'écouter et se taire. Présentant que de toute manière il ne partirait pas sans avoir éclairé les points qu'il juge nécessaire de clarifier. Non, il n'est certainement pas le premier fou à vouloir se lier à elle et certainement pas le dernier non plus. Et donc ? La Kannushi n'a pas besoin de proche. Les siens ont "fui" lorsqu'elle a été proclamée réincarnation par Moegami. Peur ? Certes, mais de quoi ? De ne plus être à la hauteur de leur fille ? Du Kami qui l'habite désormais ? De la mettre en colère ? De la décevoir ? Ame ne sait pas, elle n'hésite pas cependant. Et malgré toute la peine que cette idée suscite chez la jeune femme, elle ne s'en porte pas plus mal. Désormais, elle refuse presque les mains qui se tendent vers elle. La pitié est bonne pour les chats errants. Elle est Kannushi et ne comprend pas que les personnes du petit peuple ressentent le besoin de lui "venir en aide". La solitude n'est pas un poids pour elle. Elle se complaît dans le vide qui l'entoure. Le peu de personne en qui elle a confiance lui suffisent.

Mais personne ne semble comprendre... Elle ne sera jamais plus seule. Même si la divine créature qui l'habite est bien silencieuse.

« Je suis un Setsu, et je n'ai fais qu'annoncer des évidences. Nous sommes tous là pour votre protection, Soheis, Bushis, Shugenjas, Ashigerus. Vous êtes l'incarnation de Moegami et tous se mettront en travers des maux qui pourraient vous être fait. Mais je suis déjà à ma place pour ce faire. À Kazan, je veille à ce que les frontières de l'Ouest soit sûre. Et je ferais mon possible pour que vous ne souffriez jamais de rien ne provenant de ces terres. Mais c'est là déjà mon devoir. »

La future épouse du Seigneur passe un doigt sur ses jolies lèvres, ne démontrant pas le moindre intérêt pour le début de dialogue. Bien qu'elle ait demandé pourquoi, elle ne fait pas le moindre effort pour le mettre à l'aise. Elle le fixe de ses iris inquisitrices et rubis, lui donnant l'impression de l'examiner en continu. Le monde entier se plierait sans doute en quatre pour la garder en vie, mais n'est-ce pas là ce que fait tout peuple pour son Kannushi ? Elle incline malgré tout la tête, signifiant ainsi un "merci" silencieux. Il met du cœur à l'ouvrage, tout de même. Brave soldat. Elle se flagelle intérieurement d'une telle pensée. Elle prétend ne pas supporter le côté hautain de Gekido me se voit forcée d'admettre qu'elle l'est tout autant par moment. Que Moegami lui pardonne. Elle n'est qu'une Humaine avec une tâche insupportablement dure à accomplir.

« Je ne vois pas de différents possible entre nous, Shimizu-sama. Car je ne saurais souffrir d'être considéré un jour comme un ennemi au sein de Setsu, à votre égard. Une nouvelle fois, pardonnez mon emportement. Je venais présenter simplement mes respects à l'Avatar de ma propre force intérieure, et dorénavant que je suis en face de vous... Je vois que le titre cache un humain derrière ses effets. J'étais de part trop jeune d'esprit à l'époque de Endô-sama pour le comprendre. Vous pourriez me permettre de rattraper mes erreurs passés. »

Le chat se redresse légèrement, posant sa patte sur le buste de la dame, quémandant de l'attention. Elle baisse les yeux vers lui, reprenant son massage derrière son oreille. Elle n'en reste pas moins attentive au flot de paroles du Taisa. Concrètement, elle ne voit pas non plus de conflits possibles entre eux. Cependant, on peut être étonné de l'arrivée soudaine des divergences d'opinions. Et bien évidemment, Ame est de loin pas une personne avec laquelle on souhaite avoir comme ennemi. La dame revient à son interlocuteur, passant sa main avec douceur dans le dos du chaton. Oh ? Alors certaine personne parvienne à voir qu'elle est aussi Humaine ? C'est amusant, comme beaucoup de monde tente de voir au-delà de l'être qu'elle incarne. Souvent en vain. Elle a érigé de telles barrières entre elle et le reste du monde, qu'il en devient souvent très compliqué de connaître la femme qu'elle est réellement. La mort de Sôichiro n'ayant que creusé davantage le ravin entre elle et le reste du monde.

« Je sais qui est le Kannushi de Moegami et ce qu'il représente. Mais je ne vous connais pas, vous avez raison. Pourtant, j'aimerais en savoir plus sur Shimizu Ame, si elle souhaite le partager, évidement. Qui êtes vous, madame ? Qu'aimez vous en ce monde ? Et par dessus tout, que désirez vous ? Et si nous reprenions par là ? Appelez moi comme il vous chante, mais je serais honoré que vous substituiez la particule de mon rang à mon nom pour la suite de notre échange... Si vous souhaitez qu'il se poursuive. »

Elle referme son éventail, lentement, avant de le poser sur la table, dans le même geste. Le silence qui suivit n'a rien de plaisant. Ce n'est pas qu'elle a besoin de réfléchir à une réponse, non. Ame prend juste le temps de l'analyser sans grande conviction. Affichant un air plus qu'ennuyé, elle se masse une tempe doucement. Elle n'a rien à lui apporter. Strictement rien. Malgré le profond respect qu'elle a pour sa franchise et sa noblesse, la réincarnation ne trouve pas le moindre intérêt à un nouveau lien. Ah... cela doit sans doute être ce qu'ils appellent "amitié". Ce que ni Gekido, ni elle ne peuvent se permettre d'avoir. La raison de son mariage, parait-il aussi. Afin de lui éviter de "vieillir seule". Qu'elle belle plaisanterie. Un long soupir se glisse entre ses lèvres. Laissant libre interprétation de ce dernier au Taisa.

« Je vois... Je vous appellerai donc Amadotsu-san, puisque le "taisa" vous déplaît... » commence-t-elle avant de prendre une inspiration, « J'entends bien votre "vœux"... Vous n'êtes sans doute pas le premier à y avoir songé, nul doute que vous ne serrez pas le dernier... Mais je vous accorde que peu ont le courage de l'énoncer aussi clairement... Je suis ... ce que je suis aujourd'hui... La femme que je suis n'est pas si différente de la Kannushi... Malheureusement, peu de monde ne le voit... Pensez-vous que mon rang efface autant ma personne que cela..? Non... Bien sûr que non... Je suis ainsi... Que cela plaise ou non... Je n'ai que faire de bavardages puérils dans mon dos...

Cela étant... Je sais que ce n'est pas ce que vous, voulez savoir... Avez-vous sincèrement cru que je me livrais ma vie au premier Taisa venu..? Sauf votre respect, bien entendu... Je dois vous donner l'impression de n'avoir ni cœur, ni considération pour ce que vous aimeriez partager... Ce n'est pas totalement faux... Encore une fois, je doute que vous soyez capable de me supporter assez longtemps pour ... pouvoir vous lier à moi... Je ne vous empêcherai pas de le faire... Je n'en est ni le droit et certainement pas l'envie... Malgré tout, vous me semblez sincère... Cela en devient presque ... "touchant"...
»

Un rictus se dessine sur ses lèvres à son dernier mot. Elle attrape sa tasse, boit une gorgée parfaitement ridicule avant de soulever le chaton pour le mettre à hauteur de ses yeux, déposant un petit baiser entre ses deux oreilles. Le reposant par la suite sur ses genoux, ce dernier se met sur ses pattes arrières, s'aidant de la table, pour humer avec précaution le thé.

« Très bien... Je suis née à Keito... J'ai une sœur aînée qui se nomme Momoko... J'aime ... les chats... Le silence et les jardins... Ce que je désire ne regarde que moi... Passionnant, n'est-ce pas..? » elle déporte son attention du Taisa et du chat pour la poser sur le jardin, « Je ne sais pas à quoi vous vous attendiez, Amadotsu-san... Je n'ai rien à vous dire, pour être franche... Ce n'est pas le genre de conversation que j'ai la plupart du temps... Vous avez fait l'effort de venir jusque là, de montrer votre intérêt pour moi et m'avez offert un thé tout à fait délicieux... Je suppose que je me dois d'être un peu plus coopérative... Je crois, cependant, que vous devez le peu de considération que je vous ai offert à votre arrivée à votre rang... Il ne tient qu'à vous de faire en sorte que cela change, si c'est là ce que vous souhaitez réellement... Sachez que je ne ferai pas de pas dans votre sens sans raison... Sans doute parce que je suis une femme... et que j'ai obtenu votre respect uniquement de part mon rang pour le moment... » elle agite un peu la main, « Parlez-moi de vous... peut-être que je trouverai l'inspiration pour vous répondre... ou alors... partez... »




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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Mar 24 Juin - 15:30


Le goban apparaît au fur et à mesure que la discussion évolue. Ce plateau de jeu massif se dessine entre elle et lui tandis qu'il l'écoute. Il a fait le premier pas, il incarne donc les go-ishi noirs. Dans chacun de ses mots, il place une unité. Si là l'infanterie légère ashigerus, là-bas les archers secondés des lanciers. Il laisse sa cavalerie en attente derrière la colline, préparant tranquillement la défense des territoires qu'il est en train de former. Son adversaire, blanc, est déjà handicapé de par sa position de second, cinq points et demi d'écart, sauf si l'on considérait les parties de type Komi... Mais ça n'en était clairement pas une.

Elle ne se livrerait pas, ni ne l'attaquerait directement. Une stratégie élégante mêlant politesse et une simulation de perte et regain d’intérêt, assez légère cependant. Il avait joué maladroitement au début, mais il avait en face de lui un être loin de toute représentation d'un maître de l'Art de la Guerre. Lors de l'acte précèdent, il avait de part trop découvert ses flancs et elle avait eu la justesse d'esprit et la vivacité de fondre dans la brèche. Cependant, les coups de son dernier tour avaient été mûrement pesés et réfléchis et à ce tour, elle n'avait plus montré ce genre d'initiative, ce qui ne manqua pas de creuser la commissure des lèvres du guerrier en un très faible sourire carnassier.

Il adorait cet instant. Tout deux étaient au sommet d'un choix stratégique, même si les enjeux restaient faibles, puisqu'on ne parlait là que d'une visite de courtoisie entre un samouraï un peu franc et une prêtresse-incarnation divine désintéressée. Il l'écoutait et appréciait cette voix fatiguée et lancinante, mais terriblement séduisante, lui énoncer ce qu'il avait déjà compris l'instant d'avant. Son ton lui rappelait le souffle du vent au creux des falaises, qu'un rien semblait pouvoir briser, mais dont la mélodie enchantait les sens.

Jouait-elle sur les mots ? Il aima à penser cela. Mais il n’exclue pas non plus l'horrible perspective qu'aurait été le fait qu'elle n'ait tout simplement pas compris. Non... Le regard qu'elle lui offrait en disait long sur la profondeur de son intelligence. Ces yeux qui, d'ailleurs, lui montraient dorénavant qu'elle ne jouait pas par plaisir avec lui, mais uniquement parce qu'elle se sentait obligée de le faire, par politesse. Soit... L'adversaire n'était donc pas motivé, ce qui était loin d'être le cas du samouraï qui savourait chaque instant de cette rencontre avec ravissement.

Elle est envoûtante à plus d'un titre, presque hypnotiseuse dans le chant monotone que ses mots prennent. Elle lui répond en questions rhétoriques, elle pense sincèrement être sur un plan différent du sien, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise interprétation de la chose, étant donné que son titre ne la protégerait pas le moins du monde contre un coup de sang. Son esprit martial vint alors à tourner à une vitesse folle. Il était si prêt d'elle qu'il en eut le vertige. Il aurait pu lancer ses bras contre elle et enserrer son si jolie cou. Qu'était-ce là le message annoncé ?

Vous ne pouvez rien me faire ? Ma vie n'a pas d'importance ? Vous êtes faible et je transcende toute idée de danger ? Setsu a une confiance aveugle dans ses gens ?
Il balaya ses doutes d'un simple clignement des yeux. Elle le savait probablement, ou pas, cela n'avait aucun intérêt, mais il ne lui ferait jamais le moindre mal. Il rangea néanmoins d'un côté de sa mémoire cette inquiétude, il la transmettrait plus tard aux autorités compétentes. Puis il se replongea dans le flot timide et délicat des mots du Kannushi.

Elle croit savoir ce qu'il pense ? Il a du mal à empêcher ses yeux de s’écarquiller devant un aveux aussi léger. Mais cela fait peut être partie de son jeu... Car il souhaite simplement en savoir le plus possible à son sujet, la plus petite information qu'elle lui transmet rangée dans le coffre inviolable de son esprit comme une richesse inestimable. Même si ses réponses étaient alambiquées, il les apprécierait comme un nouveau trésor.

Elle croit savoir ce qu'il ressent ? Le coin de ses lèvres se fend à nouveau de l'ombre d'un sourire à cette évocation. Il ne voit pas en cette femme fragile un être sans cœur et si effectivement, il en était arrivé à l'idée qu'elle ne considère pas le fait de partager quelque chose avec lui, si ce n'était quelques mots, il ne lui en tenait pas rigueur. C'était une première rencontre, il était juste venu faire montre de politesse et s'est quelque peu emballé à la vu de l'être qu'elle était.

Elle croit savoir ce qu'il peut supporter ? Alors son nom n'a donc jamais été prononcé auprès d'elle. Il n'aimait pas se faire connaître par les mots, ou alors ceux d'autres dans ce cas. Il aurait voulu qu'elle soit originaire de Kazan, que le nom d'Amadotsu lui fut conté un jour ou que ses faits lui furent décris par un fin orateur qu'il n'était certainement pas. Il l’apprécie déjà beaucoup et ne souhaite pas le moins du monde lui laisser voir en lui une facette d'égocentrisme mal placé.

Keito... Momoko... les chats. Il enregistre, range précieusement, classe et traite l'information le plus rapidement possible. Elle place des frontières tout juste après, elle ne répondra pas intégralement à sa demande, évidement. Mais n'aurait elle répondu qu'à une seule de ses questions qu'il n'en aurait pas moins fallut pour prouver au guerrier que sa stratégie était la bonne. Les territoires étaient formés. Mais l'avance qu'il pensait avoir, la domination sur le goban, n'était pas aussi importante qu'il l'aurait cru de prime abord.

Il s'en rend compte alors qu'elle poursuit. La mélancolie de ses mots le touche. À la guerre, l'ennemi ne révèle pas ainsi ses pensés, sauf comme il l'avait fait lui-même auparavant afin de provoquer un geste de sa part, même s'il avait procédé maladroitement, la fin avait justifiée le moyen. Mais là, elle est claire comme de l'eau de roche. Elle arrive à osciller entre cette franchise touchante et passe rapidement à une déclaration froide et mesurée. Elle aurait pu faire un excellent stratège.

Ses derniers mots sont un entrelacs d'invitations sincères et d'autres, faussées. Il a bien du mal à distinguer lesquelles sont la représentation de son esprit à ce moment et s'oblige à choisir, ce qui le met dans l'inconfort momentanément. Il repose sa tasse de thé. Il se tient les jambes croisés et le dos droit, ses mains se posent sur ses genoux et se met à sourire simplement. Intérieurement, il est déjà heureux de cet échange, mais n'a pas le souhait de le terminer pour le moment. Il sent que leur rencontre se terminera sur un geste de la part du Kannushi, probablement un mouvement de renvoi ennuyé. Pourtant, tout en sachant cela, il est en paix avec cela et il sait qu'il profitera de l'échange, autant qu'il ne durera.

Et bien, si être Taisa des Setsu permet d'être mit en présence de votre personne, aussi indigne d’intérêt suis-je à vos yeux actuellement, alors il s'agit là d'un privilège incroyable de mon rang dont je suis gré à mon Seigneur de m'en avoir pourvu. Je ne sais pas si je saurais vous faire changer d'avis à mon égard, mais en tout cas, je ne me montrerai pas blessé si votre conclusion sur mon sujet est déjà faite.
Il se montre alors parfaitement chaleureux.
Je ne suis pas un être proche de l'ésotérisme, je ne le comprend pas et il est ma seul crainte en ce monde. Vous êtes, vous et les autres gens de théologie, ceux qui les comprennent et peuvent m'en préserver. Je vous donne raison sur ce point que votre statut de Kannushi et votre coexistence avec Moegami joue sur mon respect à votre égard de manière significative. Nous avons tous un rôle à jouer dans l’existence. Je suis un bras de Setsu, Gekido-dono en est l'esprit, et vous en êtes le cœur.
Il lève son bras droit, son poing fermé en face se son visage pour illustrer son propos.
Mais vous auriez tord de penser que cela suffise à mon total respect, si je puis me permettre... Et si une chose est sûre actuellement, c'est que vous n'avez rien fait pour perdre une once de ce dernier, et c'est amplement suffisant. Je suppose qu'un rang n'est pas tout, mais qu'on se doit d'en être digne est une chose certaine.

Il prend son menton dans sa main droite, semble réfléchir à la proposition finale de Ame, puis lui sourit à nouveau en reprenant :


Mmh... Eh bien je suis le seigneur du clan Kiyooki depuis mon gempuku. À ce titre, je gère les terres de Kazan au nom de Setsu. Mon rôle militaire actuel est des plus récent, mais j'ai toujours connu le métier des armes afin de protéger mes terres et d'honorer mon nom. Je ne suis Taisa que depuis peu, mais j'assume mes tâches avec fierté. Je n'ai pas d'autre famille que celle de tout les enfants de Moegami. Je me sent chez moi dans l'ensemble de nos terres.
Il se redresse inconsciemment en réaction des mots qu'il vient de prononcer.
Mes devoirs martiaux mis à l'écart, je veille au bon fonctionnement des mines d'acier de mon domaine et de l'usage de sa production. Enfin, j'ai une petite affaire de shoshu, un alcool prisé dans tout Yokuni, qui me permet parfois de me vider l'esprit.
Il sourit affectueusement à l'évocation de ces petits hobbys.
Quant à ce que j'aime... C'est un vaste sujet... J'aime le go, le jiujutsu, j'aime créer de nouvelle passes-d'armes... Enfin, j'aime beaucoup de chose et n'en déteste que très peu... C'est à peu prêt tout ce qu'il y-a d'important à savoir à mon sujet, et je crains qu'il ne soit pas plus impressionnant que cela. En espérant tout de même avoir apporté quelques éléments afin que vous puissiez m'en dire un peu plus à votre tour...
Son expression est clairement sereine lorsqu'il clôture alors :
Si vous jugez que ce n'est pas le cas, je ne vous prendrais pas plus de votre temps, Shimizu-sama.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Ven 15 Aoû - 2:34



« Et bien, si être Taisa des Setsu permet d'être mit en présence de votre personne, aussi indigne d’intérêt suis-je à vos yeux actuellement, alors il s'agit là d'un privilège incroyable de mon rang dont je suis gré à mon Seigneur de m'en avoir pourvu. Je ne sais pas si je saurais vous faire changer d'avis à mon égard, mais en tout cas, je ne me montrerai pas blessé si votre conclusion sur mon sujet est déjà faite. »

Ame entend. Elle apprécie sincèrement le franc parlé du Taisa et cette étrange bonne humeur dont il fait preuve. Elle pourrait presque le comparé à un doux feu dont on ne se lasse pas l'hiver. Du moins, s'il faisait froid en cet saison à Setsu. Cependant, elle a la vague impression qu'il essaie sans cesse de l'analyser, ce qui ne lui plait pas vraiment. Elle n'a pas envie de jouer. La Kannushi n'a pas de plan pour ceci ou pour cela. Aucune conclusion n'a été faite pour le moment. Néanmoins, elle l'apprécierait davantage encore s'il ne parle plus de Gekido pendant les dix prochaines minutes. Ah ! ... Ce n'est pas le Taisa qui lui tape sur les nerfs... Juste son mariage. Peut-être que de passer ses nerfs sur un pur inconnu lui est apparu comme une bonne idée ? Peut-être pas. C'est tellement plus simple de jeter la faute sur les autres. Évidemment que cet événement la perturbe, mais ce n'est pas uniquement la "faute" de ce dernier. Non, elle a choisi de se montrer désagréable avec Kodan. Elle a aussi choisi de conserver son air ennuyé alors qu'il fait preuve d'une chaleur rare envers elle. Combien de fous ont osé se montrer si avenant avec elle..? Ame replace l'une de ses mèche en se disant qu'elle est injuste avec lui. Malgré tout, le soldat n'osera la remettre à sa place.

Être Kannushi est parfois ennuyeux.


« Je ne suis pas un être proche de l'ésotérisme, je ne le comprend pas et il est ma seul crainte en ce monde. Vous êtes, vous et les autres gens de théologie, ceux qui les comprennent et peuvent m'en préserver. Je vous donne raison sur ce point que votre statut de Kannushi et votre coexistence avec Moegami joue sur mon respect à votre égard de manière significative. Nous avons tous un rôle à jouer dans l’existence. Je suis un bras de Setsu, Gekido-dono en est l'esprit, et vous en êtes le cœur. Mais vous auriez tord de penser que cela suffise à mon total respect, si je puis me permettre... Et si une chose est sûre actuellement, c'est que vous n'avez rien fait pour perdre une once de ce dernier, et c'est amplement suffisant. Je suppose qu'un rang n'est pas tout, mais qu'on se doit d'en être digne est une chose certaine. »

Voilà un point délicat. Ame ne peut dire qu'elle a réponse à tout. Et de loin pas à ce sujet. De plus, elle n'a pas forcément le Kami le plus doux qu'il puisse exister. Ces êtres capricieux ne font signe que lorsqu'il le souhaite et se taise le reste du temps. Finalement, elle est peut-être plus seule que ce qu'elle ne pense... Un voile de tristesse se propage lentement dans ses iris flamboyantes. De la fatigue aussi. Sans qu'elle ne cherche réellement a dissimuler quoique ce soit. Il pourrait en profiter pour la massacrer, bien qu'elle doute que cet homme soit capable d'entreprendre de lui faire du mal ainsi. Humpf. Encore lui ? Gekido est décidément partout. Comment fait-il pour être sans cesse invoqué par autrui sans être dans une pièce ? Est-ce là un don de Daimyo ? Moegami la garde de faire tout commentaire à ce sujet. La métaphore du Taisa n'en reste pas moi poétique. Il n'a peut-être pas tort. Elle doit représenter le coeur de ces terres, puisque le Seigneur en est totalement dépourvu. Gekido n'a pas eu le moindre mal à profiter de la situation pour la tourner à son avantage. Ah ! Qu'est-ce qu'il peut être détestable. Amadotsu Kodan finit par piquer l'intérêt de la Kannushi de manière plutôt définitive. Oh ? Son rang ne suffit pas à avoir son respect le plus total ? Elle tourne la tête vers lui, clignant des yeux. Sont-il traversés par un éclair de surprise ? Qui sait. Elle penche un peu la tête, quittant son ennui pour de la neutralité pure. Elle ne dit pourtant rien. La réincarnation n'a rien à ajouter pour le moment. Lui laissant toute la place qu'il voudra pour s'exprimer alors qu'elle boit son thé.

« Mmh... Eh bien je suis le seigneur du clan Kiyooki depuis mon gempuku. À ce titre, je gère les terres de Kazan au nom de Setsu. Mon rôle militaire actuel est des plus récent, mais j'ai toujours connu le métier des armes afin de protéger mes terres et d'honorer mon nom. Je ne suis Taisa que depuis peu, mais j'assume mes tâches avec fierté. Je n'ai pas d'autre famille que celle de tout les enfants de Moegami. Je me sent chez moi dans l'ensemble de nos terres. » elle examine ses mimiques, sans parvenir à faire le moindre mouvement dans ses coussins, le chaton finissant par grimper sur la table, « Mes devoirs martiaux mis à l'écart, je veille au bon fonctionnement des mines d'acier de mon domaine et de l'usage de sa production. Enfin, j'ai une petite affaire de shoshu, un alcool prisé dans tout Yokuni, qui me permet parfois de me vider l'esprit.

Quant à ce que j'aime... C'est un vaste sujet... J'aime le go, le jiujutsu, j'aime créer de nouvelle passes-d'armes... Enfin, j'aime beaucoup de chose et n'en déteste que très peu... C'est à peu prêt tout ce qu'il y-a d'important à savoir à mon sujet, et je crains qu'il ne soit pas plus impressionnant que cela. En espérant tout de même avoir apporté quelques éléments afin que vous puissiez m'en dire un peu plus à votre tour...
»

Un esprit sain dans un corps sain. Que voulez-vous qu'elle ajoute à cela ? Cet homme est au moins cent fois plus actif qu'elle. Au moins, il partage leur récente nomination. Après, elle n'est même pas sûre d'avoir mis ne serait-ce qu'un pied à Kazan. Ce n'est pas non plus comme si Ame avait eu la chance de beaucoup voyager. Elle n'est même pas sûre de pouvoir s'orienter correctement dans Moe. Ni même dans l'immense palais du Seigneur. Si elle me se perd pas dans Hibana, c'est déjà un très bon point. Le go ? Mh. Elle n'a pas la passion du jeu et préfère de loin observer les parties plutôt que d'y participer. Cela étant dit, elle n'est même pas sûre de faire une bonne partenaire de jeu. Elle réalise soudainement que la petit boule de poils s'est allongée sur un coin de la table et ne peu s'empêcher de la poser sur le sol. Pas de relâchement ! Ce chaton a beau être adorable, les animaux ne vont pas sur les tables. Pas sur la sienne du moins. Elle revient au Taisa juste à temps pour sa conclusion.

« Si vous jugez que ce n'est pas le cas, je ne vous prendrais pas plus de votre temps, Shimizu-sama. »

« Mh... Je ne sais pas par où commencer, en fait... Vous me paraissez bien trop droit et franc... Je l'ai déjà dit... Ça n'a rien de dérangeant en soit... Si peu... Conventionnel... Votre dévouement pour Setsu est parfaitement admirable...

Je ne suis dirigeante d'aucun clan... Je n'ai aucun haut-fait à conter... Je n'ai pas vraiment le temps de faire autre chose que de veiller sur les enfants de Setsu... Du moins, quand la maladie ne me prend pas le peu de temps libre que je détiens... Je lis... Il fut un temps où je dansais ou je chantais pour les purifications... Mais désormais... Cela n'arrive que rarement...

Je passe plus de temps à apaiser les humeurs de Setsu-sama qu'à diriger ce Temple... Ce qui est amusant ... lorsque j'y pense... “Ame” signifie pluie... N'est-ce pas là une ironie..? Je suis l'Avatar de Moegami et ... voilà que je suis aussi la pluie qui tempère le feu de notre Daimyo...
» un rictus mi-agacé, mi-tendre se fend sur ses lèvres, « Peu importe... Ne pensez pas que je me confie à vous... Je ne fais qu'énoncer des faits qui sont connus de tous... À l'image de ma colère... Que très peu ont vu, mais dont tous s'en souvienne... Qu'avez-vous entendu de moi avant de venir..? Êtes-vous déçu..? Surpris..? Satisfait..? Voyons jusqu'où votre franchise peut-elle aller... Que pensez-vous de l'esprit et du cœur de votre clan..? Indépendamment l'un de l'autre, j'entends... »




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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Sam 16 Aoû - 7:31


De sa vie, le guerrier ne se souvenait pas avoir eu une telle conversation. Il ne s'en était jamais vanté, mais il avait, tout au long de son existence, perfectionné un talent certain pour l'empathie, lisant dans les regards, les sourires, les mots ou les tons de voix ce qui se cachait derrière les pensés de ses interlocuteurs. Cela allait plus loin en vérité. Un simple mouvement, au combat comme à la cours, lui avait toujours permis de procéder avec un, ou plusieurs coups d'avance. Il palliait la lenteur de son corps massif par la vivacité de son esprit et avait toujours cultivé cette faculté afin qu'elle devienne sa véritable force, bien au delà de la résistance dont la nature l'avait pourvue.

Mais Ame était un Fort. La fragilité que son physique hurlait sans secret au monde était très largement compensée par un mental d'acier. Son visage livrait des expressions contraires et il était particulièrement difficile, à la limite de l'impossible, de lire la vérité que son cœur livrait. Elle souriait délicatement, tantôt sans chaleur, parfois avec mélancolie, un fond de sincérité aussitôt effacé par une impassibilité agacée. Mais même de ce dernier point, le bushi n'était pas sûr.

Elle le passionnait. Quel général aurait-elle fait ! Aucun adversaire n'aurait pu être en mesure de comprendre la stratégie d'un être comme elle. Elle n'était très certainement pas éduqué à l'art de la guerre, c'était évident et c'était un gaspillage qui manqua d’écœurer le Seigneur de Kazan. Qu'un esprit aussi vif que le sien fut ainsi mit en cage comme elle le paraissait le répugnait, mais il n'en montra rien, elle devait être la première à être conscient d'une telle ironie et cet ennui qui transparaissait systématiquement sur son merveilleux visage en était la preuve flagrante.

Alors qu'elle tenait à son tour leur conversation de sa seule voix, il se laissa bercer par le son de cette dernière. Il ne s'était pas vraiment autorisé cela jusqu'à cet instant, mais à l'image de son visage, la mélodie de ses inflexions, entrecoupées de ses inspirations fatiguées, lui rappelait des airs de shakuhachi. Une certaine tristesse en émanait, et ce qu'elle lui annonçait n'était guère plus joyeux de toute façon. Cela venait simplement souligner sa propre pensé de l'instant d'avant.

Il accepta le compliment qu'elle lui faisait... Si s'en était un, il n'en était pas vraiment sûr à vrai dire, mais il préféra incliner poliment la tête devant les adjectif de droiture et de franchise qu'elle lui accorda, malgré le trop les précédents. Il maintint son salue à l'évocation de son dévouement. Elle était probablement le plus important membre du clan à lui dire ainsi, et son cœur se mit à battre de fierté devant une telle remarque.

Lorsqu'il l'imagina danser et chanter, sa fierté s'effaça devant le trouble qu'elle aurait pu engendrer en lui. Une telle femme, déjà si belle dans l'image de sa faiblesse qu'il se sentait capable de se mettre en travers d'une armée pour la protéger de tout maux, lui parut soudainement aussi séduisante qu'une déesse alors que son esprit la voyait se mouvoir d'une grâce sublime. Il se serait senti indigne d'écouter sa mélopée, trop parfaite pour le rustre des montagne qu'il était.

D'apprendre que cela pouvait se produire, il aurait souhaité être en garnison à Hibana pour assister à un tel spectacle, mais il fut persuadé que son cœur lui serait arraché à la vu de ce spectacle, qu'il rechignerait à revenir un jour à Kazan et ne voudrait plus quitter que d'une poignée de mètres la descendante des Shimizu. À nouveau, il du faire l'impasse sur ce sentiment, laissant simplement apparaître le sourire apaisé et chaleureux qui avait été le sien depuis le début de cette rencontre.

La signification de son prénom ne lui avait pas échappé, mais il n'avait pas imaginé son Seigneur aussi brûlant que ce qu'elle lui annonçait. Selon ses dires, elle n'était d'ailleurs pas étrangère à ce fait. Qu'une telle promiscuité entre le Daimyo et elle puisse exister le dérangea presque. Il était un loyal sujet de Setsu, et avait eu l'honneur d'être en présence de Gekido plus d'une fois. Le regard de ce dernier était celui d'un homme qui voyait bien trop loin, calculateur et opportuniste.

La poésie certaine et probablement involontaire de la Kannushi vis à vis de cette relation aurait du le faire sourire de plus belle, mais elle l'inquiéta en vérité. Il s'en faisait pour elle. N'allait elle pas un jour se brûler au contact du feu dévorant du Maître des Setsu ? Il balaya cette pensé aussi vite qu'elle était venue, se souvenant de la force insondable de l'esprit de la Voix de Moegami qui se tenait devant lui. Elle n'avait pas besoin que l'on s’inquiète pour elle.

Le fait qu'elle évoque sa colère fit frémir le guerrier au plus profond de son âme. Il ne craignait aucun être de chair en ce monde, et son cœur vibrait d'avoir l'honneur de rencontrer un jour un ennemi valeureux qui lui offrirait un combat honorable et mémorable pour des générations. Ame n'était pas ce genre de personne. Elle était habité par un esprit que seule l'Okami pouvait restreindre en temps normal. Elle le balaierait d'un simple geste, sans qu'il puisse en faire un en retour. Et quand bien même il se trompait, quand bien même aurait il pu briser cette femme d'un unique mouvement, il savait en vérité qu'il n'en aurait jamais la volonté.

Dès les premiers instants, dès qu'il l'avait vu, elle avait apposé sur lui un sceau igné d'un simple battement de ses paupières sur ses indescriptibles iris. Cette pensé aurait du lui faire peur, le terroriser même, mais au contraire, elle ne fit que renforcer sa paix intérieure. Il digéra l'ensemble des sentiments qu'elle venait de provoquer en lui par ses simples mots, les accueillants avec plaisir, quand bien même ce qu'elle avait dit était de notoriété public, selon ses propres termes. Il haussa les épaules intérieurement, tant pis s'il n'avait jamais entendu cela. Il appréciait d'être enfin détenteur de ces vérités.

Il fut parfaitement heureux des questions qui suivirent, alors ainsi, l'échange n'était pas terminé et il allait encore pouvoir profiter de la présence de cette femme passionnante. À nouveau, il se frotta le menton, faisant mine de réfléchir aux mots qu'il choisirait pour répondre à toutes ces interrogations. Sa voix, lorsqu'elle revint enfin, était emprunte d'un calme olympien :

Ce que j'ai entendu de vous, Shimizu-sama, n'était qu'un tissu de mensonges. On chante votre beauté jusqu'à Kazan, mais dorénavant que je vous vois de mes yeux, je conçois que ce qui est dit à votre sujet est parfaitement faux. Il n'est pas de mots possibles aux hommes pour vous décrire, et qui oserait cela soit châtié d'un tel orgueil. Ce ne serait que viles flatteries. Seul un mutisme reconnaissant peut faire honneur à ce que vous représentez aux yeux du monde.

Je suis honteux de ne pas avoir ouïe ce que tous semblent savoir à votre sujet, mais je suis honoré d'en être informé par vous même. Il n'est rien de plus éloigné que la déception pour exprimer ce que je ressens. Je suis effectivement surpris, mais il aurait été bien prétentieux de tenter de deviner quoique ce soit à votre égard, et particulièrement de se faire une idée personnelle sans que vous ne soyez directement à l'origine de quelque information que ce soit à propos de vous.


Tandis qu'il la complimentait ainsi, un voile passa sur son regard naturellement sombre. Son sourire s’atténua un peu pour passer de l'engouement à une expression de nostalgie, il continu :

En vérité... Je regrette simplement de ne pas avoir été présent lorsque vous avez embrassé votre destin et que Moegami vous a reconnue comme son incarnation terrestre. Si les archives sont exactes, cela s'est produit il y-a une demie-douzaine d'année. J'étais alors en... Apprentissage... à la Magistrature Impériale. La nouvelle de votre accession à votre rôle, qui avait précédé celle de la mort de Soichiro-sama, m'a profondément peiné. C'était la première fois que votre nom m'était révélé, et ma première réaction à ce dernier a été de vous plaindre.

Par la suite, un an à peine après que vous ayez pris cette lourde succession et que je fus réintégré à l'Armée, peu de choses étaient audible à votre sujet. On parlait d'une ancienne Miko effacée et fragile, les rares fois où votre nom paraissait dans les discussions des soldats. Je me souviens surtout de la douceur que m'évoquait les syllabes qui le composent, ainsi que de la colère qu'engendrait ces racontars sans utilité.

Les années passant, Shimizu Ame est devenu une évocation de plus en plus puissante... Aujourd'hui, personne en Setsu n'oserait autre chose que d'admirer le porteur de ce nom et enfin, six années après  que votre Destin et vous ne soyez réunit, je suis enfin en face de vous.

Quand à ce que je pense...


Il fronça les sourcil un instant, tranchant radicalement avec l'image aussi douce que possible que son visage buriné pouvait rendre. Puis revint à ce sourire qui semblait avoir une place importante dans ses expressions, ses yeux plissés en une expression étrange, il reprit :

Je n'imagine pas l'esprit du clan et son cœur autrement qu'indépendamment, même si j’entends que le destin veulent les réunir. Notre Seigneur est connu pour être un vrai Setsu, selon ce que pensent nos voisins. On le voit tortueux, belliqueux et il est plus que probable que des paysannes des terres d'autres Seigneurs calment leurs enfants en leur racontant des horreurs à propos de soit disant mœurs anthropophage que Gekido-sama pourrait avoir.

Le ridicule de cette dernière image provoqua instantanément un rictus moquant la bêtise de certaines personnes, trop rapide à se faire une idée d'un homme qu'ils ne connaissaient que trop peu.

Pour ma part, je n'ai jamais véritablement eu l'honneur d'échanger avec lui directement, autrement que par le biais de cérémonies ou de quelques triomphes passés... Cela arrivera un jour, très certainement, mais avant cela, je ne m'autoriserai aucun jugement à son égard, sinon celui de son regard. La première fois que je le vis, il n'était pas même un adolescent et je n'oublierai pourtant jamais l'impression qu'il me fit alors. Cet homme a une vision si large que je doute pouvoir un jour d'en comprendre la perspective. Ses yeux m'ont évoqués un abîme sans fond, dont l'esprit caché derrière prévoyait plus d'avenirs différents que d'étoiles dans les cieux.

Je pallierais peut être enfin mon ignorance à son égard dans quelques semaines. Je dois prochainement me rendre à Moe pour l'inspection des troupes récemment placée sous ma tutelle. Ce sera l'occasion, si mon Seigneur le veut, de parfaire l'image que j'ai de lui et de me présenter comme un loyal serviteur de Setsu.


Il leva son iris à moitié masqué sous ses épais sourcils, fixant ceux de la kannushi, son expression indéchiffrable n'effaçant rien à son attitude avenante et chaleureuse ne l'ayant pas quittée.

En ce qui concerne son cœur...

Et bien... Je crois vous avoir déjà partagé plus avant ce que je pensais de vous. Cette image dépeinte est encore jeune et je parfais petit à petit son portrait tandis que je m'adresse à vous. Si je devais ajouter quelque chose à l'instant, ce serait que le cœur du clan est éprit d'une liberté dont nombreux facteurs lui refuse l'accès. Il est injuste que la volonté de la flamme soit ainsi cantonnée en ces lieux, aussi noble et magnifique Kaigen soit.

Notre âme, celle des gens de Setsu j'entends, est faite pour la pleine expression, sans retenue. Nous somme la passion brûlante des Terres Impériales. Fi du tempérament irréfléchi des Kenshu, de la désorganisation des Eiichiro, de l'impassibilité froide des Fukyuu et du masque des expressions des Okaruto : Nous sommes les seuls dont les sentiments soient clairement définis et affichés aux yeux de chacun sans honte. Et vous êtes le cœur de ce clan. Vous portez notre flamme... Comment cela se peut alors que vous vous trouvez en cette cage dorée ? Pourquoi vous cache t-on au monde ? Je ne peux expliquer cela.


Alors qu'il conclu, il fut frappé d'avoir tant laissé cours à son flot verbal, son sourire s'effaça sous une moue particulièrement gênée et il alla se frotter la tête d'inconfort. Immense et vaste parmi les hommes, il paraissait être simplement un adolescent émerveillé face à l'un de ses héros. Et il n'était absolument pas certain d'avoir bien répondu aux questions de Ame, voir d'y avoir répondu tout à fait à côté de la plaque. Mais tant pis, il n'allait pas à nouveau reprendre la parole après avoir tenu un si long discours.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Sam 16 Aoû - 14:27



« Ce que j'ai entendu de vous, Shimizu-sama, n'était qu'un tissu de mensonges. On chante votre beauté jusqu'à Kazan, mais dorénavant que je vous vois de mes yeux, je conçois que ce qui est dit à votre sujet est parfaitement faux. Il n'est pas de mots possibles aux hommes pour vous décrire, et qui oserait cela soit châtié d'un tel orgueil. Ce ne serait que viles flatteries. Seul un mutisme reconnaissant peut faire honneur à ce que vous représentez aux yeux du monde. »

Ame boit encore une gorgée de thé en écoutant le début de réponse de son interlocuteur. Imperceptiblement surprise par le commencement de ce dernier. Des mots pour décrire sa personne, elle en a entendu beaucoup, mais ceux-là... Elle n'est pas assez présomptueuse pour se décrire avec un tel vocabulaire, mais n'a-t-elle pas demander son avis propre sur la question ? Il est étonnant comme les gens qui lui sont étrangers peuvent la percevoir. La Kannushi n'est pas totalement ignorante de sa beauté, mais là, ce sont des éloges qui finissent par la faire légèrement rougir. Elle sentirait presque honteuse d'avoir posé cette question, bien que ce ne soit pas le sujet qu'elle souhaitait qu'il traite, Ame s'en contentera. Inclinant légèrement la tête, sans le quitter des yeux. Elle ne pensait réellement pas sa prestance si écrasante.

« Je suis honteux de ne pas avoir ouïe ce que tous semblent savoir à votre sujet, mais je suis honoré d'en être informé par vous même. Il n'est rien de plus éloigné que la déception pour exprimer ce que je ressens. Je suis effectivement surpris, mais il aurait été bien prétentieux de tenter de deviner quoique ce soit à votre égard, et particulièrement de se faire une idée personnelle sans que vous ne soyez directement à l'origine de quelque information que ce soit à propos de vous. »

Maintenant, la future épouse du Seigneur se sent mal à l'aise par cette franchise. Pourtant, une fois encore, c'est elle et uniquement elle qui a demandé son avis au Taisa. Elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même si elle se sent gênée de ce discours. Ame sait pourtant que d'être en sa présence peut parfois donné des ailes à ceux qui n'ont pas pour habitude de la côtoyer, mais Kodan s'envolait bien plus que d'autres. Cela doit un peu venir du fait qu'elle a simplement accepté le fait qu'il s'ouvre sans barrière. Toute chose à le droit de grandir, que ce soit un opinion ou un être vivant. Soit. La réincarnation penche la tête en voyant la flamme du soldat se ternir avant qu'il ne continue. Elle ne le coupera pas. L'expression des personnes qui lui sont d'un rang inférieur est importante et les couper peut souvent être pris comme un flagrant manque de respect pour son vis-à-vis.

« En vérité... Je regrette simplement de ne pas avoir été présent lorsque vous avez embrassé votre destin et que Moegami vous a reconnue comme son incarnation terrestre. Si les archives sont exactes, cela s'est produit il y-a une demie-douzaine d'année. J'étais alors en... Apprentissage... à la Magistrature Impériale. La nouvelle de votre accession à votre rôle, qui avait précédé celle de la mort de Soichiro-sama, m'a profondément peiné. C'était la première fois que votre nom m'était révélé, et ma première réaction à ce dernier a été de vous plaindre.

Par la suite, un an à peine après que vous ayez pris cette lourde succession et que je fus réintégré à l'Armée, peu de choses étaient audible à votre sujet. On parlait d'une ancienne Miko effacée et fragile, les rares fois où votre nom paraissait dans les discussions des soldats. Je me souviens surtout de la douceur que m'évoquait les syllabes qui le composent, ainsi que de la colère qu'engendrait ces racontars sans utilité.

Les années passant, Shimizu Ame est devenu une évocation de plus en plus puissante... Aujourd'hui, personne en Setsu n'oserait autre chose que d'admirer le porteur de ce nom et enfin, six années après  que votre Destin et vous ne soyez réunit, je suis enfin en face de vous.
»

Par réflexe, elle n'a pas pu s'empêcher de détourner le regard vers les jardins. Personne n'aurait voulu être présent lors de son ascension à son titre de Kannushi. Non, vraiment, personne. Elle n'était qu'une jeune femme perdue, mal habille et en colère contre le monde entier pour lui avoir pris celui qu'elle considérait non pas comme un maître, mais bel et bien comme un père. Tant et si bien qu'elle a haï Gekido de toute son âme. Bien que ce dernier ne fut en rien responsable de la chute de Soichiro, il fallait qu'elle blâme quelqu'un. Et qui aurait pu prendre la place de monstre mieux que le Seigneur lui-même. Elle n'aime pas ce sujet et comprend aisément qu'elle est pu suscité de la pitié. Prendre la succession d'un homme aussi grand que bon sans que personne n'ait cru en vous est quelque chose de bien difficile. Deux ou trois membres de la haute sphère religieuse ont su faire confiance au jugement du défunt Elu. Les autres ont simplement dénigré la frêle demoiselle qu'elle était. Trop faible. Trop émotive. Trop en colère. Trop peu intelligente. Trop jeune. Trop impulsive.

Mais lorsqu'elle embrassa le plumage enflammé de Moegami, Ame n'a rien pu faire d'autre que d'être davantage en colère contre le monde entier. La perte de son bien aimé maître était suffisamment difficile à encaisser pour qu'en plus on lui donne le pouvoir de se faire entendre. La Kannushi se souvient parfaitement de ses premières années d'Avatar. Pour la simple et bonne raison que personne ne lui laissait la parole. Une farce d'un Kami capricieux, avait-elle entendu une fois. Malgré tout ce manque de respect pour sa personne et celui qui désormais vivait en elle, elle n'a su que se refermer. Refusant tout simplement de se montrer en public. Pourquoi..? Simplement parce qu'elle était effrayé à l'idée que son propre peuple la rejette. Faire des erreurs n'est pas permis, lorsque l'on siège en haut de la pyramide sociale.

Cela étant, un beau jour, elle en a eu marre. Rien de plus. La douce Miko qu'elle était a disparu dans les flammes de son Kami et elle s'est redressée en Kannushi digne. Ame a simplement soufflé sur tout ceux qui espéraient la voir s'épuiser de tristesse pour relever la tête. Remettant à leurs places ceux qui en avaient besoin. Gekido est compris dans ce lot. Personne n'a plus le droit de la faire taire ou de tenter de lui marcher dessus. Elle est réincarnation et n'a pour but que de faire ce qu'il y a de mieux pour son peuple. Que cela soit d'éviter des guerres ou d'accepter un front. De prendre des décisions difficiles ou de sacrifier sa propre vie pour la flamboyante nation qui lui a donné naissance. Faible est un mot qu'elle a décidé de bannir de son vocabulaire. Aucun enfant de Moegami n'est faible. Ame veut croire qu'il existe en chacun une feu d'une splendeur démesurée et que tout les siens sont destinés à briller.


« Quand à ce que je pense...

Je n'imagine pas l'esprit du clan et son cœur autrement qu'indépendamment, même si j’entends que le destin veulent les réunir. Notre Seigneur est connu pour être un vrai Setsu, selon ce que pensent nos voisins. On le voit tortueux, belliqueux et il est plus que probable que des paysannes des terres d'autres Seigneurs calment leurs enfants en leur racontant des horreurs à propos de soit disant mœurs anthropophage que Gekido-sama pourrait avoir.
»

La transition du Taisa la ramène à leur conversation, alors qu'elle le regarde du coin de l’œil. Elle ne sait pas si l'on peut sincèrement dépeindre l'esprit et le cœur d'une façon très distincte. Enfin, ce n'est qu'une question de point de vue, finit-elle par se dire. Gekido est quelqu'un de complexe. De très seul et profondément blessé. Malgré le fait que si elle venait à le dire tout haut, sans doute rirait-t-il de cette image du Seigneur. Pourtant, elle le sait, désormais. Il n'a confiance en personne, s'est refermé sur lui-même presque aussi violemment qu'elle et se cache dorénavant derrière cette froideur et cette prétention. Sûr de lui, oui, mais c'est un homme. Et comme tout mortel, il doute aussi. Même s'il se garde bien de le dire à autrui. Ame ne serait pas étonnée que cette histoire de conte pour enfant soit vraie. Les gens sont tellement impressionnables...

« Pour ma part, je n'ai jamais véritablement eu l'honneur d'échanger avec lui directement, autrement que par le biais de cérémonies ou de quelques triomphes passés... Cela arrivera un jour, très certainement, mais avant cela, je ne m'autoriserai aucun jugement à son égard, sinon celui de son regard. La première fois que je le vis, il n'était pas même un adolescent et je n'oublierai pourtant jamais l'impression qu'il me fit alors. Cet homme a une vision si large que je doute pouvoir un jour d'en comprendre la perspective. Ses yeux m'ont évoqués un abîme sans fond, dont l'esprit caché derrière prévoyait plus d'avenirs différents que d'étoiles dans les cieux.

Je pallierais peut être enfin mon ignorance à son égard dans quelques semaines. Je dois prochainement me rendre à Moe pour l'inspection des troupes récemment placée sous ma tutelle. Ce sera l'occasion, si mon Seigneur le veut, de parfaire l'image que j'ai de lui et de me présenter comme un loyal serviteur de Setsu.
»

Elle n'aurait donc pas d'avis externe à la sphère de Gekido le concernant. La réincarnation aurait pourtant bien besoin d'entendre un avis neutre à son sujet. Bien entendu, elle ne crache pas sur celui que lui a donné Akane, mais elle ne pouvait être totalement objective. Quand bien même, elle-même a dit qu'elle avait l'impression que la Kannushi le connaissait mieux qu'elle. Ce dont elle doute férocement. Bien entendu, elle peut se vanter de connaitre le Seigneur mieux que la plupart des gens, mais leur relation a une limite. Enfin... Elle fronce les sourcils. Certes, ce lien a été crée de façon peu commune et continue d'évoluer de manière plus qu'anarchique. Mais elle ne pourrait pas affirmer connaitre le Daimyo réellement. Ame réfléchit, et n'a pas remarqué qu'elle soutenait le regard du Taisa.

« En ce qui concerne son cœur...

Et bien... Je crois vous avoir déjà partagé plus avant ce que je pensais de vous. Cette image dépeinte est encore jeune et je parfais petit à petit son portrait tandis que je m'adresse à vous. Si je devais ajouter quelque chose à l'instant, ce serait que le cœur du clan est éprit d'une liberté dont nombreux facteurs lui refuse l'accès. Il est injuste que la volonté de la flamme soit ainsi cantonnée en ces lieux, aussi noble et magnifique Kaigen soit.

Notre âme, celle des gens de Setsu j'entends, est faite pour la pleine expression, sans retenue. Nous somme la passion brûlante des Terres Impériales. Fi du tempérament irréfléchi des Kenshu, de la désorganisation des Eiichiro, de l'impassibilité froide des Fukyuu et du masque des expressions des Okaruto : Nous sommes les seuls dont les sentiments soient clairement définis et affichés aux yeux de chacun sans honte. Et vous êtes le cœur de ce clan. Vous portez notre flamme... Comment cela se peut alors que vous vous trouvez en cette cage dorée ? Pourquoi vous cache t-on au monde ? Je ne peux expliquer cela.
»

Éprise de liberté ? Peut-être pas à ce point là, mais il vrai qu'elle n'a pas le loisir de jouir de beaucoup d'espace pour ses propres rêves. Bien que celui qui lui tienne à cœur est de garder son peuple en vie. Ce n'est que l'humour d'un Kami. Elle n'a pas choisi son rang et encore moins que le fait d'être faible ainsi. Puis la Kannushi est très surprise de voir qu'il partage son point de vue sur la flamme de chacun des membres de ce clan. Sur le fait qu'ils ne cachent pas leur but. L'ombre d'un demi-sourire se dessine au coin des lèvres de la Dame. Infime frémissement en entendant ses questions. Qui oserait enfermer la Kannushi dans son propre temple ? Non, elle ne se sent pas prise au piège ou prisonnière de ces lieux. Elle a choisi d'être très présente dans ici, à Hibana. Parce que c'est ici qu'elle se sent chez elle maintenant. Mais peu semble le comprendre. Bien sûr qu'elle souhaiterait voyager un peu plus, c'est une évidence. Malgré cela, un Kannushi n'a pas forcément le temps de se lancer à la conquête du monde. De plus lorsqu'il est malade.

En voyant sa moue et son geste, Ame n'a rien vu d'autre en lui qu'un gamin soudainement mal à l'aise de s'être emporté. Visiblement, elle vient de lui passer celui qu'elle a ressenti un peu plus tôt. Rien n'a pu la garder de cet étrange "Mh... Mhpf..!" amusé qui s'est échappé. C'est sans doute ce qui est le plus proche d'un tout petit rire chez la Kannushi. Suivit de près par un maigre sourire bienveillant. Ce soldat est amusant à observer. Sa carrure ne laisserait jamais penser qu'il se cache derrière une espèce de grand enfant, dévoué aux siens et qui se laisse emporter par la flamme de son admiration lorsqu'il se retrouve en présence des personnes qui détienne cette dernière. Ame ne peut ressentir qu'une certaine fierté à faire partie de ces quelques gens d'importance.


« C'est bien la première fois que ... J'entends tant d'éloges à mon sujet... Sans que je dois me sentir flattée que vous me trouviez si plaisante à regarder... Mais je préfère vous remercier de ces compliments que personne n'a osé dire tout... Je suppose... Du moins, jusqu'à aujourd'hui...

Vous n'avez pas à vous sentir honteux de cette absence... C'était il y a dorénavant plusieurs années et vous n'avez franchement rien manqué d'extraordinaire... Sans nul doute que ce que l'on disait de moi à cette époque n'avait rien de très ... flatteur... J'en conviens... Je n'ai rien fait en ce temps qui permette de dire du bien de moi... Surtout lorsque l'on est soldat... Je suis, cependant, ravie d'entendre que l'opinion public a changé vis-à-vis de mon rôle... En bien ou mal, ça, c'est à vous qu'il appartient...
»

Elle bouge légèrement, prenant le temps de replacer ses coussins correctement, sans gêner le chaton qui s'est endormi.

« Je vous laisse donc tout le plaisir de vous faire une idée sur notre Daimyo... Je ne voudrais pas altérer votre avis de mon point de vue... Il serait fort dommage que vous ne puisez pas vous faire votre propre idée de sa personne... Il est agréablement surprenant de le dépeindre après une première rencontre, cela étant... Les jugements diffèrent ... selon le rang et le sexe de l'être qui croise sa route... »

Elle se garde de parler de Miko ou de sa mère, elles ont tendance à l'idéaliser un peu trop à son goût.

« Bien... Je suis ravie d'entendre que nous partageons le même avis sur la nation de Setsu... Mais ... je ne suis pas terrée ici, à Kaigen... C'est un choix que j'ai fait... Le peuple saura toujours où me trouver si le besoin s'en fait sentir... Que feraient tous ces croyants si je venais à me promener ici et là à travers le monde..? Non, si je suis le plus souvent ici, c'est pour que le peuple puisse ... venir ici en sachant que leur Kannushi est présent... Je crois qu'il important pour tous d'avoir des repères... Et si je puis en être un, alors j'en suis entièrement satisfaite... Je n'ai pas besoin de voir le monde pour vivre... Non, car certains me le conte mieux encore que si j'y étais allée...

Nous ne possédons qu'une seule vie, Amadotsu Kodan... et j'ai offert la mienne à une nation toute entière... Celui qui osera dire le contraire n'est pas encore né ou qu'il se garde que je l'apprenne... Personne ne se doit de me vouer allégeance... parce que vous possédez tous mon dévouement le plus sincère... Je ne suis pas cachée... Je suis simplement là où tous savent me trouver... Je n'ai pas la prétention de dire que je serai un jour à la hauteur de mon prédécesseur, mais je peux promettre d'essayer de toujours faire de mon mieux...

Mon manque d'expressions peu parfois être décontenançant... mais pas une seule de mes décisions n'a été prise pour moi seule ou pour faire plaisir à notre Daimyo... J'ai toujours fait passé le bien de notre nation avant celui de quiconque dont le rang pourrait permettre de profiter des nôtres... Je n'ai pas besoin d'être expressive pour aimer Setsu... et je n'aurai jamais besoin d'hésiter pour le protéger...

Oh... Je serais très ... heureuse ... si vous me donniez votre avis sur le Seigneur après l'avoir rencontré... Vous me paraissez être un homme digne d'intérêt et de sincérité... Finalement... Je dois me rendre, moi aussi, à Moe prochainement... L'idée de boire un autre thé en votre compagnie n'est pas franchement déplaisante... Je n'abuserai pas plus de votre temps... Libre à vous de me quitter maintenant...
»

Elle saisit sa tasse avec grâce pour finir son thé avant de pencher la tête. Affichant une émotion toute à fait indescriptible sur son visage. Entre la douceur d'une mère qui regarde son enfant et le sévère jugement d'un bourreau.




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MessageSujet: Re: [Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes. Lun 18 Aoû - 16:51


Il reprit peu à peu l'assise sur sa personne, puis fut soudainement et positivement frappé par la réaction de son interlocutrice. Ce demi étouffement qui vint de s'échapper des fines lèvres de Ame ressemblait aux prémisses d'un authentique rire. Qu'il en fut la cause par son attitude infantile était secondaire, car il accueillit le son ainsi produit telle une véritable caresse divine, si bien que son cœur se mit à battre à un rythme qu'il ne lui savait pas possible d'atteindre, paraissant vouloir surgir de sa poitrine en brisant la prison de ses côtes et des muscles la recouvrant.

Force était de constater qu'il parvenait de plus en plus à lire le peu d'expression qu'elle laissait passer sur la surface de son visage. Et il n'aurait pu être plus heureux à l'instant où elle esquissa son sourire. Le guerrier se redressait, se remettant dans une position plus digne que l'instant d'avant, afin d'offrir à la kannushi un spectacle autre que celui d'un jeune garçon perdu et engoncé dans un corps trop vaste et trop puissant pour son âme infantile. L'instant de grâce passait délicatement tandis que la descendante des Shimizu réagissait au long discours du bushi.

La discussion avait dérivée doucement, mais sûrement depuis son commencement, vers un semblant d'entente, que cela fut poussé par la politesse et l'étiquette n'aurait eu aucune espèce d'importance aux yeux du Taisa. Il l'écouta simplement, préservant un regard fier et un visage souriant tandis qu'il était, en réalité, mi rêveur, mi charmé par le ressac doucereux du timbre de la voix de cette femme sublime et fragile à la fois.

Il fut néanmoins frappé de l'entendre ainsi parler de son passé. De son propre point de vu, avant qu'il ne la rencontre et depuis l'instant où le nom de la Kannushi lui avait été révélé, il n'avait rien ressentit à son égard d'autre qu'une extrême loyauté et s'était toujours entreprit à Kazan de rabattre le caquais des opportun osant médire sur la simple Miko devenue la figure religieuse la plus importante du clan. Elle considérait n'avoir rien fait, mais il aurait voulu lui dire que de passer de l'anonymat le plus solitaire d'une prêtresse anodine à celui visage flamboyant de Moegami ne pouvait pas se faire délicatement et avec l’accueil de tous, bien que cela le chagrinait.

Cependant, à ce jour, il n'avait plus entendu la moindre rumeur négative au sujet de la Dame des flammes et ci cela venait à changer, il ne laisserait pas le honnit sans punition. Son cœur battait au rythme du culte de Moegami, et maintenant qu'il était en face de son plus prestigieux représentant, la Voix même du Kami, il su que son sentiment n'était pas uniquement la foi qu'il avait eut en Sôichirô. À cette loyauté votive se mêla l'amour d'un fils pour une mère, étrangement mélanger avec l'attirance qu'elle provoquait invariablement en lui.

Ce dernier sentiment, bien trop masculin à son goût, il le refréna dans un coin de son esprit, se fustigeant intérieurement pour ces pensés, parfaitement certain d'en être indigne. Il se concentra de nouveau sur elle, ce qui n'était pas difficile en réalité. Il cilla quelque peu à la nouvelle évocation de Gekido. Son avis sur lui était déjà fait. C'était son Seigneur, et il lui devait une obéissance sans concession.

Peu importe ce qu'il pouvait bien penser après tout. Il avait déjà trop exprimé ce que son inconscient lui soufflait, mais c'était excusable après tout car ainsi en présence de la Kannushi, il se demanda soudainement envers qui sa loyauté se devait d'être la plus forte... Le Daimyo ou la Voix des Kamis ? Un froid momentané s'empara de son cœur, et si le destin le poussait à choisir un jour entre ces deux figures choisies des Dieux ? En l'état actuel des choses, il était incapable de s'apporter une réponse concrète ou honnête. Aussi préféra t-il oublier immédiatement l'idée, tant elle l'effrayait.

Elle répondait alors avec talent au pourquoi de sa présence exclusive ou presque en Kaigen. Un choix avisé, logique et sans faille. Tout comme lui, elle avait choisi de s'offrir au clan, de vivre sa destiné plutôt que d'avoir l'orgueil de penser qu'elle en avait le contrôle. Aucune affirmation délicate n'était hasardeuse, elle frappait dans le centre de la cible à chaque mot. Cette femme à la beauté incroyable que n'égalait que sa douce fragilité devait être plus jeune que lui d'une décade entière ou presque. Mais c'était là l'illusion du corps. Elle était mainte fois plus avisée et mature que lui par l'esprit.

Et il l'aima pour cela. De la savoir ainsi à son rang, il se senti reposé et rassuré. Il se laissa porter pour le reste de son discours sur cette sensation de paix qui l'envahissait et de la fierté de partager le môn du clan avec cette personne. Jusqu'à la conclusion de ce dernier, il maintient sans aucune difficulté un regard serein et une expression d'amabilité chaleureuse teintée d'un subtil attendrissement, ce que ses traits patriciens n'auraient su masquer très longtemps.

Il fut surprit de s'être trompé sur le compte de Ame, elle ne l'avait pas renvoyée d'un geste ennuyé. C'était tout le contraire même. Son maintient de l'étiquette était parfait. Il se leva donc doucement, réajustant les plis de son haori neige et or tout entreprenant de réagir à ce qu'elle venait de dire. Son regard revoyait les éléments de ses atours vestimentaire, plus par méticulosité que par besoin d'apparaître soigné. Un énigmatique sourire régnant sur son visage, sa voix fut aussi paisible qu'il ne le paraissait alors, malgré la violence de son accent :

Vous m'honorez à plus d'un titre. Si mon humble avis concernant Gekido-sama peut vous rendre plus heureuse, alors il s'agit là de la mission la plus précieuse qu'il me fut donnée jusqu'à ce jour et je vous fait le serment de revenir à vous dès que mon Seigneur m'aura convié et que j'aurai appris à le connaître au delà de son simple regard.

Satisfait, il cessa de réarranger sa tenue. Ainsi debout, montagne parmi les hommes, il ne se sentait pas moins écrasé par l'aura qui émanait de l'héritière des Shimizu, aussi assise, petite et faible pouvait elle paraître. Il se souvint de son élan, au début de leur discussion, et ne le regretta finalement en rien. Au fond de son cœur et en l'état actuel des choses, s'il apprenait que du tord était fait à Hibana, il ruerait aussi vite qu'il le pourrait pour prêter assistance à ces frontières, et surtout, avant tout même, à l'être inestimable que Kaigen gardait en son sein, mais il garda cela pour lui par respect pour l'engagement qu'elle venait de décrire à son sujet.

Je suis venu en ces lieux en pèlerinage, pour trouver ici l'origine du feu qui brûle en moi, d'en comprendre son essence. Je n'ai plus le moindre doute à présent grâce à vous. Ma lame est et demeurera à Setsu, et seuls les Kamis eux mêmes ou ma mort pourront briser ce serment. Mais j'ai trouvé plus encore que cela en conclusion. Vous êtes trop aimable à mon égard, je tâcherais cependant d'être digne de l’intérêt et de la sincérité que vous me portez.

Puisque vous êtes dévouée au clan et que personne ne se doit de vous vouer allégeance, alors je ne serais pas celui qui brisera cette volonté. Néanmoins, vous pourrez compter sur mon soutien, quoiqu'il advienne et mon amitié sincère, si vous ne les refusez pas, bien entendu... Quoique je ne suis pas certain de vous laisser le choix de mon premier don à dire vrai. Pas d'allégeance, certes, mais je sais que vous ne m'empêcherez pas de vous être loyal à la hauteur de ce que cela veut dire pour moi.


Ses yeux au demeurant sombre brillaient véritablement, deux braises profondément ancrées au fond de ses orbites, il poursuivit, ne la quittant plus du regard à présent :

Concernant feu Sôichirô-sama, je crois comprendre que vous le portiez en haute estime et il m’apparaît même que ce doit être un euphémisme. Mais sachez, j'espère que cela ne vous blessera pas, qu'à mes yeux, vous n'avez pas besoin de promettre quoique ce soit. Dorénavant que je vous ai vu, vous n'avez aucun échelon à grimper pour briller au niveau de Maître Endo. À dire vrai, vous êtes une étoile de mon firmament et je remercie ma destinée de m'avoir permis de connaître ce jour et d'avoir profité de cet échange à vos côtés.

Je voyage beaucoup lorsque mon devoir en Setsu me le permet. Si vous me l'autorisez, je vous écrirais depuis les terres que je foulerais et je tenterais de vous conter au mieux de mes capacités les beautés que ce monde et votre choix honorable de vivre en phare du clan vous cachent.


Il s'inclina alors, comme s'il avait terminé son discours et qu'il s’apprêtait à , mais au plus fort de sa descente, alors que ses yeux s'étaient clos et que son visage faisait face au sol, il reprit un instant la parole :

Domo-arigato, Shimizu-sama pour m'avoir offert ce moment. Mon esprit ne l'oubliera pas, quelque soit le Destin que les Kamis ont choisi pour moi. Pour ce qui est des éloges que vous pensez avoir entendu de ma part, il s'agissait simplement de faits que je devais vous partager. Vous m'avez demandé d'être sincère et c'est ce que j'ai été. Que vous voyez dans ces mots une première doit venir du fait que cela pourrait paraître malvenu si vous n'autorisiez pas chacun à vous livrer le fond de son cœur. Je suis sûr de n'être qu'un parmi tant d'autre à penser ce que j'ai osé vous dire.

Il se releva, déterminé et fier, pour terminer enfin :

Et si je me trompe. Que je suis le seul à penser ces mots, alors je dois être le borgne au milieu des aveugles. Et je chérirais cette différence comme une possession unique. Enfin, vous ne pourriez être plus loin de la vérité en pensant abuser de mon temps. Mais nous avons tout deux des devoirs à accomplir et je ne serais pas celui qui vous substituera aux vôtres.

Kodan s'inclina à nouveau, plus simplement cette fois ci, afin de ne rendre pas la chose plus longue que nécessaire. Il fut touché au plus profond de son âme lorsqu'il admira sa Kannushi se lever malgré son évidente fatigue et lui rendre son salut. Son cœur battait à la chamade et il soupira intérieurement devant l'élégance émanant de cette femme sublime entre toute.

Il fit demi tour afin de regagner la sortie de la vaste salle où ils avaient échangés, le geste le déchirant littéralement émotionnellement. Quel monstre pouvait il bien être pour se détourner du spectacle qu'elle lui avait offert ? C'est avec tout son savoir martial qu'il reprit le pas sur sa psyché en ruine, se jurant intérieurement qu'il n'infligerait pas le spectacle de sa faiblesse à la descendante des Shimizu, mais aussi que leur prochaine rencontre ne saurait être éloignée, sous peine de le briser plus qu'il ne l'était déjà.

Il était dorénavant fixé. Le Volcan savait parfaitement où se trouvait la source de ses flammes.

[Fin du RP]


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[Terminé] Lorsque le volcan rencontre la source de ses flammes.

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