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 [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux !

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Daiyuki Raiken

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Taisa

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MessageSujet: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Lun 21 Juil - 14:45


C'était une matinée clémente qui débutait sur les terres de Kokyuu. Dame Soleil éclairait sans obstacle les plaines battues par les vents des hautes terres d'Eiichiro. La volonté sans limites de Kazegami n'était en aucun autre lieu aussi bien représentée à cet instant. Maruo trottinait sur le chemin, ses courtes mèches de cheveux portées par le zéphyr éprit de liberté. Asako, le surveillait plus en arrière de la voie, sa valise d'herbes médicinales sur le dos.

Elle l'avait recueillit depuis son plus jeune age, alors qu'elle aurait très bien pu être sa grand mère, mais elle était son seul univers. La rebouteuse ne voyait plus très bien, et pourtant ses yeux ne quittaient pas l'enfant un instant du regard. Ce dernier était plus turbulent qu'à l'accoutumé et il fallait une nouvelle fois le recadrer, sans quoi il disparaîtrait un jour pour de bon de sa mauvaise vu et le perdrait probablement à jamais, prit par quelque malheur que ce soit.

Elle le héla alors qu'il descendait trop prêt d'une mare, tendant d'attraper un roseau perçant la surface de l'eau stagnante. L'enfant interpellé rejoint sa vieille tutrice qui lui tira quelque peu les oreilles. Cette dernière lui sourit et l'avisa d'une moue emprunte de connivence, elle fit mine d'avoir un secret à lui confier et se mit alors à lui chuchoter  :

Tu sais ce que l'on dit à propos de cette route ? On l'appelle depuis peu Dõro no kyojin... Veux tu savoir pourquoi ? On raconte que lorsque les enfants s'écartent trop du chemin et de leur parents, l'un comme l'autre peuvent disparaître d'un seul coup. Un jeune retournant sur la voie ne retrouvera plus ses accompagnants ou bien ces derniers qui n'y arriveront plus.

Elle ouvrit grand ses yeux afin d'ajouter son petit effet de mystère à cette fable pour poursuivre d'une voix plus élevée :

Le silence s'abat alors et puis soudain, on entend les bruits sourds d'une course soutenue. Le sol se met d'abord à trembler légèrement et seul un nuage de poussière s'élève pour deviner de l'arrivé de la créature responsable de cela ! On ne peut se dérober tant elle est vaste et lorsqu'elle passe, tu peux entendre uniquement son souffle rauque et la tempête que provoquent ses pas énormes. Irrémédiablement, alors que tout redevient calme, quelqu'un a disparut, laissant l'autre dans la terreur et la solitude !

L'enfant ne semble pas le moins du monde décontenancé par les grands effets employés par la conteuse, lui offrant une mine décatie en lieu et place d'un semblant de crainte. Devant cette moue ennuyée, la vieille dame haussa les épaules. Les bambins de ces jours étaient difficilement impressionnables. Elle se contenta de reprendre sa progression tout en accroissant sa surveillance du jeune garçon qui gambadait déjà bien devant elle.

Seul le souffle du vent et le crissement de ses pas étaient audible. Elle profita du doux courant lui caressant l'échine et soudain, elle se rendit compte que le son de la vie n'était plus audible à ses oreilles. Les oiseaux ne chantaient plus, le zéphyr cessa peu à peu jusqu'à mourir, il n'y avait pas âme qui vive autre que celle de Maruo et de la sienne, en amont comme en aval de la voie. Puis elle sentit un faible rythme battu sous ses pas.

Ses yeux malades s'abaissèrent vers le sentier. Plus elle se concentrait, plus elle le devinait. Le rythme s'intensifiait et elle en ressentait les effets jusqu'à ses genoux. Au loin, l'enfant jouait toujours, insouciant. Elle se retourna et ce qu'elle vit manqua de lui faire perdre connaissance. Un nuage de poussière venait vers eux, de plus en plus ample. Ce qu'elle sentait dans ses membres inférieurs eurent alors un effet sonore. Le bruit sourd d'une course soutenue et celui de jambes énormes martelants le sol.

Elle avait entendu cette histoire au détour d'un salon de thé où elle était allé reposer ses membres endolorit, une fois, en Okaruto. La légende semblait jeune, mais elle paraissait connue, plus particulièrement entre Hokori et Kokyuu. Elle n'y avait pas trouvé foi cependant, la gardant simplement dans un coin de son esprit pour le jour où ça lui serait utile vis à vis de la curiosité grandissante avec l'age de Maruo.

Que la légende prenne vie devant elle lui fit battre le cœur à une vitesse insoupçonnée. Elle se retourna par réflexe dans la direction de l'enfant et devina à l'expression du visage de ce dernier qu'il était lui aussi rattrapé par le conte. Elle distinguait à peine ce dernier, mais elle su que son teint était devenu livide à ce qu'il découvrait. Les histoires avaient toute un fond de vérité... Mais en vivre une ainsi était un tout autre débat. Elle voulu l’appeler, courir à lui, mais sa surcharge, son age et le bruit soudain qui l'environnait lui empêchèrent de faire quoique ce soit.

En un instant, elle fut dans le nuage. Elle aurait pu s'étouffer si elle était parvenue à garder le flux de sa respiration intacte, mais ce qu'elle vit lui coupa le souffle.

Le géant ressemblait à un homme normal dont toute les proportions étaient revue à la hauteur d'un cheval de guerre. Sa peau était tannée et son visage arborait une mine fermée, comme si ses iris d'un jaune brillant ne la voyaient pas. Il paraissait déterminé, ses traits acérés et fins, auréolés d'une toison d'un noir profond aux reflets azurés. Sa longue chevelure était tenue par une couronne de bronze poli. Les muscles de son corps se tendaient en fonction des appuis de sa vitesse folle. La respiration du titan était rauque comme le vent s’engouffrant dans une caverne et en ressortant immédiatement.

Aucun vêtement ne couvrait son torse, des épaulières qui auraient pu être de véritables tables de chevet étaient fixées par un miracle que seuls les kamis pouvait deviner. Un linge aussi rouge que le sang lui entourait un cou probablement aussi large que celui d'Itegami. Ses bras, épais comme des arbres vigoureux, battaient le rythme de sa course. Des plaques d'alliage à ses hanches, des anneaux épais d'acier à ses poignets et des grèves émettaient de façon chaotique un bruit de métal frappé lorsque ses jambes s'enfonçaient au sol pour un nouvel appui.

Cela ne dura qu'une seconde tout au plus. Une incarnation de Susano-wo, à moins que cela ne ce fusse Bishamonten, manqua de la renverser. Elle entendit le cri de Maruo et puis très rapidement, trop même, le silence revint progressivement et le monticule de poussière derrière le géant disparut peu à peu au loin. Elle reprit son souffle péniblement à grande inspirations. Puis elle leva les yeux vers la position de l'enfant, son cœur battant à tout rompre et ses pires craintes en éveil lui tourmentant l'esprit. Mais elle le vit bientôt, affalé sur le bord de la route, une petite flaque sous le fessier, les joues striées de larmes et la morve au nez.


________________________________________________________


Il arrivait enfin aux portes de Meisou. Cela faisait quelques jours déjà qu'il avait entreprit le voyage qui l'avait amené en ces lieux. Il n'aimait pas vraiment les chevaux et s'était débrouillé par ses propres moyens, aussi il s'était arrêté à la cité de Kokyuu, dans une auberge de passage afin de se reposer et de se nettoyer de son périple. Sa visite ne devait souffrir de la moindre déconvenue et il n'allait pas se présenter, coulant d'une sueur de prêt de trois journées de course à celle qu'il était venu rejoindre.

Cela faisait un certain temps qu'il avait pensé à la retrouver. La distance était un problème, car elle nécessitait qu'il quitte l'ombre du Dragon pour une semaine. Mais le Taisho du clan récupérait en ce moment, et elle se tuait à la tâche dans son bureau. Il avait trouvé dans ce laps de temps la bénédiction d'aller apaiser son esprit auprès de la Kannushi du clan. Non pas qu'il eut un quelconque intérêt pour les Kamis, ni ne trouvait le repos auprès de leurs avatars.

Il avait à ce sujet un avis bien fermé et apparentait cette possession comme une malédiction. Ce que  la jeune Iwako Hisae lui montrait, c'était le courage d'une fille qui n'avait pas choisit son destin, mais l'assumait avec talent, malgré l'injustice qui lui était faite. Privée de liberté, il s'était fait un devoir de lui apporter une présence qui ne la verrait en rien d'autre qu'une amie. Il n'y avait pas de sujet qu'il lui épargnait et espérait qu'elle n'en avait pas non plus à son égard.

La route peuplée de voyageurs en tout genre, allant du pèlerin au marchand itinérant en passant par le samuraï en devoir et par le sohei protégeant le Temple, se dégageait à mesure qu'il progressait vers ce dernier. Il était devenu, depuis trois ans tout au plus, un habitué des lieux. Il ne se passait pas un mois sans que le géant ne soit vu en ce domaine. Tantôt simplement pour un salut, et même parfois pour rien, tant la kannushi pouvait être occupée. Il lui laissait toujours quelque chose dans ces cas là. Un objet qui pouvait paraître quelconque, issu de ses voyages dans le clan. Une bouteille d'un alcool rare, ou une boite de thé lointain.

Mais cette fois ci, il pressait le pas. Il ne souhaitait pas se voir refouler à la porte du temple à cette visite et il attendrait le temps qu'il faudrait pour la voir dusse t-il patienter un jour, voir bien plus encore. Il pénétra ainsi le Temple partagé des avatars de Kazegami et Kasugami et se campa au devant de sohei qui aurait pu paraître grands pour un autre que lui. Il abaissa son regard inquisiteur sur les deux moines-combattants et leur annonça simplement d'une voix cassante, aussi grave qu'un grondement de tonnerre lointain :

Bonjour. Daiyuki Raiken. Taisa d'Okaruto. Je dois rencontrer Dame Iwako lorsqu'elle pourra m'accorder de son temps. Domo.

Et c'était tout. Il n'avait rien d'autre à leur dire, ni de raison à leur apporter. Il ne l'avait pas fait alors qu'il n'était qu'un samuraï du rang, il ne le ferait pas plus en tant qu'officier supérieur du clan et ombre du Dragon. Il se campa simplement là, pareil aux piliers soutenant la voûte de Meisou, à attendre d'être reçu, peu lui important la durée que cela pouvait prendre.


Dernière édition par Daiyuki Raiken le Lun 15 Juin - 17:56, édité 1 fois
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Iwako Hisae

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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Dim 7 Sep - 14:33

[HRP : Et voilà, mes plus plates excuses pour ce temps d'attente >.>, j'espère être plus rapide concernant les réponses suivantes. En tout cas je vais devoir m'y astreindre.]

~~~

Eclos le jour, au sein de la nuit sertie d'étoile...

Cependant, l’oeil d’Amaterasu n’était point encore levé, que la réincarnation de Kasugami, elle, était déjà bien éveillée. Contemplant le plafond avec un certain ennuis. Elle songea brièvement a la journée qui l’attendait, laissant la fadeur de la routine envahir son esprit. Elle déglutit avec une certaine lassitude. Tous les jours le même menu, cela en devenait écoeurant…

Se redressant sur son fûton, elle interrogea un instant ses doigts enfouis dans le tissus de sa couverture ; une envie d’interdit, un épice dont elle se languissait depuis un moment maintenant.

Bah, elle pouvait bien s’octroyer ça non ?

Un petit sourire malicieux étira ses lèvres. Elle se leva puis se vêtit hâtivement d’un simple kimono, pas de chausses, rien qui puisse être source de bruit. Ceci fait, elle quitta ses quartiers a pas feutrés, pour remonter doucement les sombres couloirs du vaste temple Meisou. Tout était silencieux. A l’heure où le ciel claircie a peine, un monde fait d’ombres bleutés, serein et calme, prémices de l’aurore qui rosira bientôt l’horizon.

La jeune kannushi parvint bientôt a l’entrée, puis, usant de la petite porte jouxtant la grande principale, immense et majestueuse, normalement ouverte en journée, elle pris discrètement la poudre d’escampette, s’évanouissant dans les luxuriants jardins du temples.

Au dehors, une brume légère l’acceuillie, voilant délicatement les lieux de ses opalescentes nuées… pas une once de vent, a croire que Kazegami lui aussi dormait encore, laissant l’évanescent kami veiller les lieux.


- Toi aussi tu ne dort pas ?

Murmure pour elle-même, pour l’entité qui l’habite, sur fond de sourire pensif.

Hisae descendit lentement les marches, savourant la fraicheur de la pierre sous ses pieds nu. Vint la terre meuble puis l’herbe humide. Elle inspira longuement, puis s’enfonça sans hésitation dans les méandres immaculés cernant le temple.
Quand les uns s’y serait probablement égarés, elle, ne craignait nullement de s’en remettre entièrement a Kasugami pour la guider.

La jeune kannushi déambula donc ainsi innocemment au travers de la végétation, transparaissant subrepticement de temps a autres, telle une âme errante, derrière ce blanc linceul couvant le terre qui tout juste s’éveillait.
Même le temps prisonnier de ce vaporeux glaçis semblait s’être abandonné, trop enivré pour continuer de courir, osant manquer a son devoir.
Tout était figé… plus rien ne bougeait… ni passé, ni futur… ni joies, ni regrets… seul régnait le silence neutre d’un présent a jamais immortalisé…
Douce et maternelle, la brume sublimait la réalité de ses mystérieuses et délicates nuées. Isolant là où la douloureuse morsure du froid fige au prix de la vie, soignant là où l’ardente caresse de la flamme ne laisse que cendre derrière elle et réconfortant là où l’impérieux souffle de l’air ne sait que soumettre…
Fascinante, et secrète quoiqu’il arrive… symbole de mystère et d’inconnu, de ce qui toujours demeure caché, abîme inconscient, rêve subtile, flou originel, intuition fugace, peur primitive… cet élément complexe, dépourvue de véritable facultés offensives ne devait sa force qu’au sentiment d’insécurité que procurait le fait de ne pas voir, ni savoir…

Cependant que le temps ne semblait pouvoir y exercer son emprise, il suivait néanmoins son cours hors de cette « bulle » de résistance vaine… et le jour fini bel et bien par se lever, et avec lui les premiers hommes.
Un cri de surprise déchira le silence, armature de ce rêve pâle tissé de pensé, la ramenant subitement a la réalité. S’en suivit des appels lointains qu’elle ne parvint pas a distinguer… les jardins se révélant particulièrement vastes.

Quoi qu’est-ce ? cela semblait venir du temple. En vérité, il eut été difficile que cela provienne d’ailleurs… Meisou étant quelques peu isolé.

Oups… se pourrait-il, par le plus grand des hasards, qu’elle ait oublié de rentrer ?…

Murmure dans le silence, vague sensation amusée.


- Tsss, cela t’amuse ? susurra-t-elle, ne pouvant empêcher un sourire de naître aux coins de ses lèvres.

La jeune kannushi entreprit donc de rebrousser chemin, s’arrachant a regret de la tendre étreinte de Kasugami, qui déjà se dissipait lentement sous les premières lueurs de l’aubes.
Nul doute que sa petite escapade fera parler d’elle… son esprit aiguillonné par les prémices affutés d’une honte naissante, se perdait déjà a imaginer la tête de ses jushoku, lorsque l’aveu ne révélera qu’un simple caprice de sa part.
L’embarras céda cependant bien vite la place a l’ennuis lorsqu’elle entrevit l’expectative fort fastidieuse des justifications qu’elle aurait sans doute a fournir pour justifier sa conduite.

Logique, d’un côté…

Parvenu a son point de départ, elle s’arrêta un instant, observant l’imposante façade du temple. Elle pouvait a présent clairement distinguer l’agitation animant l’intérieur… et elle en était très certainement la cause.
La mine penaude, elle se hâta jusqu’a l’entrée, gravissant rapidement les marches… peut-être un peu trop rapidement même, manquant de trébucher et s’explosant au passage l’orteil droit sur la pierre râpeuse de l’une d’elle.
Etouffant un gémissement, elle parvient a se rattraper sans trop de mal, épargnant le reste de son corps. Néanmoins, elle pris le temps de s’assoir afin d’examiner les dégâts et ce qu’elle vit ne lui plus guère… son orteil tirait sévèrement la tronche, en partie touché a l’ongle.
Des larmes de douleur lui montèrent aux yeux tendis qu’elle étreignait son pied avec vigueur.

Quelle… mais quelle !… saleté ! stupide marche ! quelle idée de sortir sans chaussures aussi hein ?! quelle idée de sortir tout court en fait ! mais quelle idée !!!

Aaah vraiment ça c’était la cerise sur le sushi ! bien évidemment le sang coulait, et elle n’avait absolument rien sur elle pour éponger ça… comment ne pas définitivement inquiéter son entourage ? avec ça c’était râpé, cuit, bouillit, crâmé…

Se maudissant intérieurement, elle se releva avec précaution, veillant a tenir son orteil hors de tout contact avec le sol, ce serait dommage d’ensanglanter le sol… entendre crier « au meutre » était bien la dernière chose dont elle avait envie en cet instant.
Une fois d’aplomb, elle acheva de monter tant bien que mal les dernières marches d’un pas raidie, claudiquant jusqu’a la porte.

La douleur pulsait encore avec intensité, lui arrachant de temps a autres des grimaces convulsives.

Maintenant trouver quelqu’un, avoir l’air détaché, tout… va… bien…

Une fois a l’intérieur, elle balaya les alentours du regard… pas un chat… pourtant, elle pouvait clairement percevoir des éclats de voix mêlé de bruits de pas pressés. Les chances pour qu’elle ne tombe pas sur quelqu’un au détour d’un couloir s’avéraient bien minces, voir inexistantes…

Faisons donc comme si, et advienne que pourra.

La jeune kannushi commença donc à se « traîner » en direction de ses appartements, ne cherchant pas spécialement a se faire discrète ou au contraire bruyante. Son principal souci étant son pied, qu’elle essayait de ménager le plus possible.
C’est au détour d’un couloir qu’elle tomba nez a nez avec Honoka, la plus récente de leur miko, fraîchement arrivée au temple. Ne s’attendant pas le moins du monde a cette entrevue soudaine, toute deux eurent un mouvement de recul ponctué d’une exclamation de surprise.
Reconnaissant sa kannushi, la jeune femme s’inclina avec respect avant d’oser prendre la parole, peu assurée cependant.


- Dame Iwako, nous vous cherchions…

Hisae eut un sourire doux.

- Et bien me voilà… j’étais juste… sortie prendre un peu l’air…

La gêne pris place sur son visage, tendis qu’un petit rire osa franchir ses lèvres.

Etonné de cette réponse, Honoka ne se doutait certainement pas qu’un kannushi puisse se permettre ce genre d’escapade au vu de l’importance de son rang, ce devait lui être impensable.
Une mine qui eut le mérite d’amuser la réincarnation.


- Je dois admettre que ce n’était pas une bonne idée… car j’ai trouvé le moyen de me faire mal… ajouta-t-elle sur un ton détendu qui ne seyait guère a la situation, tout en désignant de ses yeux son pied écorché.

Suivant son regard, la jeune miko avisa la chose d’un air préoccupé.

Bon, au moins, elle  n’en faisait pas tout une tragédie, quand d’autre n’aurait certainement pas hésité a ameuter tout le temple.
Ruminant encore l’amertume de sa bêtise, elle repris d’une voix réellement embarrassée :


- Je suppose que suis donc en retard, et il me faut encore me préparer…

Tais toi bon dieu mais tais toi, tu es ridicule !
Un rire nerveux vint ponctuer ses dires tendis qu’elle se remit a claudiquer en direction de ses appartements, Honoka sur ses talons.


- J’imagine que ce n’est guère là l’image que vous vous faisiez de votre kannushi…

La concernée demeura silencieuse, n’osant se permettre de répondre ou bien ne sachant que penser. Dans tous les cas, cela eut pour effet de faire croître d’un cran le malêtre de son interlocutrice.
Parfois il n’y avait pas plus cuisant reproche que le silence en personne…

Ne l’avait-elle pas cherché en un sens ? a trop se conduire comme une enfant… on finit par être traité comme tel.


- Mon insouciance me perdra… lâcha-telle a mi-voix, l’embarras s’étant mué en agacement. Une remarque qui arracha un sourire discret a la jeune miko qui marchait a sa suite, sincèrement amusée de voir sa supérieur s’auto-sermonner ainsi.

Parvenues a destination, Hisae, laissa la dénommée Honoka panser sa blessure, tendis que le silence achevait de panser sa honte. Puis c’est aidé d’une seconde miko, Tomoko, qu’elle entreprit de se vêtir.
Tout en ajustant sa coiffure, elle s’astreint a écouter les deux jeunes femmes lui récapituler son programme de la journée sur un ton léger. Ce matin rien d’exceptionnel, en revanche, un mariage était programmé en début d’après midi. Comment avait-elle pu oublier, elle même avait d’ailleurs déjà rencontrer les deux futurs époux ainsi que leur famille afin de justement convenir du jour et de l’heure de l’union.

Une fois prête, toutes trois se hâtèrent en direction de la grande salle de prière où tous était déjà réunis, patientant tout en discutant vivement. Son irruption mis subitement fin au brouhaha ambiant. Et c’est les yeux rivés au sol que la jeune kannushi se dirigea vers le fond de la salle, n’osant croiser le regard de qui que ce soit, et encore moins de ses deux jushoku, qui avait eut a gérer l’anxiété croissante dû a son absence et retard plus que conséquent.
Parvenu aux pieds du kami statufié, elle se retourna lentement, n’ayant d’autre choix que de faire face a l’assemblée.

L’heure de la prière se déroula comme d’habitude… si ce n’est qu’elle était retardée d’une heure au moins ; et qu’au dehors les sohei veillant l’entrée tentaient tant bien que mal de faire patienter pèlerins et voyageurs venu quêter conseil. Le reste de la matinée étant dédié non seulement a ces entrevues pour le kannushi mais aussi a l’entretien du temple, l’administration, et l’entraînement pour le corps religieux.
« L’heure sacrée » touchant a sa fin, elle ne laissa pas le temps a ses jushoku d’exiger de quelconques justifications et esquiva habilement la question de son retard tout en le mettant en avant, sous entendant par là qu’elle ne pouvait se permettre de perdre davantage de temps et que tout leur sera expliqué une fois la journée achevée.
L’assemblée congédiée, elle resta seul dans l’immense salle, enluminée par les nébuleuses arabesques de l’enscens ondulant doucement.

Inspirant longuement, elle demanda a ce que l’on fasse entrer le premier visiteur, ce qui eut l’air de soulager grandement les sohei a l’entrée, devant qui la foule ne cessait de croître.
Quelle ne fut pas sa surprise et sa joie de percevoir dans l’encadrement cette silhouette qu’elle ne connaissait maintenant que trop bien. Impressionnante et élancée.


- Raiken… souffla-t-elle

Un sourire radieux illumina son visage tendis qu’elle l’invitait a la rejoindre a l’ombre de la minérale représentation de Kasugami.

- Je ne m’attendais pas a ta visite…

Tutoiement affectif qui avait progressivement fini par remplacer le vouvoiement, trop formel.
Elle sourit de nouveau, juste heureuse de le voir, puis s’inclina légèrement en guise de salut comme l’exigeait la coutume, lui laissant tout le loisir de prendre la parole.



[ L - Ma - Me - J - V - S - D ]


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Taisa

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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Ven 12 Sep - 10:21


Aux tréfonds de son âme, la bête rugissait et feulait. Son cœur de foudre appelait à la libération de sa fureur. Le Dragon pouvait être ainsi parfois. Tantôt apaisant, parfois irritant jusqu'au point de rupture. Cette fois-ci, cela s'était terminé de manière inattendue et le Seigneur de Guerre du clan des brume lui avait fait une demande des plus étranges, une requête à laquelle il n'aurait jamais cru pouvoir concéder un jour à quiconque. Mais avant cela, il avait commit l'impardonnable qu'elle lui avait pourtant pardonné, il l'avait soulevé de terre comme si elle n'était rien, prise par les pans de son haori comme un criminel qu'il aurait pu briser d'un geste.

La méditation n'avait pu apaiser son esprit et une rage bouillante menaçait de le submerger depuis cet instant. Parler de cela à l'héritière des Kasuga n'aurait servi à rien, sinon à attiser le feu déjà trop vif qui brûlait en son sein. Ainsi, il avait fini par se décider, prendre une permission était un fait rare le concernant, mais il avait toujours la même signification : Partir pour Kokyuu, au Temple de Meisou. Confronter sa colère au seul être de Yokuni capable de lui faire front, de le vaincre par la seule force de son esprit, et de dissiper cette haine contre lui même sans cesse refoulée.

Les ardents iris de son regard ne fixaient que la porte le séparant de la salle d'audience. Les Soheis avaient probablement du lui répondre d'une quelconque manière, mais aucun son ne lui était parvenu tant ses tempes battaient à tout rompre sous le flot de sa course effrénée et des noirs sentiments qu'il avait pour sa propre personne. À la périphérie de sa vision, l'un des moines-gardiens disparut, l'autre restant sans broncher... Ou presque. Il faisait jouer son poids sur ses jambes, malaisé et particulièrement nerveux. Depuis ce temps, jamais un regard Okaruto ne lui avait reflété la confiance, à l’exception de cinq yeux, ceux de trois êtres différents qui représentaient son Univers actuel et les seules choses qui importaient véritablement. Le religieux en arme ne faisait pas partie de ces élus.

La large porte s'ouvrit enfin, mais toujours sourd au monde l'environnant, il fallut que le second prêtre combattant se campe devant lui, presque trop bas pour être vu, afin de solliciter son attention et l'inviter à prendre sa suite pour être enfin reçu. L'impatience l'avait gagné si rapidement qu'il en fut presque effrayé, si cela lui était possible et permis. Il n'avait aucune idée du temps qu'il avait attendu, perdu dans la rétention du Tigre qui le dévorait de l'intérieur.

Un rapide coup d’œil vers l’extérieur  le choqua profondément. Il n'était même pas sûr d'avoir du patienter plus d'une heure, probablement beaucoup moins que ça. Un second regard derrière son épaule lui permit de constater la file qui se déroulait derrière lui, immense. Il était le premier. Il se demanda un fugace instant si il avait forcé son tour à être au devant de tous, mais cette question disparut aussi vite qu'elle était venue, noyée sous son besoin absolu de la voir.

Le Taisa du clan des disciples de Kasugami connaissait de telle façon le chemin qu'il aurait pu l'emprunter sans le moindre heurt, quand bien même aurait-il été complètement aveugle. Tant et si bien que son guide le menant à la rencontre de celle pour qui il avait fait tout ce chemin lui paru lent. Il l'aurait bousculé d'un simple geste, fétu de paille à la hauteur de sa propre stature, d'un simple revers. Seule les conséquences terribles que cela aurait pu avoir l'empêchèrent de concrétiser cette envie cuisante.

Lorsque qu'il passa l'encadrement de l'entrée, un carcan d'une douceur inénarrable et pourtant  inébranlable de brume vint aussitôt lui enserrer le cœur et l'âme, bridant la bête déchaînée en son sein, la refoulant au plus profond de son être, comme si le souffle unique de cette présence qu'il avait appelé de ses vœux balayait le tonnerre grondant qu'il renfermait d'un simple soupir.

Depuis son arrivée en Okaruto, sa seule composition faciale constante était un masque inquisiteur et hostile, son front arqué vers le bas, assombrissant son regard de manière permanente et des lèvres fines qui ne paraissaient jamais avoir connue la paix et la joie. Quelques rares fois cependant, il s'éclairait. Tantôt pour sourire, parfois pour s'esclaffer même. C'était un spectacle exclusif, rarissime et exceptionnel pour les humbles et inexistants témoins de ce genre de scènes... Et pourtant, Iwako Hisae, réincarnation de Izanami, ne lui connaissait aucune autre expression.

Maladroit dans son sourire, il n'en était pas moins franc et sincère. Ses traits droits et acérés d'oiseau de proie disparaissant en faveur d'un bonheur parfait, illuminant son visage d'une quiétude absolue. Le souvenir de la voix de la jeune fille fit immédiatement écho à la réalité lorsqu'elle prononça son nom, seul héritage de son passé dont il ignorait pourquoi l'avoir préservé. Il ne savait pas le moins du monde si elle appartenait aux beautés, au canon Yokuni ou si elle était anodine dans sa grâce, mais ce dont il était certain, c'était que la jeune fille lui apparaissait comme étant l'une des plus importante chose que ce monde comptait.

Il répondit simplement en inclinant la tête, brisant un instant leurs regards croisés pour y revenir aussitôt. Il passa effigie divine du kami des brumes sans lui accorder la moindre importance, car cela n'en avait jamais eu à ses yeux. Tout investi de dons offerts par deux Dieux à la fois, il ne croyait ni n'accordait crédit à leur importance. Il haïssait l'idée du premier de lui avoir laissé commettre l’irréparable autrefois et il détestait le second de tenir enchaînée la jeune fille qui se tenait devant lui.

Il s'installa à même la pierre du temple, assis au sol, en tailleur, à portée de bras du kannushi qui ne pouvait guère avoir peur un instant de cela, rendant au mieux de ses capacités la chaleur du sourire qu'elle lui offrait. La seule pensée de cet instant du trop vaste guerrier fut que cette femme de vingt et une année, d'un petit mètre soixante, l'écrasait totalement de la seule profondeur de ses yeux noirs.

Elle ne lui avait pas posé de question, juste un constat, aussi laissa-t-il l'instant le pénétrer, profitant de chaque millième de seconde qu'il pouvait de cette compagnie, sans abuser de son devoir premier envers le peuple, malgré son envie écrasante de l'emmener marcher, ailleurs, hors du temple, loin de ses engagements et de l'injustice qu'il était persuadé de voir dans sa condition d'élue de Kasugami. Lorsqu'il parla, ce fut d'un ton qu'elle seule connaissait, sensiblement identique au souffle chantant d'un vent calme au creux d'une caverne, lent et mesuré, et totalement animé de vie :

Je ne m'annonce pas. Je ne mérite pas plus d'être attendu. Aussi suis-je simplement venu lorsque le temps laissé à ma disposition fut assez clément pour venir te saluer, Hisae.

Il haussa un sourcil, intrigué, la détaillant de la tête aux pieds, avisant la position de la jeune fille, son assise le préoccupa un court moment, mais il décida de ranger ce détail dans un coin de son esprit pour en passer aux questions d'usages. Il n'aimait guère les banalités dont la politesse aimait parsemer les contacts avec les gens, aussi ne leur parlait-il simplement pas et quand c'était le cas malgré tout, il évitait simplement d'user de ces dernières. Mais lorsqu'il poursuivit, ce n'était pas pour l'étiquette qu'il lui posa la question, c'était une question sincère, rapidement suivit du flot d'interrogations dont son cœur le pressait d'obtenir les réponses :

Comment vas-tu ? Le Temple m'a paru en émoi... Tout va-t-il bien ? Te laisses t-on respirer ? Es-tu retournée au sein des frontières du clan récemment, afin de revoir les brumes éternelles de Kasu ?

Aussi vrai étaient ses inquiétudes, elle aurait tout le temps de lui offrir les éclaircissements à sa curiosité plus tard, il fouillait déjà à sa ceinture pour en sortir un bout de tissus enroulé autour d'un objet oblong. Il entreprit d'en déballer le contenu pour ranger l'étoffe dans là où il l'avait trouvée, vidée de ce qu'elle couvrait l'instant d'avant. C'était une petite bouteille d'un blanc nacré sur laquelle se dessinait le spectacle d'une jeune femme s'étendant au pied d'un saule bordant un étang.

Une petite grenouille était représentée, sortant de la surface de l'eau et tenant apparemment une conversation avec l'humaine. Si le dessin devait avoir une signification, il était plus que probable que Raiken ne l'ai pas comprise ou qu'elle ne l'avait pas intéressé. Il l'avait certainement trouvé joli, et c'était tout. Mais le contenant laqué n'était pas vide et son sommet était bouché, un timide clapotis d'un liquide dont il était rempli se fit entendre lorsque le géant posa ce dernier entre lui et Hisae, il annonça sobrement :

C'est de l'Umeshu. Celui du Dragon de l'Est. Il est très sucré et très doux... Et particulièrement prisé m'a t-on dit. Je le trouve beaucoup trop sirupeux à mon goût, mais il me semble qu'il satisfasse le tiens. Enfin bref, prends.

Il la poussa vers elle, son sourire avait disparu en faveur de cette expression si étrange qu'il avait, qui aurait pu rappeler sans mal la curiosité d'un tigre en face de la réaction de l'un de ses congénères.
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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Dim 9 Nov - 14:19

La grande porte s'ouvrit en un grincement feutré, et les disciples de la brume quittèrent silencieusement les lieux, abandonnant la kannushi, qui devait a présent se consacrer aux doléances quotidiennes du peuple.
Tous ne pourrait hélas avoir l'honneur d'être reçu par la voix de Kasugami. Il n'était d'ailleurs guère aisé, pour ne pas dire impossible de contenter tous le monde et c'est très régulièrement qu'elle se voyait obliger de refuser certaines audiences quand l'heure venait a se faire trop tardive.

Veillant a se tenir droite et digne, un sourire chaleureux vint acceuillir ce premier pèlerin qu'elle ne connaissait que trop bien.
La silhouette imposante et ciselé d'un homme vint se découper en contre jour, dans l'embrasure de la majestueuse entrée.
Ce dernier s'avança d'une démarche fière et assurée. Son attitude trahissait son rang. Voilà un homme qui ne craignait pas grand monde ni grand chose.
L'acier de son corps forgé a la lueur de l'âtre de la violence, battu par le marteau de l'effort, puis figé sans ménagement dans l'eau glacé d'une éducation brute et impitoyable, achevant de modeler un esprit acéré doublé d'une inflexible volonté.
L'allure n'était guère avenante, le visage résolument fermé ne prédisposait pas a l'engagement d'une quelconque forme de communication vis a vis du monde extérieur.
Seul son regard de rapace demeurait vif et alerte, sondant et analysant dans la froideur la plus implacable.

La kannushi du mouton avait beau le connaître depuis un bon moment maintenant elle ne se doutait pas vraiment que très peu de chose demeuraient encore capable d'émouvoir la pierre de son coeur. Certe, elle le savait un peu maladroit dans sa façon de s'exprimer, cependant, il avait beau peiner avec les mots, elle ne doutait pas de sa sincérité.
Car au tréfond de cette bête de guerre, au delà de cette carapace de corps et d'esprit pulsait une humanité des plus touchante, qui ne faisait que la conforter dans l'idée même que personne n'était foncièrement mauvais ou insensible.
Leur regard se croisèrent et lorsqu'elle prononça son nom, un sourire d'une étonnante franchise vint illuminer la raideur solennel de son visage, adoucissant soudainement ses traits jusque là campés sur leur position et lui donnant cet air presque paternel, que la jeune kannushi lui avait toujours connu. Comme si le soleil daignait enfin percer les nuages anthracites assombrissant son âme.
Achevant de la rejoindre, il pris place devant elle, a même la pierre, semblant dédaigner les quelques coussins que l'on faisait pourtant apporter pour éviter cela.
Hisae ne s'en formalisa pas le moins du monde, se contentant dans un premier temps  de lui rappeler d'un signe de tête qu'il avait de quoi se mettre a l'aise s'il le désirait


-La pierre n'est sans doute guère agréable... se contenta-t-elle d'ajouter doucement.

Passé ce détail, les questions fusèrent soudainement, ne manquant pas de la faire rire tant ces multiples attentions se révélaient touchantes.

-Tout va bien, je t'en remerci, je trouve encore le temps de faire des bêtises, alors je crois pouvoir dire qu'on me laisse respirer oui...

Elle tiqua légèrement, son orteil la faisait encore souffrir. Elle aurait aimé pouvoir s'installer a sa convenance, mais la décence ne lui permettait décidément pas de se laisser aller ainsi.

-J'ai peiné a trouvé le sommeil, la nuit m'a paru longue et ce matin j'ai fait l'erreur d'aller faire un tour en attendant l'heure de mon office. Oh je ne suis pas aller bien loin, mais, cela m'a suffit pour me blesser. Rien de bien grave, juste une marche de raté.
Ce fut... fort douloureux...
Elle prononça ces derniers mots avec un sourire penaud.

-Pour le reste, c'est a peu près tout, mais je doute que les mésaventures d'un matin d'une kannushi n'égale les tiennes. Le ton était léger, et la plaisanterie était évidemment de mise.

C'est alors que son interlocuteur sortie un objet, enrubanné dans une étoffe qu'il déballa avec soin.
Ne s'attendant pas a une quelconque surprise, Hisae vit sa curiosité piquée au vif devant le contenu en question.
Le guerrier ne tarda pas a déposer sur la table un élégant flacon tout de nacre sculpté et finement enluminé de délicate gravures.
Les grands yeux noir de la jeune femme s'arrondirent d'intérêt, tendis qu'elle se penchait légèrement sur l'objet afin de pouvoir l'examiner.
Ne parvenant pas a distinguer clairement les motifs, elle le prit donc en main afin d'en détailler les atours.
Il était question d'une femme alanguie aux abord d'un étang, et conversant visiblement avec une grenouille dont la tête émergeait de l'eau.

Reposant le flacon sur la table, elle remercia chaleureusement Raiken pour ce beau présent.



-L'umeshu du dragon... voilà une attention des plus aimable. Vraiment cela me fait très plaisir. Ma science du saké étant peu étendue, je ne sais si je demeurerait capable d'en apprécier la valeur, mais pour le reste, le flacon en lui même est tout a fait ravissant !

Elle sourit de plus belle.

-Et toi ? comment vas-tu ? raconte moi donc.

Hisae se pencha légèrement vers lui, curieuse et attentive quand a sa réponse future, avant de se rappeler qu'il serait tout de même de bon ton de lui proposer quelque chose en retour.

-Au fait, j'en oublierais presque les bonnes manières, désires-tu un peu de thé ?



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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Lun 16 Fév - 21:32

Elle était solennelle dans son accueil. Sa pose était de mise pour la plus haute instance spirituelle que pouvait compter un clan, mais cette attitude lui déplaisait. Elle était trop jeune pour ces jeux d'adultes, on aurait du pouvoir lui autoriser à se comporter comme ce qu'elle était, comme ce qui se révélait derrière ces iris d'encre profonde. La mesure dont elle faisait démonstration tranchait radicalement avec l'éclat que l'imagination du budoka lui montrait lorsqu'il la voyait dans ses pensés courir dans les plaines en riant à gorge déployée.

Ça n'était jamais arrivé cependant. C'était une vision qu'il avait eut une fois, une image juste de ce qu'il était sûr de percevoir chez la Kannushi. Le bushido se heurta à son cheminement mental, elle remplissait sa fonction avec honneur et dignité. Il était sot de vouloir l'empêcher d'accomplir son devoir. Mais cela ne changea rien au fait que le Taisa des brumes trouvait le fait injuste. En aurait-il pensé pareillement en ce qui concernait les autres Élus ? Rien n'était moins certain. Il savait que la Voix de Kazegami vivait aussi en ces murs, mais son sort n’intéressait pas un instant le second du Dragon de l'Est.

Il n'avait pas manqué de saluer sa gentillesse alors qu'elle lui avait signalé la présence des assises molletonnées l'avoisinant. Mais le confort ne lui était pas adressé. Il avait fait vœu d'austérité depuis son adoption en Okaruto, aussi sourit-il simplement avant de l'assommer de questions et d'en venir à lui offrir la bouteille d'Umeshu. Il la laissa réagir à chaque interrogations et à son don, quoique l'origine du cadeau n'était pas sienne, étant donné qu'il ne possédait pratiquement rien, par choix.

Tandis qu'elle parlait, il ferma les yeux à plusieurs reprise, se laissant porter par le courant que prenait le ton et la voix de sa précieuse interlocutrice. La paix qui l'avait envahie la première fois qu'il avait entendu ce son se réitérait à présent en son sein, identique à leur rencontre initiale. Il rouvrit subitement son regard à l’élue lorsqu'elle lui narra son escapade matinale, bien que le fait qu'elle eut pu vagabonder un minimum lui plaisait, le vaste combattant fut choqué d'apprendre l'existence de la blessure qu'elle s'était faite.

C'était puéril de sa part néanmoins, Hisae n'était pas une poupée de paille qu'un simple coup au pied pouvait freiner dans ses ardeurs. Au fil du temps, en la découvrant, il avait dénoté son incroyable solidité mentale, bien plus que la sienne, mais aussi une force de résistance du corps insoupçonnable pour un être comme elle paraissait être. Il soupira en souriant, ricanant même à la suite de l'expression de la jeune fille à l'évocation de l’événement. Mais c'était plus pour tromper son inquiétude involontairement paternelle que pour se moquer de quoi que ce soit.

Le fait qu'elle souligna la beauté de la bouteille qu'il lui avait tendu manqua de le faire éclater de rire. Il avait clairement prit cette dernière par hasard, dans les réserves même du Taisho. Il connaissait la valeur du liquide qu'elle contenait, mais n'avait pas pensé un seul instant à satisfaire le regard de son hôtesse illustre en attrapant le récipient. Il découvrit malgré tout l'ensemble de sa dentition en une expression inédite, du moins hors de ces murs.

Il lui fallut faire appel des années de maîtrises et à sa connaissance de l'étiquette pour ne pas se lever et aller frotter chaleureusement la tête de son amie. Le geste ne serait pas autorisé. Et qui plus est, elle était coiffée d'une manière si complexe que le budoka aurait probablement été maudit sur plusieurs générations par les servantes qui avaient procédé à la conception de ce chef d’œuvre capillaire. Le fait jeta un voile sombre sur son humeur. On empêchait cette fille de vivre, mais aussi à son entourage d'exprimer leur sentiment à son égard. Il aurait voulu frapper le sol de colère, mais de cela aussi, il s'en empêcha.

Le tigre en lui ne fut pas frustré longtemps, la douceur paisible du lieu et de la situation l’apaisèrent rapidement et il en fut vite à devoir penser à répondre en retour du petit rapport de la kannushi et à son invitation à prendre le thé. Il n'aimait pas vraiment les boissons chaudes, encore moins lorsqu'il s'agissait de cette dernière. Il n'avait jamais compris tout l'art qui s'exerçait autour de la fabrication et de la préparation de ce breuvage. Néanmoins, il n'avait jamais refusé non plus une invitation à en boire venant de qui que ce soit lui important un minimum. Et Hisae n'était pas quelqu'un qu'il n'appréciait qu'un minimum. Bien au contraire.

Va pour un thé et pour les bonnes manières alors. Dit-il simplement dans un premier temps.

Il alla perdre son regard sur toute la scène qui les entouraient, le centre pieu de tout un peuple, soupira à l'implication de ce que cela signifiait. Il allait simplement profiter de sa présence le temps qu'il pourrait, blêmir intérieurement à nouveau sur le sort de la jeune fille ne ferait rien avancer de toute façon, ni ne l'aiderait aucunement. Il se coucha à moitié sur les dalles du temple, la tête supporté par son bras gauche, dans une position qu'il voulait détendue afin de tromper son agacement constant de sa propre attitude. Enfin, tandis qu'on leur apportait les rafraîchissement demandés et acceptés, il lui narra à son tour les derniers événements de son existence, d'une voix claire, sans accroc, comme si il n'avait jamais été le géant taciturne, lieutenant des brumes :

Ha ! Je ne sais pas si les mésaventures d'une jeune fille élue des Dieux soient comparables à celle d'un soldat suivant un général fou, effectivement. Eh bien les dernières nouvelles sont les suivantes… Après un débat quelque peu houleux avec le Dragon, ce dernier m'a choisi pour successeur et me voilà donc à être officiellement son second. Mais cela ne s'arrête pas là, évidement. Car vois tu, cette dernière ne dort plus. Elle ne veut pas m'en parler et cela m'exaspère, mais il s'est passé quelque chose en Eiichiro dont elle tait les détails. La voilà revenue que l'on devrait accepter ses ordres sans s'enquérir de sa situation ?

Il balayait de son bras droit l'air devant lui, en des gestes brusques, nerveux qui aurait probablement laissés de très vilaines marques à quiconque se serait trouvé sur le passage de ces derniers. Il était visiblement exaspéré, puis il se calma soudainement, ses yeux se perdirent dans le vide à nouveau et sa voix se fit plus lente, plus douce, si cela pouvait lui être attribué :

Elle ne dort plus dans ses quartiers… Elle m'a demandé assistance. J'ai accepté de la recevoir dans ma ridicule chambre et depuis, elle se repose enfin.

Un maigre sourire, puis à nouveau, l'agacement :

Ah, elle aura encore tenté ses sales tours, mais je ne suis pas l'un de ces hommes d'un soir que l'on considère comme une encoche de plus au manche de sa lame ! Qu'est ce que c'est que cette femme là ? Enfin… Elle a compris. Elle ne tente plus ses avances dorénavant. Qu'elle aille donc minauder vers d'autres fous et qu'elle fasse ses nuits ! J'ignorais qu'en acceptant le rôle de Second, je deviendrai la nounou d'un Général Yokuni.

Il se calma enfin, la mine boudeuse, perdu dans les pensés réveillées par ses propres propos, puis il brassa l'air devant son visage comme pour en éloigner le sujet qu'il venait d'aborder. Il reprit, son ton plus ou moins apaisé :

Nous avons fait la rencontre d'un nouvel ennemi aussi… Lorsque la paix, aussi fragile soit-elle, est sur les clans, des êtres voués au désordres se lèvent. Je te raconterais peut être une fois cette histoire, lorsque le fin mot de cette dernière aura enfin daigné se montrer. Du reste, je me suis récemment mis en quête des forces de l'ombre du clan… Et ce que j'y ai trouvé est… Encourageant.

Ces derniers mots avaient été prononcés alors qu'il arborait un sourire inconscient et carnassier. Cette expression disparue rapidement, un visage fatigué se dépeignant et substituant son faciès précédent. Il plongea à nouveau son regard doré dans celui d'une nuit sans étoiles, de la jeune Kannushi et conclu son propre rapport :

En effet… Les mésaventures d'un Taisa sont assez différentes de celle que tu sembles avoir… Mais ne va pas penser que cela te permet de te briser les doigts de pieds comme cela. Tant qu'à courir aux quatre vents, lèves plus haut les genoux. Tu iras plus vite et tu évitera les surprises que les chemins dresseront sur ton passage. Oh… Et penses-tu que tes serviteurs et tes ouailles te permettront de passer retrouver tes terres pour un temps ? Je pense que les gens des brumes seront enchantés de ta présence. Okaruto n'est pas au plus mal, mais je te mentirais en te disant qu'il respire la joie de vivre. Ton minois rassurant ferait plaisir à beaucoup d'entre eux. Comme il me fait plaisir à voir en cet instant.

Il paracheva sa phrase par un sourire franc, révélant toute ses dents, comme un enfant malicieux, fier de la bêtise qu'il vient de prononcer.
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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Sam 6 Juin - 18:20

Tendis qu’elle s’appliquait a lui narrer son quotidien d’une voix tranquille, la brebis ne manqua pas cependant de rester à l’affût des moindres réactions de son interlocuteur.

Dans un premier temps il sembla se laisser porter par sa voix, les yeux clos avant de les rouvrir soudainement lorsqu’elle en vint à aborder sa mésaventure matinale.
Elle cru alors déceler l’espace d’un instant, une brève vague d’inquiétude animer l’or de ses iris, mais rien de sûr…

Le géant se contenta seulement de soupirer, puis un sourire vint illuminer dans un premier temps son visage, avant de se muer en un rire doux et profond.
Rassurée qu’il le prenne ainsi elle sourit également de plus belle.

La conversation dériva alors rapidement sur le présent apporté par son hôte, une petite bouteille d’umeshu tout droit sortie des réserves du dragon en personne. Une attention des plus aimables que la jeune femme ne manqua pas de remercier chaleureusement.
Bien que sa connaissance en terme de breuvage alcoolisé soit des plus embryonnaire, elle salua l’intention même de cette offrande. Car il était toujours plaisant et touchant de recevoir des cadeaux, même si ceux-ci pouvaient parfois apparaître surprenant ou maladroit. Le simple fait d’offrir dénotait une intention de faire plaisir, un souci de l’autre des plus louable.

En l’occurence, son hôte n’avait guère commis d’erreur, la voix de Kasugami ayant toujours été plus ou moins curieuse de vérifier les rumeurs ventant la saveur de l’umeshu du dragon. Elle pourra donc se faire sa propre opinion.

Sa remarque sur l’esthétique du contenant sembla amuser l’imposant guerrier qui ne put retenir un énième sourire quelque peu hilare, rapidement estompé par une de ces froides prises de conscience qui vous plaque brutalement le museau dans la dure réalité.
Cependant ces flagrantes manifestation de son état, échappa totalement à la jeune femme, littéralement absorbée par sa contemplation de l’objet en question.

Lorsqu’elle reporta son attention sur lui, ce fut alors pour lui proposé du thé. Paisible, la réponse du guerrier ne se fit guère attendre, quelque peu ironique par les mots qui l’achevèrent. Ce qui ne manqua pas de lui dérober un rire feutré.
Tout comme elle, il n’appréciait guère les pompeuses manières caractéristique du milieu. L’habitude avait fait qu’elle avait néanmoins fini par en intégrer plus ou moins l’usage, partiellement a contre coeur qui plus est.

La remarque de Raiken lui rappela pourtant qu’elle n’avait pas a se montrer si formelle avec lui.


-Désolé… Elle sourit, presque gênée l’espace d’un instant.

-… simple question d’habitude…

- à défaut de ne pouvoir révolutionner le protocole, il faut bien que je m’adapte en attendant. Plaisanta-t-elle sur un ton des plus léger.

Entre temps, une miko, vint leur apporter le thé. Cette dernière voulu alors entamer le service mais fut arrêtée dans son élan par la kannushi.

- Merci Hana, ne vous encombrez pas de cela, je m’en occupe.

Elle sourit à la jeune femme avant de reporter son attention sur Raiken, partiellement étendu à même la pierre, tel un grand fauve.

Hana s’inclina avant de quitter discrètement les lieux, impressionnée par cet homme au regard de prédateur qui faisait face a sa supérieur.

Ce fut donc au tour de Raiken d’entamer le récit de ses péripéties au gré du clapotis du thé que la jeune kannushi s’appliquait à verser élégamment dans chacune des tasses. Reliquat des nombreuses manière de geisha qu’elle eut à intégrer dans sa jeunesse.
Ceci fait, elle attrapa la sienne afin de mieux savourer la chaleur qui s’en dégageait tout en écoutant avec attention le récit de son ami. De temps à autre elle acquiesçait se repaissant de la moindre de ses paroles avec une curiosité non feinte. Raiken était l’un des rares avec sa mère capable de lui apporter au travers de ses dires une ouverture sur l’extérieur. Elle cantonnée à son temple et à ses offices, regrettait parfois de ne pouvoir aller et venir a sa guise, tel un de ces enfant sauvage dont elle se prenait parfois à envier la liberté. Mais nul doute que si d’un coup d’un seul, libre et sans attache elle devenait, elle serait alors capable de regretter non sans honte le confort de sa cage doré, à la manière d’un animal qui une fois relâché demeure incapable de se débrouiller…

Au vue des grand geste entamés par son interlocuteur et de l’intonation montante, ce dernier avait visiblement besoin de parler. La situation de la taisho semblait le tarauder au plus au point. Un comportement qu’Hisae ne pu s’empêcher de trouver mignon.
Au delà du simple respect hiérarchique, il était aisé de pressentir l’affection que l’homme portait à sa supérieur au travers des mots et du ton employé. Du moins jusqu’à ce qu’il n’enchaine sur une pseudo condamnation, déclamé non sans une certaine véhémence.

Qu’avait-il donc bien pu se passer ?

Les délicats yeux noir s’arrondirent quelques peu sous l’interrogation. Néanmoins, elle se garda bien de le questionner d’emblée, le sentant trop à vif pour oser s’aventurer aussi tôt sur un terrain aussi sensible que sa relation avec la taisho.
La mine boudeuse qu’il arbora par la suite ne manqua pas de la faire sourire pourtant. Il râlait mais il l’appréciait c’était sûr !

Chassant ces pensées négatives d’un énième revers du bras il embraya sur un sujet quelque peu différent.

Toujours aussi attentive, la jeune femme pris une gorgée de thé. Un nouvel ennemi ? tiens donc ? Il lui tardait déjà que le dit dernier mot de l’histoire en question ne paraisse afin qu’il puisse enfin lui raconter. Elle qui plus que tout aimait les histoires…

Finalement il conclu son récit en se lançant dans un discours emplit de reproches factices au sujet de son escapade matinale, tel un père sermonnant son enfant.
L’incarnation ne pu réfréner un éclat de rire qui vint caresser de ses notes fluides et claire les vastes murs de la grande salle pour se mourir en un écho lointain, presque irréel.

Le calme s’en revint rapidement lorsque l’éventualité d’une sortie fut abordée.

La jeune femme sourit, aussi bien a l’intention de ses derniers mots qu’à l’idée de voyager de nouveau. Bien sûr qu’elle serait ravie de parcourir le pays, de voir et rencontrer du monde, mais quand à savoir si « ses ouailles » comme il les appelait serait d’accord… c’était une autre histoire.
Cependant, si ça présence pouvait réconforter Okaruto, alors l’argument serait de taille.

Elle le contempla un instant, osant se noyer l’espace de quelques secondes dans l’or de ses iris. Raiken avait parfois tout d’un grand frère ou d’un père à ses yeux. De temps à autre, elle se prenait d’ailleurs à imaginer malgré elle ce père qu’elle n’a jamais connu à son image : une force de la nature avec un coeur gros comme ça ! en clair, un genre de panda dans les bras duquel on aurait envie de se jeter afin de noyer tout ses soucis dans un gros câlin. Seulement, à son âge, on ne pouvait guère se permettre un tel comportement… les enfants eux, avait encore cette chance là.

Une lueur de malice alluma l’encre de son regard tendis qu’elle envisageait de nouveau l’idée d’une « fugue organisée » à travers le pays. Déposant sa tasse elle pris alors la parole.


- Je ne sais si la simple vue de mon visage suffira à les rassurer, cependant, je suis toute prête à entamer les négociations d’une telle entreprise, si cela peut s’avérer utile… apporter un temps sois peu de réconfort au pays… cependant, je mentirais également si j’omettais d’ajouter que l’espoir d’une telle escapade n’est pas totalement désintéressée… m’échapper un instant me serais fort bénéfique.
La routine est aussi rassurante qu’elle est nocive… et je suis décidément trop jeune pour me permettre de m’empâter aussi tôt.


Ultime note d’ironie venant clore cette première réplique. Elle marqua une pause, contemplant d’un regard absent les reflets ambrés de la boisson délaissée qui refroidissait lentement dans son écrin de porcelaine finement ornée.

-Je crois pouvoir dire sans trop me tromper que… j’ai autant besoin d’eux qu’ils semblent avoir besoin de moi… laissa-t-elle finalement échappé avec douceur, un petit sourire pensif éclairant son visage.

S’extirpant de cette brève rêverie, elle se redressa quelque peu, tout en replaçant rapidement une mèche folle d’un revers nonchalant d’une de ses mains engoncées dans ses vastes manches de soie brodées.

-Je pense en discuter ce soir… et s’il faut je leur fausserais compagnie. J’ai une monture, de quoi me défendre, un kami gardien qui veille sur moi…

Elle ponctua sa phrase de bref gestes volubiles au dessus de sa tête, désignant par ce biais la monumentale statue de l’être divin qui trônait derrière elle.

-… rien d’impossible je pense. A quoi bon être une incarnation si cela ne nous permet rien de plus.

Brusque regain de confiance sur fond de reproche dans sa voix et sa tenue. Foin de brebis douce et délicate a présent, c’était la battante qui s’exprimait ainsi.
Si la plupart du temps elle agissait telle l’insaisissable prophétesse pure comme neige, calme et docile, cantonné à la simple annonce de la météo divine, il en était tout autre en vérité. Sans qu’elle ne puisse l’expliquer, il avait toujours subsisté chez elle des élans d’aventure et de prise de risque frôlant l’inconscience voir la bêtise. Une envie sauvage et brutale de tout lacher et de tracer sa route à sa guise, contre vents et marées, au petit bonheur la chance…

Une vaste utopie aux allures d’insolente provocation, sans doute née en réaction à un milieu trop corseté à son goût.

Seul la raison et sa crainte de l’échec la dissuadait de tels agissements. Qui sait quel impact cela aurait sur le pays si elle venait a disparaître sans raison, du jour au lendemain… sans parler de ses proches, de sa mère, de ses religieux, de Raiken… et du peuple tout entier…
Nul doute que cela ferait parler.
Pourtant c’était une pensée devenue récurrente, qu’elle se surprenait a ruminer de plus en plus fréquemment. Murissant chaque jour, petit a petit les étapes d’une telle entreprise.

Seule, reclue dans son temple, à pseudo philosopher sur des choses dont elle ne possédait que quelques vagues connaissances théoriques. A l’abris du danger, à l’abris de la vie même… Dieu comme elle se sentait inutile, préférant mille fois se mêler à la populace pour veiller ses aînés dans leur derniers instants, guider ses cadets dans leur premier pas, et de manière plus général, aider son prochain de la manière la plus simple qui sois… partager leur peine, les soutenir dans leurs efforts, alléger quelque peu leur sort par sa présence et ses actes, raviver l’espoir et la joie…

Telle était la conception qu’elle tendait à se faire d’un vrai kannushi… un être d’une grande sagesse, doté d’un savoir multiple et profond impliquant milles et une aventure à son actif… aussi bonne que mauvaise… un être forgé par la vie même.

Cependant, l’hésitation et la crainte bien que consciencieusement mais lentement rongé par l’ennui, était encore trop présent.

Aurait-elle la force d’assumer un tel destin ? Heureusement, elle avait tout le temps d’y réfléchir. Ce n’était vraiment pas ça qui lui manquait… le temps…

Les breloques tintèrent tendis que sa tête oscillait légèrement de droite à gauche, répondant par la négative aux angoisses qui l'assaillait en cet instant même.
Puis ses ténébreuses iris cherchèrent vainement quelques réponses ci et là, avant de venir de nouveau accrocher un peu par hasard ses interlocutrices dorées. La réponse... elle était là...


- Un jour je changerais tout ça… souffla-t-elle tout bas, un demi sourire incertain flottant sur ses lèvres, vestige d’une innocence tranchant avec le sérieux acéré de son regard.



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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Lun 15 Juin - 17:58

Une dualité étrange émanait de l'aura de la jeune fille. Elle incarnait la douceur née et était loin d'être dépourvue d'une grâce douce et innocente. Mais tantôt perçaient à la surface les rumeurs d'une femme autrement plus certaine et indéfectible. Un être épris de liberté et plein de hardiesse dormait et s'éveillait parfois en Hisae, faisant briller son regard plein d'une passion différente de celle qu'elle aurait pu avoir en traitant de ses activités au temple.

Même lorsqu'elle commandait à une simple miko préposée au service, cette émanation de commandement lui paraissait aussi visible que le nez au milieu de la figure. Il lui semblait qu'elle s'ignorait cette force, cette énergie. Alors qu'elle réagissait à sa question, il ne pouvait que se rendre compte de la véracité de son pressentiment vis à vis de son interlocutrice. La kannushi était, en vérité, cette façade que le destin lui avait imposé, mais sous cette patine soyeuse et aimable se cachait autre chose qui appelait à sa libération.

Cependant, il ne se leurrait pas sur le fait que ces deux facettes étaient dorénavant celles d'une seule et même personne et que l'une et l'autre ne pourrait pas s'effacer au profit de la seconde par une simple question de volonté. Il avisa la tasse de thé qui lui avait été servie tandis que l'élue de cieux poursuivait le cheminement de sa réponse, attrapant le contenant ridicule entre son index et son pouce comme on le ferait d'une coupelle de saké et y trempant les lèvres.

Non… Ce n'était décidément pas une boisson après laquelle il courait. Ce n'était pas répugnant, au contraire, mais cela n'était comparable en rien à une rasade de shochu ou à certains jus sirupeux dont il affectionnait le goût. Néanmoins, toutes ces considérations n'avaient pas la moindre importance face aux propos tenus par sa partenaire. Il constata qu'il ne s'était pas trompé sur ce qu'il décelait d'elle, qu'elle désirait bien voir au-delà des murs imposés du temple qui lui servait de demeure.

À l'entendre, c'était même un fait établi, elle quitterait ce lieu, probablement ponctuellement, mais cela se ferait de gré ou de force. De l'entendre traiter de la chose ainsi, il s'en demanda pourquoi il avait mis le sujet sur le tas, étant donné qu'un tel dessein n'apparaissait pas du néant comme cela. Elle devait avoir mûrit l'idée depuis longtemps et le fait qu'il mette cela sur le tapis avait servit de prétexte, comme si elle avait toujours attendu que quelqu'un le fasse pour elle.

Si cette réaction eut pour effet immédiat de réchauffer l'humeur du Taisa, l'évocation de l'entité Divine et de son aspect gardien le refroidi aussitôt. Qu'elle puisse se reposer sur un tel être, malgré tout ce qu'il avait fait, le mettait hors de lui. Ainsi, lorsqu'elle désigna la statue du Kami derrière elle, les yeux d'ors fixèrent l'objet inerte comme si ils avaient la capacité de l’annihiler de leur seul insistance.

Puis ses iris retombèrent sur Hisae et il ne put que remarquer que les mots de la jeune fille étaient parvenus à eux seuls à la redresser, à lui faire prendre une expression qui lui donnait de l'âge, à moins que ce ne soit de l'assurance. Non pas qu'elle en manquait. C'était autre chose. Mais l'instant passa. Le cheminement des pensés de la Kannushi se trahissant dans les reflets de ses pupilles et sur ses traits fins montra le retour à la paix qui la personnifiait aux yeux de bon nombre de ses pèlerins… Si ce n'était tout les Yokuni ayant été en sa présence.

Patiemment, il attendit qu'elle en finisse avec ce qu'il avait éveillé en elle et dont il ignorait les tenants et aboutissants. Il comprenait bien qu'elle se battait contre elle-même, mais ne pouvais guère savoir quelle idée gagnait sur une autre. Lorsque la nuit sans limite de ses iris croisèrent à nouveau l'ambre des siens, ces yeux si différents pourtant provoquèrent en lui un battement de cœur des plus familier. De ceux qu'il avait lorsque le Dragon en personne était sûre d'elle.

L'espace d'un fugace instant, les traits durs de l'héritière des Kasuga se superposèrent à ceux, plus doux, de la petite Iwako. Il ouvrit la bouche, mais resta momentanément coi, surpris d'image qui venait de s'imposer à lui. Un battement frénétique de paupières lui permis de retrouver l'ascendant sur son esprit fantasque, il se redressa aux derniers mots qu'elle prononça, croisant ses jambes sous lui dans un position du lotus et plaquant sa main gauche sur sa cuisse afin d'y apposer le poids du haut de son corps.

Il leva alors le tronc qui lui servait de bras droit, le poing ouvert en direction de la statue de Kasugami. Puis il ferma ses doigts brusquement pour ne plus former qu'un marteau qu'il serra au point de se faire blanchir les phalanges. Il n'éclaircit pas son geste, préférant ce qui suivit à une explication claire, sa voix dénuée de l'ombre d'une hésitation, pourtant conscient de passer du respect de l'étiquette à une démonstration parfaitement inverse :

… Et il y-a des jours tout les jours. Dit-il férocement.

Je suis là, allons y donc. Au moins en ma compagnie tu ne risques pas de te blesser le pied. Fi de monture ou de kami, tu n'as aucun besoin d'être l'incarnation de quoique ce soit sinon de toi-même, tu as un ami. Allez, je te laisserais même monter sur mes épaules, que risquons nous après tout ? Je suis un Taisa des brumes et tu es mon Kannushi, nous sommes sur les terres des Vents, celles de nos alliés, nous n'aurons qu'à prétendre à une coutume !

Il s'était quelque peu emballé finalement et ne croyait pas même avoir prononcé ces mots, abasourdi d'entendre sa propre voix s’épancher de la sorte. Mais il ne les retira pas pour autant, sa surprise mutant progressivement en une expression de défi. Il poursuivit néanmoins :

Allons visiter les lieux, Hisae. Il doit y avoir un festival quelque part, il y-en a toujours un, nous autre Yokuni avons toujours quelque chose à fêter. Allons manger des dangos, allons pêcher le koï à l'aide d'épuisette en papier et jeter des anneaux sur des tiges lointaines… Je ne savais pas que tu en étais déjà à ce point là de tes réflexions et maintenant qu'elles me sont ainsi exposées, alors je ne vois pas de honte à t'évoquer les miennes. Laissons là la haute prêtresse polie et le colonel ennuyeux et sortons prendre l'air, marcher où nos pas nous porterons…

Il n'alla pas plus loin finalement, ses mots se perdants dans sa gorge qui se noua, sa conscience lui rappelant tout ce qu'ils risqueraient face à une telle entreprise. Il subsistait un enfant dans son cœur et c'est lui qui venait de s'exprimer. L'adulte venait de le rabrouer silencieusement et il était là à présent, un air stupide sur le visage, sans plus savoir quoi ajouter.
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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Jeu 25 Juin - 18:34

Pendant un temps il ne pipa mot, semblant boire littéralement ses paroles sans oser l’interrompre.
Il ne disait rien, mais n’en pensait sans doute pas moins. Elle pouvait d’ailleurs percevoir dans son regard les émotions se succéder en lui, sans pour autant parvenir à définir chacune d’entre elles.

Il écoutait patiemment, éprouvait intensément, mais n’exprimait rien ouvertement. Du moins pour l’instant. Préférant sans aucun doute la laisser aller jusqu’au bout de son raisonnement avant de lui même se laisser aller à une quelconque réaction.

La jeune femme ne savait s’il approuverait de telles revendications de sa part. Certes, tous deux se connaissaient depuis un moment déjà, certes lui même n’adhérait guère à son statut de kannushi… cependant, jamais elle ne s’était jusqu’alors exprimée ainsi en sa compagnie, en osant formuler précisément ses envies profondes. De plus, elle le savait aussi de nature protectrice, la laisserait-il prendre de tels risques ?
La peur de s’heurter à un refus, pire ! l’idée même qu’il puisse potentiellement devenir un frein à ses envies de liberté l’attristait plus que tout. Une affreuse perspective dont elle rejeta bien vite l’étreinte glacée.
Non.
Elle ne voulait pas y croire. Pas lui…
Raiken était le seul véritable ami dont elle disposait depuis son arrivée a Kokyuu… le seul à la connaître mieux que quiconque ici bas… le seul bénéficiant de toute sa confiance… le seul à pouvoir l’aider…

Par cette ultime confession elle avait fait le choix de s’en remettre entièrement à lui.

Tendis qu’elle achevait de se libérer de ses doutes, elle entrevit la colère bouillonner dans l’or de ses iris. Une violence contenue qui ne lui était pourtant pas destiné, car toute l’attention du guerrier était à présent braquée sur le kami statufié derrière elle. Lequel, figé dans sa minérale attitude, se contenta de lorgner l’ire guerrière de son éternelle et tranquille sérénité.
Pour rien au monde Hisae n’aurait souhaité être la cible d’un tel regard… et pourtant, quelque part… elle ne pu s’empêcher d’en ressentir une certaine affliction. Peut-être parce que son être ne faisait plus qu’un avec cette entité et que par conséquent, cette colère lui était « partiellement » destinée.

Mon ami, pourquoi tant de haine…

Certes elle n’avait pas choisit… mais force fut de constater que le sort jeté la sauva de bien des désagréments. Une évidence dont elle avait dans un premier temps tardé à en saisir toute l’ampleur. Si la divine volonté n’avait point été, alors elle serait à l’heure qu’il est reclue dans un okiya, probablement dépendante d’un danna, toute femme d’art qu’elle aurait été… sublimée par quelques masque d’albâtre rehaussé de carmin, cantonné au seuls exercice de la musique, du chant et de la danse… elle n’aurait été rien de plus que l’incarnation de la bonne compagnie…

Autant dire que le simple ennui dont elle était victime actuellement n’était rien en comparaison… tant et si bien que ses désirs pouvaient aisément passer pour un simple caprice.

Non elle ne considérait pas Kasugami comme un adversaire, mais plutôt comme un allié des plus précieux. Il lui avait donné le pouvoir, depuis le début, il n’appartenait qu’à elle de l’utiliser comme elle l’entendait…

Les kami n’étaient en rien coupables… non. Seul les hommes étaient à blâmer. Les hommes et leur société.

Qui à dit que les kannushi devaient se restreindre au temple ?.. prier et guetter quelques vagues destinées aux travers de présages quelconques… certainement pas les kami ! Une pure invention humaine !

Du moins, la jeune femme en était intimement persuadé. Or si Kasugami désirait une incarnation sage, dévouée, dénuée de toute volonté d’indépendance, alors son choix ne se serait assurément pas porté sur elle…

Suite à ses ultimes paroles, elle découvrit avec un certain étonnement l’amertume de la colère céder la place à la surprise. Aurait-elle dit quelque chose d’étrange ?

L’interrogation se contenta de luire aux abords de ses grands yeux sans oser franchir ses lèvres.

Cependant Raiken se repris bien vite et le sérieux s'en revint s'emparer de ses traits.
L’instant qu’elle redoutait alors le plus était sur le point de se produire. Il allait prendre la parole, réagir, se prononcer, approuver, contester…

Je t’en prie mon ami, dit moi…

Elle retint son souffles, aux aguets.

Dans un premier temps, il se redressa, croisa les jambes, puis prenant appuie d’une main il dressa l’autre vers le kami, le brisant symboliquement entre son poing subitement refermé, serré avec une force qui l’a fit frémir.

Pour toute réponse elle ferma les yeux un bref instant, comme pour effacer ce geste si fort.

Je te pardonne mon ami…

Non elle ne lui en voulait pas. Kasugami faisait partie d’elle. C’était ainsi. Un fait que rien ni personne ne pourra changer… Mais cela ne l’empêcherais pas d’avancer contrairement à ce qu’il semblait penser.

Suite à cela, il prit alors la parole.

La voix grave imprima sa pensée tendis que les mots défilaient, frappant de plus en plus fort, achevant d’annihiler ses craintes. Ce fut à son tour de se montrer coi face à la sincérité du guerrier. Ses yeux s’agrandirent  progressivement tendis que ses lèvres s’entrouvrirent légèrement, trahissant l’émotion qui la submergeait soudainement, étreignant sa gorge et accélérant son coeur comme jamais.

Lorsqu’il se tu, elle resta là, figée, laissant le silence répondre à sa place. Ses yeux noir le scrutant avec une intensité peu commune. Etait-ce bien Raiken qui venait de s’exprimer ainsi ? rêvait-elle ?

En réalité, elle était presque déçue qu’il s’en tienne là…

Elle sentie presque les larmes lui monter aux yeux malgré elle tant sa joie et sa reconnaissance était grande. Se reprenant tant bien que mal, elle déglutie avec difficulté, fermant une nouvelle fois les yeux. Un sourire émue se dessina sur ses lèvres tendis qu’elle savourait chacun des mots fraichement prononcés comme la plus chère des promesses.

Lentement elle se leva en un bruissement de soieries, sans quitter Raiken des yeux, elle porta une main aux lourdes parures de métal couronnant sa chevelure afin d’en ôter une partie. La pièce décisive, une fleur finement sculpté ainsi retirée acheva de la libérer du reste. L’encre cascada le long de son dos tendis que les pièces annexe chutaient une à une sur la pierre froide en un tintement plaintif.
Entretemps, la main libératrice s’était abaissé pour rejoindre l’autre. Toute deux serraient encore l’objet.

Son regard marqua une pause avant de se risquer à quitter l’or rassurant du regard adverse. Comme si elle craignait de découvrir ce que renfermait ses doigts tremblant.
Finalement son attention se porta sur la broche en question.
Elle la contempla longuement… dans ses moindres éclats… comme on s’enivre une dernière fois d’un regret avant d’oser enfin s’en détourner à jamais.

Puis doucement ses yeux revinrent s’ancrer à leur consoeurs mordorées. Un à un ses doigts s’ouvrirent laissant choir l’ultime pièce qui vint lourdement heurter la table de bois, puis sa main droite s’éleva une dernière fois vers le bushi, un sourire radieux  naissant progressivement sur ses lèvres.


-Hé bien qu’attendons-nous… murmura-t-elle avec douceur.

Emmène moi mon ami,… fait donc moi découvrir les merveilles de ce monde… allons… vivons !

Qu’il s’empare de sa main et qu’ils aillent ou les guides leur pas. Au grée du hasard, au grée de leurs envies.
Le monde pouvait bien s'écrouler, cela n’avait plus d’importance… car ils n’étaient en cet instant rien de plus que des enfants…

Advienne que pourra !



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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Ven 10 Juil - 10:43

Il l'avait vu au moment où il venait de renfermer son poing dans le vide de la perspective qu'il avait sur la statue divine, le regard de nuit éternelle se voiler d'une fugace tristesse. Il se demanda si elle avait prit sa bravade pour elle, mais c'était là une insulte faite à sa vivacité car il était évident pour le budoka qu'elle avait parfaitement compris vers qui sa ire tendait. Et ainsi, malgré le concours de la destiné qu'il voulait combattre de ses poings s'il l'avait pu, elle semblait pourtant protectrice vis à vis de l'entité qui l'habitait.

La fatalité de la chose ne rimait donc pas avec un non consentement et cela, il ne pouvait le comprendre. Ou plutôt, ce fut une évidence au contraire. Elle faisait simplement avec. Ce qu'elle avait été avait été transformé en ce qu'elle était devenue et Daiyuki Raiken, samuraï au service de Okaruto, avait rencontré Iwako Hisae la Kannushi. Pas ce qu'elle fut autrefois. Celle là, il ne l'aurait probablement jamais croisé.

Un sentiment égoïste et un autre, plus altruiste, joutèrent l'un contre l'autre en lui. Il remis les cartes en ordre dans son esprit. Sa colère à lui était dirigée contre la mélancolie qu'elle pouvait éprouver et vraisemblablement, cela ne venait pas de l'investiture de son corps par un être supérieur. En y réfléchissant bien, elle n'était pas la prisonnière d'un Kami, mais des murs de ce Temple. Il arrêta là le chemin de ses pensés.

Cela était beaucoup de choses à deviner et il n'était doué d'aucun don de ce genre. Elle lui en parlerait un jour et alors les choses seront plus claires. En attendant, le sujet était tout autre et son excitation par rapport à sa proposition qui allait contre tout bon sens n'était pas retombée le moins du monde. Et il fallait être aveugle pour ne pas comprendre que ses propos avaient touchés son interlocutrice. La surprise qu'elle affichait pouvait avoir mille significations.

Elle aurait pu faire appeler les Soheis pour le guider hors des murs de Meisou et mettre ainsi un terme à leur amitié, il était allé très loin, si Riyu l'apprenait… Il ne préférait pas y penser. Cependant, autant son empathie était très limitée, autant le tableau des expressions du visage de Hisae fut évocateur. Non. Sa craint s'évapora face à la teneur que prirent les traits de la jeune fille.

Il connaissait bien ce regard et le chérissait au plus profond de son coeur : Oui, il avait touché par ses termes, de la plus joyeuse des façons apparemment. Son sourire de défi n'était pas retombé et il n'avait aucune raison de l'effacer à présent, révélant par la même occasion ses dents dans un faciès carnassier lorsqu'elle se leva alors.

Kannushi était un titre auquel nombre d'artifices étaient ajoutés, comme celui de Daimyo ou de Dame, il y-avait tout un attirail de façon à ce que le porteur de ce nom soit reconnu de loin. Mais si vous enleviez ces détails, l'homme et la femme derrière ces rangs étaient simplement humain. La voir ainsi se défaire de l'un de ses atours sans le quitter des yeux, goûter au plaisir de voir tomber la cascade de ses cheveux sur ses épaules. Il ne l'avait jamais vu ainsi, si séduisante dans ce petit geste libérateur et toute sa psyché s'orienta vers une seule et même observation :

*En d'autres circonstances, Hisae… Ce n'est pas un ami que j'aurais aimé être pour toi.*

Mais ça n'alla pas plus loin. Il n'imagina pas plus combien leur relation aurait pu être différente si il se montrait plus sensible et si elle acceptait ses attentions dans ce sens. Non. En lieu et place de cela, il la laissa briser en elle-même les frontières inconscientes de la bienséances, lâcher la couronne au sol et lui sourire d'une telle façon qu'il manqua d'en revenir à ses précédentes idées.

Ce qu'elle prononça n'était pas une question en soit, mais il y répondit malgré tout en bondissant presque sur ses immenses jambes, l'avisant de toute sa hauteur physique et pourtant écrasé par la grandeur de l'âme de la haute prêtresse. Il lui tendit un bras et avala complètement la main de l'élue des Cieux dans la sienne. Puis il considéra la pièce, quelque peu pantois dans un premier temps. Tout cela était bien beau, mais… Il se mis à penser à voix haute :

Nous allons donc devoir nous substituer à l'attention des gardiens de ces murs… Comptant sur le fait qu'ils ne pourraient pas imaginer ce que nous entreprenons et que leur attention soit orientée vers l'interdiction de laisser entrer des êtres en ces murs, non pas à les laisser en sortir…

Il retourna ses iris vers sa compagne d'aventure naissante et ajouta dans sa direction :

Tu dois mieux connaître cet endroit que moi. Il doit bien exister quelques passages par lequel une kannushi décoiffée et un Taisa géant pourraient se glisser pour fausser compagnie à cette communauté… J'aimerais autant que faire ce peut éviter de devoir assommer ou faire perdre connaissance à des gens qui ne sont pas mes ennemis.

Il avait prononcé ses derniers mots d'une mine de pince sans rire prononcé, mais il brillait dans ses yeux la réalité de ses sentiments. Non pas qu'il n'était pas prêt à tout pour offrir ce moment de pure liberté à sa jeune amie, mais frapper un Okaruto ou un allié dans leur bon droit était totalement exclu. Il clôtura enfin simplement :

Tu m'as parlé de ton escapade matinale… Et bien que nombreux soient éveillés à présent, en cette histoire réside peut être le succès de notre entreprise… Non ?
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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Lun 28 Sep - 0:14

Un simple geste, et tout est balayé… le tintement de ce carcan doré sonnait le début de sa liberté.

Il ne s’agissait pourtant que d’une simple broche à cheveux, mais ô combien chargée d’une puissante symbolique.

A peine lui eut-elle offert sa main que le colosse se redressa de toute sa hauteur afin de s’en emparer. Large et puissante, elle eut tôt fait de masquer complètement de son envergure les doigts frêle de la jeune kannushi. Un peu comme un gros poisson avalerais sans mal le premier plus petit passant à sa porté.
Elle put sentir sa paume calleuse forgée par les heures de combat et d’entrainement. Le simple étau de ses poings avait du broyer sans mal bien des choses dont elle se refusait d’ailleurs à en imaginer la teneur. Cependant, l’étreinte de l’implacable mécanique demeurait à son égard des plus délicate, consciente de la fragilité niché entre ses rouages.

Ce que certain se devait de craindre de cette force de la nature, d’autre comme Hisae était sûr d’y trouver à son ombre sécurité et protection.

Raiken s’était relevé si promptement que la jeune femme s’était apprêtée à lui emboité le pas, pensant à tort qu’il ne s’arrêterait pas là dans son élan. Elle ne cacha pas son étonnement lorsqu’elle se heurta à sa soudaine immobilisation, ainsi qu’à une mine déconfite et interloqué plaqué sur ses traits d’ordinaire si sérieux et confiant. Un contraste qui ne manquait décidément pas de comique.

Sa voix ne tarda pas à traduire le problème dont il était victime et qui l’avait si soudainement arrêté.

L’incarnation de la brume sourit à ces mots. Elle comprenait qu’il rechigne à refaire quelques portraits sur son passage, elle même ne voulant en aucun cas devoir user de violence pour ce simple petit caprice de sa part.

La tonalité jusque là pensive se fit bientôt plus interrogative cette fois-ci à l’encontre de son interlocutrice.
Pour toute réponse, le regard de cette dernière se perdit un instant dans le vague, trahissant sa réflexion.

A l’heure actuelle, le temple fourmillait encore d’activité, d’allers et venu en tout genre, le repos n’étant permis qu’au moment du déjeuner et passé le dîné. Hors tout deux ne pouvait décemment patienter jusque là. l’Après midi quand à lui caractérisait les temps les plus studieux et donc calmes de la journée, les risques de croiser quelqu’un au détour d’un couloir se faisait plus rare qu’en matinée. Ceci n’étant évidemment pas le cas lors des fêtes et autres occasions du genre.
Mais là encore, outre un programme des plus plane, attendre la venu de l’après midi était impossible…

Hisae tournait et retournait le problème à tout allure dans sa tête, à l’affût des milles et unes possibilités. Aussi bien leur rangs à tous deux étaient suffisamment important pour se passer de justification quand à leur « sortie », néanmoins s’ils pouvaient éviter de susciter le soupçon, ce ne serait que plus profitable…
Cacher Raiken et s’enfuir en catimini s’avérera sans doute plus compliqué que de quitter les lieux via un aval général suscité par quelques mensonges avisés…

Mais que dire…

Son grand ami repris, la tirant quelques peu de son diagnostique. La brebis tiqua légèrement, oscillant la tête afin d’exprimer un avis mitigé sur la question.

Son regard abandonna le voile nébuleux propre à l’imagination en marche, et à son tour elle parla.


- Je ne sais pas… je ne pense pas à vrai dire…les murs sont hauts tu sais, et en bon état qui plus est. L’enceinte est bien pensée et parfaitement délimitée, il n’y a, à mon avis, que part la grande porte que l’on ne peut espérer entrer et sortir… à moins bien sûr de n’être versé dans quelques arts furtifs…

Subtile allusion à l’enseignement ninja. Qualité qui soit dit en passant n’était l’apanage ni de l’un ni de l’autre.

Récupérant le fil de ses pensés, d’autres idées lui vinrent, certaines particulièrement sougrenus qu’elle évinça rapidement, d’autre en revanche plus pertinente qu’elle se mit à examiner avec intérêt.

La défunte daimyo aurait été ici bien utile en prétextant une entrevue à caractère urgent dont Raiken se serait aisément fait le messager… hélas, elle n’était plus, paix à son âme…
Cependant, dans le même contexte, la taisho était, elle, toute aussi convaincante.

Pourquoi pas après tout, le simple nom de la dragonne était à lui seul un argument de taille, craint et pour ainsi dire non contestable… dans tous les cas et en tenant compte de la constante de temps, une inquiétude grandissante sera de toute façon inévitable au cours de leur escapade…
Si Kasuga-san l’apprenait… si on dépêchait auprès d’elle une pair de sohei affolés afin de la renseigner de la situation alors ils en prendraient tous deux pour leur grade… Raiken surtout… elle ne donnait pas cher de sa peau… cela ne ferait que le mettre dans les ennuis…

Mauvaise idée. Trop risqué pour quelques heures à peine de liberté…

Ceci dit… même doté d’un autre motif, elle en sera de toute façon très sûrement alerté, car elle représentait actuellement la plus grande instance par défaut. C’est donc elle qu’on appellera à l’aide lorsque le « monde » s’apercevra de leur disparition… mais seulement s’ils venaient à trop tarder…

…trop tarder…

Nom d’un mouton mais c’est bien sûr !

Son visage s’éclaira soudainement tendis que toute les pièces trouvaient leur place dans le puzzle de ses pensées.

S’ils précisaient une heure de retour et qu’ils géraient astucieusement leur temps afin d’être de nouveau ici à la dite heure alors, personne, strictement personne n’en saura rien !
Raiken bénéficiait ici d’une confiance ainsi que d’un respect à toute épreuve, même le méfiant Mahito avait été convaincu… fort du prétexte « Kasuga » afin de vernir le tout, leur petite machination ne pourrait que faire mouche !

A eux la liberté !

Emergeant fièrement des « limbes », elle adressa un regard complice à Raiken, s’apercevant du même coup qu’un sourire malicieux s’était de lui même esquissé sur ses lèvres au cours de la genèse de son plan… qui n’excéda pas plus d’une minute.


- J’ai bien une idée… murmura-t-elle doucement à son encontre.

Et elle pris de nouveau la parole, calmement, veillant à ce que son discours bien que fictif apparaisse actif et pris dans l’engrenage du présent tout en se drapant de conditionnel, manière de suggérer et d’expliquer le possible sans avoir à affirmer, ce qui laissait aussi à son interlocuteur la possibilité de refuser en employant le même registre s’il considérait cela trop risqué.
De plus, aucun risque d’être pris si une oreilles était hasardement amenée à vaquer non loin.


- Je comprendrait que Kasuga-san exige ma présence sur le champs…sans en divulguer la raison, et je serais évidemment ravie de lui apporter ma lumière et mon soutien sur quelques sujets que ce soit. Commença-t-elle sur un ton égal, sans le lâcher des yeux, comptant sur la complicité qui les unissait afin qu’il enchaine non sans mal.

- Je n’ai qu’à prévenir ici et maintenant, revêtir une tenue plus adéquate, préciser une heure, voir un jour de retour et tout mon temps sera sien… aussi longtemps qu’elle en exprimera le besoin.
Elle acheva ses mots avec un sourire tout aussi entendu.

Certes la formulation pouvait s’avérée bien pompeuse, mais c’était sans compter sur l’aide qu’elle avait jadis plusieurs fois apporté à la taisho -essentiellement en terme de yokai il est vrai- et qui achevait ici de crédibiliser une telle déclaration.
Elle ne doutait pas un seul instant de son grand ami pour ce qui était d’en saisir les subtilités, et cela restait de toute façon suffisamment ouvert pour qu’il puisse se permettre une contre suggestion ou bien quelques questions si mauvaise compréhension.

Si sa réponse se révélait positive alors, elle n’aurait qu’a convoquer ses deux jushoku, faire annuler les doléances matinales et filer se changer sans avoir nécessairement à se dépêcher pour éviter qui que ce soit… si ce n’est gagner du temps de liberté.
Ainsi ils quitterait tranquillement le temple au vue et su de tous, mais pas tout à fait pour les mêmes raisons… ce qui se révélait fort excitant !



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MessageSujet: Re: [PV] Tigre et Mouton brûmeux peuvent s'entendre comme des bienheureux ! Sam 20 Fév - 20:25

Un instant, ses suppositions restèrent en suspens et s'amusa intérieurement à voir mille expressions se succéder sur le visage de l'élue des brumes tandis qu'elle réfléchissait à la réponse qu'elle allait lui apporter en considérant ou non les idées qu'il avait émises. À un moment, il s'était inquiété de l'aspect crapuleux de leur volonté. Ils étaient tout deux en position de rang aux devoirs incalculables et leur fuite, une fois découverte, risquerait de leur causer bien des tors, surtout à lui en vérité.

Ce dernier fait, il n'en avait cure en réalité et le genre humain ne pourrait pas destituer l'incarnation d'un Kami par punition, mais il l'idée qu'on puisse restreindre encore plus les libertés de la jeune fille l'horrifiait au plus haut point. Lorsqu'elle lui répondit, hésitante, à propos de la disposition des lieux et de la difficulté qui serait la leur pour disparaître sans risquer d'être vu, l'adrénaline engendrée par la suggestion et son acceptation retomba doucement, lui éclaircissant l'esprit et lui faisant regretter son assentiment.

Pour le bien de Hisae, il aurait du refuser finalement, au risque de se l'aliéner. Raiken s’apprêtait à retirer sa proposition lorsque la kannushi sorti de sa réflexion d'un air enjoué qui brisa totalement la moindre intention d'un pas en arrière de la part du géant. Il était hors de question pour lui qu'il lui refuse quoi que ce soit dorénavant si c'était pour ne plus voir ce minois s'éclairer de la sorte. Elle lui déclara son plan sous le ton de la confidence et il fut frappé de l'innocence mêlée d’espièglerie qui se dessinait derrière ce dernier.

Dans le corps de cette femme, une enfant était là à attendre de pouvoir s'exprimer, chose qu'elle n'avait jamais pu faire durant le temps qui était alloué aux bambins. À cela s'ajoutait une lucidité qui tranchait radicalement avec ce jugement et il dû retenir un rire franc et naturel d'éclater alors qu'elle lui déballait les atouts qu'ils pourraient utiliser pour mener leur entreprise à ses fins.

Il persistait toujours l'ombre de la découverte de la supercherie, mais il préférait définitivement ce pieu mensonge à l'image d'un escamotage total de leur personne, ce qui paraissait de toute façon impossible. En temps normal, l'appel du Dragon de l'Est aurait été accompagné d'une missive officielle. Mais Raiken était l'Ombre reconnue du Taisho Okaruto et il n'avait jamais fait défaut à une confiance difficilement acquise, quoique teintée de crainte, que les gens des brumes avaient à son égard.

La trahir ici ne lui posait pas le moindre problème, car cela servait les intérêts d'un être qui se plaçait, comme très peu d'autre à part Riyu, au dessus de ceux du clan… Et il était tout aussi évident que l'action ne jetterait aucun tracas sur le domaine de Kasugami. Le budoka se sentait certain que même l'héritière des Kasuga pourrait comprendre si jamais le pot au roses était découvert par un hypothétique message à l'attention du Général au sujet de la façon peu orthodoxe par lequel le soit-disant appel était passé.

Si il pu donc retenir son rire, il n'empêcha pas son visage de s'éclairer d'un sourire radieux à l'opposé de ses expressions habituelles. Le colosse posa sa vaste main sur le chef soigné de son interlocutrice et, veillant à ce que sa voix ne porte pas trop loin, déclara d'une voix enjouée toute aussi rare :

Ah… Heureusement que l'un d'entre nous possède le sens de la stratégie et ce qu'il faut pour réfléchir. Je ne me voyais guère grimper les murs de ce Temple et l'idée qui me venait de te cacher dans un sac aurait pu être mal interprétée si découverte…

C'était une plaisanterie évidement, mais il mit ce qu'il fallut de sincérité pour laisser penser à la jeune brebis que l'hypothèse avait réellement été étudiée. Puis il cligna un œil en guise de fin de polissonnerie. Enfin, il poursuivit :

Riyu me tueras probablement si elle vient à apprendre un jour que nous avons invoqué son nom pour parvenir à nos fins, mais il est clair que sa parole est un dé gagnant à coup sûr. Faisons ainsi, je saurais donner le change à tes prêtres et incarnerai le porteur de l'appel du Dragon sans trahir le subterfuge. Je suis même à peu prêt certain qu'ils n'iront pas jusqu'à s'adresser à moi… Je ne tendrais, à ce que l'on raconte, pas vraiment vers les expressions de joies et d'ouverture.

Il en vint à se frotter le menton et ajouta à son propos, pensif :

Il ne faudrait néanmoins pas tirer sur la corde de cette chance qui nous est lancée… Mais restons réaliste. Voyager en Okaruto, jusqu'à Kasu, même s'il s'agit d'une simple entrevue, suggère l'acceptation d'une monture. Je parviendrais à refuser toute escorte si elle nous est proposée, mais pas d'un cheval. Pour ce qui est de la durée, une journée n'y suffirait pas. Notre escapade, si elle se veut réaliste, pourrait durer des jours entier, peut être même plus d'une semaine. Il faudra aussi faire avec des vêtements de rechange et j'ai crainte que l'on ne t'impose une servante pour t'aider à cela.

Le plan n'était pas si infaillible que cela, mais il n'en fut pas désarmé pour autant et continua :

Je ne peux malheureusement pas me proposer pour faire office d'aide, malgré tout le crédit que l'on peut apporter à mon honneur. L'une de tes suivantes ne serait-elle pas assez proche de toi pour entrer dans la confidence ou parviendrais-tu à faire comprendre à tes gens de foi que tu es capable d'assurer toi même tes propres soins ?

Raiken avait lentement glissé de l'humour à un sérieux absolu, la chose étant pleinement considérée à présent. Il la traitait comme un champ de bataille et tâchait, comme Riyu le lui avait inculqué, de connaître et placer ses troupes disponible comme il le devait.
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