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 [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices

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Amadotsu Kodan

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Taisho

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Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
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MessageSujet: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Jeu 12 Juin - 9:50


Écrasante.

La perle du savoir architectural de Yokuni était une mégapole de hautes tours sublimes et élancées. En son centre, Nikkou, le palais du Daimyo culminait si haut qu'il devait embrasser de ses panoramas l'ensemble du pays. Si la rumeur de la cité s'entendait à des kilomètres, elle se voyait à des dizaines de fois cette distance. Et l'enfant de Kazan avançait sur la Voie Impériale, ne pouvant détacher son regard de l'immensité sublime de la capitale des Setsu.

Toujours entouré de montagnes, au centre d'un volcan endormit, sa ville natale et ses terres ne manquait pourtant pas de hauteur à contempler... Mais elles étaient le fait des Kamis, et non des hommes. Ce que Moe lui délivrait là était le message de l'humanité à ses Dieux. Ils les révéraient, les vénéraient, mais avant toute chose, sa race souhaitait les atteindre dans son orgueil à peine masqué. Et ce paysage attestait de ce tempérament.

Il était à la tête d'une bonne partie de ses divisions et la cohorte de combattants avait parut si vaste et impressionnante alors qu'ils avaient quitté Kazan. Dorénavant qu'ils étaient dans la périphérie de cette ville exubérante, ils ressemblaient à quelque ver impétueux s'attaquant à quelque fruit trop énorme pour lui. Son état major et lui-même, pourtant déjà venu en ces lieux, étaient coi d'admiration par rapport à ce que leur inspirait l’œuvre de tout un peuple fait lieu de vie.

Malgré l'activité gargantuesque de la cité, ils n'eurent aucun mal à traverser les files de marchands, paysans, ashigerus, prêtres ou moines, bétail et habitants entrant et sortant de l'incroyable Moe. À cette échelle, Kodan se cru une fourmi au milieu de ses congénères, rentrant au nid. Mais il était l'un des cinq, et personne n'était ignorant de son nom alors que son kakemono flottait derrière lui, porté par un millier d'homme de ses légions.

Ses cohortes devaient être passées en revue, et il leur fallait de toute façon un minimum d'exercice en ces temps de paix. La marche entre Kazan et Moe avait été volontairement forcée, afin d'éprouver l'endurance de ses guerriers. Il leur avait accordé le repos nécessaire à chaque étape et n'était pas avare en rations et en encouragements afin de les motiver à accomplir le voyage en un temps réduit. Il avait quitté leur rang depuis peu, et il ne comptait pas non plus prendre son rôle si au sérieux qu'il en oublierait le nom de chacun.

La voie leur était ouvert progressivement par une poignée d'Ashigarus, invitant la populace à s'écarter devant les divisions de Kazan Chinsei-ka, car tel était le surnom sous lequel Amadotsu Kodan était plus connu au sein des domaines Setsu, hormis pour ses Seigneurs qui continueraient sûrement longtemps de l’appeler par son nom et son prénom. Le regard de ce dernier était attiré par une myriade d'éléments, son nez était assaillit d'odeurs, toutes plus agréables les unes que les autres, s'accumulant en un pot-pourrit dont l'odeur ne pouvait être baptisé autrement que par le nom même de la capitale.

Mais alors que ses sens accompagnaient les hautes tours de la mégapole vers les cieux, ses yeux s’arrêtèrent sur un détail qui aurait pu paraître anodin au premier regard. Au côté de la voie principale, sur une statuette votive à effigie d'un Maneki-neko, un chat était debout et paraissait le fixer. Il se retourna afin d'examiner toute autre source susceptible d'attirer l'attention d'un félin, mais n'y vit que ses divisions et de trop nombreuses lances pour que les iris si fixes de l'animal n'aillent pas de gauche à droite, intrigués.

À nouveau, il avisa le petit animal. Celui ci n'avait pas bougé d'un pouce et les fentes de ses rétines ne cessèrent pas de se poser sur Kodan exclusivement. C'était une petite bête au pelage blanc et aux yeux particulièrement sombres, comme le bushi n'en avait jamais vu jusqu'alors. Il n'avait rien contre les chats, au contraire, il appréciait leur indépendance et leur subtile intelligence. Mais il ne pouvait s'empêcher de frissonner à la vu de cet insistant matou.

Lorsqu'ils passèrent à côté de la charmante bestiole, celle ci n'eut pas même un soubresaut d’inquiétude à leur égard. Ses yeux ne se détachaient pas du Taisa. Il se passa une patte sur la tête non sans l'avoir humecté de sa langue rappeuse, mais tout en faisant cela, rien n'y faisait, son regard ne changeait pas. Au plus prêt de lui, alors que la voie exécutait un virage, Kodan s’arrêta. Inquiétant son état-major, il les invita à continuer jusqu'au palais et d’exécuter la mission comme elle était prévu. Il leur indiqua qu'il les rejoindrait plus tard car il avait une chose à faire avant.

Et alors que l'armée Setsu sous ses ordre passait de part et d'autre de sa monture et lui-même campé dessus, encore et toujours, le chat ne voyait que lui. Les frissons se transformèrent en sueurs froides. Quel était ce félin si insistant ? Que voulait-il ? Était ce là un esprit malin ? Un bakeneko qui lui souhaiterait du tord ? Ou quelque Nekomata facétieux ? Quoiqu'il en était, le spirituel n'avait jamais été un domaine de confort pour le premier Amadotsu. Mais il souhaitait tirer l'affaire au clair.

Il fallut plusieurs dizaines de minutes pour que l'ensemble de la légion ne passe par delà leur Commandant, intrigué de le voir ainsi fixer... un chat sur un maneki-neko statufié. Et puis finalement, il ne resta que la cité et son effervescence, Kodan et le matou. Ce dernier eut presque enfin un acte typiquement félin et se campa sur ses pattes, puis se dandina, prit son élan, et s'élança sur la monture du Taisa où il atterrit avec grâce, juste sur le haut de la croupe du cheval.

Totalement intrigué, le guerrier avisa un nœud de soie autour du cou de l'animal. Il soupira, rassuré, car il fut alors persuadé que le chat était apprivoisé. Simplement qu'il avait jeté son dévolu sur le Volcan Apaisé... Et que ce dernier étant particulièrement superstitieux, il s'imaginait un monde d'esprits l'épiant de tout bords. Il frappa la paume de sa main sur son front et n'hésita pas à éclater d'un rire bruyant, ce qui ne manqua pas de faire se retourner quelques citadins intrigué par le spectacle d'une telle sommité faisant une telle démonstration de la force de sa voix.

Et puis le petit félidé tout de neige velue descendit d'un saut svelte et précis du cheval et s'en alla dans une ruelle transversale. Kodan le regarda partir et se dit qu'il allait en faire autant lorsqu'il se rendit compte que la bête avait tourné sa tête dans sa direction, à nouveau. Son apaisement précédent s’effondra comme un château de carte à cette vue. La bête l'invitait clairement à le suivre. Elle n'avançait plus, restant dans une pose étrange mêlant le mouvement à l'immobilité la plus totale.

Fronçant les sourcils, particulièrement inquiet mais déterminé à en savoir plus, le samouraï s'engouffra dans l'artère annexe à la suite de son petit guide et s'enfonça dans la mégapole.
Leur voyage dura une, non, deux heures, peut être même trois à aller à droite, puis bifurquer, continuer tout droit, puis monter par les ponts de la cités pour redescendre enfin. Les sens si fins de l'orientation du seigneur de Kazan lui indiquèrent que jamais, ils n'avaient fait demi-tour durant ce périple. Son inquiétude grandit lorsqu'il se dit que l'animal avait une destination précise en tête.

Et alors que son cœur paraissait vouloir s'enfuir de sa poitrine, ils débouchèrent devant un magnifique domaine. Kodan avisa son entourage pour se rendre compte que depuis les quartiers commerçants et axes principaux, le chat l'avait mené aux rues les plus riches des quartiers aisé de la cité. Plus précisément, il attendait au détour d'une belle demeure neige et rubis. Fort de sa volonté de découvrir les aboutissant de cette histoire, le Taisa mit pied à terre, laissant sa monture à l'entrée de la bâtisse. Il lu tout de même le nom des propriétaires du lieu indiqué sur la plaque familiale avant de suivre la curieuse bestiole. Sur cette dernière, on pouvait lire en courbes et idéogrammes stylisés : Zenmyo.

L'animal disparut alors soudainement au coin de la demeure, probablement le chemin menant aux jardins. Poursuivant la petite bête, le premier Amadotsu fit irruption dans un parvis nimbé d'une lumière forte. Il fut interloqué par la beauté de l'endroit, illuminé par la douce lueur qu'Amaterasu prodiguait en cet heure. Il était rare que les hauts palais de Moe laisse ainsi une telle générosité divine transpercer leurs murs. Il se souvint du chat et détacha son regard du spectacle.

Il tourna son visage vers la demeure, et tout ce qu'il avait vu précédemment disparut de sa mémoire tant cela paraissait insignifiant en comparaison de ce qui se tenait non loin de lui.

Un Ange le dévisageait.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka


Dernière édition par Amadotsu Kodan le Mer 8 Juil - 1:52, édité 1 fois
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Zenmyo Nadeshiko

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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Jeu 17 Juil - 2:39


« Kaede, aurais-tu vu Onigiri ? Je ne l'ai pas vu, ce matin.. »
« Non ma Dame, je sais seulement qu'il a mangé son poisson que je lui ai préparé, son plat était vide, tout à l'heure. »
« Il a dû encore aller se promener en ville... J'espère qu'il n'est pas allé encore au Château Nikkou, je ne veux pas recroiser le regard lascif des autres nobles en allant encore le chercher. »

Kaede ria quelque peu et prit la petite assiette vide en bois qu'elle avait apporté à Nadeshiko pour son petit déjeuner et s’apprêta à sortir de la pièce.

« … Et Miseki, comment-va t-elle ? Est-elle réveillée ? A-t-elle mangé ? Fait-elle des entrevues aujourd'hui ? »
« Je ne l'ai pas vue sortir de sa chambre encore, je suppose qu'elle dort encore. »

Nadeshiko avait décidé aujourd’hui de rester chez elle, et d'abandonner ces responsabilités en tant que cheffe de la Secte.  

Comme à son habitude, Nadeshiko était prête à l'aube, et commençait chacunes de ses matinées avec des rituels. Pour commencer, elle aimait marcher dans les jardins proches de son manoir, alors que la matinée commençait tout juste. La température y était parfaite, loin d'être suffocante comme à Kazan, mais y faisait chaud comme un jour d'Eté dans la ville de l'Empereur, Birei. Nadeshiko avait arrangé sa maisonnée et ses jardins comme on le fait dans sa ville natale.

Le terrain était suffisamment grand pour y mettre une multitude de plantes et d’arbustes. Il y avait peu de grands arbres, faisant trop d'ombre pour quelqu'un comme Nadeshiko, qui aimait que les rayons du soleil traversent les fenêtres de chez elle et ainsi, faire un lieu accueillant et béni d'Omikami.

Bien qu'un peu asséchée par la température du pays, l'herbe était d'un vert profond, qui faisait contraste aux vives pierres blanches faite de marbre enfouies partiellement dans la terre, dessinant de long chemin sinueux dans le domaine des Zenmyos.

Nadeshiko craignait que les plantes qu'elle avait rapporté des ses terres ne meurent par la chaleur qui régnait à Moe, mais les dieux avaient été en sa faveur en les épargnants pratiquement toutes.  

On pouvait sentir les délicieuses odeurs de la lavande mêlée aux effluves de parfums des plantes aromatiques plantées dans le petit potager.  Il était possible de contempler la multitude et la vivacité des couleurs qu'offraient les fleurs et arbustes par la présence des différents roses des Lilas et des Tamaris qui se mariaient délicieusement aux couleurs vives des eucalyptus et mimosas. Un jardin fleuri était un jardin accueillant. Naturellement, elle avait laissé de l'espace pour un jardin sobre et peu rempli, aux zones caillouteuses et aux points d'eaux, comme il était souvent fait dans Yokuni.

Le domaine était entouré de d'un mur de deux mètres de haut, celui ci entouré à l’extérieur d'une petite haie décorative de différents houx. Des étoffes d'un rouge vif accrochées au murs où étaient brodé le symbole du clan d'un blanc pur, montraient la grande richesse de la famille Zenmyo.




Après avoir passé une petite heure à se promener et à saluer le petit peu de domestiques qui travaillaient ici et là-bas, Nadeshiko continuait sa routine. Elle rejoignait le grand dojo qui se trouvait non loin de l'entrée.

Alors que le visiteur se mouvait dans les allée s et passages du manoir, il pouvait croiser une multitude de chats. Des petits, des grands, des gros et des tout fins. On pouvait voir des dizaines de races différentes et encore plus de sangs-mêlés. Onigiri était le préféré de Nadeshiko. C'était le premier qu'elle avait recueilli, et le premier de tant d'autres après. Il y avait d'ailleurs un espace réservé pour s'occuper des chats de la maisonnée. Les chats y vivaient comme des rois.

En allant dans la réserve prendre son
yumi préféré, d'un blanc éclatant avec quelques touches rouges et jaunes, elle prit aussi une dizaine de flèches, des ya , certaines étaient pour makiwaraya et d'autres pour le matoya. Après avoir mis son Keikogi, Nadeshiko se déplaça vers le shajō et commença sont entraînement.




Nadeshiko souleva le
yumi au dessus de son crane et commença à prendre une respiration longue et régulière. Lorsqu’elle fût prête, elle abaissa l'arc et dans un mouvement circulaire, elle prit la position de tir, lorsque la flèche arriva au niveau de sa bouche, collée contre la peau de sa joue, elle fit une pause, pour respirer encore un peu plus. Les mouvement étaient lents, précis et réalisés dans un calme absolu. De sa main droite, elle lâcha la corde, qui toucha le sommet de son arc. La flèche siffla dans l'air pour atterri dans la cible. Le son de cette dernière frappant le papier fit sourire Nadeshiko. Elle avait bien tiré. Elle resta dans cette position quelques secondes et abaissa son arc.

Elle refit la même chorégraphie pour toutes les flèches.

Malgré la douceur des mouvements et le peu d'efforts physiques vu de l’extérieur, l'exercice demandait en fait une grande concentration, de mental et de précision. Le corps et l'esprit devaient êtres unis pour créer une harmonie, un geste parfait et beau.

Une fine pellicule de sueur apparaissait sur le visage de Nadeshiko. Ses joues étaient rouges et ses épaules ainsi que ses coudes commençaient à lui faire mal. Après avoir décroché les flèches des cibles, Nadeshiko essuya son front et s’essaya sur le rebord extérieur du dojo, contemplant les chats s'amusant dans les hautes tiges des bambous et roseaux non loin du point d'eau.

Toujours habillée de son habit d’entraînement, la jeune Setsu se dirigea vers l'un des nombreux salons en passant par les chemins extérieurs parqués sa maison. Un petit animal passa non loin devant elle. Ce pelage lui était familier, et pour cause, c'était Onigiri.


« Oni- »

Elle vit quelqu'un s'approcher de l'entrée de son domaine. Il était grand, large et habillé d'une armure de soldat. Elle le scruta quelques instants et devina de qui il s'agissait. Son temps passé au Château Nikkou lui avait permis de reconnaître de nombreux visages, surtout importants, naturellement.

Il s'agissait de « Kazan Chinsei-ka», littéralement, « le volcan apaisé », Soldat reconnu de tous, Taisa très apprécié, et toujours très aimable  avec qui que ce soit. Cet homme avait une très bonne réputation. Mais que faisait-il ici ?

Après quelques courtes secondes de réflexion, la Cheffe de la secte savait pourquoi il était là. Onigiri. Ce chat, pour une raison qui était encore inconnue de la jeune veuve, avait la manie d’amener des visiteurs chez elle. Cela ne posait pas de problèmes à Nadeshiko, au contraire, elle appréciait la compagnie des gens, surtout de personnes aussi respectables que l'homme qu'il avait amené chez elle. Il l'avait vue, et à cela, elle posa son carquois de flèches et son arc.


« Bienvenue dans le domaine Zenmyo, Amadotsu Kodan-san. C'est un honneur de voir un homme aussi estimable et vertueux que vous apparaître sur le seuil de ma porte. »

La jeune femme s'inclina, avec un grand sourire.

Elle ajouta :


« Je m'excuse d'avance pour l'animal qui vous a probablement amené jusqu'ici, vous aviez sûrement mieux à faire que de suivre un pauvre chat...»

Elle s'inclina de nouveau, et remarqua qu'elle avait toujours sa tenue d’entraînement, son hakama noir et son kyudogi blanc, sans oublier son protège poitrine, le mune-ate et ses tabi.

Elle détacha ses cheveux, qui étaient jusque là tirés vers l'arrière et présenta ses excuses pour la tenue qu'elle arborait.


« Tout mes excuses pour cet accueil loin d'être en bonne et dû forme. Je m'apprêtais à déjeuner, voudriez-vous vous joindre à moi ? »

Nadeshiko espérait ne pas paraître impolie en étant habillée de la sorte, et en l'invitant alors qu'il devait être bien occupé. Mais il avait fait tant de chemin pour arriver jusqu'ici, lui qui venait de Kazan. Qui plus est, il devait avoir marché longuement pour arriver ici, dans ce lieu bien reculé de Moe.



L M M J V S D


Dernière édition par Zenmyo Nadeshiko le Lun 25 Aoû - 14:32, édité 1 fois
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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Ven 18 Juil - 15:16

Il se tenait coi devant l'apparition, bien incapable d'autre chose qu'un mutisme et une immobilité absolue. Il en aurait oublié de respirer si cet acte n'avait pas été dicté par son inconscient. La distance qui le séparait de la jeune femme était idéale pour que ses yeux n'aient aucun mouvement à produire pour apprécier la globalité de ce qu'elle était sans paraître la fixer intensément. Ses iris bruns tremblaient presque, refusant à ses paupières de battre par crainte que tout cela ne disparaisse immédiatement.

Elle lui rendit son regard, sans noter le trouble qui s'était installé en lui. Aucun élément, aucun détail n'évoquait au Volcan autre chose que la perfection de l'être féminin, selon ses critères rares et particuliers, évidement. Elle était vêtue pour l’entraînement au kyudo, de telle manière que ses hanches et sa poitrine ne pouvaient être autrement que mises en valeurs. Sous les pans de son kimono et de son hakama, le bushi devinait un corps svelte aux lignes parfaites, prêt à user d'une célérité dont il était lui-même incapable.

L'exercice qu'elle avait dû accomplir avant cette confrontation impromptue faisait ressortir les traits particulièrement doux de son visage. Ce dernier était un éloge à la grâce, tout canons confondus. Ses yeux azurés, forts rares en Yokuni, paraissaient un Océan dans lequel le samuraï se serait volontiers perdu à jamais. Une certaine sagesse dans ce regard divin lui permit uniquement d'estimer qu'elle était probablement plus âgée que ce qu'elle paraissait... Mais même à cette idée, il su que cette femme serait éternellement belle.

Toute sa vie durant, Kodan avait voué un respect, presque un fantasme, pour les femmes maîtrisant les arts martiaux. Il en avait rencontré beaucoup, courtisé certaine, offert plus que cela à d'autre, sans jamais concevoir son existence en leur compagnie, de peur de n'offrir qu'une cage à ces oiseaux précieux épris de liberté et d'une grande rareté. Elle les évinçait toute, en un instant, elles parurent ternes dans ses souvenirs, comparé à l'éclat qui émanait d'elle.

Il regretta ce sentiment autant qu'il l'apprécia. Il fut désolé pour celles avec qui il avait partagé plus qu'une simple compagnie. Mais en un battement de cil, leurs images venaient d'être supplanté par l'incarnation vivante de la perfection qui se tenait, non loin de lui. Il se perdit dans les reflets saphir de sa chevelure noire de jais, dans la moue surprise et gênée qu'elle arborait et dans la splendeur que ses vêtements soulignaient. Il ne pouvait soustraire à sa vue ces lèvres sublimes qui se mouvaient.

Qui se mouvaient ? Elle lui parlait. Sa vue subjuguée laissa à ses oreilles le plaisir incommensurable de goûter au son de sa voix. Mais il ne se laissa pas le temps d'en profiter réellement. Il y-avait de l'interrogation dans les mots qu'elle prononçait et que tout les kamis le foudroie s'il osait la laisser un instant sans réponse de sa part. Il choisit de cligner malgré tout, risquant de perdre cette image, afin de recouvrer sa sérénité. Il n'allait certainement pas traiter avec cet être, un ton libidineux dans la voix. Ce serait une insulte ultime, une honte qui ne le quitterait jamais.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, ça n'avait duré qu'un infime instant, le soulagement qu'il ressentit de toujours l'avoir à sa vue fut tel qu'il pu remettre son être en ordre immédiatement. Sa paix intérieure atteint des proportions qu'il n'aurait jamais soupçonnées. Le temps n'avait plus cours sur lui et Yokuni aurait pu se briser qu'il n'en aurait conçu aucune douleur. Sa compréhension balaya rapidement son embêtement du moment. Il se redressa et s'inclina devant elle comme il l'aurait fait devant Gekido lui-même... Peut être même plus encore.

Mais il n'avait pas à se présenter. Elle le reconnut immédiatement. À nouveau, il fut partagé entre la peine et l'honneur qu'elle lui faisait. Il connaissait le mon de la famille Zenmyo... Mais il était incapable de lui rendre la politesse qu'elle venait de lui offrir. Il n'aurait jamais pu oublier son prénom s'il l'avait su. Sa maîtrise sur lui-même lui permit simplement de s'incliner à nouveau lorsqu'elle le complimenta sur sa réputation.

Il aurait voulu se laisser bercer par le son de sa voix et qu'elle ne cesse jamais de lui parler ainsi. Elle s'excusait du comportement étrange de son chat, alors que lui y voyait une nouvelle bénédiction de Kabegami. Son cœur se réchauffa à nouveau lorsqu'elle s’inquiéta pour ses affaires, mais le Taisa était loin derrière lui à présent, le sol aurait pu s'ouvrir sous l'armée Setsu que l'homme qu'il était n'aurait pas bougé d'un cil. Néanmoins, il voulu la rassurer sur ce fait. Mais rien ne pu sortir de sa bouche alors qu'elle libérait ses cheveux en une cascade envoûtante.

Il profita de la gêne qu'elle avait rapport à sa tenue et à son devoir d’hôte pour s'ébrouer discrètement et mettre à nouveau en place ses idées. Il refusait de lui infliger une compagnie autre que maîtrisée. Il se redressa, préservant une position reposée et polie et adressa enfin la parole à la maîtresse des Zenmyo... Du moins espérait-il que ce fut le cas. Sa voix roula comme à son habitude, telle un lent éboulement au cœur d'une abrupte vallée. Il eut honte de son accent violent de Kazanien, mais préférait cela à un bafouillage incontrôlé.

Par les Kamis, ne vous excusez en rien... Je suis celui qui devrait être désolé à cet instant, d'arriver ainsi, dans vos mur, sans y avoir été invité. Je vous dois mille remerciements et conçois un honneur immense par l’accueil que vous me faites alors que ma présence n'était pas désirée. Vous me couvrez de gloire en énonçant mon nom sans que je n'ai à me présenter. Et je n'ai rien pour répondre à ce que vous m'offrez, Zenmyo-sama.

Quant à votre animal, je ne regrette absolument pas de l'avoir suivit... Bien que l'intelligence dont il a fait preuve pour cela m'intrigue quelque peu. Mes affaires attendront, elles ne sont pas pressantes ni ne m'imposent de les gérer par moi-même actuellement. Mais j'ai la cruelle impression de vous forcer la main dans votre invitation à vous accompagner pour déjeuner. Vous m'honorez, mais si ma rustre présence vous importune, je n'abuserais pas de votre politesse.


Il aurait voulut s’arrêter là, comme l'étiquette le le lui intimait. Il avait assez importuné la Déesse qui se tenait devant lui. Mais il ne put refuser, ni empêcher ses lèvres de poser la question qui suivit et vint le faire rougir alors qu'il avait réussit jusque là à préserver les apparences :

Mais... Pourrais-je savoir quel est votre prénom, Zenmyo-sama ?

Un enfant... Il était un enfant d'un mètre quatre-vingts huit, incapable de retenue. Il manqua de se frapper de honte pour cela, mais le mal était fait. Aussi rassembla-t-il ce qui lui restait de dignité pour donner un aspect aussi noble que possible à son maintient. Et dans l'attente de sa réponse. Au fond de lui, il était subjugué par le spectacle qu'elle lui offrait de sa simple présence. Et il aurait pu mourir heureux, à cet instant.


L-M-M-J-V-S-D

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Zenmyo Nadeshiko

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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Dim 24 Aoû - 0:24


Tous ces respects, Nadeshiko ne s’y attendait pas, surtout de la part d’un Taisa aussi renommé que celui qui lui faisait face. Elle ne put s’empêcher de rougir un peu.

« Allons-allons, ne m’obligez pas à vous traîner de force, Amadotsu-san. Je vous invite, c’est un plaisir de recevoir quelqu’un comme vous chez moi. »

D’un petit geste de la main, Nadeshiko montrait le chemin, plus précisément l’entrée de la grande maisonnée. La jeune femme observait l’invitée avec attention et un peu d’amusement, décelant un certain embarras, qu’elle trouvait tout à fait charmant chez un homme à l’apparence solide et peu commode.

« Si vous voulez bien me suivre. »

Sans attendre sa réponse, elle entra à l’ombre de l’entrée et y déposa ses zori parmi les quelques autres gettas et chausses des habitants et visiteurs de la maisonnée. Ils entraient dans un long couloir où les panneaux étaient décorés d’estampes plus colorées les unes que les autres, toutes représentant une scène de genre ou bien un paysage. On pouvait remarquer la présence sur ces estampes de nombreux oiseaux et rapaces. La grâce et la beauté de ces animaux ainsi que la couleur et la douceur de leur plumages, mêlé à leur vivacité sans pareille avaient conquis le cœur de la jeune veuve. S’il y avait bien un autre art auquel elle aurait voulu exceller, c’était l’art de la fauconnerie et ainsi pouvoir admirer le vol de ces petits animaux à plumes.

« Mais... Pourrais-je savoir quel est votre prénom, Zenmyo-sama ? »

Elle trouva cette question tout à fait surprenante, qui ne manqua pas de la faire sourire. Comment son prénom pouvait avoir un quelconque intérêt pour cet homme ? Elle trouva son comportement innocent et maladroit si attendrissant que sa fibre maternelle aurait voulu serrer dans ses bras ce brave homme. De plus son accent Kazannien était si rare à entendre pour la jeune femme qu’il ne manqua pas de la faire sourire quelque peu.

« Mon prénom est Nadeshiko. Zenmyo Nadeshiko. S’il vous plaît, pas de « -sama » avec moi, je ne suis pas digne d’autant de respect… »

Elle finissait sa phrase d’un sourire doux, comme à son habitude.
Alors qu’elle se dirigeait vers le centre de la maison et de ses pièces à vivres, une jeune femme d’une petite soixantaine d’année apparut devant la maîtresse de maison qu’était Nadeshiko. Elle était habillée simplement, d’une tenue beige et ocre, coiffée d’un chignon simple. Les années commençaient légèrement à être visibles sur le coin de ses yeux et sur le haut de son front. Nadeshiko trouvait que l’âge donnait à cette femme une beauté sans pareille. Elle avait un regard doux et attentionné, et servait sa dame avec respect et beaucoup d’amitié.


« Kaede, tu tombes bien, nous avons un invité de marque aujourd’hui, pourrais-tu l’installer et ajouter un couvert ? Il s’agit du Taisa Amadotsu Kodan. Tu sais ce que tu dois faire ? »

« Oui, ma Dame » Elle s’inclina vers Nadeshiko et Amadotsu Kodan.

« Je te remercie. »

Nadeshiko se tourna vers le Taisa et s’inclina à son tour pour lui annoncer :

« Si vous voulez bien m’excuser, je m’en vais un instant me changer et ainsi porter une tenue plus appropriée, je serai une piètre hôtesse si je restais dans cette tenue ! Je vous laisse entre les mains de Kaede. Je vous en prie, faites comme chez vous, nous ne sommes pas au château, rien ne pourra vous être reproché ici. »

Elle se releva, fit un grand sourire et se tourna vers l’un des panneaux coulissants qui longeait le couloir que traversait Nadeshiko et le Volcan.
Alors qu’elle quitta la pièce, elle laissa traîner son regard sur son invité, comme ces fois où nous regardons les choses comme cela étaient la dernière fois que nous les voyons… Cet invité avait créé chez Nadeshiko un intérêt particulier. Elle ne savait pas pourquoi mais il avait quelque chose qui la poussait à se pencher sur personnage et à vouloir le connaitre et savoir tout de lui. Peut-être était-ce son aura, bienveillante mais si impressionnante, voir même intimidante ? Ou son visage, qui avait l’air d’avoir vécu milles péripéties ? Son regard peut-être, si profond et si doux ?

Nadeshiko se dirigea vers sa pièce au milles kimonos et milles accessoires où toutes les jeunes filles du royaume aimeraient être et s’y habiller. Il y avait là toutes les étoffes que l’on peut trouver dans Yokuni, tous les plus beaux tissus, les plus luxueuses broches, et les bijoux aux joyaux les plus colorés. La pièce avait une odeur de fleur de pêche, car les vêtements avaient été séchés près des pêchers du grand jardin et en avaient pris les parfums les plus doux que l’on pouvait sentir. Il était disposé çà et là flacons de parfums de fleurs et de fruits, ceux-ci précédés de peignes dorés et aux décorations florales majestueuses.

La Setsu parcourait ces centaines de vêtements du bout des doigts, tentant de choisir la tenue qui irait mieux pour l’occasion, l’heure et l’invité. Nadeshiko arborait un sourire en coin, cherchant ce qu’elle allait porter et ce qui plairait à l’homme avec qui elle allait déjeuner.

« Il n’a pas l’air trop excentrique » pensait-elle « plutôt classique même… » « Motif à fleur ou uni ? Motifs géométriques ou avec des lignes ? »  Se demandait-elle. Pourquoi tant d’attention sur une toilette qu’il n’allait probablement pas faire attention ? Elle se souvenait d’Isamu, qui ne se préoccupait guère de ce à quoi elle avait l’air, qui s’occupait plus de ce qu’il avait dans son bol et dans son plateau que la journée qu’avait eu Nadeshiko. Elle ne s’en plaignait pas, loin de là, c’était tout à fait normal, son statut et son grade de Taisho et de chef de la Secte du Chat de Setsu devait lui donner beaucoup à penser, qu’aurait-il fait de pensées futiles  comme les nouvelles du palais et des terres impériales ? Il devait rester concentré sur son travail et ses affaires importantes. Pourquoi tous ces efforts alors ? La veuve n’en avait pas idée, par habitude peut-être ? Ou par plaisir de se sentir élégante ? Ces raisons devaient sûrement être toutes valables.

Le regard bleu vif de Nadeshiko s’arrêta sur une tenue mauve aux motifs floraux blancs et sur un obi similaire mais aux couleurs inversées. La tenue était d’une grande simplicité et sobriété. Kaede était venue l’aider à s’habiller et à nouer son obi. Elle l’avait peigné. L’habitude de la manœuvre était devenue si automatique qu’il ne fallut qu’à peine quelques minutes. Elle avait fait un petit chignon tout en laissant une grande partie de sa chevelure détachée.




Kaede était là, seule devant Amadotsu Kodan, le haut de son corps incliné.

« Si Amadotsu-sama a l’amabilité de vouloir me suivre... »

Toujours le dos incliné, la suivante tourna le dos au Volcan et se dirigea de nombreuses pièces plus loin, ayant passé une pièce entr’ouverte sentant l’encens et ayant un petit autel et une armure rouge sanglante sur un bord. Qui avait laissé cette pièce ouverte ? Sûrement pas Nadeshiko. Etait-ce un chat de la maisonnée attirée par l’odeur d’une ancienne connaissance ?

D’un geste silencieux, Kaede ouvra le panneau coulissant qui menait à une large pièce menant à un petit salon extérieur. Ce dernier était au bord d’un étant aux roseaux verdoyant et poissons aux bleus et verts chatoyants... Le lieu était ombragé par de larges bandes de tissus allant d’un jaune d’or à un rouge foncé, tout en passant par un dégradé d’oranges. Ces derniers, étendus horizontalement se croisaient en diagonale. Cela apportait une lumière douce qui mettaient en valeur les vives couleurs qu’offrait le jardin.
Kaede s’agenouilla devant le petit salon extérieur et montra de sa main un des coussins qui se présentait là.


« Si Amadotsu-sama veut bien m’excuser, je m’en vais chercher ma Dame. »

Toujours silencieuse, Kaede ramena quelques mèches de ses cheveux grisonnants derrière ses oreilles et disparut.


« J’espère ne vous avoir pas fait trop attendre, Amadotsu-san. Alors, que faites-vous ici, à la Capitale? »



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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Lun 25 Aoû - 15:18

C'était à se demander si tout ceci ne fut pas un rêve éveillé. Tout se passait de façon si étrange et si douce à la fois. De sa venue jusque dans les murs des Zenmyo, guidé par un animal qui avait parut tout à fait conscient de chaque instant, puis l’accueil si aimable et si simple qui lui avait été fait par Nadeshiko... Oui, il pouvait poser un nom sur ce visage à présent... Il vivait une caresse doucereuse continuelle, comme si le temps n'avait plus de prise sur lui et sur son entourage et il se sentait d'une légèreté inconnue jusqu'à ce jour.

Elle avait paru s'amuser de ses réactions, non pas par moquerie, juste chaleureusement, il n'arrivait pas à déceler la moindre once de méchanceté en elle. Puis elle l'avait même invité à la suivre au sein même de sa demeure et il l'avait suivi de manière inconsciente, ses seuls pas responsables de son avancée à la suite de la maîtresse des lieux. Son esprit étouffé lui hurlait que tout cela était contraire à l'étiquette, il aurait du faire une demande de réception à cette noble dame, en bon et du forme, ou l'inviter très officiellement, mais certainement pas se laisser traîner au déjeuner de cette dernière et de cette manière.

Pour ne rien gâcher, même la décoration de la demeure de la jeune femme étaient d'un goût exquis. Mais sa perception ne voyait plus qu'elle, si bien qu'il en oublia presque de se déchausser en entrant à son tour dans la maisonnée. Il prit un temps qu'il jugea infiniment long à retirer ses grèves et à se concentrer sur les lanières de ces dernières. Lorsqu'il pu enfin redresser la tête, elle était toujours là. Son cœur était à battre comme s'il avait courut de Kazan à Hibana sans s’arrêter et à vouloir surgir de sa poitrine, heureusement couverte par son armure légère.

Lorsqu'elle s'était présentée, le prénom de la belle alla se terrer au centre de l'esprit du guerrier, qui se serait trouvé bien bête d'avoir à répondre à quoique ce soit, incapable qu'il était alors de prononcer autre chose que ce qu'il venait d'entendre. Il accueillit la révélation comme un don des cieux et se jura que même si la terre venait à s'ouvrir à l'instant sous ses pieds, l'avalant dans ses entrailles, il n'oublierait pas une syllabe de ce nom ni une seule intonation de la façon dont elle l'avait prononcée.

Une femme âgée avait fait son apparition. Kaede donc. Il lui adressa un simple salut de la tête poli, mais ses yeux ne purent se détacher longtemps de l'incarnation de perfection que l'héritière des Zenmyo représentait à son regard. Cette dernière s'excusa d'avoir à le laisser un instant afin de se revêtir d'atours plus indiqués pour une entrevue. Une telle révélation manqua de briser le cœur du bushi, elle était d'une telle beauté, ainsi sortant de l'effort, recouverte de son keikogi et de son hakama, elle le subjuguait.

Lorsqu'elle disparut, ce fut comme si le Soleil se couchait. Les couleurs semblèrent se ternir, les odeurs disparurent et son cœur en proie au chaos se calma si vite qu'il cru qu'il allait tout simplement s'arrêter. Il mit un certain temps avant de quitter du regard l'endroit où s'était éclipsée sa merveilleuse hôtesse pour revenir à l'image de la servante. Il haussa un sourcil devant son nouveau guide, intrigué. Elle devait probablement être d'une certaine beauté, mais tout lui apparaissait en nuances grisâtres à présent que Nadeshiko n'était plus là.

Kaede l'invita à la suivre. Ce qu'il fit non sans jeter un regard derrière lui et laissant s'échapper un soupir discret. Mais alors qu'il revint à son chemin, derrière la domestique, son regard ne put en aucun cas rater le ventail ouvert et ce qui trônait en son centre. Des années de rigueur allèrent balayer toute les considérations qu'il avait eut jusqu'alors, les noms trouvèrent leur place dans l'histoire. Il se trouva si surpris qu'il s’arrêta net devant la porte entre-ouverte, laissant la servante poursuivre seule le chemin de leur destination.

Zenmyo... Zenmyo... Zenmyo...

L'armure carmin fut le coup de fouet qui manqua de faire perdre l'équilibre au si stable Taisa. Zenmyo Isamu, Akai Isamu. Il se trouvait dans la demeure de feu son ancien Taisho, celui là même à qui il avait écrit la missive dénonçant les actes cruels de Hurodo Mafubu, celui là même qui l'avait fait exiler au palais impérial, et probablement celui a qui il devait la vie aujourd'hui malgré le tempérament de feu que l'on lui prêtait.

Fort de cette révélation, son cœur se serra. Nadeshiko ne pouvait être en age d'être la descendante de l'ancien Général. Elle devait être sa sœur, quoiqu'il ne lui connaissait aucune fratrie et Kodan avait étudié avec attention les arbres généalogiques des grandes familles de tout Yokuni depuis son plus jeune age, plus particulièrement encore ceux des Setsu. Non. Il se rendit compte qu'il se leurrait lui même. Cette merveilleuse femme était sans aucun doute la veuve du Taisho décédé depuis trois ans déjà.

Une honte infâme l'envahit, celle d'avoir ainsi eut toute ces pensés pour la Dame des lieux. Il pensa un instant à fuir, comme un malandrin surprit à commettre un forfait, laissant derrière lui les événements de la journée. Un instant ridicule et parfaitement infime. Kaede n'eut pas même le temps de se retourner pour s’enquérir de l'état du guerrier qui la suivait. Il était déjà là, la porte passé, un sourire aimable sur le visage.

Isamu n'était plus. C'était tout. Nadeshiko vivait et il ne pouvait pas ignorer le trauma dans lequel elle l'avait mit par sa simple présence. Il n'avait pas manqué cependant de joindre ses mains en prière et de s'incliner humblement devant la vision de l'armure avant de retourner auprès de la servante. Il ne souhaitait après tout pas que feu le maître des Zenmyo ne vienne à le hanter.

Son nouvel état d'esprit lui fit à nouveau savourer la lumière et les couleurs locales. Il inspira un grand coup l'air qui l'entourait, remplit de douces fragrances qui lui ravissaient les sens. La domestique le mena à destination. Il se demanda comment une demeure aussi vaste pouvait-elle exister à la périphérie de Moe. La richesse de la famille devait s'élever autant que celle de l'héritier des Kiyooki, qui était pourtant gouverneur terrestre de tout une province. C'était impressionnant.

Il s'installa en tailleur où Kaede lui avait indiqué qu'il pouvait s'asseoir pour voir cette dernière disparaître non sans lui avoir indiqué qu'elle s'en allait chercher sa maîtresse. Cette évocation relança la machine infernale du cœur de Kodan. Il posa sa main droite sur son plastron lustré, se demandant si ça allait toujours être ainsi. Une simple évocation de Nadeshiko allait elle à chaque fois provoquer un tel chaos en son sein ? Ce n'était pourtant pas désagréable...

Il se sentait capable de soulever une montagne, de courir plus vite qu'un destrier au galop ou de voler en compagnie des grues cendrées allant chercher la fraîcheur des terres de Fukyuu quand l'été frappait Kazan. Mais il savait aussi que c'était là de pures fadaises et qu'il lui était bien impossible de réaliser tout cela. Que l'illusion fut si crédible l'inquiétait. Il n'était pas maître de lui même, comme quelque état d'ébriété bien trop conscient.

La voix sublime de la Dame des lieux balaya ces considérations d'un simple souffle, ses yeux sombres allant directement se poser sur elle tandis qu'elle le rejoignait et entamait la conversation. Il avait craint de ne plus voir en elle la merveille qu'il avait décelé lorsqu'elle était vêtue de sa tenue de kyudoka, si elle venait à se changer. Mais alors qu'il l'admirait à nouveau, la redécouvrant, il su qu'il n'aurait pas pu plus se tromper à cette idée que cela.

L'élégante simplicité d'un yukata violacé parsemé de symboliques florales aussi clairs que de la neige, contrasté par un obi inversement coloré enserrant sa taille et soulignant des courbes trop parfaites pour être celles d'une humaine ne manquèrent pas de chambouler ce qui restait de paisible au plus profond du Volcan apaisé. Ses cheveux, majoritairement libre et cascadant autour de ses épaules, auréolaient son visage angélique, si bien que le bushi du faire appel à trente ans d'apprentissage martial afin de contrôler son expression extérieur et d'offrir à Nadeshiko un sourire aimable et chaleureux plutôt qu'une mâchoire ouverte béante, totalement abasourdit.

Il rassembla toute sa logique et sa dignité afin d'offrir à la belle un interlocuteur digne de ce nom et entreprit de lui répondre sans laisser percer à jour son émoi. Sa voix fut un peu trop langoureuse à son goût, mais elle était rapidement maîtrisée sous les raclement de son accent rocailleux :

Vous auriez pu laisser passer des semaines que votre retour n'en aurait pas moins été attendu, Nadeshiko-sam... Hum... Nadeshiko.

Il se frotta un instant la tête, puis reprit :

Si je suis de retour à Moe, c'est parce que je dois soumettre mes hommes à une revue des officiers du clans. Une délégation doit bientôt juger de la qualité de leur entraînement, aussi les guidais-je depuis Kazan pour passer deux semaine à la capitale. Cela faisait bien trop longtemps que je n'y avait plus mit les pieds, et si les hautes montagnes de mon domaine me manqueront probablement dans quelques jours, les beautés de la cité ne m'étaient jamais apparues aussi clairement qu'en cet instant.

Il termina sa phrase en un sourire sincère pour reprendre à nouveau la parole, gêné :

Je vous demande pardon de ne pas pouvoir être plus présentable que cela alors que vous me faite l'honneur de votre si généreuse invitation. Vous parliez de piètre hôtesse, mais quel hôte suis-je pour me tenir ainsi vêtu pour la guerre et l'apparat alors que vous êtes très certainement l'incarnation vivante de l'élégance à cet instant. Et je n'ai pas même un cadeau à vous faire pour vous remercier de...

Aussitôt prononcées ces paroles, il s'interrompit brusquement, ses yeux s'ouvrant en grand il alla détacher de sa ceinture une courte lame enfermée dans un fourreau nacré, possédant une petite saya dorée. Le manche était tissé de blanc, seul un môn, celui des Kiyooki, était apposé en obsidienne en son centre et tranchait radicalement avec le reste de l'arme. Il la tendit très cérémonieusement vers l'héritière des Zenmyo, ses deux mains en supportant le poids ridicule, ses pouces par dessus. Il la dévisagea à nouveau, se perdant dans l'Océan de son regard, mais parvenant tout de même à dire :

Il s'agit de kazan'bai no yuki, la neige de cendre. Je l'ai toujours eu avec moi dans l'espoir de trouver quelqu'un qui en prendrait la charge. Voyez vous, cette arme est un héritage de feu dame Kiyooki Akumi, ma défunte mère... Je n'ai jamais pu honorer sa mémoire avec ce tanto, à cause de mes poignes trop peu habile pour une lame si subtile. S'il vous plaît, acceptez là, je suis certain qu'elle vous était destinée de toute façon.

Si il l'avait eu sous la main, il lui aurait offert Tsuma yōji no kamigami sans hésiter. En réalité, caché derrière le masque de son sourire chaleureux, il aurait pu tout aussi bien lui offrir sa vie sans regretter un instant son choix.


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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Jeu 18 Sep - 21:16



« Vous auriez pu laisser passer des semaines que votre retour n’en aurait pas moins été attendu, Nadeshiko-san… Hum… Nadeshiko.»

Sa voix rauque et si grave résonnait presque dans la pièce par sa puissance mais paraissait presque chantante aux oreilles de Nadeshiko, très peu habituée à l’accent si particulier qu’est celui de Kazan. Ses paroles si gentilles et si douces réchauffait le cœur de la Dame, et cela si faisait longtemps qu’on ne lui avait pas dit de choses si tendres qu’elle ressentait presque un plaisir coupable à entendre ces mots. Et… Il l’avait appelée par son prénom… Il était bien le seul en Setsu à ce jour. Et elle l’écoutait parler, avec une douce attention et en appréciant chaque roulements de consonnes et petites intonations qui lui étaient si mélodieuses à entendre.

« Si je suis de retour à Moe, c'est parce que je dois soumettre mes hommes à une revue des officiers du clans. Une délégation doit bientôt juger de la qualité de leur entraînement, aussi les guidais-je depuis Kazan pour passer deux semaine à la capitale. Cela faisait bien trop longtemps que je n'y avait plus mit les pieds, et si les hautes montagnes de mon domaine me manqueront probablement dans quelques jours, les beautés de la cité ne m'étaient jamais apparues aussi clairement qu'en cet instant. »

Il fit une pause.

« Je vous demande pardon de ne pas pouvoir être plus présentable que cela alors que vous me faite l'honneur de votre si généreuse invitation. Vous parliez de piètre hôtesse, mais quel hôte suis-je pour me tenir ainsi vêtu pour la guerre et l'apparat alors que vous êtes très certainement l'incarnation vivante de l'élégance à cet instant. Et je n'ai pas même un cadeau à vous faire pour vous remercier de... »

Ses lèvres roses et brillantes par l’humidité de ces dernières s’étaient entr’ouvertes par l’apparition soudaine du bel objet presque immaculé. Sa blancheur était d’une pureté et d’une finesse si belle qu’elle en aurait ébloui n’importe quel iris et aurait eu raison de toute personne avec du bon gout. Sa simplicité faisait sa beauté. L’objet aussi petit qu’il soit dans les grandes mains de l’homme qui le portait, était d’une grandeur symbolique et dégageait une force incroyable. Une force ? Non, une aura, une histoire, il y avait quelque chose dans cette œuvre qui la rendait spéciale, qui lui donnait une âme et une valeur inestimable. Et par les mots du Taisa, cette impression que Nadeshiko ressentait en regardant le précieux cadeau prit tout son sens.


« Il s'agit de kazan'bai no yuki, la neige de cendre. Je l'ai toujours eu avec moi dans l'espoir de trouver quelqu'un qui en prendrait la charge. Voyez vous, cette arme est un héritage de feu dame Kiyooki Akumi, ma défunte mère... Je n'ai jamais pu honorer sa mémoire avec ce tanto, à cause de mes poignes trop peu habile pour une lame si subtile. S'il vous plaît, acceptez là, je suis certain qu'elle vous était destinée de toute façon.»

Nadeshiko avait la bouche ouverte mais nul mot n’en sortait. Que pouvait-elle dire face à une telle offrande ? Comment pouvait-elle accepter une lame si chère au cœur de cet homme ? Elle en était loin d’être digne… Il s’agissait là d’un souvenir, d’un héritage précieux. Là était un vestige d’une femme d’une grande stature et sûrement d’une grande beauté mais dont le nom ne disait que vaguement quelque chose dans l’esprit de Nadeshiko, qui réfléchissait aux mots qu’elle allait prononcer.

Pourquoi lui offrait-il une chose aussi précieuse que ce tanto magnifique qui plus est appartenait à sa mère défunte qui lui rendait une valeur considérable ? De plus, cet homme venait de rencontrer Nadeshiko, elle lui était inconnue. Et même si ces deux Setsus s’étaient toujours connus, qui était-elle pour avoir l’honneur de recevoir un tel présent ? Elle n’en était pas digne, c’était certain dans l’esprit de la jeune veuve. Pourquoi elle ? Il y avait dans Yokuni de nombreuses autres femmes plus compétentes et plus habiles qu’elle à l’utilisation de cette lame, plus belles et plus nobles aussi. Et elle, qu’avait-elle à offrir ? Son accueil était loin, très loin de valoir un millième de la valeur de la lame qui se trouvait dans les mains si larges et si masculines de son invité.

A vrai dire, Nadeshiko n’était pas habituée à être la destinataire de cadeaux, elle connaissait les usages et les règles pour en recevoir mais cela la mettait dans un état de panique irrationnel. Elle qui était d’une sérénité totale et qui était toujours tournée vers le bonheur et le bien-être de son prochain, être la cible de ces attentions est loin d’être une habitude. Elle se disait toujours que ceux qui savaient donner savaient rarement recevoir… Mais là était sûrement une excuse. Elle était flattée, naturellement, mais si indigne qu’elle ne pouvait pas recevoir cet œuvre d’art qu’était Kazan’bai no Yuki.

Elle regardait Kaede, au fond de la pièce, qui tentait –difficilement- de contenir un sourire. Nadeshiko à cette vue ne pût s’empêcher de penser aux mots qu’elles avaient échangé quelques instants plus tôt. Nadeshiko ne pouvait se résoudre à l’idée saugrenue de sa domestique. C’était… Impossible. Elle avait appartenu a un homme et cela devait rester ainsi. Il fallait rester lucide. Il n’aurait pas pu s’enticher d’elle aussi rapidement, et cela même si Nadeshiko pouvait être vue comme une très belle femme. Kaede avait l’air d’être une adolescente à penser aux amours des autres. « Vos parents y verraient un bon parti… » lui avait-elle dit !  Pour Nadeshiko, un remariage serait impensable. Mais, pourquoi était-elle perturbée par la soudaine pensée qu’elle avait eue en ne trouvant pas l’idée d’une union avec lui pas si inacceptable, elle qui refusait et tentait par tous les moyens n’importe quel mariage que ses parents lui proposaient sans arrêt ? Elle s’était imaginée un très bref instant une vie avec lui et en rougissait encore intérieurement, trouvant cette démarche ridicule. Le pire étant qu’elle avait trouvé ça… agréable.

Que lui arrivait-elle ? La vie de couple lui manquait-elle ? La vie de famille ? La compagnie ? Ou commençait-elle a céder sous les innombrables incitations de ses parents à se remarier ? Ou voyait-elle en cet homme un souvenir d’Akai ? Et dans un cas moins probable… est-ce là plus qu’un simple interêt qu’elle éprouvait pour ce soldat ?

Elle reposa les yeux sur son invité et s’inclina tout en essayant de parler distinctement, sans que sa voix ne tremble.


« Cette lame est magnifique. J’ai pu observer des choses aux beautés les plus fulgurantes dans ma vie et au fil de mes voyages, mais celle-ci figure dans les plus belles sans difficulté, mais je ne peux accepter ce présent, je ne suis pas digne de recevoir une chose d’une si grande valeur. »

Alors qu’elle relevait son visage, elle aperçut une ombre aussi blanche que l’objet de toute l’attention du moment. Cette ombre au pelage aussi dit doux qu’immaculé se mouvait dans une grâce et un silence que l’on aurait pu croire à une apparition divine. Ses yeux ronds et vifs accompagné de ce museau avaient trouvé intérêt près de l’invité. Il approcha ses narines près de lui et accrocha ses griffes sur sa tenue pour s’élancer sur son épaule. Une fois sa stabilité prise sur la large plateforme sur laquelle il se trouvait, il commença son voyage sur les omoplates du Setsu pour se retrouver de l’autre côté. Il s’asseyait là, quelques instant et laissa entendre un son si commun à son espèce. Un son aigu mais qui avait la faculté d’attendrir n’importe quel cœur. Cependant, son périple ne s’arrêta pas là. Alors que les bras d’Amadotsu-san étaient toujours tendus, l’animal aux talents de funambule marcha avec une habilité très commune chez les félins sur le bras gauche pour arriver sur les grandes mains du Kazanien. Il eut un grand intérêt par le tanto qui se trouvait là, à tel point qu’il se laissa tenter par essai gustatif du bout de sa langue sur l’objet, essai qui ne fut naturellement pas très concluant. L’animal au pelage blanc, jugeant la place confortable par sa chaleur et par sa hauteur s’y installa confortablement, allongé, laissant l’une de ses pattes dans le vide.

« Onigiri ! Je suis vraiment désolée, à croire que par ce chat, Kabegami ne veut plus que vous… »

Nadeshiko afficha un sourire gêné au regard de la désinvolture du chat.



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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Mer 24 Sep - 9:51

L'étiquette était une chose que les Setsu chérissaient énormément et leur dons oratoires étaient reconnus bon gré mal gré dans tout le territoire impérial. Les us et coutumes étaient capitaux en terre de feu et Kodan n'ignorait pas la règle des trois refus qu'un don pouvait occasionner. Mais ne perdant pas un instant les expressions de son interlocutrice, il compris qu'elle ne s'adonnait pas là à ce jeu. La résistance à son don était totalement sincère. Elle venait d'être prise de court par une réaction infantile de la part du bushi.

Il aurait tout à fait pu se trouver meurtri de cette réaction et de ce déni. Mais alors qu'elle se retrouvait ainsi gênée, presque à s'en tortiller les doigts d'inconfort, le guerrier fut tout à fait reconnaissant envers la jeune femme pour ce qu'elle venait de faire. Il se préparait à remettre l'arme à son obi, sans insister une seconde fois comme l'usage l'indiquait, car il savait qu'il blesserait l'héritière des Zenmyo en procédant de la sorte. Il ferma les yeux tout en souriant tandis qu'il s’apprêtait à replacer la courte lame à ses côtés. En son fort intérieur, kazan'bai no yuki venait de trouver sa maîtresse, il suffisait simplement d'attendre qu'elle l'accepte, car où que cela le mènerait, sa destiné se scellait auprès de cette dame, quoique cela puisse signifier.

Tandis qu'il craignait néanmoins avoir jeter un froid sur cette sublime conversation qui ne faisait pourtant que débuter, l'étrange chat qui l'avait mené en ces lieux par un concours de circonstances qu'il se refusait de plus en plus à voir comme un hasard vint à grimper sur le Volcan Apaisé comme s'il était quelque montagnard expérimenté. En moins de temps qu'il n'en fallut pour une expiration, le petit félin s'était hissé jusqu'aux épaules du Taisa des Setsu, qui n'osait alors bouger, sous peine de voir chavirer l'animal opportun.

Le greffier au pelage pur annonça avec culot sa présence par un miaulement aiguë pour poursuivre sa progression le long des vastes antérieurs de l'héritier des Kiyooki. Ce dernier du supporter le poids de la créature, les bras tendus. Il s'était attendu à ce que le poids de la petite bête fut acceptable lorsqu'il contracta ses membres, mais pas à ce point là. Ce fut comme si le chat ne pesait rien. Il arriva enfin au bout de son chemin, incapable d'aller plus loin de toute façon sans quitter définitivement les hauteurs proposées par les extrémités du samuraï.

Allant de surprise en surprise, le premier Amadotsu resta coi devant l'effronterie du minet platiné qui jugea bon de s'installer sur ses deux mains ouverte, à moitié par dessus le tanto, une patte tombant dans le vide, ses iris fendus se fermant de contentement et ronronnant de façon appréciatrice. Les yeux écarquillés par ce spectacle, le guerrier ne pu rien dire jusqu'à ce que sa magnifique hôte ne s’exclame devant l'audace du félidé.

Elle ne devait pas penser quoique ce soit de ce qu'elle venait de dire, invoquer ainsi le Kami du mur ne manqua pourtant pas de faire frissonner un court instant le maître de Kazan. Les conjonctures qui l'avaient vu arriver à la demeure des Zenmyo restaient étranges à plus d'un titre au cœur de son esprit et revenir à ce souvenir ne le mettrait certainement pas à l'aise. Il dégluti, parfaitement mal à l'aise, les yeux rivés sur la boule de poils au ton de neige qui semblait s'assoupir au bout de ses bras.

Puis il leva les yeux pour se replonger dans ceux de la merveilleuse hôte de ces lieux, elle n'affichait aucune mine inquiète, pas l'ombre d'une crainte. Elle souriait, simplement gênée par la désinvolture de son animal. Son expression balaya le moindre soupçon de peur que la situation aurait pu laisser installer dans l'âme du bushi. Il se sentit réchauffé et rassuré par l'image que lui rendait Nadeshiko. Si bien que lorsqu'il apposa de nouveau le regard sur le félin, aucune angoisse ne l'assaillait plus.

Il ramena délicatement ses mains vers lui, tentant de déranger le moins possible le petit être qui y avait élu domicile. Il paraissait étrangement ridicule comparé à ses poignes et il n'était pas étonnant qu'il puisse y tenir aussi simplement. Le divertissement qu'il devait offrir, lui, le guerrier en armure, portant une si fragile chose avec autant de soin, devait être des plus coquasse, aussi évita t-il d'y penser afin de garder un semblant de dignité. Mais cela ne l’empêcha pas d'imaginer qu'il devait avoir l'air absolument stupide.

Il se reprit, faisant descendre ses mains, le précieux trésor toujours affalé dessus. pour les reposer sur ses jambes. Puis redressa la tête pour en revenir à la Maîtresse des Zenmyo, son cœur se remettant à battre frénétiquement à la vue de cette dernière. Mesurant l'élan de son âme, il parla aussi calmement qu'il le pouvait, non sans pouvoir refréner la chaleur qui l'animait à l'égard de sa belle interlocutrice :

Ne vous excusez pas de cela, je ne suis point gêné, sinon honoré si vos mots sont vrais, d'avoir été ainsi choisi par le Dieu-chat.

Évidement, il s'agissait là d'humour et pourtant, un inconfort certain le prit en son sein de traiter ainsi si légèrement du domaine spirituel, pis, Divin. Il poursuivit rapidement afin de ne pas trahir sa crainte lui-même :

Vous êtes d'une grande humilité si vous pensez ne pas être digne de Neige de Cendre. Votre sagesse est plus grande que la mienne cependant... Je me suis laissé emporté par l'émoi. La honte qui est la mienne de ne pas avoir de présent à offrir à mon honorable hôte m'aura certainement poussé à me détacher, peut être trop promptement, de cet objet précieux entre tous. Quoiqu'il en soit, n'allez pas croire que j'ai agis au hasard. Car après réflexion, je ne vois pas de meilleure gardienne que vous pour elle.

J'ai voyagé tout au long de ma vie, ai traversé les frontières des Cinq Grands Clans et même été à Birei durant trois années. Vous parliez des beautés les plus... fulgurantes qui soit, mais à mes yeux et fort de mon expérience, il existe à présent un éclat éclipsant totalement ceux de toute les merveilles que j'ai pu voir.


Il ne termina pas vraiment sa dernière tirade, laissant simplement un énigmatique sourire se dessiner sur son visage. Et il reprit avec enjouement :

Je ne pouvais guère le savoir, mais je ne pensais pas que vous puissiez être, vous aussi, amatrice de périples. Oserais-je vous demander de me les conter ? Me feriez vous l'honneur de me décrire vos explorations et ce qu'ont ressentis vos yeux à leur spectacle ? Qui sait... Peut être partageons nous quelques destinations en communs desquelles nous pourrions confronter nos souvenirs ? Et... Peut être que le destin voudra bien que nous en découvrions d'autres... de concert ?

Il avait imperceptiblement rougit à ces derniers mots, mais gardait sa stature sans le moindre changement visible autre que celui de ses pommettes s'empourprant quelque peu. Le félin toujours à moitié sur le couteau, affalé sur ses mains, ne semblait plus le déranger plus que cela, comme si sa position actuelle était normale ou que son esprit s'était détaché totalement de son corps pour ne se focaliser que sur la belle nymphe.


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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Lun 3 Nov - 20:46


La manière dont il prenait Onigiri dans ses si grandes mains laissa s’évader l’esprit de Nadeshiko. Elle trouvait la surprise et l’embarra fasse à l’animal tout à fait craquante. Le petit félin, si inoffensif et à la douce présence arrivait à rendre presque impuissant le Taisa aux épaules si larges. Il avait l’air si désorienté que ça ne manqua pas de faire sourire notre hôtesse.

« Vous êtes d'une grande humilité si vous pensez ne pas être digne de Neige de Cendre. Votre sagesse est plus grande que la mienne cependant... Je me suis laissé emporter par l'émoi. La honte qui est la mienne de ne pas avoir de présent à offrir à mon honorable hôte m'aura certainement poussé à me détacher, peut-être trop promptement, de cet objet précieux entre tous. Quoiqu'il en soit, n'allez pas croire que j'ai agis au hasard. Car après réflexion, je ne vois pas de meilleure gardienne que vous pour elle.


J'ai voyagé tout au long de ma vie, ai traversé les frontières des Cinq Grands Clans et même été à Birei durant trois années. Vous parliez des beautés les plus... fulgurantes qui soit, mais à mes yeux et fort de mon expérience, il existe à présent un éclat éclipsant totalement ceux de toute les merveilles que j'ai pu voir.
»

Elle le trouvait définitivement charmant, et ça, au-delà de toutes les petites maladresses… Son accent était bourru mais ses mots d’une tendresse incroyable. Elle tentait, très difficilement d’atténuer ses joues rougissantes par les mots de son invité. Sa dernière phrase, bien qu’un peu vague concernant l’objet « éclipsant les merveilles » qu’il ait pu voir n’était pas un mystère pour Nadeshiko. Elle souriait en regardant ailleurs, pour éviter à sa peau une soudaine couleur peu esthétique à son goût. Il l’a trouvait aussi belle, voir plus que toutes les merveilles de Yokuni… Rien que ça. Elle devait retrouver ses esprits. Cela faisait un moment qu’elle n’avait pas ressenti ça. Elle se sentait comme retournée à l’adolescence devant les jeunes prétendants de son clan, qui n’avaient d’yeux que pour elle, sa beauté et son argent. La différence étant qu’Amadostu Kodan, lui seul, réussissait à la faire frémir et vibrer de plaisir.

« Vous… Vous êtes allé à Birei ? Comment l’avez-vous trouvée ? Magnifique n’est-ce pas ? Quand y êtes-vous allé ? Racontez-moi tout ! » s’exclama Nadeshiko, en oubliant de cacher son enthousiasme en entendant le nom de sa ville natale.

Le doux souvenir de son pays de son enfance faisait chanter son cœur. Cela faisait si longtemps qu’elle n’y était pas allée, qu’elle n’avait pas vu son père, sa mère, ses frères… Les lettres ne suffisaient plus, elle voulait les serrer tous dans ses bras. Quand est-ce que Miseki verra-t-elle ses grands-parents et ses oncles ?

Alors qu’elle allait demander plus de renseignements sur le voyage en Birei à son invité, Kaede -qui avait alors disparu sans que Nadeshiko l’eusse remarqué- réapparu et cela en compagnie d’un jeune homme.

Voilà que venait le repas du midi. Les vapeurs odorantes et succulentes eurent grand intérêt auprès d’Onigiri.

Les plateaux, un devant Amadotsu Kodan et l’autre devant Nadeshiko offraient tous deux de multiples mets tous plus colorés et plus appétissants les uns que les autres.

Il y avait là un repas classique d’une maison noble de Yokuni.

Quatre plats étaient disposés sur chacun des plateaux. Sur le côté gauche était situé un bol de riz d’un grain très blanc, presque immaculé. Ce dernier était accompagné d’une soupe miso aux tons marrons-orangés dont la couleur contrastait vivement avec la blancheur des morceaux de tofu, qui se faisaient apercevoir parmi les quelques feuilles d’algues.  A cela, au centre du plateau était disposé deux assiettes. Sur l’une d’entre elles il y avait, dressés en forme de cercle une multitude de sashimi de différents poissons. Il avait quelques tranches de saumon, de thon rouge, de maquereau et de poulpe tout cela en compagnie d’une petite boule verte de wasabi. La seconde assiette contenait une dizaine de
yakimono, comme des yakitori et des takoyaki.

« Tu as peut-être eue la main lourde, Kaede ! Je suppose que comme à ton habitude, tu nous amènes le dessert séparément, avec le thé ? » Chuchotait Nadeshiko à l’oreille de Kaede.

« Nous avons là un invité de marque, cela est tout à faire normal. Et vous avez raison, avec le thé. » répondait Kaede de la même manière que sa maîtresse.

« Idatakimasu » fit Nadeshiko avec un grand sourire.



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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Dim 9 Nov - 0:45

Il aurait du se sentir honteux. Il aurait du être confus de provoquer ce que les lignes si douces de la figure de la ravissante hôtesse qui lui faisait face renvoyaient à ses compliments tout juste déguisé sous la politesse que la bienséance lui imposait. Mais ce ne fut pas le cas. La réaction de la maîtresse des Zenmyo manqua de faire trembler à nouveau sa poitrine d'un rythme erratique et il fut à nouveau trop heureux d'être couvert de son armure d'apparat.

Arrivé en ces lieux dans un concours de circonstances dont il n'avait cure de savoir comment cela avait bien pu se produire, tombé sur cette incarnation de tout ce que son esprit avait toujours cherché et même bien plus encore, que cette dernière soit réceptive à ses douces expressions était comme un cadeau de son Daimyo… Non… C'était bien plus que cela. Amaterasu elle même n'aurait pas pu avoir un sourire aussi ravissant que la jeune femme qui lui faisait face, bien réelle, lui offrait, quelque peu gênée.

Une force insondable s'emparait progressivement de lui à cette révélation que sa conscience et sa perception lui affirmaient de concert avec certitude. Toutes considérations, de quelque ordre qu'elles puissent être, furent définitivement évincées et ses prières allèrent toutes à la Déesse Soleil, pour qu'elle arrête son chemin dans la toile des cieux, que le temps cesse et que l'instant perdure ainsi, à jamais.

Le retour à la réalité fut complexe et il perdit la moitié du flot de questions qu'elle lui posa alors au sujet de la capitale. Néanmoins, il lui fut impossible de ne pas déceler l’intérêt qu'elle avait pour cette dernière tant une nouvelle attitude se dépeignait sur ses traits et dans le ton de sa voix. Cette nouvelle facette le passionna, l'interloquant presque, si bien qu'il ne pu y répondre immédiatement, coupé dans la préparation de son élan par l'arrivé d'un déjeuner promit qu'il avait totalement éclipsé par l'éclat de l'Ange qui lui faisait ce jour un honneur bien trop grand.

Il laissa silencieusement le félin se défaire de son assise sur ses mains, plus intéressé par les victuailles qu'on leur apportait que par le confort qu'il avait pu trouver en s'installant au creux de ces dernières. Il remit précautionneusement sa dague familiale à son obi, la lame venant d'acquérir un nouvel éclat à ses yeux par le don qu'elle était devenu et la promesse qu'il s'était faite à lui-même à l'égard de son hôtesse.

On installait des plats, soigneusement préparés et disposés comme si il avait été attendu depuis le matin. La richesse exposée par la nature principale des mets choisis, majoritairement issus des fruits de la mer et difficilement conservable dans l'environnement particulier des terres arides qu'étaient celles des Setsu lui paru démesurée, mais il se souvint être à Moe et au sein d'une maisonnée au nom illustre. Tout gouverneur qu'il était, son domaine manquait cruellement de ce genre de menu. Non pas au niveau de la quantité, la dépense calorifique à Kazan éclipsant celle de n'importe quelle contrée, mais c'était la variété et la fraîcheur de ce qui lui était présenté qui tranchait radicalement avec son univers.

Il ne s'en formalisa pas. Il n'avait ni raison d’ailleurs, ni l'outrecuidance de le faire. Bien que la faim ne le tenaillait pas, son appétit aurait certainement pu venir sans mal à la vue d'un tel programme gastronomique, mais son attention avait beaucoup de mal à se libérer de l'emprise de la présence de la belle dame des lieux, si bien qu'il n'apporta qu'un intérêt des plus modérés aux assiettes dressées devant eux. Il sentit que cela serait salvateur à une présentation digne de sa propre personne. Il n'était pas un ogre et savait se comporter à table, là n'était pas le problème, mais il se savait capable d'engloutir des quantités déraisonnable de nourriture pour le commun des yokunis sans arriver à satiété.

Ah, itadakimasu !

Répondit-il maladroitement en prenant la paire de baguette qu'on lui avait placée devant lui. Jamais la formule d'usage ne lui avait paru si juste à cet instant, car il recevait véritablement avec une grande humilité ce qui lui était servit, à la limite de la gêne même. Mais il fut bien incapable de sélectionner le moindre morceau ou de jeter son dévolu sur le moindre plat tant son trauma était grand et la difficulté à garder la face lui accaparent la moindre fibre de sa maîtrise sur lui-même.

Finalement, les sashimis lui semblèrent le choix le plus sage et il entreprit de s'en préparer une petite assiette sans en porter un seul à sa bouche dans un premier temps. Il jugea que le moment était opportun pour satisfaire la démonstration de curiosité à l'égard de Birei que la jeune femme avait montré l'instant d'avant :

Hum… Oui, j'ai été à Birei… J'ai servi en tant que Yoriki de feu le magistrat Impérial Inari Mida-dono. C'était il y-a cinq ans. Je me souviens d'une cité grandiose et sublime, à l'image du Fils des Cieux… Mais terriblement détaché de la réalité des querelles des cinq grands clans. Vivre là bas plus longtemps m'aurait probablement fait perdre le sens des réalités et des besoins de mes gens… Je suppose. Gomenasaï… Je ne voudrais pas insulter les souvenirs que vous pourriez avoir de la Capitale, mais avec le recul, je me rend compte de cette impression de vivre sur un nuage, malgré mon rang de suivant.

Il soupira, toute la cosmogonie de souvenirs qui avait provoqué sa réclusion à Birei se heurtant de nouveau en lui. Il reprit, souriant aimablement et tâchant de masquer le chaos des sentiments aussi positifs que négatifs que rappelait cette période de son existence :

Néanmoins… Je me souviens de guerre qui ne virent jamais le jour gràce à un simple échange de mots entre deux courtisant de clans différents. Si le pouvoir des armes et les forces militaires sont l’apanage des Cinq, la cité impériale gère ses conflits dans la politesse et la douceur des mots. Les stratèges y sont des orateurs nés dont le sabre n'a probablement jamais été tiré, mais certainement pas par incompétence à leur maniement, mais au contraire, par leur talent à éviter qu'il ne soit sorti.

Il se perdait en conjecture, trop brouillon dans sa réponse, trop mélancolique dans son ton. Il ne savait pas lui même si cette époque était un fardeau à son honneur ou bien si il la regrettait. Il aurait voulu lui raconter son histoire, à elle exclusivement, par le menu, sans le moindre manquement, qu'elle sache qui était le bushi qui se tenait face à elle. Mais une certaine pudeur étouffait ce vœu. Il laissa s'installer un silence certain tout en débutant son assaut sur l'assiette qu'il avait remplit de morceaux de poissons cru, tout en relançant la discussion autour de son interlocutrice, le sujet de Birei semblant être bien plus clair pour elle qu'il ne l'était pour lui :

Vous connaissez la capitale ? Votre vision de cette dernière est certainement plus juste que la mienne...

Puis vint la première bouchée, une pièce de saumon, il n'en était pas sûr, il se sentit transporté. Ses yeux s'ouvrir grand sous le goût du soin apporté à la préparation et à l'assaisonnement subtil que l'on avait ajouté à ce lingot de plaisir gustatif. Son estomac gronda, s'imposant à lui même, devant la promesse muette que tout ces mets, si ils étaient au moins égaux à cet humble morceau, lui faisaient.

Son appétit était bien revenu… à un point qu'il n'osait plus bouger tant ses intérieurs avaient manifestés de façon audible leur enthousiasme. Il était là, les baguettes tenues dans sa main droite, fichées dans sa bouche fermée et crispée par la honte qui l'accaparait soudainement, ses yeux n'osant plus regarder la maîtresse du domaine.

Go… Gomenasai…

Fut le seul mot qu'il arriva à peu prêt à prononcer entre ses dents serrées.


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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Jeu 8 Jan - 22:29


Avant même de s’attaquer au repas, elle observait quelques temps son invité commencer, son regard, si le repas lui convenait ou non, car il était toujours possible de changer le plat. Nadeshiko avait toujours vécu dans un environnement aisé, sans jamais de problèmes financiers et ainsi donc, avait donc toujours eu le droit à de très bons produits, toujours de qualité et cuisinés avec grand soins par ses domestiques, et donc, à son grand regret, jamais par ses soins.

L’art de la cuisine lui échappait totalement. Elle savait que c’était là une activité de précision et de soin, et elle n’en a jamais manqué. Et c’est ainsi qu’alors qu’elle s’essayait à cet art, un mystère faisait que ces repas finissaient toujours par avoir un goût médiocre, et cela, que dans le meilleurs des cas… Et pourtant, elle était loin d’être de mauvaise volonté. Alors elle avait renoncé à être douée dans l’art culinaire… mais elle ne désespérait pas pour autant, encore récemment, elle essayait toujours de réaliser quelques pâtisseries traditionnelles de Yokuni.

Il préparait une petite assiette de sashimi, et la légère crainte que le repas ne lui plaise pas qu’elle avait ressenti disparut.

Mais ce fût d’une courte durée, car cette crainte fût remplacée par une autre.

Avait-elle dit quelque chose qui ne fallait pas ? Le ton de sa voix lors de sa réponse avait changé. Il était plus sombre, plus terne. Birei lui rappelait-il de mauvais souvenirs ? Comment c’était possible ? La vie y était si douce et tendre là-bas… Ce serait-il passé quelque chose là-bas dont elle ne serait pas au courant ?

Il disait des choses agréables sur Birei, mais quelque chose n’allait pas, le cœur n’était pas totalement présent dans ses mots. Un sentiment d’inquiétude et d’une certaine tristesse fit que Nadeshiko baissa les yeux comme quand lorsqu’on entend une mauvaise nouvelle… Mais la jeune femme ne se démonta pas et fit confiance aux mots de son interlocuteur.

Il ne disait rien de faux, loin de là. La vie à Birei était presque radicalement différente de celle que l’on vie ici. A la capitale, c’est un tout autre univers, loin de l’ambiance belliqueuse régnante dans les cinq clans…

Rien de mal ne pouvait se passer à Birei… n’est-ce pas ? C’était peut-être du déni de penser une telle chose, mais Nedeshiko y croyait, et voulait y croire. Birei était pour elle un lieu paradisiaque… Ces plus belles années  avaient été vécues là-bas. Et parfois, dans ses heures les plus noires, là où la mélancolie et la douleur emplissait son cœur, elle pensait qu’elle avait dû certainement laisser son droit au bonheur là-bas. Elle ne se plaignait pas de sa vie actuelle, non, mais plus le temps passait, plus elle se sentait incomplète, et plus le temps passait, plus elle pensait que la partie manquante de son âme se trouvait à Birei… A tort, sûrement. La clé de son bonheur se trouvait-elle peut-être devant son nez  qu’elle ne la verrait même pas de suite, aussi grande et si évidente soit-elle à remarquer tant la paix de Birei lui manquait.

Circonspecte, elle fit un léger sourire en voyant son regard changé par le morceau de saumon dégusté, et s’apprêtait à répondre à son interlocuteur.


« Si je connais la capitale... ? Eh bien-- »

Un grondement s’entendit dans la pièce et un petit instant silencieux s’en suivit, légèrement imprégné de gêne.

Il s’agissait là le son d’un estomac affamé, c’était indéniable. En l’espace d’un instant, Nadeshiko eu peur que ce soit le sien qui criait famine… Mais elle ne sentait pas la faim s’en prendre d’elle.

Suite à cela, les commissures des lèvres de Nadeshiko changèrent quelque peu. Elle essayait de préserver les apparences et d’apparaitre devant l’invité de marque comme une très bonne hôte. Mais plus elle essayait de rester de marbre, moins elle y arrivait. Ce qui ressemblait jusque là a un sourire presque caché se transforma en un rire étouffé… qui ne fût, d’ailleurs, pas très bien camouflé.

Nadeshiko, sachant son rire découvert, continua de sourire. Elle devait maintenant s’assumer, et, toujours en affichant un sourire franc, annonça :


« Ne vous excusez pas, je vous en prie, c’est tout à fait naturel…. Kaede, voudriez-vous bien apporter d’autres mets ? Je suis sûre que notre invité s’en verra ravi. »

« Bien. »

Et Nadeshiko, un peu honteuse, pouffa de rire. Il était gêné, et c’était tout à fait normal, dans sa situation, la belle Setsu en serait morte de honte sur-le-champ. Et son rire ne devait pas arranger les choses. Elle l’observait détourner son regard, de honte. C’était un peu enfantin, et encore une fois, elle le trouvait adorable comme ça.

A vrai dire, elle ne pensait pas un taisa se comporter de cette manière… Si vraie… ? Bien que Nadeshiko avait cotoyé quelques années un homme presque comparable à son rang, elle était surprise de voir que cet homme était radicalement différent. En l’espace de quelques minutes depuis son arrivée, il avait réussi à faire ressentir à Nadeshiko une réelle et très grande sympathie pour. Feu son mari n’était même pas comptable au volcan qui se tenait devant elle. Il incarnait tendresse et douceur, alors que ni son rang, ni sa carrure n’inspirait cela au premier regard.

Elle souriait en l’observant, attendrie. Mais, se rappelant de la personne qu’elle avait devant elle, elle se reprit en main et afficha, tant bien que mal, un visage sérieux.


« C’est plutôt à moi de m’excuser, je suis une terrible hôte… Toutes mes excuses… rire de vous, c’est impardonnable. »

Elle avait légèrement incliné son dos, quelques instants pour se relever et être droite, regardant le taisa avec sérieux, tout en camouflant son demi-sourire.

Kaede, elle, amenant d’autres plateaux de la cuisine observait la scène entre les deux Setsu, sans cacher un sourire satisfait et songeur.



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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Mer 14 Jan - 10:24

La colère même de Moegami venait de s'exprimer au sein des tréfonds de son corps tandis que, plus cette rencontre avançait et plus il se sentait le souhait de plaire, un ridicule instant devait avoir ruinée l'image qu'il devait avoir. Il se demanda quel meneur, quel guerrier laisserait ses entrailles lui dicter leur volonté par un râle aussi audible et honteux. Son unique réflexe fut de se crisper de tout son être, mais la chose étant déjà faite, il s'agissait là d'un acte trop tardif, inutile et d'autant plus risible. Il allait apparaître comme un enfant mal élevé et se fustigea intérieurement pour ça. Au comble de sa détresse, sa question resta sans réponse, la manifestation de ses tripes ayant littéralement coupé la jeune femme dans son élan.

Après un moment qui lui sembla durer une éternité, dans un silence gêné une fois sa pitoyable excuse prononcée, il osa enfin lever le regard vers son hôtesse. Ses yeux ne reflétèrent rien de comparable à l'expression d'un outrage. Elle contenait avec difficulté un amusement enfantin, très loin de la moindre moquerie à son égard. Puis elle ne put empêcher l'expression de son égaiement. Ce qui en résultat fut un petit gloussement qui manqua une énième fois de faire chavirer le bushi.

Ils étaient tout deux de la même génération, à quelques années prêt, mais il ne put refréner à son tour un sourire contrit et charmé à la manifestation de ce que son gargouillement avait produit. Tels deux enfants, égayés par une chose que l'étiquette et l'age adulte considéraient comme déplacé, dans un instant de communion puéril, mais si agréable et libérateur qu'une fois le sourire inscrit sur son visage, il ne put rien faire contre les convictions qui le frappèrent soudainement.

Il ne connaissait quasiment rien de cette femme, sublime entre toute pourtant. Cela ne faisait pas une poignée d'heures qu'il était arrivé ici, mais il n'avait jamais rien ressenti de tel pour personne auparavant. C'était flou, mais reconnaissable. Ses yeux ne pouvaient plus se détacher de ce minois amusé qu'elle lui offrait alors. Même lorsqu'elle tenta de se reprendre, elle lui apparu si ravissante qu'il en oublia presque le morceau de poisson dans sa bouche et les baguettes fichées entre ses dents.

Il devait avoir l'air stupide, mais cela ne lui importait plus le moins du monde à présent. Il aurait voulu mettre à l'écart les usages et coutumes entre un invité et son hôte. Il aurait voulu que seule la franchise subsiste, à nouveau, comme deux jeunes adolescents bien éloignés de l'idée de la bonne tenue à une tablée. Il se reprit malgré cela, avalant sa bouchée une bonne fois pour toute et se laissant aller à la gourmandise d'une seconde qui serait bientôt suivit par un nombre suffisant d'autre afin de l'amener à satiété.

Le malaise était complètement passé, il se sentait d'une légèreté qu'il ne se savait pas avoir. Les ailes du phénix paraissaient lui avoir poussées dans le dos et pour la première fois de sa vie, son armure fut presque une entrave aux chaos de sentiments qu'il ressentait. Il ferma un œil d'un air enfantin, préservant un sourire toujours marqué d'une légère honte, puis c'est d'une voix légère qu'il répondit enfin :

Arigato. Non, vous n'avez pas à vous excuser pour cela. La route a été longue jusqu'à Moe et les rations de voyage d'ordre militaire sont si éloignées de ce repas auquel je me suis honteusement invité qu'on pourrait les prendre pour des déchets. Mon ventre aura accueillit ça avec un peu trop d'entrain, c'est tout. Vous faites une hôte exceptionnelle, Nadeshiko. Je n'ai par ailleurs aucun souvenir que l'on m'ait offert l'hospitalité comme vous le faite actuellement. Quand au fait de rire de l'expression de ma joie gustative, de cela non plus, vous n'avez pas à vous le faire pardonner.

Il reprit un instant le silence, touillant un peu de wasabi dans une petite coupe de sauce soja sucrée, puis y trempa un morceau de thon qui fut aussi merveilleusement bon qu'il avait paru dans l'assiette qui le contenait le moment précédent sa disparition pure et simple dans la bouche du Taisa. Il ne pu s'empêcher de rougir quelque peu et d'avoir le regard fuyant lorsqu'il poursuivit, audacieux :

En réalité… Votre accueil est tel que j'aurai aimé que le temps ne défile plus afin de profiter de ce moment que vous m'offrez pour l'instant d'une vie entière. J'ai nombre de choses qui m'astreignent à la Capitale et qui vont m'obliger trop tôt selon moi à vous fausser compagnie. Mais, Nadeshiko, me permettrez vous de vous revoir après cela ? Hum… Je ne veux pas paraître abuser de votre cuisine évidement… Ce n'est pas pour cela que… Enfin… Ha… Que le Kami me vienne en aide et fasse cesser mes maladresses…

Son bras libre était allé frotter l'arrière de son crâne, de façon empotée. Puis il se crispa un instant, repensant à son phrasé précédent et à son prédécesseur. Il l'avait appelé par deux fois par son prénom, sans particule de reconnaissance sociale, sans marque de politesse. D'une façon si intime qu'il aurait du s'effondrer devant son outrecuidance. Mais ce ne fut pas le cas. Il s'agissait juste de la manifestation de son inconscient face à la légèreté de ce moment. Une existence n'aurait pas suffit à exprimer ce qu'elle venait de lui apporter et qu'il identifiait plus précisément au fur et à mesure que l'instant passait.

Il ne s'était jamais senti incomplet, du moins, pas au point de ne pas combler les vides qu'il ressentait par la maîtrise de ses arts martiaux, par l'apprentissage de l'art de la guerre, par l'éducation de quelque forme de savoir que ce soit. Leur rencontre n'avait qu'une heure ou deux d'age, à peine plus en tout cas. Et pourtant, il sentit un trou incommensurable se remplir. Un espace au sein de son cœur si vaste que Yokuni entière aurait pu y prendre place venait s'obturer en un instant par une simple présence.

Sa fidélité à Setsu venait de voler en éclat. Son serment de loyauté envers Gekido n'avait plus aucune importance. Son admiration pour Ame venait d'être balayée. Ses ébats passés et les douces pensés qu'il avait pour ses compagnes d'un soir d’antan furent purement et simplement anéanties. Il n'identifiait pas encore clairement ce qui venait de l'envahir, mais il le laissa malgré tout le pénétrer et s'installer en lui, l’accueillant avec bienveillance. Il avait fermé les yeux un fugace moment, mais lorsqu'il les rouvrit et rencontra à nouveau l'image de l'héritière des Zenmyo, il se senti… Simplement vivant.

Il se redressa dans sa position assise, développant toute la moitié haute de son corps comme si il n'avait jamais rien pesé. Aucun sourire qu'il n'avait produit jusque là ne fut aussi franc, ni même aussi naturel. Il le sentit et su qu'aucun ne serait plus jamais comme celui ci, mis à part s'il s'adressait à elle. Il reprit la parole une dernière fois, achevant sa demande précédente sans le moindre heurt, sans la moindre hésitation et dans sa voix, un feu plus chaleureux encore que celui de Moegami lui-même se fit entendre :

… Enfin, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, évidement.


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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Lun 27 Avr - 20:13

Le temps avait de nombreux ennemis, et tous étaient sa victime. Nous pouvons en observer plusieurs, comme la santé, la beauté, les souvenirs et les moments comme celui qui se déroulait-là, dans le salon extérieur de la maisonnée.

L'air était chaud, mais un vent léger et frais transportant de douces fragrances des fleurs et aromates venait le tempérer. Il n'y avait aucun nuage dans le ciel et les oiseaux chantaient et voletaient. La terre, le ciel et tous les éléments s'étaient réunis là pour créer, ensemble, un moment unique. Un moment historique et d'une importance capitale pour deux âmes que le destin avait décidé de réunir.

Il y avait là entre eux ce que raconte des contes et légendes et que toutes les jeunes filles de Yokuni rêvent. Insoupçonnable encore pour ces deux là, mais si le fil rouge du destin existait, celui-ci les avait choisi. Leur rencontre était destinée, écrite par les dieux. Mais qu'avaient-ils décidés pour eux ?

Ce jour était le début de grandes choses, peut être difficiles, même peut être dramatiques, mais les plus grandes d’entre-elles allaient être merveilleuses, belles et d'une douceur qui en ferait jalouser plus d’un.

Deux êtres s'étaient rencontrés, similaires et si différents à la fois, deux êtres qui ne s'étaient vu la première fois il n'y a quelques heures et se comportaient déjà comme de bons amis. Leur complémentarité n'était qu'évidence ici. La maladresse était là, certes, la timidité et la gêne étaient palpables, mais plus sûr encore, la sympathie et l'admiration qu'ils ressentaient l'un pour l'autre était certaine... Et les mots sont pesés.

L'embarras, oui. Nadeshiko voyait que sont invité rougissait et qu'elle avait perdu son regard franc et puissant, qui n'avait cessé de se diriger vers elle. Ses gestes et ses mimiques, étaient-elles, presque inchangées : adorables. Il n'y avait pas là de meilleur mot pour décrire ces agissements.

Mais outre les choses visuelles, il lui avait fait la gentillesse et la générosité de lui
pardonner son rire plus tôt. La nourriture lui satisfaisait, elle ne pouvait qu'en être flattée.

«  En réalité… Votre accueil est tel que j'aurai aimé que le temps ne défile plus afin de profiter de ce moment que vous m'offrez pour l'instant d'une vie entière. J'ai nombre de choses qui m'astreignent à la Capitale et qui vont m'obliger trop tôt selon moi à vous fausser compagnie. Mais, Nadeshiko, me permettrez vous de vous revoir après cela ? Hum… Je ne veux pas paraître abuser de votre cuisine évidement… Ce n'est pas pour cela que… Enfin… Ha… Que le Kami me vienne en aide et fasse cesser mes maladresses... Enfin, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, évidement.  »

Nadeshiko se demandait comment un Taisa aussi réputé que lui, dirigeant des centaines, voir des milliers de soldats au doigt et à l’œil pouvait être aussi démuni fasse à une Dame de la cour, fluette, avec une aura qui se voulait être accueillante et chaleureuse ?

Elle avait du mal à avouer, par modestie qu'elle pouvait parfois, par quelques-uns de ses traits,  plaire et donc charmer au point d'en rendre certains dépouillés de leur puissance et capacités oratrices. Mais encore une fois, elle ne pouvait se résoudre à accepter l'idée de pouvoir toucher le cœur et l'esprit d'un homme comme lui, sûrement très demandé par les femmes et qui doit recevoir de très nombreuses demandes de mariages par des familles souhaitant être liées à la puissance incontestée du dirigeant de Kazan.


« Comment pourrais refuser de vous revoir ? Cela fait bien longtemps que je n'ai pas vu quelqu'un si agréable à recevoir ! C'est avec un grand plaisir que j'accepte que vous reveniez ! Vous n'avez qu'à me dire quand il vous plairait de revenir ! Vous aurez la joie de goûter des mets préparés spécialement pour vous ! Vous n'aurez qu'à demander ! Et l'accueil sera lui, digne de ce nom ! Une lettre pour prévenir de votre venue et tout sera parfait. »

Elle fit un grand sourire, espérant d'avoir balayé l'inquiétude qui l’entourait. Elle ajouta, un peu gênée d'avance de la manière dont elle allait commencer son autre intervention :

«  Kodan, sachez que vous n'abuserez jamais de mon hospitalité, il y a bien assez de nourriture, de personnel ici pour s'occuper d'une bouche en plus, aussi gourmande qu'elle soit. De plus, je ne suis qu'une Dame de la cour, j'ai tout l'honneur d'accepter une personne comme vous de venir chez-moi. Je connais certaines femmes qui s’arrachait la présence d'un Taisa ! »

Elle fit encore un sourire.

« Je féliciterai celui qui s'est occupé de notre repas, il sera très flatté que vous ayez apprécié sa cuisine ! »

Nadeshiko prit quelques bouchées de sashimi et prit un peu de riz. Les parfums étaient en effet exquis, et compris la joie sonore du ventre de son invité.

Quelques instants plus tard, quand les plats principaux présentés ici furent mangés. Kaede enleva les plateaux des deux Setsus et revint avec une théière remplie d'eau avec de nombreuses sucreries dans d'autres récipients. Sur ce même plateau était disposé des ustensiles servants à la préparation du thé, accompagné d'une serviette humide. La théière, qui avait été placée sur le foyer afin que l'eau soit à la température idéale laissait échapper un peu de vapeur, indiquant la température idéale.

La Dame Setsu commença donc par nettoyer à l'aide de la serviette humide chaque outil. Une fois ceci fait, elle versa l'eau chaude dans le bol où se trouvait le thé et cela en fouettant le thé qui y était déposé au fond. Une fine mousse verte et onctueuse apparaissait. Voulant garder une atmosphère légère, Nadeshiko avait choisi de préparer l'
ususha tout de suite. Alors, elle fit de-même pour un second bol de thé.

Elle déposa un des deux bols devant Amadotsu Kodan ainsi qu'une coupelle de pâtisseries à base de riz si communs en Yokuni.

D'un geste simple, elle trempa ses lèvres dans la boisson chaude.


« Alors vous avez beaucoup à faire à la capitale, si j'ai bien compris... Combien de temps y restez vous ? J'espère que vous aurez le temps tout de même de profiter de son charme et des plaisirs qu'elle peut offrir ! »

Après avoir tourné son bol de thé dans sa main et bu une gorgée encore du breuvage, elle ajouta :

« D'ailleurs, après voter séjour à Moe, où est ce que vos devoirs vous mènent ? Dans vos terres, je suppose ? »

En regardant le repas se dérouler et en venir presque à sa fin, Nadeshiko eu un pincement au cœur. La fin du repas allait signifier une tout autre, celle de leur tête à tête.

Il l'avait dit plus tôt, il avait à faire. Après tout, c'était un homme occupé, il était Taisa, en plus d'être gouverneur de Kazan. Ses journées devaient être longues et chronométrées, à se demander comment il avait pu trouver le temps d'être ici, devant elle.

Leur entrevue ne s'était même pas encore finie qu'elle pensait déjà à la suivant, si tant est qu'il trouverait le temps et l'envie. Et si la suivante aurait lieu, elle espérait qu'elle soit plus longue et plus détendue pour son convive.

Alors, elle le regarda, lui, ses yeux, sa chevelure, son nez, ses traits et sa stature. Elle essayait de deviner, un peu honteusement ce qui se cachait derrière son armure. Il était pour elle immense, mais cette large stature devait cacher un cœur plus grand encore. Elle imaginait son corps affichant les cicatrices de combats, batailles, mais surtout du temps. Elle évita de penser aux parties des corps si attrayantes que peuvent offrir les corps masculins, ne voulant pas évader son esprits dans des contrées obscures et frivoles.

Ce moment dura quelques instants, comme si elle essayait d'attraper les dernières images qu'elle pouvait avoir de lui. Elle se devait de les garder comme des fantastiques vestiges d'une rencontre des plus merveilleuses. Elle savait au plus profond d'elle qu'il était rare de croiser le chemin d'êtres exceptionnels, et elle en avait juste en face d'elle. Alors, par devoir, se disait-elle, elle se devait se souvenir de lui au mieux. Mais là était sûrement une excuse pour cacher un autre ressenti puis puissant, plus brûlant et plus doux. Mais ça, elle n'en avait pas encore la moindre idée.




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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Mar 5 Mai - 1:27


C'était une rencontre. Une première fois. Que ce soit à la cours, dans les avenues de Moe ou au palais de Nikkou, ils ne s'étaient même jamais rencontré une seule fois. Il avait été sous les ordres de feu le mari de cette femme, et au fond de lui, son profond sens de l'honneur le fustigeai de ressentir si instantanément ce sentiment. Mais c'était bien trop lointain et il ne se sentait aucunement insultant à l'égard de son ancien Général.

Son malaise chaleureux et sa gaucherie disparaissaient au fur et à mesure qu'il acceptait simplement ce fait, quelque chose d'impossible s'étant produit en lui. Kodan avait toujours été un réaliste avec un petit penchant pour le romanesque et la contemplation, mais il avait toujours eu les pieds sur terre. D'être victime ainsi, au premier regard, de cette chose dont seuls les enfants parlaient, cela avait de quoi l'amuser, mais c'était ainsi que le Destin immuable en avait décidé. Jamais il n'était allé à son encontre, mais aujourd'hui, il était d'autant plus ravi de le suivre, de flotter sur son doux courant apaisant, de vivre cet instant auquel rien ne l'avait préparé.

Il avait eu du mal au début, elle le déstabilisait tant. Mais cela avait été ainsi uniquement parce qu'il n'identifiait pas ce qu'elle avait provoqué et changé en lui sans le savoir, tandis même qu'il l'eut rencontrée alors qu'elle s'exerçait au kyudo de la plus belle des façons. L'acceptation le renforça. Le temps d'un simple repas, le partage de cette discussion, la vu de cette femme, il en fut soudainement grandi. Le gouverneur de Kazan fut désolé un moment, sa magnifique hôte devait avoir ressenti et interprété son malaise à sa manière et tentait de façon maladroite, mais ô combien ravissante, de le rassurer d'une manière ou d'une autre.

Il doutait cependant que ce qui l'avait frappé eut touché la maîtresse des Zenmyo, ç'aurait été trop beau. Elle se comportait comme une propriétaire des lieux prévenante envers son invité et il supposa qu'elle était naturellement ainsi, chaleureuse en toute chose, accueillante et bienveillante, ce qui ne la rendit pas moins désirable un seul instant, au contraire. Mais ce n'était pas un comportement exclusif à lui et comment cela pourrait-il être le cas ?

Il se mit à sourire, laissant l'instant couler délicatement tout en piochant une tranche ou deux par ci, une grillade par là. Bientôt, les plats sévèrement attaqués par le bushi furent débarrassés et un set de thé fut disposé. Un moment, Kodan s'attendit à voir arriver un maître de cérémonie, il s'était même redressé pour cela, afin de respecter le code prévu. Sa surprise en fut encore plus grande lorsqu'il compris que Nadeshiko s'emploierait elle-même à préparer les tasses selon la coutume Yokuni.

Il garda un silence religieux, n'osant la perturber dans sa confection. Quelque peu honteux, il laissa errer son regard sur sa merveilleuse hôte. Dessina dans son esprit les lignes de son visage concentré à sa tâche, suivit en pensé la descente de ses cheveux apprêtés, osa même pousser à détailler la sublime silhouette de la Dame. Il soupira devant la grâce du spectacle qui lui était offert, ce qui tomba tout justement à l'instant où elle vint poser sa tasse devant lui.

Ignorante de la nature soudaine des sentiments et de l'attirance qu'il éprouvait à présent pour elle, elle en vint à poursuivre ses interrogations. Il prit le contenant, rendant la politesse à Nadeshiko en portant ce dernier sur sa main droite à plat, sa main gauche sur son bord. Il n'était pas un grand amateur de thé, mais celui ci, alors qu'il en prenait une première gorgé, fut probablement le meilleur qu'il eut jamais connu.

Sa surprise fut telle qu'il se demanda si son corps ne devenait pas subjectif à son tour. Aurait put il être ainsi éprit si instantanément que même son sens du goût s'en trouvait changé ? Il se mit à sourire, amusé et tout à fait en paix avec lui-même. Une des questions de son existence venait de trouver sa réponse et il s'en senti plus fort. Il entreprit de reprendre la conversation et s'entendit parler d'une voix qu'il s'était ignorer posséder : Forte, intelligible, sans le moindre accent agressif. Juste le flux chantant et grave exprimé par un cœur conquis.

Je suis stationné à Moe, en compagnie de ma Légion, pour la semaine… Peut être deux. Ces prochains jours se passeront avec certitude sous les yeux de nos ministres et d'autres officiers du clan en ce qui concerne mes hommes et moi-même. Jeune Taisa, si je puis dire, j'ai beaucoup de preuve à fournir du bien-fondé de ma promotion, je suppose que c'est là la raison de ma présence à la capitale du clan.

Pour ce qui est de profiter de ses charmes et de ses plaisirs… Je connais cette dernière, ou du moins, je le pensais jusqu'aujourd'hui. Il est des charmes et des plaisirs que j'ignorais pouvoir trouver jusqu'à maintenant. J'espère effectivement avoir le temps, après mes obligations, de profiter de ces derniers un peu plus, effectivement.


Ce n'était même pas imagé, ni déguisé, il l'avait clairement regardé lorsqu'il prononça ces mots, sans la moindre honte ni la moindre hésitation. Juste un fait établi. Il fit tourner la tasse dans sa main et en reprit une gorgée puis son regard se posa un court instant sur les sucreries disposées à proximité. En temps normal, Kodan se savait friand de ce genre de petites attentions et il appréciait énormément nombreuses pâtisserie sucrées. Mais il en était à un point ou ils lui parurent secondaires.

La dernière question de Nadeshiko mis un fin voile de tristesse sur le visage du samurai. Penser à quitter Moe en l'état actuel des choses lui serait pénible. Mais il parvint à répondre malgré tout :

Mon devoir est à Kazan, en effet. Lorsque mes troupes et ma personne seront jugées aptes à remplir notre tâche en digne Setsu dans le domaine de l'Ouest, je devrais y retourner. Ceci étant l'affaire d'une à deux semaines, comme je vous le disait plus tôt. Je rentrais tout juste dans la cité quand votre félin aura piqué ma curiosité et… permis de vous rencontrer. Je devrais bien parvenir à m'offrir un jour ou deux de divertissement… Quel-qu’ils soient.

« À passer avec vous » était ce qu'il avait voulu dire, mais malgré son état d'esprit libéré et l'acceptation de son sentiment si soudain et merveilleux à la fois, il n'aurait pas pu être aussi direct. Faire peur à cette femme était la dernière chose qu'il désirait en ce monde… Pire encore… ce serait un destin qu'il refuserait, ce qui n'était jamais arrivé et de devrait jamais arriver. Il voulu changer de sujet et s'autorisa à prendre une pâtisserie, plus pour éviter à son esprit de partir dans ces idées maussades et se concentrer sur l'image de l'héritière des Zenmyo que par gourmandise.

L'instant passa alors. Kodan jetant de temps à autre un regard nerveux au dehors, surveillant la course du Soleil dans les cieux par la luminosité qui filtrait aux alentours. Il ne s'était que trop absenté, on pourrait le solliciter à tout instant à la caserne et ses hommes devaient déjà être parfaitement installés. Il ne pouvait plus les faire attendre et son devoir le rattrapait irrémédiablement. Il avait posé sa tasse entre temps et grappillé quelques gâteries, mais il se rendit surtout compte qu'ils venaient de se dévisager en silence pendant un très long moment.

À ses pensés, elle ne paraissait pas s'être ennuyée, aussi le Taisa se prit soudain à caresser le fol espoir qu'elle puisse avoir été touchée elle aussi, même si cela aurait été en moindre mesure, par sa présence, comme elle l'avait fait sans le savoir pour lui-même. Il se leva malgré tout, s'inclinant comme si elle avait été sa Dame pour s'excuser de son comportement :

Il est temps, Nadeshiko-sama… Je ne peux guère plus faire attendre mes guerriers. Mais vous quitter est pour moi une épreuve bien plus grande encore que cette inspection à laquelle je dois me prêter. Cependant, je ne concevrais pas une longue attente avant de vous revoir puisque vous m'y autorisez. Ces prochains jours peut être ? Le mois prochain ? Pas plus tard que cela, quand bien même les combats prendraient aux frontières.

Il fut soudain mu d'un désir unique qu'il ne pu refréner. Avec une lente douceur et une étrange sérénité, il s'approcha de la belle et s'agenouilla auprès d'elle, lui substituant une de ses mains libres, et au diable les conséquences. Il posa ses lèvres sur la paume ainsi tenue puis leva ses yeux sombres vers elle, sans la moindre hésitation.

Que les dames de la cour se languissent ou s'arrachent mes pairs. Je ne saurais accepter aucune autre invitation que la votre, Nadeshiko-sama. Je ne tend plus qu'à d'autres rencontres sous de félines auspices en votre compagnie.


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MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Rencontre sous de félines auspices Sam 4 Juil - 3:10

La jeune et belle Setsu avait écouté le Bushi parler et répondre à ses questions pendant qu’il sirotait son thé. Elle ne s’était pas empêchée de sourire à ses mots. Elle était flattée et ne s’en cachait pas, elle se sentait comme presque libre de toute règle de comportement et d’étiquette face à lui… L’embarras et les petits moments cocasses qui s’étaient déroulés lors de ce repas avaient fait disparaitre les quelques tensions qui viennent avec la rencontre avec un inconnu.

Le repas était terminé, les plats avaient été débarrassés. Le capitaine devait s’en aller et faire son devoir de Taisa. Elle comprenait ça que trop bien. Akai avait eu ces mêmes devoirs. Face à cela, Nadeshiko eu un vent de souvenirs douloureux, comme si quelque part, rien avait changé. Ou peut-être était-ce là une punition de feu son mari, qui voyant qu’elle avait guéri de sa perte et son vif intérêt pour l’homme qui était dans sa demeure, lui rappela à qui elle avait appartenu et peut-être, à qui elle appartenait encore.

Cette désagréable sensation eu l’effet d’un pincement au cœur. Le bonheur qu’elle ressentait avec la présence d’Amadotsu Kodan était un plaisir coupable. Son cœur était partagé entre la volonté d’assumer ses sentiments nouveaux et la légère culpabilité d’une veuve envers celui qui avait quitté ce monde.

Mais alors que Nadeshiko essayait d’extirper de ses pensées le souvenir amer de l’ancien général Setsu, le merveilleux invité qui se trouvait devant elle l’y aida miraculeusement bien, et cela, d’un seul geste, doux et tendre : Il prit la main de la jeune mère pour la déposer dans celle du soldat. Visuellement, les doigts et la paume de la Setsu paraissaient si petits, si fins et blancs par rapport aux larges mains bronzées du grand homme. Ce qu’il fit après cela eu raison des joues de l’hôte et peut-être même de son esprit. Il apposa sur sa main, délicatement et tendrement ses lèvres. Elle crut que son cœur avait raté un battement, même plus. Si elle avait été plus vielle, elle aurait cru à une crise cardiaque… Juste avec un baiser sur sa main.

Ce moment-là était dorénavant gravé dans sa mémoire, à jamais.

Les deux jeunes gens se retrouvaient alors cheminant vers la sortie, chaque pas étant plus lourds que le précédent, résonnants d’une tristesse et d’une gravité certaine. Nadeshiko guidait le Setsu dans les couloirs de sa demeure et elle espérait qu’il ne découvre pas que le chemin qu’elle prenait jusqu’au dehors était en fait le plus long. Le court voyage se passait en silence. Peut-être était-elle encore sous le choc, ou peut-être son esprit flottait, tant elle était heureuse. Elle cherchait les mots, mais ceux-ci ne vinrent pas… Son esprit se répétait sans cesse la sensation du toucher de sa peau sur la sienne, de leurs regards qu’ils avaient partagés par la suite. Encore une fois, même si il était certain qu’elle se souviendrait de ce jour toute sa vie, la peur qu’elle l’oublie alors qu’elle penserait à quelque chose d’autre l’avait possédée.

Leur rencontre, le repas, la discussion, tout cela s’était déroulé en clin d’œil, le temps d’une respiration et il fallait se saluer et observer douloureusement le dos de l’autre s’éloignant bien trop loin.

Mais alors que le silence perdurait et que les deux Setsu s’étaient inclinés, Nadeshiko eu trouvé les derniers mots, qu’elle disait spontanément alors que ses pensées étaient restées, encore et toujours, à l’instant plus tôt, qu’elle chérissait.

« Quand vous voulez. Vous pouvez venir quand vous voulez, que ce soit pour vous désaltérer avec de l’eau fraîche, partager encore un repas, ou lire ou bien juste discuter, tout ce que vous souhaitez… Si le confort de Nikkou ne vous convient pas, il y à votre disposition de nombreux couchages ici. Ma demeure vous sera toujours ouverte. Sachez-le. Ne vous retenez pas un instant. Je serais la plus heureuse des Dames si je voyais encore votre silhouette franchir le seuil de mon domaine. »

Peut-être en avait-elle trop dit, trop fait. Mais tout cela n’avait aucune importance. A son départ, elle allait adorer et remercier de tout cœur Onigiri et prier plus qu’à l’accoutumée son Dieu qu’elle chérissait tant, Kabegami. Et elle allait espérer plus encore le retour de celui qu’elle venait de quitter.



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