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 La danse des papillons [Tsuki]

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MessageSujet: La danse des papillons [Tsuki] Jeu 28 Aoû - 16:27

Le petit groupe d'hommes s'éloignait dans la nuit, marchant aussi droit que possible malgré l'alcool qu'ils avaient dans le sang. Debout devant l'entrée du restaurant, Akito et ses camarades Geisha les observaient partir, leur souriant sereinement et les saluant de la main. Les gestes étaient aussi légers que le battement des ailes des papillons malgré les lourds kimonos et les chaussures inconfortables : aucune des femmes ne faisait honte à son statut.

Elles avaient toutes été professionnelles au possible durant toute la soirée sachant qu'elles venaient de différentes Okiya, qu'elles ne se connaissaient pas avant de se rencontrer. La demande de présence, en tout cas pour la Lamie, stipulait bien entendu le mélange de maisons. On ne risquait pas la fureur des Mères de chaque établissement en forçant des Geisha à travailler avec d'autres artistes que leurs sœurs sans les prévenir.
D'ailleurs, elle aurait très bien pu refuser de travailler avec les autres.
Ou envoyer une sœur moins prestigieuse.
Mais la créature mi-femme mi-serpent n'était pas du genre à refuser une rencontre avec d'autres jeunes Geisha. Elle s'était donc préparée avec soin pour que l'impression qu'elle laisserait soit marquante. Dans le secret de sa chambre, elle avait modifié son illusion d'apparence pour que sa chevelure soit coiffée et que sa peau soit plus pâle, mettant ainsi en valeur son maquillage. Elle avait choisi avec goût les ornements dans son chignon, des cascades de fleurs vertes et roses sur des pics de bois rouge. Puis elle s'était maquillée, soulignant subtilement ses traits sans forcer – car c'était l'apanage des Maiko, le maquillage appuyé – et rappelant les fleurs dans ses cheveux. Enfin, elle avait enfilé un lourd kimono de soie verte pâle ornée de papillons et de plantes stylisées.
Et elle était sortie.

Elle avait fait forte impression sur les fêtards.
Elles avaient toutes fait forte impression. Chaque autre femme était resplendissante seule, mais leur groupe au complet avait quelque chose de plus, une présence qui éclipsait même les parterres de fleurs du Palais Impérial. Leurs clients en avaient perdu la parole quelques instants alors qu'elles étaient entrées dans la pièce, dévoilant aux regards des hommes les joyaux des Okiya de Kaze.
Le reste de la soirée avait été agréable. Elles avaient chanté, dansé, servi de l'alcool et discuté tranquillement. Pas un seul de leurs clients, d'influents marchands, ne s'était comporté de manière rustre ou impolie. Les clients respectueux étaient parfois tellement rares… Akito retint chacun de leurs noms pour les recommander à sa Mère lors de son retour à la maison.
Elle ne manqua pas non plus de garder en mémoire les noms de ses consœurs ainsi que leur apparence, fixant longuement les jeunes femmes de ses yeux dorés pour pouvoir garder leur image dans son esprit. Non pas qu'elle leur veuille quoi que ce soit, mais elle aimait bien reconnaitre des visages d'autres artistes dans la foule lorsqu'elle vaquait à ses occupations le jour. Cela lui permettait de les saluer de manière appropriée.

Lorsque la soirée finit de s'étirer, tard dans la nuit, les hommes décidèrent qu'il était temps de rentrer chez eux. Ils les quittèrent, toujours très polis, en les abreuvant de compliments qu'Akito reçut avec moult rires délicieux et inclinaisons de tête.
Puis ils partirent dans la nuit, précédés de leurs rires et de leurs blagues sans doute grivoises, laissant là les Geisha. La probable ainée des jeunes femmes réfléchit quelques instants alors que ses camarades papillonnaient autour d'elle, discutant à voix basse. La tradition voulait que les artistes, après leur soirée de travail, puissent se détendre. Certaines aimaient jouer aux cartes, d'autres préféraient aller aux sources chaudes pour se délasser, d'autres encore aimaient boire… Au sein de sa propre maison, la Lamie savait les distractions préférées de ses camarades de travail mais entourée de demoiselles inconnues, elle ne savait trop quoi proposer.
Elle se fia donc à sa propre envie : quelques coupelles d'alcool pour se détendre et l'aider à dormir, après quoi elle retournerait à l'Okiya. Elle prit donc la parole de sa jolie voix chantante.

"Je vais me diriger vers l'auberge Kinuma. Si vous souhaitez vous joindre à moi, j'en serais plus que ravie."

L'adorable parterre de fleurs multicolores fut soudain empli de babillements chuchotés, chacune essayant de planifier sa soirée, embrigadant sa voisine ou sa nouvelle amie avec elle pour aller qui dans une maison de jeu, qui aux bains. Les groupes furent formés rapidement et les femmes aux jolis kimonos se séparèrent, non sans se promettre de travailler de nouveau ensemble un de ces jours.

Akito se retrouva bientôt avec une seule compagne sur le chemin de l'auberge. La seule jeune femme qui semblait aussi enthousiaste qu'elle à l'idée de boire un peu… Ou beaucoup. La Lamie ne savait pas trop mais elle espérait, au fond, que l'autre ne la pousserait pas à boire plus que de raison. Elle ne tenait pas spécialement à perdre le contrôle de son propre corps, pas quand cela pouvait signifier dévoiler ses écailles au monde entier.
Elles arrivèrent vite devant le bâtiment éclairé de dizaines de lanternes colorées. Tellement vite qu'elles n'avaient même pas eu le temps de faire plus ample connaissance. Enfin, elles auraient tout le temps de se rattraper devant des coupelles et un peu de nourriture…
C'est sur cette pensée qu'Akito franchit la marche menant à l'entrée de l'auberge, sa camarade sur les talons.
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MessageSujet: Re: La danse des papillons [Tsuki] Ven 29 Aoû - 0:30



Elle observe inlassablement son reflet dans le miroir, se demandant quelle broche elle préfère. Elle a du mal à comprendre le concept de cette soirée. Plusieurs Geishas, toutes d'un Okiya différent, vont devoir partager le même rendez-vous. Sa mère l'a prévenu un peu à l'avance, mais pas trop. Au risque de l'entendre se plaindre pendant des jours de cette surprenante collaboration. Tsuki se doute bien que les choix des maisons a été fait avec soin. Toutes les mères ont choisi les filles qui leurs semblaient les plus dignes de représenter l'Okiya. Malheureusement pour notre jolie demoiselle, elle est le choix de la sienne. Ô combien elle aurait souhaité voir l'une de ses sœurs y aller plutôt qu'elle. C'est un signe d'une certaine confiance en sa petite personne. L'artiste prie pour que sa Mère ne finisse pas par arrêter son choix sur elle. Le besoin de trouver un Danna pour parvenir à payer sa dette devient pressant. Ses yeux malachite se posent sur Saya qui prend place contre son shoji. La Geisha, ses deux broches toujours en main, arque un sourcil en observant l'air agacé de sa camarade. Ah non, hein ! Pas de crise de jalousie ! Ce n'est pas comme si elle avait eu le choix. Enfin... Elle aurait dû décliner... Seulement, cela aurait fait de l'argent en moins.

Devant la maison de thé, habillée de son plus beau kimono mauve, Tsuki rejoint les autres artistes conviées. La jeune femme n'a pas eu trop de mal à se faire une petite place parmi elles en arrivant. Utilisant un brin d'humour pour faire retomber un peu la pression visible chez certaines d'entre elles. Histoire de faire comme si tout ceci n'était pas une compétition. Enfin, aucune n'est réellement dupe, ces Geishas sont rivales. Pourtant, le groupuscule de jeunes femmes est très harmonieux, comme si elles avaient été destinées à toutes se retrouver ici. Leur élégance et leur beauté n'ont pour égale que l'aube et le crépuscule. Tant et si bien qu'un silence admiratif avait pris place dans la pièce lorsqu'elles étaient entrées dans la pièce. Toute la soirée s'était déroulée dans une ambiance douce et séduisante. Sans le moindre problème. Ces hommes étaient de parfaits compagnons d'un soir. Bien élevés, ce fait était notable. Visiblement, toutes les Geishas présentes ont marqué les marchands. Au vue des gains, Tsuki n'oubliera pas le nom de celui dont elle a pris soin. Ils ont fini par mettre un terme à la soirée, très poliment. Sur le porche, les dames de compagnie les avaient salué avec toutes les marques qu'elles devaient à leur rang. Puis vint le moment de détente. Tant attendu, elle ne le dirait pas comme ça, mais mérité c'était sûr. Les Geishas parlent maintenant à mi-voix, essayant de trouver une activité qui serait capable d'occuper les nouvelles amies. La noiraude les écoute avec un léger sourire doux, pas vraiment décidée à rester en contact avec ces filles. Malgré tout le respect qu'elle laisse transparaître, certaines d'entre elles l'agacent depuis leur entrée dans la maison de thé. Finalement, l'idée de l'auberge ne lui semble pas si déplaisante que cela.

La scission se fait en douceur, sur des promesses de retrouvailles, une fois encore, Tsuki se contente de leur souhaiter une bonne nuit en inclinant poliment la tête. Il ne reste plus qu'elle et celle dont le prénom lui échappe toujours. Peu importe ! Sa camarade a tout l'air d'avoir envie de boire un peu avant de rentrer. Tant mieux ! La jeune femme la suit donc, elles n'échangent pas tellement de mots. Elle préfère guetter les étoiles dans le ciel, essayant de se remémorer ce qu'elle a pu entendre à ce sujet. Le trajet est court et Tsuki se retrouve à l'intérieur avant même de l'avoir réalisé. Elle tourne ses yeux verts en direction de sa seule "amie", prenant un air de réflexion.


« Oh ! Nous sommes arrivées si vite que je n'ai pas eu le temps de songer à ce qui pourrait me plaire. Avez-vous eu le temps ? Je pense que je vais partir sur du saké, pour rester dans une petite routine. Oui, ça me semble bien ! Est-ce que j'en commande pour vous aussi ? Avec quelques douceurs. Oh oui ! Je vais faire ça. Asseyez-vous seulement ... Je ne me souviens plus de votre prénom... »

Elle ne lui a pas laissé le temps de parler, pour tout dire. Elle penche la tête de côté, papillonnant des yeux en regardant autour d'elle. La jeune Geisha n'a pourtant pas du tout été agressive, juste joviale. Histoire de la mettre un peu à l'aise après la maison de thé. Les idées sont venues tellement vite dans son esprit qu'elle s'est sentie obligée de laisser couler le flot délicat de ses paroles et de sa bonne humeur. L'ambiance du lieu est très chaleureuse, sans doute que cela joue un peu sur la demoiselle.

« Oh... Excusez-moi, je me suis un peu laissée emporter, huhu..! Peut-être souhaitez-vous autre chose ? »

Dit-elle pour finir avec un petit sourire gêné.
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MessageSujet: Re: La danse des papillons [Tsuki] Mer 3 Sep - 23:12

Sa compagne de boisson était aussi silencieuse qu'elle sur le chemin, mais cela ne vexa pas Akito. La Geisha aux yeux jaunes apprécia même plus le court trajet puisqu'elle pouvait faire ainsi le tri dans ses souvenirs, les ranger proprement dans sa bibliothèque mentale après les avoir étiqueté. Elle avait promis, après tout, de ne plus rien oublier. Jamais. Et elle prenait à coeur cette promesse, dans les temps de peine comme dans ceux de joie.
La soirée, heureusement, semblait plutôt appartenir à la catégorie des jours joyeux.

Les lanterne multicolores accrochées à l'extérieur diffusaient une lumière bigarrée sur le sol. A l'intérieur, des répliques miniatures de ces sources de lumière créaient des tâches colorées, valorisant la décoration subtile des lieux. Tout, autour des deux Geishas, respirait la délicatesse. Les murs artistiquement peints de scènes champêtres, les fleurs dans des vases, le personnel vêtu de soieries précieuses. L'auberge était réputée pour être une des plus courues de la ville, ce que la Lamie comprenait aisément. L'atmosphère était éloignée au possible de celle des auberges moins huppées, et c'était ce qui lui plaisait.
Ce n'était pas pour autant guindé, non. On entendait les rires des convives, de la musique filtrait au bout du couloir. C'était une ambiance chaleureuse mais sophistiquée, en fait, quoi que le mélange de ces deux idées puisse signifier.
Le temps que quelqu'un vienne à leur rencontre pour leur proposer une place, les deux femmes restèrent sagement debout. Elles semblaient totalement à leur place, comme si les cercles colorés des lanternes avaient été incarnés dans un apparence humaine : la mauve et la verte, éclatantes comme nul autre visiteur de l'auberge. Puis on vint les chercher, leur proposant une place dans une alcôve un peu éloignée du reste des visiteurs de l'auberge. Cette localisation convenait parfaitement à la plus âgée des deux, qui préférait éviter de risquer d'attirer la compagnie d'indésirables.

Pendant qu'on les amenait à leur place, Akito s'était mise à chercher un sujet de conversation pour briser la glace avec sa compagne pour la soirée. Toute cette réflexion fut coupée lorsque l'autre se mit à babiller, la bombardant de questions. La Lamie manqua de prendre son air maternel et amusée avant de se souvenir que son apparence, malheureusement, semblait suggérer qu'elle avait le même âge que sa camarade. Elle ne pouvait donc pas se placer en ainée, mais seulement en égale.
Elle se contenta donc de rire doucement, plaçant son poignet devant sa bouche, avant de répondre.

"On m'appelle Akito, charmante Tsuki, souffla-t-elle de sa voix grave. Je prendrais de l'Umeshu afin de complémenter votre saké, ainsi que quelques friandises... Rien de très compliqué, peut-être quelques Dangos."

Le regard jaune de l'ancienne servante du Serpent se pose avec bienveillance sur l'autre jeune femme, dénué de toute malice. Puis la charmante créature à qui appartiennent ces yeux fait un signe de la main, presque indolent, en direction d'un membre du personnel de l'auberge. Lorsqu'elle est sûre d'avoir été vue par l'aubergiste, Akito sourit furtivement à Tsuki.

"Vous pouvez vous aussi vous asseoir. Je pense que notre charmant hôte ne s'épargnera aucun effort pour que nous passions une bonne soirée et que nous revenions en son établissement."

La dernière phrase fut susurrée, presque sur le ton de la confession, alors que le brave homme arrivait déjà près d'elles.
S'il y avait bien une chose dont la Geisha au kimono vert était sûre, c'était que les hommes savouraient la vue de belles jeunes femmes. Ni Tsuki, ni elle n'étaient désagréables à regarder : il était dans l'intérêt du tenancier qu'elles reviennent aussi souvent que possible, la rumeur de leur présence pouvant attirer des clients aussi sûrement que le miel attire les guêpes.
Et cette réflexion, l'aubergiste semblait se l'être faite lui aussi. Il se montra parfaitement aimable envers les deux Geisha, presque mielleux, alors qu'il leur assurait qu'elles étaient les bienvenues et qu'il était enchanté de les rencontrer. Akito minauda un peu en retour, battant des cils et lui jetant des regards de braise alors qu'elle commandait les alcools et les douceurs, avant de laisser sa camarade artiste ajouter ce qu'elle voulait à la liste.
La liste des victuailles et des liqueurs à apporter fut promptement confiée au tenancier, lequel disparut en trottinant leur en apporter le contenu. La Geisha au kimono vert saisit l'occasion pour s'asseoir sur un des petits coussins près de la table. Elle ancra ensuite ses yeux sur Tsuki, décidée à passer l'attente plus rapidement grâce à une discussion si possible agréable.

"La soirée a-t-elle été à votre convenance ? Je suppose que vous aviez été prévenue que nous viendrions toutes de maisons différentes. Quelle drôle de requête, tout de même. Divertissante, mais étrange... Avez-vous déjà eu des requêtes aussi farfelues ?"

Ce n'était certes pas un début de conversation des plus inhabituels, mais cela avait au moins le mérite de commencer à créer des ponts entre les deux jeunes femmes.
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MessageSujet: Re: La danse des papillons [Tsuki] Ven 24 Oct - 5:34



Akito. Akito... Akito..? Ce n'est pas un prénom masculin, ça ? Peu importe. Bien au moins, elle la fait rire. C'est sans doute un bon point. Du moins, si elle était un homme cherchant de l'affection. Ou alors, peut-être, doit-elle tout bêtement comprendre qu'elle est quelqu'un d'incroyablement drôle. Finalement, Tsuki opte pour le fait qu'elle rit juste de politesse. Ce qui l'étonnerait beaucoup moins. Suite à la réflexion de sa camarade, la Geisha prit place, d'un mouvement aussi délicat qu'agréable à regarder. Le vert pâle de ses yeux se pose sur l'aubergiste. Elle aurait pu jurer qu'il s'était recoiffé avant de venir à leur rencontre. Fait qui n'a pu que faire naître un demi sourire sur les lèvres parfaites de la jeune femme, attendant sagement qu'il soit suffisamment proche pour que sa camarade prenne la parole. Celle-ci use de ses charmes, Tsuki suit sans trop de mal, complétant la commande. Toutes deux attendirent que l'homme se soit éloigné pour débuter une conversation.

« La soirée a-t-elle été à votre convenance ? Je suppose que vous aviez été prévenue que nous viendrions toutes de maisons différentes. Quelle drôle de requête, tout de même. Divertissante, mais étrange... Avez-vous déjà eu des requêtes aussi farfelues ? »

« Elle fut douce, en effet. Agréable. Bien que surprenante. Oui, oui, mon Okasan a pris le temps de m'avertir, mais cela reste des plus ... perturbants ! Aussi farfelues que celle-ci ? Mmh... Je ne pense pas. Je me demande qui a bien pu avoir cette idée. » elle hausse légèrement les épaules, « Cela nous aura permis de faire la connaissance d'autres Geishas que nous n'aurions sans doute jamais abordées de nous-même. Tant mieux, nous ne serions pas là sinon. »

Elle lui sourit avec douceur, prenant la peine de lui montrer qu'elle n'est pas mécontente d'être restée un peu plus longtemps en sa compagnie. Tsuki est sur le point de reprendre la parole lorsque le tenancier revient avec le plateau qui leur est destiné. La jeune femme incline poliment la tête en le remerciant, servant Akito puis sa personne. Elle boit une gorgée avant de reprendre de sa voix toujours aussi mélodieuse.

« Et vous ? Ce genre d’événement vous est-il déjà arrivé ? »

C'était un début de conversation un peu bateau, certes, mais que peut-elle dire de plus ? Elle ne connait absolument son vis-à-vis et Tsuki est de loin beaucoup plus à l'aise avec les hommes qu'avec les créatures de son sexe. Inévitablement, parce qu'ils sont beaucoup plus facile à manipuler, charmer. Et les sujets de conversation sont amenés avec plus de naturel. Il y a encore un facteur qu'elle n'a normalement pas l'habitude de calculer, c'est le fait qu'Akito soit, elle aussi, une Geisha. Alors évidement, étant du métier, essayer de l’embobiner n'est pas très intelligent. Bien que pour le moment elle n'a pas la moindre raison de s'en prendre à elle ou de chercher à lui jouer un tour. Quoique, l'artiste doit tout de même admettre qu'elle est partie un peu sur la défensive au départ et qu'elle a, peut-être, été un brin hypocrite. Mais n'est-il pas normal de douter ? Surtout lorsque l'on vit dans ce milieu de la société.


HRP:
 
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MessageSujet: Re: La danse des papillons [Tsuki] Mer 12 Nov - 19:43

Tsuki parlait et, de ses yeux aux reflets d'or elle l'observait. La manière dont ses lèvres parfaitement dessinées papillonnaient, la peau délicate de son cou qui se meut lors des mouvements de la Geisha, l'éclat de ses pupilles vertes, rien n'échappait au regard de la Yokai. Akito gravait dans sa mémoire chacun des traits de l'autre jeune femme, essayant ainsi de fixer un nom et une attitude sur ce charmant minois pour pouvoir la saluer correctement la prochaine fois qu'elle la verrait.
La jeune femme au kimono vert mettait en effet un point d'honneur à gracier chacune de ses compagnes de travail d'une salutation personnelle, d'un petit compliment sur leur apparence ou d'un rappel de leurs précédentes rencontres  sitôt qu'elle les connaissait un peu. Elle pouvait ainsi leur prouver qu'au moins une personne dans la cité ne voyait pas en elle que des jolis papillons interchangeables.
Tout en mémorisant les infimes mais ravissants détails sur la personne de sa compagne de soirée, la Lamie écoutait attentivement ses paroles. Elle ne se demanda même pas si son apparente bonne humeur n'était pas feinte, la pensant aussi sincère qu'incapable de lui causer réellement du tort s'il s'avérait qu'elle la trompait. La plus âgée des deux avait quelques atouts dans son sac, après tout, si l'autre se décidait à lui jouer de mauvais tours...

Ce fut sur ces réflexions que le tenancier arriva, le plateau chargé de victuailles et de boissons. Ils sembla lutter quelques instants pour disposer le tout de manière harmonieuse sur la table mais finit par y parvenir, leur adressant à chacune un grand sourire jusqu'à ce qu'elles lui répondent avec grâce. L'ancienne servante du Kami ophidien laissa sa compagne servir les verres, patientant calmement avant de se saisir de la petite coupelle et de siroter distraitement son contenu.
Akito ne comptait pas boire plus que de raison, risquant de perdre le contrôle de sa métamorphose si elle se laissait aller à s'autoriser un verre de trop... Et elle ne souhaitait en aucun cas que cela se produise. Pas dans un lieu aussi fréquenté, devant une autre Geisha et trop, beaucoup trop de personnes qui pourraient la reconnaitre. Elle se devait de maintenir l'illusion, aussi délicieux que soit cet Umeshu.

"Et vous ? Ce genre d’événement vous est-il déjà arrivé ?"

Je prends le temps de la réflexion, tapotant ma joue pâle d'un ongle parfait, le regard relevé alors que je fouille mes souvenirs. Ce n'est pas bien long ni même difficile : non, ma vie dans les bois ne m'avait jamais laissé l'occasion de vivre ce genre de situations. Et je vis dans cette peau humaine depuis peu de temps, si peu de temps ! J'ai l'impression qu'Akito n'a presque rien vu, rien vécu, et qu'elle n'est qu'une enfant comparée à moi. Je me dissocie quelques instants d'elle et l'observe de l'extérieur, comme si je ne la connaissait pas. Comme si elle n'était pas moi.
Comparée à mon histoire, à mon âme et à mes plaies... Oui, cette femme en kimono vert, coiffée et maquillée avec soin, a si peu d'expérience. Son esprit pourrait être pur, lumineux comme un jour nouveau, si elle avait été réellement humaine... Mais elle ne l'est pas.
L'étrange dissociation prend fin et je suis de nouveau Akito, et elle est moi. Son vécu est peut-être différent aux yeux du monde, mais moi je sais que mes marques sont les siennes.

La jeune femme aux yeux jaunes cessa de réfléchir et tendit la main pour se servir dans un des plats débordants de sucreries, puis porta presque le mets délicat et rose à ses lèvres.

"Jamais, non... Mais je ne sais dire si c'est tant mieux. Je ne fais partie des rangs des Geisha que depuis quelques années, je ne serais probablement pas la meilleure personne pour vous raconter des histoires de soirées saugrenues !"

Elle rit doucement et goba sa sucrerie tout en souriant.

"Ma Grande Soeur, elle, pourrait nous abreuver d'histoires incroyables ! Elle m'a dit qu'une fois, un de ses clients –un fier Samurai aux nombreux exploits militaires- a voulu l'emmener en barque sur un lac, mais le vent a retourné l'embarcation... Et c'est elle qui a dû le trainer jusqu'à la berge, car il ne savait pas nager ! Vous imaginez cela ? Ma Grande Soeur, en grande tenue, sauvant la personne qui l'avait payée pour lui tenir compagnie !"

De nouveau, son rire tinta, perçant avec aisance le brouhaha de la salle. Tsuki ne connaissait sans doute pas la femme dont elle parlait, mais elle pourrait tout de même se faire une idée de la situation et de son ridicule. Il fallait ajouter à cela la petite taille de la Geisha à qui l'histoire était arrivée, et le tout devenait encore plus comique.

"Si vous voulez mon avis, fit-elle en se penchant vers sa compagne pour la soirée, ma Grande Soeur devrait porter le sabre pour défendre la cité. Elle ferait sans doute une très bonne combattante, bien meilleure que certains Samurais !"

Akito avait dit tout cela sur le ton de la confidence, juste assez bas pour ne pas être entendue par des oreilles externes à la conversation. Qui savait comment les guerriers qu'elle voyait dans la salle pouvaient réagir, s'ils se sentaient insultés à l'idée qu'une dame de compagnie puisse faire mieux qu'eux ?
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MessageSujet: Re: La danse des papillons [Tsuki] Sam 21 Mar - 10:16

Suite a l'abandon de l'un des joueurs de ce Rp, il est maintenant fermé au jeu.

Tu as le droit de compter les messages postés ici dans le cumul de Rp, de ton suivi. Et tu as ensuite le choix de considérer ce Rp comme Rp Terminé, ou Rp abandonné : il ne comptera alors pas dans ton histoire.
Pour retrouver un Rp des plus rapidement, tu peux poster une demande (où utiliser ton ancienne demande) dans les Demande de Rp
Ou bien passer en Chat box afin de trouver un autre partenaire libre: Chez Timmy

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