AccueilFAQRechercherMembresS'enregistrerConnexion

Partagez | .
 

 [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1201
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Mar 17 Juin - 9:28


L'humeur était au beau fixe tandis qu'il reprenait son chemin vers ses hommes et leur destination grandiose. Ils devaient déjà être à Nikkou depuis quelques heures, mais il n'aurait pas longtemps à avancer jusqu'au palais depuis les quartiers huppés de la demeure de la famille Zenmyo. Il avait encore en tête les odeurs, les goûts et par dessus tout, les images des beautés du domaine qu'il avait visité sur un concours de circonstances particulièrement étrange, mais bienvenu.

Non pas qu'il avait redouté ce jour, au contraire même. Il n'était pas Taisa depuis bien longtemps. Et ce n'était pas son ancien rang, dont le parcours fut particulièrement chaotique, qui aurait pu l'amener à vivre cet instant à l'époque. Nikkou n'avait été qu'un point de passage autrefois. Il se souvint être devenu un véritable Samouraï entre ces murs... Même si l'époque avait été coquasse en événements. Il était devenu Amadotsu sur un coup de tête et il aurait pu déshonorer ses ancêtres pour cela, mais personne a Setsu ne jugeait de tels balivernes, les faits étaient aussi importants, sinon plus, que le nom.

Il avait dorénavant la responsabilité de milliers d'hommes, et ne voulait absolument pas que ces derniers soient une source de travail supplémentaire pour son Taisho et plus encore, pour son Daimyo. Sa carrure et ses faits d'armes passés avaient aidé à son nouveau rang, à son intégration et à l'acceptation tacite de ses commandements. Il était rentré dans leur cœur par son empathie, ses mots lui manquant souvent pour galvaniser le courage de ses troupes, il les guidait par l'exemple.

Il montrait une facette des plus humaines à leur égard, les prenants en égaux et non en subalternes. Sa réputation de leader en première ligne et de défenseur avait fait le reste du travail, et la division de Kazan était un exemple de loyauté, faute d'être une force de frappe à utiliser en fer de lance. Les hommes sous les ordres directs de Toshiro-sama étaient bien plus aptes à cela. L'avantage de tels rapports entre un officier et ses soldats était que les rares vers dans la pommes étaient ramenés au pas par leur propre camarade, soucieux de rendre la pareille au Taisa.

Il traversait ainsi Moe, confiant dans la valeur de ses guerriers et du fait qu'ils représentaient un atout indéniable pour Setsu. Cette révision était plus que bienvenue, car il savait aussi qu'il avait beaucoup à apprendre de son rang, au vu de sa jeunesse dans le poste. Mais il était certain qu'il ne serait pas une source de honte pour son clan. Il arriva rapidement en vu de la caserne où ils l'attendaient déjà depuis longtemps, s'installant dans les baraquement dans l'expectative de leur passage en revue.

Ils ne l'interrogèrent pas sur la raison de son détour dans la capitale et sur le fait qu'il les avait laissé continuer leur route sans lui. Son état-major n'avait pas besoin de lui pour de telles futilités que garder le rang et d'avancer droit. Qui plus était, il existait avant même que Kodan ne prenne les rennes de la division. L'autonomie était une bonne chose. Non pas que sa section puisse exister en autarcie totale, car un corps avait toujours besoin d'une tête pour réfléchir. Mais il pouvait se départir des missions les plus simples, même sur un champ de bataille s'il le fallait.

Un sourire rêveur issu de sa rencontre dans les hauts-quartiers de Moe ne le quittait plus. De cela non plus, personne ne s'en inquiéta. Kazan Chinsei-ka avait une réputation de chaleur que Setsu n'ignorait pas. Certain s'en étonnaient même et majoritairement outre les frontières de son clan, pour le peu qui furent au courant de son existence. Il avait déjà été envoyé en Kenshu, avec qui les relations étaient des plus tendues, sur ordre impérial afin d'adoucir les angles. Et en tant que gouverneur de la frontière Ouest du clan, il avait montré ainsi un visage tout sauf belliqueux à leur voisin, mais loin de toute faiblesse, afin de ne pas attiser l'envie des enfants de la foudre.

Il s'installait dans dans les quartiers réservés aux officiers, situés en proximités de ceux de ses Taiis lorsqu'une estafette vint le demander. Le jeune messager portait un pli auquel le sceau du Phénix était apposé. Lorsqu'il l'ouvrit, il dû faire montre d'un contrôle de sa personne comme il en eut besoin rarement auparavant. Son sourire chaleureux se déforma en expression de fierté carnassière, ses yeux fixant le contenu de la missive et passant de phrases en phrases avec une vitesse dont il était peu coutumier.

Enfin ! Il avait attendu cet instant dès son entrée dans les forces armées Setsu. Depuis son gempukku, l'ombre de cet homme suivait sa destiné et à de nombreuses reprises, le premier Amadotsu avait été persuadé que la main de ce guide n'avait jamais été loin. Il avait croisé le regard de celui qui l'invitait à présent à le rencontrer. Plus d'une fois, son âme avait été touchée par la prestance et le courage du jeune Seigneur Setsu. Et tout ses actes avaient tendus vers cette missive qui représentait alors l'aboutissement d'un des vœux les plus cher du samouraï.

Gekido-dono l'invitait à une entrevue. Pour la première fois, il allait se tenir devant son Daimyo pour une invitation exclusive. Il ne serait pas au milieu de tous, il ne serait plus le soldat admirant la flamme du regard de son Seigneur. Il venait d'être convié à une entrevue personnelle. Évidement, il y-aurait certainement des yojimbos présents, c'était normal. Mais le Roi-Phénix allait lui parler directement, sans passer par Toshiro-dono, ou une missive d'ordres donnés. Son honneur venait d'être propulsé à un zénith qu'il n'aurait jamais soupçonner pouvoir atteindre.

Cette demande ne pouvait souffrir d'aucune attente et Kodan prit congé abruptement de ses hommes, les yeux animés d'une flamme ardente, son sourire aimable transformé en pure dévotion mêlée de fierté. Oh, il n'avait pas toujours été d'accord avec la volonté du Phénix. Mais il était son serviteur exclusif et n'avait jamais discuté les décisions de Gekido-dono. Il allait enfin pouvoir apprécier le charisme de ce dernier dans un véritable face à face et goûter par lui même cette prestance qu'on chantait dans tout le territoire.

Il prit tout de même le temps de se revêtir de sa tenue d'apparat. Son armure légère en treillis sombre qui ne diminuait en rien sa carrure, recouverte d'un long haori neige fermé par des cordelettes carmin où le môn de sa famille trônait au côté de celui du clan Setsu. Il ajusta son obi où son daisho reposerait paisiblement et attacha ses cheveux en arrière afin de ne pas paraître un sauvage aux yeux de son Seigneur.

L'estafette le guida dans les hautes tours de Nikkou, une ascension qui parut interminable, mais qui ne marqua en rien la passion du samouraï. Il venait des terres les plus arides du clan, déjà réputé pour ses températures élevés, ce n'était pas des marches qui allaient le fatiguer outre mesure. Mais il fut impressionné par l'endurance du messager-guide. L'homme ne payait pas de mine pourtant. Kodan se dit que cette capacité devait être de rigueur en ces lieux, au vu de la démesure magnifique du palais.

Les portes du Phénix se dressèrent rapidement devant lui. Sublime œuvre d’orfèvre et d'architecture, plus grande encore que la porte principale du Palais Impérial lui-même. La fresque dépeignait Moegami et les Seigneurs Setsu au sommet du monde, des milliers d'hommes stylisés leur vouant un culte d'adoration total étaient minutieusement détaillés. Elle s'ouvrit, malgré son immensité, sans presque un bruit, témoignant de la perfection des gonds sur lesquels ces portes jouaient de leur poids.

Ce qui s'ouvrit à ses yeux fit passer ces dernières pour un simple détail, tant la beauté des lieux étaient intense, riche et grandiose. Mais les yeux du Samouraï ne s'attardèrent pas un instant de plus sur les lieux, car au bout de la salle du trône, assit sur ce dernier, le Phénix le dévisageait de son regard ardent. Il posa presque inconsciemment un genou au sol fixa uniquement son bras gauche, posé sur son genou encore levé. Sa main droite l'équilibrant au côté de la jambe pliée.

Son cœur paraissait vouloir sortir de sa poitrine. Devant lui, à quelque pas, Setsu Gekido-dono se tenait assis. Sans le regarder, Kodan souffla de sa voix rocailleuse, ses mots nimbés d'un respect et d'une dévotion totale :

Mon Seigneur, je suis à vos ordres.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka


Dernière édition par Amadotsu Kodan le Jeu 9 Avr - 13:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Setsu Gekido

avatar

Non Joueur

Messages : 325
Date d'inscription : 06/07/2013
Age : 22

Feuille personnage
Age: 29 ans
Titre: Daimyo
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Lun 14 Juil - 3:05

[Mille excuses pour le temps de réponse... Qui plus est, ce n'est pas le post dont je suis le plus satisfait. L'inspiration peinait à venir, ça a été écrit ligne par ligne et je pense que ça se ressent sur la qualité. Enfin, j'espère que ça conviendra tout de même !]

Le temps avait été agréable toute la journée. Il faisait chaud sans que l'air n'en devienne trop étouffant et cela convenait fort bien au Seigneur Setsu qui n'en demandait pas mieux. Il avait beau avoir vécu sur ces terres toute sa vie durant, ce n'était pas pour autant qu'il aimait crouler sous des températures écrasantes tout en nageant dans sa propre sueur. Aujourd'hui était un jour agréable sur ce point, mais seulement pour celui-ci. En effet, il s'ennuyait à mourir. Voilà des heures qu'il était assis, là, sur son trône, à écouter ses ministres lui exposer les uns après les autres tel ou tel point. Certains ne faisaient que l'informer de certains événements, internes ou non à Setsus, d'autres lui demandaient de trancher sur des sujets quelquefois épineux. C'était son rôle après tout, servir de guide au peuple afin qu'il ne parte pas à la dérive. Tout ce dont il avait à traiter aujourd'hui n'était pas nécessairement d'une importance capitale mais il se trouvait que Gekido appréciait peu déléguer les affaires du clan et il aimait avoir son mot à dire sur tout ce qui avait un minimum d'importance. Cela pouvait paraître difficile à croire, mais il était un homme très investi dans ses fonctions, même si cela pouvait s'avérer fatigant et très peu divertissant.

La matinée s'était ainsi écoulée, donnant l'impression au Daimyo d'être occupé depuis une dizaine d'heure. Il dîna avec ses ministres et conseillers avant de se remettre au travail. Par les Kamis, qu'une pause lui aurait été salutaire ! Il ne pouvait malheureusement pas. Voilà un moment qu'il aurait dû s'occuper de certaines affaires et les postposer davantage ne le soulagerait que momentanément, comme il aurait de toute façon à les régler dans les prochains jours. Il avait choisi d'aller jusqu'au bout des choses le plus vite possible et il comptait bien se tenir à sa décision.
Une partie de l'après-midi passa encore, l'ennui gagnant un peu plus Gekido à mesure que les heures s'écoulaient. Quel ne fut pas son soulagement quand l'un des hommes présents, un trentenaire déjà atteint par une alopécie aiguë, lui annonça qu'ils arrivaient au bout du calvaire. Le timing était parfait : il avait envoyé un peu plus tôt dans la journée un messager porteur d'un courrier destiné à Amadotsu Kodan, un Taisa de l'armée Setsu. Ce dernier avait la chance – ou la malchance – d'être convié au château Nikkou pour une entrevue personnelle avec lui. Il n'était plutôt normal pour un Daimyo de rencontrer ses subordonnés les plus gradés et Gekido n'échappait pas à la règle. Obtenir le privilège de le rencontrer en tête-à-tête demeurait toutefois un immense privilège.


« C'est donc ici que nous nous quittons, messieurs. » conclut-il en se redressant, « Nous nous reverrons très bientôt. »

Ils se levèrent, s'inclinèrent tous profondément et, un par un, quittèrent les lieu. Le silence retomba sur la pièce où débats et discussions avaient eu leur place des heures durant. Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres tant il n'était pas mécontent d'en avoir fini pour aujourd'hui. Il se laissa ensuite tomber sur son siège, profitant de ces rares minutes de répit. Il demanda à ce qu'on lui apporte de l'eau, sa gorge étant sèche d'avoir autant parlé, puis il médita quelques instants sur tout ce qui avait été dit aujourd'hui afin d'être sûr d'avoir pris les bonnes décisions. Rien de capital n'avait été débattu aujourd'hui, aussi fit-il rapidement le tour du sujet avant de laisser ses pensées vagabonder de manière hasardeuse. Ses paupières se fermèrent lentement et le géant s'égara sans même en avoir conscience. Il demeura ainsi, flottant entre la réalité et l'éther durant de longues minutes. Il ne pourrait dire combien de temps il demeura ainsi mais il sursauta brusquement quand un garde lui annonça la venue du Taisa. S'était-il endormi ? En tout cas, il se sentait comme un homme sortant d'une sieste salutaire. Maintenant qu'il y pensait, il n'avait pas beaucoup dormi cette nuit ; la chaleur l'avait tenu éveillé jusqu'à une heure très avancée.

« Faites-le entrer. » déclara-t-il en baillant à s'en décrocher la mâchoire tout en se frottant les yeux.

Les portes s'ouvrirent sans un bruit, laissant place à l'entrée du militaire. Comme son Daimyo, il se trouvait être un homme plus bien plus grand que la moyenne. Habillé pour l'occasion, Kodan en imposait, tant par sa taille que par son charisme naturel. Gekido ne demeurait pas en reste car, de par son rang, son apparence devait être irréprochable en toute circonstance ou presque. Ainsi, tout vêtu de pourpre de noir, le Seigneur du feu attendait que le Taisa arrive jusqu'à lui, lequel, une fois à quelques pieds de lui, s'agenouilla cérémonieusement. L'ambiance devint très formelle et le mutisme ne fut pas brisé tout de suite. Finalement, s'éclaircissant la gorge, le chef de clan prit la parole.


« Relevez-vous et marchons un peu. »

Il était resté assis toute la journée et il ressentait un grand besoin de se dégourdir les jambes tant elles commençaient à s'ankyloser. Gekido se leva à son tour et descendit lentement les quelques marches les séparant. Il s'adressa de nouveau à lui une fois parvenu à sa hauteur. Ses yeux paraissaient fatigués mais même ainsi, il ne perdait rien de sa superbe.

« Votre réputation vous précède, Amadotsu Kodan-san, vos exploits ont déjà fait parler de vous. » Il parlait tout en ouvrant la marche, n'ayant même pas eu besoin d'indiquer à son interlocuteur de le suivre, « Je n'ai pas eu le plaisir de vous rencontrer auparavant, aussi souhaitais-je le faire aujourd'hui, puisque vous êtes de passage à Moe. La capitale vous manquait ? »

Il progressait tranquillement dans les couloirs du château, sans vraiment donner l'impression de regarder le chemin qu'il empruntait. Cependant, cet endroit où tout était une incarnation de la démesure lui était très familier, il savait donc très bien où il se rendait. Plusieurs domestiques s'écartèrent et s'inclinèrent lors de leur passage, Gekido les remarqua à peine : pour lui, ils faisaient partie du décor. Ils déambulèrent ainsi jusqu'à une pièce plus petite que la salle du trône mais qui, contrairement à cette dernière, possédait un accès vers un grand balcon d'où la vue sur Moe était inégalable. De manière générale, il venait ici pour les entrevues moins officielles car la pièce se prêtait davantage à la convivialité que la froide et impressionnante salle du trône. Ce n'était guère l'atmosphère qu'il souhaitait offrir au Taisa mais soit, il s'en accommoderait – il avait besoin de bouger, besoin d'air. Une grande bouffée d'air fut prise une fois arrivé sur le vaste balcon où le Seigneur put s'appuyer sur la rambarde et contempler ce paysage qu'il connaissait par cœur. La capitale était décidément une ville magnifique et un chef-d’œuvre architectural à la hauteur du Château Nikkou.

« Quelles nouvelles m'apportez-vous ? Vous n'êtes pas Taisa depuis très longtemps, j'imagine qu'il a dû être difficile de vous imposer comme nouveau commandant auprès de vos troupes. »


L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1201
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Lun 14 Juil - 13:11


Le Seigneur Phénix était toujours aussi grand que ce dont Kodan se souvenait. Il avait fait de nombreuses rencontres ces derniers temps, aussi bien chez Setsu que hors de ses frontières, et il s'était rendu compte que les clans étaient aux mains ou comptaient de vrais géants. Lorsqu'il se leva et l'invita à une marche, le bushi du clan Kiyooki fut presque amusé de constater que son Daimyo transcendait les moyennes de taille en Yokuni. Il était même probablement aussi haut que Juubei, de Kenshu.

Mais la comparaison s'arrêtait là. Gekido était un homme qui auréolait de confiance et d'une prestance que seule Shimizu-sama avait pu surpasser, et sa féminité en avait été peut être ce qui avait fait la différence. Sa manière de marcher, les mots qu'il employait... Il semblait à l'unique Amadotsu qu'un monde entier séparait leur plan d'existence. Là où l'enfant de Kazan était une pierre brute d'une grande densité, le maître des Setsu aurait pu faire ternir un diamant parfaitement taillé par son simple regard.

Au-delà de l'admiration qu'il avait toujours eut pour cet homme, depuis sa tendre jeunesse, l'avoir aussi proche de lui était un privilège qui manqua de briser la cage thoracique du Taisa de Kazan au vu des battements de son cœur. Le fait que le Seigneur du Feu vienne à l'inviter à une promenade n'arrangeait rien à cela, et il fallut que Kodan aille chercher au plus profond de son savoir martial afin de ne rien laisser paraître de son trouble.

L'héritier des Kiyooki salua la remarque de son Daimyo à propos de son humble réputation en s'inclinant poliment, puis il prit la suite du Seigneur tandis qu'il ouvrait la marche. Derrière lui, l'enfant de Kazan haussa un sourcil intrigué à propos de cette rencontre. Non, ce n'était pas la première fois qu'ils se voyaient... Mais c'était bien la première occasion qui leur permettaient à tout deux d'être aussi proche que cela. Peut être était-ce ce que Gekido voulait dire par là ? Et dans le cas contraire, Kodan comprenait tout à fait la possibilité qu'il ne se souvint plus des rares croisements de leurs destins respectifs.

Quelque chose dans l'attitude de son Seigneur empêcha au Taisa de répondre immédiatement à sa première question à propos de la Capitale. Le premier Amadotsu sentait que le Phénix ne l'écouterait pas tant qu'ils ne seraient pas là où il souhaitait se rendre. Ainsi, durant leur promenade et jusqu'à la destination souhaitée par Gekido, Kodan admira la richesse qu'il n'avait vu que trop rarement du palais de Nikkou.

Il n'était jamais monté si haut, en réalité, au sein du Palais. Et ce qui se découvrait sous ses yeux lui donnait presque le vertige. La citée de Moe était montée en hauteur plus qu'en largeur, mais même en considérant cela, le Château écrasait de son ahurissant forma tout ce qui avait été fait des mains de l'homme jusque là. Le bushi de Kazan était même persuadé que le Palais Impérial n'était pas même comparable au grandiose Nikkou. Et il était bien placé pour faire cette estimation puisqu'il avait servit là-bas, cinq ans auparavant.

À de nombreuses reprise, Kodan aurait voulu arrêter leur progression dans le palais afin d'en admirer les détails. La puissance du clan s’étalait là en un unique bâtiment, bien plus défiante des réalités que la cité de Kazan, construite au cœur du cratère d'un volcan éteint à ce jour. Non... La comparaison était même impossible tant on ne parlait pas là de la même ambition. Le samouraï remercia ses années d'apprentissage des arts du combat pour lui donner les armes nécessaire au contrôle de son corps, qui menaçait à chaque instant de montrer sa fébrilité devant toute ces merveilles.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent enfin, le spectacle qui se jouait devant le guerrier de l'Ouest manqua de le faire tituber. Ses yeux s’écarquillèrent du panorama que le vaste balcon où ils s'étaient arrêtés leur offrait. Il écouta son Seigneur presque inconsciemment, obnubilé par le grandiose de son environnement. À ses côtés, le Phénix lui semblait tout juste touché par la beauté qui se jouait sous ses yeux... Il s'agissait probablement là d'un effet de l'habitude, si l'on pouvait réellement s'habituer à ce genre de chose.

S'arracher à cette vision pour en venir aux questions de son suzerain fut plus dur à Kodan qu'il eut cru possible. Mais il finit par aviser Gekido dans les yeux. Il décida qu'il était mieux de répondre ici à sa première interrogation, puis de traiter les autres, une par une, dans l'ordre exact où le Seigneur les lui avaient posées :

Permettez moi de revenir un instant sur nos rencontres, Monseigneur. Mais nous nous étions déjà croisés par le passé. Lors de mon Gempukku pour la première fois... Vous ne deviez pas avoir plus de six ans et j'en avais un peu moins du double. Je n'oublierais pas votre regard à cette époque, car il n'a pas changé. J'ai su ce jour que ma lame serait votre. Le destin aura écouté mon vœux de ce temps.

Vous ne souvenez probablement pas, mais vous étiez aussi présent lorsque je fus intégré à votre armée, en tant que Samuraï. Bien entendu, je n'étais qu'un homme du rang, mais votre discours m'a profondément touché et m'a certainement permis en ce temps de faire de moi l'homme qui se tient devant vous aujourd'hui, avec tout l'honneur que vous me faites.

Nous étions tout deux plus jeunes, et je ne peux que comprendre que vous ayez oublié notre rencontre à Hibana. Mon rôle au sein de votre armée était celui de Taii, en ce temps. D'autres étaient présents à nouveau... Mais de revoir votre Grâce a cet instant a éveillé mon don. C'est Endô Sôichiro qui le descella et qui me permis d'en entrevoir les possibilités cette fois là. Il s'agit donc là de notre quatrième rencontre et première entrevue, Monseigneur. Et à nouveau, l'honneur que vous me faite en ce jour est insondable et je ne sais pas si j'en suis tout à fait digne.


Il prit une pause, priant Moegami pour ne pas être par trop rébarbatif ou ennuyeux à son Seigneur. Il avait encore beaucoup à dire, et n'avait même pas encore commencé à répondre à ses questions... Il n'attendit pas longtemps avant de s’exécuter, sachant précieux le temps que lui accordait Gekido :

Je suis venu en Moe pour la révision des garnisons de Kazan, dont j'ai la charge autant en temps que Taisa, qu'en tant que gérant de ces terres en votre nom. Mais pour être honnête, oui, la beauté de la capitale me manquait ces derniers temps... Et ce que j'y ai découvert avant notre entrevue est encore gravé dans mon cœur à présent...

Il sourit, de toute évidence gêné par ce qu'il venait de dire. Mais il ne se démonta pas pour autant et passa rapidement à la suite de son discours :

Kazan se porte bien malgré les hausses des températures ces derniers temps. La frontière avec Kenshu est paisible et j'ai de bons contacts à Raimei qui me permettent de mesurer la température des disciples de Gekigami à tout instant. Les distilleries et les mines tournent à plein régime, le rendement cette année sera deux fois plus important que l'année précédente et l'acier ne manquera pas à Setsu en l'an 41, la chose est certaine.

Pour ce qui est de m'imposer, Monseigneur, je n'en ai pas ressentit le besoin. Je suis un Kazanien de pure lignée, et mon nom n'a pas eut besoin de grands artifices pour que ma garnison m'accepte comme Taisa, leur loyauté à mon égard est aussi solide que la mienne pour vous. Néanmoins, j’espère me montrer digne de tout les honneurs que vous me faites. Mais de ce fait, je peux enfin vous dire en face que je suis votre éternel serviteur et que ma lame vous appartient.


Il s'était quelque peu perdu en conjecture, mais dans l'ensemble, il considéra avoir parlé avec clarté et répondu aux attentes de Gekido. Il clôtura sa diatribe en s'inclinant à nouveau avec une grande humilité. Attendant les suites que prendrait cette rencontre. Parler avec son Seigneur était gratifiant, mais les implications de chaque mot pouvaient avoir des conséquences irrémédiables.

En bien, comme en mal...


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
Revenir en haut Aller en bas
Setsu Gekido

avatar

Non Joueur

Messages : 325
Date d'inscription : 06/07/2013
Age : 22

Feuille personnage
Age: 29 ans
Titre: Daimyo
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Mer 20 Aoû - 8:30

Amadotsu Kodan semblait être l'un de ces hommes qui, en parlant au Seigneur Setsu, se perdaient en mille et une manières devant lui. Très cérémonieux, sa tenue face au Daimyo était irréprochable, ce qui n'était pas du tout pour lui déplaire. Il était néanmoins un peu bavard. Si cela était un défaut ou non restait à voir. Ainsi donc, aujourd'hui n'était pas le jour de leur première rencontre. Fort possible. Gekido n'avait pas la mémoire infaillible et vu la façon et les circonstances dans lesquelles le Taisa lui expliqua l'avoir rencontré les fois précédentes, il ne fut guère étonné de ne pas se souvenir de lui. Déjà, cela remontait à loin, parfois de nombreuses années en arrière mais une autre raison était que l'homme rencontrait des gens chaque jour, sa fonction oblige, et qu'il ne pouvait tout décemment pas se rappeler de l'existence de chaque individus croisés jusqu'à présent. Il ne s'attachait à retenir que les personnes importantes ou dignes d'intérêt. Or, à l'époque, son interlocuteur n'était ni l'un ni l'autre. Puis, il ne s'étaient jamais adressé la parole auparavant, car il s'agissait de leur première entrevue.

Les yeux rivés sur l'horizon, le Seigneur donnait l'impression d'être perdu dans ses pensées même s'il écoutait attentivement les dires du Taisa. Ce dernier commença d'ailleurs à répondre à sa question concernant la raison de sa venue à Moe. La façon dont il lui dit que ce qu'il avait vu avant leur rencontre l'avait marqué laissa flotter un sourire discret sur les lèvres du Daimyo. Avait-il goûté aux plaisirs d'un ochaya de la ville ? Il restait un homme, il était normal qu'il se divertisse de temps à autre. Gekido lui-même aimait à louer les services de Geishas le temps d'un zashiki, leur connaissance des arts, de la littérature et de bien d'autre choses était quelquefois impressionnantes et leur compagnie demeurait très agréable. Il fallait certes y mettre le prix étant un des hommes les plus riches de Yokuni, ce point-ci ne lui posait aucun problème.

Le Phénix le laissa terminer son discours, lequel se finit sur une note très solennelle. Bien souvent, faire preuve d'un respect aussi exagéré envers un noble ou tout autre personne d'un rang supérieur au sien ne se faisait que pour la forme ; bien peu toutefois étaient ceux pensant ne serait-ce que la moitié de leurs paroles. En tant que Daimyo Setsu, il tolérait peu cette hypocrisie. Il aimait qu'on lui montre à la fois du respect et de la docilité mais cela l'agaçait quand c'était fait de manière à ce que tout paraisse factice. Il se dégageait pourtant d'Amadotsu Kodan une impression de sincérité, ce qui rendit ses dernières phrases bien plus agréables à entendre qu'il ne l'aurait cru de prime abord. Une fois le silence retombé sur le balcon, le souverain ouvrit la bouche :


« C'est un honneur également d'avoir un homme si dévoué dans les rangs de notre nation, soyez-en certain. » Il marqua une courte pause, délaissant les civilités pour d'autres sujets, « Continuez de faire surveiller la frontière Kenshu et rapportez-moi tout incident inhabituel. »

À ses yeux, si danger il devait y avoir, il viendrait soit de Fukyuu, soit de Kenshu. Les rancunes étaient malgré tout tenaces et Gekido voyait le clan des glaces comme une menace bien plus directes que celui du Tigre. Il aurait néanmoins été idiot de négliger le potentiel de ce dernier... Ne disait-on pas que prudence était mère de sûreté ? À ce titre, les frontière de l'Est étaient tout aussi étroitement surveillées. D'autre part, au vu du nombre croissant de Yokais aperçus et des diverses perturbations recensées, mieux valait être sur ses gardes...

« C'est une bonne nouvelle d'apprendre que les mines de Kazan produiront suffisamment de fer et d'argent et d'autres minerais essentiels. L'acier est une ressource importante et bien que nous soyons en paix pour le moment, nous ne savons jamais quand nous pourrions en avoir besoin. »


Des soldats bien équipés et des armes en suffisance feraient toute la différence si un conflit devait être un jour déclenché. L'armée Setsu était de loin la plus grande du continent et l'entretenir demandait des coûts très importants mais les mines étaient nombreuses dans les environs et les récoltes dans les champs s'avéraient satisfaisantes.


« Voyez-vous, peu importe ce que les apparences laissent à voir, Yokuni est loin d'être une terre sereine où la paix règne. La guerre et la mort ont été autrefois monnaies courantes dans ces contrées. L'Enfer Écarlate a calmé les ardeurs des plus belliqueux mais il persistera toujours des divergences d'opinions et des conflits qui mèneront immanquablement à une confrontation un jour ou l'autre. Il y avait des combats avant que mon père ne soit élu par Moegami et ne chasse les Yokais vers le sud, il y trente-neuf ans de cela, il en a eu pendant toute la période d'expansion de Setsu et de naissance des quatre autres clans et si aujourd'hui nous sommes parvenus à une situation visiblement stable, il serait naïf de croire que cela durera éternellement. La diplomatie est un art délicat, la moindre erreur peut entraîner des conséquences inimaginables et faire dégénérer la situation. »

Il suffisait de constater où en étaient Setsu et Fukyuu à présent. Autrefois alliés, la méfiance était maintenant de mise entre eux deux. Après neuf ans d'amitié, les deux clans en étaient venus à se détester cordialement, tout ça parce qu'Ichigo avait vu son orgueil meurtri quand la fondatrice du clan des Glaces, Fukyuu Chizue, avait rejeté sa demande en mariage... C'en était presque drôle. En y repensant, l'actuel Daimyo se demanda quelle aurait été sa réaction si Ame avait refusé de l'épouser. La situation n'était pas exactement pareille mais il y avait fort à parier que des tensions auraient pu naître entre lui et la Kannushi, un comble étant donné leur rang respectif.

« Cela pourrait arriver demain, dans un mois ou dans plusieurs années mais la paix est illusoire. Je ne veux pas que nos soldats se confortent dans ce mensonge, alors soyez assuré que chacun des hommes sous votre commandement se tienne prêt en cas de problèmes. Une armée puissante, entraînée et bien équipée est un gage de sécurité face aux ennemis futurs. »

Bien qu'il dise cela, il y avait des chances pour que ce soit Setsu qui frappe le premier quand l'occasion se présenterait et si l'intérêt d'attaquer se faisait sentir, mais cela ne regardait aucunement un simple Taisa, aussi compétent puisse-t-il être. Gekido lança encore un regard sur cette ville s'étendant à perte de vue. Moe. Ville à l'image de la volonté du Phénix, symbole même de la puissance Setsu, à l'instar du palais de Nikkou. Puis, son regard croisa une nouvelle fois celui d'Amadotsu Kodan, un colosse qui en imposait par sa seule carrure.


« Si un conflit ouvert venait à éclater dans l'ouest, comment verriez-vous l'avenir du clan ? »
lui demanda-t-il d'un air très détaché.

Simple curiosité de la part d'un Seigneur désirant connaître l'avis d'un des lieutenants de son armée ou s'agissait-il de bien plus que cela ? L'expression neutre du Daimyo ne permettait en tout cas pas d'y répondre.


L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1201
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Sam 23 Aoû - 23:22

Aux mots du Daimyo, le cœur du Taisa se gonflait d'orgueil. Il se sentait fier à chaque appréciations, mais aussi à l'invitation à la prudence vis à vis des frontières Ouest du clan, dont il avait la charge. C'était pourtant une simple instruction, un devoir qui était le sien depuis sa monté en grade, mais il le prenait presque pour une marque de confiance. Le paradoxe de son amitié avec certains gens de Gekigami et la méfiance dont il devait faire preuve à leur égard ne le tortura même pas. Tant qu'il était à proximité de son Seigneur, le second point prévalait en tout, les dommages que pourrait engendrer un conflit ouvert avec leur voisin passait totalement au second plan.

Il savait cependant que cela le rongerait plus tard. Quand bien même, il était un serviteur loyal de Setsu, et il savait quelle était la réputation de son clan et qu'il n'y avait pas de fumée sans feu. Il s'était juré de ne jamais couvrir de honte ses ancêtres en tournant le dos au Maître des disciples de Moegami. Et il était parfaitement conscient d'avoir à prouver la légitimité de son rang, de son statut et de son héritage. Il avait choisi le nom d'Amadotsu en attendant de mériter celui de ses aïeuls et de porter fièrement celui des Kiyooki. Le respect du Bushido et plus particulièrement celui de sa loyauté étaient les clés de voûte de ce destin.

En ce qui concernait la paix du royaume, Kodan était tout à fait au courant de son état fragile et illusoire. Il aurait bien évidement préféré qu'elle dure et il faisait tout ce qui était en son pouvoir avec ses maigres ressources pour la préserver aussi longtemps que possible. Il était un guerrier fier, l'art du combat qu'il affectionnait était le duel, la confrontation avec un adversaire talentueux, mais il était aussi un expert des champs de bataille, par esprit de défi : celui d'opposer son esprit à un autre stratège. Ce que les guerres signifiaient derrière l'affrontement de deux talents, ce qui sortait du jeu, le répugnait. Mais à nouveau, il n'avait pas à choisir, il devait se contenter d'agir lorsque le moment viendrait, et c'était tout.

Il n'était pas non plus ignorant des combats de feu Ichigo-dono. Son père s'était battu au nom de ce dernier, s'était fait un nom et avait mérité les terres de ses ancêtres durant l'Enfer Écarlate et même après. Kiyooki Hayato avait été plus grand et plus massif encore que sa progéniture et il s'était illustré au cœur de nombreux conflits, terrassé des démons plus impressionnants les uns que les autres et servit son clan comme un véritable Setsu. Être sous une telle ombre avait poussé son fils à changer son nom, presque par honte, tant il avait à prouver pour devenir un véritable Kiyooki.

Le point de vu de Gekido était tout à fait logique et il illustrait bien les craintes et les devants que se devaient de prendre un vrai Daimyo. Il ne sentit rien du bellicisme qu'on prêtait à son Seigneur, c'était là de la simple prévention, ce qu'aurait pu penser un père pour ses enfants, ce qu'était quasiment l'élu de Moegami, d'un certain point de vu. Le Volcan apaisé n'aurait pu se sentir mieux qu'à cet instant, où il se rendait compte par lui même qu'un être d'un autre niveau que le sien, sur une sphère qui le dépassait complètement, se préoccupait à sa place de ce qui pouvait advenir à ses terres.

Depuis qu'il tenait le rang de Taisa, le premier Amadotsu s'était échiné à faire respecter la rigueur à ses troupes fraîchement hérité, à se faire connaître comme un leader par l'exemple, pas par les mots. Il en faisait mille fois plus pour les guider, leur montrer qu'il ne serait pas un Capitaine en retrait, les laissant à ses décisions et les envoyant à la mort. L'art du siège et plus précisément de la défense de position était la spécialité de ses troupes à présent et ils s'amélioraient de jours en jours.

Il les savait prêt à se battre, à prendre et à tenir des points clés. À son image, le tout de sa légion était inébranlable. Peu utile à l'assaut, sa légion excellait dans la tenue de point clé. Si le jour arrivait où elle serait déployée face à un autre clan, il était certain qu'elle remplirait son rôle à la perfection, lui à sa tête. Mais au fond de son cœur, il préférait autant que l'Empire se tourne vers un ennemi commun. À ses yeux, tout les Daimyos et chaque clan était légitime. Choisit par les Kamis eux mêmes, leurs voix ne pouvait prétendre d'être mises à défaut.

La question du Seigneur le prit totalement de court, bien que le chemin de son discours lui sembla soudainement plus clair au même instant. Il arracha son regard de la cité dont il était émerveillé par sa beauté et sa puissance, et le tourna vers Gekido. Il le scruta intensément dans un premier temps, afin de déceler le piège qui aurait pu être tendu derrière la question et se fustigeant aussitôt pour cela. Son Daimyo n'avait aucun besoin d'utiliser contre lui quelque artifice que ce soit. Si il lui demandait sa vie, à l'instant même, il la lui aurait donné sans hésiter. Il soupira et plongea à nouveau ses yeux dans l'horizon lointain, imaginant Kenshu à la frontière du ciel et de la terre.

Il fronça les sourcils, imaginant les disciples de Gekigami en ennemis. Il pensa à son homologue, Shigeru Juubei, que le destin lui avait déjà opposé sans qu'il ne le sache avant que ce dernier lui révèle avoir participer à la bataille des Vents de l'Ouest. Ils avaient tissés des liens depuis et été confrontés ensemble à une mystérieuse épreuve. Il imagina la jeune Kujikawa Nagi, aujourd'hui adulte. Avait-elle trouvé la voie du chant des kamis ? Était elle devenue aussi belle qu'il l'avait pensé alors qu'il l'avait rencontré la première fois ?

Il effaça leurs images de son esprit et c'est plein d'une détermination d'acier qu'il répondit à son Seigneur, la flamme des Setsu dans la voix :

Si un conflit ouvert venait à éclater dans l'Ouest, que je garde en votre nom, nos frontières ne seront pas percée. La fureur du Tigre sera étouffée dans le feu du coq flamboyant. Et nous découvrirons à terme les plages de l'Est où votre môn flottera sans aucun doute possible au gré du vent des berges d'Ariake et où la foudre de Geki illuminera notre gloire.

Si les Kenshu osent un instant frapper par Kazan, alors ils sauront pourquoi on me nomme le Volcan Apaisé. Car aussi en paix puis-je paraître, je n'en demeure pas moins à l'image de ma cité natale. Au fond de mon cœur brûle ma foi en mon clan et en vos décisions. Ils brûleront sous les pas de vos guerriers pour cette insulte et leur ancêtres accueilleront bon nombre de leurs descendants, si ce jour venait.


Plus il parlait, plus il se mit à bouillir. Imaginer la trahison des décrets impériaux, le fait de bafouer le combat de son père auprès de Ichigo-dono pour que Setsu vive et que l'Enfer Écarlate ne soit qu'un souvenir le mit hors de lui. Ses poings se crispèrent à s'en faire blanchir les phalanges et sa mâchoire se serra au point d'en faire crisser ses dents. Gekido lui avait demandé de voir l'avenir en cas de conflit, et il cherchait en vérité le pourquoi d'un tel affront, ce que son imagination lui révélait lui fit battre les tempes.

Il du faire montre d'une grande maîtrise sur lui même pour montrer le moins possible de son émoi à son Seigneur et pour reprendre le pas sur ses sens. Lorsque l’apaisement retomba sur le Volcan, il ferma les yeux et soupira, puis reprit, autrement plus calme :

Si cela venait à advenir, monseigneur, je vous servirais au nom du clan et de Moegami. Vous parlez de diplomatie. Je ne suis pas étranger à cet art et le voit uniquement comme un champ de bataille autrement tortueux que celui que les armes prennent. Mais je l'assimile et je saurais en faire grand usage tant que cela me sera permis. Lorsque vous appellerez ma lame au combat, elle sera la première à s’élever vers les cieux.

Il retourna à nouveau son visage, l'un de ses sourcils arqué, interrogateur, puis poursuivit :

Je ne suis qu'un officier subalterne, Gekido-sama... Mais partageriez vous avec l'un de vos Taisa vos pensés ? Je me suis toujours demandé quel regard vous pourriez avoir sur Yokuni, sur l'Empire... Quels étaient vos projets depuis tout ce temps... Sur qui vous pouviez compter, et sur qui votre méfiance se posait-elle... Je ne prétend pas pouvoir vous comprendre, votre pensé m'est très certainement inaccessible. Mais dans mon souci de vous servir au mieux de mes capacités, avoir une vu de vos vœux est un atout indéniable... Si vous me permettez de les connaître, bien entendu.

Il s'arrêta là, s'inclinant avec humilité à la fin de sa tirade, afin de bien montrer qu'il connaissait sa place et savait qu'il était à la limite de cette dernière par son interrogation osée. Il montrait clairement qu'il accueillerait toute réponse et ne s'offusquerait pas le moins du monde si cela était trop demandé à son Daimyo.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
Revenir en haut Aller en bas
Setsu Gekido

avatar

Non Joueur

Messages : 325
Date d'inscription : 06/07/2013
Age : 22

Feuille personnage
Age: 29 ans
Titre: Daimyo
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Jeu 11 Sep - 0:27

Les mises en garde étaient données. Ce n'était rien de plus, juste des avertissements quant à ce qui pourrait les attendre au tournant. Setsu se préparait, lentement mais sûrement. Il avait fallu des années à Gekido pour rectifier le tir après le règne de son père, ce dernier ayant négliger des points essentiels à la stabilité d'un clan. Setsu était aujourd'hui une nation plus puissante que jamais et crainte à juste titre. Bien des gens avaient souhaité la chute du peuple de Moegami et de son Daimyo, certains l'avaient ardemment désirée mais aucune armée n'était jamais parvenue à éteindre le feu qui les animait. Quelques lâches avaient tenté, de manière parfois organisée, de faire tomber la tête du Seigneur. Un seul avait réussi et ceux ayant assisté à son exécution devaient encore avoir un frisson de dégoût à chaque fois qu'ils se remémoraient la scène. Gekido lui-même avait été la cible de plusieurs tentatives d'assassinat mais tous furent mis à jour, arrêtés et abattus avant même d'avoir eu le temps de passer à l'acte. Il s'agissait là des joies de la vie au palais.

Amadotsu Kodan lui répondit de façon tout aussi cérémonieuse, lui assurant que ses troupes seraient prêtes. Il n'en attendait pas moins, ces hommes étaient entraînés et payés pour défendre les terres qui les avaient vu naître. Setsu étant possédant des frontières avec les quatre autres clans, savoir qui lancerait le premier assaut restait encore un mystère. Kenshu ? Fukyuu, peut-être ? Avec la mort récente d'Eiichiro Suzuka, le Phénix redoutait peu une attaque venant des contrées orientales. Non, la menace de la Foudre et des Glaces était définitivement plus pesante et la seule chose qu'attendait Gekido, c'était un instant de faiblesse de leur part, le temps de porter un assaut éclair qui ferait inévitablement pencher la balance en sa faveur. Il serait bien difficile de sortir du statut quo actuel...

« Mes pensées sont celles de tout Seigneur : protéger le peuple que je guide et défaire ses ennemis, même si cela signifie frapper préventivement afin d'étouffer la menace dans l’œuf. » dit-il, très neutre, « Un homme n'ayant pas ce dessein ne peut prétendre au titre de Daimyo. »

Il y avait une part de vérité dans ses paroles. Avec un peu de recul, la plupart de ses actions avaient toujours été effectuées pour le bien de Setsu, y compris renforcer la puissance militaire du clan. S'il n'avait pas été digne de prendre le commandement, Moegami ne l'aurait jamais reconnu comme successeur légitime d'Ichigo. Faire ses preuves n'avait pas été une mince affaire car outre la façon cruelle et terriblement douloureuse avec laquelle son kami l'avait testé – il avait à l'époque cru qu'il allait devenir fou tant il souffrait – il dût s'imposer à la tête du clan à l'âge de quinze ans. Bien des nobles avaient tenté de tirer leur épingle du jeu en s'attirant les faveurs du nouveau Daimyo, ce jeune adolescent encore un peu naïf et manipulable. Dommage que feu son père lui ait toujours appris à ne pas se laisser toucher par les beaux discours de la noblesse... Sôichirô était là, lui aussi. Un Kannushi dont les conseils avisés permirent à Gekido de supporter le poids de ses responsabilités.

« Un homme qui choisit de se battre et de mourir pour Setsu est un homme qui mérite en partie ma confiance. Néanmoins, les êtres humains ne sont pas infaillibles et tous peuvent être corrompus, achetés ou détournés du droit chemin par leurs propres désirs. Pour cela, je n'ai pas et n'aurai jamais une foi aveugle en qui que ce soit. »

Rien de personnel là-dedans, le Seigneur Phénix avait simplement appris à ne faire pleinement confiance qu'à lui-même. Que Kodan ne se méprenne pas, certaines personnes bénéficiaient d'une certaine considération de sa part mais il leur avait fallu du temps pour prouver leur fiabilité.

« Quand autant de gens souhaitent votre mort, accorder sa confiance trop facilement, c'est déjà mettre un pied dans la tombe. » conclut-il à mi-voix.

Il ne lui demandait pas de comprendre, peu y arrivaient de toute façon. À vrai dire, le Daimyo se fichait que le Taisa soit d'accord ou non avec sa manière de voir la chose. Il n'avait pas vécu sa vie, il ne pouvait probablement pas concevoir le fait de devoir se méfier de tout le monde. Enfin, cela importait peu et il était inutile de s'attarder sur le sujet. Le colosse détourna son regard de l'horizon et pris à la décision de regagner l'intérieur.


« Rentrons. »

Il prit place sur l'un des sièges de la pièce, indiquant d'un geste de main à Kodan de s'asseoir à son tour. Il y avait plusieurs dizaines de salles similaires à celle-ci, tant et si bien que la moitié n'avaient aucune utilité – Que pouvait bien avoir Ichigo en tête quand il eut l'idée d'ériger le château Nikkou ? Tout dans ce lieu était synonyme de démesure, tant et si bien que Gekido était certain de pouvoir abriter encore bien des gens sans jamais se sentir à l'étroit.

« Vous étiez le hatamoto d'un magistrat de la cour impériale, n'est-ce pas ? Racontez-moi. Je n'ai jamais eu le plaisir de voyager jusque dans les terres de l'empereur et mes connaissances sur le sujet sont plutôt maigres. Comment est-ce, là-bas ? »


L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1201
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Mer 24 Sep - 9:42


Légitime.

Le Maître de Kazan avait été un peu trop optimiste de penser que son Seigneur se livrerait ainsi à lui dès leur première rencontre. Il était bien plus logique, au vu de son importance, que le Phénix ne puisse accorder sa confiance qu'à un nombre très limité d'élus. À peine formulée cette pensée, il se demanda même si même cela était possible. C'était honteux. Une blessure se découvrait aux yeux du bushi. Que son Daimyo soit ainsi conscient de n'être en sécurité nulle part, pas même dans les frontières de son propre domaine, enrageait le guerrier.

Bien que le Volcan Apaisé ne fut pas un adepte des attaques préventives, il en comprenait la nécessité. Néanmoins, il était aussi de ceux qui préférais mesurer le degré de dangerosité d'un voisin avant d'agir, voir même de posséder une preuve irréfutable des velléités belliqueuses d'un potentiel ennemi pour décider de l'affronter directement. L'Empereur interdisait les conflits entre les clans, tous sujets à sa Grandeur, mais il était si simple de s'inventer des insultes et des raisons pour se rencontrer sur le champ de bataille...

Kodan savait que si une raison lui était donnée, même si elle n'aurait aucun crédit à son cœur, il se jetterais au combat. Même l'expansionnisme aveugle avait raison à ses yeux si l'aboutissement de ce dernier était la réunion de toute les Terres sous une même bannière. Un instant, il pensa à sa loyauté et fut surpris, presque horrifié, d'imaginer que sa lame était vouée aux Kamis, puis à Setsu et enfin seulement, à l'Empire de Yokuni.

Rien en l'état actuel des choses, mis à part les Dieux eux même, ne pourrait faire faillir la loyauté du soldat qu'il était envers Setsu. Si Gekido venait à lancer le clan dans la conquête de leur voisin, le Taisa serait présent, car cela servirait son vœux le plus cher, l'Unicité totale. Et si cela devait passer par l'usurpation du trône impérial... Et bien soit. Toute l'horreur de cette idée, il la garda en lui, mais il n'eut aucune honte à penser ainsi, sa fidélité était au clan, cela ne souffrait d'aucun doute à ses yeux.

Mais un combattant devait pouvoir faire confiance en son sabre, c'était là son seul allié. Et si le Maître des enfants de Moegami était ce guerrier, Kodan se voulait devenir sa lame. Amener le Phénix à considérer le Volcan comme tel était un autre débat, et ce dernier ne voyait rien de plus que ce qu'il ne faisait déjà pour le prouver à son Seigneur. Aussi la patience devrait être la clé de voûte de cet édifice. Eh bien qu'il en soit ainsi, c'était sa spécialité.

Il aurait voulu néanmoins rebondir sur la description de fiabilité des hommes et de leur attrait pour la corruption, mais il aurait été dangereux de reprendre le Phénix alors qu'il parlait sans l'inviter à répondre. Ils finirent par rentrer, arrachant leur regard du spectacle de Moe la Grande. À sa permission, il s'assit sur un coussin, en tailleur. La position du lotus lui allait mieux que d'être à genoux, ce qui n'était de toute façon pas la façon de se positionner des guerriers, surtout ceux de la trempe et de la carrure d'un Gekido ou d'un Kodan.

Il réfléchit un instant avant de répondre à la question de son Daimyo et fut étonné d'apprendre que le plus haut représentant du clan n'ait jamais mit les pieds dans le domaine Impérial, à Birei même. Et pourquoi pas d'ailleurs ? Le Seigneur des Setsu devait inévitablement avoir eu une vie très chargée depuis sa naissance pour que cela ne soit pas si étrange que ça à imaginer. Étrangement, il lui était très facile de parler à son Suzerain... Il s'était attendu à devoir mesurer ses propos, à les penser longuement avant de les libérer, c'était peut être là tout le talent de son Maître, il se lança donc sans le moindre frein :

Yoriki, monseigneur. Je n'étais qu'un aide du magistrat Inari Mida... Bien que cela puisse être vu comme le rang de Hatamoto à votre échelle si haute, Gekido-sama.

Puis son regard alla se perdre sur le plancher de la pièce, sa main droite se frotta le menton en quête de ses souvenir, il poursuivit d'une voix égarée dans le temps :

Birei... C'est une cité d'une majesté, d'une taille et d'une beauté incroyable. Néanmoins, elle n'a rien d'aussi vaste et immense que Moe et le palais Impérial fait pâle figure par rapport à Nikkou, si je puis me le permettre. Les températures sont un peu fraîches là bas, mais je suppose qu'elles satisferaient n'importe qui ne serait pas un Setsu...

Les gens de la Cour sont... Dans un autre monde que le notre. J'ai passé trois années loin de la terre de mes ancêtres, et malgré les pérégrinations de Inari-dono, j'ai eu l'impression de me trouver dans un pays bien trop éloigné de Yokuni. Les courtisans y parlent des Cinq Grand Clans comme d'une histoire lointaine et des conflits d'une amplitude incalculable semblent se résoudre par l'art des mots, dans des menaces masquées par des politesses et des alliances se conclurent par des promesses sans visibilité de quelques faits établis que ce soit.

Je suppose que si le monde spirituel devait ressembler à quelque chose, ce serait à l'image de ce que j'ai pu voir là bas. Fort heureusement, des représentants de votre Grâce se trouvaient parfois sur place, et je pu échanger avec eux afin que mon esprit ne manque pas de se souvenir de la demeure de ses origines, si cela fut possible. Mais en vérité, le Magistrat que je servais voyageait énormément à Kenshu, puisqu'il était les yeux de l'Empereur et sa voix sur place. Aussi, je pense avoir passer plus de temps à Geki, Raiu et Kousen qu'à Birei durant cette époque loin de votre Seigneurie. Enfin...


Le vaste guerrier haussa les épaules et ses yeux revinrent à la réalité et allèrent chercher ceux de son Daimyo, une moue intriguée se dessinant sur son visage patricien, il demanda ce qui suivit d'une façon presque ingénue, si cela était possible avec son ton rocailleux et son accent agressif de Kazanien pure souche :

Pardonnez moi, Gekido-sama, de revenir sur ce sujet... Mais que puis je désirer de plus que ce que je ne possède déjà ? Je suis votre serviteur, mais aussi un maître terrestre comblé. Il n'est aucune richesse en ce monde qui ne vaille cela. Setsu est ma terre, vous en êtes le Seigneur. Vous êtes à un degré de pensé que je ne conçois pas, dans mon imagination si limité. Vous parlez de l'homme et de ses propres désirs... Si mon désir est de vous servir en Samuraï, selon le code du bushido... Puis je être seulement une source de danger à vos yeux ?

L'un de ses sourcils s'était dressé, l'autre était froncé. Il avait dit cela comme un élève le demanderait à son maître et rien ne laissait trahir qu'il puisse être en train de juger ou de jauger le Phénix. C'était une interrogation candide, sans arrière pensés, dans la plus pure franchise qui se fut possible d'entendre.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
Revenir en haut Aller en bas
Setsu Gekido

avatar

Non Joueur

Messages : 325
Date d'inscription : 06/07/2013
Age : 22

Feuille personnage
Age: 29 ans
Titre: Daimyo
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Jeu 30 Oct - 8:14

Le Daimyo l'écouta parler avec attention. Avoir évoquer les terres impériales semblait raviver de nombreux souvenirs à Amadotsu Kodan. À l'entendre parler, Gekido sut que son séjour en dehors des cinq clans avait été une expérience formidable pour lui. Ainsi, bien que très subjectif, son récit demeura intéressant. Lui-même n'avait jamais voyagé jusque sur les terres de l'Empereur et ses seules informations venaient toutes de personnes tierces ou de quelque parchemin trouvé au hasard. Le sujet avait toujours suscité beaucoup de curiosité de la part du Seigneur Phénix car la cour impériale était un mystère auréolé d'une brume épaisse.

Somme toute, le Taisa ne lui apprit pas grand chose. Il se savait déjà propriétaire du palais le plus imposant que ce monde ait jamais connu – formulé ainsi, cela en imposait – tout comme il avait connaissance du fait qu'ils vivaient dans leur bulle. Pour beaucoup de courtisans, tout ce qui était en dehors de leur territoire avait peu d'importance. Dire que chaque Seigneur était soumis à l'autorité d'un Empereur dont personne ne connaissait le visage. Hm. Autant dire que la loyauté de Gekido était à peu près inexistante. S'il en avait eu l'occasion, il aurait déjà écrasé les dirigeants du peuple d'Amaterasu et aboli ces traditions d'un autre âge. Seulement, même si la puissance militaire de Setsu était supérieure, ce qu'il supposait, attaquer l'Empereur était un acte suicidaire : cela fournirait un prétexte parfait pour les autres Seigneurs afin d'entrer en guerre. Non, les terres impériales resteraient probablement intactes pour encore de longues années.

Sa manière d'aborder la façon dont les nobles réglaient leurs différents là-bas le maître des lieux. S'il savait à quel point les choses étaient similaires ici... Même au sein de Moe, certains parmi les privilégiés s'alliaient quand leurs intérêts concordaient. Leurs intentions n'étaient pas toujours très louables et leurs beaux discours se révélaient parfois lourds de menaces. C'était une guerre dont les seules armes étaient les mots mais à Setsu, cela être de moindre ampleur.

« J'écoute. » répondit-il laconiquement quand le Kazanien revint sur le sujet précédent.

Il n'y avait pas à dire, il savait manier les mots mieux qu'il ne le laissait présager. Et bien que le Seigneur du feu soit quelqu'un de très sceptique, il se serait presque laissé complètement convaincre par la déclaration du Taisa. Presque.

« Si vous pouvez ou non être une source de danger à mes yeux, c'est à vous de me le montrer, Amadotsu Kodan. Toutefois, si votre loyauté est aussi infaillible que vous l'avancez, vous n'avez pas à vous inquiéter de cela. Continuez simplement de suivre le Bushido afin de servir Setsu et son Daimyo comme vous le faites déjà. »

Il émanait tant de sincérité de la part du soldat que Gekido aurait eu du mal à croire qu'effectivement, il puisse être un danger pour sa vie mais n'aurait-ce pas été accorder trop de confiance à cet homme si peu connu. Sans doute. La confiance n'était pas quelque chose que l'on gagnait en quelques minutes, surtout pas la sienne. Néanmoins, il devait avouer qu'il y avait un petit quelque chose d'appréciable chez ce colosse. Il l'aimait bien, oui. En quelque sorte.

« Malgré tout, en supposant que l'idée de trahir le clan Setsu vous traverse un jour l'esprit, sachez ceci : Il y a plusieurs années de cela, l'un de mes conseiller fit preuve d'une loyauté disons.... toute relative. Il ne complotait pas contre moi à proprement parler, mais il usait de mercenaires et de pots-de-vin conséquents afin de mettre des bâtons dans les roues d'autres personnes d'importance, ces derniers tombant en disgrâce et lui-même étendant sa propre influence. Rien de nouveau, il n'était sans doute pas le seul à jouer à ce jeu mais il se trouve qu'un jour, il paya la mauvaise personne. Une fois au courant, je pus remonter toute la piste et découvrir toute la vérité, dont l'assassinat d'un autre de mes conseillers. Savez-vous ce qu'il lui est arrivé ? Il fut jeté dans une grande cuve d'eau qu'on chauffa jusqu'à ce qu'il soit ébouillanté. C'était un jour de grande clémence de ma part, je me suis toujours dit qu'il aurait dû être dépecé vivant. Tout ceci pour vous avertir que si jamais vous souhaitiez attenter à ma vie, soyez discret et frappez juste car vous n'aurez qu'une seule et unique chance de le faire. »


Un sourire étirait lèvres à présent. Il ne plaisantait jamais en matière de trahisons mais s'il y avait une partie amusante à celles-ci, c'était sans aucun doute quand le complot échouait lamentablement et que l'heure de la punition sonnait...


L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1201
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Dim 9 Nov - 22:16

Au plus loin que ses souvenirs remontaient, l'enfant de Kazan avait toujours vu le Seigneur du feu et les Daimyos des autres clans comme appartenant à un autre monde que le sien, une autre strate de l'existence. De toute sa vie, il n'avait cependant jamais pu échanger ainsi en tête à tête avec un élu des Cieux et le fait que ce dernier fut son Maître à lui était un honneur plus grand encore qu'il n'avait pu connaître jusqu'à ce jour.

Mais la proximité ne changeait rien, les mots et les pensés de Gekido lui échappaient en grande partie. Il comprenait les sens évidement, son éducation avait été des plus rigoureuses pour que la rudesse des gens de ses terres ne transparaisse pas de trop dans ses manières. Cependant, il n'osait pas prétendre savoir ce que l'impassibilité et les expressions artificielles que le visage de son prestigieux interlocuteur offrait pouvait bien cacher.

Évidement, les simples mots du bushi, aussi sincères et venus du cœur étaient-ils, ne devaient pas valoir grand-chose sans des faits établis pour les corroborer. Pourtant, sa vie avait été celle d'une servitude fidèle, au détriment même de sa propre gloire, au clan des disciples de Moegami. Il avait perdu titre et honneur afin de montrer du doigt une ignominie indigne de sa vision de Setsu et son sacrifice n'avait pas été vain, qui plus était, il était de nouveau là, titré d'un rang d'officier supérieur et n'avait pour seul vœu que celui de le mériter. Il accepta donc les termes du contrat oral prononcé par le Phénix en acquiesçant silencieusement. Ce dernier illustra, malgré cet assentiment, l'exemple de la trahison et du traitement qu'il lui réservait personnellement.

Bien entendu, il avait entendu beaucoup de choses traitant de l'intransigeance du jeune Gekido. Une faute était une faute, aussi mineure soit elle, à Setsu. Mais cela permettait au gens du Nord de vivre dans une paix et un ordre auxquels les autres clans ne pouvaient qu'aspirer et espérer. Son coeur était blessé parfois par cela, mais il n'était pas Daimyo, il ne pouvait comprendre les implications et les décisions qui devaient parfois être indispensables à la bonne tenu d'un peuple tout entier.

Il en avait vu aussi. Mais la traîtrise, l'ignominie de la trahison, il s'agissait là d'un sujet qui révulsait totalement le gouverneur de Kazan au plus haut point. L'évocation de cette ultime lâcheté faisait tomber le masque de douceur dont il était constamment affublé et une haine viscérale s'emparait du feu de son âme. Le chaleureux bushi se révéla intérieurement comme un âtre dévorant à la mention de ce félon qui jouissait du malheur des autres pour augmenter son pouvoir et son rang. Cela fit écho au Taisa qu'il avait servi autrefois et des crimes que ce dernier avait commit à la frontière de l'Ouest.

La sentence de mort décrite par son Maître à cet instant ne le fit même pas frémir, il savait que son propre visage n'exprimait à l'écouter que du dégoût pour l'être vil que Gekido décrivait. Il n'eut pas une once de pitié pour le malheureux bouillit vivant, malgré toute l'horreur de ce châtiment. Il regretta même de ne pas avoir pu tremper sa propre lame dans le sang d'un tel homme, si cette chose avait pu mériter cette appellation un jour.

Oui, comme le Phénix le décrivait, ce devait être un jour de grande clémence de sa part.

Cette histoire lui était adressée. C'était une menace sèche, franche et sincère, sans le moindre voile. Mais si il en comprenait les tenants et les aboutissants, il ne compris pas la morale que son Seigneur apposa à ce récit. Il avait attendu un final lui indiquant que c'était un sort qui lui serait réservé si il lui venait l'idée d'une telle félonie… Mais que cela se finisse en un conseil sur l'efficacité d'un meurtre à l'encontre de son Daimyo, et qu'il pourrait en être la cause… Cela lui échappa totalement.

À cet instant précis, la distance et son savoir martial lui permettait de donner crédit à ce conseil. Tuer le Seigneur du Feu ne serait pas discret venant de la part de l'unique Amadotsu, mais rien ne pouvait l'empêcher. Rien que cette pensé le prit à la gorge en une boule de terreur sourde. Il aurait mille fois préféré tomber sur la lame de son propre sabre plutôt que de la plonger dans le corps de l'élu Divin qui lui accordait actuellement cette audience. Son propre poids lui fut trop lourd à porter, même assis, il se jeta à terre devant Gekido, son front frappant par trois fois le sol, ses genoux recroquevillés sous lui en une soumission totale.

Aux pieds de son Roi, il parla de façon saccadée, effaré par les indications de son Maître. Son visage fixant le sol, il savait ses yeux rougit par les larmes de toute la peur qu'une telle possibilité provoquait en son sein :

Jamais ! Mon katana m'égorgerait lui-même avant même que son fil ne puisse ne serait ce que vous menacer. Mon bras est le votre et mon souhait à votre égard ne pourrait souffrir d'être comparé un unique instant à votre comparaison si terrible ! Que mon âme brûle au plus profond du Jigoku si une telle pensé venait à se former et trouver un accueil positif en mon esprit !

Il se releva doucement, sans attendre l'invitation probable que son Maître aurait pu lui faire, quelque peu honteux de cet élan, mais son expression se fit ferme et déterminée lorsqu'il ajouta, d'un ton totalement nouveau, celui du grondement de la terre lorsque sa surface se mettait à trembler sous l'activité des tempétueux Kamis qui l'habitaient :

Je suis un Setsu. Celui que vous avez fait tuer ne mérite pas que son nom fusse un instant à souiller nos anales sacrée. Si je devais avoir votre clairvoyance et déceler un tel complot comme celui que vous venez de décrire… Non… Votre mansuétude vous a honoré, je n'aurais pas été aussi clément, mais je ne suis que votre serviteur et j'admire la magnanimité dont vous avez fait preuve.

En son fort intérieur, cette facette de sa personne l'inquiétait. Mais c'était la la nature du feu. Pour beaucoup, il représentait sa douceur, sa chaleur et la paix qu'il apportait, mais en dépositaire de sa flamme, il était tout autant capable de brûler tout sur son passage, dévorant et inextinguible dans la voracité de sa colère si les événements l'y poussait. Pour le samouraï, rompre le lien de loyauté envers son Daimyo était se défaire du bushido, l'ordre qui caractérisait sa caste.

Il cherchait la confiance de l'élu des Kamis qui se tenait face à lui, mais ne l'avait il déjà pas un tant soit peu en étant ainsi seul à seul en sa compagnie ? Un sourire vint illuminer ses traits patriciens, faisant écho à celui que Gekido lui avait offert l'instant d'avant, il termina, apaisé :

Bien, que cela soit dit alors, je prend compte de votre avertissement, Gekido-dono. Et ma vie ne sera faite que de preuves de ma loyauté à votre égard, à moins que les Kamis ne me défassent eux même de mon serment.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
Revenir en haut Aller en bas
Setsu Gekido

avatar

Non Joueur

Messages : 325
Date d'inscription : 06/07/2013
Age : 22

Feuille personnage
Age: 29 ans
Titre: Daimyo
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Lun 16 Mar - 13:39

La réaction immédiate du Taisa ne manqua pas de surprendre Gekido. Ce dernier ne put rester impassible et ses sourcils se haussèrent tant c’était inattendu. Amadotsu Kodan semblait être un homme qui parlait et agissait toujours de façon réfléchie mais avec beaucoup de passion. Peut-être même un peu trop goût du Seigneur Setsu, d’ailleurs. Avec un peu de recul, il finirait probablement par dire que se jeter ainsi au sol lui ressemblait bien car aussi court qu’ait pu être leur entretien, il pensait avoir cerné son interlocuteur. Il n’empêchait que sur le moment, il demeura sans voix durant les secondes qui suivirent.

Le Kazanien se releva avant que le Daimyo n’ait prononcé un mot, appuyant encore une fois à quel point il dévouait sa vie toute entière à Setsu, puis ajoutant que lui-même n’aurait pas été aussi clément à l’égard du traître. Hm. Il était vrai que les moyens de torturer puis d’exécuter un tel homme ne manquaient pas, certaines étant très divertissantes – et les Kamis savaient à quel point il pouvait se montrer créatif sur sujet-là. Il fallait bien l’avouer, Gekido éprouvait un plaisir macabre à voir le dernier souffle de vie quitter le corps d’un homme quand celui-ci avait été torturé jusqu’au dernier instant. Sa vie de Seigneur manquait cruellement de divertissement, il devient bien les trouver là où il le pouvait.


« Et je prierai Moegami pour qu’il ne vous libère jamais de ce serment. » articula-t-il enfin.

Si les plans des Kamis étaient parfois hors de portée du commun des mortels, il semblait néanmoins fort mal avisé de la part de Kagutsuchi de mettre la vie du Setsu en danger. Enfin, il ne servait à rien d’en discuter ; Si l’avenir demeurait imprévisible, il pouvait toutefois se préparer à lui faire face. C’était bien son genre, ça, tenter de tout prévoir et de tout contrôler alors qu’il pouvait se montrer si impulsif et sujet à la colère par moment.


« Savoir votre épée au service de notre nation plutôt que d’une autre, cela me rassure infiniment. »


Un vague sourire sur les lèvres, il se permit de détendre l’atmosphère. Maintenant qu’il avait une idée du genre d’homme qu’était ce Taisa, il n’avait plus de raison de rester de marbre. Faire confiance au premier homme qui viendrait lui jurer fidélité ne lui ressemblait absolument pas, mais comment ne pas être en partie convaincu devant tant de passion et de franchise ? Si tout le monde jouait franc-jeu de la même façon que lui, les choses seraient infiniment plus simples pour le Daimyo.

« Je crains de devoir dès à présent écourter notre entrevue. Il est des devoirs dont je dois m’acquitter au plus vite et je ne les ai déjà que trop fait attendre. Vous rencontrer était un plaisir partagé, soyez-en sûr, et je sais maintenant que les troupes sous vos ordres sont entre de bonnes mains. Que les Kamis vous gardent. »

Un signe de tête poli, puis le Phénix l’invita d’un geste de la main à se diriger vers la sortie. Plutôt satisfait des quelques mots échangés avec son subordonné, il pouvait retourner à ses affaires en n’ayant plus à s’interroger à son sujet.

[Mille excuses pour ce retard T_T]


L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1201
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix Jeu 9 Avr - 13:15


Et c'était tout ce qu'il avait besoin d'entendre. Tout son univers aurait pu se résumer à ces mots prononcés par un être élu. Celui qu'il servait qui plus était. Le reconnaissant officiellement et directement comme un serviteur dévoué, lui faire part du confort de le savoir sous ses ordres plutôt que ceux d'un ou d'une autre. C'était le destin qui en avait fait le choix et non le Taisa des flammes. Mais ce jour, cet instant, ils venaient de voir les plus profondes convictions du maître de Kazan se raffermir, se justifier.

Il plaqua son poing contre son torse, à l'endroit où il était certain que se cachait son cœur, ce dernier se trahissant par son rythme effréné qu'il sentait même au travers de son armure. Néanmoins, il fit obstacle à son instinct de se jeter une nouvelle fois au sol. Fier, c'était là l'essence même des Setsu. Et il était honoré d'en être un à ce moment, au-devant du Seigneur Phénix qui le voyait enfin directement comme un bras armé et dévoué. Kodan avait même espoir que le Daimyo se souvienne de lui après ça et que son nom parvienne parfois à passer la frontière de ses lèvres au détour d'une conversation à sa cours.

Qu'avait-il à dire de plus ? Non. Il était hors de question qu'il ait le dernier mot après Gekido. Ce dernier, après lui avoir laisser entendre ce qu'il était venu chercher dans ces murs et le gratifier, tout en étant probablement ignorant de la chose, d'un honneur incalculable par ses propos, souhaitait dorénavant prendre congé. Humblement et aussitôt terminée sa phrase, le Samuraï s'inclina de moitié, sa main toujours contre sa poitrine et lança d'une voix forte :

Hai !

Et c'était tout ce que l'élu des Setsu avait besoin de savoir : que Kodan avait compris ce qui avait été prononcé et qu'il entendait bien que la conversation était close. Il fallut pourtant toute sa maîtrise au Volcan pour s'apaiser comme il se le devait, l'étiquette l'y poussant. Car à tout instant, son enthousiasme et sa joie mêlés menaçaient de jaillir par une nouvelle expression de ces derniers. Il se brida donc et fit demi-tour dans un silence total.

Lorsqu'il sorti de la suite où s'était produit l'entrevue, il ne remarqua pas immédiatement les regards des servants qu'il croisa, perdu dans son passé immédiat. Mais lorsqu'il capta le visage de l'une d'elle, portant des linges propres dans l'une de ces innombrables chambres que devait compter Nikkou, il cessa sa progression, intrigué. Kodan se retourna vers une fresque sculptée à même le métal représentant la flamme du clan supérieure aux autres éléments. Mais il ne s'extasia pas devant la finesse de l’œuvre. Car tout ce qu'il vit était son propre reflet.

Il ne se contemplait que peu, juste ce qu'il fallait pour s'assurer qu'un entraînement n'ai pas laissé une emprunte trop forte sur lui ou fait couler son sang, ou bien pour des occasions comme celle qu'il venait de vivre, afin de surveiller sa présentation. Il se connaissait néanmoins mieux que personne et pourtant… L'homme qui se trouvait lui rendre son image était différent.

Plus grand. Plus large. Auréolant d'une force incomparable et d'une assurance inédite. L'image d'un Dieu de la Guerre foulant la terre des hommes était tout ce qui lui vint à l'esprit.

Alors… C'est ainsi que devient l'homme frôlé par la grâce du Phénix ?

Se dit-il à lui-même tout haut, un sourire ancré sur le visage. Même ainsi, aussi puissant en avait-il l'air, cela n'était pas comparable à l'image du Seigneur du Feu, mille fois plus impressionnante encore. Il en vint presque à s'étonner que les servants du palais parviennent à tolérer la promiscuité d'un tel être.

Mais tout n'était pas parfait dans ses pensés. Il était venu à Gekido afin d'en imprimer son image au tréfonds de sa conscience. Unique flamme de sa dévotion, c'est ce qu'il avait été persuadé de gagner à cette rencontre. Mais une précédente, plus tôt dans la journée, ne se détachait pourtant pas de la toile de son esprit. Ainsi, l'élu de Moegami devrait se tenir à égale mesure que celle qui avait marqué d'un fer rouge le cœur du Volcan, apposant son sceau à jamais et en toute ignorance.

Mais il n'y avait pas de quoi s'en inquiéter. C'était une Setsu, servante du même Seigneur que lui. N'est ce pas ?

Spoiler:
 


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [Terminé] Au devant du Seigneur Phénix

Revenir en haut Aller en bas
 

[Terminé] Au devant du Seigneur Phénix

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Arrivée d'un Seigneur ébouriffé et d'une blonde Dame
» René Civil devant le tribunal criminel
» [Terminé] Un bon petit film [Emma]
» le trone du seigneur demon!
» Salazar le Seigneur-Serpent. (UC)


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
..
.Abyndal.
...
...
..
..
...
.
.....Ewilan RPG..
....La Sérénissime..