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 [FB] A la croisée des destins

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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: [FB] A la croisée des destins Mar 24 Juin - 17:52


Enfin... Le Phénix l'a rappelé auprès de lui. L'intervention de ce rappel est des plus opportun, la mort de Inari Mida est encore fraîche et fut un terrible revers dans le moral du samouraï. Cette réintégration annoncée dans les rangs de l'armée Setsu fut donc des plus bienvenue. Alors qu'il repense à ce concours de circonstances, le regard du descendant des Kiyooki se perds à l'horizon, où les terres du clan Okaruto se révèlent à lui.

Il aurait pu prendre la route du domaine des enfants de Moegami par la voie des mers, afin d'éviter la traversé du domaine d'un clan suspicieux des gens de son genre. Mais il avait regretté trois ans auparavant, malgré la honte de son voyage allé au domaine de l'Empereur, de ne pas avoir visité les légendaires frontières brumeuses des disciples de Kasugami. Aussi, son humeur s'allégea quelque peu à nouveau tandis qu'il traversait la frontière.

Rapidement, le regard d'Amaterasu s'atténua alors qu'il plongeait dans la rumeur évanescente des volutes de vapeurs éternelles s'échappant du sol et augmentant au fur et à mesure de son avancée. C'était comme de pénétrer dans le royaume des esprits, ce qui mit franchement mal à l'aise le samouraï. En vérité, il était moins inquiet qu'émerveillé. Il se souvenait de l'aride sécheresse des terres de son clan et était transporté par la paix que le panorama local lui apportait.

Il n'était pas plus inquiet d'être reconnu ici comme un Setsu, au risque de s'attirer les problèmes. Et la missive impériale qu'il transportait lui autorisait le passage de chaque territoire le séparant de celui de ses ancêtres. Une garde lui avait même été proposée afin d'assurer sa sécurité, mais il avait poliment refusé, gageant dans un premier temps que ses atours de voyage préserveraient son identité et que les Okaruto n'étaient pas des sauvages qui l'agresserait au moindre indice de son allégeance au Phénix.

Sa tenue, pour ainsi dire, ne portait aucun signe du clan. Étant donné sa disgrâce, il n'avait plus été autorisé à les montrer sur sa personne. Seul le môn de la famille Kiyooki, dont il était le seigneur malgré tout, se voyait sur les plaques de son armure et sur le kakemono qui pendait aux flancs de sa monture. Harnaché à sa selle, l'immense Tsuma yōji no kamigami repose dans son fourreau tout aussi énorme. Il s'agit là du seul élément qui aurait pu trahir son identité, tant inédite était ce genre d'arme.

Mais son nom ne résonnait pas partout dans Yokuni, et même au cœur de son domaine, il avait été souillé par la défaite des Vents de l'Ouest et la délation dont il était l'auteur envers son taisa. Les raisons qui furent qu'il soit encore en vie aujourd'hui le dépassaient, mais au moins était il honoré que son geste pu débarrassé de Setsu un fruit aussi pourrit que Hurodo Mafubu. Ses poings se crispèrent à la pensé de ce nom, si bien que son cheval ne compris pas l'ordre et sortit quelque peu de la route.

Il maîtrisa rapidement sa monture, plus intriguée qu'elle n'était effrayée, pour la faire revenir sur la voie masquée par le tapis de brume. C'était une terre où le sens de l'orientation pouvait être malmené tant tout paraissait éphémère et il n'aurait pas aimé se perdre dans ses plaines fantomatiques. Et tandis que son esprit se perdait à nouveau, il se mit à penser au fait que la route était particulièrement vide depuis qu'il en avait emprunter le sentier.

Un frisson parcourut son corps massif. Il trouvait magnifique le décorum, mais loin d'être rassurant et regretta presque la voie des mers qu'il avait refusé auparavant. Dame Soleil continuait son trajet dans le ciel, et il appela de ses souhaits l'arrivée d'une auberge de passage. Comme pour répondre à sa crainte, Kasugami sembla s'amuser de lui en intensifiant l'épaisseur de son souffle, et rapidement, il se retrouva au beau milieu d'un vaste brouillard.

Instinctivement, sa main droite alla chercher le pommeau de Tsuma yōji no kamigami. Ses yeux parcourant le rideau opaque de façon instinctive. Il eut un nouveau frisson irrépressible et une perle de sueur vint descendre le long de sa joue, juste en dessous de sa cicatrice à la pommette droite. Sa prise sur les rennes de sa monture se fit d'autant plus forte et ses muscles se tendirent, se préparant, d'un instant à l'autre, à être sollicité contre quelques yokaï malavisé.

Soudain, comme pour répondre à sa crainte naissante, une ombre surgit des pans épais du brouillard, depuis une voie adjacente qu'il n'avait pas vu. Un cavalier fantôme dont les traits devenait plus net alors qu'il remontait la voie dans la même direction que lui, mais plus rapidement. Ce n'était pas un galop, ni un trot, juste une monture mieux armé contre la marche, ou plus faiblement chargée.

Sa main toujours sur le pommeau de son arme, loin d'être rassuré, Kodan tourna la tête et fixa son attention sur le voyageur qui le rattrapait doucement, mais sûrement. Son esprit clair lui incombant de calmer ses craintes, qu'il ne s'agissait là de rien d'autre que d'une voie peu fréquenté, mais non déserte et c'était tout. Mais c'était sans compter son horreur du monde spirituel. Il déglutit bruyamment.

Cependant, la surprise qui le tint alors que la brume disparaissait pour lui laisser enfin le privilège de découvrir le cavalier, manqua de faire comprendre à son cheval un nouvel ordre de route. La monture partit sur la gauche brusquement alors que l'autre arrivait, lui coupant accidentellement le chemin. L'héritier des Kiyooki lâcha le pommeau de son arme, toujours attachée à sa selle et fit ce qu'il put pour faire exécuter un tour complet à son cheval et de le ramener dans le bon sens de marche, libérant ainsi la voie.

Ah ! Sumimasen ! S'excusa t-il de façon claire.

Son regard rencontrant celui de l'autre à nouveau, il en fut subjugué. Elle, car c'était une femme, le dévisageait, surprise de ce qui venait de se produire, d'une paire d'iris dorés tels qu'il n'en avait encore jamais vu. Ces yeux étaient un centre d’intérêt que même la nature avait voulu souligner par deux grains de beauté, obligeant quiconque à ne fixer que cet endroit précis. Elle aurait pu être un kitsune que cela n'aurait pas choqué le samouraï.

Elle avait la peau du visage dorée et lisse et une longue chevelure ondulée et sombre dans lequel la lumière se reflétait en un mauve particulièrement étrange. Ce qui aurait du renforcer la crainte de l'homme superstitieux qu'était Kodan, mais qui, au contraire, continua de l'hypnotiser. Ses cheveux étaient réunit en une queue de cheval relevée sur le haut de son crâne par un cordon épais, soutenu en cela par une série d'épingles finement ouvragées.

Elle n'avait pas l'air grande, bien que ce soit le cas de nombre de gens de Yokuni, en comparaison de sa propre stature. Et elle n'était, de manière évidente, pas une paysanne, ni même une femme mariée. Elle révélait de par sa simple position sur sa propre monture tout les traits qui caractérisait le guerrier en elle. Dès lors qu'il fut arrivé à cette conclusion, il s'en voulut de la dévisager ainsi. Elle était bien plus qu'une femme, c'était un samouraï, comme lui.

Il arracha son regard au sien et se fendit d'une courbette désolée.

Pardonnez moi, Dame. Je ne voulais pas vous manquer de respect... Je ne suis pas coutumier de ces terres et l'ambiance locale a joué des tours à mon esprit... Puissiez vous ne pas vous formaliser de ma maladresse...


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Kazan Chinsei-ka
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Kasuga Riyu

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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Lun 7 Juil - 23:00


La forêt de Kumo, crainte de beaucoup, restait peu traversée même par les Okaruto. Ce bout de terres avait la sale réputation d'abriter dans sa brume mauvais fantômes et revenants, des égarés en réalité, qui n'avaient jamais réussi à se libérer de la brume et des bois. On disait que les étrangers s'y aventurant sans précaution s'y enfermaient irrémédiablement pour l'éternité.

Cependant, Riyu, pour avoir sauvé bien des gens de ce piège naturel lors de ses missions, prenait ces racontards pour des histoires pour enfant et  savait qu'il était tout à fait possible de trouver les perdus et de les libérer afin qu'ils puissent rejoindre comme les leurs, le Yomi à leurs morts. Encore fallait-il que les Okarutos puissent s'y retrouver aussi... Après tout, même chez les protégés de Kasugami, peu étaient ceux capables de lire dans la brume si celle-ci n'était pas d'eux. Heureusement, Riyu faisait partie de ces élus aidés par Kasugami afin de libérer les siens de ce piège naturel.

Ainsi passait-elle aussi souvent que possible par Kumo, évitant par là des problèmes de mauvais esprits à ses terres et de vexer Kasugami qui l'avait dotée d'un pouvoir bien pratique. Peu atteinte par la brume qui y stagnait lorsque celle-ci se mélangeait à la sienne, Riyu parcourait doucement et sans aucune crainte les bois. Son Champ de Brume était loin de lui montrer le chemin à suivre, cependant, il lui permettait d'estimer la position des villages et des camps sans trop de problème en ressentant les vibrations de sa propre brume.

Ce jour-là, de très faibles vibrations l'avait agitée. Ce n'était pas un animal car ces vibrations étaient ténues et très calmes, rien à voir avec l'animation habituel des bois. Il y avait quelqu'un, qui traversait ou bien tentait de traverser la brume de Kumo. Il ne semblait pas perdu, cependant Riyu devait en avoir le cœur net. Alors qu'elle montait Sumie, une petite et fragile jument à la robe blanche tachetée de gris, elle se dirigea droit vers lui, sans se presser toutefois.

Ce ne fut qu'après quelques minutes de chevauchée qu'elle le rattrapa enfin. Dans la brume, on aurait dit une créature mi-homme, mi-cheval, mais il s'agissait bel et bien d'un cavalier, pas très rassuré qui plus est, puisqu'il avait la main sur le pommeau de son épée. D'ailleurs, cette dernière semblait d'une envergure démesurée, presque titanesque. Un homme, même aussi costaud que celui qu'elle avait  sous les yeux, pouvait-il réellement soulever ça ? Quel genre de guerrier pouvait-il être pour se targuer de manipuler une arme aussi grande ? Avait-il réellement connu le combat ?

Alors que Riyu commençait tout juste à le détailler, la monture inconnue lui barra le passage et son propriétaire s'excusa après avoir rectifié le tir. Pleine de méfiance, elle le fixa dans les yeux, eut même, un instant, l'air de le juger. Elle était venue pour le sauver du piège de Kumo, mais son caractère réservé lui dictait de ne pas trop sympathiser avec les inconnus, surtout que celui-ci la contemplait avec intensité. Riyu fronça brusquement des sourcils et talonna doucement sa jument pour se défaire du regard de l'étranger. C'est alors qu'il comprit qu'il avait peut-être été trop loin.

"Pardonnez moi, Dame. Je ne voulais pas vous manquer de respect... Je ne suis pas coutumier de ces terres et l'ambiance locale a joué des tours à mon esprit... Puissiez vous ne pas vous formaliser de ma maladresse..."

" Vous avez été idiot de vous aventurer seul dans le bois de Kumo. A moins que votre souhait soit de vous changer en fantôme afin de rester coincé ici pour l'éternité, auquel cas vous seriez encore plus étrange... Dépêchez vous de m'emboîter le pas, je ne ralentirais pas pour vos beaux yeux."

Riyu ne le considérait plus et dirigeait plutôt son regard vers l'horizon de brumes, de silhouettes d'arbres et d'arbustes et d'ombres de chemins. Le milieu de son dos arborait le mon de son clan et un peu plus bas, celui de sa famille qui n'avait pour l'instant rien de reluisant, à part la carrière d'Hatamoto de son père.

En vérité, elle était légèrement songeuse. L'image de l'homme qu'elle venait de rencontrer s'était comme imprimée sur sa rétine. Ce qu'elle pouvait en dire: il avait l'air fort et expérimenté, même si il portait une arme improbable. Elle aurait pu le prendre pour une menace en puissance si la première vision qu'elle aurait reçue de lui n'avait pas été celle d'un chat sur ses gardes, tous les sens à l’affût pour guetter cette brume si suspecte...mais douce et inoffensive.

Les voyageurs étaient des idiots.
"D'où nous venez vous, étranger ?"


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Dernière édition par Kasuga Riyu le Sam 31 Jan - 1:52, édité 1 fois
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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Mer 9 Juil - 16:45


Il pesta intérieurement de sa bêtise. Il avait été maladroit, plus d'une fois et ce en un temps record. Il détestait cela. Rien ne l'empêchait de garder son calme habituellement. Et il étais désarçonné par une simple brume ? Il fut honteux à cette pensé. Bien entendu, elle s'en formalisa... C'était logique, mérité. Elle l'insulta même, mais que pouvait-il dire, sinon accepter ? Elle devait être un genre d'éclaireur, prévue pour guider les nigauds de son espèce. Et elle devait être malheureusement habituée à la surprise qu'elle pouvait provoquer à la première rencontre.

C'était dans les mœurs Yokunis... Une femme en armure, juchée sur une monture, c'était un spectacle rare... Et un spectacle qu'il recherchait pourtant. Il avait toujours cru en la capacité des dames de faire d'excellentes samouraïs. On les appelait les Ko, et elles le fascinaient énormément. Il regrettait néanmoins de les voir encore comme des exceptions... Mais les traditions menaient la vie dure à ce genre de volonté. Elle devait elle aussi être passée par des obstacles bien plus nombreux qu'il n'en avait vécut. Ça avait été si simple pour son cas. Il était né bushi, sans que personne ne vienne douter de cela. Il espérait que c'était le cas de cette guerrière aussi.

Elle passa devant lui, l'air revêche. C'était justifié évidement, il ne s'en formalisa pas le moins du monde, même s'il s'en sentit parfaitement honteux. Ce qu'elle lui dit alors par contre, le fit tiquer immédiatement. Elle parlait si légèrement de ces choses qu'il frémit un instant à nouveau et dû faire montre d'une grande maîtrise afin de ne rien laisser paraître à son malaise. Il lui emboîta le pas sur le champ, avisant ça et là la lisière des arbres qu'il n'avait même pas remarqué dans cette purée de pois.

Kasugami ne voulait-il vraiment pas de lui dans ses terres ? La peine qu'il ressentit à cette idée balaya toute forme d'inquiétude. Il leva la tête et porta son regard sur le dos de son guide et y lu les môn qu'elle arborait. Il n'eut aucune difficulté à reconnaître celui d'Okaruto, c'était évident effectivement. Le second fut beaucoup plus dur à déchiffrer. Mais il ne s'agissait pas d'une famille de ji-samouraï sans nom durable, et il finit par se souvenir de son appartenance... Les Kasuga. Il ne savait rien d'eux, si ce n'est qu'elle était attachée depuis un certain temps aux clan de l'Est.

Il ne fallut pas longtemps pour qu'elle lui adresse à nouveau la parole, contre toute attente. S'ennuyait elle déjà de ce service qu'elle lui rendait ? C'était infiniment probable... La première image n'avait pas été des plus reluisantes et bien qu'il n'était pas proche de ce genre de considérations, il en fut quelque peu déçu et s'en voulut à nouveau. Mais les choses étaient ainsi et il passa sur le fait afin de rester aussi poli qu'il le pouvait en évitant de tarder à répondre. Il se concentra afin de substituer à sa voix les traces d'inquiétude qui pouvait encore se trouver là au sujet de l'environnement et de ses stupides craintes.

Je proviens immédiatement des Terres impériales, pour tout vous dire... Où j'ai servi à la magistrature sous les ordres de feu le Seigneur Inari Mida. Mon clan m'a rappelé auprès de lui récemment et... Je n'avais jamais vu le domaine du votre, Kasuga-san. Aucun écrit ne peut lui rendre un hommage objectif... Ni ne conseil d'avoir un guide pour en parcourir les terres... Enfin, je vous remercie de votre aide, elle est plus que bienvenue j'imagine.

Il toussa, quelque peu gêné, puis se frappa intérieurement et reprit rapidement afin de corriger sa faute.

Oh, par le fait... Je me nomme Kodan, originaire du clan Kiyooki, mais j'ai choisis pour nom Amadotsu lors de ma jeunesse. Enchanté.

Bien qu'elle ne le regardait pas, il exécuta une courte révérence, propre aux usages.


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Jeu 17 Juil - 3:48

On n'envoyait pas d'imbéciles dans la Cité Impériale. En comprenant que l'étranger en repartait tout juste, Riyu dut rapidement ravaler son jugement. Certainement avait-il été trop hâtif, tout compte fait. Et peut-être que cet homme n'était qu'un brin naïf...Mais que faisait-il sur le domaine Okaruto s'il ne faisait pas partie de ce clan ? A l'entendre, on croirait qu'il prenait les bois de Kumo pour un lieu touristique...D'ailleurs, ce qu'il vint à en dire éveilla l’espièglerie de la jeune fille. La tête qu'il avait tirée en l'apercevant s'approcher...Elle ne pourrait jamais l'oublier, et rien que cela lui indiquait qu'il n'appréciait pas vraiment le monde de l'occulte. Pas de chance, le nom du clan provenait justement de cet univers là. Il allait falloir qu'elle le lui apprenne.

"Taisa Kasuga Riyu, en charge des provinces de Kumo et d'Hiyori, de même !" répondit-elle, soudainement pleine d'entrain.

Terroriser cet inconnu, Setsu de surcroît la mettait de joyeuse humeur. Et elle avait révélé ses affectations sans aucune crainte à un ennemi potentiel. La jeune fille, encore un peu puérile malgré ses vingt-deux ans, voulait le cuisiner à tout prix et se débrouillerait pour ne rien rater de ses réactions. Pour cela, elle lui préparait un magnifique jeu d'actrice et se mit à lui parler comme elle s'adresserait à un ami. Oubliant pour de bon les petites maladresses de tantôt.

"En vérité, vous n'avez guère besoin de guide, sauf pour cette forêt. Si les écrits ne sont pas clairs, c'est tout à fait normal..."

Riyu riait intérieurement. Elle fit décrire un quart de tour à la pauvre Sumi-e qui supportait déjà les poids de sa cavalière et de son armure. Puis adressa au guerrier Setsu un sourire mi-enjôleur, mi-carnassier.

"...Personne n'en est jamais sorti vivant.
Sans mentir, on ne conseille pas de parcourir Kumo seul, même aux Okaruto. Ces bois sont hantés par les fantômes de suicidés ou d'étrangers peu informés. Pour preuve, vous avez de jolis ossements humains, là."


Et effectivement, il y en avait. Disposés de manière chaotique dans les racines. Le crâne semblait contempler les passants et leurs montures de ses orbites vides pour l'éternité. Était-ce la mort qui les surveillait, les toisait ainsi sans rien dire ? En tout cas, Riyu en avait vu d'autres, devina sans paraître effrayée que ce squelette appartenait certainement à un pendu et avait été balayé par une tempête plus ou moins récente. D'ailleurs, elle avait observé qu'une branche assez haute était affublée d'une corde sinistre tout proche.

Bon.Tout ceci ne lui faisait quasiment plus rien. Ces morts étaient des lâches, ils n'avaient pas trouvé la force pour vivre plus longtemps, c'était tout. Elle ne pouvait qu'imaginer les craintes et les sentiments des autres lorsqu'ils parcourait cette forêt. L'aura si particulière de cette dernière l'aurait touchée si elle ne savait pas comment en sortir le plus vite possible. Contente, Riyu poursuivit:

"Et si certains ont tenu le coup jusqu'à s'en sortir vivants, ce fut au prix de leur sanité d'esprit. Ces bois sont un véritable piège, j'espère que vous mesurez votre chance de m'avoir à disposition. Ne vous inquiétez pas, je vous mène le plus vite possible à Hiyori.
Et si vous me racontiez Kazan, pour passer le temps ?"


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Jeu 17 Juil - 20:52

Elle parut se détendre à la pose qu'elle asseyait sur sa monture ce qui se ressentit dans l'attitude du bushi. Il aurait tout le loisir de craindre les choses immatérielles plus tard. L'atmosphère se détendait après sa bourde, et la samuraï-ko guidait sa monture avec plus d'entrain qu'elle ne l'avait fait au préalable. Il en était sincèrement heureux, au point d'en oublier les mystères de l'environnement. Le voyage semblait promettre !

Il soupira silencieusement et se mit à sourire afin de mieux apprécier le voyage. Alors cette jeune femme était Taisa de son clan ? Quels devaient être ses talents pour qu'elle commande à toute une division à cet age, alors que lui même avait tout juste réussi à devenir chef d'escouade... Et à perdre ce poste par la suite ? Riyu, de la famille Kasuga, mmh ? Il s'en souviendrait. Il n'avait pas affaire au premier venu et remercia sa destinée de lui offrir une compagnie si prestigieuse par le plus grand des hasards.

Elle ne s’arrêta pas cependant aux présentations... Ce qui était bon signe. Il en fut ravi, dans un premier temps, qu'elle s'adresse à lui si légèrement. Puis il tendit son oreille aux propos qu'elle lui tenait. Ce faisant, son visage passa de la détente sincère au masque suivant : sa bouche se tordait en un pathétique sourire forcé, ses yeux s’écarquillaient à mesure de son discours, nerveux. Sa tête rentrait imperceptiblement dans ses épaules et la prise de ses rennes se fit de nouveau particulièrement serrée.

Il sentit les poils de son dos se hérisser lorsqu'elle lui montra les ossements pour illustrer ses propos. Qu'était ce que cela ? S'était-il trompé en croyant venir au Nord pour Okaruto et était parti à l'Ouest pour les domaines des esprits ? Avait il ouvert les portes de Jigoku sans s'en rendre compte ? Il alla poser la main sur son front machinalement, afin de vérifier si le triangle blanc des défunts s'y trouvait. Cela ne le rassura pas beaucoup de constater son absence.

Comment de telles terres pouvaient elle exister sans que l'on en mentionne quelque part la dangerosité ? Comment pouvait-on se retrouver dans une forêt alors que l'instant d'avant, l'on marchait sur une plaine ? La brume était elle le seul coupable de cette mascarade qui le plongeait doucement dans un cauchemar ? Et cette femme... Prétendument Kasuga Riyu... Il n'avait pas manqué les lignes parfaitement dessinées de son corps. Et ce regard, des yeux dorés...

Les choses devenaient évidentes à mesure qu'il avançait. C'était probablement un Kitsune ou quelque yokai désireux de l'enlever dans sa tanière ! Sa main droite glissa doucement vers le pommeau de Tsuma yōji no kamigami. La distance et l'angle étaient parfaits. S'il arrivait à détacher les liens de son arme et à la lever au dessus de la tête du démon aux cheveux améthyste, il ne trancherait pas uniquement sa chaire, mais aussi le sombre destin qu'elle lui réservait...

… Mais il ne fit rien de cela.

Sa main ne toucha même pas le manche de son zanbato. Il remit sa main sur ses rennes, laissant le geste totalement anodin, tout juste aurait-on pu prendre ce dernier pour celui d'un cavalier désireux de caresser sa monture pour la rassurer. Il avait beau craindre les kamis, ce n'était pas le cas des créatures spirituelles, surtout lorsqu'elles avaient une forme physique. Il était à peu prêt certain de pouvoir vaincre tout ce qui avait un corps en ce monde et jusqu'à ce jour, il n'avait jamais vu de fantômes.

Il s'insulta en pensé d'avoir eut cette idée stupide et protégea son esprit dans l'étude de la cavalière, afin d'aller jusqu'à en ignorer son environnement direct. Il analysa sa taille et son poids, l'imagina l'arme en main pour démystifier ce qu'il avait cru voir au début. Un kitsune... Et puis quoi encore ? Il avait vu des femmes qui méritaient bien plus que cette petite guerrière d'être prise ainsi pour un démon aguicheur.

Cela ne voulait pas dire qu'il la trouvait sans charme, au contraire. Elle avait la peau plus tannée que lui, ce qui était d'autant plus étonnant que c'était monnaie courante à Kazan. Les muscles qu'il devinait sous son armure devaient être ciselés par la main des kamis eux-mêmes, ou bien simplement par une vie de rigueur à l'apprentissage du maniement du sabre. Sa taille était étonnamment petite comparée aux canons Yokuni, mais cela ne retirait rien à la tension qu'elle paraissait pouvoir obtenir de ses membres, ni à la beauté de ses lignes.

Cela l'apaisa. Imaginer une combattante plutôt qu'un esprit malin lui permit de reprendre l'assise sur son esprit. Il garda dans l'idée de la surveiller discrètement, tout en profitant de la vue qu'elle lui offrait, puis il se mit à réfléchir à aux mots qu'elle avait prononcé. Leur ordre, le ton qu'elle avait employé avant de savoir qui il était, et celui ci, très différent, qu'elle lui adressait. Suffisait-il en Okaruto de connaître le nom d'un étranger pour que cela en devienne presque familier ? Ou bien étaient ils simplement tous aimable une fois l'identité échangée ?

Son histoire ressemblait à un conte pour enfant. De ceux qui n'étaient pas sages et refusaient de dormir. Bien entendu, elle ne mentait pas. Il était assez bon dans sa connaissance du genre humain pour s'en rendre compte. Mais que Moegami le brûle sur place si elle n'en jouait pas ! Il laissa passer un instant, afin qu'elle puisse savourer de l'avoir vu en proie au doute. Il sourit à cette espièglerie et ne révéla pas ses pensés concernant cette affaire. Bien sûr, il frémissait toujours sous son armure et l'endroit était inconfortable à ses yeux. Cela donnerait peut être le change un instant.

Il fut parfaitement ravi de l'entendre lui donner la destination de leur périple. Hiyori avait la réputation d'être une cité agréable et il avait hâte de visiter ce lieu qui, disait-on, éveillait les muses des artistes en mal d'inspiration. Enfin, elle le questionna sur Kazan, un sujet qu'il aimait par dessus tout, quoiqu'il le rendait mélancolique aussi. Cela faisait plus de trois ans qu'il n'avait plus vu ses terres et échangeait simplement des courriers avec son ancien tuteur et maître en tout, Benihito Kurogane afin de venir aux nouvelles...

Il haussa les épaules à cette pensée et entreprit de répondre malgré tout à son curieux guide. Sa voix avait reprit son aplomb et il arriva sans mal à contenir ses démons internes et se lança dans la volonté de satisfaire son auditrice... et d'oublier son environnement direct :

Eh bien, eh bien... Je rend grâce à Kasugami de m'avoir fait croiser votre chemin, Kasuga-san ! Les kamis doivent réellement m'avoir en leur cœur pour que je puisse mériter pareil escorte.

Il jeta un regard mutin à sa compagne de route, puis poursuivit :

Kazan... Eh bien il s'agit certainement du domaine le plus inhospitalier qui soit je suppose. Bien qu'il ne possède pas un caractère aussi... particulier que ces bois. Amaterasu est souvent bien trop généreuse en ces terres et peu pourraient résister à l'un de ses étés. Mais vous y trouveriez aussi des gens honnêtes et aimables. Une production d'un Shoshu particulièrement sucré, tout comme la majorité des aliments qui sont conçus là bas et dont vous me diriez des nouvelles !

La douceur de ses hivers nous apporte son lot de visiteurs en grand nombre. Et toute l'année, ou presque, les Onsen de ce territoire sont appréciés de ceux et celles qui souhaitent perdre rapidement un surplus de poids... Bien que le néophyte ne s'attardera probablement pas longtemps tant on peut qualifier ces bains de véritables étuves. J'ai parfois été amené à apprécier une source chaude dont la vapeur émise était plus épaisse encore que les brumes de vos terres...


Il perdit son regard dans le lointain, inaccessible à moins d'une dizaine de mètres, tant le brouillard était épais. Ses yeux imaginaient les terres de ses ancêtres. Plus encore que de retourner au clan, il appelait son domaine de ses vœux. Son sourire devint nostalgique et adoucit ses traits patriciens. Puis il ferma les paupières et revint à la réalité, pour les rouvrir et dévisager Riyu, concluant d'un ton chaleureux :

Je pourrais vous parler de la cité-volcan pendant des heures... Mais cela ferait de moi un bavard intarissable... Puisque nous en sommes à traiter de nos villes natales... Si ma mémoire est bonne, la famille Kasuga est liée à Kasu, n'est ce pas ? Vous venez bien de là bas ? Que pourriez vous m'en dire ? J'ai toujours souhaité m'y rendre un jour... On dit d'elle qu'il s'agit d'une merveille...


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Dim 3 Aoû - 17:40


Voir le bushi Setsu conserver sa fierté et contenir sa peur de son mieux illumina le sourire de la jeune Riyu. Elle se sentit particulièrement fière que sa légère manipulation ait pu fonctionner sur un homme fait, plus âgé et certainement plus expérimenté qu'elle. Et fut agréablement surprise de constater que les Setsus semblaient plus naïfs que ce qu'on entendait. C'était presque impressionnant. La gêne du guerrier irradiait jusqu'à sa monture piaffant, agacée par la poigne nerveuse de son maître.

Riyu ne s'attendait pas à autant de résultats. Il lui donnait l'impression de pouvoir avaler tout ce qu'elle débitait tant qu'elle portait l'armure et qu'elle restait sur sa jument. Peut-être l'intimidait-elle ? Peut-être n'était-il pas habitué à rencontrer pareille personne ? Même à Okaruto, les jeunes guerrières étaient rares. Celles qui accédaient aux rangs d'officiers, plus encore. A observer les réactions du fils de Kazan, Riyu devina qu'il n'en avait encore et sûrement jamais rencontrée.

Elle craignit qu'il soit pris d'envies de la tester. Les Setsu avaient un tempérament de feu, ce qu'elle n'avait pas encore remarqué chez lui. Mais elle dut mettre un terme à ses pensées vagabondes pour porter brusquement son attention sur la route, de crainte que sa monture ne se perde. La jeune fille corrigea sa direction tandis que son invité surprise lui témoignait la joie que lui provoquait leur rencontre. Ses termes étaient choisis et cérémonieux. Comme s'il se moquait d'elle à son tour. Elle fit semblant de ne rien entendre mais lui jeta un bref regard empli de méfiance. Le sourire qu'il lui adressa alors rehaussait ses craintes.

Très bien, Riyu avait saisi et décidé; elle lui montrerait par n'importe quel moyen qu'elle méritait très largement son rang et ainsi, qu'elle avait le droit de s'en targuer à loisir. Elle talonna doucement Sumi-e qui comprit puis accéléra progressivement ses pas jusqu'au trot. Il ne tarda pas à la suivre et lui raconta Kazan, répondant de ce fait à sa demande.

Tout d'abord peu attirant, le portrait qu'il brossait de ses terres d'origine ne tarda pas à refléter l'amour qu'il leur portait. Il parlait de ses gens comme d'honnêtes personnes, informa Riyu d'une fameuse productions de Shoshu et de mets sucrés. Elle nota d'ailleurs que les qualités furent choisies pour la convaincre. Il semblait bien connaître les penchants bons vivants Okaruto...Il poursuivit.  Que les températures y étaient douces en hiver mais cruelles en été et que les Onsens particulièrement bouillants étaient reconnus pour leurs bienfaits. Par son regard dirigé vers le lointain, on pouvait deviner que son domaine lui manquait considérablement. A tel point que la jeune fille se demandait ce qu'il pouvait bien faire ici, à se promener dans la plus hostile des fôrets Okarutos...

Et lorsqu'il jugea qu'il en avait terminé pour cette fois-ci de parler de Kazan, il encouragea Riyu à en faire de même, à parler de Kasu dont on disait qu'elle était une merveille...

"C'en est une, effectivement, bien qu'elle me semble plutôt humble comparée à Moe ou à Ite. Mais comme ses dernières, elle a son propre caractère. Petite, mon père qui était l'un des premiers sujets du clan, me racontait que feu Okaruto Kazunobu, pour y avoir été protégé pendant maintes années, s'était épris d'un bois plus vaste que celui où nous nous trouvons et que, devenu Daimyo, il avait voulu s'y établir. N'écoutant personne d'autre que lui-même et usant de tout son charisme, il engagea une poignée d'hommes pour bâtir les fondations de l'actuelle capitale Okaruto sans rien toucher ou presque de ce fameux bois. Les hommes qui l'avaient suivis tombèrent amoureux de l'oeuvre qu'ils avaient façonnée. Ils y amenèrent leurs femmes et leurs enfants pour qu'enfin, le petit village de jadis crût et devint la ville que l'on connait aujourd'hui, avec ses bâtiments par centaines, ses grottes, sa rivière, son fleuve, ses irrégularités de rochers, de branches et de racines et ses tours multicolores."

Tout à coup ailleurs et songeuse, Riyu s'interrompit.

J'espère que mes piètres capacités à conter vous suffisent. On devrait maintenant accentuer la course pour Hiyori. Voyez-vous, le don qui me permet de localiser le "Domaine des arts", comme on le nomme, me demande une concentration soutenue et beaucoup d'attention. Si je viens à perdre trace du village, il faudra que nous errions quelques heures dans ses bois et il fera nuit. Je n'aimerais pas que quelque créatures malines profitent de ces deux failles."


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Mar 5 Aoû - 15:58


Si Moe était un bras levé de l'homme contre la nature, défiante dans son orgueilleuse domination de cette dernière et culminant à des hauteurs dignes de montagnes, la description de Kasu paraissait tout son contraire. Il se prit à fermer un instant les yeux, cherchant dans les mots de la jeune guerrière les images qui lui montreraient l'entente et l'amour de la terre des gens d'Okaruto. Là où Setsu s'était imposé, les descendant de Kazunobu lui semblaient s'être confondus, être entré en symbiose avec leur environnement.

De ses yeux, il s'était à de nombreuses reprises émerveillé de la force des hommes de Moegami. Kazan et sa cité façonnée au cœur d'un volcan éteint, Hibana et son opulence, Moe et son gigantisme. Mais le monde revêtait des beautés aussi nombreuses que variées et il se languissait de toute les découvrir, si son destin le lui permettait. Il rouvrit le regard au monde présent et l'orienta discrètement sur son guide improvisé. Passé la surprise et l'inquiétude du premier instant, il revint à son appréciation première. Il aurait tout à fait pu être mené par bien moins attirante compagnie.

Son esprit tourné vers la contemplation des terres et de la samuraï-ko n'était dorénavant plus en proie à quelconque crainte que ce soit. La vacuité d'un instant léger lui apportait toujours un immense réconfort, le faisant paraître presque léthargique. Il ne se formalisa donc pas lorsqu'elle lui annonça devoir se concentrer si ils souhaitaient arriver à Hiyori avant que la nuit tombe. En temps normal, il se serait probablement crispé à l'évocation de cette dernière et du peuple étrange qui l'habitait. Mais les images qui passaient subrepticement devant ses yeux le préservaient inconsciemment de toute peur qui aurait pu le prendre habituellement.

Il se laissait tout simplement guidé, profitant simplement de l'étrange ambiance locale, malgré son côté oppressant, et soulignant parfois la ligne du dos de la cavalière qui le précédait, jusque sa nuque ou tout au contraire, beaucoup plus bas. Puis il se focalisa enfin sur leur route et se rendit compte de son impatience à arriver pour le Domaine des arts, comme elle l'avait si bien dit. Il n'avait pas du tout prévu ce détour, mais il fut finalement enchanté à cette idée, ce qui vint à nouveau faire reculer les inquiétudes qu'il aurait pu avoir en temps normal à l'évocation de ce que l'héritière des Kasuga lui avait annoncé.

Puisqu'elle devait se concentrer sur son prétendu don, il s'occuperait des environs immédiat, il augmenta un instant la cadence afin de se placer aux côtés de la Taisa, sans mot dire. Ils poussèrent ainsi leur monture à une allure plus soutenue. Elle ne jouait plus avec lui, c'était certain, il y-avait là un vrai danger, même pour elle. C'était peut être vrai partout en Yokuni d'ailleurs. Il ne faisait pas bon être sur les plaines de Kazan au plus fort de l'été et en pleine journée si l'on n'était pas natif de la région. Il pouvait comprendre que ces forêts revêtaient elles aussi leur part de danger.

Mais il était aussi vrai que de voyager avec un autochtone était rassurant. Il savait qu'un visiteur malchanceux pourrait compter sur son eau si, d'aventure, ils tomberaient nez à nez au beau milieu des étendues arides de l'Ouest de sa contrée natale. Il se reposa mentalement sur les épaules de l'officier supérieure du clan de Kasugami, gageant qu'elle devait mériter son rang de toute évidence et qu'il ne risquait pas grand chose en sa compagnie en ce qui concernait le chemin emprunté.

Ils chevauchèrent ainsi plusieurs heures, même après qu'Amaterasu ait totalement disparue derrière les hauts vallons de l'Ouest. Par précaution, le bushi des Setsu avait la main sur le pommeau de Gimu, son katana. Mais cette dernière était ferme, non tremblante. Guidé simplement par le devoir d'être utile, laissant tout le loisir à son guide pour les amener à bon port. Puis il sortirent enfin des bois et le spectacle qui s'ouvrit à lui manqua de lui couper le souffle.

À nouveau il fut confronté à l'ambiance particulière des plaines Okaruto, mais du point de vu des étoiles à présent. Une faible inquiétude revint poindre au fond de son cœur, mais elle était écrasée par l'engouement qu'il ressentait en découvrant le tapis de brume éclairé par la lune. Rien ne paraissait plus réel à présent et ce monde lui semblait plus proche de celui des rêves que de la réalité. Au loin, la rumeur de la cité se révélait dans le ciel, attestant du fait qu'elle ne dormait pas.

Il avisa Riyu un court instant, elle s'était apaisée. Elle ne devait probablement plus faire appel à son fameux don et elle semblait satisfaite d'être parvenu à les mener à bon port sans encombres. Il détacha sa main du pommeau de son arme et redécouvrit la guerrière sous cette nouvelle lumière. Libérée de sa concentration, elle portait le regard vers le lointain Nord-Ouest, vers ce qui devait être Kasu. Ignorante d'être découverte à nouveau, elle était parfaitement calme, un sourire énigmatique sur le visage, ses yeux dorés reflétant presque les étoiles.

Lorsque Kodan se sentit rougir, il détourna le regard vers leur destination, ne laissant visible que sa crinière à son guide si cette dernière venait à orienter son attention sur lui. Il jugea qu'une nouvelle discussion serait la bienvenue, plus pour lui que pour elle. Son obsession pour les femmes en armes ne le servait vraiment pas. Il se gratta le menton, les yeux levés vers les cieux en quête d'un quelconque sujet. Celui qui s'imprima soudain lui parut être l'évidence même, évinçant en une fraction de seconde son état de gêne précédent. Et tandis qu'ils trottaient en direction de Hiyori, il parla d'une voix claire et sans accroc :

Sommes nous tous serviteurs du même Seigneur, Dame Kasuga ? L'Empereur, choisit par l'ensemble des Kamis, vaut-il moins que nos Daimyos respectifs, élus uniquement par l'un d'entre eux à chaque fois ? Je me suis toujours posé cette question. Peut être que mon séjour à la Capitale Impériale m'a floué l'esprit. Peut être que les enseignements du magistrat que je servais m'ont perdu. En Setsu, j'étais sûr de pouvoir obéir en tout aux Setsu. En serais-je à nouveau capable sans réfléchir, à présent ?

Que pensez vous de cela ? Et si vous étiez à ma place et que je vous guidai par delà les plaines enflammées de mes terres, que vous retourneriez chez vous après trois années d'absences passées à Birei, comment pensez vous que vous vous sentiriez ? Je me suis battu contre d'autres serviteurs de l'Empereur, pour des causes aussi futiles que la simple volonté de posséder. Je transite actuellement, délié de tout serment, et vais droit pour m’enchaîner à nouveau et peut être, qui sait, frapper un fidèle de la société impériale de ma propre main, car l'on m'en aura donné l'ordre... Comment expliquer ce fait ?


Il n'y avait pas eu la moindre trace d’inquiétude ni de doute dans son ton. Il avait annoncé ça comme une suite de faits avérés. Le code du bushido enseignait la loyauté évidement. Mais il mettait en avance la droiture, la bienveillance et la sincérité. Ces concepts pouvaient se heurter entre eux, et c'était là où voulait en venir le vaste bushi. Oui, décidément, il était content du sujet qu'il venait de trouver. Seul deux samuraïs pouvaient échanger à ce propos, et cela lui permettrait de lui rappeler qu'elle était une guerrière, avant toute considération pour son physique avantageux.


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Dim 31 Aoû - 0:41

Devant eux, des bosquets et la brume. A perte de vue.

Ils en avaient encore pour quelques heures. Kumo en plaine, ils en auraient eu pour à peine deux, mais par la configuration du terrain, ils étaient obligés d'emprunter quelques dénivelés et de tortueux fils de terres sur des collines, entres les arbres, les arbustes et les racines, ce qui rallongeait considérablement le chemin. Leurs chevaux trottaient lorsqu'ils le pouvaient, avançaient précautionneusement lorsqu'ils en étaient astreints, ils suivaient les ordres de leurs cavaliers sans protester. Trop fatigués pour le faire de toutes façons, surtout Sumi-e qui avait de très fines jambes.

Il n'y avait que Riyu en cette soirée pour déchiffrer les fluctuations de l’élément ambigu, à la fois allié et ennemi, et savoir où chevaucher afin de traverser les nuages et d'esquiver les dangers. C'était délicat. Des mouvements suspects ici, là un bout de terrain qui risquait de s'effondrer dans un ravin, ici un parcours trop étroit pour leurs montures... Son léger brouillard se mêlant à celui ,déjà présent, des bois de Kumo, occupait chaque hectare de ceux-ci afin d'en surveiller les habitants et ce qui s'y tramaient. Elle craignait que cette force l'abandonne tout à coup alors qu'elle piochait dans ses réserves pour le guider du mieux possible et elle sentait déjà que la fatigue jouait sur l'étendue de son pouvoir, que son périmètre se raccourcissait de seconde en seconde. Que celui dont elle avait pris la garde subisse à cause de quelque fantôme, qu'ils finissent tout deux leurs âmes réduites en miettes par les environs tourmentés, elle ne saurait jamais se le pardonner. Elle fatiguait et pourtant...

Amadotsu-san avait beau être Setsu. Leurs clans n'étaient pas en guerre ouverte et Okaruto était assez pacifiste pour laisser un étranger du redoutable Nord-Ouest vaquer tranquillement sur le domaine tant qu'il ne faisait rien de fâcheux. Celui-ci n'avait pas l'air bien méchant, on devinait rien qu'à sa mine qu'il était droit et innocent, qu'elle pouvait donc lui faire confiance. Maintenant qu'elle l'avait pris sous son aile, il devait coûte que coûte rentrer au bercail sain et sauf. Qu'il se fasse attaquer, elle se mettrait irrémédiablement entre le danger et lui, lui servant de bouclier malgré sa faiblesse risible et son corps gracile de jeune fille. Elle le ferait tant qu'il se trouverait en Okaruto et tant qu'elle porterait l'emblème de son clan et celui de sa famille.

Riyu se fatiguait donc. Pour eux, pour leur intégrité et pour son honneur, celui de sa famille, jusqu'à celui du clan tout entier. Elle était Taisa, à présent et ce rang lui accordait un certain pouvoir mais de grandes responsabilités dont celle de protéger tout ce qui était plus faible qu'elle par le rang et par la force et de faire preuve d'une grande courtoisie. Aussi était-elle fière et suait-elle sans se plaindre, désireuse de refléter une image solide et forte qui puisse tout tranquilliser.

Ce fut un peu après la tombée de la nuit que Hiyori fut en vue. Riyu en soupira de soulagement, baignée de sueur sous son armure. Ils étaient sortis de l'obscurité de Kumo, éclairés par les seules et pâles lumières encore lointaines du Domaine des Arts d'Okaruto. Enfin elle pouvait souffler et se relâcher. Sous leurs regards, la ville s'étendait, nimbée d'une brume légère, comme un voile de soie grise d'où seules quelques touches lumineuses marquaient l'activité nocturne.

Ils regardaient Hiyori tout deux et la jeune fille fut tout à coup consciente que le Setsu la contemplait, elle savait d'ailleurs qu'il n'avait pas cessé de tout contempler, y compris son corps alors qu'il l'avait suivie. Et si elle ne s'était pas retournée vers lui en pleine course, trop concentrée pour perdre du temps à le faire, elle s'y exécuta, lui lançant le même regard méfiant qu'auparavant. Elle allait lui sortir une phrase bien sentie. Mais non. Il détourna les yeux puis la tête tout entière si vite qu'elle n'eut le temps de rien. Il était bizarre... Il avait quelque chose à lui dire ? Du coup, elle se renfermait, rentrant légèrement les épaules et se posant mille et une questions sur cet homme avant d'essuyer les perles d'humidité sur son front, qui collaient quelques mèches améthystes à ses tempes.

Il parla enfin, alors qu'ils trottaient vers Hiyori, la questionnant sur ce qu'elle pensait de l'Empereur, voulant connaître sa vision de la loyauté, désirant savoir ce qu'elle ressentirait si elle était à sa place, à avoir passé trois ans à Birei sans voir son domaine natal et à avoir créé des liens avec les citoyens de l'Empire sur une terre absolument neutre et lavée de tout clan. Il n'y avait pas eu trace d'inquiétude ni de doute dans sa voix. Et Riyu parut un moment décontenancée. Puis, elle réfléchit quatre ou cinq secondes avant de répondre:

"Ce sont des bonnes questions, Amadotsu-san. Mais il est clair que je ne serais jamais à votre place, que je ne vivrais jamais dans la Cité Impériale. Ma vie ne m'appartient pas, et je ne suis pas -ou plus- de celles que l'on peut aisément envoyer là-bas de part mon rang.

Cependant, n'allez pas me dire que les liens que vous avez tissé ces trois années ont rompu ceux que vous aviez à Kazan. Vous êtes un samouraï, un homme d'honneur. Vous devez votre vie à vos parents qui étaient Setsu, et donc à votre seigneur... Si j'étais vous, je me rendrais chez moi sans crainte et sans état d'âme, je n'aurais de toutes façons pas le droit de ressentir quoique ce soit. Nous autres samouraïs ne sommes que des outils pour servir les intérêts de nos clans.

Et qu'avez-vous reçu comme accueil à Birei ? Peu m'importe en réalité. Sachez cependant que ce sont ceux qui nous ont vu grandir qui nous soutiendrons coûte que coûte. La loyauté n'est jamais à sens unique. J'en mettrais ma main à couper. Or, la Cité de l'Empereur est un autre monde, un cocon qui garde ses sujets précieusement enfermés dans le confort et la tranquillité. Ces gens douillets n'ont rien à voir avec nous, ne leur accordez guère trop de crédits..."


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Jeu 4 Sep - 9:47


Il se mordit la lèvre inférieure, une certaine honte l'ayant envahit un peu après sa fierté passagère du sujet trouvé. Il se demanda ce qu'il était exactement en train de faire sinon de geindre auprès d'une jeune femme que le destin avait choisit pour un rang élevé. Elle remplissait sa tâche avec honneur et ce ne devait pas être une première fois. L'aspect trop surnaturel des lieux lui avait fait perdre son assise habituelle et il s'était montré beaucoup trop vulnérable, que ce soit vis à vis des lieux, mais aussi d'elle.

Le bushi entre deux serments aurait tant souhaité stopper immédiatement leur marche pour s'accorder la plénitude et la réflexion propre à la méditation. Il aurait voulu s'asseoir à même le sol, croiser ses jambes sous lui et faire le vide dans son esprit, se focaliser sur son moi et le remettre en question dans l'instant. Il avait toujours préféré le concret et les choses du réel aux fantômes et à l'évocation des manifestations des kamis. Tout ce que sa lame pouvait toucher ne lui faisait aucune peur, mais dès lors que l'occulte et le spirituel entraient en vigueur, l'inconfort qui le prenait alors était particulièrement désagréable et difficile à gérer.

L'autre point, il le subissait depuis son adolescence, un peu après son gempukku. Les femmes en armes le troublait profondément. Dans un premier temps pour de nobles raisons, Kodan était vissé à la destiné, appréciant chaque instant comme s'il était sûr que rien n'aurait pu empêcher qu'il se produise. Cette idée l'avait renforcé au travers du temps et lui avait permis de passer outre les obstacles que la vie dressait sur son chemin. Si il connaissait l'échec ou la défaite, c'est que cela devait arriver et qu'aucun effort n'aurait pu y changer quoique ce soit, aussi passait il rapidement à la suite des choses, sans aucun mal, oubliant presque instantanément le tord que cela aurait pu lui avoir fait sur le coup.

Aussi, dès lors qu'une dame issue de lignée guerrière parvenait à passer outre les traditions yokuni et prenait les armes, cela lui semblait être un coup joué au destin d'épouse que la vie leur avait pourtant réservée. Il les trouvait incroyablement plus belles qu'elles ne devaient l'être aux yeux des autres hommes. Il se souvenait le peu d'attrait que n'avaient éveillées en lui les courtisanes de Birei, ou celles de Kazan, quelques années plus tôt. Inversement, il avait rencontré une adolescente de Kenshu, lors d'un voyage en compagnie de Inari Mida. Elle n'était pas plus âgée que quinze ans alors et il l'avait tout de suite imaginé plus adulte, séduit par ce qu'elle allait devenir.

Il retourna dans la réalité, autour d'eux les plaines, la Taisa Okaruto en nage après l'effort qu'elle avait produit pour maintenir son invisible capacité dont il ne comprenait que peu de chose. Oui, elle l'impressionnait, mais à présent qu'il se fustigeait intérieurement, il ne lui ferait plus l'outrage de la voir autrement qu'en guerrière, comme une égale. De fait, il se reconstitua une dignité. Il était plus âgé, plus haut, plus large et autrement plus solide d'apparence qu'elle ne pouvait l'être. Le rang et l’expérience étaient deux choses différentes et il s'était bien trop placé en retrait depuis le début de leur rencontre. En vérité, il s'était même mit dans cette position depuis le début de sa vie.

Si il avait été plus rigide, plus fier, il se demanda si il ne serait pas déjà aux ordres direct de Zenmyo-sama, le Taisho du clan de Moegami, comme l'était la jeune Kasuga Riyu, sous le commandement du Général Okaruto. Il crispa ses mains autour des rênes de sa monture et crissa imperceptiblement des dents, il était plus que temps de se racheter une conduite. Il leva les yeux vers son interlocutrice qui avait entreprit de répondre à son questionnement, un regard nouveau brûlant au fond de ses rétines.

Il se demanda ce qui pouvait bien la rendre aussi sûre de ce qu'elle avançait. Il avait cru devoir s'ouvrir le ventre lorsque son clan avait pointé du doigt son manquement à la hiérarchie et au respect dû à cette dernière. Il n'avait pas choisi d'être envoyé à la Capitale, en tant que Yoriki, dépourvu de son môn de clan, mais pas de son honneur ni de son statu de samuraï, à son grand étonnement. Elle ne pouvait tout simplement pas savoir cela et répondait avec son cœur et ses croyances, comme il aurait répondu ainsi, lorsqu'il était Taii des Setsu, si quelqu'un lui avait posé la même question que lui.

Elle n'était pourtant pas stupide et savait que son existence en tant que bushi était irrémédiablement liée au souhait de son Daimyo. C'était assez étrange comme cheminement de pensé. De croire sa vie entre d'autre mains et d'être persuadé qu'une chose que d'autres décideraient ne pourrait pas lui arriver. Il mit ça sur le compte de l’expérience et il se sentit rassuré de ne pas être en accord avec ce qu'elle venait d'avancer, persuadé qu'elle se trompait, qu'elle ne pourrait décider de vivre ou non à la Cité Imperiale. Si son Seigneur lui demandait, elle irait, c'était certain.

Un sourire naquit à ses lèvres. Il se redressa sur sa selle, sans contredire la jeune femme un instant, car ce n'était certainement pas à lui de lui faire la moindre morale. Il l'écouta simplement poursuivre. Du reste, elle avait raison. Kazan était sa terre, ce qu'il avait vécu à Birei était une chose, mais sa vie entière s'était jouée non loin de son domaine natale. Un quart de siècle entier, il n'était jamais sorti des frontières de ses ancêtres et trois ans seulement en territoire neutre n'aurait jamais pu changer cela.

Elle alternait entre sagesse et a priori. À nouveau, elle fustigea la Capitale sans rien en savoir puisqu'elle avait avouée elle même ne pas y avoir mis un pied. Certes, la Cour Impériale était particulière. Mais le dernier point qu'elle souleva lui hérissa le poil. Il fronça les sourcils, mais parvint à garder sur sa voix un contrôle totale. Elle s'écoula ainsi hors de lui, lourde et roulante comme à l'habitude, maîtrisée et chaleureuse, sans trahir le nerf qu'elle avait pincé par ses mots :

On ne peut pas dire que la Capitale m'ait accueilli personnellement. Je n'ai même jamais été en présence du Fils des Cieux... Ce qui est normal me direz vous. Je n'ai pu voir que de loin ce à quoi ressemblait la Cour et son cocon, même à Birei alors que cela se jouait dans le même palais dans lequel on hébergeait les gens de mon genre. J'étais un yoriki, le second d'un Magistrat Impérial. Il n'y a pas de plus haute autorité que la leur dans tout le pays, ils sont les yeux et les oreilles de l'Empereur.

Il n'est pas bon de croire que tout les citoyens de Birei soient comme vous le décrivez, et la plupart viennent de Moe, Kasu, Kaze, Ite et Geki, servant glorieusement leur clan, avec honneur et l'esprit tourné vers le plus grand nombre, non plus en direction des querelles intestines des élus des Kamis...


Il su s'être quelque peu emporté, une corde sensible venant d'être touchée. Il se radoucit immédiatement afin de ne pas laisser de malaise s'installer :

Ah... Sumimasen. Comprenez que j'ai quitté la Capitale uniquement parce que mon maître là bas ait décédé et que mon clan m'a rappelé à lui. Il n'est pas certain que Setsu l'aurait fait si Inari-dono vivait toujours. Si sa santé avait été meilleure, il est plus que probable que je reste son yoriki toute ma vie. Ma loyauté à son égard égalait... Non... Surpassait celle que j'eus pour Ichigo-dono. Je ne peux dire si elle sera plus grande vis à vis de Gekido-dono, seul le destin en connaît la réponse.

Mais vous avez raison sur un point. Kazan est ma terre, j'en suis le Seigneur au nom de mon clan et malgré mon exil, cela ne m'a pas été retiré. Il doit y avoir une explication à cela, mais le fait est que Setsu aurait pu rayer mon nom ou me laisser à l'honneur de m'ôter la vie par le sepukku. Je ne sais pas. Je sais simplement que Mida-dono n'était pas innocent à ce fait et qu'un autre homme en est aussi responsable... Même si feu mon Magistrat a emporté ce secret dans la mort.


Il sorti de ses pensés, espérant que la deuxième partie de son discours avait permis à éviter un conflit de naître entre eux. Au loin, Hiyori se profillait et il appréciait déjà l'idée de s'y prélasser après cette monte forcée et pénible qu'avait été le voyage au travers de Kumo. Sa curiosité fut piquée alors qu'il repensait à son propre trajet dans l'existence. Son regard s'était éclairé depuis qu'il s'était reprit sur sa réaction à la réponse de Riyu, il osa lui poser la question qui lui brûlait les lèvres :

Et vous ? Taisa Okaruto, un rang et un honneur si grand en Setsu et je suis certain que Okaruto ne confie pas des Légions entière au premier ou à la première venue. Vous devez avoir des légendes incroyables qui scandent votre nom ! Comment Kasuga Riyu est elle devenue l'un des plus hauts officiers militaire des enfants de Kasugami, si cela n'est pas trop indiscret ?

Sa mine était curieuse, mais il préservait dorénavant une dignité qu'il n'avait eu que trop peu jusque là et que rien ne semblait plus pouvoir diminuer à présent.


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Sam 20 Sep - 17:04

Comme Riyu regardait au loin, elle ne fit pas attention aux réactions d'Amadotsu-san. Elle ne le vit pas se fermer ni s'ouvrir à ses réponses. Doucement, la future dragonne fit reprendre la route à sa monture qui secoua mollement la tête en signe de lassitude; Sumi-e vieillissait ou déprimait, elle ne tenait plus aussi bien la cadence et les longues marches qu'avant, et ses taches grises et noires commençaient à disparaître, ses muscles à maigrir, sa robe à ternir. Riyu ne savait pas ce qui lui arrivait. Elle mettait cela sur le compte de l'âge et il serait bientôt temps de la mettre en enclos pour qu'elle y finisse tranquillement sa vie. Elle lui grattouilla néanmoins amicalement la crinière en guise d'encouragement, tout en gardant une oreille attentive dédiée aux paroles du Setsu. Brave Sumi-e.

S'il fronça les sourcils, elle ne sut rien du mécontentement d'Amadotsu-san tant la voix de ce dernier demeurait égale. Cependant, elle reconnut qu'il lui reprochait ses a-prioris à propos de Birei et lui glissa un regard énigmatique pour constater son insatisfaction. Elle reporta alors son attention sur la route, sans rien dire. Elle savait qu'elle avait raison, lui et elle n'avançant pas dans le même contexte et n'adoptant pas le même point de vue. Que faisaient les magistrats pour les clans s'ils n'avaient pas oublié ceux-ci pour leur petit confort ? Elle ne voyait rien de concret. Mais elle gardait le silence. Il poursuivit et s'excusa, il devait croire qu'il l'avait vexée, ce qui la fit sourire et presque glousser. Par contre, le fait qu'il s'était dit plus loyal envers un Magistrat qu'envers son daimyo lui fit un drôle d'effet. Comment était-ce possible, en fait ? Elle ne le comprenait pas... pas vraiment.

Riyu n'avait pas encore assez de recul pour voir qu'elle-même était plus fidèle à Fugaku Kakeru qu'au clan Okaruto, elle prenait tout cela dans son ensemble, même si elle était tombée amoureuse. La scission dans son coeur n'avait pas encore opérée, elle se préparait tout juste depuis que Kakeru l'avait demandée en mariage à son père et qu'il avait très violement refusé. Son père, son petit frère, son Taisho, sa Daimyo, tout cela était du pareil au même. Un enfant devait obéir à son père autant qu'un samouraï devait obéir à son seigneur, et voilà tout. L'histoire du Setsu lui avait l'air bien compliquée...

La jeune fille était dans ses pensées lorsqu'ils approchèrent de Hiyori. Ils y seraient tout bientôt. Or, cette rencontre avait provoqué un certain retranchement chez elle, comme si elle avait besoin de se remettre en question pour comprendre le chemin de vie du seigneur de Kazan. Et bien qu'elle était un peu ailleurs, les questions de ce dernier parvinrent à ses oreilles. Elles ne les apprécia pas. Elle ne se sentait pas méritante. La réponse qu'elle s'apprêtait à lui donner allait certainement le décevoir.

"Je n'ai rien de très glorieux à vous raconter, j'en ai bien peur. Fugaku-Taisho m'a nommée Taii puis Taisa à sa suite alors qu'il a hérité du rang de Taisho par son père. Il l'a fait certainement pour me protéger et me confier une autorité, il me semble que ce soit l'ombre de la sienne, qui me permettrait de m'affirmer parmi tout ses hommes...Figurez vous qu'il m'avait demandée de quitter l'armée plus jeune, quelques mois après mon gempukku, alors qu'il m'avait sortie d'une séance de bizutage. Mais je suis revenue tout de même le lendemain et encore le surlendemain. Depuis, il doit avoir beaucoup d'attentes vis-à-vis de moi... J'essaie tous les jours de les satisfaire au mieux."

Un peu, même beaucoup, gênée par le manque d'assurance qu'elle avait révélé devant un bushi étranger, elle fronça les sourcils et serra les dents, puis reprit, une pointe de méfiance dans le ton de sa voix alors qu'elle se retournait à demi ,une nouvelle fois, pour fixer le Setsu dans les yeux. Il devait bien comprendre qu'elle ne le laisserait jamais se moquer d'elle :

"Mais vous vouliez entendre autre chose, peut-être ? J'ai accompli beaucoup de missions, oui. Comme celles auxquelles vous avez participé, je suppose, et la plupart de mes choix en tant qu'officier m'ont menés sur la bonne voie pour cela. Je sais guider mes hommes et me servir de mes armes, comme ce qu'on attendrait d'un digne Taisa. Voilà tout. Cependant, si vous venez à douter de mes capacités, je serais ravie de vous montrer très amicalement combien je peux être audacieuse..."


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Ven 10 Oct - 11:02

La comparaison était pâle si l'on considérait la légende de Zenmyo-Taisho en effet. L'écarlate Général des Terres du Nord avait gagné ses gallons par la force de l'exemple, sa loyauté au clan et ses actions d'éclats contre les velléités bellicistes des trop nombreux voisins des Setsu.

La gloire de la vu de son armure carmine sur le champ de bataille, ou la simple description de cette dernière, faisait rêver les conscrits et les samuraïs les plus jeunes, dans l'espoir de suivre un jour son exemple.

Pas de descendance illustre, la famille Zenmyo s'était faite autour d'Isamu-dono. Enfin, il n'allait pas critiquer le droit de filiation, car il était très mal placé pour cela. Néanmoins, il avait aussi choisi de changer le nom de Kiyooki qui lui revenait par l'héritage en Amadotsu, jugeant qu'il n'avait pas encore prouvé qu'il méritait l'honneur du passé de sa famille.

Il s’estimait d'ailleurs toujours aussi loin d'en être digne, surtout depuis les événements qui l'avaient conduis à servir un autre maître que celui du domaine de Moegami.

L'histoire qui lui était conté là n'avait rien d'une épopée. Un Taisho parvenu nommant une jeune femme à sa suite pour la protéger ne montrait pas la moindre gloire aux yeux du maître de Kazan. Ce qu'elle avait du vivre lui parut néanmoins difficile et loin d'avoir été une voie pavée de simplicité. Comme toute les femmes en armes, se dit-il.

C'était pour cela qu'il les voyait en héroïnes, peu important leur trajet, car rien n'était évident pour une dame lorsqu'elle choisissait la voie du bushido en tant que guerrier, et non en tant qu'épouse.

Bien qu'en ce qui concernant Riyu, il se doutait que les deux étaient liés. Il lui sembla clair qu'elle entretenait un lien privilégié avec le Généralissime de son clan. De là à la juger pour cela, il en était hors de question. Sa façon de monter, sa fierté visible et exacerbée, sa mise au défi perpétuelle à son égard. C'était une bushi, indéniablement. Il ne doutait pas non plus de ses talents de meneur d'hommes.

La petite femme semblait des plus féroce, sa beauté ajoutée à ce détail vint titiller à nouveau le fantasme du samuraï qui la trouva soudainement d'autant plus désirable et s'imagina à la place de Fugaku un fugace instant. L'image le fit sourire, moqueur à son propre sujet, il était bien indigne d'être un Taisho, bien indigne d'une telle compagne par la même occasion.

D'un clignement de paupière, l'image s'effaça et il revint à la réalité. Non, elle n'avait clairement pas à craindre qu'il la juge incapable. Le nom de la jeune Kasuga était dorénavant gravé dans sa mémoire et il tâcherait de l'étudier sur le long terme, il verrait dans le temps si elle méritait son titre. Considérant l'instant présent, à l'écouter, elle redoublait d'effort pour prouver au monde qu'elle avait les épaules pour être Taisa, non une parvenue.

Ils n'étaient pas si différents, sommes toutes. Le destin était fort aimable de lui avoir fait croiser la route de cette femme, à plus d'un titre d'ailleurs, reconsidérant le fait qu'il serait définitivement perdu si elle ne lui était pas tombée dessus.

Il se mit à réfléchir à tout ce qu'elle venait de dire, portant sa main gauche à son menton, l'autre continuant de tenir la bride à sa monture. Lorsqu'il rencontra les yeux dorés de son interlocutrice, il lui offrit un sourire aimable et chaleureux, sa réponse vint rapidement ensuite, sans la moindre hésitation ni le moindre faux semblant. Sa voix fut à l'image de son visage et malgré son ton et son accent agressif, elle n'exprima que la sincérité, nappée d'une douceur évidente :

Ha ha ha ! Je ne doute absolument de rien, Dame Kasuga. Vous êtes à votre place, car tel devait être votre déstiné. Ce que vous en faites ne regarde que vous et du peu que nous nous connaissons, rien de ce que vous n'avez dit ou provoqué ne dénigre votre droit le plus strict à la reconnaissance de votre rang. Bien que je ne sois pas un samuraï sous la bannière des disciples d'Isanami, comme vous, je n'ai pas moins de respect pour l'un de ses officiers de haut rang.

Je ne doute pas de votre légitimité à être plus jeune et plus gradée que moi et je ne dis pas que le rang de Taisa s'obtient plus facilement en Okaruto qu'en Setsu. Je ne tiens pas non plus à croiser mon fer autrement qu'amicalement et dans l'honneur. Bien que je ne sois pas encore tout à fait revenu en mes terres en descendant des enfants de Moegami, je ne tiens pas à créer un conflit diplomatique entre nos deux clans.


Il rit derechef, aucune malice ne filtrait dans sa façon de s'exprimer. Il reprit rapidement néanmoins :

Cependant, vous parlez de jouter afin de m'illustrer votre bon-droit d'être ainsi officier de votre clan… Les coutumes sont si différentes entre nos clans que le duel servent ainsi à prouver sa valeur au sein des brumes ? Au cœur des flammes du Nord, nous croisons le fer pour le défi, pour le jeu et pour l'honneur de se mesurer à un guerrier méritant. L'insulte aussi peut se réparer par un affrontement, évidement. Vous aurais-je manqué de respect en vous écoutant simplement, Kasuga-san ?

L'un de ses sourcils s'était arqué en signe d'interrogation authentique.


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Jeu 13 Nov - 0:35


Les Fugaku n'avaient jamais été démonstratifs. Il arrivait fréquement à Riyu de se demander pourquoi elle occupait un rang si prestigieux dans l'armée Okaruto.  Ces moments se muaient bien souvent en une amertume peinée.  A ses yeux, la petite n'avait rien de spécial, elle n'était pas particulièrement forte, ni agile, ni particulièrement intelligente et beaucoup de soldats se moquait avec condescendance de sa taille et de sa constitution ridicules ainsi que de sa prétendue férocité. Elle le leur rendait bien en les ignorant et les méprisants dès qu'elle les supplantait. Riyu avait toujours été revancharde, orgueilleuse et fière, il était vrai.

Mais la jeune femme espérait par-dessus tout que derrière son regard impassible, Kakeru-sama ne se moquait pas d'elle, qu'il ne lui avait pas confié autant de rang dans l'idée de la voir un jour abandonner et se fondre bien  sagement dans la populace. Il était tellement...laconique qu'il se rendait presque décourageant. Pourtant, chacun de ses guerriers pouvaient se remémorer avec quelle foi et quel charisme il usait de celle-ci pour les encourager sur le terrain. Aussi, la jeune fille n'était pas certaine de pouvoir se marier, son père l'ayant même refusée à son Taisho. Riyu finirait certainement vieille fille, sans enfant et reniée de tous si elle quittait l'armée ou si l'armée la quittait...

Par de simples questions, le Setsu l'avait mise si mal à l'aise que désireuse de ne pas dévoiler ses doutes face à un potentiel ennemi, elle avait répondu sur la défensive. Il avait raison. Qu'est-ce qu'une jeune fille comme elle avait de si héroïque pour qu'on lui confie plusieurs divisions d'une armée clanique ? ...Rien. La combattante avait été si désolée d'avoir confié cette honte à un Setsu. Mais non, elle n'avait jamais connu la gloire. Ou si, mais celle-ci n'était pas méritée.

Songeur, Amadotsu-san se frottait le menton, tout en continuant de mener sa monture. Leurs regards se croisèrent et les joues de Riyu s'empourprèrent d'embarras alors qu'elle dévia le sien. Elle avait chaud et ne se sentait pas dans son assiette, bien que le Setsu lui assurait à l'instant qu'il ne doutait pas de ses capacités et de son mérite à tenir un si haut rang. C'était autre chose qui blessait Riyu en cet instant, l'une de ces plus grosses faiblesses, ce manque de confiance terrible qui la rendait ridicule et impulsive. Il chercha à la comprendre, voulut trouver ce qu'il avait fait pour la vexer et elle répondit presque aussitôt, quelque peu radoucie:

"E...Excusez-moi, Amadotsu-san. Comprenez que malgré mon rang et selon mon jeune âge, j'ai encore énormement de choses à apprendre et que cela peut me complexer parfois alors que je suis entourée de personnes plus expérimentées que moi. Vous n'y êtes pour rien. Sur ce...Nous sommes arrivés."

Elle en était presque trop soulagée. Aux portes de la ville, Riyu descendit prestement de monture, délestant de ce fait la pauvre Sumi-e qui hennit de ravissement. La jeune femme glissa des paroles quasiment inaudibles aux gardes qui acquiescèrent avant de porter son regard vers le Setsu et de lui adresser une nouvelle fois la parole :

"Bienvenue à Hiyori, Amadotsu-san. Faites comme chez vous, cette ville est sous mon commandement et vous êtes mon invité. Puisqu'il est tard, je ne vous laisserais pas continuer votre route pour aujourd'hui par simple mesure de sécurité. Aussi, je devrais me rendre demain à Kasu...Voudriez vous m'accompagner ou avez vous d'autres projets ?"


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Mer 14 Jan - 21:33

Derrière le rang, la jeune femme révélait plus qu'elle ne l'aurait souhaité par sa vivacité à en appeler au défi et par son retournement immédiat, peu assuré, lorsqu'elle lui indiqua par une profonde humilité son manque de connaissance. Le bushi était si conscient de cela qu'il eut voulu la rassurer dans l'instant, que tout un chacun était sans cesse en apprentissage, jusqu'à la fin de son temps dans ce monde. Mais aussitôt que sa volonté apaisante fut venue, les portes de Hiyori s'ouvrirent à lui et son regard se posa pour la première fois devant la Cité des esthètes et il en fut trop captivé pour répondre quoique ce soit pendant un long moment.

Il n'y avait pas d'architecture typique Okaruto. Même selon les descriptions, majoritairement d'ordre martiale au sein des archives de Moe, rien ne laissait paraître un point commun entre les villages, les villes et la capitale des disciples de Kasugami. Seule la brume était censé les rassembler et pourtant, il ne subsistait rien de semblable dans les murs du bourg dans lequel il pénétrait.

Tout en Setsu était grandiloquent, emprunt d'un défi constant, tel un poing dressé à la face des Kamis et annonçant avec prétention que la main de l'homme était la plus forte qui soit. Kazan elle même était située au cœur d'un volcan. Moe était érigée en hauteur, défiant même la magnificence du Palais Impérial, à Birei. Et les enfants de Moegami n'étaient pas les seuls à posséder une identité forte en matière de construction. Ceux de Itegami construisaient leurs forts et leurs demeures à flanc de montagne allant caresser les cieux eux-même, par exemple.

Hiyori lui rappela dans un premier temps ce que l'on disait des terres Eiichiro, montée sur une plaine, une cité de libre penseurs où les lames n'avaient qu'une place limitée et où l'expression du savoir se faisait par les arts. Une statue qu'il n'identifiait pas ornait le centre de la ville. Si l'on ne lui offrait pas un regard interrogateur, les habitants des lieux semblaient tranquilles, apaisés. Il se sentit très vite très bien et accueillit d'un hochement de tête approbateur l'invitation de la jeune Kasuga. Puis il se rappela ce qu'elle lui avait annoncé avant d'entrer dans le domaine et le fait d'être convié à Kasu fut une nouvelle source d'engouement, son cœur fit même un bon lorsque cette possibilité fut énoncée.

Il rassembla ses esprit et s'inclina poliment à la question de la Taisa, appuyant ainsi ce qu'il répondit d'une voix mesurée, masquant difficilement le plaisir qu'il ressentait à l'idée de pouvoir admirer bientôt la Capitale au Coeur des Brumes de ses propres yeux :

Domo arigato, Kasuga-san. Vous m'honorez chaque instant un peu plus, me sortant d'abord du piège des forêts pour m'inviter par la suite dans votre propre district et enfin, me proposer le chemin jusque Kasu. Le sens de l'hospitalité Okaruto est légendaire dans tout Yokuni, il ne m'est pas difficile de comprendre pourquoi à présent. Mon seul projet est de me rendre sur la terre de mes ancêtres et ils pourront m'attendre quelques semaines de plus après trois années d'absence. Aussi j'accepte avec humilité et fierté la faveur que vous me faites en me guidant ainsi par vos terres, jusqu'à la capitale des dévots de Izanami. Je ne l'oublierais pas.

Il attendit que les passants et gardes soient plus éloignés, pour ne pas qu'ils puissent entendre ce qu'il avait à dire par la suite. Lorsque la chose fut acquise, il enchaîna, doucement, mais sans chuchotement, ce qui aurait été mal avisé, il ne souhaitait pas non plus paraître de connivence ou de par trop familier avec elle, conscient de son statut d'étranger et peut être même plus clairement encore : un Setsu.

Permettez moi de revenir à ce que vous traitiez à votre sujet et à l'apprentissage… Je ne crois pas que même le plus sage des hommes ne soit pas en quête de connaissance. Nos Seigneurs et Dames ont étés choisis par les Cieux eux-mêmes, pas pour leur compétences, mais par une volonté qui nous dépasse tellement que rien ne pourrait l'exprimer. Il serait de part trop prétentieux de penser pouvoir comprendre leur choix. Ainsi, nos Daymios respectifs sont à l'origine des Maîtres de Terres, des guerriers, des poètes ou même, des vagabonds…

Faut il pour autant douter de leur capacité ? Par les Kamis… Qu'ils m'en garde bien. Okaruto est fort et fou serait celui qui oserait douter de sa capacité à choisir ses officiers. Il existe des exceptions, mais je serais rassurer de vous avoir pour Taisa, Riyu-san. Votre bienveillance vis à vis de ma personne en dit long à votre sujet.

L’expérience est une chose, l'humanité en est une autre. Je ne fus qu'un humble Taii, comme vous devez en avoir nombreux sous vos ordres, mais je sais mesurer le poids et la valeur de la vie d'un homme, la mettre dans la balance face à d'autre, plus nombreux encore et prendre la décision de son sacrifice.

Cette vie pourrait même être la mienne que cela ne changerai rien. Fus je un bon officier ? Je ne sais pas. Doutes je de mes compétences ? Il n'y a pas un instant où cela me traverse l'esprit. Mais tout cela est secondaire. J'ai toujours fais selon ce qui devait être fait, car c'est là mon destin et mon esprit est clair devant tout cela.


Il se rendit compte de la longueur de son bavardage et s'en trouva confus, allant se frotter l'arrière du crâne d'un air gêné, il sourit, contrit, avant de bafouiller :

Ah… Je parle, je parle, mais je vous incommode… Je ne suis pas plus sage qu'un paysan travaillant ses terres et je vous inonde de propos sans intérêt, sumimasen…

Il était temps de changer de sujet, aussi laissa t-il sa déconfiture de côté pour un port plus altier, il demanda finalement d'un ton chaleureux :

Parlez moi de Hiyori, si vous le voulez bien… Je ne sais que peu de chose à son sujet. Qu'y fait on ? Comment vivent les gens d'ici ? Que met-on dans les assiettes et les coupelles ? Je vous avoue que ma dernière question est sans aucun doute celle qui taraude le plus mon esprit… Et mon corps, si je puis me le permettre…

Il rit à sa dernière phrase, simplement et avec franchise. Décidément, il se sentait véritablement bien en ce lieu.


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Mar 17 Fév - 1:12


Alors que le soleil se couchait, dissimulant son aura rougeoyante de quelques nuages peu menaçants, Kodan et Riyu pénétrèrent doucement parmi le domaine des arts. La jeune cavalière tenait par la bride la pauvre Sumi-e qui frémissait  et agitait la tête de fatigue et de nervosité. Elle s'inquiéta soudain de l'état de sa vieille monture, sentant sa fin approcher depuis quelques jours maintenant, et voulait accéder le plus vite aux écuries pour qu'on puisse s'occuper d'elle et la préserver encore un peu. Cependant, ce n'était pas comme si elle était seule, elle ne pouvait pas délaisser le samouraï Setsu à sa suite.

"Courage, ma belle." lui souffla-t-elle discrètement à la bête en lui flattant l'encolure. "Nous sommes presque arrivés."

Ce fut quelque peu embarrassée qu'elle laissa tout de même son invité se repaître de la vue de la petite ville des poètes, se doutant qu'elle ne se permettrait pas de l'ignorer pour quelques caprices d'une vieille jument. Heureusement, ils approchaient très sûrement des écuries où elle pourrait laisser sa monture à un subalterne et sur le chemin, le Setsu eut la politesse de la remercier et lui fit le plaisir d'accepter sa proposition. Très bien, ils iraient ensemble à Kasu le lendemain et en l'entendant, la jeune fille esquissa devant lui un sourire mi-amicale mi-désolé. Malheureusement, Riyu commit l'erreur de ne pas lui accorder une oreille très attentive ensuite. Elle saisit malgré tout qu'il souhaitait la rassurer, alors qu'elle accélérait inconsciemment le pas. Dès qu'il eut fini, la guerrière hocha sobrement la tête pour le remercier tandis qu'elle voyait un autre samouraï se diriger vers eux.

Il s'agissait de Koda Junpei, un simple Taii de trois ou quatre ans plus âgé que Riyu. Il était bien plus grand qu'elle, sans être véritablement grand et imposant, portait l'uniforme des soldats Okarutos sous un Haori peu voyant, et une lance rudimentaire, était d'un brun tirant sur le roux avec de jolis yeux noisettes sur une peau aussi blanche que la neige. Il se jeta presque sur sa supérieure, coupant alors aux oreilles de la jeune fille le rire de Kodan.

"Ah, Riyu-Taisa, tout le monde vous attendait pour le dîner. Nous nous faisions du soucis...Une jeune et noble demoiselle qui traîne toute seule hors de la ville par les temps qui court, ce n'est pas très sérieux, vous voyez ? Où étiez-vous donc ?"fit-il. Puis, il reprit en jetant un coup d'oeil intrigué et légèrement méfiant à Kodan : "Qui est-ce ?"
"Junpei...Cesse de te payer ma tête, veux-tu ? Je suis simplement partie me vider l'esprit. Et tu devrais montrer plus de respect envers un samouraï étranger. Je te présente Amadotsu Kodan, un guerrier Setsu que j'ai trouvé dans la brume de Kumo."

Junpei ne dit rien, se contentant de fixer longuement le Volcan, se gardant bien de croiser son regard toutefois. Riyu tenta de deviner à quoi il pouvait bien penser, mais elle se dit qu'il serait peut-être plus sage de l'écarter de leur chemin pour le moment.

"Koda-san, est-ce que Misao-kun va un peu mieux ?"
"Il se repose, petite Taisa. Mais il sera sans doute sur pieds demain."
"Voilà qui est bien. Sinon, nous devrions partir sans lui... Sumi-e est exténuée. J'imagine que vous m'avez laissée de quoi me restaurer ? Si tu pouvais bien t'occuper de ma monture juste pour ce soir, je t'en serai reconnaissante."
"Mais bien sûr, Taisa !"minauda-t-il avec un sourire sympathique tout en s'appropriant la bride de la jument. Il salua et s'éloigna.

"Décidément...Veuillez excuser mes hommes, Amadotsu-san. Celui-là est particulièrement espiègle, il est aussi très malin mais ne ferait pas de mal à une mouche de lui-même, ne faites pas attention...Si je me souviens bien, vous m'avez demandée de vous décrire Hiyori ? Hé bien, il s'agit d'une ville très prisée des artistes comme vous pouvez le voir. De tout type d'artiste, aussi bien des comédiens que des poètes, des peintres aussi, et il y a beaucoup d'artisans, également. Ils trouvent ici la protection nécessaire à l'inspiration pour créer les œuvres et on dit qu'ils ne se reposent jamais plus de quelques heures et créée de nouveau, je ne sais comment. Peut-être que la boisson les y aide. Mais je dois avouer que moi-même, je me sens particulièrement apaisée lorsque mes pas me mènent à Hiyori.

Chaque année, un concours de poème est organisé, les habitants votent alors pour leur texte favori et une statue de l'auteur est érigée à la place de la statue du gagnant de l'année précédente qui est entreposée dans une vaste pièce du temple de la ville.

Pour les spécialités culinaires, je ne m'en suis jamais souciée. Mais vous trouverez ici les alcools qui font la réputation Okaruto dans tout Yokuni et dont nous sommes particulièrement fiers.

Mais dites-moi, vous étiez enfermé dans cette brume depuis longtemps ? "


Riyu parlait d'une voix fatiguée. En réalité, à peine était-elle rentrée de mission qu'elle s'était évadée de ses responsabilités pour traîner seule dans la brume, dans l'espoir de vivre une éclaircie et de pouvoir peindre quelques sujets pour s'aérer l'esprit. A présent, son armure lui pesait et elle avait hâte de rentrer aux baraquements.

D'ailleurs, ces derniers ne payaient pas de mine et ressemblaient à n'importe quels baraquements militaires de moindre importance, faits pour accueillir quelques petites centaines de soldats, guère plus. Heureusement, Riyu n'avait avec elle qu'une trentaine de guerriers, les autres, à part quelques exceptions, habitaient dans la ville et ne se reposaient pas dans l'établissement.

Tous les soldats de Riyu venaient de l'infanterie du clan. Elle les retrouva, Kodan sur ses talons et après qu'elle les ait salués, présentant rapidement l'homme à sa suite, elle alla voir les domestiques pour réclamer leurs repas, au Setsu et à elle.

Elle revint quelques minutes ensuite, débarrassée de son armure et habillée très sobrement pour la soirée d'un simple keikogi blanc sous un hakama violet foncé, tandis que ses cheveux trônaient sur l'une de ses épaules en une queue de cheval rebelle. Elle alla alors se placer à côté de Kodan alors qu'on proposait à celui-ci boissons et autres petits mets en attendant le dîner.


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Lun 9 Mar - 10:51


Elle ne parut pas réagir directement au petit discours qu'il avait fait autour de la légitimité de tout un chacun d'être à une place précise dans la grande roue du destin, mais cela ne le froissa aucunement. C'était un propos dont il comprenait que l'on puisse s'en interroger, toute une vie durant même. Aucunement intimidé par les enfants de Kasugami l'entourant de toute part, il la laissa affairée avec ses hommes, enivrant son esprit des images et des impressions que lui laissait la cité des arts des gens de la brume.

Il salua simplement le dénommé Junpei lorsqu'il lui fut présenté par la petite Taisa. Que ce dernier l'affuble d'ailleurs d'un tel sobriquet l'amusa et affirma une certaine différence dans la façon dont les Okaruto semblaient concevoir la hiérarchie. Il ne s'imaginait pas un seul instant traiter comme cela avec l'un de ses supérieurs, même si il pensait parfois que son devoir passé aurait été de défier Mafubu plutôt que de prévenir les hautes instances de ses agissements, ce qui avait occasionné son bannissement.

Le sort de son ancien Taisa avait été scellé de toute façon et il ne doutait pas dorénavant que son âme brûlait dans le Jigoku. Fort de son expérience et de son age, il s'imaginait à la place de Koda. Non. Il l'aurait soutenue d'une autre façon. Elle n'était pas une Mafubu, elle semblait droite et honorable. Elle était ce genre d'officier un peu perdu qui n'avait pas cherché sa promotion et qui se retrouvait à douter de ses capacités.

La confiance en soit était importante lorsque l'on menait des hommes au combat. Mais la capacité de douter de soit était l'essence même des plus grands commandants. Ceux-là étaient pourvu d'une humanité salvatrice et il était à peu prêt certain qu'il ne lui manquait pas grand-chose pour qu'elle ne devienne une guerrière du bushido accomplie. Il tendit la main, paume dirigée vers Riyu lorsqu'elle s'excusa pour son subalterne, afin de lui signaler que ce n'était pas nécessaire et qu'il n'était ni offensé, ni brusqué par la façon d'être de ce dernier. Kodan fut particulièrement avide et intéressé par la description de Hiyori.

Buvant les paroles de la jeune femme et tâchant d'imaginer le train de vie de tout un chacun grâce aux détails qu'elle lui fournissait. L'impression de bien-être qu'il avait ressenti en arrivant entre ces murs s'en retrouvait justifié. Il aimait la création en toute chose, la prise de risque d'un auteur et l'inédit dans les arts. Le message passé dans une œuvre était toujours l'optique de sa part d'une grande recherche et il se plaisait réellement à déceler ce dernier dans la patine d'une toile, dans les coups de ciseau d'une sculpture ou dans les mouvements d'une danse.

Ce domaine semblait un terreau inépuisable de talents et il concevait un certain confort et plaisir de s'y trouver, de sentir dans l'air cette créativité dont elle traitait. Il lui tardait de goûter aux alcools locaux, ceux d'Okaruto étant effectivement réputés dans tout Yokuni, les plus sucrés étaient particulièrement recherchés à Kazan. Puis vint la question de la jeune Kasuga. Cette dernière était visiblement usée et il doutait en être la cause. C'était autre chose, probablement le poids du devoir sur ses frêles épaules. Il répondit néanmoins comme s'il n'avait pas remarqué cet état, d'un ton amusé :

Je ne peux pas dire avoir été enfermé un seul instant par la nappe soyeuse du souffle de Kasugami, les directions m’étant encore claire avant que vous ne finissiez par me trouver. Mais ce sont les Fortunes qui vous ont menée à moi, car je ne pense pas que mon sens de l'orientation aurait pu résister à la forêt par laquelle nous sommes passés et dans la direction de laquelle je m'orientais de toute façon. Autant dire que vous êtes arrivée à point nommé, Kasuga-san !

Il se mit à rire joyeusement à cette dernière phrase, non par irrespect, mais pour souligner le concours de circonstances bénéfiques dont il avait été le dépositaire. Après cela, elle l'emmena au travers du campement militaire, le présentant aux soldats locaux. Son statu de samuraï le rendant supérieur pour la plupart de ces gens, il ne fut aucunement ennuyé par son propre état d'étranger des lieux. Puis on le laissa se défaire de ses atours martiaux afin de s'habiller plus légèrement, lui octroyant un espace privé à cet usage.

Après s'être attaché les cheveux en un solide catogan, laissant le reste cascader sur ses épaules, il se sépara de ses habits de voyage pour un kimono ample et noir couvrant une sous-couche d'un blanc immaculé. Sur son vêtement principal trônait l'héraldique des Kiyooki à la fois de part et d'autres des pans de ce dernier et dans son dos, un large môn représentant son symbole familial. Il attacha le tout d'une ceinture de soie carmin à laquelle il attacha son daisho, seul témoin visible de son appartenance, passé, présent ou futur, au clan du Feu. Il termina sur une touche parfumée afin de faire passer l'odeur du voyage en se passant de l'essence de fleur de cerisier.

Apprêté, il se rendit au réfectoire où une place d'honneur l'attendait. Quelque peu gêné par cet accueil des plus honorables, il s'installa, non sans avoir adressé quelques saluts polis aux hommes et femmes présents et déposé son daisho à sa droite, en signe de confiance. Très vite, on vint lui proposer rafraîchissements et collations avant le véritable dîner. En invité poli et gourmand, il accepta chacun des mets proposés et les alcools qui les accompagnaient.

Une belle jeune femme sobrement vêtu, probablement une guerrière du rang, vint s'asseoir à ses côtés à laquelle il adressa un sourire chaleureux et un salut charmeur. Mais un coup d’œil prolongé et curieux sur la jolie créature le frappa presque de stupeur et il manqua de s'étouffer dans une coupelle d'un fabuleux saké. Riyu en armure et Riyu en keikogi étaient deux personnes différentes. Malgré le peu de volonté qu'elle avait mit en œuvre pour ses atours simple, il y-avait quelque chose de particulier chez elle qui plu au premier Amadotsu, bien qu'il n'en montra rien.

Merveilleux accueil ! Amorça t-il simplement. Okaruto est véritablement une terre fabuleuse, Kasuga-san. Vos gens se montrent particulièrement agréables à mon égard et il n'y a rien dans ce que l'on m'apporte qui ne soit pas succulent. Je regrette tant que mes pas ne m'aient pas plus amenées sur les terres des brumes lorsque je servais la magistrature impériale. Kenshu est une terre intéressante… Mais le tempérament des disciples du Tigre sont d'une compagnie parfois… Particulière.

Il rit à cette plaisanterie tintée d’expérience personnelle et ajouta à son exemple une courte explication :

Mon poste en charge se situait entre Ariake, Geki et Kousen, en fonction des mouvements du Magistrat que je servais. C'est un pays qui possède ses attraits, mais dont les coutumes disparates pourraient déstabiliser plus d'un voyageur. Enfin, je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires… Dites moi plutôt ce que l'on fait, durant un dîner Okaruto ?

Il clôtura sa demande en vidant une nouvelle coupelle d'un alcool sirupeux qu'il apprécia avec ravissement et qu'il goûtait pour la première fois. Son sourire semblait s'être ancré sur son visage pour un certain temps, semblant particulièrement savourer l'instant.


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Sam 22 Avr - 20:03


Les lèvres purpurines étirées en un demi-sourire amusé à la salutation de Kodan, Riyu comprit qu'il ne l'avait pas reconnue. Elle se permit le début d'un rire et tendit sa coupelle à un soldat pour qu'il la lui remplisse. Dans la salle régnait déjà une ambiance de fête et plus d'une dizaine de mets différents trônaient sur la table basse qui leur faisait face. La plus calme du monde, la combattante but son contenant pour débuter son repas tandis que le guerrier Setsu se rendit enfin compte de son trouble. Il complimenta l'accueil Okaruto, le comparant à celui Kenshu. Racontant par la même la vie qui fut la sienne lorsqu'il servit de yojimbo à un magistrat impérial. Il fut ensuite désireux de savoir comment se déroulait un dîner Okaruto.

"Hum...On a bien dut vous dire que les Okaruto buvaient plus que de raison, n'est-ce pas ? Ici, nous sommes tous de bons vivants. Et chacune de nos missions est encadrée de repas et de beuveries. La nourriture et la boisson sont importantes pour nous. Il est d'ailleurs bien rare qu'un Okaruto se passe de boisson, même sur le champ de bataille. C'est un fait amusant que relève souvent nos voisins pour nous tourner en ridicule. En réalité, l'alcool dont il est bon pour vous de se méfier est pour nous une bénédiction qui permit de sceller l'union entre Eiichiro et Okaruto et l'élévation de notre clan. Nous sommes particulièrement fiers de tout ceci. D'ailleurs..."

Elle fit glisser sa gourde à son côté et la déboucha, sous les regards envieux des soldats Okaruto. C'était un honneur qu'elle faisait à ce guerrier Setsu dont elle remplit prestement la coupelle vide, la lui tendant avec un divin sourire.

"Comme vous m'êtes sympathique, Amadotsu-san, et que vous n'êtes plus ignorant de la signification de ceci, que diriez-vous de partager une coupe avec moi ? En tout bien, tout honneur, évidemment."

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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Ven 12 Mai - 21:50


Ne perdant rien aux convives et au spectacles alentours, certains plus que d'autres, le bushi des flammes n'égara rien de ce qui lui fut conté par l'héritière des Kasuga. Il était conscient des ragot autour du clan des brumes, sans prêter la moindre attention à leur part néfaste. De toute façon, il avait été éduqué dans le respect des enfants des Kamis, si bien qu'il n'avait jusque là proféré aucune plaisanterie ni n'avait permis dans ses rangs qu'on s'adonne à ce genre de bassesse stupide et avilissante, lorsqu'il avait été Taii autrefois.

Lui-même était un bon vivant patenté et il ne comptait plus les bouteilles vidées et la bonne chair dévorée en Setsu, Kenshu ou Birei auprès de ses Seigneurs et amis. Simplement qu'il n'abusait pas de ces choses là, surtout hors des circonstances où il trouvait normal d'en profiter, comme cet instant, d'ailleurs. Mais Kodan fut particulièrement intéressé d'apprendre l'aspect culturel qu'il ignorait totalement autour de l'alcool pour Okaruto, incluant même à cela Eiichiro.

Le fait que Riyu lui présenta la chose en enchaînant ensuite de la proposition de l'échange d'une coupe manqua de le faire s'étrangler avec la bouchée de bœuf qu'il avait enfourné avec délice. Il tourna ses prunelles vers sa ravissante hôte, l'interrogeant du regard tandis même qu'elle s’exécutait déjà à rendre accessible son outre et en verser elle-même une parti du contenu dans une nouvelle coupelle. C'était là un honneur qu'il ne comprenait ni ne pensait mériter le moins du monde et qui n'était même pas le premier qu'on lui faisait en ces terres depuis son arrivée.

La majeure partie de ces faits s'étaient produit par la seule volonté de celle qui se tenait à ses côtés et il se sentait totalement acculé face à une telle générosité. Comme si de l'avoir ainsi sorti de la forêt de Kumo et ses brouillard et de lui offrir ainsi le couvert d'une légion des fils et filles de Kasugami ne suffisait pas. Le premier Amadotsu avait choisi le domaine des brouillards par pure envie et ne regrettait d'ores et déjà plus son geste alors qu'il écoutait l'invitation à boire de la Taisa.

Aucun choix ne s'offrait à lui, refuser dans ces conditions aurait été une insulte plus grave encore que celle qui l'avait amené à être démuni de ses couleurs. Cérémonieusement, il exécuta un quart de tour vers la jeune femme, passant sur ses genoux et posant les poings au sol avant de s'incliner respectueusement et de prononcer enfin :

Kasuga-san… Vous êtes bien trop bonne avec moi.

Il ne s'attarda pas à un discours, elle n'allait pas l'attendre indéfiniment, le verre tendu alors qu'il traînait au sol. Il prit ainsi le contenant du plat des deux mains, l'une surplombant l'autre, comme l'étiquette le suggérait, sans savoir si la chose était de rigueur ou non dans cette situation. Avant qu'elle ne procède de la sorte, des questions s'étaient accumulées dans son esprit à ce qu'elle venait de lui révéler sur les clans de l'Est, mais il dû rassembler ses esprits avant de pouvoir se souvenir de ces dernières. Portant les lèvres à la coupe, il goûta le breuvage s'y trouvant et ouvrit les yeux en grand tant il trouva celui-ci à son goût.

Subarashii…

Murmura t-il une fois éloignée légèrement la coupelle qu'il garda cependant en mains, relevant son attention en direction de Riyu et en ajoutant de vive voix, afin que les guerriers de l'onnabugeisha puisse l'entendre :

Domo arigato. Cela ne sera pas oublié, pour rien en ce monde. À ces rumeurs dont je parlais auparavant au sujet des bonnes grâces de Kenshu, je retire mes propos, que les fils de la foudre m'en excuse, mais ceux des brumes sont de loin les plus accueillants !

Son sourire n'avait rien de feint lorsqu'il l'adressa à son hôte, avant de reprendre d'un ton plus bas, celui de la conversation :

Je ne crois pas avoir dans ma généalogie quelque membre de votre sang, ni même de celui de vos ancêtres du mouton. Ma mère fut au moins Eiichiro, je dois tenir ma compréhension de vos usages et mon amour naissant pour ces derniers de celle-ci, quoiqu'il est fort probable que mon propre père aurait apprécié l'accueil des brumes, s'il avait pu y goûter de son vivant. Je prie qu'il puisse le faire à présent du moins et je boirais ainsi en son nom.

Le bushi des brasiers leva son verre, bras à demie tendu vers Riyu et à hauteur d'iris, puis ajouta en souriant gaiement :

Domo, Kasuga-san… Et si vous me parliez un peu plus de cette fierté que vous décrivez ? J'ai beau me prétendre un tant soit peu cultivé, je n'avais guère entendu dire que les trois gourde du môn des brouillards avaient un rapport avec l'amitié des vôtres pour les gens de Kazegami… Pourriez vous m'en faire la leçon ? Que diriez vous que nous échangions ainsi histoire, légende et prouesse, afin d'animer cette si belle soirée ?

Oui, il n'y avait plus de doute à avoir. C'était bien là le départ d'une excellente réception dont il espérait se souvenir jusqu'à la fin de ses jours.


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MessageSujet: Re: [FB] A la croisée des destins Lun 14 Aoû - 1:06


Si Riyu ne prêta guère attention au regard interrogateur de Kodan alors qu'elle versa l'alcool dans la coupelle qu'elle lui offrit, elle fut vivement surprise qu'il s'incline devant elle comme ironiquement atterré par toutes les faveurs qu'elle lui rendait. Mais ceci était tout à fait naturel pour Riyu et un simple remerciement lui aurait suffit. Elle comprit soudainement que le Setsu qu'elle avait devant elle était un homme d'honneur, à l'âme humble. Bien loin de prendre tout pour acquis de part son éducation. Et loin d'être stupide, il avait bien compris le message de cette invitation. Cette soirée ne serait sans doute pas leur dernier échange.

La jeunesse  de celle qui deviendrait un jour la Dragonne faillit prendre le pas sur son rang de colonel lorsqu'elle sentit ses joues s'empourprer à la remarque du Setsu. Cependant celui-ci eut la sagesse de ne pas lui offrir un discours et par la même, de couper court à son malaise qui ne fut que bref en se saisissant de son présent. Mais bien naïve fut la jeune Kasuga de se croire à l'abris de l'emportement satisfait de son invité car le rouge finit bel et bien par lui monter aux joues et même davantage !

Le mutisme la tint prisonnière quelques secondes, pesantes qui lui attirèrent les taquineries de ses subalternes qui semblaient considérer la jeune fille comme leur camarade cadette que comme leur supérieur un instant, jusqu'à ce qu'enfin son vassal direct l'y tire d'un coup de coude discret. Riyu rendit alors et brusquement à Kodan son inclination, moins courbée cependant pour respecter les usages de leurs différents rangs.

"Ce n'était rien, vraiment. Et vos compliments nous honorent plus qu'espéré. C'est moi qui remercie votre amabilité et votre humilité, Amadotsu-san."

La jeune fille se redressa après ces mots et retrouva son sourire assuré. Elle répondit d'un ton posé : "Et pour l'animation que vous proposez, pourquoi pas ! Nous serons ravis d'en apprendre un peu plus sur nos voisins du nord-ouest de l'Empire, premiers nés des cendres du Shinko no Jigoku." Et espiègle : "Mais pour respecter le principe d'équivalence dont vous semblez expert, je vous laisse commencer !"


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