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 [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise

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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Lun 30 Juin - 20:41


La sensation de liberté était totale. Depuis qu'il avait passé la frontière d'Hibana pour celle de Kokyuu, le paysage s'était progressivement aplanit pour donner place à l'immensité écrasante des plaines Eiichiro. Sa cape virevoltait derrière lui, porté par un vent qui ne semblait pas vouloir diminuer, mais qui lui paraissait loin d'être désagréable. À sa gauche, au nord, Kasami dominait le panorama fièrement, et derrière lui, la chaîne de monts, limite naturelle du clan, crevait une enceinte lui laissant pensé que ces terres l'emprisonnaient dans leur vastitude sans lui laisser loisir d’espérer un retour dans les limites du domaine de ses ancêtres.

Ce domaine était celui de Kazegami, cela ne pouvait souffrir d'aucun doute. Tout en ce lieu rappelait la volonté de vivre l'instant pleinement, sans attaches, sans chaînes. Il inspira profondément cette atmosphère. Les bourrasques alimentaient le feu de son âme. Lorsqu'il pensa à cette métaphore, il pesta intérieurement contre l'état actuel de la politique des Setsu vis à vis d'Eiichiro et inversement. Le statut d'ennemi n'avait pas été énoncé directement, mais rien ne pouvait être aussi proche de cette dénomination au vu des relations épineuses qui existaient entre les deux clans.

La fougue des disciples du Cheval se heurtait à l'ambition démesurée du Phénix alors qu'ils auraient pu si bien s'entendre... S'alimenter l'un l'autre pour un monde tellement différent. Ce gaspillage fit crisser des dents le Taisa, la tension des muscles de sa mâchoire fut telle que le vent n'en atténua pas les craquements sonores. Il était venu en anonyme, aucun de ses atours ne portait la marque de son clan et il regrettait à chaque fois d'en arriver à de telles extrêmes pour voyager. On n'était accueillit en héros ou en allié qu'à Setsu, lorsque l'on était un Setsu. Cela n'entachait pas sa fierté d'appartenir aux disciples de Moegami.

Il avait tout de même préservé son héraldique personnelle, le môn de la famille Kiyooki ornant son manteau et les flancs de sa monture. Il aurait aimé pouvoir ne pas l'amener, mais il n'avait pu se rassurer des risques encourus de ce voyage qu'en emportant Tsuma yōji no kamigami. Elle était parfaitement visible et c'était volontaire. Une telle arme avait valeur d'intimidation avant tout, et il l'utilisait souvent afin d'éviter les ennuis, plutôt que de les attirer. Sa cape était nouée à son cou et elle recouvrait la majeure partie de sa tête afin que ses cheveux n'aillent pas danser dans le vent et venir lui fouetter le visage, tout attachés qu'ils étaient.

À la fois contemplatif et inquiet, du moins en son fort intérieur, car il ne laisserait jamais paraître un tel sentiment, il n'était pourtant pas entré en belliqueux au sein des terres du Kazegami, mais bien pour lui faire hommage. Sa grimpée dans les échelons militaire Setsu avait provoqué sa hâte d'établir ce pèlerinage. Un Taisa, toute figure emblématique pouvait il représenter, avait encore loisir de marcher sur les terres des autres clans sans que son visage ou que son nom ne soit reconnu. Il plaignit son Seigneur et Toshiro-sama d'être ainsi des figures d'avant centre, les empêchant de se déplacer à leur guise comme il le faisait.

Sa nomination à son rang était encore fraîche et Kazan Chinsei-ka était un surnom qui ne résonnait qu'à la cours de Moe et dans les frontières de Kazan. C'était le moment où jamais de procéder à cette marche votive. Dame Shimizu lui avait déjà fait l'honneur d'une rencontre et il avait tout fait pour lui faire honneur, même si les réactions de cette dernière face à sa fidélité furent pour le moins intrigante. Il espérait dorénavant que le Kannushi de Kazegami lui soit d'une compagnie plus ouverte. Quelle drôle de volonté était-ce là ! Il était incapable de dire si sa rencontre avec Ame-sama avait été pénible ou enrichissante... Il espérait juste que ce serait plus clair avec...

Il ne connaissait pas son nom. Il savait que le temple Meisou se situait au sud des terres de Kokyuu et qu'il abritait l'incarnation humaine du Seigneur des Vents, mais il n'avait rien apprit d'autre. Les archives de son clans étaient complètes, mais pas au point de lui renseigner ce détail. Tant pis, il le découvrirait par lui même. Il souhaitait avant tout voir au delà de l'avatar divin, l'homme ou la femme qui se cachait derrière était plus important pour lui que le reste. Cette ignorance le blessa malgré tout, car elle était, de toute évidence, le résultat des tensions qui régnaient dans tout Yokuni. Les noms des gens de foi résonnaient moins que ceux des guerriers, symbole d'une époque qui se glissait de façon immuable vers le conflit. Cela le chagrina profondément.

Les hautes herbes bordant la route pavée menant au domaine du kannushi dansaient sous la tutelle des bourrasques et au gré de ses courants, changeant souvent de sens, saluant tantôt le voyageur, et le fuyant le reste du temps. La beauté austère des lieux apaisa la mélancolie naissante du cheminement des pensées du bushi. Il laissa son esprit vagabonder au cœur de ces terres, emporté par le vent laissant partir avec lui son humeur maussade.

Lorsqu'il fut à nouveau pleinement conscient du temps qui s'écoulait, ce fut pour apercevoir Meisou. Il ne s'agissait pas d'un temple anodin. Car il abritait non pas un, mais deux Avatars des Kamis. Au sud du domaine des Eiichiro, l'être abritant le Kazegami cotoyait celui ou celle dont Kasugami avait choisit pour le représenter sur le monde terrestre. La puissance pieuse qui s'en dégageait laissait totalement dans l'ombre le pourtant si magnifique Kaigen, domicile attitré de Shimizu-sama. Des volutes de brumes s'enroulaient en sa périphérie, poussées par un zéphyr agréable et imposant le statut spirituel du lieu.

Le Volcan apaisé se sentit écrasé par l'aura locale, insignifiant. Celui que l'on surnommait d'un élément géographique si fort ne se sentait pas même une plaine au vu du spectacle qui se jouait devant ses yeux. Eiichiro et Okaruto vivaient des temps complexes. Mais toute la politique ne pouvait atténuer l'entente issue de ce partage. Ici, les pèlerins étaient en nombre. Une cité aurait pu se bâtir par la force des gens qui allaient et venaient depuis ce lieu, et le Taisa Setsu n'était que l'un d'entre eux dorénavant. Les titres, les surnoms et les rangs n'avaient qu'une importance futile.

Évidement, tout anonyme qu'il était, il s'affichait clairement comme un samouraï, et la voie lui était libérée à son approche. Mais pas plus qu'à d'autres qui passaient par le même chemin. Il aurait pu être un guerrier du rang ou même un Taisho, cela n'aurait eut aucune espèce d'importance. Deux bushis allaient dans le sens inverse au sien et le croisèrent, le saluant poliment, comme si il avait été leur égal. Il rendit leur salut aux deux hommes sans s'offusquer de ne pas être reconnu, au contraire. Il était gré à sa famille d'être totalement opposée aux frontières Est du clan. Car l'héraldique était souvent enseignée pour reconnaître un adversaire.

C'était un savoir qu'il possédait, loué soit Benihito-san de le lui avoir inculqué dès son plus jeune age. Il était certain de pouvoir reconnaître des centaines de môn à travers Yokuni. Celui des familles majeures évidement : Setsu, Fukyuu, Eiichiro, Okaruto et Fukyuu, mais aussi ceux de leurs familles vassales. Seules quelques clans de Ji-samouraïs échappait à ce savoir, car il naissait et se défaisait souvent vite. Trop pour s'en encombrer l'esprit. À cette pensée cependant, il se dit qu'il devait bien y avoir quelqu'un parmi tout ces gens capable comme lui de reconnaître les symboles familiaux.

Ce quelqu'un ne fit jamais parler de lui. Lorsqu'il confia sa monture à un palefrenier et harnacha Tsuma yōji no kamigami à son dos, d'aucun ne vinrent lui créer des problèmes. Ce n'était ni le lieu, ni le moment supposa-t-il. Il put souffler un peu en passant les portes du temple et s'annonça clairement à un Soheï passant par là. Il n'affirma pas son rang et rentra dans la file patientant pour un entretient avec le Kannushi de Kazegami et attendit au milieu des dévots, très simplement.

Évidement, il ne passait pas inaperçu, loin s'en fallait. Les regards convergèrent bientôt vers lui. Il était plus haut et plus large que la plupart des moines-protecteur du temple et son épée démesurée ne l'aidait pas non plus à se mêler à la foule. Il n'en prit pas ombrage non plus, malgré l'impolitesse que cela pouvait être de le dévisager ainsi. C'était ce pour quoi il était taillé, l'intimidation. Il ne voulait pas de problèmes et son physique allait l'aider en cela.

Les heures s'écoulèrent lentement, mais Kodan ne les vit pas passer, émerveillé par la magnificence de Meisou. Il regretta de n'avoir pu obtenir une rencontre privée avec le Kannushi de Kasugami, ainsi, il aurait pu faire montre de piété à deux représentants divins en un délai réduit. Il balaya cette pensé d'un clignement de ses yeux sombres. Il était ravi de la perspective de revenir en ce domaine pour rencontrer l'avatar divin des Okaruto. Tandis qu'il en terminait à cette conclusion, il se rendit compte que son tour était arrivé. Il laissa son Zanbato aux Soheis de l'entrée et scella son daisho par une chaîne dorée prévue à cet effet, sans laquelle il aurait dû ôter son katana et son wakizashi de sa ceinture et les laisser loin de lui, ce qui était tout simplement exclu.

Il pénétra dans le saint des saints, où le Maître ou la Maîtresse des Vents se tenait. Lorsqu'il vit enfin l'avatar du Kazegami, il fut tellement choqué de l'avoir imaginé si différemment de l'homme qui se présentait à quelques mètres de lui qu'il ne put ni rien dire, ni rien faire sauf rester immobile, interloqué.


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Kazan Chinsei-ka
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Kabukichō Kyo

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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Mer 13 Aoû - 21:02



" Alors que les murmures d'un vent calme s'éteignaient au creux de mon oreille, la douce mélodie continua de s'étendre en moi. Chaque chant essoufflé que la brise m'apportait se changeait maintenant en parole de plus en plus compréhensible. Elles raisonnaient en moi, se cristallisant, montrant ainsi tout son aplomb et ça clarté. Un éclair se figea dans la noirceur. Puis, il s'élargit, troublant mon esprit déjà embrumé. Toujours grandissant, englobant de sa lumière aveuglante le monde qui m'entourait. Dévorant la moindre obscurité.. Puis les couleurs.. Du vert apparu, puis du marron.. Une masse informe se mouva devant mes yeux et de fins fils d'un noir de geai retombèrent sur mon visage.. Alors, la voie se fit de plus en plus claire.. M'appelant, énumérant une liste de choses à faire.. Me forçant à sortir d'une torpeur douillette et reposante.. Je me levai.
Ma jeune disciple, semblait tout agité aujourd'hui. Me forçant à accélérer la cadence afin de ne point être en retard. Alors, sans aucune pudeur, je pris quelque minute afin de me changer, espérant pouvoir prendre par la suite un bain. Ceci ne fut que pale illusion. Car m'attendais aujourd'hui les doléances avec le peuple. Journée de grâce pour le Kazegami ou ceux qui le souhaite ont la chance de pouvoir rencontrer la voie des vents, quel que soit le rang. Cela engendre inévitablement toute une succession de rocambolesques anecdotes. Avançant nonchalamment vers une petite table d'ébène ou m'attendais quelque boulette de riz parfumé et retenu dans une feuille de poivrier, je les pris sans même m'asseoir, avalant le tout à grand coup de dent avant de commencer les préparations vestimentaire que les gens aimais tant me voir porter. Cela me pesais parfois de porter ces habits , si peu pratiques, m'écrasant sous leur chaleur étouffante.. Cela me mettais toujours à cran. Mais, les hommes écoutaient d'une oreille plus attentive ceux qui portaient de la soie broder

La matinée passa rapidement, emportant avec elle les dires de pèlerin et hommes de religion. Surprenament agréable, j'eus même la visite d'une courtisane à la beauté des plus éclatante. Ses grands yeux, ainsi que sa coiffe d'ébène me séduisirent rapidement, provoquant en moi de furieux désir. Ce fut ma première pose de la journée.
La suite fut des plus calme. Assi dans une pièce carrée à l'architecture riche d'ornementation, je restais assis dans une position solennelle sur un fin coussin de soie et de plume, une table ou étais entreposer quelque fruit me séparent des invités. Les domestiques, répétant inlassablement leur aller-retour entre chaque supplique afin de remplir les coupes vides et remplacer chaque théière tiédie par le temps.

Alors que les bâtonnés d'encens cessèrent de relâcher leur dansante fumée acre pour laisser mollement tomber la centre dans le réceptacle de cèdre, mes jambes ankyloser par le maintien d'une posture rigide, je me permis un soupir de contentement à l'arrivé de ma dernière visite. Légèrement aigri par se défiler d'homme et femmes à l'éducation plus que reprochable, mon cœur était déja loin, près de mon frère que j'espérais revoir au plus vite afin de pouvoir relâcher toute pression dans un festival de violence et de rancœur. Mais il me fallait tenir encore, car entrais en ce moment même l'homme qui clôturerait ma journée.
Véritable montagne de muscle, je fus frappé par ça carrure guerrière. Tendant alors la main vers la place qui se trouver devant moi, l'invitant sans un mot à prendre place au milieu de la sale, inspectant la cicatrice que le temps et les batailles avaient put laissé sur son visage. Un doux sourire se dessina alors sur mon visage, plissant les yeux, tout en laissant retomber une mèche sur mon visage, cachant ainsi les marques du Kami.
Cet homme ne m'inspirait aucune confiance. Il me semblait bien trop bourru pour permettre une réelle entente avec le raffinement du masque, mais je tiendrai encore et toujours mon image parfaite. Enchainant la bête qui sommeille dans sa cage de chair. Remarquant alors les armes scellées de cet étrange militaire. Il n'avait donc aucune confiance et mon temple, et malgré la chaine lui empêchant toute utilisation, il avait préféré garder ses instruments contre son corps.

Doucement, alors que grondais d'impatience la bête qui sommeille, je servis deux tasses d'un thé au jasmin des plus raffiné, déposant avec grâce l'une d'elles devant celui qui n'avait point encore daigné se présenter. Puis, le silence fut brisé alors que je prononçai les premières paroles, m'inclinant avec respect.

__ "Que Kazegami bénisse cette rencontre. Je suis Kabukicho Kyo, kannushi des vents et paroles de l'étalon divin. Soyez le bienvenu en ces terres de sérénité."


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Jeu 14 Aoû - 20:24

Ainsi donc, il avait sa réponse. C'était un homme. Que cela soit important était bien loin des considérations du bushi des Setsu. Mais qu'un homme puisse effacer d'un simple regard la prestance pourtant considérable dont le Seigneur du feu, Gekido-dono, auréolait était tout à fait surprenant. Non, c'était bien plus que cela : il était complètement coi de surprise. Aucun homme qu'il avait connu ne dégageait un tel charisme naturel et il se sentit si lourd de honte de n'être qu'un amas de puissance brute qu'il aurait souhaité s'écraser au sol afin de ne pas laisser à la Voix de Kazegami l'insulte d'avoir à le dévisager.

Au premier regard, le kannushi des Vents était assez grand, d'une corpulence trahissant un certain exercice, mais rien de tout cela n'était étonnant. C'était bien autre chose en vérité. Ses traits, son regard impénétrable, son sourire. Cela allait même au delà de de l'aura de l'avatar de Moegami. Malgré son époustouflante beauté, Shimizu Ame ne pouvait que rougir devant la comparaison que cet homme inspirait. Il fallut un certain temps à Kodan pour comprendre les mots que ce dernier lui tint alors.

Sa voix était le souffle d'un mistral, le murmure d'un zéphyr et la rumeur cachée d'un typhon, tout cela réunit. Le premier Amadotsu se demanda si les Kannushis étaient donc tous ainsi : des humains parfaits choisis pour devenir l'écrin impeccable de leur hôte si prestigieux. Son esprit assimila difficilement la signification du phrasé de l'élu céleste, mais lorsqu'il en compris enfin le sens, il se sentit parfaitement honteux, à plus d'un titre. Il était dans la demeure des Choisis, et il n'avait prit le temps d'aucune politesse, il aurait du être le premier à se présenter et soudainement, son daisho lui paru parfaitement désagréable à porter.

Il s'approcha à l'invitation, défit ses sabres et les posa à sa droite, à plus d'un mètre de lui. Il aurait presque voulu donner un coup de pied dedans si ça n'avait pas été de son honneur et de son devoir dont il s'était agis. Il s'agenouilla et posa les poings au sol devant l'Incarnation, ses poings allèrent rencontrer le sol, rapidement suivit de son front qui frappa par trois fois les dalles du temple en signe complet de dévotion. Il ne releva pas directement la tête pour corriger son impolitesse, sa voix ne fut guère plus qu'un murmure enroué, évoquant la croûte terrestre se déchirant et bien moins mélodieuse que celle de son hôte :

Ah ! Sumimasen, Kabukicho Kyo-sama, je suis indigne de votre amabilité. Mon comportement est ignoble alors que vous me faite tel acceuil.

Il rehaussa la tête, mais ses yeux n'osèrent pas immédiatement dévisager à nouveau son interlocuteur, sa voix sortie plus claire cependant, lorsqu'il reprit immédiatement :

Je suis Amadotsu Kodan, né Kiyooki Kodan, samuraï du clan des Setsu et Taisa au sein de son armée. Vous êtes le second Kannushi que je rencontre et... Par Moegami... Je ne suis qu'un misérable d'oser vous imposer ma présence. Mais mon cœur souhaite plus que tout cette rencontre, aussi oses-je espérer que, dans votre immense mansuétude, vous saurez pardonner l'humble guerrier que je suis pour ce premier contact fort peu avantageux à mon égard.

Il fouilla dans son petit sac de voyage et en sortit un tissu enroulant un objet long comme un avant bras. Il déballa ce dernier avec précaution pour révéler un aiguchi à poignée anthracite et laquée, enfermé dans un fourreau aux finitions liserées de bronze, évoquant les plus hauts monts et estampillée du mon du clan Eiichiro. Il tendit l'arme vers le kannushi, du plats de ses deux mains, son visage à nouveau orienté vers les pavés du temple, puis annonça :

Ceci est Kaze no Ha. Fait de l'alliage le plus précieux de mes terres et issu du savoir faire de Hagito Amida-san, maître forgeron de Kazan. Il est l'aboutissement de mois entiers d'un travail expert et sa lame trancherait le vent lui-même entre vos mains, si vous daigniez l'accepter. Je suis bien certain que vous êtes un être béni et loin de toute forme de violence, mais le guerrier que je suis, pauvre en choses de l'esprit hors du sujet de la guerre, a vu en cette instrument la plus pure expression de son respect. Vous m'honoreriez en le prenant pour vous.

Enfin, il tint le silence, son cadeau levé presque au dessus de sa tête, surplombant sa stature immense et tranchant radicalement avec l'image de puissance qu'il pouvait évoquer. Un Volcan venait littéralement de s'affaisser devant une plaine balayée par les vents.


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Kazan Chinsei-ka
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Kabukichō Kyo

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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Mar 2 Sep - 19:59


" Portant, dans une gestuelle souple, empreinte d'une naturelle aisance, l'un des abricots posés sur la petite d'orme jusqu'à mes lèvres, je le croquai par petits morceaux afin de ne pas donner le spectacle peu poli d'un homme se nordissant avec gloutonnerie. La journée avait été longue, et pour seul apport d'énergie, les quelque fruit posé entre les deux être. D'un gout sucré, la drupe s'était gorgée de soleil et m'apportait assez de satisfaction pour continuer un entretien supplémentaire. Il était courant que les hôtes se nourrissent de quelque victuaille raffinée durant les entretiens afin que cela puisse durer à l'aise de chacun sans que la faim ou la soif nous tiraille. De plus, par ce geste, peut être que mon interlocuteur comprendrait alors que se servir lui est aussi autorisé.
Celui-ci, mouvant sa carrure exceptionnelle, prit place en face de moi, éloigna ses armes. Me prouvant ainsi qu'il me considérait. Au premier abord, une question vint fleureter avec mon esprit. Peut-être avait-il estimé ne pas avoir besoin de défense face à un homme de moindre musculature. Et cette estimation fit jaillir en moi les râles enragés de la bête dormante. Mais la suite me permit alors de bien vite comprendre mon erreur. Il m'estimer. Et même m'honorer. Se frappant par trois fois, la tête contre le sol, je ne pus que m'enorgueillir de cette gestuelle flatteuse à mon égard. Voir ploir cette montagne sous les paroles alizés de l'étalons des plaines, aiguisa la sublime fierté qui faisait de moi un être de vanité.

Ah ! Sumimasen, Kabukicho Kyo-sama, je suis indigne de votre amabilité. Mon comportement est ignoble alors que vous me faite tel acceuil.

L'homme au nom toujours inconnu releva alors la tête, sans pour autant s'autoriser a poser son regard sur moi. Alors, biens que je ne sache rien de lui, il me paraissait clair qu'honneur et politesse étais ses maitresses les plus proches. Surement un suivant du bushi à la piété assidue. Mais les raisons de cette rencontre m'étaient encore nappées du voile de l'inconnu.
Il reprit alors son phrasé. Parole que j'écoutais avec la plus grande attention, imperturbable, toujours un doux sourire présent sur mon faciès gracile, intrigué de mieux connaitre le visage qui se cachais dérière la timidité et la force.
Amadotsu Kodan, Taisa des armées du feu. Malgrès une carrure imposante et bourue, malgré un rang enflammé à la réputation sulfureuse, il ne faisait que ploir devant l'élut du Kazegami. Et cela me plaisait. Lui accordant toute mon attention. Peut-être se dénigrait-il un peu trop. Faiblesse de caractère certaine, mais cela me semblait aussi naturel que la feuille se laissant choir devant la saison sang et or.

Il fouilla alors dans un petit sac pour en sortir un objet, enrobé dans un tissu fin, qu'il déballa avec précaution. Laissant alors apparaitre à mon regard une arme épurée, sans garde ni sageo. Une lame de tento encastré dans un manche aiguchi, brillant malgré sa noirceur, sculpté à partir d'un mélange de charbon et de résidus végétaux. La beauté de cet instrument me surprit malgré une certaine amertume s'installant en mon cœur, à voir que l'homme disposait ici d'une arme non scellée. Son sac aurait dû être fouillé afin de ne pas laisser la moindre menace planer sur ma personne. Mon regard parcourant ce couteau, je pus alors remarquer l'estampe du clan Eiichiro parmi les ornements de bronze. Et mon sang ne fit qu'un tour, embaumant alors mon cœur d'une douce chaleur, alors qu'Amadotsu premier du nom tendais l'impeccable présent dans ma direction. Ecoutant ses paroles, je le pris avec déférence, posant avec délicatesse mes mains, paume au ciel, sous l'aiguchi. Ne les refermant dessus qu'une fois lâché par mon interlocuteur. Faciès vers la terre. Car même si je disposais déjà d'une arme et de multiple présent, celui-ci me faisait honneur et réjouissait mon âme plus que nul autres. Tout mon respect venait d'être gagné. Fallait-il encore le garder.

Alors, posant l'objet qui m'avait tant émoustillé, à un mètre de moi, je me permis quelque mot, un large sourire à la bouche, les yeux légèrement plissés.

__ "Kaze no Ha... Je vous promets de faire honneur à son nom. À chaque fois que son chant sifflera, se sera la bonté dont vous faite preuve qui sera murmurer par les vents du Kazegami."

Je marquai alors une simple pause. Laissant transparaitre une gaité tranquille sur mon visage. Dans une gestuelle rapide, j'appelai l'une des domestiques du lieu, avant de retourner mon visage vers le taisa de l'ouest.

__ "laissez moi vous inviter en retour. C'est bien maigre, mais j'espère que vous l'accepterez. Votre voyage à dû être long et la fatigue doit vous étreindre. Restez donc ici pour une nuit, vous passerez la soirée avec moi."

À ces mots, la domestique comprit immédiatement qu'une chambre devait être préparée. Et alors que celle-ci quittait la pièce, une autre entra, une petite flasque de saké à la main, ainsi que deux coupelles, qu'elle posa immédiatement sur la table avant de les remplir.

__ "Amadotsu-san, je bois à notre rencontre, puisse elle nous porter félicité et enrichir nos esprits."

Et bien que le choix lui fût laissé. Je n'apprécierai guerre un refus.


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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Mar 9 Sep - 7:31

Dès lorsque l'élu de Kazegami lui retira Kaze no Ha et à l'écoute des mots qu'il lui tint, la tempérance et la placidité humble qui avait été celle du Taisa furent balayées par une fierté incommensurable. Il se releva, l'expression de hardiesse peinte dorénavant sur son visage allant avec merveille avec ses traits patriciens. En son fort intérieur, la sensation était comparable à un compliment que lui aurait fait son propre Daimyo et il ne pouvait empêcher ce sourire glorieux de se peindre sur sa figure.

Ce qui suivi manqua de faire disparaître ce sourire par la surprise que cela occasionna. Il avait déjà pris ses dispositions pour la nuit qu'il passerait inévitablement à Kokyuu, surtout en ayant vu évoluer la journée vers la soirée dans l'attente d'être enfin reçu. De là à être invité par le Kannushi à prendre repos à Meisou, il ne s'y était pas attendu le moins du monde. Sa méconnaissance de la culture Eiichiro était probablement responsable de cet étonnement, aussi mit il ceci sur le compte de son ignorance au sujet des gens du Nord-Est des terres Impériales.

Il aurait voulu refuser une première fois, poliment, juste par respect de l’étiquette, mais Kyo ne lui en laissa guère le temps. Un genre d'empressement que le premier Amadotsu aurait parfaitement deviné d'un disciple de Kazegami. Il était de nouveau en terrain connu et cela l'arrangeait plus que de mesure. Il prit tranquillement la coupelle qu'on venait de lui servir pour la lever en direction du Maître Spirituel des Vents, souriant chaleureusement en réponse à son invitation à trinquer. Il répondit tout à fait paisiblement, d'une voix qu'il préférait cent fois à celle qu'il avait eu du mal à maîtriser avant ça :

Kanpaï dans ce cas. Dit-il simplement avant de vider sa coupelle d'un trait souple et connaisseur.

L'alcool était d'une richesse incroyable si bien qu'il le laissa en bouche un instant, porté par son arôme et sa douceur réchauffante. Eiichiro n'était pas connu pour son savoir faire en distillerie, aussi soupçonna t-il le cru de provenir du domaine des brumes, ce qui n'était pas étonnant, au vu du statu particulier de Meisou. Il avala enfin la liqueur et pu en suivre la chaleur le long de sa gorge puis il soupira discrètement de plaisir, et reprit la parole :

Vous m'honorez tant alors que nous venons tout juste de nous rencontrer, Kabukichõ-sama. L'accueil des gens des plaines des Vents Éternels est il toujours ainsi ? Je saurais m'en souvenir en tout cas. Je ne peux pas refuser une telle invitation ou la honte qui en découlerait me suivrait toute ma misérable existence. Je gage que Kaze no Ha soit en de bonnes mains à présent.

Il se mit à sourire soudainement, illuminant son rude visage, ses yeux fixant un point indéterminé de la voûte du temple, plongé dans ses souvenirs, il poursuivit, nostalgique :

Cela rappelle à ma mémoire ma rencontre avec Dame Shimizu-sama. Elle aussi, à votre image, est une élue. Choisie par Moegami, on ne peut pas dire que les premiers instants passés en sa compagnie furent des plus chaleureux, malgré l'entité divine sommeillant en son sein. Néanmoins, je ne regrette rien de mon entrevue avec elle. Vous autres, Kannushis, êtes hors de ma portée et votre seule vu est écrasante pour l'homme simple que je suis. Comme je vous l'ai dis plus tôt, vous êtes le second que je vois, du moins, si l'on ne compte pas le prédécesseur de Ame-sama.

Pour ne rien vous cacher, je suis devant vous en pèlerin, détaché de mon rang et de de mon serment, car il n'est rien au dessus des Kamis et de leur voix en Yokuni. Je ne suis plus un Setsu, ni un Taisa, juste un homme pieux à présent. Je suis né en terre de feu et ma loyauté va au Seigneur de ce domaine. Mais avant tout, elle appartient aux Dieux et Kagutsuchi est l'égal de Fujin pour l'humble croyant qui s'adresse à vous en ce moment.


Un mouvement bref attira le regard du bushi, ses sens revinrent à la réalité, ses iris balayant instantanément le bruissement de tissu qui l'avait alerté. Rien ne se trouva où ses yeux s'arrêtèrent, sinon de vastes et riches tentures émeraudes et or. Il devait s'agir de la servante précédemment convoquée par l'élu de Kazegami qui revenait de son devoir, ou partait vers ce dernier... Il n'aurait su dire. Il avait été tellement accaparé par la magnificence de son interlocuteur que la domestique n'aurait pas pu s'imposer autrement qu'en sautant à pieds joints sur la table où les mets se situaient.

Mais alors qu'il pensa à revenir à la discussion, les draperies s'agitèrent à nouveau. Il se crispa soudain, sa conscience militaire écrasant la passivité du pèlerin, son intuition balayant son admiration. Il se demanda si Eiichiro en était à ce point là vis à vis des Setsu et si on allait tenter quelque chose contre lui alors qu'il était venu dépouillé de ses môns et qu'il avait glissé son daisho de manière à montrer son respect pour les lieux et pour son hôte.

Il n'aurait que ses bras pour se défendre si une attaque survenait. Non pas qu'il n'eut pas confiance en eux, il était un pratiquant de Jiujutsu émérite, mais cela aurait servit à bien peu face à plusieurs adversaires, sans sa lame fétiche ou son katana. L'idée même qu'il soit possible qu'on l'agresse en un domaine spirituel l’écœura immédiatement. Et si c'était là la volonté du Dieux des Vents ? Ce qu'il venait de dire à Kyo le frappa comme le tranchant d'un sabre. Il ne pourrait rien contre le Destin.

Il se crispa et tendit ses muscles à tout rompre, sans trahir son émoi un instant, sans bouger de façon visible, ses yeux vissé sur les tentures. Deux petites mains graciles apparurent alors, très rapidement suivit d'une moue mutine, si ravissante que le premier Amadotsu en fut à nouveau bouleversé.

Son regard sombre croisa celui d'un nouvel être parfait. Différent en tout du Kannushi des Vents, beaucoup moins imposant par sa présence, elle n'était néanmoins pas sublime à sa manière. Son visage, jeune et plein de vie, souriait au bushi comme si elle venait de revoir un être apprécié qu'elle n'avait pas croisé depuis longtemps et auquel elle jouait quelque tour, par pure plaisanterie chaleureuse. Le temps paru s'être figé pour le Taisa des Setsu qui se retrouvait à présent éclairé par les lueurs combinés de deux Soleils.

Guère impressionnante au premier abord, du fait de sa petite taille, elle auréolait d'une fragilité innocente étrange, presque intentionnellement projetée vers lui pour l'apaiser, ce qui ne manqua pas immédiatement. Un souffle était passé sur ses inquiétudes. Elle aurait pu lui paraître aussi anodine que n'importe quelle femme de Yokuni, si dans ses yeux noirs ne se trouvait pas cette incommensurable douceur. Il ne su pas pourquoi, c'était probablement la personne la plus banale qu'il eut vu jusque là, mais son cœur battait à la chamade, certain d'une chose que son esprit ignorait totalement. Celle qui se tenait à moitié embusquée dans les draperies suspendues lui apparue unique, comme Ame, comme Kyo... Comme un...

Son chemin de pensé s'arrêta brusquement, trop perdu, il devait faire l'impasse pour ne rien laisser paraître à son émoi. Trente ans de maîtrise suffirent à peine à le maintenir droit, il ne put s’empêcher ses yeux de s'ouvrir aussi grands qu'ils le pouvaient, abasourdis par la présence de la nouvelle venue.



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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Lun 22 Sep - 2:51

[HRP: je ne savais pas trop comment réagir sur la fin, so... j'espère que ça conviendra x) dans le pire des cas je peux toujours éditer =p]

~~~

La journée touchait a sa fin, l’astre diurne chutait paresseusement dans l’azur du ciel, dévoré par quelques nuages moutonnant a l’horizon, aérienne écume de l’océan céleste.
Une brise délicate animait les lieux, caressant tendrement la cimes des arbres les plus imposant, dont le feuillage soupirait en un bruissement feutré.
Le clapotis de l’eau, témoin d’une source d’eau non loin, au coeur des jardins, mêlait sa cristalline mélodie a ces accords subtile.
Une nuée de moineau vint cabrioler aux alentour a grand renfort de pépiement pour finalement venir se poser dans la vaste cour du temple. Sautillant et picorant de ci de là, l’oeil vif et alerte.

Un mouvement non loin les effraya cependant, et tous s’envolèrent précipitamment en de bruyants battements d’aile, révélant du même coup l’objet de leur fuite, qui se tenait présentement dans l’embrasure du divin bâtiment.
Frêle et féminine silhouette vêtue d’un kimono immaculé nuancé de mauve, couleur du clan de la brume.
Sa longue chevelure ébène partiellement arrangé en deux élégants chignons, coulait librement le long de son dos. A ses côtés, se tenait une petite fille, d’une dizaine d’année environ, les traits délicats de son jolie minois entaché par l’inquiétude.


- Kannushi sama… pensez-vous qu’obaachan* se remettra ? demanda-t-elle pleine d’espoir, tout en portant un regard implorant sur la réincarnation.

Cette dernière lui délivra un sourire emplit d’affection, néanmoins teinté d’une certaine tristesse. Portant une main rassurante sur l’épaule de l’enfant, elle songea un instant a ses mots avant de lui répondre avec douceur, en toute sincérité.

- C’est tout ce que je peux te souhaiter Hina… cependant, je ne peut rien de plus, comme tu le sait sans doute, tout être finit par s’éteindre un jour… voilà un fait que ni sort ni kami ne pourra changer.

Le visage de la petite se crispa tendis qu’elle déglutissait avec difficulté. Il lui sembla même entrapercevoir une lueur de reproche allumer subrepticement ses grands yeux noisette, qui lentement s’embuait malgré ses efforts.
Détournant les yeux, elle cacha brièvement son visage dans sa manche afin d’étouffer un sanglot, puis se mit a fixer ses pieds, blessé dans son enfantine fierté, tâchant de rester maître de ses émotions, n’osant exposer davantage ce qu’elle estimait être une forme de faiblesse.

Hisae la contempla longuement, réellement attristée de ne pouvoir lui apporter une aide concrète. Lentement, elle s’agenouilla a sa hauteur pour glisser un doigt sous le menton de la fillette afin de l’inciter a relever la tête.


- Allons allons, je doute qu’obaachan apprécierait de te savoir si triste… 

Ce fut là les mots de trop, car la réponse qu’elle tenta de bredouiller en retour fut bientôt noyé dans d’irrépressible sanglots.
Maudissant sa maladresse, la jeune kannushi ne su que faire face a tant de détresse jusque là contenue.


- Chuuuut allons, calme toi… murmura-t-elle doucement tout en caressant affectueusement la chevelure de l’enfant.
Sans doute par réflexe, cette dernière vint se blottir contre ce qu’elle considérait maintenant comme son unique secoure, confiant ses pleurs a l’épaule de la jeune femme.

Quelque peu surprise, Hisae hésita un instant avant d’oser la prendre dans ses bras.

Ce brin de fillette haut comme trois pommes avait fait tout ce chemin seule jusqu’à Meisou pour s’enquérir de la santé de sa grand-mère alité depuis maintenant deux semaines. Plus de père, ni de mère… cette vieille dame était tout ce qui restait de sa famille, tout ce qu’elle aimait, tout ce pour quoi elle se battait, priait chaque jour.


- J…je..ee..e…’ou…ooOuUoUou…u…’en…p…pp’priii…iiIIiiIiIii…iie parvint-elle a articuler.

Hisae sentit sa gorge se nouer et les larmes lui monter a son tour, révolté contre sa propre impuissance.
C’est alors que sans savoir pourquoi, et peut-être un peu pour elle, elle se mit a chanter doucement, entonnant des mots qui l’avait jadis bercé.


Sakura sakura**
Noyama mo sato mo
Mi-watasu kagiri
Kasumi ka kumo ka
Asahi ni niou
Sakura sakura
Hana zakari

Sakura sakura
Yayoi no sora wa
Mi-watasu kagiri
Kasumi ka kumo ka
Nioi zo izuru
Izaya izaya
Mini yukan


Petit a petit, les sanglots de la jeunette s’estompèrent tendis qu’elle se calmait. Se redressant doucement, ses yeux humides vinrent accrocher les sombres iris de la réincarnation.

- Je connais cette comptine, obaachan la chantait parfois. Commenta-t-elle d’une petite voix encore vacillante.

Elle renifla, séchant ses larmes d’un revers du poing.

Hisae sourit


- Ce n’est pas étonnant, cette chanson est très populaire… ma propre mère me l’a également chantée plus d’une fois.

- Kannushi sama… j’ai… j’ai peur… je veux pas…

Se relevant doucement, la kannushi garda une main sur l’épaule de la petite Hina.

- Je comprend… je prierait Kasugami pour obaachan, c’est tout ce que je puis faire hélas… en attendant, tu devrait te hâter de retourner auprès d’elle, m’est d’avis qu’elle a davantage besoin de toi en cet instant que de moi… je ferais mon possible.

La fillette hocha lentement la tête en guise d’approbation. Elle parvient cependant a sourire tout en murmurant un « merci ».

Hisae la fit raccompagner par deux sohei, car si elle avait été effarer d’apprendre qu’elle était venu par ses propres moyens, elle voulait néanmoins s’assurer qu’elle soit de retour sans encombre chez elle.
Elle l’a regarda donc s’éloigner ainsi escortée, songeant avec une tristesse latente au sort future de cette petite.
Une fois hors de vu, la réincarnation de la brume tourna le dos a l’entrée, se dirigeant lentement vers la salle de prière.
Contemplant l’imposante statue de Kasugami, l’air préoccupée, elle joignit alors ses mains dissimulés sous ses longues manches afin d’adresser cette humble prière pour Hina et obaachan.

Ceci fait, elle entreprit alors de faire un tour de jardin afin de s’aérer l’esprit, une manie qui s’était installée petit a petit pour devenir une véritable habitude.
Alors qu’elle achevait sa petite promenade, empruntant le couloir séparant les quartiers Eiichiro de ceux d’Okaruto, afin de regagner ses propres appartements, il lui sembla percevoir des bribes de conversation.


- …dû être long et la fatigue doit vous étreindre.Restez donc ici pour une nuit, vous passerez la soirée avec moi.

S’arrêtant, elle écouta longuement, a l’affût du moindre bruit. Un dialogue se tenait bel et bien non loin de là. cela provenait de derrière ces tentures, masquant une des entrées menant a la pièce ou le kannushi du vent recevait pèlerins et voyageurs.
Aiguillonnée par la curiosité, se demandant bien qui allait prendre part au repas de ce soir, Hisae se risqua a entrebâiller délicatement l’étoffe en question. Ho rien qu’un peu, vraiment juste pour voir, puis elle passerait son chemin…
Son regard croisa celui d’un homme a la carrure véritablement impressionnante qui faisait actuellement face a Kyo.
Il avait deviné sa présence, bien avant qu’elle n’ose soulever le tissus, car déjà il regardait dans sa direction.
A présent il ne la lâchait plus des yeux, semblant surpris.
Ne s’attendant pas a être ainsi prise en flagrant délit, la jeune kannushi sourit presque instinctivement, d’abord quelque peu gênée puis amusée par l’expression qu’affichait l’homme en question.
Inutile de se cacher plus longtemps a présent, c’était trop flagrant. il ne lui restait plus qu’a assumer sa trop grande curiosité.
Achevant de relever la tenture, elle entra donc dans la pièce, s’inclinant légèrement afin de saluer son homologue et son invité comme il se doit.

Elle marqua une pause, cherchant brièvement ses mots avant de se lancer.


- Pardonnez ma curiosité Kyo san. Je… enfin, il se trouve que je passais par là et… ayant par hasard perçu quelques un de vos mots, j’avoue avoir été quelque peu intriguée par notre invité de la soirée, mon intention se limitait au coup d’oeil, mais, il faut croire que j’ai péché de discrétion .

D’ordinaire, elle n’éprouvait guère d’embarras a l’encontre du kannushi du cheval, cependant, et étant donné les circonstances, il y avait de quoi !
De plus et ne le connaissant que peu, elle ignorait a quelle genre de réaction elle allait être confrontée.
Arborant un petit sourire penaud, elle se hâta d’ajouter :


- Je comprendrait votre agacement, aussi je ne compte troubler davantage votre entrevue.

Se retournant vers la sortie, elle posa cependant son regard sur l’homme qui l’avait auparavant débusqué.

- Ho, et tant que je suis là, j’en profite pour vous souhaiter la bienvenu a Meisou, noble étranger, en espérant que cette soirée vous soit agréable.

Ultime sourire sur ses lèvres délicates, tendis qu’elle écartait de nouveau les riches étoffes afin de quitter la pièce.
Elle ne s’attendait pas a être excusée ni même retenue et avait pour ainsi dire déjà repris le file de ses pensées, loin de cette erreur, loin de Kyo et de cet inconnu.


~~~

*Obaachan = mamie, grand mère

**Sakura, sakura:
 



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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Sam 15 Nov - 15:38


" C'est avec une surprise, abrité sous le couvert d'un masque habituel que je pus voir mon interlocuteur se lever avec hardiesse. Un sourire agréablement dessiné sur son visage, s'effaçant sous les traits de la surprise. Attrapant de sa main ferme la coupelle qui lui fut présentée avec amabilité avant de s'exprimer en toute politesse. Et bien que je m'étais attendu à ce que l'invitation provoque quelque hésitation en son cœur, il n'en fut rien. Toujours très droit. Sans se permettre d'écarter la proposition, pourtant hâtive, je pus l'observer porter le doux saké que le clan Okaruto avait préparé. Il le savoura avant de laisser échapper un simple et très discret souffle de plaisir. Car bien que le nectar des terres brumeuses fût devenu pour moi une simple boisson dont je pouvais aisément profiter, je n'avais aucunement oublié combien cet élixir de gaité pouvais se montrer surprenant à ceux qui n'ont que peu l'occasion de le savourer.

Puis, Kodan reprit la parole. Exprimant tout d'abord ses remerciements les plus humbles. Se demandant si cet accueil était une typicité du clan dont je suis le haut religieux. Acceptant avec honneur la proposition que je n'aurais aucunement voir décliné. Et enfin, se laissant un peu allé, son visage se redora d'un sourire franc qui contraster avec perfection la rudesse de ses traits guerriers.
S'en suivit le monologue nostalgique d'une rencontre sous le signe du Moegami.

Presque déçu d'être aussi rapidement comparer à la Kannushi des flammes, je pus sentir un léger pincement resserrant mon ego sur l'étau de l'a modestie, une brève question me traversa l'esprit. Et orgueilleusement, je m'interrogeai. Etait-ce un compliment que de comparer les kannushi. N'était-il pas des êtres supérieur élut des dieux, avec chacun leur atout et leur faiblesse, incomparable tant le simple peuple ne pouvait que les admirer ? Non, je ne voyais aucune faiblesse en moi. Chacun des traits qui me caractérisaient étaient choisi avec le plus grand soin, et bien que certaine part de moi-même avaient connu les on dit des nombreuses conquêtes nocturnes, elles avaient toutes étés d'un accord parfait pour finir dans ma couche. On ne pouvait donc aucunement m'en vouloir sur ce sujet.
Et bien que celui-ci me parlait alors de la chance qu'il avait eu de pouvoir rencontrer mon homologue setsu, malgré une approche apparemment des plus froides, mon intérêt ne fit que grandir. Depuis que j'avais rencontré Hisae-san et sa beauté à en faire pâlir les plus belles fleurs des jardins de Kaze, j'aurais aimé pouvoir m'entretenir avec les autres choisis afin d'enchérir ma culture divine. Et Shimizu Ame faisait partit des quatre splendeurs que les Kami avaient estimées digne de devenir Kannushi..
Je fus même heureux de voir que mon interlocuteur était prêt à oublier le rang que lui fut donné par les hommes lorsqu'il fait face à celui que seuls les esprits peuvent accorder.

Alors que je resservais la petite coupelle maintenant vide, prenant un autre fruit, le mangeant avec délicatesse et pure gourmandise, le regard de mon interlocuteur m'intrigua. Balayant immédiatement la salle du regard, je pus reconnaître très facilement les réflexe guerrier que la martialité oblige à prendre comme acquis et réflexe. Et bien que je ne doutais aucunement de la sécurité du lieu, ma peau se dressa. Moi-même habituer aux situations de crainte et de danger, mon sang ne fit qu'un tour et mes réflexes de sohei s'aiguisèrent des plus rapidement. Mon corps, pourtant, ne bougea pas le moins du monde. Je n'envisageais l'agression qu'avec modération. Et lorsque les tentures se mirent à bouger, je ne pris même pas la peine de me lever du coussin duveteux qui soutenait mon splendide postérieur.

C'est seulement aux premières dire de la nouvelle invitée que je pris le temps de tourner le visage, arrêtant par la même occasion de regarder l'homme crispé qui se trouvait en face de moi.
J'aurais pu reconnaitre cette voie parmi un millier d'autres. Même au centre d'une volière de loriot, bavards petits oiseaux, son timbre délicat aurait sus se porter à mes oreilles tant elle m'était devenue un chant familier. Non pas que je la connaissais aussi bien que mon comportement laissait croire. Mais, elle avait ce charme enfantin qu'Akira possédait tout autant. Cette petite chose indescriptible à laquelle je ne savais être insensible.

"Pardonnez ma curiosité Kyo san. Je… enfin, il se trouve que je passais par là et… ayant par hasard perçu quelques un de vos mots, j’avoue avoir été quelque peu intriguée par notre invité de la soirée, mon intention se limitait au coup d’oeil, mais, il faut croire que j’ai péché de discrétion ."

Me levant alors de la place qui m'était réservée, je pris le temps de m'incliner respectueusement devant elle, alors que l'élue de la brume s'excusait pour un tel dérangement. Avant de la regarder quitter la pièce. Et pourtant. Ceci n'était-il pas l'occasion rêver pour l'homme qui avait parcouru tant de chemin ? Peut-être me conterait-il plus facilement d'épique histoire si je lui offrais un deuxième kannushi pour le prix d'un.

Alors, déposant gentiment une main rassurante sur l'épaule d'Hisae, je lui répondis tendrement, avant qu'elle n'eût le temps de disparaitre derrière les tentures de ce lieu.

__ "Ne vous excusez point Hisae-san, votre curiosité fut un coup du destin, car devant nous se dresse Amadotsu Kodan, pèlerin honorable. Il passera la soirée avec moi. Vous feriez nous l'immense plaisir de votre présence ?"



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Que la prestance du masque vous séduise:
 
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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Jeu 15 Jan - 19:54


L'impromptue n'aurait pu s'arracher au regard du bushi, quand bien même l'aurait elle souhaité ardemment. Il ne s'expliquait pas le moins du monde ce qui le troublait en elle. Elle était loin d'être laide, mais rien d’exceptionnel n'émanait d'elle, mis à part ce qui se cachait derrière ses iris de nuit profonde. Le maître de Kazan ne comprenait guère ce sentiment d'écrasement, comme si derrière ce minois se cachait des millénaires de savoir et dont un unique battement de cil aurait pu l'envoyer voler aux quatre vents sans la moindre difficulté.

Hisae. C'était le nom que l'élu des Vents avait prononcé. Si les atours de la jeune fille étaient de belle facture et aurait pu être ceux d'une héritière de noble lignée, il ne distinguait pas la moindre héraldique apposée sur ses robes. Elle aurait pu être une servante attitrée des lieux, ou bien une concubine, si cela était possible, du Kannushi de Kazegami. Ces hypothèses furent soufflées aussitôt s'étaient elles présentées à son esprit. Elle était tout autre chose, mais cela lui échappait totalement.

Il s'obligea a détacher son regard la source de ses interrogations pour gratifier Kyo d'un humble hochement de tête reconnaissant à l'évocation de son propre nom, lorsqu'il le présenta à la petite espionne. En son sein, il fut enchanté de la perspective de l'invitation de son hôte à l'égard de la jeune fille, pour une raison qu'il ignorait totalement.

Il avait pourtant rencontré des femmes de toutes natures, certaines plus belle qu'un jour sans nuages, d'autres plus intimidantes desquelles émanait une force que rien ne semblait pouvoir arrêter. Rien de tel n'aurait pu être attribué à la nouvelle venue… C'était tout autre chose.

Un instant, il avait souhaité se relever et le suivant, le bushi se serait prosterné sans honte devant elle. Ce n'était ni confortable, ni agréable. Une simple présence comme celle ci ne pouvait pas avoir un tel pouvoir sur lui, bien qu'il ne montrait rien de son trauma. Le premier Amadotsu resta simplement digne et silencieux un moment, mais en son fort intérieur, une entité d'instinct l'obligea à prendre la parole afin d'encourager la demande de l'élu des Vents. Il le fit d'une voix aimable, tant bien que mal, plein de son accent rocailleux et haché, typiquement Kazanien :

Ce serait un honneur si vous acceptiez la requête de Kabukichô-sama, Hisae-san.

L'utilisation de l'appellation de coup du destin de la part de Kyo intriguait le Taisa des Setsu au plus haut point. Il se demandait ce qu'il avait voulu dire par cela et qui elle pouvait bien être pour que la présence de la jeune femme puisse être liée à la sienne par quelque décision de la volonté des Cieux. Mais il ne doutait pas un instant que la révélation de cette zone d'ombre lui permettrait d'y voir plus clair et d'en comprendre pleinement le sens.

Il n'osait cependant pas tenter de la questionner sur sa nature, le simple fait de penser à le faire lui parraissant parfaitement mal placé. Elle pouvait se révéler tant de chose que son imagination avait peine à contenir l'ensemble des possibilités. Aussi poursuivit-il simplement :

Vous devez être une connaissance chère aux yeux de notre prestigieux hôte pour être ainsi conviée. Je tâcherais de ne pas trop vous ennuyer avec mes questions d'ordre spirituel et vous pourrez certainement apporter votre lumière à mon ignorance si complète autour du fait de vivre non loin d'un élu des Cieux.

Il ponctua sa phrase par un rire honnête et franc, mais son estomac se noua devant les visages que ses deux interlocuteurs lui offraient après cela. Par les Kamis… Avait-il mit les pieds dans le plat ?


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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Mar 7 Avr - 19:35

A peine eut-elle soulevé les tentures d'un revers délicat de ses doigts, qu'elle se vit interrompue dans son élan par le kannushi du cheval en personne, qui venait d'apposer sa main sur son épaule.
Ce simple contacte, auquel elle ne s'attendait pas du tout, eut pour effet de la faire légèrement sursauter.
Craignant pendant un bref instant d'avoir mal agit, elle n'osa tout d'abord bouger. La voix de l'homme s'éleva alors élégamment dans le silence et  la douce brise de ses mots acheva bien vite dans un premier temps de tempérer les doutes de la jeune femme afin de lui présenter son hôte, et de la convier à la soirée de la manière la plus exquise qui soit.

Bruissement sensuel et vaporeux des nombreuses soieries mêlées aux cliquetis des breloques illuminant l'encre de sa chevelure...
Touchée par cette attention, Hisae venait de se retourner afin de lui offrir un sourire reconnaissant, heureuse de voir qu'il ne lui tenait pas rigueur de son intrusion.
Non pas qu'elle eut estimé l'évènement réellement "grave" en soit, juste que cela l'aurait quelque peu embêté si Kyo s'en était vexé. Car elle l'appréciait, pour le peu qu'elle connaissait de lui, et désirait sincèrement entretenir ne serait-ce qu'une entente cordial avec cet homme avec qui elle se devait de cohabiter désormais.

Son attention se porta alors sur l'invité en question, accrochant un regard presque aussi sombre que le sien.

Sourire radieux, éclat mutin irradiant la nuit de ses iris tendis que la mélodie de sa voix se fit entendre a son tour.


- Enchanté de faire votre connaissance, Amadotsu san.

Bien qu'assis, cet homme dégageait quelque chose... de réellement impressionnant, et paradoxalement de familier... lui évoquant indirectement quelqu'un qu'elle ne connaissait que trop bien... a la différence près que ce Kodan semblait loin d'être d'un abord aussi solennel et austère... c'était comme... comparer le soleil a la lune, bien que chacun aient leurs attraits et leur propre manière d'éclairer le monde.

Perdu dans son examen, elle en oublia de se présenter, si bien que son interlocuteur pris la parole, l'encourageant a accepter l'invitation.

Enième sourire sur ses lèvres délicates.

Oui, pourquoi pas, après tout, aucune autre priorité a cette heure ne pouvait l'en dissuader.
Elle reporta donc son attention sur la voix de Kazegami, premier instigateur de cette invitation.


-Hé bien, puisque c'est si aimablement proposé, j'imagine qu'il serait bien malvenu de ma part de refuser...

L'ironie vint éffrontément fleurir au coin de son éternelle petit air angélique. Une spontanéité quelque peu risqué qui avait de quoi surprendre, aussi charmante que déplaisante suivant l'interlocuteur en question.

C'est alors qu'Amadotsu san repris la parole, exprimant de manière étonnamment subtile ses doutes et interrogations latentes concernant la nouvelle venue ainsi que les liens qu'elle pouvait bien entretenir avec le monde religieux et le kannushi du cheval.

C'est a ce moment précis qu'Hisae réalisa qu'elle ne s'était toujours pas présentée, et que la situation actuelle bien que parlante avait tout de même de quoi intriguer un spectateur non averti.

Elle eut tout d'abord un rire doux, songeant a ce qu'il pouvait bien imaginer.
Le terme "connaissance cher" était ici quelque peu malvenu, car si les deux réincarnations partageaient le même temple, on ne pouvait pas dire qu'ils se cotoyaient vraiment et de manière régulière. Leur relation se résumait pour l'instant a une poignée de brèves entrevues hasardament survenues au cours de quelques déplacements effectués au sein du bâtiment, mais a part ça, rien de plus.
Le masque de la politesse tendait visiblement a les faire apparaître plus complice qu'ils ne l'étaient en réalité.

Ne souhaitant pas le laisser davantage patauger dans le doute au risque de le voir s'empêtrer dans une situation gênante, la jeune femme déclina rapidement son identité d'une voix encore amusée par les propos passés.


-Je suis la voix de la brume, Iwako Hisae. répondit-elle comme s'il s'était agit de la chose la plus banal au monde. Ce qui dans le fond n'était pas totalement faux, être kannushi n'avait rien de si exceptionnel finalement, ce que peinait a comprendre la plupart des gens.
Elle aurait tout aussi bien pu être fleuriste ou poissonnière qu'elle se serait présenté sur le même ton, léger et guilleret.

Petite ingénue, n'est-ce pas toi finalement qui peine a mesurer l'ampleur d'un tel statut ?

Oh oui parfois elle s'interrogeait. Le doute demeurait d'ailleurs toujours plus ou moins présent.
Être kannushi, qu'est-ce que ça signifiait ? plus encore comment être un bon kannushi ?.. des doutes plus ou moins existentiels auxquels elle cherchait encore des réponses.
De temps a autre cela lui semblait évident, d'autre fois elle se sentait perdue... face a ses craintes elle se réconforte en se disant que seul le temps et l'expérience lui permettra de forger ses armes.

Actuellement loin de tout ça, la jeune femme enchaina bien vite afin de rassurer son interlocuteur.


-Ne vous en faites donc point là dessus, il n'y a rien d'honteux se montrer curieux, au contraire.

Elle lui sourit de nouveau.

Cet homme avait l'air tout a fait sympathique, touchant par sa sincérité, et plutôt du genre loquace, ce qui tombait plutôt bien, Hisae appréciant discuter de tout et de rien.
S'il ne se montrait pas trop timide, la soirée  promettait d'être intéressante.
Cependant, et ne sachant pas si Kyo avait prévu quoique ce soit quand a la suite des évènements, elle décida de prendre les devants par une proposition qui, elle espérait, serait de leur goût.


-Bien messieurs, puisque nous sommes a présent amenés à passer un certain temps ensemble, puis-je vous suggérer de nous aérer l'esprit ? les jardins demeurent fort plaisant a cette heure de la journée.

Certes, elle-même en revenait tout juste, mais cela ne la dérangeait pas d'y retourner, a vrai dire, elle pourrait y errer des heures en oubliant la folle course du temps et le bruit du monde alentour.



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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Lun 29 Juin - 10:59



"C’est après avoir convié mon homologue Okaruto que je pris plaisir à voir la situation évoluer de manière curieuse. Nul homme pieux ne pouvait oublier le nom de la Kannushi des brumes. C’est pour cela, et bien que mon visage restât de marbre, caché derrière le masque parfait de l’élue sans défaut, que je fus des plus surpris. Il ne comprit pas instantanément que les déités de ce monde lui offraient la possibilité de voir deux des êtres choisit en une seule et même soirée. Peut-être était-il simplement trop poli pour affirmer son savoir ? Ou simplement, l’esprit trop encensé pour avoir une réflexion valable et rapide ? Les guerriers n’avaient jamais été des êtres dignes des plus grandes réflexions, mais un Taisa devait avoir son potentiel. Le physique était là, on ne pouvait passer à côté. Et j’étais certain que l’esprit de la montagne Setsu n’avait rien à envier à son corps.

Puis il parla ; « Vous devez être une connaissance chère aux yeux de notre prestigieux hôte pour être ainsi conviée. Je tâcherais de ne pas trop vous ennuyer avec mes questions d'ordre spirituel et vous pourrez certainement apporter votre lumière à mon ignorance si complète autour du fait de vivre non loin d'un élu des Cieux. »

Je n’aurais pas défini Hisae comme une connaissance chère. Mais c’était une femme que j’avais appris à apprécier avec le temps. Bien plus espiègle que l’image que l’on se fait d’elle, cette jeune femme avait su quelque fois me faire douter de mes capacités à garder le masque. Mais je gardais de bonnes relations avec elle, et sa présence me plaisait. M’émerveillais même de temps en temps. Pourtant, toute cette politesse n’était aucunement due à notre relation, mais simplement à son rang. En aucun cas, je n’aurais pris le risque de fâcher un kannushi en public. Réincarnation des Kami, chaque être de ce monde nous doit respect, car c’est un élément de base de respect envers les kamis que de montrer le même égard à leur vecteur de communication.
Tout étant que l’ignorance du Taisa mérité effectivement quelque lumière. Du moins, sur qui était cette nouvelle arrivante aux yeux rembrunis. Car si j’aimais la politesse et la mise en forme des règles de bien séance, Hisae méritait d’être appelée Iwako-sama.

C’est d’ailleurs d’un rire enfantin qu’elle balaya cette atmosphère pompeuse qui m’amusait tant. Résonnement cristallin rythmé des cliquetis de sa coiffe, elle installa rapidement un air de jovialité dans la salle. Brisant d’un simple éclat de voix la distance qui fut installée entre réincarnation et pèlerin.

"Je suis la voix de la brume, Iwako Hisae" ; énonçât-elle d’un ton guilleret. Voilà en quoi Hisae était une femme surprenante. Un simple sourire et elle descendait en flèche la hauteur de notre rang. Le rendant tout aussi anodin qu’un quelconque ashigaru. Pas que cela ne me gêne, mais passer de ma prestance et de l’ambiance précédente à cela n’était pas dans mes habitudes.

Elle se tourna alors vers moi, proposant de changer de lieux pour profiter de la douceur du temps en allant dans les jardins. Bien que très loin de ceux de Kaze, les jardins du temple restaient un lieu de calme et de beauté. Endroit qui m’eut plu dès mon arrivé à Meisou, j’aimais y entendre le murmure du vent qui fait doucement trembler la feuille au travers d’une brise fraiche. De plus, les couleurs que l’on y trouvait étaient tout simplement exquises. A peine avais-je proposé à Amadotsu-san de rester ici pour la soirée, avais-je pris la décision de passer par les jardins. La proposition de la belle Okaruto ne pouvait donc pas mieux tomber.

C’est donc de mon plus beau sourire, sincère et enjoué, que je laissais ma bonne humeur prendre le dessus sur le cache que je m’impose. Acquiesçant alors de manière franche à la proposition précédemment annoncée, je pris le pas, guidant ainsi mes congénères au lieu demandé. Le soleil irisait encore le lieu, mais la lumière ne tardera pas à faiblir. Un moment parfait pour profiter de la sérénité des lieux.
Avançant calmement entre les volutes fleuris, je repris la parole d’une voix qui se voulait rassurante, invitant à la conversation. Quelques regards furent lancés au Taisa et à Hisae, mais aucun ne s’arrêta réellement sur eux. Prenant grand soin de ne pas créer de zone d’inconfort.

__ "Il me semble, Amadotsu-san, vous avoir entendu dire que nous ne sommes pas les premier Kannushi que vous avez rencontré. Etes-vous satisfait de votre voyage, bien qu’il ne soit pas encore terminé ? Je n’ai pas encore eu l’occasion de croiser mes homologues autre que la ravissante enfant de Kasugami. "
"


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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Mer 15 Juil - 10:01

La jeune fille accepta l'invitation sans pour autant se présenter dans un premier temps, laissant le doute du bushi planer un instant et ses questions muettes sans réponses dans un second. La réaction de l’intéressée à ces subtiles dernières ne manqua pas d'inquiéter le Volcan, les termes qu'il avait sélectionnés avaient bien de quoi être mal interpréter et il n'aurait guère voulu se montrer impoli envers un proche du Kannushi des Vents.

Elle eut l'amabilité, tinté d'un certain amusement, de lever le voile sur sa nature comme si ce qu'elle prononçait était anodin. De son côté, le vaste guerrier du poser son bras droit au sol pour ne pas simplement chavirer, car même ainsi assis, ce que dix combattants aguerris ne parvenaient pas à faire alors que le premier Amadotsu se tenait debout, la petite demoiselle y parvint seule et sans la moindre agressivité tandis qu'il était en position du lotus.

Sa stabilité n'en fut ainsi pas moins brusquée. La Voix des Brumes. Rien que cela. Les voies des Kamis étaient impénétrables et jamais leur choix ne devait être jugé, que celle ci puisse en jouer aurait du alléger l'air ambiant, mais ainsi en présence de deux élus, puisque Kyo ne niait pas le fait, Kodan en fut totalement écrasé et senti un court instant son souffle venir à lui manquer. Il aurait voulu s’aplatir au sol et se rependre en excuses pour son effronterie.

Quelque chose en lui lui avait murmuré cette vérité, mais l'apparence de leur interlocutrice et l'ambiance déjà grandiose pour le Taisa des Flammes avaient participer à le rendre sourd à son instinct. Il était venu rencontrer, plein d'humilité, un réceptacle Divin. Deux se tenaient à présent face à lui comme si cela ne revêtait pas la moindre importance.

Cependant, la douce choisie des brumes dissipa de sa simplicité le poids immense qui s'était abattu sur les épaules du maître de Kazan, bien que ce dernier ne parvenait pour le moment plus à se détacher de son expression effarée, sa bouche à moitié ouverte face à la révélation et ses yeux au bord de se trouver exorbités. Il n'entendit qu'à peine l'échange débuté par l'invitation de l'élue de Kasugami et acceptée par celui de Kazegami, tant obnubilé à reprendre l'assise sur sa psyché bousculée.

Il ferma un fugace instant les yeux afin de se soustraire à ces regards qu'il ne méritait pas et fit appel à trois décades de durs exercices de contrôle de soit. Lorsque ses yeux réapparurent à nouveau, un léger sourire se dessinait sur son visage et il se releva de sa position afin de venir à la suite des deux entités suprêmes qui ne faisait pas grand cas, fort heureusement, de sa maladresse. Il détailla les deux êtres un court moment.

Une fois sur ses jambes, il les surpassait en taille et en carrure, ce qui participa à une légère désacralisation de ce qu'ils étaient. Ceci était logique. Il était de ces serviteurs qui se battaient au nom de ce qu'ils représentaient et l'ensemble de son savoir, tendu vers un point quasi unique de défense absolue, concernait tout autant sa propre personne que ces gens là. Ils passaient au-delà de sa loyauté clanique et le Setsu disparaissait totalement en faveur du pieu guerrier qu'il était.

Silencieusement d'abord, il réajusta son daisho à sa ceinture qui avait pris une mauvaise place pour ne pas le gêner lorsque Kyo s'adressa directement à lui. L'expression du bushi était devenue sereine, il appréciait réellement la familiarité qu'avait délicatement imposée la jeune fille des brumes et le fait que le kannushi des vents paraissait se satisfaire de cela.

Il en conçu une légère honte, mais de s'être ainsi levé, les surplombant, quoique l'effet était léger concernant l'élu des Vents, lui permis de laisser revenir vers lui le puissant Taisa de l'Est sans pour autant l'envahir d'un pitoyable sentiment de supériorité, car il savait que trop bien ne pas l'être. Et c'est ainsi que, rassénéré, il put répondre à au choisi du Kami cheval d'une manière aussi apaisée que son surnom sur ses terres ne le laissait entendre :

Hai, Kabukichô-sama, pour vos deux questions. Je suis un enfant du Feu et il m'a été offert l'opportunité de me présenter directement à celle que Moegami a choisi en ces terres, votre homologue, Shimizu-sama. Mon pélerinage se poursuivra ensuite pour les neiges éternelles du clan Fukyuu et se terminera enfin pour Kenshu, si les Kamis m'en jugent digne.

Car comme vous le voyez, je viens en humble visiteur, sans faire part de mon rang et de ma position, ce qui ne ferait de toute façon que me ralentir, voir m'empêcher d'avoir l'insigne honneur d'être mis en face de ceux que les Dieux ont choisis pour hôtes. Aussi, à l'exception faite de la femme qui gouverne les esprits des Setsus et des fidèles des flammes, je suis dans le même cas que vous.

Mais même si ma vie devait se terminer à l'instant, trois des Votre rencontrés dans une vie de pieu pèlerin comme moi est déjà un honneur incommensurable. Si ma destinée est de poursuivre mon entreprise votive et que je suis honoré d'une confrontation avec les élus d'Itegami et de Gekigami, je ne manquerais pas de vous faire parvenir par écrit mes impressions, si vous le souhaitez.


Alors même qu'il terminait sa phrase, le samuraï haussa un sourcil intrigué. Tout à sa douce marche sous le léger vent qui battait le jardin de Kokyuu, il fut frappé par une curiosité qu'il ne put garder pour lui-même, mais plus que pour l'élu de Kazegami, son interrogation allait en vérité tout autant à l'enfant des brumes :

Est-il possible que les Kannushis, autres que ceux du Cheval et du Mouton, puissent s'ignorer les uns les autres ? N'êtes vous pas au dessus des considérations des clans, Iwako-sama, Kabukichô-sama ? Votre promiscuité à vous deux proviens d'un aspect politique, mais il est un fait connu par les pieux que Kasugami et Kazegami s'entendent particulièrement bien… Je ne suis pas ignorant non plus du fait que le Divin Phénix, totem des miens, tir sa plus grande force de son alliance Divine avec votre propre Kami, Kabukichô-sama…

Peut être ma curiosité est-elle mal placée et parles-je de choses que je ne comprends guère, mais vous parliez d'occasions de croiser ceux qui partagent votre nature… Est-il possible que vous ne puissiez pas vous même décider de cela ? Je n'ai jamais considéré qu'il puisse y avoir des êtres au dessus des hôtes des Dieux et de leurs élus que sont nos Daimyos et nos Dames. J'ai toujours considéré vos demeures, les Temples majeurs, comme haut lieu de culte. Mais… N'y a-t-il pas dans ces murs une étrange volonté et une supercherie grossière si cela vous contraint à y rester ?


Il était horrifié à cette idée, bien qu'il n'y laissait rien paraître, n'y pensant qu'à présent les mots de l'élu de Vents prononcés. De tout cœur, il souhaitait être dans l'erreur la plus total et que l'un des deux êtres à qui il s'adressait allait le rassurer séant. Il ne put s'empêcher de conclure :

Je n'ai jamais entendu parler d'un Kannushi en dehors des terres du clan dont il fait l'honneur de sa présence, à votre exception, Iwako-sama, pour des raisons que j'ai citée plus tôt. Mais est-il possible que vous soyez – il déglutit – contraints à cela ? Quelqu'un peut-il décider de ce qu'un homme ou une femme investi par un Divin peut ou ne peut pas faire ?

Il n'avait jamais pensé à cela avant. Trente-cinq années de foi n'avaient pas suffit à cela. Il s'arrêta net de marcher, quêtant dans les traits sublimes du représentant spirituel des vents et dans les yeux d'un ciel étoilé de celle des brumes une vérité absolue.


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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Mer 30 Sep - 23:10

Sourire des plus élégant illuminant les traits de son égal avant que sa proposition ne soit saluée d’un ton enjoué.
Heureuse, la jeune kannushi laissa son homologue du vent prendre les devants afin de mener son impressionnant invité à l’extérieur, tendis qu’elle même entreprit de fermer la marche.

Parvenu au grand air, le trio évolua tout d’abord silencieusement, chacun appréciant à sa manière l’air du soir charriant les milles et un parfums floraux propre aux jardins.
Haut dans le ciel rosé, une horde de nuage jouaient avec le vent sous l’oeil ensommeillé du couchant dont les ultimes rayons teinté d’or ne tarderait pas à s’éteindre derrière l’horizon.

Perfection ultime de l’éphémère suspendu au porte du temps. Inerte en apparence et changeant subitement… tel le mirage éthéré, le rêve troublé…
Que cesse la brise, que s’amenuise les effluves ou que s’éteigne le jour… ôtez un seul de ces ingrédient et l’instant sera destitué de sa divine saveur, s’affadissant d’ombre et de mélancolie…

Brusque retour à la réalité.

Tout à sa contemplation de la nature, Hisae ne remarqua pas les brefs regards que Kabukicho-san posa tour à tour sur elle puis Amadotsu-san. Seul sa voix aux dons accents su s’attirer son attention. Il faut dire que la question, bien que destinée au visiteur, demeurait intéressante, Hisae nourrissant une sincère curiosité à l’encontre des autres kannushi exerçant de part Yokuni.
L’aimable compliment dont elle fit l’objet en fin de phrase ne tomba également pas dans l’oreille d’un sourd. A cela, elle se contenta de sourire doucement, rien de plus.

Loin de ce que l’on pouvait imaginer, la brebis n’appréciait guère les compliments délivrés gratuitement par des inconnu ou de simple connaissance… cela lui rappelait bien trop, malgré elle,  les discours gourmands et trop sucrés pour être honnêtes déclamés par certains clients fréquentant l’okiya de sa mère.
Au fil du temps, elle avait appris d’elle-même à ne plus s’en effaroucher, à prendre de la distance afin de passer outre, n’encourageant ni ne rejetant, choisissant simplement l’impartialité en remerciant d’un sourire poli ce type d’attention qu’il soit pensé ou non. Une réaction discrète peut-être un peu étrange, susceptible de vexer comme de surprendre… ou bien de passer inaperçu.

Le guerrier qui les surplombait aisément en taille et carrure, répondit d’un calme égal, la surprise et l’émotion à présent canalisé ayant déserté son regard, sa voix et même son attitude.

A ses dires, Hisae prêta une oreille toute aussi attentive, particulièrement intéressé à l’évocation de la dite Shimizu-sama.
Ainsi donc, l’ardent kami, tout comme « l’évanescent » avait jeté son dévolu sur une femme pour faire entendre sa voix.
La jeunette pria en son fort intérieur d’avoir un jour l’occasion de rencontrer cette élue du feu, ainsi que ceux de Fukyuu et de Kenshu…

Elle en vint même à envier avec un tantinet de honte, le fabuleux périple d’Amadotsu-san. Comme elle aimerait pouvoir elle aussi, aller librement à leur rencontre…
Si bien que la promesse de potentiels écrits de sa part au sujet de ses impressions lui plut presque instantanément.


- Voilà qui serait intéressant, en plus d’être fort aimable de votre part. Ajouta-t’elle peu après.

Leur promenade se para de nouveau d’un silence pensif.

Il fallait croire que chaque foulés était autant d’interrogations s’allumant dans l’esprit du Setsu. Il repris la parole, osant formulé tout haut ses pensés.

A ces mots, la kannushi des brumes fut soufflées par sa perspicacité, il les fréquentait à peine et voilà que sans trop le savoir il venait littéralement de taper dans le mille, devinant le paradoxe même régissant leur rang.

Tous deux l’écoutèrent attentivement. Il était visiblement si impliqué qu’il en vint à ralentir et même à stopper net le pas, laissant ses deux hôtes le dépasser quelque peu pour finalement s’arrêter à leur tour.
Lorsqu’il eut finit et que sa dernières question vint se perdre dans la brise, il les contempla alors longuement, en quête de réponse…
Quelque chose de triste brillait dans ses propres yeux et un malêtre grandissant semblait également raidir son allure générale.

Dans un premier temps seul le silence répondit… étincelle de tragique venant assombrir le tableau.

Hisae ne put s’empêcher de ressentir de la pitié à son égard. Son sourire se fit doux et son regard chaleureux.
Comment pouvait-elle lui en vouloir d’avoir si aisément compris la situation.

Puis le noir de ses iris s’éclipsa doucement pour venir chercher la clarté de leur consoeur bénies par le vent.
Concertation brève et silencieuse, quête muette et mutuelle d’un quelconque aval, accompagné de quelques émotions fugaces.

Mais les voix du vent étaient décidément trop tumultueuse et complexe pour qu’elle puisse en saisir les subtilités en si peu de temps. L’essentiel tout au plus, et encore… du moins était-elle à peu près sûr de pouvoir dire que les propos d’Amadotsu-san n’avait pas laissé indifférent le kannushi du cheval.

Reportant son attention sur le Setsu, elle osa prendre doucement la parole. Veillant à choisir soigneusement ses mots.


- Hélas, nous n’échappons guère aux considérations claniques. Peut-être même en sommes nous le coeur…

Elle marqua une pause, ferma un instant les yeux avant de reprendre tâchant de réprimer l’étincelle de rébellion ricochant sur le silex acéré de ses conviction et susceptible à tout instant de faire vaciller la clarté de sa voix.

- Incarnation de kami, voix d’un clan tout entier, comment pourrait-on s’y soustraire et même oser se débattre. De mon avis, là réside toute la supercherie, le mot est ma foi suprêmement bien choisit.
Si seulement encore il y avait quelqu’un comme vous dites, sorte d’incarnation de la contrainte que l’on pourrait à loisir blâmer de notre infortune… mais ce n’est pas le cas.
Comprenez Amadotsu-san, que nos multiples pouvoirs sont autant de chaines à nos cou… aussi lourdes que ces derniers sont puissants…


Là s’éteignit son explication resté sereine jusqu’au bout, mais que l’émotion, victorieuse, acheva finalement de faire vibrer. Ses beaux yeux s’abaissèrent alors, préférant se murer dans quelques obscures contemplations plutôt que de risquer de trahir la véhémente férocité qui pulsait sous couvert d’une maitrise factice.
Plus que la crainte d’exprimer le fond de sa pensé, c’était perdre la maitrise d’elle-même durant le processus qu’elle redoutait plus encore. Parce qu’elle trahissait la sincérité et se montrait excessive par sa manifestation et la force de ses mots, la colère était une faiblesse, un élan à contenir sous peine d’engendré l’incompréhension et la haine en juste retour. Chose qu’Hisae ne désirait en aucun cas !

Les mots employés étaient fort, peut-être trop, du moins eurent-ils le mérite de traduire au plus juste son opinion aux sujet des aspects les moins réjouissant du rang de kannushi.

Calmant son coeur, elle s’en voulu après coup de s’être laissé allée à brosser un tableau aussi négatif de leur situation…

Qu’en penserait Kabukicho-san ? peut-être était-il loin d’éprouver la même chose.

Pourtant elle était intimement convaincue de ne pas être la première des élus à déploré le manque de liberté propre à leur condition.

Redevenue maîtresse de ses émotions, et soucieuse d’alléger l’atmosphère alourdie par ses propres soins, elle adressa un regard rassurant au guerrier.


- Je vous prie de pardonner mes mots, pas que je n’en regrette le fond, mais peut-être bien certaines expressions. En effet, je ne voudrais pas qu’abusé par quelques tragique accents et dramatiques tournures de ma part, vous ne vous illusionné quand à la pénibilité de notre rang. Bien que le manque de liberté nous fasse parfois défaut, je puis tout de même me permettre de nuancé en ajoutant que nous bénéficions d’un cadre de vie et d’un confort des plus royal... sorte de compensation matériel... une cage n’est-elle pas plus belle dorée ?

Elle s'arrêta là. Pour de bon cette fois. Ces derniers mots s'étant fait guillerets et léger, note mutine irradiant telle une lueur d’espoir.
Viendra la jour où la volonté des kannushi fera foi…
Elle en avait de toute façon assez dit. Par chance, elle avait su se contenir et redresser un peu la situation avec le plus grand calme.

Espérons que l'élu du cheval ne lui tienne pas rigueur de ce qui apparaissait à ses yeux comme une écartade.
Mais il est vrai que la liberté avait toujours été pour elle un point sensible sur lequel elle se savait plus intransigeante.

Dans l'attente d'une réponse, elle porta son regard à l'horizon, remarquant que le soleil avait définitivement disparu, traçant à sa suite un sillage rosé, comme une tendre promesse.



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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Jeu 15 Oct - 12:51



"Les premières paroles des jardins enivrants avaient été balancées avec tant de souplesse et de courtoisie. Tout comme la feuille d'automne après sa gracile danse funeste choie dans l'eau pour y voir l'ondée ricocher de lieux en lieux, je m'attendais à ce que les réponses soit automatiques et s’entre-lasses sans réelle réflexion dans une discutions faste et superficielle. Le temps était à la contemplation, à l'instruction et à la passion. C'est du moins ce que m'inspirait ce lieu à demi-clos. La philosophie ne venait généralement que bien plus tardivement, lorsque laissant les murmures de Kazegami, nous nous laissions emporté par les larmes de sa mère, kami de l'ivresse. Oh, cela ne me déplaisait que très rarement de parler, avec une jugeante sagesse, de métaphysique. Mais elle était aussi souvent maîtresse de débat plus austère qui menait à des confrontations plus directes. Pas que je ne pense en venir aux mains avec le colosse au daisho porté, mais ne voulant simplement pas salir les jardins de par l'impureté d'un affront envers les voix divines.


Le premier pas fut doux. Serein. Il répondit à mes questions avec un respect des plus honorable vers les déités désincarné de ce monde.

Le second fut un peu plus maladroit, car bien que cet humble visiteur qui ne faisait cas ni de son clan, ni de son rang avait sur un point raison, il commença alors une chute tranquille dans mon estime gonflée à bloc. Il aurait effectivement eu bien plus de mal à m'atteindre en portant son rang de manières plus visible. Les religieux m'avaient raconté quelle arme lui avait été retiré pour les temps de visite, et je n'appréciais pas non plus de le voir, bien que ce ne soit qu'un équipement bien moins impressionnant, porter une lame en un lieu saint. Encore moins face à deux Kannushi sans armes ni gardes. Peut-être avions-nous placer en lui une confiance trop hâtive.


Mais là ne s’arrêtât pas l'erreur de celui que je trouvais maintenant un peu trop impertinent. Où peut être au contraire, trop pertinent. Et sans que mon visage ne ploie sous les émotions. Sans que la moindre parcelle de mon être ne succombe aux pensées, le monstre d'orgueil toujours assoiffé se réveilla du fond de sa cage de chair.
Dévorant petit à petit ma patience, m'imaginant lui hurler au visage la stupidité désarmante qu'il avait peut-être déjà lui-même en tête. Je me retins.

Les chaînes des kannushi n'était donc pas assez visible pour lui. Peut-être aurait-il fallu qu'elle soit de la même taille que la plaque de métal qui lui servait de Zanbato.

Suite à la fureur silencieuse, le calme revint. La voie gracieuse de la perle rare qui dirigée le temple à mes côté sus m’apporter réconfort et flegme.

Encore pourtant trop injustes à mon goût, elles représentaient là quelque chose de plus concret que les quelque balbutiement du Setsu. Alors, levant les yeux vers le feu du soir qui se laissait incendier sur un voile d'obscurité, je prix à mon tour la parole.


__ "Pensez vous, Amadotsu-san, aussi pieu que nous sommes, qu'il serait adroit de partir par ces temps lourds de nuages et ce futur incertain ?"

Le silence reprit son droit le plus strict. Une brise entre les feuilles. Au loin, le son typique d'une clepsydre de bambou résonna sur la pierre. Créant sûrement les ondes concentriques qui se propageaient vers les bordures du bassin telle notre discussion, se terminant dans nos esprits, les chamboulant.

__ "Vous êtes ici pour nous rencontrer, et chacun en ce monde devrait avoir le droit de se rapprocher ainsi des Kamis. Il y a temps de chose à faire en leur nom que le nôtre ne résonne plus que dans l’esprit d’autrui. Ainsi est le devoir du Kannushi. Apporter la parole à qui devrait l'avoir, pas à celui qui l'a déjà. Et bien que comme vous le dites si bien, nous sommes au-dessus de l'aspect militaire des clans, nous n'en restons pas moins fidèles au daimyo élut par nos Kami."

Un soupir mélancolique sortit de ma bouche ; immédiatement suivit d'un sourire joyeux.

__ "Je ne pleure pas mon statut ni ma chance. Si comme les oiseaux je joins le troupeau et pars, qui les guidera vers le pavillon malachite ? Comprenez-vous la dualité du rôle et les augures qui peuvent se tapir derrière la rencontre de deux Kannushis? C'est d’ailleurs parce qu'elles sont si rares que je les vois si précieuses."

Il n'y a derrière cela ni mascarade ni autre volonté que celle de l’élue à vouloir que son nom se grave à jamais dans le grand livre de son kami.

Cela dit, je me permis de cueillir une prune et d'y croquer sans scrupule. Sa saveur sucrée m'avait toujours plus.
Tel la Sakura, le samouraï se devait d’être beau au sein de la bataille et de mourir à l'apogée de son existence, afin de choir avant qu'il ne se fane. Le Kannushi, lui, en était le fruit, donnant tout son nucelle a l'arbre futur qui grandirait sans remords pour devenir la structure florissante d'un futur splendide.
J'y voyais là mon paradoxe. Libre de quitter la branche où je fus élevé, mon destin était pourtant déjà tracé. La course était simplement bien trop longue pour que les hommes ne puissent l'apercevoir.

Oiseaux réunis sur la terre, ténèbres sur l’étang, par les nuages déchirés la lune viendra jouer avec l'ombre des fleurs. Le vent se calme, je m'apaise. Demain, les fleurs fanées auront couvert de rouges le chemin, mais pour le moment, seul l'embrasement céleste attire mon regard pourtant tendu vers l’horizon, et mes comparses mon oreille, pourtant centrée sur moi-même.
"


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MessageSujet: Re: [PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise Lun 29 Fév - 13:48

En son cœur, un lien se brisait à mesure des mots venant en réponse à ses interrogations. Successivement les brumes, puis le souffle du vent, vinrent attiser le feu de son âme. Sa foi et son respect si total du genre des réceptacles divins se trouvèrent très largement affectés. Ame avait su donner le change, de part sa condition physique, il en avait cru qu'elle ne pouvait simplement pas se déplacer librement.

À ses questions, il avait espéré plus que tout que ses interlocuteurs sacrés éclatent d'un rire qui le tournerait au ridicule, mais le libérerait d'un poids terrible qui venait de peser sur ses épaules. Ce ne fut, à son grand dam, pas le cas. Et si il ne put nier le fond de sagesse qui se trouvait dans les propos de la douce choisie du brouillard et du sujet abordé par le représentant en ce monde des tumultes des bourrasques, cela ne s'accordait pas du tout avec l'idéalisation des Kannushis et tout ce en ce que croyait le Volcan en son âme et conscience.

Pire que tout cela. Ils venaient de se révéler atrocement humains à ses yeux. C'était pourtant là un fait qu'il avait toujours voulu voir la personne derrière le statu d’enveloppe charnelle des Kamis. Mais que la chose lui soit servie avec une telle violence, le plongeant dans une réalité dont il n'avait jusqu'alors jamais soupçonnée l'existence, frappa au cœur le bushi.

Il découvrait le drame de leur vie et leur acceptation terrible du sort qui était le leur, si certains semblaient-ils que là étaient leur rôle, que la société les tenaient légitimement en ces murs, qu'il s'agissait là d'une nécessité. Un espoir subsistait néanmoins lorsque, la première part de son discours terminée, la jeune enfant des terres du Sud-Est eut le regard fuyant. Il su avoir percé une évidence tût de longue date et qu'elle en avait certainement connaissance.

Mais le premier Amadotsu était aussi tout à fait certain que c'était là la réaction d'une jeune fille à qui on avait fermé les portes de ses libertés et non du hurlement mental d'un être incommensurablement supérieur, lassé de l'outrecuidance de l'humanité à le tenir ainsi par la bride. La conclusion de Hisae fut le coup de sabre final de ce changement de perspective, mettant à bas toute la supériorité dont le Volcan était certain qu'un élu divin pouvait avoir sur lui.

Plus pur fruit de la voie du bushido, serviteur d'un maître toute sa vie, il n'avait guère imaginé que les Voix des Kamis puissent être les victimes du Destin comme il l'était. Kodan avait toujours cru dans cette possibilité qu'ils représentaient les seules créatures maîtresses, souveraines, au dessus même des Daimyo dont ils choisissaient les noms.

Il plaça ses derniers espoirs dans ce que pourrait dire en retour le réceptacle des Vents éternels, car aucun autre que lui ne pourrait symboliser le mieux cette foi qu'avait toujours eu le Taisa dans la supériorité écrasante de maître de culte de chaque clan par rapport au reste du genre humain. Mais ses mots furent aussi glaçants d'effroi qu'une chute d'eau en plein hiver, manquant de couper tout souffle de vie à l'officier des flammes.

Mais au lieu de cela, sa stature se raffermie, le voyant grandir. Ils ne pourraient plus jamais l'écraser de leur présence maintenant qu'ils venaient de se livrer ainsi à lui, lui révélant un devoir semblable au sien, même si les mesures restaient bien différentes. Il s’apaisa doucement, le deuil de son respect passé pour eux donnant naissance à un nouveau, celui qu'il portait à des pairs, plus grand encore que le précédent.

Un sourire se peignit sur son visage, brûlant d'une chaleur et de la compréhension si jeune qu'il avait de leur nature. Devant leurs chaînes invisibles, il se senti plus libre que jamais et il leur fut profondément reconnaissant pour l'avoir ainsi éclairé de la sorte, bien que tout cela passa dans son esprit sans laisser de trace sur son expression bienveillante. Il revint à leur hauteur porté d'une nouvelle assurance qui lui avait fait défaut jusque là.

Cette femme et cet homme étaient à son image, leur devoir sur un autre plan d'existence que le sien, mais dont le fond était identique. Son idée de leur genre n'était pas faussée pour autant. Il était certain de voir dans les Kannushis des êtres si tellement supérieur au commun des mortels que tout ce à quoi avait mené cet échange lui laissait penser que ces deux là s'étaient tout simplement égarés dans une inconsciente humilité.

Mais de leur erreur naissait un concept nouveau à ses yeux, d'un altruisme merveilleux qui ne les fit que grandir en son cœur. Il s'éclaira, suivant du regard Kyo qui allait à ses pensés, probablement provoquées par les harassantes questions dont le gouverneur de Kazan avait été le coupable énonciateur. Enfin, les avisant comme deux enfants qu'il protégerait au prix de sa vie s'il le faudrait, il reprit la parole, sa voix rauque mêlée d'un accent d'une douceur infinie :

Vous m'honorez bien trop en portant la lumière de la vérité à laquelle vous croyez, chacun votre tour, sur mes questions futiles, Kannushis-sama et je ne souhaitais pas vous importuner par mon outrecuidance. Cette dernière aura été provoquée par une vision de votre état que votre serviteur n'aura pu que tenter de deviner, bien mal apparemment, avant de vous rencontrer.

Vous décrivez tout deux ce que j'aurai pu être certain de devoir dire si l'on m'avait demandé la nature de mon rôle dans ce monde. Notre différence résidant dans l'ampleur de votre abnégation. Je n'ai qu'un Daimyo à servir alors que vous êtes le samuraï d'un clan tout entier.


Ce n'était pas vraiment l'image qu'il voulait donner de lui ni ainsi qu'il se considérait, mais cela synthétisait le fond de sa pensé. En réalité, il se sentait beaucoup plus proche d'eux dans leur description, se considérant comme un serviteur du peuple. Mais cela, il le savait, s'arrêtait à n'importe quel ordre que le Seigneur des Setsu donnerait allant à l'encontre des gens du feu. Il y obéirait sans faillir, car tel était sa voie. Il eut envie de prendre dans ses bras Hisae et de porter un main à l'épaule de Kyo afin de leur montrer son soutien inconditionnel, mais il s'en abstint, ces gestes de part trop familiers risqueraient de se les voir aliéner. Au lieu de cela, il ajouta simplement :

Ma lame ne devrait pas appartenir qu'à Gekido-sama. Le genre entier des bushis a le devoir faire fi de son clan d'origine pour barrer la voie au danger qui pourrait planer sur le votre. Vous traitez de votre fidélité provoquée par la nomination de votre Seigneur respectif et pourtant, vous prônez bien le fait que chacun devrait pouvoir être à ma place et rencontrer comme je le fais les voix des entités qui nous gouvernent réellement, Iwako-sama, Kabukicho-sama. Je comprends bien la dualité dont vous faites cas et ce que vous apportez là à l'estime que je vous portais déjà n'a pas de mesure, ni de prix.

Il clôtura son propos ainsi, mais dans ses yeux brûlaient la flamme d'un désaccord profond avec ce qui avait été dit. Non, en son fort intérieur, aucune compensation matérielle n'aurait pu justifier ce qu'il venait d'entendre. Car si les fondations de sa croyance venaient d'être malmenées, il n'en pensait guère moins qu'il ne pouvait rien se tenir au dessus des êtres qui lui faisaient face et qu'il suffirait d'un simple petit geste pour leur rappeler cette réalité. Le tout était de trouver lequel, mais ceci ne se ferait pas en ce lieu, ni il ne pourrait en être l'instigateur.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
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[PV] Souffler sur un incendie ne l'éteint pas, il l'attise

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