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 Du chat au samouraï.

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MessageSujet: Du chat au samouraï. Dim 10 Aoû - 17:23

L'éveil



Une chatte blanche rode dans les bois. Les yeux vert émeraude, le poil longs, le museau fier, elle est somptueuse. Malgré sa couleur, elle est invisible, elle chasse. Les oiseaux qui picorent le sol à quelques mètres de la n'ont pas conscience de sa présence, ni même de son existence. L'un d'entre eux n'en aura jamais conscience. Tel un fantôme la chasseresse s'approche de sa proie, la mort est en marche.
Alerté par un sens mystérieux, un oiseau relève la tête. Trop tard, les puissantes mâchoires du fauves se referment sur son corps. Tué net. Les autres volatiles s'envolent frénétiquement vers les hauteurs. Leurs battements d'ailes terrifiés sonnent comme des applaudissements aux oreilles du félin. Victorieuse, elle s'en va à la recherche d'un lieu acceptable pour dévorer son repas.
La chatte blanche file dans dans les bois comme un courant d'air. Elles les connait bien, comme sa poche. Elle vit ici depuis longtemps, une éternité, bien plus longtemps qu'elle aurait du. Un chat ne vit pas aussi vieux. Mais qu'à cela ne tienne, elle si.
Au milieu des arbres elle est chez elle. Son précieux butin dans la gueule, elle hésite. Elle a déjà mangé à coté des chutes d'eau, en haut de la falaise, dans les grottes sombres au coeur de la forêt, et même au sommet du gigantesque chêne à l'orée des bois. La liste était encore longue, mais aucun des lieux déjà visité ne lui convenait, qu'à cela ne tienne, elle en trouverait un autre, la forêt semblait sans fin, et elle se tenait justement non loin d'une parcelle inexplorée.
S'aventurant dans les bois, elle arriva aux abords d'une clairière traversée par un petit torrent. L'endroit était des plus classique, mais beau et agréable, la nouveauté lui ajoutant du charme, la petit chatte s'y installa et commença son repas.
Un éclat lumineux parvint alors à ses yeux. Elle les levé et tomba nez à nez avec une ruine. Recouverte par la végétation, effondrée, mais toujours la. Abandonnant son repas à moitié dévoré, elle s'élança vers les ruines. Il n'y avait rien de plus excitant que les nouvelles choses.
Mais cette fois-ci le plaisir est absent, plus elle s'approche du bâtiment, plus l'inquiétude se fais sentir. Un souvenir refait surface, d'abord fugace, puis certitude. Elle est déjà venue ici.
Parcourant ce qui reste des couloirs, ses souvenirs se superposent aux murs. C'était une maison modeste, habitée par une famille de paysan, et un chat. Le poils gris rayés de noir, les yeux jaunes, le poil court. Elle. Son coeur bat la chamade, plus elle avance, plus tout lui revient. Le vieux couple, leurs enfants, et petits enfants, et elle. Tous vivaient ici, heureux. simplement, au gré des saisons. Les souvenirs s'accélèrent, les étés passés dans les champs à chasser les rongeurs pour obtenir quelques friandises de ces gens, les hivers passés à coté de la cheminée à se faire dorloter par la veille dame. Le bonheur.
Et puis d'un coup, la mort.

"Poc"

Comme pour accompagner cette funeste pensée, la chatte vient de bousculer un crane. Blanc immaculé. Ses orbites vides la fixent. Les souvenirs s'accélèrent. c'était un matin de printemps, la chatte se prélassait sur les toits en observant la famille planter les graines qui feront la récolte de cet été, tout allait pour le mieux lorsqu'ils étaient sortis des bois. Des hommes. Plus qu'elle n'en avait jamais vu.
Le vieil homme échangea quelques mots avec ces derniers, puis s'effondra, une flèche plantée dans le coeur. L'assaut commence, elle voit tout, les hommes chargent la petite maison, hurlant et brandissant leurs épée, la petite famille se regroupe, elle n'a pas l'ombre du chance. Le massacre est complet, en un instant, est détruit l'oeuvre de plusieurs vies. Un sentiment nouveau naquit alors dans le coeur de la petite féline. Comme une sorte d'incendie, dévorant tout sur son passage. Son instinct lui hurle de s'enfuir, elle n'en n'a cure, elle saute du toit, tout griffe dehors, sur celui qu'elle a identifié comme l'alpha.
Elle atterrit sur son visage, mord, griffe, déchaîne sa terrible colère. Qui n'est rien. Une main puissante l'attrape et la lance. Volant sur quelques mètres, après une pirouette elle retombe sur ses pattes, le souvenir de la puissante poigne sur sa nuque est encore présent, broyant sa colère, laissant place à la peur. La petite chatte s'enfuit à toute jambe.
Un choc a retentit, elle essaye de l'ignorer, elle essaye d'accélérer, mais ses force l'abandonne, elle ne comprend pas. La hampe d'une flèche dépasse de son flanc, elle bascule sur le coté. Les hommes rigolent, elle ne comprend pas.

---

Les hommes sont partis maintenant. Elle souffre, sa famille ne vient pas l'aider. Elle a peur. Sa vision s'obscurcit, son ouie faiblit, ses sens l'abandonnent. Bientôt il ne reste plus que le néant, et cette lumière qui vacille au loin.
La lumière s'accentue, quelque chose s'approche, et murmure quelque chose.

"Le vent se lève, il faut se dépêcher de vivre."




Cette voix nouvelle résonne dans la tête d'Akiko. Akiko? oui, c'est son nom, elle le sais maintenant, Nakashima Akiko. Mais elle ne comprend pas, elle a peur. Trop peur. Il faut partir, fuir, elle est danger.

"Le vent se lève, il faut se dépêcher de vivre."




Cette voix l'effraie, elle ne ressemble à rien ce qu'elle a connu, elle sais que les humains communiquent comme ça, mais elle n'a jamais pu faire de même, ni les comprendre. Jusqu'à maintenant.
La douleur dans ses flancs a disparus, son énergie est de retour. Elle s'élance dans la nuit.
Une chatte blanche comme la neige sort des ruines, filant comme le vent, et disparaît dans les bois. C'est ça, il faut partir. Oublier. Il faut partir.

---

De retour au présent, Akiko est allongée dans ce qui était la pièce principale. Ses longs cheveux d'ébène semblent flotter autour d'elle, son corps est devenue celui d'une belle jeune fille aux courbes attirante. Des hanches bien taillées, une poitrine généreuse, de longues jambes, un corps tout en finesse et en souplesse. Son visage est doux, ses yeux d'un bleu océan. Elle est belle.
Et elle pleure. Elle souvient maintenant. La voix résonne à nouveau dans sa tête.

"Le vent se lève, il faut se dépêcher de vivre."




Elle se souvient de tout, sa famille, la maison, l'attaque, sa mort, les morts. Puis la lumière.
Un savoir nouveau coule dans ses veines, elle n'est plus chatte, elle n'est pas humaine, elle est yokaï.

---

Quelques jours se sont écoulés depuis ce qu'Akiko appelle désormais "son éveil". Elle a appris a se transformer à volonté en femme ou chatte. Et la forêt ne lui suffit plus. Elle marche vers l'orée de la forêt, à la rencontre des hommes.


Dernière édition par Nakashima Akiko le Mer 10 Sep - 0:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du chat au samouraï. Mar 12 Aoû - 18:00

Les hommes


Akiko se tient sur les toits, se prélassant sur les tuiles chauffées par le soleil. Attentivement elle écoute les rumeurs de la ville. S'installer chez les hommes n'avait pas été facile. Sortir des bois nue comme un ver avec un grand sourire n'avait pas été une bonne approche. pénétrer dans le village en forme de chatte puis se transformer à la vue de tous avait été encore pire.
Par deux fois elle avait du fuir et trouver un autre village. Elle en avait tirée deux leçons :
-Les hommes sont gênés par la nudité.
-Les hommes détestent les yokaïs.

Elle avait donc décidée de rester une simple chatte. Les hommes aimaient les chats.
Cette troisième approche avait beaucoup mieux marché, le pire qu'elle risquait était un petit "allez ouste, du vent !", et dans les meilleurs des cas on lui servait à manger. Profitant de l'hospitalité elle vivait donc dans un petit village et s'instruisait sur la société humaine. au bout de quelques années Elle avait pris pleins de choses :

-La société était régie par un système féodal très complexe.
-Les hommes obéissaient à des règles qu'ils appelaient "bienséance". Les guerriers obéissaient quant à eux au fameux "bushido" , le code d'honneur du guerrier.
-Tous étaient soumis à la hiérarchie de la société, paysans, civils, nobles, militaires, dirigeant, tous avaient un rôle à jouer avec des pouvoirs et responsabilités plus ou moins étendues.

Elle avait aussi appris que les hommes vivaient sur des territoires gigantesques, et formaient des sortes de "clans". Si ce qu'elle avait entendu était correcte, elle vivait sur les terres du clan Setsu, un clan tout jeune, fondé il y a bientôt une quinzaine d'année par un homme qui s'était levé contre les yokaïs.
Les yokaïs. Akiko en était une. Et elle avait bien mal choisi son moment pour s'intégrer au monde humain. Ces derniers sortaient d'une longue période d'asservissement par les yokaïs. Leur haine envers ces derniers étaient sans pareille. Et juste avant cette sombre période, une période encore plus sombre, l'Enfer écarlate. Une époque terrible de guerre et de conflits qui a vu disparaître la plupart des anciens clans.
De village en village, Akiko avait menée l'enquête. Les ruines de son ancien foyer se trouvait désormais en terre Fukyuu. Les premiers villages qu'elle avait visité en était aussi. La yokaï avait finie par arriver en terre Setsu. Et elle continuait son apprentissage du monde des hommes. La liste des choses qu'elle apprenait devenait trop longue pour être citée, mais inlassablement, elle continuait à écouter. Cela lui plaisait de plus en plus. Akiko voulait savoir, sur tout, être la ou les choses se passaient, assister aux événements importants. Et pour cela elle voyageait de village en village, et apprenait tout ce qu'il était possible d'apprendre.
Après quelques années en terre Setsu, elle partit vers l'Est en longeant la cote. Les terres du clan Okaruto l'attendait.
Et encore quelques temps plus tard, elle finissait son grand voyage en terre Eiichiro après avoir visité le territoire de l'empereur.
De son tour du monde, qui lui avait pris une dizaine d'année, elle avait visité la plupart des lieux de ce monde, seul restait inconnu à ses yeux les terres du clan Kenshu, entouré des clans Setsu et Fukyuu qu'elle avait quitté avant l'avènement du clan de la foudre. Et les terres neutres, appartenant encore aux yokaïs. Elle savait tout ce qu'il y avait à savoir sur la société humaine, elle parlait leur langue, écrivait, lisait, savait se vêtir correctement, l'illusion était parfaite. Plus besoin de se promener en forme de chatte, sinon pour explorer les lieux interdits ou inaccessible à un simple humain.
Et après des années d'observation, Akiko voulait passer à l'action. Observer ne suffisait plus. Pour cela elle devait se faire une réelle place dans la société. Et cela commencerait par l'armée, ou elle mettrait à profit ses formidables capacités pour grimper les échelons.

Il faut dire que les capacités d'Akiko étaient surprenantes. Premièrement elle avait développé une incroyable affinité avec le vent. Elle pouvait entendre sa voix. Et elle pouvait lui parler. De cette singulière relation, la yokaï tirait un savoir sans fin, le vent lui apportait les paroles des autres, ou même de façon plus sibylline le savoir commun qu'elle demandait. En retour elle racontait son histoire au vent, qui l'écoutait. Et si elle le lui demandait, le vent pouvait porter ses mots à quiconque lui plaisait.
Ce lien se renforçait avec le temps. Elle ne doutait pas qu'un jour leur relation serait si intime qu'elle pourrait lire les mouvements de l'air, voir sans même ouvrir les yeux. Mais elle était encore loin d'une telle maîtrise.
Deuxièmement, elle bénéficiait d'un physique exceptionnel. Même si elle se s'habillait pas selon les standards féminins, ce qui ne plaisait pas à tous, elle possédait un charme certain. Un visage empreint de douceur, des épaules fines encadrée par une chevelure d'ébène. Une poitrine généreuse surplombant un ventre plat et des hanches au courbes attirantes, et cerise sur le gâteau des jambes longues à n'en plus finir. Mais en plus de cela, elle conservait les formidables capacités physique des félins, Akiko était plus agile, plus adroite, souple, rapide, furtive que le communs des mortels. Elle passait beaucoup de son temps à peaufiner ses talents et en était très fière.
De ses pouvoirs et maîtrise résultat une apparence et une aura aérienne. Akiko était légère, silencieuse, fascinante. Elle entendait de temps en temps les gens décrire sa démarche comme "féline", elle en frémissait de fierté. Cela s'accordait d'autant plus avec le clan Eiichiro ou elle résidait actuellement, car ces derniers étaient affiliés au vent et appréciait d'autant plus la finesse et la subtilité.
C'était ce clan qu'elle avait choisie. Celui dans lequel elle s'intégrerait. Le clan du vent. Celui avec lequel elle partageait le plus d'affinité.

---

Le vent souffle. Vêtue d'une tenue des plus classiques, Nakashima Akiko marche vers la capitale du clan Eiichiro, Kaze. C'est la que se trouve l'école militaire, en fonction de ses performances, elle pourra rejoindre l'armée, et commencer son ascension de la société humaine.
Elle arrive, au sommet d'une colline, la ville se dévoile, gigantesque. Entourée par des massifs de forêt et parsemée de nombreux jardins resplendissants. De grandes rues pavés séparent chaque bâtiment. Proche d’un des massifs forestier se trouve le château Suzu du dirigeant du clan et s’écoule derrière celui-ci une grande cascade dans un bruissement apaisant. La vue est somptueuse. Le vent bruisse dans les arbres et lui souffle les promesses que recèle cet endroit.
Le temps de l'action à sonné pour Akiko. D'ici quelques années, elle serait une guerrière accomplie du clan du cheval.
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MessageSujet: Re: Du chat au samouraï. Ven 15 Aoû - 2:26

L'école de guerre


Trouver une école avait été difficile. Akiko s'était heurtée à plusieurs refus.
Elle se fiait au vent pour trouver les écoles, la voix des maîtres était caractéristique, empreinte d'autorité. Le bruit des combats qui l'accompagnait était tout aussi caractéristique. Mais à chaque fois qu'elle se présentait devant eux, elle essuyait un refus. Les raison étaient diverses :
"Les femmes ne sont pas faites pour la guerre."
"Trop frêle."
"Trop vieille pour commencer l'apprentissage."
Trop tout, pas assez tout. Akiko commençait à perdre espoir quand le vent lui souffla ces mots :

"N'oubliez jamais, ceux qui pensent savoir n'apprennent plus."

La phrase, porteuse d'une sagesse évidente était toute simple. Mais la voix qui la prononçait, bien que forte, n'était pas empreinte de l'autorité de celle des autres maîtres, mais de sagesse et d'empathie. Et bien plus que ça, le vent y semblait sensible, il vibrait en rythme avec cette voix, l'accompagnait.
Comme envoûtée, Akiko suivit la voie que lui ouvrait le vent. Celle-ci l'emmena auprès d'une autre école. Presque à l'écart de la ville, à l'entrée des jardins. Elle était de taille modeste, tout simple, posée sur la pelouse, des cerisiers poussaient autour et on y accédait grâce à un chemin en pierre. Le calme y régnait. Le Maître était la, assis sur les marches de la terrasse, et ses disciples accroupis dans l'herbe l'écoutait. Il était de taille moyenne, une calvitie avancée, les cheveux blancs comme la neige, un visage taillé à la serpe et une longue barbe pointue toute aussi blanche que sa chevelure. Son corps était fin et sec comme un coup de trique, et ses mains calleuses témoignaient d'années de pratique. Fort de l'attention de ses élèves, il dispensait son savoir.

"Il y a une différence énorme entre celui qui cherche à se dépasser et celui qui veut être le meilleur. Le premier travaille sur lui, le second par rapport aux autres."

Akiko s'était approché avec la souplesse qui était sienne, pas une brindille n'avait craqué sous ses pas, pas une feuille n'avait bruissé sur son passage, même les pierres n'avaient pas sonné sur son passage.
Comme si elle s'était annoncée, le vieux Maître s'était tout naturellement tourné vers elle, surprenant jusqu'à ses disciples, ses yeux plongeant dans les siens, lisant comme un livre un ouvert. Il avait alors souri.

"Bonjour jeune fille,  que me vaut le plaisir de votre visite?"

Elle était ébahie, comment l'avait-il entendue? Elle était sûre de ne pas avoir fais le moindre bruit. Et elle savait ses capacités au delà d'un simple humain. Reprenant ses esprits elle s'aperçut que le vieil homme attendait sa réponse.

"Je... Je veux apprendre."

"Un noble désir, mais que feras tu de ce savoir?"

La question prit Akiko au dépourvu, elle n'avait pas prévu de réponse. Lui révéler ses origines yokaïs et admettre vouloir participer aux grands événements de ce monde n'était certes pas une réponse acceptable. Ce qu'elle voulait apprendre n'était pas non plus à la portée du premier venu, et n'était sûrement pas aussi innocent qu'apprendre à tricoter. Elle leva alors les yeux au ciel, qu'est-ce qui justifierais de devenir samouraï? Elle se souvint alors de ses voyages, la guerre, la misère, l'enfer écarlate, l'asservissement par les yokaïs. Yokuni n'était pas un monde sur. Elle se souvint alors de son foyer. Si elle avait été samouraï ce jour la, elle aurait pu les sauver.
Revenant à la réalité, Akiko réalisa qu'une fois encore le vieux Maître l'observait en souriant, attendant patiemment sa réponse.

"Pour protéger" Fit-elle.

"Réponse creuse."

"Pardon?"

"Réponse creuse. Qu'il se batte pour ses possessions, pour ses proches ou pour son honneur, un homme ne se bat que pour protéger ce qu'il aime. Ceux qui prennent les armes pour d'autres raisons n'ont d'homme que le nom. Aussi je repose ma question, pour quelle raison veux-tu te battre jeune fille?"

Le vieil homme la regardait toujours avec ce sourire énigmatique. Il irradiait de cette aura toute particulière qui symbolise l'exceptionnel, si elle ne pouvait tout lui dire, mentir aurait été une insulte.

"Je... Je ne peux pas vous le dire..." Fit-elle.

Sur ces mots le sourire du vieux Maître disparu. alors que la jeune fille se préparait à un énième refus, il prit la parole.

"Bien qu'il soit possible de garder ses secrets, ne pas mentir à son mentor est la première étape pour un apprenti, je n'en demandais pas plus. Cependant le savoir que je dispense demande un certain talent pour être exploité. Ceci est un test jeune fille, ne me décevez pas."

L'homme se mit alors en mouvement. Le coeur d'Akiko manqua un battement. Elle était fier de ses talents, elle se savait souple, à la démarche légère, personne n'entendait ses pas, semblable au vent elle semblait glisser sur le sol. Face au vieux Maître, elle était aussi souple et légère qu'un rocher.
Elle manqua de peu le premier assaut, une manchette toute simple visant les côtes, aussi vive que l'éclair. Elle ne l'esquiva que grâce à ses réflexes et aptitudes surhumaines.
Sans marquer la moindre surprise ni le moindre arrêt, l'homme continua son geste, avançant la jambe et modifiant son équilibré il lança un coup de poing vers le visage d'Akiko. L'instinct de cette dernière prit le dessus, effaçant les épaules elle esquiva le poing et remonta le long du bras ses propres mains fermées, visant le visage.
Elle ne le vit pas mais à ce moment le Maître se remit à sourire. L'instant d'après elle volait dans les airs. Défiant toute physique et toute logique il l'avait envoyé valdinguer comme un vulgaire bagage. Mettant à profit son expérience de chat, une simple torsion du buste la remit sur ses pieds avant de toucher le sol, elle se rétablit proprement, et prit une posture qui ressemblait à une ébauche de garde. Elle aperçu alors le sourire du vieil homme.
Ce dernier reprit son assaut, mais plus doucement, moins brutalement. Sans pour autant perdre la main, il se mettait à son niveau. Suffisamment proche pour qu'elle essaie de l'égaler, et suffisamment loin pour qu'elle n'y arrive jamais.
Au bout de quelques minutes, Akiko était en nage, sollicitant jusqu'à la moindre parcelle de son corps et de ses talents, le vieux Maître sapait son énergie avec méthode et efficacité.
Ce manège continua jusqu'à ce que la yokaï finisse par s'effondrer, incapable de reprendre son souffle elle demanda grâce. Le mentor ne montrait pas le moindre signe de fatigue.
S'avançant jusqu'à elle, il prit ses mains dans les siennes, bien que vieilles et caleuses, elles étaient aussi douce. Il attendit que le coeur de la jeune fille reprit un rythme à peu près normal pour déclarer.

Art Martial. Ces deux mots qui n'en forment qu'un n'existent pas par hasard. Martial car il est avant tout dédié à la guerre, un art martial est fais pour tuer. Mais malgré cette tâche abjecte, il est avant tout un Art, l'art du contrôle de soit, de la retenue, de l'honneur, de la perfection. La voie sur laquelle tu t'engage est aussi belle que terrible jeune fille. Si tu le désires, moi Kazunobu Ueshiba serait ton guide.
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MessageSujet: Re: Du chat au samouraï. Mer 20 Aoû - 1:36

L'apprentissage


C'est l'aurore, le jour se lève sur Kaze. Sur les toits de la capitale, une chatte blanche immaculée admire le lever du soleil. Akiko adore les levers et coucher de l'astre journalier. Ce sont de rares moments de calme, même le vent se taisait à la naissance du jour. Le ciel se teinte d'or et les nuages de rose, et le monde change. D'ici un petit quart d'heure, elle fera sa toilette et ira rejoindre Maître Ueshiba au dojo, comme tous les matins depuis bientôt sept ans...
Le temps est passé tellement vite. La yokaïe se rappelle avec nostalgie de leur première rencontre, elle, sortie de nulle part, et lui, vivant ici depuis la nuit des temps.
Elle avait développée un grand respect envers son Maître. Le vieil homme était doté d'un savoir et d'un talent exceptionnel. Et fidèlement depuis maintenant des années, il enseignait son art aux plus jeunes.
Comme le lui avait expliqué Maître Ueshiba, il était le maître de son école, tous les autres étaient ses disciples. Il n'en n'avait pas beaucoup, une douzaine, mais c'était un choix, il ne choisissait que les meilleurs. Régulièrement, un noble de la ville lui amenait son fils pour lui demander d'enseigner, et régulièrement, Maître Ueshiba refusait. Les pots de vin, les menaces, les supplications, les promesses, rien n'y faisait, seul le talent comptait.
Nakashima Akiko était sa douzième élève, il l'avait choisie après ce qu'il appelait le rite d'initiation, les combats qu'il menait avec ses potentiels futur disciples n'avaient rien d'un réel combat. Maître Ueshiba menait la danse, de A à Z. Mettant à profit son savoir, il testait l'intégralité des capacités du prétendant, force, adresse, agilité, savoir, et en jouant avec lui il en apprenait aussi sur sa psyché, sens de l'honneur, ténacité, courage, respect, sang froid. La seule chose que Maître Ueshiba ne testait pas touchait à ce que l'on pouvait apprendre, comme la technique, la culture, etc. Lorsque le volontaire tombait de fatigue, le test prenait fin et le vieil homme rendait son jugement qui était alors sans appel. Si le Maître était d'accord, alors le nouveau disciple se voyait remettre un Kimono Blanc, symbole des débutants, il pouvait commencer les leçons dès le lendemain. S'il ne l'était pas, il n'avait plus qu'à partir, il n'y avait pas de seconde chance.
Quelques heures après avoir testé Akiko, elle lui avait demandé pourquoi il l'avait choisie, Maître Ueshiba avait calmement répondu :

"Tu n'est pas particulièrement intelligente, ni même courageuse, mais tu pense différemment, tu irradies de liberté. Nul ne saurait te soumettre. Mais malgré ça tu n'es pas égoïste, et possède un solide sens de l'honneur. Si à cela on ajoute tes capacités physique surprenante, tu pourrais devenir une formidable guerrière. Je suis curieux de voir jusqu'où tu iras."

La jeune fille avait rougie sous les compliments, et les leçons avaient commencé.
Sept ans plus tard, elles avaient plus que données leur fruits : Akiko était passée de fine à élancée, son corps avait changé, elle avait développée une musculature fine et efficace. Sa démarche s'était encore assouplie, approchant même celle du vieux Maître. Elle était aussi plus souple, plus rapide. Ses capacités physique, déjà surhumaines grâce à son statut de yokaïe avaient fleuries, devenant monstrueuses eux yeux de certains disciples. A cela s'ajoutait la technique et le savoir.
Comme le lui avait expliqué Maître Ueshiba, pour devenir samouraï, il fallait maîtriser vingt des disciplines des samouraïs, les jutsus, existants.
En sept ans, Akiko maîtrisait le Ju-Jitsu, Iai-Jutsu, Ken-Jutsu, Jutte-Jutsu, Tanto-Jutsu, Tessen-Jutsu, Suiei-Jutsu, Kyu-Jutsu, Shuriken-Jutsu, Ba-Jutsu, Kisha-Jutsu, Ninjutsu,
En clair, Nakashima Akiko savait se battre à main nue, se battre au sabre, se battre au Jutte et au couteau, à l'éventail de guerre. Elle savait aussi nager, monter, tirer à l'arc, tirer à cheval, et maîtrisait enfin le Nin-Jutsu, l'art des ninjas.
Cela faisait 12 disciplines sur les vingt qu'elle se devait de maîtriser.
Doucement, au fils des années, comme le disait Maître Ueshiba, l'acier, déjà de bonne qualité, était en train de devenir un des meilleurs katana qu'il est jamais forgé.
Plus l'apprentissage continuait, plus il se faisait difficile et long. Il fallait apprendre de nouvelles disciplines, sans pour autant oublier celles déjà apprises. Mais Akiko était confiante, encore quelques années et le compte serait bon. Elle n'aurait alors plus qu'à attendre que Maître Ueshiba la déclare prête, et elle serait enfin samouraï.
En parallèle à cela, ses pouvoirs se développaient. Elle entendait mieux le vent, il lui confiait son savoir de plus loin, et elle pouvait lui répondre toujours de plus loin. Ses sens s'affûtaient. Alors qu'autrefois elle n'entendait que les paroles des hommes, aujourd'hui elle entendait aussi les bruits de la nature, les oiseaux, les bêtes, le vent.
Et lorsqu'elle était dans état particulièrement calme, après avoir médité par exemple, elle captait une voix nouvelle, la voix du vent. Il chantait en parole sibylline, et lui comptait ce qu'il savait. Il lui fallait encore du temps pour déchiffrer ses paroles, mais le vent lui apprenait ce qui n'était pas forcément dis à haute voix, ouvrant ainsi à elle une véritable manne d'information.
Mais même avec ses progrès, elle était toujours incapable d'avoir accès aux savoirs interdit, il suffisait que quelqu'un soit sur ses gardes avant de parler pour que le vent se trouve incapable de lui livrer ses mots. Mais cela lui plaisait, savoir tout sur tout, servit sur un plateau n'était guère amusant.

---

Maître Ueshiba se tient sur le tatami, Katana en main, d'un geste de la main il enjoint Akiko à le rejoindre. Sur le coté, Akiko saisit son sabre et monte sur le tatami. Elle a troqué sa ceinture blanche du kimono pour une ceinture noire, enjolivée de quelques Dan, témoignant de son savoir. Son pas est sur, ses gestes fluides comme de l'eau, et sa démarche légère comme le vent. La yokaïe salue son Maître, et dégaine son sabre. Après une brève injonction, le duel commence.
La garde de l'apprentie est particulière, aérienne. Akiko ne pare pas les coups, elle les esquive. Elle ne frappe pas, elle fend. Elle ne charge pas vers son adversaire, elle vole à lui. Elle devient le vent.
Le vieil homme comme à son habitude teste son élève, met à profit sa formidable expérience pour la pousser dans ses moindre retranchements, pointe du doigt ses défauts, et souligne ses qualités.
Son élève, comme à son habitude, se surpasse, Elle glisse le long de la lame du Maître, comme si cette dernière était incapable de la toucher, son sabre chante en fendant les airs, toujours en mouvement, et ses cheveux volent sauvagement autour de son visage, tel un feu follet, insaisissable.
Après quelques minutes, Maître Ueshiba interrompt le duel. Sa respiration est toujours calme et posée, mais quand autrefois son élève était au bord de l'épuisement, elle n'est plus qu'essoufflée. Malgré sept ans de pratique, l'écart entre ces deux est toujours le même qu'au premier jour. Mais qu'à cela ne tienne, le vieil homme est immensément fier de son élève. De peur qu'elle se relâche il ne lui en dit rien, mais il sais que d'ici quelques années, elle sera prête, et elle brillera d'un éclat tel qu'elle en aveuglera le soleil.
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MessageSujet: Re: Du chat au samouraï. Mer 10 Sep - 0:38

L'avènement

Le soir arrive sur Kaze. La capitale Eiichiro se teinte doucement de rouge et d'or. A quelques lieues de la, au sommet d'une des collines entourant la capitale, Akiko s'y tient fièrement debout et observe la ville, savourant le crépuscule.
A quelques pas derrière elle se tient Kazunobu Ueshiba, son Maître. Son regard déborde de fierté. Il y a dix ans quand elle est venue frapper à sa porte, elle était alors un diamant brut. Une émeraude plutôt.
Gracieuse, agile, mais débordant d'une énergie sauvage. Il avait passé la dernière décennie à polir cette gemme et après une interminable attente, ce dur labeur portait enfin ses fruits.
Akiko se tient droite, légèrement de profil, une main sur la hanche, l'autre sur son sabre d'entrainement. Bien qu'immobile, la même énergie qu'au premier jour se dégage d'elle, libre, sauvage, mais cette fois-ci affûtée comme un rasoir.
Le vieux Maître y repense en souriant. La vie d'un samouraï est dédiée au devoir et à son seigneur, la liberté est un concept que ces derniers ne devraient même pas appréhender. Il n'aura jamais du accepter de la former, mais il ne pouvait pas refuser, l'aura que dégageait la petite était trop forte. Il n'y a pas de regret à avoir, bien que libre comme Kazegami lui même, son sens de l'honneur et du devoir sont en acier trempé, elle servira bien le clan.
Toujours immobile, Akiko, comme à son habitude, écoute le vent, et lui chuchote son histoire.
Elle n'en n'a jamais parlé au vieux Ueshiba, mais ce dernier à depuis longtemps appris à lire entre les lignes et connais les dons de la jeune fille. A vrai dire il pense tout savoir d'elle. Comme il le répétait à ses apprentis, le secret est un droit, et si toute curiosité déplacée était à proscrire, rien ne lui empêchait de déduire foules de choses de ses élèves rien qu'en les observant. Et le vieil homme a un don pour voir ce qui est caché. Aussi, pendant ces dix années d'apprentissage, le Maître a observé l'élève, perçant ses secret un à un bien malgré lui, et jusqu'au dernier. Le plus terrible de tous.
Soudain la jeune fille se retourne.

"Que faisons-nous ici Maître?"

Un sourire énigmatique se dessine sur le visage de Maître Ueshiba, tiraillé par le devoir et l'honneur. Toute sa vie il a servit avec ferveur le clan Eiichiro, son devoir lui dicte d'éradiquer la Yokaïe qui se tient devant lui. Mais son honneur le lui interdit formellement. Cela fais des années qu'il a percé à jour l'inhumanité d'Akiko, mais elle est pourtant bien plus humaine dans sa façon d'être que bien des hommes. Aussi, Kazunobu Ueshiba a pris le risque d'enseigner le bushido à une Yokaïe. Et aujourd'hui vient l'heure de la dernière épreuve. Malgré toute la bonté d'Akiko, et toute son expérience, il ne sait pas encore se qui se cache réellement au fond de l'être qui se tient devant lui. Il lui répugnait d'en arriver la, mais il n'avait pas le choix.
Son sourire disparût de ses lèvres, son regarde se fit terne, froid.

"C'est la fin du voyage." Fit-il. "Voici ta dernière épreuve. Vends chèrement ta vie Nakashima Akiko."

Et sur ces mots, dans un mouvement acéré par une vie d'expérience, il dégaina son sabre et passa à l'attaque.

---  

Maître Ueshiba à dégainé son sabre, et dans un mouvement froid comme la mort attaqué Akiko.
L'intention était claire, tuer.
Au fond de son esprit, quelque chose vibre, elle a déjà vécu ça. Une peur ancienne refait surface, l'instinct de survie prend le dessus. La jeune fille plonge, la lame mortelle lui frôle la gorge.
Le vieil homme la regarde se relever. Toute bonté a disparue de son visage, il ne reste qu'une froide détermination teintée d'une ombre. Le spectre de la mort se dessine derrière lui. Il semble hésiter, comme si quelque chose le retenait.
Pendant ses brèves secondes, Akiko revoit les prémices de sa vie, les bandits attaquant la petite maison, son ancienne famille massacrée. La peur laisse doucement place à la colère. Elle ne souffrirait pas deux fois de perdre tout ce qu'elle chérissait.
Il fallait vaincre.
Nakashima Akiko dégaine son sabre, son geste est rapide et précis. La lame chante. Elle ne cessera de chanter que lorsqu'elle sera morte ou son adversaire défait. Elle se met doucement en garde. Malgré l'odieuse trahison, elle respecte encore l'homme qui lui a tout appris.
Le vent se lève doucement sur la colline. Il reste muet, ne sachant que dire.
Les deux adversaires s'observent, Akiko se mue tel un courant d'air, toujours en mouvement, ses pas effleurent le sol, son sabre semble flotter devant elle. Face à au vieil homme elle est toujours aussi pataude.
D'un simple pas le Maître vole jusqu'à elle et frappe. Il a délaisse son habituelle flegme, c'est un guerrier accomplit qui vient au contact. Ses gestes sont rapides et précis, ajustés à la perfection, Inutile en devient un mot vide de sens.
Quand autre fois la yokaïe aurait fuie devant une telle menace, aujourd'hui elle fais face. Telle l'air que l'on fouetterait avec un bâton elle se fend, glisse le long de la lame, et frappe à son tour.
Ueshiba est déjà dans son dos, ses déplacements semblent instantanés, à nouveau son sabre s'abat sur la jeune fille.
Alertée par un sixième sens, Akiko vrille son torse et passe à un cheveux de la mort. Elle lève alors son sabre et l'abat, au dernier moment elle redresse la poignée, et assène un violent coup de pommeau sur le torse du vieil homme.
Le mouvement est peu orthodoxe, mais efficace, il ne s'y attendait pas. Son souffle devient rauque, ses yeux rétrécissent. Son sabre fend à nouveaux les airs comme si de rien n'était. Sa volonté de fer surpasse de loin la douleur et la perte de son souffle.
Akiko ne s'étonne pas, elle aurait due, mais elle avait alors cessée de penser. c'est un concentré d'instinct qui revint alors à charge. Elle ne pensait plus, elle agissait, et n'hésitait plus, n'avait plus peur, n'était plus en colère. Elle se battait pour sa vie.

---

Akiko se tient par terre, les bras derrière elle, assise sur les fesses. Les cheveux en bataille et un sabre délicatement pressé contre sa gorge. Vaincue.
Celui qui était alors son maître se tient devant-elle, le regard toujours aussi froid. Mais une lueur étrange à remplacée l'ombre qui planait sur son regard.
Akiko pleure. Dix années de dure labeur réduite à néant pour elle ne savait quelle raison. Elle avait tout donnée, elle avait appris l'honneur des samouraïs, appris les arts de la guerre pour au final finir ainsi. Autrefois elle se serait transformée en chatte, prit la fuite et refait sa vie ailleurs. Mais c'était une autre époque, son sens de l'honneur et son lien avec le clan Eiichiro était trop fort. Si le vieil homme tenait réellement à la tuer, elle devrait alors choisir entre la mort et une vie passée à se cacher des hommes et à vivre de rien...
Elle leva alors les yeux pleins de rages envers l'homme qui se tenait devant-elle, on pouvait lire une seule question au travers de ses yeux rougis par les larmes : Pourquoi?
S'en fût trop pour le vieil homme, il retira son sabre de la gorge d'Akiko et le planta profondément en terre.

"Pas un coup bas, pas un mot au dessus de l'autre, et un regard brûlant d'une détermination à faire reculer les montagnes, indomptable même devant la mort. Je devais savoir Akiko, je devait savoir qui tu étais vraiment... J'espère que tu pourras un jour me pardonner ce que j'ai fais."

Sa voix était d'une tristesse et d'une sincérité déchirante. Il fis quelque pas en arrière, se retourna et s'en fut chercher un paquetage derrière un arbre. C'était un long tube en bois orné d'inscription, il en sortir un étui en tissus vert sombre. Il l'ouvrit délicatement, il en sorti un sabre neuf, un Katana et un Wakizashi. Ces derniers possédaient une poignée blanche enrobée d'un tissu noir, formant un ensemble noir orné de carreaux blancs, la garde était simple, et les fourreaux simplement orné des kanjis signifiant son nom.

"A dater de ce jour, tu es une samouraïe à part entière du clan Eiichiro. Puisse-tu servir ses membres et son seigneur jusqu'à ta mort."

Kazunobu Ueshiba marqua une pause, il plongea son regard dans celui d'Akiko qui s'était relevée.
Il lu dans son regarde qu'elle avait compris.

"Depuis quand?" Fit-elle d'une toute petite voix.

"Depuis que j'ai vu ta seconde apparence Fit le vieux Maître dans un sourire. Quand l'on acquiert une certaine expérience, on devient capable de discerner l'aura des gens. Ils ont tous une aura unique. Et la tienne Akiko est reconnaissable d'entre mille. Lorsque j'ai vu cette magnifique chatte blanche errer dans le jardin de l'école, j'ai tout de suite su. Le fais que tu es toujours la même depuis bientôt dix ans n'a fais que confirmer mes soupçons."

"Mais pourquoi n'avez vous rien dit?"

"J'ai choisi de te faire confiance. Je ne voyais aucune malice en toi. Je me réjouit de voir que je ne m'étais pas trompé."

Les larmes revinrent au yeux d'Akiko, elle était rassurée, la peur était retombée, son maître l'avait acceptée telle qu'elle était. En entière. Elle n'avait jamais rêvée tant.

"Et maintenant ?"

"Et maintenant nos chemins se séparent, s'ils se recroiseront je l'espère souvent ils ne feront plus jamais la même route. Tu vas repartir vers Kaze, et moi je vais partir vers mon vieux village d'enfance profiter de quelques jours de repos."

Akiko ne pouvait plus parler, l'émotion était trop forte, elle prit son Daïsho nouveau, l'empaqueta avec attention et le mis sur son dos. Alors elle déposa son sabre d'entrainement au pied de son ancien Maître. Elle le regarda une dernière fois, plongeant ses yeux dans les siens. Le message était clair.

Adieu Maître. Merci. Merci pour tout.

Ueshiba Kazunobu se remit à sourire, un sourire radieux.
Akiko se mua alors en chatte sous les yeux émerveillés du vieil homme, le regarda une dernière fois avec ses pupilles émeraudes et s'en fût.
Lorsqu'elle fût loin, suffisamment pour qu'elle ne puisse l'entendre même grâce au vent, le vieil homme se mit à pleurer.

Une histoire s'achève. Une légende commence.
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Du chat au samouraï.

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