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 [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan)

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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Dim 15 Juin - 18:41

Alors que je suis perchée sur mon arbre, masque sur le visage, je regarde Masao donner les consignes aux Genin pour les prochaines missions. L’agitation de ces derniers temps s’est légèrement calmée mais j’ignore pour combien de temps encore. La mort et la trahison nous guette, Zakuro et moi et chaque jour est une longue séance de calcul stratégique pour que personne ne découvre son origine. Un combat acharné qui se mène entre notre amour réciproque et l’amour que nous portons à nos Clans.

Sakuya m’a laissée la paix aujourd’hui ; elle est toujours chargée de me sruveiller mais j’ai l’impression qu’elle lâche du lest ces derniers temps. J’ai donc décidé de retrouver mes Genin, discrètement, pour voir comment les choses avancent avec mes simples directives, sans mon intervention. Car il faut bien continuer à les former pour défendre Setsu, attaquer et espionner les Clans voisins. Chaque mission déléguée avec destination Fukyuu me donne l’impression de trahir tout le monde. C’est passablement désagréable... Pour éviter de trop y penser, je me déguise en Mononoke et regarde de loin ce qu’il en est. Petit à petit, je ne regarde plus et repère une jeune fille de quinze ans, l’air déterminé sur son visage alors qu’elle maîtrise aisément un autre Genin. Et mes pensées vont vers un autre jour.

Entrainement intensif ninja, il y a deux ans, jour pour jour.

J’entends du raffut, de loin, perchée sur le même arbre. Également masquée, j’observe la scène quelques instants avant de sauter pour m’approcher. De jeunes garçons embêtent une jeune fille, la seule du groupe à ne pas parler. Lorsqu’il me voit arriver, Masao se précipite mais je lui demande de s’arrêter d’un signe de main avant d’utiliser cette dernière pour attraper l’un des Genin, prêt à lever la main sérieusement sur sa co-équipière du moment.

- Mais..? commence-t-il, fâché mais sans oser trop en dire.
- Qu’allais-tu faire ? dis-je sur un ton sec, toujours masquée.
- Nous sommes en entrainement, n’est-ce pas ? J’allais combattre !
- Elle est dans ton équipe... je répète : qu’allais-tu faire ?

Le garçon me regarde, se mord la lèvre et se dégage de mon emprise, apparemment très remonté.

- Je ne comprends pas pourquoi nous sommes dans la même équipe ! C’est une Mikazuchi, une traître ! Son frère a tué un membre de l’armée Setsu et s’est enfui comme un lâche ! Elle ne mérite pas de s’entraîner pour vous, Jônin, ni pour Setsu-sama !

Un bruit sourd retentit, juste après un claquement violent. Des exclamations s’élèvent petit à petit, Masao calme les plus agités. Je m’avance vers le gamin renversé par ma gifle et n’hésites pas à lui faire la leçon devant son camarade. Ici, on sait que la Jônin est Mononoke mais on ne sait pas que la Jônin est Setsu Akane, sœur du Daimyo. En soi, cela n’a finalement pas n’importance... La jeune fille me regarde, probablement surprise que je la défende ainsi.

- Qui es-tu pour parler du passé d’autrui ? Penses-tu que je m’en occupe, moi ? A la sélection, t’ai-je demandé de quelle famille tu venais ?
- Mais je... commence-t-il en se frottant la joue.
- T’ai-je demandé de quelle famille tu venais ? Qui t’avais recommandé ? Ce que tu avais vécu ? Réponds !
- Non, vous n’avez rien demandé...
- Et sais-tu pourquoi je ne demande pas cela ?
- P... parce que le passé n’a pas d’importance lorsqu’on est ninja.

Je relève le gamin par le col et le relâche, jetant un œil à la jeune fille, apparemment toujours aussi surprise.

- Je vous enseigne à tous ici que lorsque vous affrontez un ennemi ou assassinez une personne, rien de ce qui n’est arrivé avant de compte. Parce que votre mission, votre but, et d’ôter la vie de cette personne et ce peu importe son âge, ses déboires, son histoire. Je vous enseigne aussi à ne pas vous faire confiance car les traitres sont partout.
- Justement ! renchérit-il.

Je lève à nouveau la main dans sa direction et il se tait, écoutant la suite de ma leçon.

- Mais lorsque je vous envoie en mission en groupe, lorsque vous formez une équipe, l’entraide est de mise ! Et c’est justement là l’intérêt de ne pas connaître l’histoire du co-équipier. Quelle est l’importance de savoir que ses parents viennent d’une riche famille ? Que son frère est un traître aux yeux du Clan ? Cette personne pourrait bien vous sauver la vie si vous êtes en difficulté. Et ce, peu importe ce qu’elle a vécu par le passé, simplement parce qu’elle est avec vous à ce moment-là.

Le garçon boude mais finit par admettre en hochant la tête.

- Si j’ordonne que vous fassiez équipe, vous le faites et sans discuter. Si j’entends encore que tu lui cherches des ennuis, il n’est plus question que tu continues à poursuivre les entraînements. C’est compris ?

Un autre hochement de tête et tout le monde reprend où il en était resté. Je pose ma main sur l’épaule de la jeune fille, elle aussi prête à repartir malgré son air ébahi.

- Viens, nous ne nous sommes pas encore présentées, je crois.

Je l’emmène plus profondément dans les bois et me rappelle pourquoi je l’ai choisie, il y a quelques semaines. Pourvue d’une dextérité à toute épreuve, elle est l’une des Genins les plus agiles de la sélection. Le fait qu’elle soit muette m’avait bien sûr marquée et séduite : le silence est une force dans notre exercice. Malgré tout, elle a su s’exprimer autrement que par les mots et s’est affirmée malgré les nombreuses brimades de ses camarades. Je m’arrête de marcher, m’étire et soupire lourdement avant de me retourner vers elle.

- Je sais que tu ne parles pas mais demander de l’aide n’est pas réservé à la voix. N’hésites pas à déclamer les injustices, envers les autres et envers toi-même. Tu n’en seras que plus douée.

Je laisse quelques secondes défiler puis reprends la parole pour un instant avant de la lui laisser, si tant est qu’elle puisse me répondre. Je ne l’a vue que cinq minutes, le temps de l’évaluer le premier jour, comme tant d’autres. Voilà qu’aujourd’hui elle sort du lot.

- Rappelle-moi ton prénom et je te dirai le mien.

Je sais qu’elle n’est pas comme les autres. Je ne connais pas son histoire mais elle a la dégaine d’une jeune fille au douloureux passé... ce sont des choses que les jeunes sentent et c’est sur cela qu’ils jouent pour la faire tomber. Ce jour-là, elle n’aurait pas eu besoin de moi pour la défendre. Mais c’est ainsi que se déroula notre première rencontre.


L - M - M - J - V - S - D


Dernière édition par Setsu Akane le Mar 19 Juil - 21:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Dim 15 Juin - 21:47

Subir. Encaisser. Survivre.
C’était mon quotidien depuis quelques semaines déjà, chaque jour qui passait n’était qu’un éternel tourbillon de brimades et de messes basses, toutes portées contre moi à cause de nii-sama. Les entraînements étaient des plus rudes, amplifiés par la rancœur de mes camarades envers ma personne, juste parce que j’avais le même sang maudit que mon frère et le même nom. Et je survivais malgré tout ça, je ne lâchais pas prise et luttait pour progresser. J’encaissais, je stockais toute la haine dirigée vers moi pour en tirer une puissance me projetant au-delà du niveau des médisances. Je devenais inaccessible, insensible, un monstre. Malgré mon apparent mutisme et mon visage marqué de la fatigue de l’exercice du jour, j’étais toujours prête à agir au commandement du chûnin, dés qu’il lancerait l’exercice, je serais prête à agir avec mes coéquipiers.
Aujourd’hui, c’était un entraînement de groupe, plusieurs équipes de trois, un objectif : neutraliser le capitaine de l’équipe adverse. J’avais souvent la malchance d’être mise en trinôme avec deux garçons qui avaient pris l’habitude de me bousculer au détour des couloirs, de me faire diverses crasses qui resteraient probablement dans ma mémoire jusqu'à la fin de ma vie. Ils étaient deux des nombreux bourreaux que j’avais ici mais j’avais toujours réussi à passer outre, aussi pensais-je qu’aujourd’hui ne serait qu’une épreuve de plus vers un cran supérieur de l’entraînement. L’exercice allait être lancé, tout se déroula très vite, si vite que je n’avais pas pu empêcher notre capitaine de se faire avoir, nous avions perdu, alors que j’avais réussi à neutraliser l’une des gardiennes adverses.
 
Coupable. Fautive. Inutile.
Il ne fallu pas plus de temps aux deux garçons pour rejeter la faute sur moi, tandis que je suivais scrupuleusement la stratégie mise en place par le principal concerné. Bien que ma part de la stratégie ait été presque intégralement remplie, j’étais déclarée coupable de cet échec. Les raisons invoquées étaient aussi bancales qu’injustes. « Tu n’étais pas à ta place au moment voulu » « Tu n’as pas protégé le flanc gauche correctement »… Bien sur, je ne répondais pas, je ne pouvais pas et même si j’avais pu, qu’aurais-je gagné à répondre ? Probablement la même chose que maintenant, notre capitaine n’appréciant qu’à moitié mon silence constant, trop crétin pour entrevoir le fait que je ne pouvais pas parler.
Mais cette défaite à l’exercice semblait le vexer à un point où il voulait passer définitivement ses nerfs sur moi. D’un geste brusque associé à sa force de porcidé mutant, il n’a aucun mal à mettre à mal mon équilibre. Je trébuche mais me rattrape et me redresse rapidement, ce qu’il prend visiblement mal, cette rébellion de ma part blesse son égo de brute empaffée et bien que je ne bronche pas et ne montre aucun signe agressif, il s’obstine à vouloir me faire comprendre qu’il ne voulait pas que je sois dans son champ de vision, ni même à le regarder dans les yeux. Le deuxième garçon me fait trébucher de nouveau pendant que notre chef d’équipe s’approche, je comprends bien qu’il allait me frapper pour de bon cette fois-ci. Et je ne sais toujours pas si c’est par peur ou par bêtise que je n’étais aucunement prête à répondre, cette fois encore.
 
Incompréhension. Morale. Logique.
Encore une fois, je ne comprends pas tout à ce qui se déroule sous mes yeux. Une femme est arrivée de nulle part pour lui attraper le bras avant qu’il ne me porte définitivement cette baffe. Le deuxième garçon s’éloigne aussitôt de moi, essayant même de faire comme s’il n’avait rien fait, mais le regard du chûnin était déjà posé sur lui, faire profil bas était tout ce qu’il pouvait faire pour les minutes de sermon qui s’annonçaient.
Notre capitaine est vraiment remonté contre moi, le regard qu’il me lance avant de se retourner est assez explicite. Il n’aurait aucun remord à me laisser crever dans un coin si une mission tournait mal. Surprise et perdue à la fois, j’ai peine à comprendre que c’était notre jônin qui l’avait arrêté, il me faut l’entendre de la bouche de mon tortionnaire pour que je percute la situation. Je me relève doucement, toujours dans un silence impérial. J’avais bien fait de ne pas répondre aux provocations du garçon et je ne pouvais pas à la fois. De toutes les brimades que j’avais pu recevoir, une avait laissé un bleu sévèrement douloureux au niveau de mon épaule gauche. Le temps que la douleur se calme, je n’aurai pas pu faire quoi que ce soit contre la force bestiale de l’empaffé.
Le questionnement de la jônin est terriblement précis et logique, alors que les réponses sont tout aussi stupides que basées sur mon histoire, ou plutôt sur la façade de celle-ci. Les ninjas de Setsu savaient tous plus où moins cette histoire au sujet de mon frère. Mais qui ici savait l’envers du décor ? Quoi qu’il en soit, je suis pour le moins surprise de la gifle magistrale que la jônin décoche à mon camarade. Les arguments avancés sont clairs, indiscutables. L’impact qu’elle produit sur le garçon est exactement le même sur moi alors que j’en étais pas la cible. Ce n’était que pure logique : Serais-je considérée différemment si j’avais été totalement étrangère à l’affaire ? Oui cela ne faisait aucun doute. Les paroles de notre supérieure étaient convaincantes autant que le ton qu’elle employait pour sermonner mon camarade était sévère.
 
Compréhension. Dialogue. Amitié ?
A peine le sermon fut-il achevé que nous recevions l’ordre de nous remettre à la tâche. Personne ne prononça mot, personne n’osait ou ne pouvais. Mais à nouveau j’étais surprise d’être interpellée par la jônin. Soucieuse que j’allais peut être me faire également réprimander, j’étais encore un peu sur le coup de la surprise précédente. Mais au lieu de cela, elle me demandait de la suivre, simplement. En silence, nous nous enfoncions plus profondément dans le bois, sous le regard incompris des deux garçons et du chûnin qui ne posa pas la moindre question et ne montrait aucun intérêt à ce départ soudain.
Quelques minutes passent dans un silence qui m’oppressait, bien que c’était mon pain quotidien, j’étais en présence de quelqu’un d’important et ne savais pas pourquoi. J’avais le trac, j’avais… Peur.
Une inquiétude inutile et idiote si j’en jugeais pas le soupir long et les premières paroles qu’elle m’adressait. Des paroles que j’aurais souhaité entendre bien plus tôt, mais elles étaient là et me faisaient chaud au cœur. Seulement je ne pouvais pas me permettre de rapporter tous les problèmes liés à mon passé que je pouvais rencontrer. De quoi pouvait avoir l’air une genin incapable de supporter des remarques aussi idiotes soient-elles qui n’étaient fondées que sur des bribes d’informations divulguées au bon vouloir des plus médisants ?
 
Finalement, elle ne me posait qu’une question, présentée plus comme un impératif mais sans le ton autoritaire qui en découlait. Mon prénom… Personne n’avait jamais pris la peine de me le demander, pas même les chûnins qui nous interpellaient par nos noms de famille, soulevant dans mon cas plusieurs remarques déplacées. Alors que je cherchais intérieurement le moyen de lui donner mon prénom je finissais par essayer le langage des signes, imaginant qu’elle pourrait, peut être le comprendre. Les signes utilisés comme codes par les ninjas étaient inspirés de ça, aussi espérais-je naïvement que je pourrais être comprise. Machinalement mes lèvres accompagnaient mes signes, peut être que mon absence de voix pourrait cependant aiguiller la jônin sur le décryptage de mes signes.
 
[Je m’appelle Mikan, Mikazuchi Mikan.]
 
Situation embarrassante, je mettais machinalement ma main sur ma gorge, masquant la cicatrice que je ne pouvais dissimuler en tenue d’entraînement. Cette entaille était un symbole terrible pour moi. Symbole de la terreur et de la cruauté qui avait été appliquée sur mon corps, cette blessure était la marque de la vengeance et de toute la haine que je pouvais porter à l’encontre de celui que j’appelais, avant tout cela, « Nii-sama ».
Une seule question me triturait l’esprit : Pourquoi m’avoir fait venir ici ?

Savoir le prénom du jônin était, en soit une information qui me perturbait moins, elle savait très bien que je ne pourrais de toute façon le répéter à personne.
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Setsu Akane

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Ven 27 Juin - 9:13

Je vois qu’avant de répondre, elle réfléchit quelques secondes sur la manière de me faire comprendre son prénom. Jusque-là, j’imagine qu’elle n’a jamais eu besoin de se faire comprendre car, aussi loin que je m’en rappelle, elle n’a jamais été cheffe d’équipe. Elle a toujours suivi les ordres, donné quelques indications par signes typiquement ninjas mais sans devoir donner de directives claires. Son absence de parole n’a jamais été un handicap pour elle, du moins au sein de la section. J’imagine alors sans peine que, si je tente de créer un lien avec elle, j’aurai quelques difficultés à la comprendre.

Je décrypte ses gestes tout en lisant sur ses lèvres : « Je-appelle-Mikazuchi-Mikan ». J’ai peur d’avoir mal compris son prénom... qui est plutôt amusant. Les parents ont parfois de drôles d’idées, comme celle de me donner le nom d’une fleur. Une fleur que l’on n’a pas envie de voir grandir. Peut-être que dans le cas de cette jeune fille, ses parents n’imaginaient pas qu’on puisse presser la mandarine jusqu’à complètement la détruire. Ou peut-être a-t-elle subi cette pression au sein de sa famille. Les prénoms sont souvent révélateurs d’une personnalité, d’une vie. Probablement les kamis doivent-ils les chuchoter à l’oreille de nos géniteurs, dessinant une partie de notre futur.

Je remarque qu’elle place immédiatement sa main sur sa gorge et devine une cicatrice à travers ses doigts. Ainsi, il est physiquement impossible pour elle de parler. J’ignore cependant encore l’origine de cette blessure mais j’imagine sans peine son traitre de frère lui faire du mal, voyant comment il a fui sa famille après son crime. Il est trop tôt pour poser la question. Je ne la connais pas et aurais de toute manière des difficultés à la comprendre.

Malgré tout, j’ai envie moi aussi de lui dévoiler mes secrets, sans vraiment connaître la raison de mon intérêt pour la jeune fille. Peut-être est-ce cette lueur de haine dans le regard, une haine particulière que j’ai moi aussi ressentie, cette haine découlant de l’envie de vengeance. Je souris en coin mais elle ne le voit pas sous mon masque. Je hoche alors la tête, m’approchant plus près d’elle, prête à lui révéler mon identité sans pudeur. Elle sera donc la quatrième personne à connaître mon principal secret, après mon frère, Sakuya et Masao. Je retire mon masque, le laissant pendre à l’arrière de ma nuque par le fil le maintenant normalement en place.

- Enchantée, Mikan.

Je regarde la verdure alentours et réfléchis quelques secondes... à rien de particulier, c’est juste une hésitation qui me fait gagner du temps. Mais finalement, je détourne mon discours avant d’arriver à la vérité.

- Pour tout le Clan Setsu, avec mon masque, je suis Mononoke. Une ninja sans visage dont les actions vont parfois à l’encontre de la volonté du Daimyo. Mononoke établit une justice qui lui est propre, elle agit dans l’ombre et tue sans qu’on lui en donne l’ordre. Les citoyens la craignent car elle est imprévisible et peut décider d’éliminer le marchand du coin ou le noble du quartier d’à côté.

Pour les ninjas, Mononoke est la Jônin du Clan. Mais le peuple ne le sait pas forcément. C’est une information légèrement controversée et les ninjas qui la révèlent ne font pas long feu. La Jônin n’est pas connue du peuple, ce dernier étant plutôt en contact avec les Chûnin de Setsu. D’ailleurs, certains Genin n’ont jamais vue la Jônin et ne savent pas qu’il s’agit de Mononoke, car c’est souvent Masao qui effectue les entretiens, sous la surveillance de la grande cheffe.

En revanche, personne ne sait que Mononoke et la Jônin sont une seule et même personne, que derrière ces déguisements se trouve un seul nom. Un nom connu du peuple mais ne provoquant pas vraiment d’intérêt, car l’intérêt est centré sur son frère, le Daimyo du Clan.


La jeune fille semble petit à petit mettre en place les informations données en vrac que je lui déballe de façon peu claire. J’aime embrouiller les esprits... mais le sien semble plutôt lucide et je vois qu’elle commence à me situer autant dans la hiérarchie que dans ma véritable identité de sang. Pour conclure, je lui révèle ce qu’il en est et décide de garder mon plus gros secret, mon plus gros point commun avec elle, pour plus tard. Elle connaîtra l’origine de ma cicatrice à un moment donné mais je tiens à d’abord voir sa réaction par rapport à cela.

- Je m’appelle Setsu Akane. Sœur de Setsu Gekido, Daimyo du Clan. Jônin de ce même Clan. Mononoke a ses heures perdues, laissant place à son âme rebelle. Je suis probablement la preuve réelle que le passé n’a pas d’importance, que l’on peut arriver à ses fins alors que l’attention est fixée sur son aîné. Peu importe ton passé, Mikan. Si tu trouves la vie injuste, alors combats ceux qui la rendent injuste, par tous les moyens. C’est le conseil que je peux te donner.


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Dernière édition par Setsu Akane le Ven 4 Juil - 8:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Lun 30 Juin - 17:09

Partage, échange, communication.

Cette conversation est étrange, je ne sais l'expliquer mais elle traduit à la fois une telle proximité et une distance affreuse. Un contexte mal adapté pour une rencontre pour le moins surprenante, je ne suis genin que depuis peu et me voilà déjà face au grand manitou, notre référence à tous, l'incarnation de l'élite que nous tentions tous et pour beaucoup, en vain, d'atteindre.
Est-ce là mon malheur qui m'offre, en guise de pardon, un rencontre aussi fabuleuse ? Je l'avoue, j'en suis paralysée, j'ai peur au moins tout autant que lorsque mon frère m'avait plaquée au sol pour me lacérer la gorge. J'ai peur pour une raison toute bête : Je ne me sens pas à la hauteur. La jônin possède le droit de vie et de mort sur nous tout comme le daimyo et ce peu de temps passé à m'entraîner n'avait été que persécution pour moi. Que devais-je comprendre, tandis qu'elle s'approchait de moi doucement, comme une ombre de la mort venant vous faucher.
J'avais peur, peur qu'elle décide de me supprimer après cette conversation factice, parce que les autres m'ont tous brutalement rejetée.

Mais ma réflexion est stupide, ou peut être la défense qu'elle a tenue à mon égard tout à l'heure était aussi fausse que la manière soumise dont mon chef d'équipe avait finalement répondu a la jônin. Elle le savait sans doute, il lui avait menti, fournissant la réponse qu'elle souhaitait entendre pour avoir la paix et éviter une énième baffe ô combien méritée.
J'étais devenue méfiante, à l'excès mais à juste titre également, mon propre frère m'avait tailladée sans vergogne, comment pouvais-je vouer une confiance aveugle à des gens qui le haïssaient et chercheraient à apporter sa tête au daimyo s'ils en avaient l'occasion ?
Je me terre dans cette méfiance, j'en ai déjà fait une carapace épaisse et aussi dure que le poids de mon silence.


Annonce, révélations, assimilation.

Ce n'est pourtant pas la peur qui me paralyse le plus, ce sont les mots qu'elle emploie alors qu'elle commence un monologue. Mes yeux parcourent son visage démasqué, ses traits sont fins, elle est plus vieille que moi tout en étant loin d'être d'un âge avancé. Son visage est beau et harmonieux, tout autant qu'il semble être sévère. Je suis d'autant plus surprise d'entendre de sa bouche qu'il lui arrive de bafouer l'autorité du daimyo, tout en étant consciente qu'il est difficile de satisfaire tout le monde lorsque l'on doit faire un travail. Ma peur s'intensifie lorsqu'elle parle de sa liberté de tuer, un marchand, un noble... lui est-il arriver de supprimer des genins qu'elle jugeait inutiles ? Probablement. Ou peut facilement imaginer qu'un être capable de supprimer un autre être ne doit plus avoir beaucoup de sens moral, supprimer ses semblables n'est pas si différent qu'une personne lambda. Malgré ça, Mononoke semble garder un équilibre chancelant entre la folie meurtrière qu'elle admet si facilement devant moi et sa morale en tant qu'être humain. Elle me parle de justice, un mot qui m'est, ma foi, bien étranger. Je n'ai souffert que de sa variante sombre à cause de mon frère, mon père exerçait sur notre famille sa propre justice lui aussi, il nous blâmait de son propre échec.
Ainsi, ses paroles ne prenaient pas de sens dans mon esprit pour le moment, la justice n'était pour moi qu'une excuse utilisée pour faire souffrir gratuitement les autres et conserver un semblant de conscience après ça.

Elle continue, me parlant de Masao, je ne sais pas qui c'est, sans doute l'un des chûnins, à vrai dire il n'y à qu'un seul chûnin masculin que je connaissais, actuellement. Celui qui, par son inaction répétée approuvait implicitement les mauvais traitements que je recevais. Si c'était lui, alors pour le moment, je ne pouvais pas l'apprécier. Ne rien faire peut être pire que d'y participer, à mon sens cela témoigne d'une certaine inhumanité, ne pas s'interposer et ne pas imposer son autorité pour défendre quelqu'un de persécuté... C'était comme approuver ce châtiment injuste. Tandis que la jônin, elle, avait été bien plus radicale en l'espace de cinq misérables minutes. Ce qu'elle avait fait n'était pas passé inaperçu, ils l'avaient tous vu. Personne ne l’admettra ouvertement mais tous se souviendraient de ce qu'ils risquaient si elle leur tombait dessus pour un motif similaire. Cette autorité dont elle faisait preuve était indiscutable.

J'ai soudainement l'impression que le temps s'arrête, dés qu'elle prononce ce fameux « en revanche ». Je m'attendais à beaucoup de choses, mais très probablement pas à ce qu'elle m'annonce tout cela ainsi. Mon esprit tourne et retourne toutes ces informations pour les assembler dans un sens logique, tel un puzzle que l'on se sent obligé de résoudre le plus rapidement possible. J'ai l'impression de me noyer dans la masse d'informations qu'elle me révèle, tout en ne comprenant pas pourquoi elle me dit tout cela. Mais je trace très rapidement les liens entre chaque information, ne me laissant en tout et pour tout qu'une seule et unique conclusion. Cette conclusion me choque, et la surprise s'affiche très clairement sur mon visage, mes yeux s’écarquillent je place machinalement mes mains devant le bas de mon visage, littéralement choquée de ce que j'apprenais.


Déni. Evidence. Similitudes ?

Je ne crois pas à ma propre déduction, ce n'est pas possible. Tout concorde mais c'est impossible, je refuse d'y croire, les probabilités sont littéralement infimes, inexistantes. Pourtant c'est la seule suite logique que je puisse faire. Après la méfiance, je me terre dans le déni, un sentiment inutile, tout autant qu'il résulte d'un entêtement mal géré la plupart du temps.
Mais je dois rapidement me rendre à l'évidence, le visage très sérieux de cette femme, Mononoke... Non, Akane ne traduit aucun signe de mensonge, elle est très sérieuse, maintenant plus que jamais. Elle ne me mentait donc pas ? La jônin qui se tenait devant moi, cette terreur urbaine que les civils craignaient n'était autre que la sœur du daimyo ?
Par tous les kamis, quelles étaient les possibilités pour qu'une telle personne soit à la fois trois personnalités totalement distinctes ? Mononoke était un nom récurrent chez les ninjas, le jônin était une référence. Mais Setsu Akane, aux yeux du peuple, n'était rien de plus qu'une femme de haute-naissance. Ce nom n'avait absolument aucun lien avec le reste, déjà qu'il fût être tordu pour établir un lien entre les deux premières personnalités.

Je reprends mes moyens après quelques minutes, silencieuse comme jamais, mon corps lui-même avait cessé d'être expressif depuis déjà un moment. Je ne savais que peu de choses sur la noblesse du clan, mais la famille du daimyo était, de toute évidence, le minimum à savoir. Elle disait vrai, l'attention était plus porté sur Gekido que sur Akane, leur rôles étaient très différents, l'un était daimyo, l'autre étant irrémédiablement placé dans son ombre. Et quelle ombre.
Mais le portait était aussi très comique, Le frère et la sœur, l'un redouté et l'autre vivant dans son ombre, subissant un traitement en lien avec les actions du premier. Je ne connaissais que trop bien cette situation. J'étais moi-même l'ombre de mon frère, le rejet qu'il avait gagné se répercutait sur moi.
Mais il y avait une différence notable entre nous deux : Setsu Gekido resterait au centre de l'attention aussi longtemps qu'il occuperait son trône, sa sœur serait libre d'agir dans l'ombre. Dans mon cas, personne ne pouvait se venger sur mon frère, de ce fait je devenais le punching-ball pour les frustrés. Finalement elle était probablement la première et la seule personne capable de comprendre ce que je ressentais. Cela nous faisait sans doute un point commun... Peut être. Quoi qu'a la réflexion, nous n'avions rien en commun de plus qu'un frère aîné. J'avais même totalement mis de côté les convenances qui s'appliquaient à son égard. Maintenant que je savais qui était en face de moi, il était naturellement de coutume que je m'incline très bas devant elle, ma vie n'avait aucune valeur contrairement à la sienne aux yeux du peuple.

Malgré tout cela, elle ne s'attarde pas sur mon flagrant manque d'éducation et de politesses du moment, elle me parle même comme à un égal, ce qui, en plus de me mettre très mal à l'aise, me submerge d'émotions. Je ne dois pas pleurer, c'est la première chose qui me vient à l'esprit. J'étais déjà bien assez faible pour afficher en plus de mon physique ridicule, une psyché toute aussi misérable. Je n'avais pas envie de pleurer parce qu'elle ne me traite pas comme un rebut, mais bien parce qu'elle me conseille et me rassure par ses mots. C'est un baume au cœur que j'aurais souhaité avoir bien plus tôt, cette sensation de bien être qui m'envahit est telle que l'émotion m'arrache une larme, finalement.

Je suis pathétique.

Ai-je seulement la possibilité de ne pas passer pour une idiote une fois dans ma vie ? Visiblement pas, je ne suis même pas capable de contenir mes sentiments. Je dois me faire une raison, je dois être véritablement incapable d'atteindre le niveau de mon frère. Ai-je seulement une chance de survie en tant que ninja de Setsu ?
Le temps me le dira, je pense.
Je tente de chasser cette larme rapidement, mais une autre prend sa place. Je profite de ces quelques minutes pour me calmer et reprendre ma respiration. Mes lèvres n'arrivent plus à suivre ce que je tente de communiquer avec mes mains à Akane, il est fort probable qu'elle ne comprendra qu'une partie, puisqu'elle avait fixé avec précision mes lèvres la première fois.

[Je suis désolée, je ne sais pas quoi répondre, je ne comprends pas... Pourquoi me conseiller alors que je ne sers a rien ? Pourquoi vous êtes si gentille avec moi?]

Mes propres « paroles » me surprennent, ce que je tente de dire est à la fois vrai et faux. Je ne comprends simplement pas qu'elle puisse être aussi sympathique à mon égard, finalement.

Il n'y a pas à dire, je suis vraiment pathétique.
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Setsu Akane

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Ven 4 Juil - 9:16

La surprise est marquée sur son visage. Je ne m’attendais pas à une autre réaction de sa part... les autres l’ont été aussi, particulièrement Masao. Je sais que ce dernier n’a jamais défendu la Genin, il a souvent pour consigne de laisser les conflits se dérouler. Nous appelons ça la « malheureuse sélection naturelle ». Sans la négligence volontaire de Masaso durant tout ce temps, je pense que j’aurai loupé de belles sélections à ce jour. Y compris celle de Mikan. Car bien qu’elle se soit laissée dépassée aujourd’hui, je sais qu’elle garde un esprit combatif les autres fois. Probablement est-ce cet esprit qui m’a fait aller vers elle.

Je la laisse digérer, les oiseaux étant les seuls à meubler le silence pesant pour la jeune fille. De mon côté, ce silence est apaisant. Parce qu’entre les rapports de mes Chûnin, les insultes de Sakuya et les disputes avec mon frère, ma vie est servie de bruits inutiles. Bien que je la sente bouleversée par mon annonce et que le silence n’est certainement pas dans sa tête, je me sens comme soulagée d’avoir dit cela à quelqu’un d’extérieur, quelqu’un que je ne connais pas. Je suis bel et bien égoïste à souhait...

Je ne sais pas réellement comment réagir, lorsqu’elle commence à pleurer. Je ne pensais pas que cette annonce la ferait pleurer. Je ne sais même pas pourquoi elle pleure... des pleurs sans son, c’est particulier. Elle a montré pendant plusieurs mois qu’elle était forte. Peut-être cette annonce l’éloignera-t-elle de moi car il s’agit d’un lourd secret à garder, même pour une muette. Je l’aurais bien cherché. Quelle idée de dévoiler tout cela à une gamine inconnue, encore fragile et innocente. Elle sèche sa première larme mais la seconde la remplace aussitôt. Bien qu’elle ne puisse rien articuler, cette fois, elle prend la peine de faire des signes à nouveau. J’en saisis moins qu’auparavant mais je comprends alors la raison de ses pleurs.

[... désolée... Pourquoi... conseiller... je... rien... Pourquoi... gentille... moi...]

Des souvenirs me brûlent le cerveau. Je me rappelle avoir eu la même envie de poser cette question à Byakuya, au début. Je l’admirais tellement, il était puissant et doué. Pourquoi m’a-t-il aidée, alors ? Finalement il m’a trahie, je n’ai rien compris et la vengeance me l’a enlevé. Mais tous les bons moments que nous avions passés ensemble au début, tous les moments de complicité et de félicitations... ils seront probablement chers à mon cœur à jamais.

Peut-être Mikan me voit-elle ainsi, elle aussi. Comme un mentor, quelqu’un qui l’a tirée d’une mauvaise passe, d’une vie pourrie par quelques imbéciles sans vergogne. Je saisis qu’elle ne comprend pas ma gentillesse... j’avoue ne pas la comprendre non plus, raison pour laquelle je ne réponds pas immédiatement, la laissant face à un visage sans expression pendant un moment. Puis, finalement, après avoir fait quelques pas à droite et à gauche, je réponds sincèrement mais hésitante tout de même.

- Il y a longtemps, j’ai connu un homme... un homme que j’admirais. Il m’a en quelque sorte sauvée de cette vie de ténèbres dans laquelle je m’étais enfoncée. Il m’a tout appris, y compris à tuer. J’aurais donné ma vie pour lui.

Je soupire, les souvenirs de son changement de personnalité sont encore douloureux.

- L’histoire s’est mal finie, il a changé de voie, j’ai suivi la mienne en l’éliminant. Mais le fait est que... je rêve souvent de ses bons moments, des années après tout cela. Je me rappelle de sa bienveillance du début, de ses marques d’attention. Il était loin d’être affectueux... mais par ses mots, il a soigné mon âme. Et bien qu’il l’ait détruite à nouveau par la suite, je suis heureuse d’être Jônin à présent, grâce à lui. D’avoir appris ce que je sais.

Je me replace en face d’elle et la regarde droit dans les yeux, une expression bienveillante dans mon regard.

- Je crois que je suis gentille avec toi parce que tu me rappelles l’Akane que j’étais à cette époque. Une jeune fille paumée, traumatisée par sa famille, désirant s’en sortir. Je dis sans cesse que le passé n’a pas d’importance en mission... mais il en a en général car il fait ce que nous sommes. Les Samouraï n’ont pas forcément de raisons de devenir soldats, ils suivent le plus souvent un code d’honneur très stricte. Mais les ninjas, les vrais, cherchent souvent quelque chose à travers les assassinats. Un étanchement de leur soif de sang, une reconnaissance de la hiérarchie, une vengeance... Et c’est leur passé qui les guide vers cette voie, bien qu’ils doivent en faire abstraction par la suite.

J’effleure sa joue du dos de mes doigts, délicatement, pour sécher ses larmes et souris légèrement, sincèrement. Voilà que je deviens sentimentale...

- Ce n’est pas une honte de pleurer. C’est la façon qu’a le mal de sortir de notre corps. J’ai oublié ce qu’est pleurer... probablement est-ce la raison qui m’a fait accepter d’être Jônin. Trop de douleur s’est accumulée en moi et la seule façon que j’ai trouvée pour la faire sortir, c’est évaluer la douleur des autres pendant qu’ils tuent.

On pourrait penser que j’ai honte d’être Jônin au moment où j’emploie ces mots. En quelque sorte, c’est parfois vrai. Utiliser de jeunes gens pour tuer, espionner, voler... alors que je pourrais le faire moi-même facilement. Rien de bien glorieux dans tout cela.

- Je crois que je suis gentille avec toi tout simplement parce que j’en ai envie. Ne me considère pas comme quelqu’un d’exceptionnel... en tout cas pas quand je suis Akane. Je ne suis qu’aune pauvre chose paumée, par moment. Il m’arrive d’avoir des angoisses, de ne plus savoir qui je suis. Je deviendrai peut-être folle, à un moment donné, avec mes trois identités. Mais... peut-être seras-tu celle qui pourra me redonner la raison.

Mon sourire s’étend légèrement plus alors que je place ma main sur sa tête pour la consoler. Je ne sais pas ce qu’elle va penser ou répondre à nouveau mais je sais que le lien est maintenant créé. Du moins, de mon côté.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Sam 16 Aoû - 17:39

Silencieuse gentillesse.
 
Mes « paroles » semblent trouver, pour quelques mots maladroitement articulés, un récepteur. Le reste passe à la trappe. C’est le problème qui me pose le plus problème d’une manière générale : Me faire comprendre. Il fut un temps ou tout n’aurait été que plus facile, il m’aurait suffit de parler, de réellement parler, avec cette voix qui m’était propre. Je l’ai perdue depuis assez longtemps pour l’avoir oubliée, ma propre voix, une partie de moi. Quelque chose qui m’appartenait, quelque chose qui m’était personnel et dont je pouvais être fière.
Maintenant, que me reste-il ? Des larmes, un frère qui m’a trahie, mutilée… Un père alcoolique assassiné, une mère folle a lier, empoisonnée à petit feu par mon aîné… Et mon mutisme si parfait. Je n’étais pas du tout dans le meilleur des états pour apprendre un truc pareil. Jônin, sœur du daimyo… C’est inconcevable. Une dame de haute-noblesse qui se retrouvait à gérer tout un contingent d’assassins et d’espions, pour moi ça relevait d’un rêve. Elle profite du silence pour se plonger dans une réflexion, probablement son passé ou quelque chose qu’elle semble reconnaître ou lui revenir. A sa façon d’être j’ai l’impression que ces souvenirs ou le sujet de sa pensée actuelle n’est pas un sujet qui la passionne. Mais pouvais-je seulement avoir raison, alors que les larmes rendaient ma vue assez pénible. Je n’arrivais pas à m’arrêter, elles coulaient de leur plein gré, une autonomie déroutante qui m’empêchait de savoir si j’avais tort ou non.
 
 
Douloureuse mémoire.
 
Je me calme doucement et les paroles de la Jônin viennent naturellement à mes oreilles, je peux me concentrer plus facilement sur chacun de ses mots mais plus elle parlait moins j’avais envie d’écouter. Ce n’était pas par manque d’intérêt mais surtout parce qu’elle me transmettait ses sentiments sans même s’en rendre compte. Sa réaction, sa façon d’être, le battement de ses yeux, ce soupir, ce regard indirect qu’elle me portait… L’homme dont elle me parlait lui était très précieux, vraiment très précieux. Mais il l’avait trahie. Etait-ce là ce qui la rendait si aimable envers moi ? Parce qu’elle savait ce que je traversais ? Je ne sais pas, je n’arrive pas à savoir et elle ne me le dit pas tout de suite. Akane, par son récit, illustre parfaitement mes ressentis de ces derniers mois. Mon frère m’avait protégée, préservée du mal de mon père, mais il m’avait détruite juste après. Je lui en voulais au point de pouvoir le tuer s’il était en face de moi, mais la vérité était tout autre.
 
 Serais-je seulement capable de pointer une lame dans sa direction ?
 
Non, pas actuellement. J’étais faible, j’étais blessée, meurtrie aussi bien de corps que d’esprit. Cependant, la façon dont Akane présentait les choses me donnait une nouvelle vision des choses. Elle était l’incarnation même de ce que je voulais atteindre. Elle avait réussi à remonter cette pente infernale. Ce simple détail me forçait à la respecter bien au delà de ce qu’elle pouvait imaginer. Mes yeux ne pleuraient plus, j’étais simplement fixée, hypnotisée par son discours bien que mélancolique alors qu’elle fixe finalement son regard dans le mien. Je l’ai su à cet instant. Je savais que je venais de ressentir un fort attachement à cette femme.
 
 
Bienveillance partagée.
 
Ce regard qu’elle m’offre est rempli de bon sentiments, c’est bien le premier regard amical que je croise depuis ce dernier mois. Il me fait chaud au cœur autant qu’il m’effraie, j’ai peur qu’il ne s’assombrisse et me piège dans un espoir vain. Pourtant il se présente à moi comme un soleil, la lumière au milieu des ténèbres.
Je ne m’attendais pas à cela, alors que j’étais à la fois en face de la Jônin et d’une femme qui semblait me comprendre en même temps, j’avais eu peur d’être réprimandée parce que j’étais inutile, source de problèmes parmi les Genins. Il n’en était rien, et chacun des mots qui suivaient étaient  une surprise qui surclassait celle d’avant. Mais encore maintenant, je crois que jamais, non jamais, je n’aurai imaginé entendre un ninja dire que pleurer n’était pas une honte. Sa première phrase avait beau sonner comme une prise en pitié de sa part, elle finit par le dire alors que je n’y croyais pas : Elle était gentille avec moi, pas par pitié, mais parce qu’elle en avait envie. Et plus encore, elle m’avoue à demi-mots qu’elle espérait que je lui vienne également en aide. Manière subtile et détournée mais terriblement lourde de sens de me demander ce que je crois être parfaitement incapable de faire : Aider.
 
C’est alors un sourire qui illumine mon visage, je suis heureuse pour la première fois depuis longtemps. Akane était gentille avec moi, elle était dés lors la seule personne en qui je pouvais avoir confiance actuellement. Je n’avais pas l’impression qu’elle me mentait, je voulais la croire sur parole. De nouvelles larmes, de joie cette fois, glissent sur mes joues et je ne sais quelle folie me pousse à enlacer la Jônin par la taille, doucement, alors que je suis bien plus petite qu’elle, j’ose, au risque d’être disputée, rejetée… De briser ce semblant d’amitié qui venait de naître.
Sans trop me rendre compte de cette action, je ne constatais que bien plus tard ce que j’avais fait, mais sur le coup j’étais assez euphorique, si je puis dire. L’étreinte ne s’éternise pas, je présente rapidement mes excuses pour ce geste -presque- déplacé tout en agitant mes mains pour essayer à nouveau de me faire comprendre. Des gestes précis, lents qui facilitaient la compréhension, surtout avec le battement de mes lèvres qui l’accompagnait.
 
[Vous êtes exceptionnelle… Vous l’êtes ! Et je suis heureuse de pouvoir connaître quelqu’un comme vous ! Je… Je…]
 
Les mots me manquent et cela se voit, je me mets à rougir comme une idiote, n’osant pas finir ma phrase. Mais manquer de franchise maintenant serait un flagrant manque de respect pour elle, je trouvais alors force de terminer, en articulant de manière plus tremblante ces derniers gestes.
 
[Je… Si je peux vous aider, je le ferais, Onee-sama !]
 

Je sursaute juste après avoir terminé mon geste, consciente que j’avais encore une fois dépassé les bornes avec cette appellation familière. J’étais gênée et terrorisée qu’elle le prenne mal encore une fois, j’aurais voulu m’excuser mais je n’arrive plus à bouger, je fixe son regard dans l’attente de ma sanction, sanction qui s’avérerait être bien différente de ce que j’imaginais… Si j’en jugeais son regard.



HRP : Désolée pour le retard ! D:
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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Dim 17 Aoû - 15:46

Progressivement, ses larmes arrêtent de couler alors qu’elle me regarde fixement. Puis, c’est la lumière qui m’éblouit, une lumière qui fait frissonner mon cœur d’un seul coup lorsqu’elle sourit. Sans vraiment que je sache comment, Mikan finit dans mes bras, apparemment heureuse de notre échange mais elle ne s’éternise pas. Elle s’excuse comme elle peut et j’en rirai presque ; cette petite est amusante, finalement. Pleine de douceur. Douceur qui m’a probablement fait venir vers elle. La jeune fille tente de se faire mieux comprendre et je saisis cette fois la totalité de ce qu’elle me montre.

[Vous êtes exceptionnelle… Vous l’êtes ! Et je suis heureuse de pouvoir connaître quelqu’un comme vous ! Je… Je…]

J’en suis presque gênée, bien que ses paroles sincères m’apaisent encore davantage. Avoir la reconnaissance de quelqu’un et non plus seulement la crainte fait tout de même du bien. Je m’apprête à répondre mais elle rougit et semble si contente de me dire la suite que je reste muette à mon tour, attendant qu’elle termine. J’écarquille les yeux de surprise lorsqu’elle m’appelle « grande sœur ». Les choses vont probablement un peu vite pour moi et pour elle et je nous sens dès lors un peu dépassées par nos sentiments.

Je ris finalement timidement. Pas de ces rires moqueurs, l’un de ces rires sincères qui ponctuent une conversation agréable entre amis. Je suis consciente de la différence d’âge et d’expérience entre nous deux et c’est justement pour cela que je tiens à m’occuper personnellement d’elle et de son initiation. Une fois mon rire terminé, court mais intense bien que discret, je m’approche d’elle et l’invite à se retourner pour retourner sur le lieu de l’entraînement. Une main sur son épaule, remettant mon masque, je clos alors notre échange, ouvrant des perspectives sur de prochaines rencontres.

- Commençons par le commencement. Tu as quand même un langage particulier qu’il faut que j’étudie pour mieux te comprendre. Pour cela, nous allons devoir passer du temps ensemble. Après cet enseignement, je pense pouvoir t’accompagner pour ta première vraie mission et nous verrons ce que la vie nous offre. Qu’est-ce que tu en dis ?

L’entraînement continue une bonne partie de la journée et j’annonce à Masao que Mikan est désormais sous ma propre protection. Étonné, il ne remet cependant pas mon jugement en question et choisis un autre Genin à former.

***
Quelques mois plus tard, première mission de la sélection.

La nuit est tombée sur le petit village voisin. Voilà quelques jours que nous soupçonnons un éventuel traître dans nos rangs, fournissant des informations à un Clan ennemi non loin de la frontière. J’ai précédemment décidé de m’occuper de cette mission avec un petit groupe de ninjas, laissant le plus grand groupe à Masao pour quelques heures, le temps de l’intervention. Dans ce groupe : deux garçons, dans les plus anciens de cette sélection, ainsi que deux fille. L’une un peu timide que j’ai jugé bon d’emmener pour qu’elle se fasse la main sur quelques malfrats. L’autre est, bien entendu, Mikan.

Pendant plusieurs semaines, la jeune fille m’a enseigné tant bien que mal les détails de sa communication particulière mêlant signaux ninjas et langage des signes. J’ai eu de la peine à tout assimiler car ce langage est bien plus complexe qu’on pourrait le penser. Je pense maintenant être assez au point pour dire que j’ai surtout appris à comprendre Mikan en elle-même. Ses mimiques, les informations que ses expressions laissent filer, l’anticipation de ses réactions. « Sa langue » en elle-même a été enseignée à la plupart des Genin de la sélection pour faciliter les échanges de la mission actuelle, d’ailleurs. Ainsi j’ai constitué ce groupe, sachant qu’ils étaient aptes à se comprendre, malgré le silence de Mikan.

Mon signe de tête disperse les garçons, qui se rapprochent de la cible. Nous devons encercler l’endroit et éliminer les gardes du corps de la personne du Clan voisin. L’adolescente timide doit prendre cette dernière en otage pendant que Mikan sera chargée de poursuivre le traitre en question et de l’éliminer. Je suis là pour superviser les opérations et intervenir si quelque chose se passe mal. Mon intuition me dit que la constitution de l’équipe cloche... Mais je suis curieuse de voir comment vont se dérouler les évènements. L’opération a commencé : ce soir, la jeune fille muette tuera sa première victime. Première d’une longue liste.


[HRP : ne me rappelant plus de quoi on avait discuté pour la suite, je me suis permise de faire une ellipse de plusieurs mois, j’espère que ça te convient. Si ce n’est pas le cas, dis-moi et je changerai. Pour la mission, je te laisse la liberté de décrire jusqu’où tu en as envie, sachant que la jeune ninja qui doit prendre l’otage ne doit pas réussir cette tâche (si tu vas jusque-là). Après, tu es totalement libre ! Si c’est trop de liberté, dis-moi aussi et je développerai. Et pas de souci pour le retard. =)]


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Dernière édition par Setsu Akane le Dim 7 Sep - 15:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Ven 5 Sep - 21:23

Amitié, complicité, protection.
 
La réaction d'Onee-sama fut bien plus souple et agréable que je n'avais pu l'espérer. Moi qui m'imaginais déjà rabrouée pour avoir osé un tel geste, elle m'accueille cependant avec douceur, contre toute attente de ma part. C'était encore trop tôt pour moi que d'assimiler que cette personne si gentille, la première à l'être en réalité, était à la fois jônin et sœur du daimyo. J'étais un peu perdue, entre la stricte hiérarchie et cette conversation qui se foutait clairement et distinctement des actuels codes en vigueur, une vulgaire roturière comme moi, en train de converser librement avec la sœur de notre seigneur...
D'un point de vue extérieur et formel, c'était insensé et irréaliste. Pour moi j'aurai probablement pu avoir des problèmes par ailleurs. Mais au sein des ninjas, là où chaque secret était synonyme d'une mort imminente, ce n'était pas si choquant, nous étions pas placés sur un piédestal par rapport aux autres. Malgré cela, elle restait ma supérieure hiérarchique directe, la deuxième plus haute de la hiérarchie clanique, juste après son frère. C'était amusant d'une certaine manière, d'imaginer le frère et la sœur aussi investis dans le devoir de leurs clans. A cet instant j'osais espérer qu'Akane et Gekido s'entendaient mieux que Rokujiro et moi.
 
Je n'ai pas le temps de trop me l'imaginer, ce sont ses paroles qui me sortent de mes pensées. C'était là une évidence, ma façon de communiquer était complexe pour beaucoup, savoir allier des paroles a des gestes nécessitait un apprentissage conséquent. Pour l'heure, Onee-sama avait tout de même compris ce que je voulais dire, alors qu'elle n'était pas particulièrement experte dans ce domaine. Je me doutais que l'utilisation de certains signes ninjas aideraient mais je n'avais pas pensé qu'ils l'aideraient au point qu'elle puisse comprendre. J'étais plutôt heureuse pour ça, et je ne pouvais que l'être plus lorsqu'elle m'a dit que nous passerions plus de temps ensemble. Remettant son masque effrayant, elle m'intime de retourner vers le terrain d’entraînement. L'étonnement est a son comble lorsqu'elle annonce au chûnin qu'elle allait s'occuper de moi, moi la première je reste à cet instant les yeux écarquillés, a la fois surprise et heureuse de l'apprendre.
 
 
Entraînement, intimité, progrès.
 
Les jours et semaines qui suivent son éprouvants, Akane ne ménage pas mon instruction et sait se faire exigeante. Malgré tout ça elle reste quelqu'un de très attentionnée et nous passons finalement beaucoup de temps à parler toutes les deux. Plus les jours passent mieux elle comprend mes geste et j'ai de moins en moins recours au mouvement des lèvres, nous sommes comme en symbiose toutes les deux, elle comprend mes pensées et je comprends les siennes, il nous arrive parfois de nous comprendre d'un simple regard, surtout lorsqu'il s'agit de quelque chose d'idiot.
Au bout d'un mois je suis déjà bien plus épanouie et mieux considérée par tous, malgré les quelques ressentis restants, la jalousie de mes camarades qui me maudissent parce qu'ils n'ont pas la chance d'être sous la protection de la jônin. Tous n'y voient que des intérêts personnels, par simples pulsions vénales. Je le considère autrement, la manière dont je conçois ma dévotion envers Onee-sama n'est pas motivée par une envie de reconnaissance, ni même pour le faire bien voir.
 
Je veux simplement qu'elle soit fière de moi. Elle investissait tellement de temps et de volonté à me comprendre et m'apprendre que je ne voulais pas la décevoir. Alors je m'appliquais du mieux que je pouvais, surpassant parfois mes limites physiques, il arrivait parfois que je me blesse en voulant trop en faire mais petit à petit, Akane orientait ma formation vers ce qui semblait me convenir le plus : Agilité et rapidité.
Contrairement aux garçons de la promotion, j'étais bien trop faible physiquement parlant pour tirer profit d'une quelconque force physique. J'étais même plus faible que les rares filles, c'est dire. En revanche, il ne fallu pas longtemps a Akane pour se rendre compte que j'étais beaucoup plus rapide que la moyenne de mes camarades : Il m'arrivait souvent, lors des échanges physiques, de me tirer de l'emprise de mes camarades grâce à ma vivacité. L'entraînement avait beau être différent de la réalité où mon adversaire tenterait plutôt de m'éventrer que de me faire une clé de bras, il m'avait semblé que l'esprit d'Onee-sama avait vu les choses bien autrement. Elle m'apprit donc à tirer profit de ma vitesse, les quelques mois qui suivirent furent essentiellement consacrés à cette faculté particulière.
 
 
Épreuve, comédie, contretemps.
 
Ce fut finalement le grand jour, la conclusion de ce long et éprouvant entraînement : Le baptême du feu, sans mauvais jeu de mot.
Onee-sama avait une affaire à régler, l'occasion idéale pour évaluer les progrès de ses Genins. Nous étions un petit groupe mixte, une parfaite équité qui allait probablement de paire avec la mission. Notre cible était un traître, chose assez commune mais que je ne pouvais pas prendre à la légère. J'y voyais une chance de mettre la main sur mon frère, si un traître était impliqué, il y avait une infime chance que tout soit lié. Je voulais y croire, c'était la haine envers mon frère qui s'exprimait dans mon esprit : Une haine sans voix.
Parmi mes camarades, j'y retrouvais deux garçons et une autre fille. Dans le duo masculin il y avait l'un de mes nombreux tortionnaires qui s'étaient calmés depuis l'annonce de ma prise en charge par la Jônin. La deuxième fille était tout autre, plus discrète, timide et d'une manière générale peu sûre d'elle. C'était une gentille personne, je l'aimais bien, elle qui ne m'avait jamais jugé par mon passé. Malgré cela je savais qu'elle était au moins aussi peu confiante que moi pour cette mission, alors que les garçons étaient plus déterminés à prouver leur valeur, leur engouement aurait aussi plus de chance de les tuer que nos hésitations communes du côté des filles. Mais la mission était claire : Les garçons s'occuperaient des gardes, la jeune fille s'occuperait de prendre en otage le membre du clan voisin tandis qu'il m'incombait de supprimer le traître. Ce rôle était, ironiquement tout à fait taillé pour ma personne.
 
Et pourtant, je n'étais pas sûre d'être prête à ôter une vie. Akane le savait sans doute et pourtant elle me faisait confiance pour réussir cette tâche. C'était aussi une preuve que son entraînement aurait payé, si j'étais capable de franchir ce pas pourtant nécessaire pour espérer un jour le refaire avec mon frère.
Nous allions passer à l'action en début de soirée, le soleil n'était pas encore tout à fait couché et quelques villageois arboraient encore les rues principales. Le plan que nous nous étions fixés était simple : Les garçons s'en prendraient aux gardes, ma camarade de l'otage. En théorie cela ferait fuir le traître que je m’empresserais d'intercepter. Nous avions plus ou moins carte blanche sur la manière de procéder, de ce fait j'étais vêtue comme une adolescente du peuple, me fondant dans la masse déjà plus mince de villageois tardifs. Le reste du groupe était parti pour son propre objectif et je savais qu'Onee-sama nous observerait prête à intervenir. La maisonnée servant de point de rendez-vous au traître et à son contact était plutôt bien placé pour ma couverture, située plutôt dans le centre-ville, facile d'accès par les toits pour les garçons qui avaient déjà commencé à supprimer toute forme de surveillance avant que ma camarade ne se mette en position, prête -plus ou moins- à l'assaut. Je faisais face au bâtiment, dissimulée avec quelques adultes aux problèmes divers, l'un se plaignait des impôts et l'autre de sa femme qui lui cassait les pieds.
 
Une poignée de minutes passèrent un brouhaha se faisait entendre dans la maisonnée et subitement, sans pouvoir me l'expliquer, je vois deux hommes sortir chacun dans une direction différente. Si je devais l'en juger par leurs vêtements respectifs, l'un était un natif du clan l'autre pas. J'en comprenais que ma camarade n'avait pas pu appréhender sa cible convenablement. Un sentiment de peur m'envahissait à son égard, j'avais une envie prenante de me précipiter et m'assurer de son bien-être mais je ne pouvais pas, j'avais moi aussi une part importante a remplir dont pouvait dépendre beaucoup de choses. Je faisais alors mine de passer au milieu de la rue alors que le traître courrait dans ma direction, le but étant de l'obliger à me percuter ou le ralentir dans sa course une fraction de seconde, fenêtre temporelle très mince pour frapper. Mais dans ma manœuvre pourtant calculée, j'oubliais un point important et, sans m'assurer qu'il n'était pas armé, je me laisse intercepter par cet homme acculé, poursuivi par des ninjas qui n'avait alors à l'esprit rien de plus vil que de vouloir utiliser une adolescente comme bouclier humain face à ses assaillants. Je ne le réalise pas tout de suite, mais le bouclier qu'il voyait à cet instant, c'était moi. Je ne le comprends que lorsqu'il s'arrête net pour tendre la main vers moi, une lame courte dans l'autre. Il agrippe furieusement mon épaule tout en vociférant de le suivre et il m'embarque dans une ruelle, alors que j'ai tout juste le temps de chercher Onee-sama du regard, j'esquisse rapidement le signe pour indiquer que tout va bien avant de sortir très probablement de son champ d'observation. J'étais seule et en mauvaise posture, mais la mission impliquait de capturer le type du clan voisin également, il était probable qu'Akane aille corriger l'erreur de la jeune ninja, tandis que j'étais contrainte de suivre un malade mental qui me hurlait dessus pour que j'avance plus vite, moi qui faisait tout pour ralentir son mouvement. Sur le coup j'avais peur, peur qu'il ne me fasse la même chose voir pire que mon frère. Le peu de villageois présents étaient terrifiés lorsqu'ils avaient vu l'homme m'attraper avec son arme en main et aucun d'entre eux n'avaient essayé de l'arrêter. En somme ils étaient tous plus ou moins étrangers à ce que je pourrais subir maintenant.
 

J'étais de nouveau toute seule, cette fois.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Dim 7 Sep - 16:40

Je me place au point le plus haut du village et aperçois les garçons, déjà en position, prêts à s’accorder sur la seconde du top départ. Asuna, la jeune fille timide, ne se place que quelques secondes à leurs côtés, attendant elle aussi le moment où elle pourrait retenir la personne du Clan voisin. À sa manière de se déplacer sur le toit, je devine qu’elle devient très anxieuse à l’idée de passer à l’action. Mikan, quant à elle, se trouve un peu plus loin, très concentrée, calme et déguisée pour se fondre dans la masse. Je me rapproche le plus discrètement possible de la maison et trouve un point de vue pour surveiller la scène de près, très près. Trois, deux, un...

Les garçons sautent sur les premiers gardes du corps et les liquident avec une précision à toute épreuve. Ces deux-là iront loin, ils deviennent très doués. J’arrive rapidement à voir Asuna articuler silencieusement quelque chose, comme si elle comptait les secondes. Les garçons se rapprochent des gardes les plus rapprochés et, avec une vitesse déconcertante et une hésitation inexistante, les égorgent d’un geste net et précis. L’otage commence à paniquer et Asuna tente de le maîtriser. Cependant, elle rate sa prise, utilisant sa force plutôt que le mouvement, contrairement aux conseils enseignés aux entrainements.

L’otage sort alors une lame, qu’il dirige rapidement vers la jeune fille dans un coup vertical plutôt précis. L’un des garçons se précipite devant elle et la protège, recevant le katana en plein sur la clavicule. Il ne bronche pas mais devient on ne peut plus blanc en réalisant la quantité de sang recouvrant le sol. Déstabilisé, l’otage retire sa lame et se laisse surprendre par le deuxième garçon, qui réussit cette fois à le mettre à terre et à le ligoter solidement. Je vois alors Asuna prête à hurler en voyant son courageux camarade tomber à genoux, pressant tant bien que mal la blessure. Le traître, masqué d’un tissu en coton noir, reste passif pendant toute la manœuvre et reprends ses esprits uniquement pour fuir.

J’entre alors furtivement dans la pièce et place très rapidement une main sur la bouche de la jeune fille, tout en la soulevant pour la remettre sur ses jambes. Elles ne tiennent d’ailleurs plus le poids de son corps mais, pour un souci de discrétion, il est important qu’elle garde le silence. J’aperçois Mikan par la fenêtre et remarque que, du coup, elle n’a pas tout de suite éliminé l’intéressé et s’est laissée capturer. Elle me signe que tout va bien mais je ne peux pas me contenter de la laisser seule pour sa première mission, réalisant que le traître est, en plus, armé.

- Ne hurle pas ou le silence te rattrapera plus vite que ton cri, dis-je sèchement à Asuna avant de la relâcher.

Je me dirige alors vers le garçon, vidé de son sang et l’incite d’un geste à me montrer sa blessure. Alors que je presse à mon tour et qu’il retient un gémissement, je sens l’os bouger : la lame a fendu la clavicule en deux, traversant sévèrement la peau. Je sors des herbes médicinales et beaucoup de bandages pour faire un pansement rapide et efficace dans la précipitation. Le jeune garçon semble étonné de ma sollicitude, alors que le deuxième ne bouge pas et attend mes directives.

- Kohaku, part à la recherche du traître et de Mikan mais n’intervient pas immédiatement. Si elle risque sa peau, tente d’éliminer la cible par tous les moyens.

Il hoche la tête, jette un dernier coup d’œil à l’otage et sort rapidement de la maisonnette.

- Tu as de la chance que Keitaro soit intervenu, Asuna, dis-je sur un ton de reproche, tout en pansant la blessure du garçon. Vu son état, ton crâne n’aurait pas résisté à la lame. Il t’offre une deuxième chance, alors saisis-là !

Bien qu’elle soit complètement paniquée et livide, elle s’approche de l’otage et le retourne sur le dos pour l’interroger. Évidemment, la gamine étant peu crédible dans son intervention, il ne laisse rien filer. Une fois le pansement terminé, je me dirige vers l’inconnu et pousse gentiment Asuna sur le côté. Elle comprend qu’elle n’a plus rien à faire là et se dirige vers son sauveur silencieusement. Je pose encore quelques questions mais je sens que nous perdons notre temps ; le plus efficace sera d’attraper le traître. J’égorge alors sans scrupule l’ancien otage et m’adresse à nouveau aux deux jeunes.

- La mission se termine ici pour vous. Keitaro, une fois rétabli, j’aimerais te parler sérieusement de ton avenir. Asuna, nous discuterons dès mon retour. Ramène-le au village et trouve-lui un guérisseur. Il perd beaucoup trop de sang.

Elle commence à trembler mais, voyant son ami agoniser, elle reprends des forces et le conduit à l’extérieur de la maison. Je me précipite alors, suivant les quelques traces que Kohaku m’a laissées sur la route. Sachant le jeune homme bien plus compétent que les deux autres, je le mets aussi à l’épreuve en me postant un peu plus loin : saura-t-il affronter les a priori qu’il avait quelques mois en arrière sur celle qu’il dénommait traitresse ? J’en suis convaincue car il semble l’observer de loin, ces temps. Mais rien n’est jamais sûr. Pour le moment, il se tient à quelques mètres de la prise d’otage et suit mes directives.

Je tente de garder mon sang froid ; bien que cela n’apparaisse pas sur mon visage puisqu’il est masqué, je me fais beaucoup de souci pour Mikan. C’est probablement pour cela que je suis intervenue pendant la mission, alors que je ne le fais jamais à l’accoutumée, même lorsqu’elles se passent mal.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Jeu 11 Sep - 9:25

Réflexion, analyse, planification.

Il n'est pas difficile de feindre la terreur. Sembler effrayée possède cependant plus d'impact lorsque l'on est capable d’émettre des sons. A cause de cela, nous nous arrêtons dans la fuite, alors que le feu de Moegami menace de prendre la vie du traître, il me plaque contre un mur avec force, me regardant des pieds à la tête, il se met à me fouiller, mon absence de parole lui ayant vraisemblablement rendu paranoïaque. Il en profite d'ailleurs pour arrêter ses mains sur des endroits de mon corps que j'aurai préféré ne pas exposer au premier salopard venu et, finalement, il remarque la cicatrice de mon cou et semble comprendre le problème qui m'afflige. Il soupire d'un genre de soulagement et voyant que mon visage exprime la peur -ce qui en soi, n'est pas totalement feint à cet instant- il prend la parole.

- T'en fais pas, j'te f'rai pas d'mal, j'veux juste m'barrer d'là alors fait c'que j'te dis et t'pourras aller r'trouver tes parents. Avait il annoncé si simplement.

Je ne sais pas pourquoi je le crois sur parole à cet instant, il voulait fuir. S'il avait voulu me faire du mal ou abuser de moi il aurait déjà pu le faire. Mais j'avais conscience de ma mission, Onee-sama m'avait confié la lourde tâche de lui ôter la vie, mes lames solidement attachées a mes poignets, dissimulées dans mes manches amples, je n'avais qu'un geste a faire mais mon corps ne répondait pas. Ce n'était plus uniquement la peur mais aussi le doute qui s'emparait de moi. Cette mission allait faire de moi le même genre de personne que mon frère, un assassin, une meurtrière. A l'instar de ce dernier, je ne comptais pas trahir le clan ou ôter la vie ou la voix d'une personne qui m'est chère. Mais en serais-je capable ? J'avais peur de plusieurs choses maintenant. Peur d'être découverte par le traître, qu'il s'en prenne à moi et que je demeure impuissante contre lui. J'avais aussi peur de ne pas être capable d'accomplir ma mission, de décevoir Onee-sama alors qu'elle m'avait permise d'apprendre tant de choses tout en étant à l'abri des persécutions. Je me posais cette question : serais-je capable d'accomplir ma mission avec cette peur qui me noue l'estomac ? Ou serais-je tout juste bonne a décevoir celle qui m'avait accueillie ?

Il n'y a même pas quelques mois, j'aurai tout donné pour être capable de ressembler a mon frère, afin de pouvoir le punir moi-même de sa traîtrise, je pensais que cela serait simple, je m'étais fourvoyée. Ôter la vie d'un homme était un acte lourd de conséquences, aussi malfaisant soit-il, est-ce que cela ne faisait pas de moi quelqu'un d'aussi malfaisant, par transitivité ?
En ce sens Onee-sama elle-même était quelqu'un de mauvais, pourtant je ne le pensais pas un seul instant. Elle était gentille et prévenante avec moi, elle m'a appris à me défendre, m'a défendue contre ceux qui me tourmentaient et à supervisé elle-même mon entraînement. Est-ce qu'un monstre agirait vraiment d'une telle manière ?

Non.

Je n'avais plus ma résolution initiale, mais je savais que je devais accomplir ma tâche. D'un regard sur le côté, j'aperçois Kohaku qui me surveille au loin, mon sang ne fait qu'un tour, ce garçon faisait parti des nombreux à m'avoir insultée et malmenée dés qu'il en avait l'occasion, s'il me voyait hésiter maintenant, je savais déjà que j'aurai le droit au pire des traitements par la suite. Le traître ne le remarque pas mais il semble redevenir paranoïaque et m’entraîne à nouveau dans une folle course au travers des ruelles, sans se soucier si mes jambes pouvaient être capable de le supporter. Je feint alors de tomber pour l'obliger a s'arrêter, chose qu'il fait, la peur le manipule avec une prévisibilité arrogante. Il agite sa lame dans tous les sens en me hurlant dessus de me dépêcher, il m'aide même à me relever et, dans la hâte du mouvement, j'ai l’impression que le temps se fige.


Décision, action, meurtre.

Mon esprit semble réagir si rapidement que ma perception du monde ralentit, ou plutôt c'est moi qui accélère au point où tout me semble lent. Le décor s'est figé, immobile dans le temps et l'espace, tout comme moi. Je n'ai que très peu de temps en réalité, au moment ou le traître m'aide à me relever, je comprend que c'est le moment pour frapper, j'ai une ouverture, une maigre fenêtre qui me permet de l'attaquer sans prendre de risques. Cet homme, bien qu'armé, n'est au final qu'un homme parmi tant d'autres. Il a simplement eu le malheur que son existence contrecarre les plans de la haute-sphère. Aux yeux du clan c'est un traître, tout comme je suis moi-même la sœur d'un traître. Mais dans sa psychée, lui ne se considère pas forcément comme un traître, peut être même qu'il ne porte simplement aucun intérêt a l'aspect même du clan. Ce sont les lois qui l'obligent a fuir, des lois faites pour protéger les intérêts des plus aisés. Et les ninjas, comme moi et Onee-sama, étaient justement là pour protéger tout cela. Alors pourquoi j'hésitais ?
Je ne me l'explique pas, peut être est-ce simplement parce que j'ai peur des répercussions. Ôter la vie de cet homme fait qu'il ne sera que le premier d'une liste, jusqu'au jour où je me ferais tuer. Et si je ne le tuais pas maintenant, si je le laissais fuir, ce serait moi que l'on exécuterait. Je ne voulais pas mourir maintenant, pas si jeune et sans avoir réussi a retrouver mon frère.

Puis, soudainement, une autre peur m’envahit l'esprit. Si je laissais ce traître fuir, combien de personnes périraient à cause de mon choix ? Je ne voulais pas être la cause d'un bain de sang où des innocents souffriraient. C'est très sûrement cette pensée qui me décide finalement. L'image se défige, les mouvements reprennent, les sons se remettent aussi en mouvement. J'entends le traître me dire de me dépêcher de me relever alors qu'il attrape mon bras pour m'y aider, son arme est bien trop loin pour m'atteindre en si peu de temps. Le geste est sec et contrôlé sur le coup. Je suis affreusement calme l'espace d'un instant et je saisis ma lame accrochée à mon poignet. Inconsciemment je me découvre un pouvoir terrible, l'acier rougit par ma rapidité d'action traverse la gorge du traître sans ciller, lui arrachant un vague son informe. Son emprise sur mon bras cesse, il tombe dans un éclaboussement de sang lié à sa rapidité cardiaque et la brusque rupture de sa carotide. J'en suis aspergée par ailleurs, vêtements, visage, la gerbe de sang m'aveugle un court instant, le temps que j'enlève le plus gros de mes yeux, cette odeur rebutante est déjà présente partout sur moi, l'odeur du liquide rouge cramoisi envahi mes narines et je me sens prise d'un violent malaise. Tombant sur les fesses, je ne suis plus calme du tout réalisant mon action, je me met a trembler.

Kohaku ne perd pas de temps pour arriver, peut être pense t'il que je suis blessée, après tout de loin, je suis couverte de sang. Il me demande si ça va, sachant que même si j'avais pu je n'aurai pas pu lui répondre, fixant mes deux mains maculées et tremblantes, je serre les poing en espérant que cela diminue ces derniers mais il n'en est rien. Il m'incite alors à me relever, maladroitement comme à son habitude, il ne semble pas savoir comment s'y prendre avec moi. Après ce qu'il m'avait fait je pouvais comprendre qu'il s'en voulait peut être, en réalité la brute que j'avais connu il y a quelques mois était en réalité un garçon plutôt aimable et prévenant, bien qu'il soit bourru. Je respire un long moment, pour essayer de me calmer entre autres, mais c'est un peu plus compliqué que je ne le pensais. J'avais du mal a détourner mon regard du cadavre, si bien que je finissais un peu trop tard par remarquer l'alliance qu'il portait à la main droite.
Lui aussi avait une famille, quelqu'un qui l'aimait et qu'il aimait en retour. Peut être avait il des enfants, un fils ? Une fille ? Les deux ? Combien en avait il ? Deux ? Trois ?
Je me posais mille questions tout en essayant de me convaincre que ce que j'avais fait était la meilleure chose a faire. Au fond je savais que ce n'était pas spécialement vrai.

M'accroupissant au pied du corps, je retirais son alliance de mes doigts fébriles, je la garderait en souvenir, non pas comme un trophée mais pour ne jamais oublié que cet homme qui qu'il était, fut le premier. Son visage ne partirai probablement jamais de ma mémoire, dans le pire des cas, ce petit anneau de métal viendrait me rappeler que ce soir, j'étais devenu le même type de monstre que mon frère.
Kohaku ne dit rien, il ne sait peut être tout simplement quoi me dire, lui n'avait pas hésité a faire sa besogne, il était plus fort mentalement que moi et il le savait. Il se contente alors d'orienter mes épaules dans le sens inverse comme pour me dire que tout était terminé et qu'il me fallait encore retrouver le reste du groupe, notamment Onee-sama pour lui annoncer la réussite de ma mission.

Vide de toute volonté sur le moment je me laisse conduire jusqu'au repaire initial de nos cibles, où je retrouvais -presque- tout le monde, il y avait tout autant de sang ici que j'en avais répandu dans la petite ruelle, j'avais sans doute mauvaise mine sur le coup, un air sombre sur le visage et toujours tremblante. Je trouve par je-ne-sais-quel-miracle le moyen d'aligner quelques gestes aléatoires tandis qu'un début de larme silencieuse se mêle au sang que j'ai reçu sur la partie gauche du visage.

[J'ai... Je... Il... Mission accomplie.]

Je doute très sincèrement que quelqu'un ait compris quoi que ce soit en dehors d'Onee-sama, je m'arrête subitement de communiquer, toujours sous le choc. J'ai fait ce qu'il fallait, mais à quel prix ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Jeu 11 Sep - 15:54

Je suis impressionnée par le sang froid de Mikan ; elle se laisse faire et la lumière d’une torche me laisse voir qu’elle joue très bien la comédie. Je comprends, dès lors qu’il ouvert la bouche – bien que je n’entende pas ce qu’il dit – que le traître ne blessera Mikan que sous le coup de la panique. Il veut tout simplement fuir. Mais les lâches aussi sont punis à Setsu. J’attends impatiemment le jugement de la jeune fille pendant de nombreuses minutes mais il n’arrive pas ; elle se laisse trimballer et court avec lui dans les ruelles, probablement en pleine réflexion sur son devoir et la façon de s’y prendre.

Puis, l’occasion se présente. Je me précipite vers la scène et me place discrètement un peu plus loin de Kohaku. Je perçois son stress à lui, son attention fixée sur la jeune fille. A la moindre hésitation de Mikan qui pourrait lui coûter la vie, il interviendrait. Quelque chose me dit alors qu’il s’est rendu compte de la sous-estimation dont il a fait preuve à son égard. En apprenant à la côtoyer différemment, on dirait presque qu’il y est attaché. Les adolescents...

Tout se déroule très vite, je me tends sans m’en rendre compte. Mikan saisit sa lame et, d’un geste vif et précis, enfonce son arme dans la gorge de celui qui aurait nuit au Clan si nous l’avions laissé vivre. Aucune émotion ne s’affiche sur son visage, elle est stoïque le temps que le sang se propage sur ses vêtements d’emprunt et que « l’ennemi » s’effondre au sol. Elle tombe alors à son tour, la panique saisissant tout son être et Kohaku se précipite vers elle. Je prends alors mes distances et laisse des traces pour le jeune homme afin qu’il me retrouve au point de rendez-vous avec Mikan, une fois qu’il l’aura rassurée à sa manière.

Les jeunes gens arrivent lentement vers le repère : l’otage a laissé une flaque de sang sur le sol et les deux autres sont bel et bien rentrés. Nous sommes donc tous les trois rassemblés en ce lieu symbolique de leur premier meurtre. Mikan signe quelque chose que Kohaku ne semble pas comprendre, un air inquiet sur le visage. Je souris sous mon masque ; elle me rappelle mon état lors de ma première mission. C’est une sensation que l’on ne retrouve plus par la suite : cette satisfaction et pourtant tellement de peur, tout en ayant de la peine à réaliser l’importance de notre acte. Avant de parler enfin, je vois qu’elle tient une alliance entre ses doigts. Je n’ai pas de peine à imaginer qu’il s’agit de celle de sa première victime, souvenir qui restera gravé en elle.

- Je vous annonce le succès de la mission, chères élèves ninjas. Nous n’avons pas pu obtenir plus d’informations de la part de l’otage mais le traître a été éliminé. Setsu est donc actuellement libérée de cette menace. Je tiens à vous remercier particulièrement tous les deux, vous avez été d’une efficacité et d’un professionnalisme à toute épreuve. La route est encore longue pour devenir Genin mais vous êtes déjà sur la bonne route.

Kohaku s’incline, Mikan semble l’oublier mais je n’en tiens pas compte. Je la sens bien plus perturbée que son camarade. Je m’adresse alors au garçon.

- Nous parlerons de la suite une fois de retour à Honoo. Asuna a laissé des marques un peu partout ; Keitaro a été blessé et elle l’a ramené là-bas pour des soins. Prends quelques minutes d’avance et part les rejoindre puis reviens sur tes pas si jamais ils ne sont pas arrivés à bon port.

Il hoche la tête, regarde une dernière fois Mikan et s’en va rapidement. Je retire alors mon masque et me dirige vers la jeune fille, encore perturbée.

- Cette sensation de mal-être, les regrets et le goût du sang vont disparaître pendant ces prochains jours. Tu as été irréprochable, Mikan, je n’ai que rarement vu des jeunes gens de son niveau. Je suis sûre que tu pourras devenir une kunoïchi de talent.

Je décroche alors un tissu épais de ma ceinture et l’imbibe d’un peu d’eau de ma gourde. Délicatement, j’essuie le visage de la jeune fille, en prenant soin de ne pas lui faire mal.

- Tu as bien fait d’emporter l’alliance de cet homme. Après ma deuxième victime, j’ai commencé à tenir un carnet avec le nom et les détails que je connaissais sur mes victimes. J’ai fini par le jeter mais je me rappelle encore de l’expression de mon premier assassinat. Tu ne l’oublieras jamais mais retient tout de même que tu ne tueras jamais quelqu’un sans histoire. Chaque homme, chaque femme en Yokuni a un parcours de vie. Les ninjas ne les jugent que pour un morceau de celle-ci. Et si nous nous posons trop de questions sur le reste, il nous est impossible de remplir notre devoir. Cet homme avait une famille, certes... mais il a trahi le Clan. Et pour ça, il a été puni de tes mains. Tu peux être fière de cela car le Seigneur nous en remerciera.

Une fois le tissu totalement souillé de sang, je le raccroche à ma ceinture et regarde attentivement Mikan.

- Ça va aller ? demande-je, tout simplement.

Je sais déjà que des missions bien plus compliquées seront attribuées à Mikan ces prochaines années. Mais c’est une étape importante à franchir que la première, sur le chemin du meurtre. Et j’espère sincèrement qu’elle réussira à avancer avec cela sur la conscience.


[HRP : après avoir répondu à ça, tu peux sans autre faire une autre ellipse, si tu le désires. Si non, je la ferai au prochain post. J’espère t’avoir laissé suffisamment d’ouverture.]


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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Lun 29 Sep - 8:21

Doute, questionnement, hypothèses.

Mon esprit vagabondait ailleurs, loin, très loin de la réalité sanglante que je venais de percuter. Je réalisais doucement, très doucement, de l'acte que j'avais commis. Ôter la vie d'un homme est une chose simple, ma lame a fauché sa vie avec la même simplicité déconcertante d'un ivrogne avalant son saké. Pourtant c'est un acte ignoble, terrible, choquant, violent et malfaisant. Le sang qui maculait mes vêtements et mon visage était le symbole de la barbarie dont j'avais fait preuve ce soir. On innocence était perdue, définitivement et irrémédiablement, à cet instant, je ne valais pas mieux que mon frère. J'étais devenue comme lui, un monstre, instrument mortel au service du clan. Je savais ce dans quoi je m'engageais en devenant ninja, mais aujourd'hui, j'étais devant le fait accompli.

Et j'en avais peur.

J'avais franchi un pas important, aussi bien socialement que mentalement. J'étais devenue de manière plus qu'officielle une ninja du clan. Mais j'avais avant tout avancé du statut de « sœur d'un traître » à « Assassin ». Je devais me résoudre définitivement à ne jamais avoir la considération des gens lambda, j'étais à la fois la sœur d'un monstre et un ninja, le fait est qu'au yeux du commun des mortels, j'étais moi-même un monstre.

Sauf aux yeux des ninjas.

J'étais l'une des leurs, un membre de cette « famille » si fermée et exigeante qu'étaient les shinobis de Setsu. Onee-sama n'était plus que la seule et unique personne que je ne voulais pas décevoir maintenant, je lui devait énormément de choses, aussi bien mon entraînement que le soutien moral et la douceur qu'elle m'a offert. Elle a été et est encore pour moi la grande sœur que j'aurais toujours voulu avoir mais que je n'ai jamais eu. En ce sens elle était mon exemple a suivre, l'idôle que je suivrais encore longtemps comme l'incarnation d'une perfection très personnelle de la kunoichi.
J'avais conscience de ce qu'elle-même avait fait avant, chose que j'avais fait aussi et que je ferais encore longtemps, qu'elle ferait elle aussi, le tout pour le bien commun, dans l'ombre de toute reconnaissance du peuple et des politiciens.
Nous sommes les ninjas de Setsu, les flammes de la punition qui consument toute forme de danger pour notre clan. Des flammes rouges sang, ardentes et brutales, sans état-d'âme, nous étions destinées a ne nous éteindre qu'une fois nos cibles entièrement calcinées.

Je m'étais presque fait à cette idée, pourtant, je ne pouvais décrocher mon regard de la petite alliance que je tenais toujours dans la main. Le métal doré partiellement souillé du liquide écarlate de ma victime absorbais mon esprit encore ailleurs, dans une spirale de doute et de culpabilité sans fin.
Je sentais cependant le tissu humide qui passait sur mes joues et je fermais même l’œil lorsqu'il passait à son niveau, réalisant tout juste qu'Akane était en train de m'essuyer le visage, simple marque d'affection qu'elle ne pouvait se permettre lorsque nous étions en public. Cela pouvait d'ailleurs me laisser comprendre que nous n'étions plus que toutes les deux, seules dans la pièce. Kohaku était sûrement parti quelque part, qui sait ? Peu importe.
Je ne pouvais décrocher mon esprit de cette alliance, j'avais presque l'impression d'attendre qu'elle me parle, qu'elle m'accable d'avoir brisé la famille qu'elle symbolisait. Si elle avait pu, elle l'aurait sûrement fait, et je n'aurai jamais pu protester. Tout n'était que pure vérité, j'avais assassiné le mari de quelqu'un, un mari, peut être même un père. J'avais fait la même chose que mon frère avec mon père, sauf que cette famille n'était peut être pas comme la notre. Ma pensée allait vers cette famille, alors que je finissait par percuter l'une des phrases d'Onee-sama.

Un simple « Ça va aller ? », une question lourde de sens et rhétorique. Elle avait bien vu que ça n'allait pas et c'est bien ce qui allait me mettre dans l'embarras assez rapidement.


Sentiments, culpabilité, interrogations.


Je relevais légèrement la tête pour retrouver le regard d'Onee-sama. Elle n'avait plus son masque, j'étais à présent sure et certaine que nous n'étions plus que toutes les deux. Mon regard se perd sur le décor macabre, le corps de celui qui aurait du être notre otage gisait encore dans un coin dans une mare de sang. Je re-jette un œil à l'alliance, avant de la ranger pour aligner les signes qui me permettent de communiquer.


[Je sais qu'il était un traître, quelqu'un de mauvais... Mais... Que va t-il arriver à sa famille, maintenant ?]

Les scénarios que j'envisageais étaient multiples et tous assez sombres. Ils seraient peut être supprimés eux-aussi, torturés probablement ? Devraient-ils vivre cachés, traqués ? Devront-ils vivre dans la honte et le déshonneur comme moi aujourd'hui ? Seront-ils emprisonné »s jusqu'à la fin de leurs jours ?
Je n'en savais rien et c'est ce qui me faisait peur. Tout au plus, il serait presque raisonnable de soupçonner son épouse, peut être était-elle aussi de mèche avec son mari, peut être pas. Mais ses potentiels enfants, pouvions-nous sincèrement les blâmer pour les erreurs de leurs parents ? En théorie non, pourtant c'est ce que nous ferons dans tous les cas. La famille d'un traître était mal considérée, maltraitée et bien souvent la cible de la multitude de méchancetés et de mesquinerie dont nous étions capable de faire preuve, je le savais mieux que quiconque.

C'était bien parce que je connaissais l'enfer qui les attendaient, que je voulais m'en informer. J'espérais être rassurée, mais je savais aussi qu'Onee-sama me répondrait franchement et vu les circonstances et la raison pour laquelle j'avais du faire tout ce que j'ai fait ce soir, je n'avais pas vraiment à l'esprit des mots réconfortants.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Ven 10 Oct - 16:17

Elle ne répond pas vraiment à ma question. Ses yeux se perdent dans la pièce, comme si elle n’était plus rattachée à ce monde, puis ils fixent à nouveau le bijou. Je comprends à l’instant, avant qu’elle ne commence à signer, qu’il ne va pas être si facile de trouver les arguments pour la convaincre qu’elle a fait quelque chose de bien. Car contrairement à moi, elle a probablement vécu dans une famille ayant été unie à un moment donné et il est inévitable qu’elle ne fasse pas de lien avec un mari ou un père de famille exemplaire. Sa question est équivoque et tout à fait claire.

Elle sait ce que c’est que d’être parente d’un traitre. Mikan connaît le déshonneur et ses conséquences autant physiques que psychologiques. La jeune fille en est encore parfois victime aujourd’hui, bien qu’elle soit devenue plus forte. Probablement pense-t-elle que cette famille va souffrir, se faire blâmer, voire être punie pour les crimes de cet époux. Et le pire est qu’elle a raison. Mon frère enverra des gens vérifier qu’elle n’a rien à voir avec la traitrise de son mari. Si nos troupes, ninjas ou samouraï pensent alors que cette épouse a fait partie du plan, les enfants – s’il y en a – seront livrés à eux-mêmes.

Je me relève. Mon léger sourire et mon ton réconfortant ont disparu pour laisser place à des paroles plus neutres. Je ne suis pas froide mais lui reflète simplement la réalité, répondant à sa question de manière franche. Rien ne sert de mentir. La vérité laisse des marques et des bleus mais le mensonge laisse des cicatrices qu’on voit ensuite à vie.

- Gekido enverra sûrement des troupes vérifier si les membres de sa famille sont impliqués dans le plan ou pas. Son épouse, ses enfants, ses parents, ses frères et sœurs, ses cousins... En fonction du rapport, il pourra décider de les punir ou faire disparaitre certains éléments. Seul le temps nous le dira. Mais la honte reste, tu es bien au courant de cela. Et ça... même le Daimyo ne peut rien y faire. Les gens jugent et se retourne instinctivement vers les faibles. Tout ce que nous pouvons souhaiter à cette famille, c’est de garder la force d’avancer et d’apprendre à se protéger seule.

Car finalement, c’est cet homme qui les a rendus faible. Un homme d’honneur, un homme solide, n’a pas à trahir son Clan pour faire vivre sa famille. Il y a toujours des solutions, des compromis à trouver.


Je fais une légère pause et c’est un sourire jaune qui se dessine sur mon visage.

- C’est ce qu’on m’avait inculqué à l’époque. Cet homme qui m’a formée, qui m’a tout appris. Je le prenais pour un homme droit, un homme juste malgré les bassesses de nos pratiques. Et finalement, il a trahi beaucoup de monde. Je me suis attachée à lui et il m’a poignardée dans le dos en essayant de tuer Gekido, en abusant de mon corps et en salissant le peu de confiance que j’avais en moi. Je suis devenue un monstre après ça... j’ai perdu tout principe de vue car ceux qu’il m’avait inculqués ont été bafoués par son changement de comportement.

Aujourd’hui, j’enseigne ce qui me semble juste. Je t’apprends à tuer avec une pseudo justice totalement subjective. Pour le moment, tu es sous mes ordres et tu ne peux pas vraiment dire non si tu n’es pas d’accord... c’est probablement ce que tu penses. Mais viendra à un jour où tu penseras par toi-même et où tu voudras éliminer cet homme plutôt qu’un autre. Ce jour-là, tu voudras partir ou prendre ma place et les deux situations seront douloureuse. Partir implique de trahir Setsu et prendre ma place impliquera de trahir ma personne.


Je soupire, le regard dans le vide puis, comme si j’étais soulagée d’un poids en disant la vérité, je la regarde à nouveau.

- Nous sommes des monstres, Mikan. Simplement parce que nous avons nos idées. Chaque ninja est amené à trahir son Clan au moins une fois dans sa vie. Certains se la retire pour le simple fait d’en avoir eu l’idée. D’autres, comme Byakuya, assument leur infidélité et vont jusqu’au bout de leur idée, quitte à en perdre quand même la vie. Aujourd’hui encore je pense que ma vie n’a pas grand sens. Nous avons exécuté cet homme ce soir parce que nous avons jugé bon de le faire. Mais sa famille ne pensera pas la même chose. Nos actions ont autant d’influence sur les gens que si nous voulions changer un détail du passé...

Le seul conseil que je peux te donner pour apprendre à digérer tes prochains assassinats est qu’il faut accepter ce monstre en toi. Devenir un monstre pour en tuer un autre, c’est ce que j’ai fait moi aussi. Nous ne nous sentons pas mieux une fois l’acte accompli... La vengeance n’amène pas satisfaction. Le tout est de pouvoir l’accepter pour continuer à agir comme bon te semble. Mais c’est un travail de longue haleine, que je n’ai pas encore réussi à réaliser. Sache juste que, contrairement à moi, pour le moment, tu n’es pas seule. Je t’aiderai à faire ce travail, si ça peut t’aider à te sentir mieux.


Sa réaction peut être quitte ou double. Soit elle se rebelle maintenant, soit elle accepte et continue à se questionner sur le sens de la vie de la famille de cet homme. J’ai été franche et pourtant quelque chose me dérange : je n’ai vraiment pas envie qu’elle s’en aille.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Lun 3 Nov - 8:58

Réponses, révélations, injustice.

Le ton dans la voix d'Onee-sama se durcit, il n'est pas sévère où chargé de reproches pour autant. Il devient plus neutre, son visage se ferme sensiblement, il devient moins expressif et je deine facilement qu'elle devient encore plus sérieuse et qu'elle me répondra franchement.
Elle sait mieux que n'importe quel autre ninja de Setsu l'enfer que j'ai vécu et vis encore au quotidien, celui que je vivrai encore longtemps et que mes enfants -le jour où j'en aurai et si j'en ai- auront eux aussi si le clan se souvient du nom de mon frère.
Elle savait ce que cette question représentait pour moi et peut être même qu'elle savait ce que je voulais entendre, mais elle ne me le dit pas, elle ne cherche pas à me réconforter plus et m'annonce de but en blanc ce qui attend la famille de ce traître. Au final je n'apprend rien de particulier, une enquête sera menée et je sais déjà comment ça se déroulera.
J'y vois trois options dont une qui me rebute particulièrement au point ou cela traverse mon visage l'espace d'un instant. Dans le meilleur des cas, la famille n'est pas impliquée et n'aura rien de plus que le déshonneur a porter ce qui représente déjà une sentence morale infâme. Dans le pire des cas, il y avait d'autres coupables et eux aussi seront jugés, faisant tomber encore d'un degré leur famille dans la honte.
Le troisième cas était encore le pire à mes yeux, celui où les enquêteurs auraient un parti pris et qu'ils mettraient tout en œuvre pour faire accuser la famille innocente. Cet aspect que j'avais vécu il n'y a pas si longtemps encore. Mes grands-parents avaient été jugés pour trahison, ma mère y avait échappé à cause de son empoisonnement et moi, parce qu'il était évident que je ne m'étais pas entaillé moi-même la gorge dans l'espoir de paraître innocente.

J'avais pris ce jugement du meilleur côté, de la manière la plus idéalisée possible, c'était la seule raison pour laquelle j'acceptais encore de me soumettre à l'autorité du clan. Je m'étais persuadée que nous l'avions mérité, que nous aurions pu identifier les dérives de mon frère et l'arrêter ou le faire arrêter avant qu'il ne dérape. Chose qui serait sûrement arrivée, si nous avions eu le droit à des explications sur le « comment » faire.
Finalement je m'abstiens de demander par qui cette enquête sera menée, j'avais peur de la réponse pour être sincère.
D'autant qu'Onee-sama continue de m'expliquer bien des choses, elle me révèle des choses que je ne soupçonnais pas. Elle parle sans ménagement du complot que son mentor avait mené contre son frère, elle parle de son corps qu'il a abusé et meurtri et de la confiance en elle qu'il avait anéanti. Je bloque plus sur cette notion de « Justice subjective » qu'elle énonce attendant qu'elle me laisse la « parole » pour que je puisse m'exprimer, puisqu'il semblerait qu'a cet instant, j'ai le droit d'être parfaitement franche et lui parler en tant qu'être humain et non en tant que subordonnée.


Bourreaux, assassins, monstres.


La conversation tourne sur un autre aspect de notre métier, celui qui nous fait tuer, celui qui à cet instant me fait perdre pied. Akane l'annonce ouvertement : Nous sommes des monstres. Et je ne suis pas spécialement d'accord, du moins pas intégralement. Il est certain que sa famille ne pensera pas du bien de nous, c'est une évidence à laquelle j'étais résolue lorsque j'ai demandé à devenir ninja. Je savais aussi que cette façon de penser n'était pas partagée par tous. Moi la première, si je devais apprendre la mort de mon frère demain, je n'en serais que soulagée, peut êttre frustrée de ne pas l'avoir tué moi-même, mais soulagée. Cette haine nourrie contre lui était le fruit de sa trahison et j'étais sa seule famille encore apte a penser convenablement à son sujet. Notre mère n'était plus bonne a rien depuis qu'il l'avait empoisonnée, son esprit s'était brisé et la folie l'avait gagnée, notre père et nos grands-parents étaient soit morts, soit emprisonnés et mon oncle vivait dans un clan voisin, à l'abri de tout soupçons.

Mais Onee-sama a raison, apprendre a tuer est facile, le faire et l'accepter ne l'est pas. Ce n'est qu'une fois l'acte accomplit que nous sommes devant notre part de ténèbres. Devant cette partie de nous qui est foncièrement mauvaise et dangereuse pour les autres. Au final j'avais l'impression que tuer se résumait a dompter notre part de noirceur et ne la laisser s'exprimer que lorsque nous en avions besoin. Je crois qu'elle me laisse finalement m'exprimer, je commence par reprendre ses paroles précédentes dans l'ordre, doucement, de manière posée bien qu'un peu embêtée par le manque de précision de mes gestes encore tremblants.


[Je ne pense pas que cette justice soit mauvaise. Au contraire, je pense que quelqu'un qui a vécu des choses horribles est la mieux placée pour établir une justice. Je me fie à ce que j'ai appris jusqu'à maintenant, je ferais ce qui doit être fait, mais je sais que j'aurai besoin de temps pour l'accepter...]

Mes doigts s’emmêlent, je marque une pause en serrant les mains pour faire cesser mes tremblements, en soupirant longuement.

[J'ai confiance en vous, Onee-sama. Et j'ai confiance en ce que j'ai appris et apprendrais encore à vos côtés.]

Je savais ce que je voulais pour la suite, j'avais pris ma décision il y a longtemps et si cela devait passer par le fait de devenir un « monstre », j'y passerai également. J'avais mes objectifs et de nouvelles personnes que je ne voulais pas décevoir, j'aimais beaucoup Onee-sama et je me refusais déjà à la trahir de quelque manière que ce soit. Le sentiment d'être trahi était une innommable sensation que personne ne méritait.

[HRP : Désolée pour le retard, j'étais persuadée d'avoir posté avant les vacances ! T^T]
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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Ven 7 Nov - 23:49

La jeune fille tremble et pourtant, dans ses « paroles », je sens une sincérité, un recul et une maturité incroyable juste après ce qui vient de se passer. Ce n’est pas son rôle de me rassurer mais elle le fait pourtant à merveille, en me disant quelque chose que je n’oublierai jamais. Elle a confiance en moi, en mes décisions et en ce que je lui apprendrai. J’en suis presque étourdie et je réalise à quel point le lien que nous avons pu créer pendant ce court laps de temps est précieux. Je comprends mieux certaines leçons que j’ai reçues pendant lesquelles on disait souvent qu’on apprend toujours des plus jeunes. Mikan fait preuve d’un sang-froid que je n’ai que rarement vu au sein de mes troupes ou dans le courant de ma vie. Il lui reste cependant encore des épreuves bien étranges à surmonter.

***
Au printemps, quelques mois plus tard encore.

Assise sur une branche d’arbre je surveille comme à mon habitude les entraînements et aperçois le jeune Kohaku hésiter depuis plusieurs heures. Il marche un peu puis rebrousse chemin, ne sachant pas vraiment comment agir avec elle. Il y en avait eu des histoires d’amour dans mes rangs, depuis le temps. Et bien que ça ne dure jamais vraiment longtemps pour diverses raisons – décès du compagnon, trahison avec d’autres aventures, passade – c’est toujours distrayant à regarder. Je n’ai jamais connu d’autre déclaration que celle faite à Byakuya et c’était tellement raté que ce n’est pas une référence, loin de là.

J’ai donc tendance, depuis quelques temps, à vivre par procuration à travers ces jeunes ce qu’est l’amour, la gêne, le rejet. Et le pauvre Kohaku me fait bien rire. D’abord influencé par ses camarades en rencontrant Mikan, il était le premier à la blâmer pour une faute non commise. Puis quelque chose a changé après la première mission, comme d’il avait ouvert les yeux. Un léger rapprochement a alors commencé à exister mais je n’ai jamais vraiment su ce que Mikan en pensait, d’autant que cela semblait n’être qu’un rapprochement d’un seul côté. J’ai l’impression que la jeune fille, malgré son âge, ne s’intéresse que peu aux relations amoureuses, comme si elle ne pouvait se focaliser que sur cette seule et unique tâche de vengeance.

Voilà pourquoi je laisse faire et n’agis pas, ne donnant pas non plus de conseils sortis de nulle part à la jeune kunoichi. Déjà car je serais une piètre conseillère aux vues de mon peu d’expérience en la matière, ensuite car je suis curieuse de voir sa réaction directement lorsqu’elle recevra la déclaration du jeune garçon terriblement doué qui veut prendre soin d’elle. Je trouve Kohaku attachant car, sous ses compétences exceptionnelles de ninja, ses compétences en relation humaines sont à développer... Sa maladresse le rend attendrissant et j’aurais presque envie de l’encourager à prendre son courage à deux mains. Mais voilà qu’il agit plus vite que je ne pense !

Il se dirige timidement vers Mikan, prenant étrangement de l’assurance petit à petit. Je devine de loin qu’il lui demande de le suivre un peu plus loin car il a quelque chose d’important à lui dire. Étonnée, Mikan semble d’abord réticent, loin de se douter de ce que Kohaku va lui dire, probablement... Ils se rapprochent alors de l’endroit où je suis perchée, sans deviner que je me trouve au-dessus. Je peux alors percevoir la voix posée et calme du jeune homme et même regarder en me penchant légèrement, son regard déterminé à cet instant.

- Voilà... Ça fait quelques temps que je voudrais te dire quelque chose mais je n’ose pas tellement. Je dois dire qu’on a plutôt mal commencé, tous les deux... Je n’ai pas été très sympa au premier abord, j’étais probablement aveuglé par mes propres problèmes et j’ai été égoïste. Je me suis déjà excusé mais je le refais parce que c’était vraiment immature de ma part de te traiter comme ça.

Il s’incline, probablement pour gagner un peu de temps mais le moment est là. Je devine une envie irrépressible de son côté de la prendre dans ses bras ou au moins se saisir ses mains dans les siennes. Mais il se retient et, après une grande inspiration-expiration, il se jette à l’eau.

- Il se trouve qu’après le temps qu’on a passé ensemble, même si c’était essentiellement des missions, je... je me suis attaché à toi. Je ne pensais pas pouvoir ressentir ça pour quelqu’un, c’était plutôt inattendu. Parce qu’on voit pas mal de sang, on pense à la mort tout le temps. Mais c’est aussi pour ça que je me dis que je ne dois plus perdre de temps et te le dire. Rejette-moi si tu le veux mais promets-moi d’y réfléchir. Parce que... Je t’aime Mikan. J’imagine que ce n’est pas réciproque mais si ça l’est, alors dis-moi tout ce que tu penses et avançons ensemble. Parce que je ne veux plus perdre de temps.

Attachant, c’est vraiment le mot. J’aurais pu avoir la gerbe mais l’affection que j’ai pour les deux gamins me fait encore regarder, telle une voyeuse. Voilà une nouvelle épreuve pour Mikan, une épreuve pour laquelle un entrainement est inutile. Je me demande bien comment elle va réagir.


[HRP : je suis navrée, c’est tellement cucul mais je me suis dit que ça pouvait être rigolo de voir ça comme une épreuve de plus. x) Dis-moi si vraiment tu n’aimes pas, on peut partir sur autre chose.]


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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Mer 3 Déc - 0:14

Printemps, douceur, éveil.

Déjà plusieurs mois passés depuis la mission qui avait fait de moi une genin accomplie. Je n'avais pas eu la moindre nouvelle concernant la famille de ma première victime et j'en gardais une profonde marque malgré mon apparente impassibilité. De son côté, le cour basique des événements était revenu a Setsu, les entraînements, la sévérité et la rigueur des chûnins, les brimades -bien qu'elles fussent moindre depuis déjà quelques mois-.
Avec la pratique et l'habitude, les exercices classiques étaient d'une facilité déconcertante, alors que je pouvais constater l'arrivage de nouvelles recrues qui trimaient comme moi il y a déjà une demi-année auparavant. Les flexions, les acrobaties, les longues séances d'entraînement au lancer d'armes diverses et variées, le combat a main nues, armé, l'utilisation et la reconnaissance de divers poisons... Rien n'était laissé au hasard et Masao faisait toujours preuve de beaucoup d'implication dans l’entraînement des recrues.

De notre côté, ceux qui, comme moi, avaient fait leur preuves déjà une fois se retrouvaient entre les mains d'une autre instructrice elle aussi chûnin et tout aussi impitoyable que Masao. Elle était peut être même un peu plus vicieuse que lui, même si elle me foutait une paix royale depuis qu'elle avait vu que notre jônin elle-même ne retrouvait rien a redire à ma manière de lancer les kunais, là où elle exigeait qu'on les tiennent d'une manière bien spécifique. Le résultat était tout ce qui comptait, peu importe la manière, nous avions le droit à un entraînement avancé bien plus coriace qu'au début, maintenant que nous étions les ombres meurtrières de Setsu.
Pourtant, aujourd'hui, c'est quelque chose de bien différent qui m'attend, je ne le comprends pas encore lorsque Kohaku me demande de le suivre, je m'attend simplement à me prendre une énième remarque, pensant qu'il prenait simplement la peine de m'écarter du lot pour que ça reste entre nous, je suis d'abord réticente, mais je finis par le suivre me disant que je suis tout de même apte à répondre si jamais ça dérapait.


Excuses, révélations, amour ?

Alors que nous nous mettons doucement à l'écart, Kohaku semble tendu, stressé, peut être pas aussi sur de lui qu'il ne l'était d'habitude. Je ne suis pas capable de décrire pourquoi, en réalité je suis presque étonnée qu'il semble si mal à l'aise en ma présence, chose qui ne l'avait jusqu'alors jamais vraiment dérangé, encore moins quand il traînait avec les autres. Mais il était vrai aussi que, depuis les derniers mois, il s'était plutôt calmé vis à vis des remontrances, il lui arrivait même de prendre ma défense. Pourquoi ? Je n'en savais rien. Y avait il un lien avec cette fameuse première mission ? Ou y avait-il autre chose ?
Alors que nous sommes assez loin, il me fait face et finalement prend la parole d'un ton très calme et posé, presque doux et gêné à la fois.

J'ai du mal à saisir sur le coup qu'il est en train de me demander pardon pour tout ce qu'il a pu faire ces derniers mois, il ne met pas en avance d'excuses, aucun motif justifiant son attitude si ce n'est qu'il avait été égoïste. Il me demande simplement pardon, dans sa forme la plus pure et la plus sincère qui soit. Je suis littéralement surprise, je m'attendais à tout sauf à ça et lorsqu'il s'incline, j'ai presque peur de la suite de la discussion. On ne demande pas pardon du jour au lendemain sans avoir réalisé quelque chose, surtout un ninja, l'incarnation même du j'en foutisme au sujet du pardon.

Je comprends alors qu'il s'est incliné pour gagner quelques précieuses secondes, prenant son courage a deux mains pour me dire autre chose, j'ai alors peur de savoir de quoi il s'agit. Et lorsqu'il le dit, finalement, je ne suis pas surprise, à vrai dire sur le moment, je suis plutôt figée dans le tems, immobile et inexpressive.
Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'était l'amour. Je n'avais plus eu de telles marques d'affection depuis longtemps maintenant, depuis que ma vie avait basculée, que mon frère m'avait mutilée, que ma mère, folle, avait préféré s'isoler du monde. J'étais seule depuis si longtemps déjà que la notion même d'affection m'avait presque totalement quittée.
Jusqu'a ce que je rencontre Onee-sama, elle qui m'avait réconfortée et pris sous son aile, je n'avais plus eu la sensation d'être aimée ou même d'avoir de la valeur aux yeux de quelqu'un.
Bien sur il n'était pas question ici du même type d'amour, non, il s'agissait bel et bien de celui qui m'était totalement inconnu, celui qui me faisait peur. Celui qui avait poussé mes parents à fonder une famille, avoir des enfants et finir par laisser éclater tout ça, au détriment des autres. Je ne voulais pas de ça, jamais.

Kohaku avait su me montrer qu'il était gentil et, en prenant sur lui la force de me demander pardon, il avait prouvé qu'il était sur de ce qu'il pensait. Malheureusement je ne pouvais lui donner ce qu'il désirait, je ne l'aimais pas comme lui m'aimait. Ou peut être que je ne voulais simplement pas l'aimer comme ça. Nous étions des ninjas de Setsu, des âmes formées, utilisées et destinées à mourir au nom du clan, rien de plus, rien de moins. Malgré mon inexpression du moment, je rougissais à cette annonce, un réflexe corporel naturel sans doute. Pourtant je savais qu'il serait déçu de ma réponse, mais puisqu'il avait trouvé le courage de me le dire, je devais, au minimum, lui rendre la politesse.


[Je... Désolée, Kohaku-kun mais je ne partage pas ces sentiments.]

Mes gestes étaient clairs et nets, là où ils auraient pu ou du être désordonnés, imprécis, traduisant le trouble du moment qui ne m'affectais pas le moins du monde. Je n'étais pas pour autant insensible à son discours, ça se voyait. Je continuais à décrire mes paroles comme à mon habitude, mes mimes devenaient tremblants mais restaient clairs, dans leur ensemble.

[Nous n'avons pas bien commencé tous les deux, c'est vrai. Mais avec le temps tu as prouvé que tu n'étais pas aussi borné que les autres, tu as su comprendre la situation et tu as même pris ma défense quelques fois. Tu n'es pas comme eux et je ne t'en veux pas pour ce qui à pu se passer.]

Je sentais bien qu'il était déçu mais préparé à ce genre de réponses, enfin au refus du moins, il semblait déjà plus surpris que je ne lui en veuille pas. J'étais sincère, je le pensais, Kohaku était un gentil garçon, il s'était laissé aveuglé par la stupidité de ses camarades mais il était devenu lucide depuis longtemps maintenant, et avait tôt fait de se rattraper. J'espérais intérieurement qu'au fond, malgré mon refus, il reste un bon ami.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Sam 3 Jan - 0:10

La jeune Mikan rougit mais je vois sur son visage qu’elle n’en pense pas autant. Dommage... je m’attendais à quelque chose de plus romantique. Me voilà amatrice d’histoires à l’eau de rose ! Un refus et la déception se lit sur le visage du jeune garçon. Bien que je sois convaincue qu’il n’en veuille pas une seule seconde à Mikan, je suis aussi sûre qu’il s’attendait à autre chose. On dit que l’espoir fait vivre... La reconnaissance de la jeune fille nous surprend tous les deux. D’un côté, je suis heureuse qu’ils puissent entretenir de bons liens. De l’autre... cette histoire me rappelle vaguement quelque chose. Une relation qui pourrait mal tourner à un moment ou à un autre.

Masao n’était pas un mauvais garçon, au départ. Certes, il était bien plus séducteur que Kohaku mais pas malintentionné. C’est avec le temps qu’il est devenu un peu trop excessif dans ses démonstrations d’amour et que nos rapports se sont trouvés tendus par la suite. J’espère à cet instant que les deux jeunes gens en-dessous ne finissent pas comme nous, avec une relation plutôt ambiguë entre haine et amour, l’homme étant toujours frustré de ne pouvoir accéder à ce qu’il désire. J’espère d’ailleurs que Kohaku ne commencera pas à draguer tout ce qui bouge... ça serait bien dommage.

- Je te remercie... dit finalement le jeune homme, en se frottant la tête d’embarras.

Quelques secondes passent puis, alors que je m’apprête à descendre, il termine la conversation sur une note positive.

- Peut-être qu’un jour, tu changeras d’avis ! dit-il en souriant de façon légèrement forcée.

Il finit par un geste de la main et retourne alors s’entraîner, aussi vite qu’il est arrivé, la démarche teintée de déception. Avant que Mikan ne retourne elle aussi s’entraîner, je descends de mon perchoir et l’interpelle par un « tss » un peu sec.

- Si on m’avait fait la cour comme ça à l’époque, peut-être que je serai devenue une épouse modèle plutôt que ninja... dis-je en riant légèrement. Mais j’aurai fait des rencontres bien moins intéressantes. Du moins, c’est comme ça que je me console.

Quelques secondes, un soupire et je continue.

- J’ai presque le double de ton âge et je ne sais toujours pas comment se dessine mon avenir. Je m’imagine mal aux côtés d’un homme mais je ne sais pas si je resterai au service de mon frère à jamais. Être Jônin me permet de vivre au jour le jour sans trop me poser de questions. Beaucoup de monde sont sous mes ordres et le défi quotidien est de faire fonctionner tout ça en m’entourant de gens de confiance.

De loin, on aperçoit Kohaku lancer un regard à Mikan et Masao tourne également la tête dans notre direction.

- Les rêves de chacun dépendent beaucoup de leur vécu. Et on a beau connaître la vie entière d’une personne, seule cette dernière peut nous dire exactement ce qu’elle a dans la tête. Sachant cela, on choisit de faire confiance ou de se méfier de tout le monde. Avant de te rencontrer, je ne faisais pas confiance à grand monde. C’est cette confiance que j’ai en toi qui me fais te dire ceci : si un jour, ton envie de vengeance s’amenuise, que tu ne veux plus risquer ta vie tous les jours parce que tu as un nouveau rêve... Je ne t’en voudrai pas et te laisserai partir.

Ce sont des mots simples et pourtant lourds de sens que je lui laisse entendre ce jour-là. J’espère égoïstement que Mikan ne les oubliera jamais. Je ne veux pas la voir partir mais je me rends compte que je ne souhaite en réalité que son bonheur. S’il passe par la vengeance, alors je l’accompagnerai là-dedans. S’il passe par l’amour, alors je lui donnerai sa liberté pour qu’elle puisse le vivre. J’ignore ce qui me fait autant aimer cette gamine mais les faits sont là. Je lui ai dit des choses que peu de gens savent et nous ne pourrons pas effacer ces moments. Je sens d’ores et déjà que je vais aimer la voir grandir et évoluer. Seul l’avenir nous dira de quelle façon.


[HRP : désolééééée pour le retard, je suis navrée puis ma réponse est bof. >.<
Concernant la suite, je te laisse continuer si tu le souhaites pour clore ou me demander de le faire moi-même par MP. Je pense qu’on est arrivées au bout mais si tu as des idées, je suis preneuse. Autrement, on pourra faire un RP dans le présent sans souci. Smile]


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MessageSujet: Re: [Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan) Lun 18 Juil - 12:35

Déception, gêne, séparation.

N’importe qui aurait pu lire la déception sur le regard de Kohaku sur l’instant ou mes gestes ponctuent progressivement un refus poli. Malgré cela une partie de lui y semblait déjà résolue, a cette non réciprocité. Le garçon n’était pas idiot, il était venu partiellement préparé à se prendre un râteau a cause des rancœurs passées, du fait que nous n’ayons jamais été réellement proches en temps normal. Avec le temps, peut être que nos relations changeraient mais il était difficile de voir l’avenir. Je m’étais engagée sur un chemin tortueux pour me venger de Nii-sama, pas pour trouver l’amour ou même espérer retrouver une vie normale, cette dernière m’avait été volée en même temps que ma capacité d’expression.
Finalement, Onee-sama descend de son perchoir et a peine est elle dans mon champ de vision que je comprends qu’elle a vu toute cette mascarade. Je me sens mal, gênée de lui avoir offert un tel spectacle car je la sais à cheval sur la discipline en entraînement et que tout cela aurait pu attendre. Mais son air et son attitude me laisse penser qu’elle n’est pas là pour la réprimande. Loin de tout cela même, elle rigole doucement de ce qui venait de se passer, un côté moqueur que je trouvais sur l’instant un peu dérangeant. Ne sachant pas ou me mettre sur le moment, je ne répondais pas encore, figée comme une statue et toujours dans ce mutisme caractéristique de ma personne.

Je crois que les paroles d’Onee-sama sont là pour détendre l’atmosphère du moment mais il m’était difficile de concevoir, dans mon esprit au fonctionnement encore très basique et naïf, la possibilité que Mononoke, notre Jônin, soit devenue une épouse modèle. Ceux qui ne connaissaient pas toutes ses identités penseraient surement pareil, elle était un symbole de force chez les ninjas, un symbole d’indépendance, d’autorité et nous avait toujours montré qu’elle remplissait ce rôle à merveille. Imaginer un tel personnage au foyer a s’occuper de ses enfants et de la maison était invraisemblable.
Et pourtant, moi qui avait la chance de connaître sa véritable identité, je comprenais ce qu’elle pouvait sous entendre par là. Être la sœur du daimyo la prédestinait sans doute à ce genre d’avenir en temps normal. Elle aurait sans doute eu un époux fortuné qui se serait précipité à ses pieds pour bien se faire voir du seigneur. Pouvait-on parler alors d’un sentiment amoureux ?


Rêves, avenir et devenir.

Si les premiers mots d’Onee-sama n’ont pas l’effet qu’elle escomptait, ce qu’elle me dit ensuite me laisse comprendre que peu importe notre expérience et notre talent, on ne pouvait jamais être maître de son destin. C’était une idée qui m’était partiellement inconnue, moi qui avait toujours connu jusque là des situations diverses ou j’étais sois la victime, soit l’actrice venant voler la destiné de quelqu’un. Mon frère m’avait volé mon adolescence et avait par la même détruit tout ce que nos parents avaient fait pour nous. Il y a quelques mois j’avais volé un père et un époux a une famille dont j’ignorais tout. La vie était injuste et le monde fonctionnait sur ce système d’injustice. Les forts survivaient au détriment de plus faibles, j’avais été faible et je l’étais encore. Il m’était inconcevable qu’Onee-sama fasse partie de la même catégorie que moi mais je pus difficilement comprendre qu’elle ne se cachait pourtant pas d’en avoir fait partie a un moment de son existence.
Vivre au jour le jour… C’était l’apanage classique des shinobi. Nos vies n’avaient pas plus de valeur aux yeux du reste du clan que celle d’un autre citoyen de Setsu. Nous étions des agents de l’ombre, des entités dont l’identité était volontairement dissimulée et notre rôle se limitait à tout ce qui était officieux. Du jour au lendemain, nous n’étions plus rien. Ni personne. Nous n’avions pas de nom, pas de visages.
Juste des sobriquets et un corps animé par notre volonté. Onee-sama me l’avait dit il y a quelques mois lors de ma première mission, nous étions des monstres. C’était peut être l’explication derrière l’usage des masques pour beaucoup, un masque de yokai, nous avions beau être humains, nos actions faisaient de nous des loups habillés en moutons. Des prédateurs dissimulés, tout comme les yokais.

Malgré cela, Onee-sama me parle de confiance, de rêves et d’avenir. La confiance qu’elle me portait me réconfortait énormément et elle était réciproque. Je savais qu’en Setsu, il y avait au moins une personne en qui je pouvais avoir… Confiance. Nous apercevons un peu après que Masao et Kohaku ont le regard vers nous, lorsque le mien croise celui du garçon, je le détourne en abaissant un peu le regard, toujours gênée par sa soudaine révélation. C’est en voyant Masao le regarder que je me rends compte qu’il a fait de même. Le chûnin n’était pas un idiot, il avait sans doute deviné ce qui se tramait et ne manquerait sans doute pas d’en parler avec Mononoke en temps voulu.
Mon regard retourne sur mon ainée, gardienne et unique amie. Je l’écoute m’avouer que, contrairement a ce que je m’étais toujours imaginée, elle me laisserait partir des rangs si j’en éprouvais le besoin. Je m’étais fixée l’idée qu’une fois devenue ninja, je ne pourrais plus m’éloigner de ce que j’étais que je ne pourrais pas devenir autre chose que ce pourquoi je m’entrainais. Mais Onee-sama me laisserait faire, pourquoi ? Parce qu’elle ne voulait pas entraver mes rêves ?
Cela faisait longtemps que je n’aspirais plus a grand-chose d’autre que la vengeance, privée de ma voix, j’avais été privée de ce que j’aimais faire le plus au monde : chanter. Devenir ninja et abandonner mon visage étaient devenu mon idéal pour le reste de ma vie, loin du nom déchu des Mikazuchi, loin du regard des habitants de Kazan et des insultes quotidiennes des passants. Mon grand-père l’avait compris lorsque je lui avais annoncé ma décision, devenir ninja était ma façon à moi de renaître de mes cendres.


[Je ne veux pas partir, Onee-sama. Je n’ai nulle part ou aller, je n’ai pas de talent autres que ce que j’ai pu apprendre a tes côtés. Il m’était déjà inespéré de pouvoir devenir genin après ce que mon frère a fait, tout cela n’aurait jamais été possible sans toi. Je veux rester avec toi, parce que le temps que nous avons passé jusque là m’a fait comprendre la véritable valeur de l’amitié et de la confiance. Pour rien au monde je ne voudrais perdre cela à nouveau.]

Un nouveau sourire se dessine sur mon visage après mes « mots ». Mon seul véritable rêve a l’exception de retrouver mon frère était de pouvoir rester auprès de personnes qui comptaient pour moi, des personnes qui ne me jugeraient pas pour ce que je suis ou d’où je viens. Et pour l’heure, Onee-sama était la seule qui remplissait ce rôle. J’étais confiante sur le fait que nous aurions l’occasion, sur le temps de tisser une relation similaire a celle de deux sœurs. Bien qu’elle soit déjà comme l’ainée que je n’aurai jamais eue a mes yeux.
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[Terminé] Sans voix et sans visage, les histoires prennent un autre sens (PV Mikazuchi Mikan)

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