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 Le vent attise les flammes

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MessageSujet: Le vent attise les flammes Mar 5 Aoû - 0:13

Le vent souffle mollement dans la vallée. J'entends le claquement léger des voiles sous son effet.  La frégate remonte avec difficulté la rivière, luttant contre la force du courant. Ue, moi et une dizaine de marins sommes baignés dans l'air du soir qui tombe. Je sens remonter de la berge les douces exhalaisons des plantes printanières, comme si la nature elle-même nous accueillait dans son langage, ne communiquant que par un chatouillement délicat des sens. Tout cela est si poétique. Ça me donne envie d'écrire des haïkus, tiens !

«Ondulation de l'eau
Sous le poids du bateau
Comme un poisson dans l'eau.
»


J'aurais pu faire mieux, mais il faudrait que je prenne plus de temps pour réfléchir. Rah, si seulement j'avais plus de talent... Nous revenons du plus long voyage que j'ai jamais fait sur la rivière. Nous sommes descendus en direction du sud, jusqu'à apercevoir la mer, dans les brumes de Hai, aussi dite la Ville des Cendres, restants à une distance raisonnable et sans nous attarder, car le lieu est réputé hanté. C'est un vestige lugubre des ravages de l'Enfer Écarlate. Notre village a eu plus de chance que celui-ci, probablement parce qu'il est moins excentré. C'est Ue qui a tenu à ce qu'on aille jusque là-bas, à plusieurs lieues après le dernier village habité sur la rivière.

« Les voyages forment la jeunesse ! », avait-il lancé dans un rire éclatant, teinté malgré tout de la crainte de voir le vaisseau englouti dans les sombres brumes du passé.

Nous approchons désormais du petit ponton de bois, sous les ramures de la forêt, en aval du village situé sur la rive gauche, sur lequel doit nous attendre un veilleur, afin de prévenir tout le monde de l'arrivée du navire pour nous aider à rapporter les marchandises jusqu'au village situé à une centaine de mètres au-dessus du talweg. Mais il ne s'y trouve pas. Pour moi, cela n'a rien de spécialement inquiétant, peut-être s'attendait-il à ce que nous arrivions le lendemain, puisque nous avions déjà près d'une journée de retard. Mais je sens que les autres sont plus tendus, Ue a même l'air plutôt inquiet. Je lui demande si quelque chose ne va pas.

« Ne sens-tu pas cette lourdeur dans l'air ? N'entends-tu pas le silence qui est retombé sur nous ? Il y a quelque chose qui cloche ».

Maintenant qu'il le dit, c'est vrai que tout semble calme, trop calme. Ue doit penser que le village est en danger, pourtant s'il était attaqué, nous entendrions d'ici la rumeur des combats...

---

C'est à ce moment que les tireurs embusqués surgirent de leur couvert végétal. Une pluie de traits commençait à s'abattre sur les malheureux marins, et sur la petite enfant que rien n'avait préparé à un tel événement. Dans un élan paternel et protecteur, Ue la jeta de toute ses forces dans l'eau, à l'arrière de la frégate, la laissant à la merci du courant. Elle ne comprenait pas bien ce qu'il venait de se produire, mais elle était saine et sauve. Elle se laissa porter jusqu'à la berge de la rive droite, et remonta péniblement, trempée jusqu'aux os, le long du flanc boueux du côteau.

À ce moment précis, elle ne savait pas vraiment quoi faire, ni où se rendre, ni quelle était la meilleure façon de réagir. Jusqu'à maintenant, il y avait toujours eu quelqu'un pour la prendre sous son aile et lui indiquer quoi faire en pareille situation. Elle n'avait même pas eue le temps de voir qui étaient ses agresseurs, mais elle supposait que c'était un groupe de brigands, plus important que les précédents, qui avait déjà dû prendre possession du village et avait été informé de l'arrivée du navire. Haletante, elle vit soudain les corps flottants de plusieurs marins criblés de flèches continuer leur route en contrebas, sans pouvoir les reconnaître. Elle préféra ne pas penser à qui il s'agissait. Les yeux écarquillés, elle comprit alors à quel point le danger était imminent. Elle se mit à pleurer, tout en se levant, ses mains plongeant dans la terre boueuse, et se mit à courir. Elle savait ce qu'il lui restait à faire : rejoindre la garnison Setsu de ce côté de la vallée, et aller quérir leur aide. Avec de la chance, elle croiserait au moins quelques âmes charitables pour la sortir de cet infâme bourbier.

« J'espère que maman va bien».


Dernière édition par Toshiko Mori le Ven 8 Aoû - 14:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Mar 5 Aoû - 2:13

Les rapports étaient plutôt vagues, on parlait d'un groupe d'hommes vagabondant non loin de la frontière avec le clan Setsu. Les relations tendues qu'entretenait le clan Eiichiro avec le clan Setsu incitait à la méfiance. Akiko avait donc été envoyée avec six autres samouraïs pour tirer cette histoire au clair.
Ils avaient quitté Kyokuu à cheval en direction de la frontière pour rallier le village de Machikashi, de la bas ils pourraient interroger les villageois et continuer leur enquête.

---

Ils ne sont plus qu'à un petit quart-d'heure du village, Akiko chevauche quelques mètres en avant du groupe profitant de quelques instant d'isolement. Si les autres sont ravis d'avoir quitté la ville, et espèrent grandement rencontrer un peu d'action, notre jeune amie pense tout autrement. Certes elle apprécie elle aussi de pouvoir quitter la ville, et recevoir sa première mission fut un moment follement excitant, mais elle déteste ce genre de voyage. Les autres samouraïs étaient ses amis, il fait beau, la route est facile, mais la liberté se fait désirer. Akiko est une yokaï. Elle n'est pas humaine, mi-femme mi-chatte, l'humaine est une fière et belle samouraïe du clan Eiichiro, la chatte une sublime féline blanche dont l'apparence fait sa fierté. Et malheureusement elle ne peut se transformer ici. La proximité du voyage l'interdit, et cela commence à peser sérieusement sur la belle. Et pour couronner le tout, ils chevauchent... Akiko déteste chevaucher, cela est sûrement due à sa condition de chatte, les chats ne sont pas réellement connu pour leur passion des moyens de transport. A vrai dire elle déteste ne pas contrôler totalement sa situation, elle ne se sent pas cavalière, elle se sent bagage sur le dos d'une créature au langage étranger. Et dépendre de quelqu'un, ou quelque chose, l'irritait au plus au point.
Tout cela rendait ces rares moments d'isolement encore plus précieux

Akiko en profite donc pour écouter le vent. C'est un don précieux. Comme ce dernier lui avait un jour chuchoté:


"Un jour, alors que tu te tiendras accroupie au sommet d'une tour, tu percevras la voix du vent et cette voix soufflera en toi un savoir nouveau, un jour. Pas maintenant, pas encore."



Le vent ne lui avait pas menti. Il écoutait ce que disait les uns, et le répétait à ceux qui lui prêtaient oreille attentive. Akiko était devenue de ceux la. Le vent était son ami. Mais il avait cependant ses limites, les paroles trop lourdes de conséquences, prononcées avec prudence, étaient trop lourdes pour s'envoler.
Heureusement, rare étaient les gens qui s'attendaient à être espionnés, et plus rare encore ceux qui se savaient écoutés.
Apprendre sur tout et sur rien était donc l'une des principale activité d'Akiko.

Hélàs, à part les discussions de ses compagnons, tournant souvent autours de ses courbes. Il n'y a pas grand chose à entendre dans les plaines. Quoique, en étant un tant soit peu attentif, il y a foule de choses à entendre. Le vent soufflant doucement sur les herbes, l'eau d'un ruisseau au loin, les oiseaux chanter, et même le bruit des flèches se plantant dans la chair.

Akiko se figea si brutalement que sa monture pila net.

"Des combats, le village est attaqué !"

Sans se poser de questions Akiko lança sa monture au galop en direction de la bataille. Elle comprit que les bruits venaient du village. Et accéléra.

---

Akiko a lancé sa monture à pleine vitesse, et la sollicite encore, filant comme le vent elle espère semer ses compagnons. En forme de chat elle pourra se placer bien plus efficacement dans la bataille. L'occasion se présenta au passage d'un bosquet, juste à l'entrée du village. Profitant de l'angle mort elle sauta de son cheval et se transforma en chat dans les airs. Le cheval continuait à toute allure vers le village et elle était à l'abri dans le bosquet. La diversion était parfaite. Ses amis filèrent vers le village.
Filant dans les herbes et guidée par le vent elle arriva très vite sur les lieux de l'affrontement:
c'était un ponton situé en aval du village, un bateau y était amarré, et ses occupants criblés de flèches. Un groupe d'hommes armés d'épées et d'arcs se tenaient dessus, victorieux, pillant sans vergogne et achevant les survivants.
La bataille, ou le massacre, était terminé.
Akiko se rendit compte de son erreur, seule elle ne pouvait attaquer ces hommes, et pour couronner le tout, elle n'était pas du bon coté du cours d'eau. C'était du suicide. Elle était condamnée à attendre ses amis.

"J'espère que maman va bien"

Le vent lui chuchotait cette voix, de son coté de la rivière, une voie en pleurs, celle d'une petite fille. les attaquants se situant entre les habitations et le ponton, Akiko en déduit que ces derniers revenaient du village et qu'il n'y avait probablement plus rien à sauver la bas. La petite fille en revanche se dirigeait tout droit vers la frontière du clan Setsu.

"Elle échange un mal pour un autre."

Se dit Akiko. Les membres du clan Setsu n'étaient sûrement pas les personnes à aller chercher dans ce genre du situation. S'il était probablement trop tard pour les villageois, il n'était pas trop tard pour cette fillette. Elle pourrait peut-être la rattraper à temps. Se fondant dans les ombres, elle partit à sa poursuite.


Dernière édition par Nakashima Akiko le Ven 8 Aoû - 21:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Mar 5 Aoû - 13:58

Il était beau le hatamoto. Yokouchi avançait dans la nuit tombante, entièrement revêtu de son armure de Samouraï rouge carmin, la soleil qui avait frappé toute la journée ne semblait pas avoir beaucoup affecté le fils de Setsu. Qu'Okami darde de ses rayons embrasés tant qu'il le faudrait, il continuerait sa route. Le hatamoto du seigneur Setsu Gekido portait une missive importante, et bien qu'il ne comprenne pas l'usage d'un garde du corps pour une telle tâche, on l'avait envoyé la porter au chef d'une garnison proche de la frontière. Soit cette missive était d'une importance capitale, soit le seigneur Setsu ne lui vouait aucun crédit, soit il le méprisait. Yokouchi préféra ce dire que c'était le premier cas de figure, le simple fait de penser à d'autres possibilité remettrait bien trop en cause son dévouement.

Le campement n'était plus très loin mais un bruit dans les fourrés attira son attention, le guerrier scruta les ombres, la main à quelques millimètres de son katana, le masque terrifiant ornant son casque comme un défi au malandrin qui osait ainsi l'observer dans les ombres. La déception fit son apparition sur son visage quand il constata que ce n'était qu'une petite fille. Le hatamoto s'apprêtait à continuer son chemin sans même lui accorder un salut quand il se rendit compte que la malheureuse était trempée, outre l'heure ridicule pour se baigner et le fait qu'il soit ridicule de se baigner habillée de sa tenue de ville, Yokouchi devait bien reconnaître que l'enfant semblait en proie à un grand trouble, ses yeux rouges avaient peine à cacher les larmes que le fait qu'elle soit trempée rendaient invisibles. Le garde du corps du seigneur Setsu réagit instantanément, il allait sans doute mettre la main sur un quelconque brigand ou pervers qui pourchassait la jeune fille, de quoi ramener un trophée à la maison, rendre service au clan et égailler un peu ce voyage monotone et ennuyant au plus haut degré.

Yokouchi fit signe à la jeune fille de le rejoindre de la main, le samouraï n'était pas vraiment engageant dans son armure mais il serait sans doute le seul point de repère un tant soit peu rassurant de la jeune fille si elle était pourchassée par dieu sait quoi. Le hatamoto frémit, il espérait que ce n'était pas un Yokaï, il ne manquerait plus que ça. Il devait se tenir prêt à toute éventualité, on ne savait jamais sur quoi on pouvait tomber quand on arpentait les routes.


-Par ici jeune fille, tout va bien, vous êtes en sécurité.

Le guerrier d'un mètre soixante dix équipé de son armure carmin était une vision assez fascinante, tout autant qu'elle pouvait être effrayante. Le masque destiné à effrayer l'adversaire tout autant qu'à protéger légèrement le visage des coups figurait une espèce de démon au visage moqueur et cruel. Son armure d'acier lamellé était laquée au point d'en être brillante sous le soleil couchant, le soldat s'avança vers la jeune fille et lui fit face, scrutant les environs derrière elle.

-Je peux savoir ce que vous fuyez?
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Ven 8 Aoû - 14:56

Maman, j'ai si peur. Peur que tu sois morte, peur que tout le monde ait péri dans l'attaque des bandits…   Pourquoi fallait-il que ça arrive aujourd'hui ? Si nous étions arrivés à temps, peut-être aurais-je trouvé la mort avec les autres, et tous mes soucis se seraient évanouis dans les ombres d'un sommeil éternel.

Mais non, je suis ici, bien vivante bien qu’empêtrée dans la boue argileuse. Tu dois te ressaisir… Je suis sûr que les autres vont bien, ils ont dû s'abriter dans le fortin, les portes et les murs sont faites de la même pierre que celle qui aurait protégé les anciens du temps de l'Enfer Écarlate. Le tout, c'est de ne pas perdre espoir et d'agir, n'est-ce pas ?

---

La petite fille courait donc à travers la ripisylve, dans le rougeoiement de plus en plus pâle du crépuscule, le bruit de ses pas crépitant sur le couvert végétal. Remplie de boue de la tête aux pieds, elle chercha à sécher ses larmes d'un revers de la main, ne faisant qu'ajouter un peu plus de terre humide sur sa bouille déconfite. Elle savait que la route menant à la garnison n'était plus très loin, la forêt bordant la rivière se confinant à une fine bande permettant de protéger les abords des crues fréquentes. Le corps égratigné par les broussailles, elle vit enfin la route à l'orée du bois, qu'un être des plus effrayant parcourait déjà d'un pas lent mais assuré.

« Que les Kamis me protègent ! »

Alors qu'elle s'avance hors de l'orée du bois, la petite est pétrifiée de terreur à la vue du soldat. Le samouraï arbore un masque démoniaque pour ses yeux jeunes et innocents. Le masque flamboie dans la lueur crépusculaire, comme une incarnation de Moegami lui-même. Le nez crochu du masque ne fait qu'accentuer le côté étrange du large sourire d'acier. Le tout est surmonté de cornes formant un « U », faisant de l'objet belliqueux le parfait annonciateur d'une mort prochaine, mais une mort lente et douloureuse comme l'arrondi des cornes et la douceur des traits.

Bien qu'elle ait déjà vu ce genre de faciès utilisé dans l'armée par le passé, c'était la première fois que l'enfant se retrouve seule face à un guerrier en armure. Si d'un point de vue extérieur au sien, il était évident qu'il s'agit d'un membre du clan Setsu, elle ne pouvait reprendre ses esprits, toujours paralysée par la peur, observant de loin son potentiel agresseur sans pouvoir faire le moindre geste de recul. Elle semblait ne plus vouloir lutter, prête à se laisser dévorer vivante par la figure démoniaque. C'est au moment où tout semblait perdu pour elle que le samouraï prononça ses mots.

« Par ici jeune fille, tout va bien, vous êtes en sécurité. »

Mori se décrispa un peu. L'homme avait prononcé cela d'une voix douce et sereine, mais elle doutait encore de ses véritables intentions. Peut-être ne voulait-il pas l'effrayer afin de mieux l'atteindre en plein cœur ? Elle ne pouvait pas lire sur son véritable visage ce qu'il pensait réellement. Pourquoi ne le retirait-il tout simplement pas s'il voulait vraiment la rassurer ?

«  Je peux savoir ce que vous fuyez ? »

---

On dirait qu'il me veut du bien… Il a dû voir mon désarroi, et doit penser que je suis poursuivie. Ce n'est pas vraiment le cas, bien que je ne sache pas vraiment si un des soldats a cherché à me poursuivre le long de la berge. Peut-être que nous sommes en danger… J'essaye d'articuler une réponse au démon.

« S'il... S'il vous plaît, aidez-moi ! Je suis venue quérir l'aide de la garnison du clan Setsu, mon village de l'autre côté de la rivière, en terre Eiichiro, a été attaqué par des brigands. Pouvez-vous…  Pouvez-vous me venir en aide ? »

De toute façon, je n'ai plus rien à perdre.

« Le masque d'enfer
Plonge ses yeux sur moi –
Main amicale.
 »
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Ven 8 Aoû - 21:21

Ses amis devaient sûrement avoir atteint le village, soit ils se battaient contre les bandits, soit ils comptaient les cadavres. Akiko refusait d'envisager une troisième option.
Akiko avait changé de forme. Sous sa forme féline, la chatte blanche fendait les bois à la poursuite de la gamine qu'elle avait repéré quelques instants plus tôt. Rapide comme le vent et silencieuse comme un fantôme, sa grâce habituelle se transformait ici en un élan irrésistible. Elle écoutait le vent avec grande attention, ce dernier était un précieux conseiller pour qui voulait poursuivre quelqu'un. Chaque pas, chaque brindille brisée retentissait à ses oreilles comme si elle courait à coté de sa cible. Elle entendait aussi son souffle, de plus en plus court. Et les pleurs. Soudain, le bruissement des branches se tut, et le bruit des pas ne tarda pas à faire de même. La samouraïe en conclu que la jeune fille avait atteint la route, et s'était arrêtée. Akiko accéléra.

Attends moi petite, j'arrive !

"Par ici jeune fille, tout va bien, vous êtes en sécurité."

La voix grave avait retentit seulement quelques secondes après que la jeune fille se soit arrêtée. Akiko pesta, cette voix pouvait appartenir à n'importe qui, avec un peu de chance ce n'était pas un guerrier.

"Je peux savoir ce que vous fuyez ?"

Ses espoirs s'envolèrent, un simple paysan ne poserait pas cette question, et encore moins avec un tel aplomb. Il s'agissait d'un guerrier. Malgré ses craintes initiales, elle n'avait plus qu'à espérer un samouraï du clan Setsu. Même si leur clans n'étaient pas en très bon termes, un samouraï est censé savoir se tenir. Enfin, en théorie. Elle connaissait malheureusement trop bien le système féodal pour l'affirmer avec certitude.

S'il... S'il vous plaît, aidez-moi ! Je suis venue quérir l'aide de la garnison du clan Setsu, mon village de l'autre côté de la rivière, en terre Eiichiro, a été attaqué par des brigands. Pouvez-vous…  Pouvez-vous me venir en aide ?

Forcément, que pouvait-elle bien demander? Maintenant tout dépendait du guerrier. Arrivée à quelques mètres de la route, Akiko reprit forme humaine, et surgit des buissons. Main sur la poignée de son katana, en position basse, défensive, prête au combat.
L'homme qui se tenait devant elle était de bonne taille, un samouraï en tenue traditionnelle du clan Setsu. Et pas le samouraï de base à en juger par la qualité de son équipement. Il fallait éviter l'affrontement, Akiko ne doutait pas de ses capacités, et savait qu'elle pourrait lui échapper grâce à sa transformation, mais les relations entre Setsu et Eiichiro étaient déjà suffisamment tendue comme ça. Akiko se relâcha, elle se redressa et sa main quitta la poignée de son arme, modifiant ses appuis elle se mis légèrement de profil, les bras le long de son corps légèrement courbés vers l'avant.
Un Néophyte estimerait cette position comme tout à fais normale. Mais l'homme du clan Setsu ne s'y tromperait pas, elle était en garde, une garde légère, surtout dédiée à la défense, mais solide et efficace. Une attitude simple, Akiko ne voulait pas de combat, mais se tenait prête à recevoir comme il se devait toute agression.

"Paix " fit-elle. "Son village est bel et bien attaqué par des bandits, mes amis y sont déjà mais ils ne sont pas nombreux, ils pourraient avoir besoin d'aide."

Ses amis. A cette pensée une pointe d'inquiétude avait percée dans sa voix. Elle les avait abandonné au village pour poursuivre cette fillette, estimant qu'elle devait sauver tout ce qu'il était encore possible. Mais maintenant qu'elle y pensait, pour peu que les bandits soient assez nombreux...
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Ven 8 Aoû - 23:01

La cinquième dimension, il était dans la cinquième dimension. Complètement abasourdi par la scène surréaliste qui se déroulait devant ses yeux. Bon d'accord il faisait peur en armure mais elle pouvait arrêter aussi de le regarder comme si il sortait tout droit des enfers. C'était peut-être le masque de démon ou bien l'armure rouge mais il ne prenait pas autant soin de son équipement si il ne faisait pas un tel effet. Effet à double tranchant dans le cas présent. La jeune fille semblait sur le point de tomber dans l'inconscience sous l'effet de la peur, le Samouraï hésita à retirer son masque et son casque mais il ne savait toujours pas ce qui pouvait poursuivre cette jeune fille. Était-elle un appât? Ses ordres étaient-ils plus important qu'il ne semblait l'imaginer? Les scénarios se bousculaient dans son esprit, il vit son regard emplit de malheur se lever vers lui, emprunt de tous le malheur du monde... il détestait les enfants.

« S'il... S'il vous plaît, aidez-moi ! Je suis venue quérir l'aide de la garnison du clan Setsu, mon village de l'autre côté de la rivière, en terre Eiichiro, a été attaqué par des brigands. Pouvez-vous…  Pouvez-vous me venir en aide ? »

Tout d'abord horrifié de la nouvelle, Yokouchi assimila enfin la localisation exacte du village, en terre Eiichiro. Il se détendit un peu, nul besoin de s'inquiéter, ça ne concernait pas vraiment le clan Setsu. La demande de la gamine l'étonna bien plus, elle voulait quérir l'aide de la garnison des disciples de Moegami? Quel était encore ce nouveau tour? Elle ne devait pas bien saisir les enjeux, la présence en terre Eiichiro de combattants Setsu, même pour exterminer des bandits, était sans doute la pire chose à faire et pourrait déclencher une guerre. Bien que le Setsu ait grande confiance dans son clan pour écraser ces faibles et graciles Eiichiro, il ne souhaitait pas vraiment un conflit ouvert entre deux clans comptants chacun de nombreux guerriers, les batailles seraient apocalyptique. D'un autre côté, si il se déplaçait lui même il agrémenterait ce voyage monotone et ne mettrait pas en voyage le clan. Bien que l'idée de prendre des risques inconsidérés ne l'enchante pas, il fallait faire quelque chose contre ces brigands, ils allaient sans doute s'en prendre à d'autres villages après ça, et parmis eux il y aurait des villages Setsu, son devoir était de protéger le clan comme il avait juré de protéger le seigneur Setsu Gekido.

-La garnison ne bougera pas, ton village est en terre Eiichiro et je ne pense pas que le commandant de cette garnison fasse quoi que ce soit pour t'aider, il ne prendra pas le risque de déclencher une guerre. Je vais devoir y aller en personne. Hatamoto Shimoita Yokouchi.

Yokouchi ne savait pas trop quoi faire. Lui ébouriffer les cheveux? Lui serrer la main? La prendre dans ses bras? La simple pensée de cet acte le fit rire intérieurement, ce serait très stupide de sa part de baisser ainsi sa garde par ce qu'elle n'était qu'une enfant, de nos jours, on ne pouvait jurer de rien. Il maintint donc son écart de sécurité avec la jeune fille, prêt à la découper en deux d'un geste, aucune protection, pas de danger immédiat aux alentours, un coup simple et direct, il y aurait sûrement de la suprise dans ses yeux si le faisait maintenant. Il souris derrière le masque démoniaque, si fragile, si innocente, si pure et si facile à effacer de la surface de ce monde.

Un mouvement dans les buissons retint son attention, une femme sortait des fourrés, c'était la journée décidément, élégante et musclée comme il le sied à un guerrier, elle fit d'abord preuve d'une absence totale d'agressivité avant de se mettre sur la défensive. Yokouchi l'observa derrière son masque terrifiant, bien peu vêtue pour une combattante, Yokouchi se dit que trancher dans  ce corps serait d'une facilité bienvenue si elle se révélait une menace. Elle portait le Môn Eiichiro ce qui la désignait comme membre combattant du clan, son Môn Setsu était bien en place mais bien malin celui qui devinerait sa vraie place dans le clan sans qu'il l'ai révélé. Il n'avait pas grande confiance en cette femme, outre le fait qu'il ne la connaissait pas, elle pouvait avoir récupéré ce mon sur un cadavre, elle était si peu protégée qu'il doutait même de son appartenance à quoi que ce soit. La fille était sans doute en danger, Yokouchi la toisa à travers ses œillères et compris qu'elle n'était pas une menace. Contournant la jeune fille, il se planta entre Akiko et Mori, la main sur son katana.


-Je trouve extrêmement suspect que vous ne soyez pas en train de vous battre avec vos "amis". Vous êtes en terre Setsu et entre vos capacités apparente de pisteuse et votre manque flagrant de protection, je doute que vous ayez une quelconque légitimité en tant que quoi que ce soit. Je suis le Hatamoto Shimoita, et je vous conseille de quitter ces terres, vous et votre bande de minables voleurs et assassins, tels les résidus pitoyable d'humanité que vous êtes.

Ferme sans se montrer ouvertement agressif, le Hatamoto était en position d'attaque, prêt à trancher dans la chaire molle et accueillante de la femme au port altier et agile. La petite fille restait sa priorité, aussi devrait-il penser à la défendre si ils devaient en venir aux mains.
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Mar 26 Aoû - 12:33

«Une rencontre fortuite
À l'orée des bois.
Amertume du danger. 
 »


Un doux vent d'est commence à se lever. Avec le vent viennent les nuages, qui s'élancent rapidement de ce côté de la rive. Je ne sais pas s'ils vont emmener avec eux la pluie, ou bien l'orage, mais on dirait qu'ils se rassemblent pour festoyer ensemble après une dure journée de voyage.

Autour de moi, le rougeoiement céleste s'estompe peu à peu, laissant place aux premières lueurs des planètes. Me retournant à moitié, j'aperçois Vénus, qui ne porte rien moins que le sobriquet fautif d'étoile du berger, indiquant fidèlement la direction du nord, vers là où se trouve mon village… Rien que d'y penser, mon cœur se serre, et bat la chamade, à tout rompre, au bord de l'extinction. Je jette ensuite un bref coup d’œil derrière moi, mais je ne perçois plus que la masse sombre, désormais presque homogène du bois de bord de rive. Désespérée, je reporte mon regard vers mon interlocuteur, et vers la voûte éthérée qui le recouvre.

La lueur, désormais plus que crépusculaire, n'est cependant pas encore assez faible pour que le ciel se constelle d'étoiles. La pénombre gagne peu à peu du terrain sur la clarté, dans une lutte dont l'issue est sans appel. Les ombres, qui fuient la lumière comme des âmes damnées, mais à laquelle elles doivent pourtant leur fugace existence, s'effacent pour laisser place à une envahissante obscurité. Tout semble plus effrayant, moins sûr, moins accueillant : comme si derrière chaque pierre, derrière chaque fourré, pouvait se dissimuler un Yokaï mal intentionné, ou un bandit de grand chemin prêt à vous égorger.

On ne peut pas dire que les récents événements m'aident à calmer mon esprit. Aux aguets, je m'attends au pire. Mais l'homme qui se tient face à moi, bien qu'effrayant au premier abord, parvient peu à peu à regagner ma confiance. Il m'a parlé avec assurance, s'est voulu rassurant, et il semblerait bien que ce soit un homme d'honneur. Bien que je manque encore beaucoup d'expérience en la matière, sa tenue, ses gestes précis, sa façon de se comporter – respirant l'intégrité –, me laissent à penser qu'il n'est pas du genre à rompre un serment comme on rompt un épi de riz.

« La garnison ne bougera pas, ton village est en terre Eiichiro et je ne pense pas que le commandant de cette garnison fasse quoi que ce soit pour t'aider, il ne prendra pas le risque de déclencher une guerre. Je vais devoir y aller en personne. Hatamoto Shimoita Yokouchi. »

Je sens mon estomac qui se contracte. C'est dur à dire, mais il… il a probablement raison. Par le passé, le clan Setsu a déjà aidé Machikashi, car le village a un intérêt stratégique et économique certain. Mais cela fait fort longtemps que les patrouilles du clan rougeoyant n'ont plus lieu d'être de l'autre côté de la rivière, afin d'éviter d'éventuels conflits territoriaux. Bien que la possibilité d'une guerre me semble exagérée, personne ne veut se risquer à accentuer une tension de plus en plus palpable entre deux clans pourtant en paix depuis des années. J'essaye toujours de tirer profit de mes erreurs. La vie nous rappelle toujours à l'ordre.

Il a dit qu'il était un Hatamoto. Tout ce que cela m'évoque, c'est le prénom de mon père. Je crois que c'est un aussi un grade militaire. Je ne sais pas exactement quel rôle joue un Hatamoto vis-à-vis de son seigneur, mais ce doit être un poste important pour qu'on le donne ainsi à entendre à un étranger. Je me demande ce qu'il peut faire si loin de la capitale de son clan. C'est un signe favorable du destin, à n'en pas douter. Cela me redonne du courage. Je le prends donc à deux mains – bien qu'elles soient menues – et j'essaye d'articuler une réponse intelligible à l'homme au masque de démon.

«  Vous… Vous avez raison. C'était une intention puérile que de prétendre vouloir obtenir l'aide d'une garnison toute entière. Bien que j'espérais probablement une troupe nombreuse, il faut croire que je devrais me contenter d'un homme de votre stature, ce qui pourrait se révéler plus que suffisant, si votre aptitude au combat égal votre prestance. »

Je n'arrive pas à croire que tous ces sons soient sortis de ma bouche pour former des mots. J'ai encore peur, mais on dirait que c'est elle qui me permet de faire face à l'adversité. C'est grâce à elle que je me trouve maintenant ici, et que je vais peut être pouvoir apporter de l'aide à mes amis en détresse. Je tâte rapidement mes vêtements qui peinent à sécher. Je me rends compte que le claquement de mes dents est plus dû à l'effet du froid qui commence à me poignarder les os qu'à l'effet de la peur elle-même. Je me rappelle avec effroi que j'ai laissé mon arc à la maison. Tout ce que j'ai sur moi, c'est mon Kaginawa. À part pour immobiliser quelqu'un, je ne serai donc pas d'une grande utilité. Je reprends mon discours, toujours plus rassurée.

«  Je me présente, Toshiko Mori, simple civile. Mais je sais un peu me battre, à condition que vous me fournissiez un arc et des flèches. Je peux vous mener jusqu'à mon village   sous le couvert des arbres et à la faveur de l'obscurité.  »

---

Elle s'interrompit. Le samouraï s'approchait d'elle tandis qu'elle parlait, visiblement aussi gêné qu'elle quant à savoir quelle était la meilleure attitude à adopter – chacun se méfiant de l'autre tout en étant rassuré par leur statut réciproque –, mais un craquement brusque dans son dos la fit presque tomber à terre, tant elle tombait des nues. Celui ou celle qui l'avait suivi avait fait preuve d'une grande discrétion pour ne pas qu'elle l'entende. Elle demeura subjuguée quand elle découvrit celle qui avait su la suivre sans lui faire le moindre mal.

Shimoita, puisque c'était son nom, s'interposa entre la petite fille pensive et la nouvelle arrivante, qui paraissait aux abois, le corps tendu, prêt à bondir au moindre faux pas du samouraï. Alors que l'air entre les deux êtres belliqueux commençait tout juste à frémir du fracassement des armes à venir, la femme chercha immédiatement à calmer les ardeurs du représentant du clan rougeoyant.

« Paix. Son village est bel et bien attaqué par des bandits, mes amis y sont déjà mais ils ne sont pas nombreux,  ils pourraient avoir besoin d'aide. »

Mori ne l'avait pas remarqué, le corps épaissi par l'armure du samouraï obstruant son champ de vision, mais la femme était visiblement une samouraï de son clan, un guerrier du vent. Elle cherchait probablement à écarter les vapeurs néfastes d'un conflit de clan, cherchant à rallier les deux partis pour régler la situation présente, autour d'un problème qui désormais les concernait tous.

« Je trouve extrêmement suspect que vous ne soyez pas en train de vous battre avec vos "amis". Vous êtes en terre Setsu et entre vos capacités apparente de pisteuse et votre manque flagrant de protection, je doute que vous ayez une quelconque légitimité en tant que quoi que ce soit. Je suis le Hatamoto Shimoita, et je vous conseille de quitter ces terres, vous et votre bande de minables voleurs et assassins, tels les résidus pitoyable d'humanité que vous êtes. »  

Le samouraï semblait en revanche beaucoup moins amical à l'égard de la nouvelle arrivante. Il avait néanmoins raison sur un point, qui sautait même aux yeux inexpérimentés de Mori : pourquoi la guerrière avait-elle laissé tomber ses « amis » pour suivre la jeune fille de l'autre côté de la rivière ? Rien ne prouvait qu'elle n'était pas un bandit déguisé, peut-être même qu'elle avait transpercé par le fer l'un de ses proches.

Mais la petite fille écarta tout de suite cette pensée saugrenue de son esprit. La guerrière lui inspirait une certaine confiance. Et ce qui lui semblait le plus déterminant à cet instant de sa réflexion, c'était que la guerrière n'avait pas profité de sa vulnérabilité pour mettre fin à ses jours. Bien au contraire, il semblait à Mori qu'elle avait agi en ange gardien, cherchant à la couvrir de loin sans pour autant se montrer, jusqu'à ce qu'un homme du clan adverse ne se présente, révélant à ce moment sa présence pour lui faire comprendre qu'elle la protégerait.

Tout se fit soudain plus clair dans son esprit. La solution était très simple. Chacun des deux guerriers, malgré leur clan opposé, avait manifesté une certaine bienveillance à son égard. Elle se devait donc de ne pas prendre parti, de chercher à calmer immédiatement les ardeurs de chacun, et parvenir à les réunir autour d'un même objectif, la libération de son village.

«  Écoutez-moi. Ce n'est pas le moment de se battre » dit-elle en s'avançant vers le samouraï lui faisant dos, néanmoins sans trop s'approcher, de peur de provoquer chez lui une réaction agressive ; puis en regardant franchement la guerrière qui leur faisait face, toujours accolée à son buisson.

«  Ce n'est pas le moment de se battre, ou de faire resurgir un conflit qui n'a rien de personnel. Le mieux est de mettre pour l'instant nos différends de côté, et de faire chemin ensemble vers Machikashi. Je vous promets, je peux m'en porter garante, que si vous m'aidez à sauver les miens, vous serez largement récompensés pour vos efforts.  »

Elle dit ces mots d'un ton fébrile. On pouvait sentir dans sa voix toute sa sincérité juvénile mêlée à son immense sentiment de détresse. C'était une offre qu'elle ne faisait pas à la légère. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle se mit à prier sincèrement le Kami no Kawa, pour que ses ondes favorables pénètrent les cœurs de ceux qui veulent la guerre, et pour lui permettre enfin de trouver à cette situation tendue une issue favorable.

Elle marmonna alors l'haïku qu'elle venait d'imaginer.

« Elle tend la main
À ceux dans le besoin ;
L’Amitié.
 » 


Dernière édition par Toshiko Mori le Sam 30 Aoû - 14:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Mar 26 Aoû - 17:18

"Je trouve extrêmement suspect que vous ne soyez pas en train de vous battre avec vos "amis". Vous êtes en terre Setsu et entre vos capacités apparente de pisteuse et votre manque flagrant de protection, je doute que vous ayez une quelconque légitimité en tant que quoi que ce soit. Je suis le Hatamoto Shimoita, et je vous conseille de quitter ces terres, vous et votre bande de minables voleurs et assassins, tels les résidus pitoyable d'humanité que vous êtes."

Akiko avait blanchie sous l'insulte, ses phalanges autours de la poignée de son sabre, tout aussi blanche, témoignait de la tension qui régnait à cet instant. Combattre cet homme était la pire des idée au vu de la situation, mais elle ne se laisserait pas insulter de la...

"Écoutez-moi. Ce n'est pas le moment de se battre."

La petite fille avait parlée, sans pour autant quitter leur adversaire des yeux, la samouraïe et le hatamoto avait tout deux marqués un temps d'arrêt.

"Ce n'est pas le moment de se battre, ou de faire resurgir un conflit qui n'a rien de personnel. Le mieux est de mettre pour l'instant nos différends de côté, et de faire chemin ensemble vers Machikashi. Je vous promets, je peux m'en porter garante, que si vous m'aidez à sauver les miens, vous serez largement récompensés pour vos efforts."

Cette tirade, bien que prononcée d'une voix fébrile contenait une réelle détresse, cela agit comme une douche froide sur Akiko, la sécurité des habitants devait rester sa priorité. Elle avait laissé le village aux mains de ses amis pour retrouver la petite, mais rien ne disait si cette petite escouade du clan Eiichiro serait de taille face aux bandits. Son honneur dût-il en souffrir, elle laverait cet affront plus tard, la sécurité du clan resterait sa priorité, et cette priorité commençait par celle de la petite fille.
La proposition de cette dernière était d'ailleurs plus qu'alléchante, cet hatamoto serait un allié de poids pour combattre les bandits. Encore fallait-il qu'elle prouve sa bonne foi. Mais il y avait peut-être un moyen...

"J'ai pas le temps pour ces bêtises!" Fit-elle d'un ton sec.
"De l'autre coté de la rive des gens se battent pour leur vie. Jurez vous sur votre honneur de samouraï que cette jeune fille est en sécurité à vos cotés?"

De la réponse de Shimoita dépendra la suite des événements, s'il était bien l'homme qu'il prétendait-être, sa réponse serait à la hauteur de son rang. Si elle l'était, sachant la petite en sécurité, Akiko pourrait retourner au village. Sinon...

"Bien évidement! Ils ont oubliés de vous enseigner la hiérarchie dans votre unité?"

Une ombre voila le regard d'Akiko, cet homme tenait donc tant à se battre en duel? Mais plus que cette réponse provocante, c'était son attitude qui mettait en confiance la yokaïe : Shimoita s'était placé entre lui et la petite villageoise, se positionnant ainsi comme son protecteur. Le vent lui soufflait aussi que cet homme était digne de confiance.

"Ainsi soit-il." Fit-elle
"Si vous m'aidez, le clan Eiichiro vous en sera reconnaissant. Je m'en assurerais. Je retourne au village, suivez moi si le coeur vous en dit."

Sur ces mots Nakashima Akiko fit volte-face et disparut dans les bois. Filant comme le vent elle attendit d'être hors de vue et d'oreille pour se transformer, profitant de cette nouvelle forme pour accélérer encore. Pendant le trajet retour, Akiko médita sur les paroles de Shimoita, elle n'avait pas mal agit en partant à la recherche de la petite, elle n'avait pas d'autres options à ce moment. Elle avait mal agit en devançant ses amis, espérant pouvoir prendre l'ennemi à revers, sans la rivière cette tactique aurait marché, mais elle connaissait trop mal la région. Elle espérait simplement que cette erreur ne coûte pas la vie de ses amis, auxquels cas elle pourchasserait les bandits jusqu'à la mort de ses derniers.
Non loin du village, la yokaïe reprit forme humaine, s'aventurant à l'orée des bois elle observa l'entrée du village. Pas le moindre le bruit, le vent ne lui soufflait rien non plus, sinon qu'il y avait encore des êtres vivants au loin. Bandits ou samouraïs, Akiko le saurait bientôt, dégainant doucement son sabre, la jeune guerrière s'introduisit discrètement dans le village.

"Nos épées vont chanter..."


Dernière édition par Nakashima Akiko le Mar 26 Aoû - 19:49, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Mar 26 Aoû - 17:46

Yokouchi était prêt à dégainer son katana. Le bushi Setsu n'allait sans doute pas se laisser faire par cette femme, tous samouraï qu'elle soit. Elle était sur les terres Setsu, le clan des guerriers parmi les plus doués et les plus violents. Sans armure quelle chance avait-elle? Le hatamoto restait en position de défense, prêt à protéger la petite de ce qui lui semblait à tout point de vue une criminelle. Si tel état le cas, et qu'elle était assez folle ou stupide pour attaquer, son sang abreuverait les terres Setsu, comme celui de tous les individus semblables avant elle. Deux campagnes de lutte contre ces raclures avaient appris beaucoup de choses à Yokouchi.

C'est la voix de la gamine qui le perturba d'abords, il l'avait presque oublié, relégué au second plan face à la menace imminente et immédiate d'un combattant ennemi. Elle disait vrai, mais le hatamoto n'était toujours pas convaincu de l'identité de la prétendue samouraï. Il restait aux aguets, le moindre moment de faiblesse pourrait lui permettre de passer à l'attaque. Visiblement sa précédente tirade ne lui avait pas plut, et si elle estimait son honneur gravement bafoué, elle pourrait passer à l'attaque, encore une fois, il ne doutait pas de sa capacité à couper court au combat rapidement. Autant de chaire exposée ce n'était jamais bon face à un boucher dans son genre, il allait la découper en morceau, peu importe ce que disait la gamine, personne ne se présentait d'une manière aussi pitoyable, comme un voleur ou un lâche embusqué dans les buissons.

La prétendue samouraï sembla se détendre et reprit la conversation, elle rebondit sur ce qu'avait dit la gamine. Le fait que des Eiichiro meurent lui importait peu, par contre, le fait que les bandits pourraient s'en prendre bientôt à des villages Setsu l'insupportait, il n'allait pas partir d'ici avant d'avoir dispersé cette bande de lâches. Les bandits, comment être plus détestable pouvait-il exister? Yokouchi serra les dents. il n'aimait pas trop le fait que celle qui se présentait comme une simple samouraï ose douter de sa capacité à protéger quelqu'un. Il était un hatamoto, on n’engageait pas les gens comme lui si il n'étaient pas capable de protéger quelqu'un. Il haussa un sourcil et ne se gêna pas pour prendre son ton le plus cassant.


-Bien évidement! Ils ont oubliés de vous enseigner la hiérarchie dans votre unité?

Idiote, évidement qu'il pouvait la protéger. C'était une gamine, rien de plus simple. Elle lui promit une sorte de récompense avant de s'en retourner et de partir entre les fourrés tel le malandrin qu'il la soupçonnait d'être. Le samouraï détendit sa garde et continua de scruter les ombres, ce n'était pas le moment de baisser sa garde, un archer embusqué pouvait très bien les observer en ce moment même. Il continuait de faire barrage de son corps et ne pouvait se risquer de s'écarter. Il ajusta son katana et son wazikashi à sa ceinture, il devait agir vite.

-Indique moi où se trouve ton village, reste derrière moi et ne t'éloigne en aucun cas.

Sa voix était ferme, il se mit à avancer en direction de la forêt, attentif à tout mouvement entre les arbres alors que la nuit tombait définitivement. Entrer dans un tel environnement de nuit semblait suicidaire mais il n'avait pas beaucoup d'autres options si il voulait se charger du problème.
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Dim 31 Aoû - 12:50

« J'ai pas le temps pour ces bêtises ! »

La guerrière prononça cette phrase abruptement. Bien que cela manquait cruellement de tact, la femme avait clairement énoncé sa pensée. Elle ne savait pas très bien si cette réponse s'adressait à elle, au démon ou au deux à la fois, mais elle avait ainsi exprimé son dédain pour les considérations futiles et la prétendue mésentente, sinon la suspicion qu'on prônait entre leurs deux clans.

« De l'autre coté de la rive des gens se battent pour leur vie. Jurez vous sur votre honneur de samouraï que cette jeune fille est en sécurité à vos cotés ? »


La simple mention de combats vit sa peau parcourue par une vague frissonnante. Comment pouvait-elle être sûr que des gens se battaient de l'autre côté ? De ce que Mori avait compris, la guerrière était venue avec une troupe de samouraï armés à ses côtés, qu'elle avait laissé pour lui venir en aide, probablement après avoir assisté à l'attaque du navire. Peut-être ses amis étaient ainsi partis à l'assaut du village, mais cela apparaissait nettement comme une tentative suicidaire, à moins d'être en surnombre : si les bandits avaient pris possession du village, ils étaient postés à l'abri de la palissade, gardant activement le pont et l'entrée du village ; les hommes du village avaient dû s'enfuir dans les champs pour ne pas être mis à morts ; les femmes, les enfants et les personne âgées avaient dû se réfugier dans le fortin. À ses yeux, la meilleure stratégie consistait donc simplement à attendre que les bandits s'en aillent une fois leurs méfaits accomplis, évitant ainsi un affrontement et des morts inutiles.

Toute cette histoire de samouraï venue la secourir lui paraissait pour le moins très étrange. Était-ce bien respecter le code du Bushido que de délaisser un village entier pour une seule et misérable âme ? Même l'enfant peinait à trouver une logique dans un comportement si chaotique, sauvage, voire incivil. Mais ce qui en revanche lui apparaissait clair comme de l'eau de roche, c'est qu'aux yeux de la guerrière de son clan, la vie des innocents passait avant toute autre chose. Mori ne pouvait que louer cela avec gratitude.

« Bien évidement! Ils ont oubliés de vous enseigner la hiérarchie dans votre unité ? »

La réponse du démon la fit sursauter au milieu de ses pensées. Quand il parlait avec la guerrière, il ne mâchait décidément pas ses mots. Il cherchait manifestement à prouver à celle dont l'identité demeurait toujours inconnue qu'il était homme de parole, ce dont ne doutait pas Mori un seul instant. Mori ne voyait absolument pas le rapport entre elle et la hiérarchie militaire, mais soit, le principal était que son interlocutrice, plus au fait des coutumes militaires, ait compris ce qu'il voulait bien dire.

« Ainsi soit-il. »


Une autre réponse abrupte de la part de la guerrière. Au moins, si les paroles n'avaient pas été pleines d'amitié comme l'avait espérée ingénument la jeune fille, ils n'en étaient pas arrivés aux armes. La situation aurait pu être bien pire, si la petite n'avait pas été présente et n'avait pas fait preuve de diplomatie. C'est néanmoins dans le cœur de ses « compagnons » qu'avait reposé l'issue de leur débat, qui fut houleux sans devenir tempétueux.

« Si vous m'aidez, le clan Eiichiro vous en sera reconnaissant. Je m'en assurerais. Je retourne au village, suivez moi si le cœur vous en dit. »


Il devait s'agir de quelqu'un d'importance, pour qu'elle puisse se permettre de parler au nom du clan tout entier, et promettre ainsi une seconde récompense possible pour le noble démon, ce qui comblerait à coup sûr sa soif de gloire et de reconnaissance. En ce coin du territoire Eiichiro tout au moins, les membres du clan Setsu ont la mauvaise réputation d'être belliqueux et avides dès qu'il s'agit d'obtenir une quelconque forme de pouvoir. Même si elle essayait de se détacher de ces préjugés, Mori ne pouvait s'empêcher de penser que cela attiserait l'ardeur du démon assoiffé.

Puis la guerrière repartit de la même façon qu'elle était apparue, inopinément. Elle venait de disparaître dans le bois, sans même les attendre. Décidément, c'était une personne très étrange. Mori ne voyait pas comment elle comptait faire pour pénétrer dans le village sans se faire repérer, puisque celui-ci était gardé, et encore moins comment traverser la rivière tout en passant inaperçue, si comme elle s'y attendait le pont était gardée. À moins de connaître la région aussi bien que Mori, dans l'obscurité, impossible de savoir où il était possible de traverser à gué.

« Indique moi où se trouve ton village, reste derrière moi et ne t'éloigne en aucun cas. »

Ils se mirent donc en route. Ils pénétrèrent tous deux dans le bois devenu obscur. Le démon avançait légèrement devant elle. Il savait visiblement se faire discret, sa démarche était souple et agile malgré son armure encombrante. Mori lui chuchotait quelques indications s'il y avait besoin, mais pour l'instant il suffisait de marcher droit devant en longeant le bord de la rivière, sans s'écarter du couvert du bosquet.

On percevait les premiers bruits de la nuit, les grillons qui faisaient frémir leurs ailes, les chouettes qui poussaient de petits cris gutturaux. Le vent se faisait de plus en plus fort, faisant remuer les branches touffues des arbres. À travers les ramures au-dessus d'eux, on pouvait voir le ciel où scintillaient désormais les étoiles les plus brillantes. Les nuages continuaient à s'amonceler, cachant la lune qui s'élevait et n'était remplie qu'à un petit quart. Cela tombait bien, ils seraient ainsi presque invisible sous le couvert forestier et à condition de préserver une distance de sécurité entre eux et l'ennemi qui serait tout aussi invisible, mais probablement plus visible et bruyant car plus nombreux.

L'idée de Mori était de se rendre à la Marelle de Pierre. C'était un étroit passage, à une centaine de mètres au nord du pont, où il était possible de traverser la rivière sans même se mouiller. Le seul danger résidait au moment de la traversée de la route qui rejoignait le pont, séparant le bois en deux. Mais en traversant en-deçà du pont, les risques étaient relativement faibles.

Soudain, c'est en promenant son regard au bord de la rivière qu'elle l'aperçut.

 « Ue' ! » . Elle s'apprêtait à pousser un cri où se mêlaient indistinctement la réjouissance d'avoir retrouvé l'ami qu'elle croyait mort, et l'appréhension de le trouver grièvement blessé ; elle mit sa main devant sa bouche pour refréner sa pulsion, sinon elle risquait de les faire repérer par d'éventuels patrouilleurs. Ainsi, la première syllabe du surnom avait commencé à jaillir, mais la seconde s'était éteinte sourdement dans la main de la petite, produisant un son semblable à celui d'une chouette hulotte « Ou ! ».

Uemizu reposait à l'abri des regards vis-à-vis de l'autre rive, sous un épais buisson dans lequel il lui était déjà arrivé de se cacher, lorsqu'elle se croyait poursuivie par un vilain Kappa, mais qui était visible depuis le côté par lequel elle et « son garde du corps » étaient arrivés.

« Le visage familier
Qu'on retrouve au détour
Du Sentier des Noyers. 
 »

On appelait ainsi le rebord de la rivière, car les noyers y poussaient en abondance. Mais le nom de l'arbre peut aussi s'entendre comme « noyés », rappelant ainsi les légendes selon lesquels les esprits de la rivière, les Kappas, emportaient les nageurs imprudents dans le lit profond de la rivière. Mori croyait plutôt que ces petits esprits étaient des êtres bienfaisants, qui sauvaient les animaux de la noyade.

Elle se précipita donc à l'endroit où reposait Ue', dépassant Yokouchi et oubliant quelque peu la nécessité de demeurer discret. Elle s'enquit de l'état du marin. Il était visiblement blessé à la jambe, du sang s'écoulait de la plaie encore chaude, transpercée en son centre par une flèche barbelée. Mieux ne valait pas la retirer dans ces conditions. Mais sa vie ne semblait pas en danger.

« Je suis content de te voir Mori ». Ue' salua d'un signe de tête le samouraï à ses côtés.

Mori ne put s'empêcher de pleurer, doucement et dans le plus grand silence, de soulagement et de tristesse. Elle arracha une partie du tissu de l'intérieur de son kimono, qui était restée à peu près sèche, et en allant chercher rapidement un peu de l'eau pure et revigorante du cours d'eau pour commencer à panser sa plaît. Elle n'avait vu personne de l'autre côté, tout semblait calme, comme une soirée habituel. Les cimes des arbres moutonnaient à la façon des nuages sous l'impulsion du vent. Leur bateau était visible en amont, une grande ombre informe mais reconnaissable dans l'obscurité. Il semblait désormais amarré. Revenue sur ses pas pour s'occuper du blessé, il avait visiblement échangé quelques mots avec le samouraï Setsu.

« Je vous prie de bien vous occuper d'elle, car dans l'état où je me trouve, je ne peux pas faire grand chose pour me rendre utile ». Uemizu jeta un regard entendu vers sa jambe. À cet instant, il sortit calmement une petite lame de son kimono trempé et aussi sale que celui de Mori, et la plaça dans les mains de la jeune fille.

« Je pense que tu sais déjà comment t'en servir ».

Mori fit comprendre toute sa gratitude en dodelinant légèrement. Pleine d'espoir, elle se retourna enfin vers le samouraï, avec lequel elle était restée quasi-silencieuse tout au long du trajet, s'étant contentée du strict nécessaire quand il s'était agi de lui donner des indications.

« Pourriez-vous porter mon ami sur vos épaules ? Cela nous ralentira un peu, mais nous pourrions ainsi nous rendre ensemble à la Cabane aux Mûriers. C'est là que doivent se trouver les hommes qui ont fui du village pour sauver leur vie. Nous pourrions ainsi voir quelle est la meilleure solution entre attendre ou tenter une attaque pour reprendre le village et peut-être venir en aide aux amis de la samouraï ».

Pendant tout le temps qu'elle avait prononcé ces paroles, Ue' n'avait cessé d'acquiescer et de jeter des regards dans la direction du démon. Il restait pantois devant le sang-froid de Mori, qui avait tant grandie. Elle avait déjà appris à réagir efficacement en situation de stress. Il se disait que c'était probablement dû à l'inconscience liée à son âge. S'ils exterminaient les bandits une bonne fois pour toute, de façon exemplaire, ils en seraient probablement débarrassés pour un certain temps. Il espérait donc que l'idée de la jeune fille allait convenir au guerrier Setsu.
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Dim 31 Aoû - 15:26

Le village était silencieux. Un vent léger soufflait sur Machikashi, De l'autre coté de la rivière, Akiko l'écoutait avec attention. A force de phrases, de sensations, de paroles des gens qui se tenaient les bas, elle put dresser un tableau de la situation :
Les combats avaient cessés, il semblait que ses amis étaient arrivés au village avant les bandits, occupés alors à piller le bateau sur la rivière. Ils avaient réussis à réunir les villageois dans une sorte de place forte dont les bandits tenaient le sièges.
La yokaïe soupira de soulagement, il semblait que les pertes humaines n'étaient pas trop lourdes, et bien qu'assiégés, villageois et samouraïs jouissaient d'une certaine sécurité à l'abris du bâtiment.
La situation avait de quoi s'éterniser, les bandits ne pouvaient piller le village tant que les samouraïs vivaient, mais les samouraïs ne pouvaient sortir du fortin sans se retrouver criblés de flèches. Il était temps d'agir.

---

Le pont est faiblement éclairé par la lumière de la lune, totalement à découvert, deux bandits armés d'arc en montent la garde. Une chatte blanche sort alors des bois, captant le mouvement, les deux hommes l'observent quelques secondes, puis reportent leur attention sur la route, ils ne désireraient pas être surpris par une quelconque patrouille.
La chatte blanche s'approche nonchalamment du pont, sembla repérer une proie non loin, et disparut sous le pont.
L'un des hommes sourit, si seulement cette petite bête savait ce qu'il se passait à l'instant, elle prendrait sûrement ses jambes à son cou. Les animaux ne doutent vraiment de rien pensa-t-il.
Le bruit caractéristiques d'un sabre quittant son fourreau retentit alors.

"Nos épées vont chanter"

Le sang du bandit se glaça dans ses veines, il eut à peine le temps de faire volte-face pour voir son ami tomber, la nuque tranchée par la lame d'un katana.
Devant lui se trouvait une guerrière du clan Eiichiro, elle ne portait pas d'armure, de simples bandes de tissus couvraient sa poitrine, les bras nus, sa chevelure ébène volant dans les airs, et un regard froid comme la mort.
L'homme lève son arc pour se protéger, geste dérisoire. Le katana remonte le long de son torse, effleure sa gorge, et fini sa course dans le fourreau de la jeune samouraïe. Celle-ci se retourne, elle ne lui accorde plus aucune attention.
La gorge grande ouverte, alors que ses forces l'abandonnent, le bandit a juste le temps de voir la silhouette de la jeune femme changer, devenant la chatte blanche qu'il avait aperçu sur la rive qui disparaît dans la nuit.
Il mourut alors emplit d'une indicible terreur.

---

L'action avait durée seulement quelques secondes, prit à revers les pauvres bandits n'avaient pas eu l'ombre du chance.
La chatte blanche filait dans le village se guidant grâce au vent.
Elle entendait les complaintes des villageois retranchés dans ce qu'ils identifiaient comme la cabane aux mûriers.
Elle entendait aussi l'impatience des bandits qui grandissait.
Enfin Akiko entendit ses amis parler, ils n'étaient pas très optimistes.

"Nous sommes coincés ici, j'espère qu'Akiko ne s'est pas faites chopper." Fit le plus jeune des six.
"Si ces bandits sont assez rapides pour attraper Akiko, je ne donne pas cher de notre peau, cette fille est le vent incarné."

Après avoir marché quelques instants elle arriva sur les lieux. Le fortin était un grand bâtiment en pierre qui servait justement d'abri en temps de crise. Les volets étaient fermés, les portes barricadées, cela ne résisterait pas à un assaut en bonne et due forme, mais pour se protéger des flèches de quelques bandits c'était plus que suffisant.
Malheureusement ses habitants étaient actuellement coincés à l'intérieur.

La situation était délicate. Des archers avaient grimpés sur les toits, des bandits attendaient devant la porte à distance respectable, et d'autres hommes devaient patrouiller dans le village.

La première étape était d'éliminer tous les archers. Akiko grimpa sur les toits, les bandits ne prêtaient guère attention à elle, simple chatte ordinaire cherchant à savoir qui envahissait son territoire nocturne. Se fiant au vent, elle entreprit de repérer tous les archers, une simple respiration suffisait. Lorsqu'elle fût sur de tous les avoirs identifiés, elle passa à l'action.

Utilisant son pouvoir, elle fit porter par le vents ses paroles jusqu'au fortin, personne ne se trouvant dans sa ligne de mire, seuls villageois et samouraïs entendirent ses mots.

"Le vent se lève"

Akiko adorait parler de façon sibylline, à la façon du vent. Ses ennemis ne comprenaient que rarement la menace, mais ceux qui la connaissaient saisissaient instantanément le message. Lorsque l'occasion se présenterait, ses amis dans le fortin seraient prêt.
Elle passa alors à l'action.
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Dim 14 Sep - 20:02

Les bois, environnement hostile que Yokouchi abhorrait au plus haut point. Véritable repaire de sales bestioles et d'embusqués en tout genre, ce genre de terrain était propice aux traquenards et attaques furtives. Les sens en éveil, le hatamoto Setsu scrutait les ombres en quête du moindre indice de présence ennemie, le moindre reflet de lumière sur une lame, des yeux brillants dans l'obscurité ou bien même un bruit quelconque. Plus d'une fois il s'apprêta à sortir la lame, les bois de nuit étaient le sanctuaire de toutes les fantaisies de l'esprit et le jeune bushi encore plein de fougue avait du mal à contrôler ses réflexes. La main sur la garde de son Katana, il sentait le stress se saisir de lui et de son corps, si il devait mourir, ce ne serait pas avant d'avoir accompli son devoir et d'avoir emporté un maximum de ces rats dans al tombe avec lui. Son masque gênait sa vision mais c'était une bonne chose, ainsi il avait moins de chance de se tromper, les sens de la fillette devaient être aussi alerte que les siens, elle sentirait le danger venir dans cet environnement qui lui était familier.

Elle était incroyablement calme à présent, emplie d'une profonde résolution, elle s'adaptait bien au Bushi, s'exprimant uniquement quand cela était nécessaire, au grand bonheur de Yokouchi qui aurait détesté avoir à s'occuper d'une fillette geignarde et pleurnicheuse. Visiblement il y avait de la force dans l'âme de Mori, il ne fallait pas en douter. Alors qu'il scrutait l'autre bord de la rivière après avoir perçu un mouvement suspect, il entendit la fillette étouffer un cri, ou plutôt un nom. Se retournant immédiatement, pensant la fillette en danger, il la vit se précipiter vers ce qui ressemblait à un corps dans un buisson, le hatamoto jura derrière son masque. Vif comme l'éclair, il rejoignit le duo en les foudroyant du regard; quelle petite inconsciente, elle n'allait pas tarder à rejoindre le cadavre de son ami si ça continuait. Alors qu'il approchait, il se rendit compte qu'il s'était trompé, l'homme n'était pas mort, seulement blessé par une flèche barbelée. Yokouchi eut une pensée émue pour ce qui aurait été son projectile favori si il avait choisi le Yumi. Bien sûr il ne doutait pas de sa capacité à se servir de cette arme, un samouraï se devait de maîtriser tout un panel et il ne dérogeait pas à la règle, mais sentir le sang de ses adversaires sur son corps était bien plus satisfaisant.

Mori disparu à la recherche d'eau, Yokouchi considéra un moment l'homme au sol, sa blessure était aussi légère que pouvait l'être la blessure d'une telle flèche. En tout cas il avait affaire à un homme qui en avait vu d'autre à en juger par son oeil manquant, il semblait assez rompu à une vie difficile, il survivrait. Le bushi s'agenouilla à ses côtés et observa la plaie de plus près, il n'était pas un soigneur et ne se risquerait en aucun cas à retirer le projectile mais au moins pouvait-il estimer un peu mieux la situation. Le sang ne coulait pas énormément, lorsque le hatamoto se retourna pour surveiller la fillette il sentit la main de l'homme se déposer sur son bras. La réponse du bushi fut instantannée, il se recula et se mit en position de dégainer son katana, mais quand il vit la main tendue de Ue, il compris que ce n'était pas là un agression. Les yeux de Yokouchi s'embrasèrent de fureur. Quel idiot! Il lui avait fait frôler l'arrêt cardiaque et avait manqué de recevoir le katana du hatamoto dans le visage.


-Mura Uemizu seigneur Setsu. Merci de l'avoir escortée.

Yokouchi l'observa avec un certain dédain, cet homme avait une flèche dans la jambe, n'avait-il pas mieux à faire que se préoccuper de cette fillette, comme se préoccuper de cette fameuse flèche? A tout hasard? Quel abruti, la fillette allait à merveille. Elle revenait d'ailleurs avec un peu d'eau. Alors qu'elle s'approchait, il semblait que l'enfer du destin s'acharnait sur le hatamoto.

-Je vous prie de bien vous occuper d'elle, car dans l'état où je me trouve, je ne peux pas faire grand chose pour me rendre utile.

L'homme sortit une arme de son kimono pour le tendre vers la jeune fille. Etait-il sérieux? Allait-il vraiment filer une arme à une enfant dont le destin ne serait jamais celui d'une guerrière.

-Je pense que tu sais déjà comment t'en servir.

Cette phrase méritait les plus grand guillemets de l'histoire, cet homme était un fou doublé d'un inconscient, les Eiichiros étaient-ils tous aussi demeurés? A en juger par ses rencontres de la soirée, le pourcentage penchait en faveur d'une réponse positive. Le hatamoto se releva, il était temps de déguerpir d'ici et d'aller voir ce qui se passait au village. Mais visiblement les kamis avaient décidés de lui rendre la vie difficile.

-Pourriez-vous porter mon ami sur vos épaules ? Cela nous ralentira un peu, mais nous pourrions ainsi nous rendre ensemble à la Cabane aux Mûriers. C'est là que doivent se trouver les hommes qui ont fui du village pour sauver leur vie. Nous pourrions ainsi voir quelle est la meilleure solution entre attendre ou tenter une attaque pour reprendre le village et peut-être venir en aide aux amis de la samouraï.

Un rictus de dédain pur se dessina derrière le masque de Yokouchi qui eut même un petit mouvement de recul. Il espérait vraiment que c'était une plaisanterie. Il n'avait jamais porté un seul de ses camarades blessés au combat, le premier homme qu'il porterait ne serait sans doute pas un marin. Il voulait bouger? Et bien qu'il se lève et ravale sa douleur. A croire que tous le monde avait décider de le mépriser.

-Je ne vais pas porter cet homme, il est en sécurité tant qu'il restera caché et qu'il fera le mort. Je ne vais pas limiter mes mouvements pour un homme qui sera incapable de m'aider le moment venu. Sauf si il veut servir de bouclier humain mais je ne fait pas dans ce genre de tactique de couard. Nous avons beaucoup de chemin à faire et je ne vais pas m'encombrer d'un blessé.

La décision de Yokouchi était sans appel, si elle voulait rester planquée ici, qu'elle le fasse, il serait bien trop heureux de se débarrasser d'un fardeau qu'il aurait déjà dut déposer au camp Setsu depuis longtemps si ce n'était sa connaissance de la région. Qu'elle aille au diable elle est son Uemizu, il avait bien plus urgent sur les bras, comme l'élimination d'une bande de bandits, mais ce n'était qu'un exemple pris au hasard.
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Tobimaru

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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes Mar 2 Déc - 20:04

Sans nouvelle de Mori, ce sujet va être placé dans les en attente. Pour le reprendre à deux, veuillez poster à la suite, je me chargerais de déplacer ce sujet et de supprimer ce message.

Bon jeu,

Kasuga Riyu.


EDIT : Sujet abandonné suite au départ de deux participants.
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MessageSujet: Re: Le vent attise les flammes

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Le vent attise les flammes

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