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 [Terminé] Sous les plumes du Tengu

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Shigeru Juubei

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Taisa

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MessageSujet: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Jeu 25 Sep - 0:34



Sous les plumes du Tengu


Il  pleurait dans son coeur comme il pleuvait sur la ville. C'était un triste temps diluvienne qui avait vu Juubei sombrer dans une mélancolie permanente et lancinante depuis plusieurs semaines, chose qu'il n'expliquait pas mais qui devait être liée à ses adieux à Inuko et aux agitations terribles de son jeune taisho. Lui qui avait besoin d'une présence rassurante à presque quarante ans, ne s'était pas senti aussi seul depuis que Yuki l'avait abandonné avec sa fille dans ses bras. Aussi étourdi et naïf qu'il était, il s'était laissé entraîné des soirs, son être immense animé par le seul but de sourire un instant par n'importe quel moyen. Seulement voilà que le jeune taii lui ayant servi de guide ces dernières nuits se mariait et que ce fou désirait se poser pour les années à venir. Plus de sorties, plus de visites, plus de beuveries quoiqu’elles fussent ennuyeuses... Plus rien ! Que d’amour, que de jalousie, que de tristesses...

Il l’avait bien sûr invité à son mariage, mais la cérémonie passée, la réception battant son plein, Juubei ne sentait toujours pas son cœur à la fête. Il évitait tout le monde, et d’ailleurs, on se soignait à l’esquiver puisque son regard n’avait rien d’avenant en cette soirée. Cela le peinait d’autant plus. Il se demandait ce qu’il avait bien pu faire aux Kamis pour, à trente-huit ans passés, n’avoir ni femme ni enfant officiel. Il aurait tant aimé fonder une famille et bientôt, il ne serait plus habilité à le faire...Son ami n’avait même pas vingt ans et était déjà marié en digne fils de samouraï, il avait des projets plein la tête et une femme superbe. Elle semblait heureuse de son sort, ce qui ne gâchait rien. Il avait une foutue chance de cocu, ce con ! Et lui, vieux débris à la jeunesse perdue dans les conflits des tribus nomades ? Que des ratés. Une kitsune pour ancienne amante, une jeune femme perdue qui le fuyait comme la peste, qu’il avait incroyablement envie de revoir malgré leurs adieux, et une petite fille à demi-yokaï, un poids et des responsabilités qu’il avait trouvées trop lourdes pour lui.

S’il n’avait pas laissé cette enfant à une Okiya, s’il avait assumé ses erreurs et sa lignée, s’il n’avait pas été tant superstitieux et méfiant, aurait-il eu la même vie ? Ne serait-il pas heureux d’avoir le fruit de sa passion dans ses bras puis sous son regard aimant, même sans la présence de sa mère ? Tous les soirs, le souvenir de sa petite tête blonde venait le hanter...Il ne l’avait eu que quelques jours dans les bras, et il ne l’avait jamais oubliée. Ce ne devait pas être pour rien...C’était sa fille. Il avait manqué quelque chose. Il s’en voulait.  

Les brouhahas des conversations se mêlaient sur une douce musique et atteignaient son ouïe sans finesse alors qu’il se baladait sur la véranda et profitait de l’air frais de la soirée. La demeure qui recevait la réception était disposée sur une butte, on y voyait la mer et l’une des plages de Geki.  Juubei s’assit pour observer l’horizon, doux, calme, paisible. La lune se reflétait comme tant de nuits dans les lointains clapotis marins et de temps en temps, un poisson bondissait, des mouettes riaient...Les mugissements réguliers des vagues étaient comme des caresses à ses oreilles, l’odeur de l’iode comme un parfum léger et sensuel.... Encore un peu de douceur et il s’assoupirait, abîmant ses précieux vêtements de soie sur le parquet ciré et un peu humidifié par les fortes pluies des derniers jours. Ce serait cependant si bon…

Alors que ses yeux clairs décryptaient ce paysage envoûtant, quelque chose, ou plutôt quelqu’un attira soudainement son attention. Tant et si bien qu’il fut bientôt obnubilé par cette ombre. Sous un manteau brun, une chevelure de flamme s’agitait sous le vent. Ses pas s’enfonçaient dans le sable pour s’effacer ensuite lorsque les vagues venaient aplanir la plage. Il avait l’impression de reconnaître cette silhouette...Non, il reconnaîtrait cette silhouette entre mille...C’était Inuko !

Sans attendre, Juubei traversa le jardin puis la salle de réception pour aller la retrouver. Il se heurta cependant à l’idée qu’elle le fuit de nouveau, malgré qu’il l’ait embrassé. Il n’était d’ailleurs pas sûr d’avoir la force d’assumer ce baiser volé. Il calma sa course, un brin perdu, il désirait coûte que coûte trouver une alternative à ses problèmes... C’est alors que ses yeux se posèrent sur un masque de Tengu. Il avait la couleur du sang et un nez tendancieux, des yeux d’or...Ce masque était une oeuvre d’art, la seule sur le mur. Il le décrocha à la va vite et noua le ruban de pailles derrière son crâne… Le costume était bien maigre, mais il lui revint qu’Inuko ne l’avait jamais vu ainsi apprêté. Peut-être allait-elle le reconnaître, peut-être pas, il verrait.

Alors que personne ne l’avait reconnu, il retrouva la plage, marchant sur les rochers malgré ses chausses de bois. Il resta sur l’un deux et mit sa main droite sur son cœur pour triturer son jinbaori de tissus fins. Son cœur battait la chamade sous la pression et le suspens. Allait-elle le reconnaître ou allait-elle le prendre pour quelqu’un d’autre ? Il espérait que ce masque le désinhibe pour qu’il se permette de la charmer et pour qu’il ait tout le courage de le faire. Et alors qu’il était derrière elle, il parla et fut surpris que le masque dissimula si bien sa voix.

“Que fait une jeune femme à flâner par une heure si tardive et un temps si frais ? N’avez vous pas peur de prendre froid ?”

La pluie s’était arrêtée, mais les rochers restaient glissants. Juubei ne prit cependant aucune précaution pour bondir et atterrir avec grâce sur le sable afin de s’approcher d’Inuko, fébrile de hâte de redécouvrir son visage et de tomber amoureux une nouvelle fois à la vue de ses réactions.  
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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Mer 1 Oct - 22:10



Douce chaleur, vent sucré, chants mélodieux, nuages assombris. Il y avait bien longtemps que je n’avais point ressenti l’atmosphère si particulière de notre chère capitale. Et bien qu’elle m’était familière par mes nombreuses années de service dans les rangs de notre seigneur, il n’en restait pas moins que ma poitrine se serrait. Je n’étais point venue rendre visite à celui qui était comme un frère à mes yeux. Denbee et moi nous étions rencontré il y a de cela quelques semaines, près des paysages campagnards et rocheux d’Ariake, loin des regards, loin du danger qu’était devenu Geki. Que je le veule ou non, je n’étais pas innocente dans cette cité.  Mercenaire vengeur, shinigami ou encore Oni-kira, ma réputation me précéda alors que j’examinai sur un mur de bois une affiche où mon titre et mon identité étaient décrits. Voilà un inconvénient que je n’avais pas prévu en venant ici. Il me serait donc difficile de me déplacer sans me faire repérer. Pire, ma destination était les quartiers militaires près du palais et il était évident que je ne pourrais m’en approcher sous aucun prétexte. En théorie.

J’ai évolué dans cette ville. Avenues, ruelles et impasses n’étaient pour moi que quotidien autrefois. J’en connais chaque recoin, même les moins appréciés. Je ne perdis donc point de temps. Apprêtant mon sugegasa* afin de dissimuler mon visage, je me faufilais bientôt dans le chemin sombre le plus proche. Voguant au gré de l’architecture, je restais attentive au moindre garde faisant sa ronde, ou bien aux brigades qui sécurisaient les alentours. J’arrivai à présent à hauteur des murs d’enceintes du palais. Toujours dissimuler aux yeux des soldats positionnés devant la porte principale, je restai dans l’ombre, attendant la personne que je recherchais.

Le soleil termina bientôt sa course, se brisant sur l’horizon alors que sa sœur de la nuit apparut aux habitants sous sa forme découpée. Les heures passées. Je m'étais absentée quelques temps afin de rejoindre certains magasins de la ville encore ouverts. Là, j'y achetai de quoi me fondre dans le décor avant de regagner l'auberge dans laquelle je m'installerai pour la nuit. Réservant une chambre où je me dirigeai immédiatement, je me vêtis de ma nouvelle tenue  : masque de kitsune sous la main, un haori au couleur du clan me recouvrit le haut de mon corps. Je détachai mes cheveux et avec l'ustensile de maquillage que je venais d'obtenir, je métamorphosa mon visage. Alors que celui-ci était assombri, mes cernes montrant ma fatigue, il reprit vie sous les coups de pinceau blanc. Mes yeux furent mis en valeur grâce à la touche rougeoyante qui rappela l'écarlate de ma chevelure. En sortant ainsi, on me prendrai sûrement pour une artiste de rue et surtout, pour un homme, n'ayant point d'attributs aussi développer que d'autres femmes. C'est ce que je désirais.

Je rejoignis enfin mon poste d'observation pour les premières heures de la nuit. Finalement, je ne vis aucun signe de la personne que je désirais rencontrer une nouvelle fois. Ce fut regrettable tout en étant un soulagement. Je ne pouvais oublier la façon dont nous nous étions quitté. Frôlant du bout de mes doigts mes lèvres cachées sous mon masque, j’entendis les armures claquées devant la marche des samurais gardant la muraille. Je me devais de quitter les alentours du palais rapidement à présent. Kenshu-sama était prévoyant lorsque l’astre lunaire faisait son apparition. Les Ombres ne tarderaient pas à me repérer. Il serait si stupide de mourir par un simple shuriken planté dans ma nuque. Je regagnais donc la lisière de la ville où se trouvait l'auberge de bonne fortune pour m’abriter de cette nuit orageuse.

Les jours passaient et se ressemblaient. La pluie avait fait de Geki son terrain de jeu depuis maintenant trois jours. Cela n’affectait en rien mes visites près du palais, bien au contraire. Le sable mouillé dégageait une odeur que j’appréciais. Cela me rappela les nombreux entraînements dans les dojos, me donnant une nouvelle force à chaque clapotis sur le bois humide des couloirs. Elle me remémora également mon enfance. Dissimulé parmi le feuillage et la roche, je guettais avec impatience ma proie qui n’était à l’époque que de simples lapins ou encore des renards. J’étais alors fière de ramener à mon cher maître la récompense de mes efforts. Aujourd’hui encore, elle était ma compagne durant cette nouvelle mission. Elle venait également me réconforter lorsque la fin de journée arrivée, sans aucune trace de ma cible.

L’astre était à présent plein, accroché haut sur la toile sombre et tachetée de lumières brillant à des millénaires de notre belle terre. La pluie n’était à présent qu’un lointain souvenir ainsi que les nuages, donnant alors à la Lune une splendeur inégalée. Ma quête fut encore vaine alors que je décidais en cette fin de soirée de rejoindre un lieu paisible, qui me permettrait de me vider l’esprit sans craindre une quelconque surprise venant des soldats.
Au-delà des habitations se dissimulait l’infini. Le tapis ondulant, arborant saphir et topaze, se dessinait petit à petit devant mon regard. Celui-ci resta accroché au reflet scintillant de la Lune, témoin de cette merveilleuse nuit. Je m’approchai toujours plus, jusqu’à ressentir les vagues se brisaient sur le tissu habillant mes pieds ainsi que mes chevilles. Ces derniers ne suffisaient point et je pouvais sentir les gouttelettes se frayaient un chemin le long de ma peau. Quelle sensation… perdue. Il y avait longtemps que je n’avais point pris le temps d’apprécier ainsi les petites choses que la nature nous offre. Je ne pouvais que les faire durer. C’est ainsi que je commençai ma marche le long du chemin de sable, laissant alors mes pensées fusionnaient avec la brise qui les fit voyageaient au loin. Pourtant, un visage resta dans mon esprit, se figeant, m’apparaissant à de nombreuses reprises devant moi. Il m’était étrange de vouloir ressentir sa main dans la mienne à cet instant. Je compris alors que je n’étais plus Oni-kira, mais Yasha Inuko, simple femme, désireuse d’une vie simple et prospère. Malheureusement, cela ne dura qu’un instant.

Alors que je plongeai dans le lointain de l’horizon, mon instinct ou bien mon sang-mêlé me rappela à la dure réalité de mon existence : celle d’être, pour la loi, une criminelle. Discrètement, je faufilais mon bras sous mon haori afin d’agripper le tsuken de mon wakizashi. Je ne tournai que mon regard par-dessus mon épaule alors qu’une voix rustre et étouffée me parvint. A première vue, ce n’était point un soldat. Son accoutrement était digne d’un habitant de la ville. Quant au masque qui expliquait ce timbre de voix, il s’agissait là d’un visage de tengu, créature qui m’était à présent familière. Je trouvais cela bien étrange et surtout dangereux de faire face à cette curieuse personne pourtant, j’avais l’impression que cette silhouette ne m’était pas inconnue. Je laissais cependant ma main sur mon arme, gardant avant tout le silence alors qu’il se rapprochait de moi sans craindre quoi que ce soit de ma part. Mon autre main vient déposer mon masque que j'avais toujours en main sur mon visage afin de le dissimuler. J’en vins finalement à répondre à cet homme.

«  Et vous ? N’avez-vous point peur de tomber sur un criminel, ne cherchant qu’à vous attirer avec son accoutrement de spectacle? »

*Chapeau de paille



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Shigeru Juubei

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Taisa

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Jeu 6 Nov - 11:42

Inuko se fit tout à coup méfiante. Alors qu'il avait parlé, elle se figea pour chercher quelque chose sous son manteau de toile. Il comprit tout à coup, alors qu'un froid transperçant s'emparait de lui, que l'élue de son coeur s'etait armee. Il en fut terriblement attristé. Il n'avait jamais voulu troquer la nervosite qui l'handicapait contre une agressivité factice. Et il la trouvait si belle, même dans cet accoutrement qui dissimulait sa silhouette, qu'il eut soudainement envie de prendre ce masque qu'elle semblait defier et de le jeter à la mer sans autre forme de procès. Que les vagues l'emportent loin de sa vue ! Mais non. Non. Il ne fit rien de cela.

Il soupira de lassitude, devinant que s'il venait à se démasquer, Inuko ne serait plus qu'un souvenir. Elle serait obligée de fuir, lui de l'arrêter. Son rang était un poids fait de responsabilités et de blessures au coeur. Il ne voulait pas la séquestrer dans une pièce froide, sale et humide, il ne voulait pas voir son joli visage toucher le sol, son corps devenir inerte et sans vie. Il préférerait se suicider mille fois, qu'on le torture lui, plutôt, pour avoir choisi son coeur au détriment de son devoir. Quand bien même Kenshu l'avait sauvé d'une enfance malheureuse et lui avait offert tant d'honneur. En ces temps, il n'existait que dans l'espoir de voir un jour cette femme à l'esprit torturée sourire dans ses bras.
Son masque...était leur bouclier.

Le vent mugit, les vagues se fracasserent sur le sable, on entendit le roulement de celles plus loin. Et Juubei finit par émettre un rire doux sous son déguisement.

"Un tengu n'a peur de rien, jeune fille. Pas même d'un assassin tapi dans l'ombre de sa nuque. Et ce qui m'inquiéterait plutôt, serait l'égarement que je lis dans votre regard."

Il s'approcha de sa belle, comme l'on s'approche d'un petit animal que l'on ne veut pas effrayer. Pour sympathiser. Il reprit alors:

" De quand date votre dernier moment de détente ? Me permettrez vous de lisser vos traits fatigués pour vous voir sous le plus beau soir possible ? Je vous en prie, rangez cette arme, faites moi face et réfléchissez. On dit de certains tengus qu'ils éloignent les mauvais esprits et protègent les meilleurs et je ne désire pas vous nuire, pas ce soir."

Ses yeux s'emplirent de tristesse, ce qu'Inuko ne pouvait pas voir sous son masque et surtout si loin. Il perdait courage, et rien que de songer qu'il ne la verrait peut-être plus au moindre faux pas de sa part le faisait larmoyer.

"Ni lors de votre vie toute entière, et même dans le jigoku. Il me serait moins douloureux de mourir par les flammes."chuchota-t-il au final lorsque le vent souffla entre eux.


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Yasha Inuko

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Hinin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Jeu 20 Nov - 19:47


La présence… la voix… les paroles de cet homme me paraissaient si familières et pourtant, j’eus cette sensation qu’un mur nous séparait, nous empêchant de converser comme nous le voudrions. Le silence étant mon compagnon depuis fort longtemps, même en cette nuit, je cherchais à percer les pensées de celui qui se tenait en face de moi. Pourquoi souhaitais-je tant détruire son masque du regard afin que m’apparaisse son visage ? Mes capacités se limitaient malheureusement à dévisager ce masque de tengu avec mon propre faux visage de kitsune.

Alors que  je ne pouvais point décrire mon opposant, lui, semblait me connaître parfaitement en démasquant le trouble de mes yeux. Je ne pouvais qu’être plus méfiante face à tant de savoir à mon égard. A trop chercher à en découvrir sur moi, il pourrait y laisser sa vie. Pourtant, cela ne l’empêcha point de m’approcher, calmement. Ne craignait-il donc point que ma lame se retrouve sous sa gorge musclée ? Alors que je resserrais mon étreinte sur le manche de mon arme, il se rapprocha encore, s’exclamant avec aucune crainte, comme le ferait un maître animalier avec une créature féroce qu’il désire apaiser et apprivoiser. Sa voix résonnait en moi comme une mélodie. Etais-je déjà sous un sortilège ? Ou bien l’homme qui se trouvait en face de moi ne souhaitait que me venir en aide ? Peut-être était-il un ancien camarade. Ou encore un ami rejeté. Le visage de Denbee se cala sur le masque du Yokai l’espace d’un instant. Non, cela ne pouvait être lui. La chevelure n’était pas ténébreuse mais blé… comme un levée de soleil lors d’un été chaleureux… chaleureux… et réconfortant… imposant… familier… ? Se pourrait-il ?!

Mon corps n’exclama point ma surprise d’avoir peut-être découvert celui qui se tenait devant moi mais mon esprit n’en était que plus réjoui d’avoir enfin retrouver ma cible depuis quelques jours. Pourtant, mon sang-mêlé coulait toujours à une vitesse folle dans mes veines, me prévenant de ne pas relâcher mon attention. Je lâchai mon étreinte mais ne quittai point du regard « cet » homme.
Etouffé par ce nouveau visage du soir, je ne réussis point à distinguer cette voix forte et apaisante que je désirais entendre depuis un certain temps. Je me devais donc d’être patiente et surtout, poser les questions qui me permettraient de totalement lever ma garde. Je l’écoutais attentivement, ne cherchant pour le moment qu’à répondre à ses interrogations. Mon corps se décontracta en accompagnant mon long soupir. Mon regard se perdit bientôt dans les profondeurs bleu roi qui s’étendaient devant moi. Tout comme la noirceur de ces abysses, ma voix  garda cette froideur qui me caractérisait tant mais que j’aimerais effacer devant « lui ».


«Je me méfie des Tengus. Ils sont vils et abjects. Ils n’hésitent pas à manipuler les hommes pour exécuter des actes aussi horribles que la Grande guerre des récits. Néanmoins, je ne perçois aucune animosité provenant de vous. » Je me stoppais, recherchant parmi les reflets des vagues ce qui apaiserait une bonne fois pour toute mon âme. Ne quittant point du regard cette étendue, je repris avec plus de faiblesse, retirant bientôt mon masque afin de profiter pleinement de ce qui m’entoure.

« Pour répondre à votre question… Je ne serais vous dire, Tengu… mais je comptais y remédier ce soir… avant que vous n’interveniez. » Dis-je sans aucune agression ou quelconque reproche, voire même avec un sourire que je lui adressai directement. Je repris sans quitter du regard  les yeux de ce masque. « Mais vous devez savoir… que je ne puis me reposer en ces jours. Ma vie s’est entachée et on me traque pour cela à présent. »

Mon visage se tourna bientôt vers ce masque de monstre que je levai légèrement. Je le dévisageais, comme s'il représentait cette part de moi-même que je ne peux accepter si aisément. Je me vis alors, comme dans un miroir, les yeux remplis de ténèbres et d'avidité. Ma chevelure était ternie, arborant par mèche la noirceur de mon âme. Quant à mon visage... Il se voyait à présent doté de nombreuses dents aiguisées, couverte de l'écarlate. Tout comme ma joue. Est-ce là, la vision de mon futur? L'un de mes destins? Ou... ma propre personnalité? Non, je m'y refusais à y croire! Je ne veut point emprunter ce chemin! Je le combattrais. Quoi qu'il m'en coûte.
Avant même que je ne m'en aperçoive, je vins briser l'objet de bois, comme pour vaincre mes propres doutes. Des fragments tombèrent, s'enfoncèrent dans le sable, alors que d'autres restèrent dans ma main ou bien encrés dans ma main, me laissant de nouvelles cicatrices d'une bataille interne. Je vins immédiatement dissimuler ma main sous mon haori afin de ne pas inquiéter mon confident, bien que je doutes qu'il ne dise mot après avoir vu la scène. Surtout s'il s'agit de "cette" personne. Plus que quiconque, il souhaiterait me venir en aide mais avant qu'il ne puisse se mouvoir pour intervenir, je me permis de reprendre la parole sans aucune once de douleur ou même de peine.


"Et vous, Tengu-san? Quelle est donc la raison de votre venue jusqu'ici?" dis-je s'en même lui faire face...



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Shigeru Juubei

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Mar 16 Déc - 22:25




Qu'il était malheureux de pleurer derrière un masque, pourtant Juubei ne pouvait retenir ses larmes. Il les gardait depuis trop longtemps enfermées en lui pour les refouler encore une fois. Et dans son esprit, il se bousculait toujours. Bon sang ! Un homme ne pleurait pas ! Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Tout ça, les états d'âmes, c'était pour les fillettes et les enfants ! Oui. Voilà. Il était un enfant. Et comme eux, il ne comprenait pas pourquoi Inuko se comportait ainsi.

Elle se cachait maintenant, se dissimulait de tous. Elle y était obligée pour sauver sa vie, mais ce n'était pas une vie. Juste une putain de survie. Il la voyait changer, mais il était toujours sous son charme, éperduement amoureux. Il tombait toujours amoureux de la mauvaise personne...

Ses sanglots n'étaient pas visibles mais sa tristesse, ajoutée à la pression qu'il recevait à présent de l'armée, roulait sur ses joues. Aucune secousse ne faisait cependant trembler son corps, mais son coeur, lui, était prêt à chavirer tel une barque dans la tempête. Que voulait-elle dire par "remédier" à son malheur ? Elle prononçait cela en contemplant les vagues lointaines et le ciel terne là-bas, tout là-bas, et en souriant amèrement.
...
Non !

Une peur terrible enserra son âme. Bien qu'il demeurait passif jusque là, il était si troublé, il avait si peur qu'il se figea. Et lorsque la jeune femme retira son masque et avoua qu'elle ne pouvait plus se reposer, il répondit d'une voix brisée:

"Oui, je le sais et c'est terrible...
Mais puis-je savoir...pourquoi ?
Pourquoi vous vous faites tant souffrir ?"



Inuko l'avait sans doute entendu et reconnu, il en était certain. Cependant, comme si de rien était, elle utilisa sa force surhumaine pour faire pression sur son masque qui se tordit avant de se briser en mille morceaux et de blesser la main d'albâtre de sa bien-aimée.

Juubei laissa s'installer un lourd silence. Seuls les vagues, les mouettes et le vent semblaient vivre alors. Et il ne répondit que bien après à la question de la jeune femme puisqu'il laissa la mélancolie s'emparer de lui et retirer avec lenteur son masque de tengu de son visage qui fut bientôt emprunt d'une profonde déception. Fatigué, il leva ensuite un regard amer vers le sang qui coulait le long de la main cachée de sa bien-aimée, et enfin vers elle.

"Seulement apaiser mon prochain."déclara-t-il faiblement tandis qu'il rengainait son rôle de Yokaï et constatait sa défaite.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Mer 17 Déc - 12:23


Sans masque ne lui aura pas servi bien longtemps. "Cette personne" ne réussissait pas à cacher sans amertume éternelle lorsqu'il se retrouvait en ma présence. Moi, bien qu'inexpressive, je me tordais de malheur à ne point pouvoir l'approcher. Pourquoi nos rencontres doivent-elles toujours se terminer avec des larmes..? Il ne le mérite point. Lui, dont le cœur a toujours été tourné vers la justice, tout comme le mien, bien que je doute que nous n'ayons point le même sens de ce mot. Il a toujours été là pour veiller sur son prochain. Je le revois encore sourire à ses camarades combat, je le revois rire à plein poumon, je le revois vivre, tout simplement. Pourtant, sa vie est entachée par un nuage sombre : moi. Il n'a jamais voulu me délaisser. Lorsque nos chemins se croisent, il a toujours désiré me retenir, m'empêcher de commettre l'irréparable. Pourquoi a-t-il fallu que je me renferme et je poursuive ma quête de sang? Aujourd'hui encore, je ne cesse de réfléchir à mon avenir. Devais-je laisser derrière moi Oni-kira ou continuer à assouvir les vengeances de ceux qui ne le peuvent point? Je songeais répondre à cette question en venant admirer l'étendue ondulante et scintillante, jusqu'à ce qu'il ne revienne jusqu'à moi. Et dire que je t'ai attendu durant de nombreux jours au pied du palais, en prenant le risque de me faire prendre. Tu es bien fourbe, mon tendre aimé...

Tu me demandes même pourquoi je me fais moi-même souffrir?. Je ne l'ai pas choisi. C'est simplement la voie que j'ai décidé d'emprunter, malgré les embuches qui s'y trouvaient et malgré l'influence de ce qu'on appelle le destin. Je pensais, à l'époque, que je devais être la seule à suivre ce chemin sombre, couvert par le sang de mes êtres chers. Aujourd'hui, je me rends compte qu'il n'en est rien. Même moi, la "maudite", j'ai le droit de connaître le bonheur sans connaître la crainte de perdre une partie de moi mais pas pour le moment. Il me reste encore une tâche à accomplir et je ne peux me permettre de te mettre en danger.

Finalement, tu décides d'ôter ton déguisement, révélant un visage toujours plus attristé et déçu. Le mien... était toujours aussi impassible alors que je le fixais du regard. Qu'il aurait été simple de te réconforter en te prenant dans mes bras mais je n'étais point ce genre de femme. Malgré cela, j'étais... heureuse de revoir ton regard qui fut le seul à transpercer ce cœur de glace, ainsi que tes paroles. Une nouvelle fois, tu ne veux que me venir en aide. Ta simplicité et ta naïveté te perdront, Juubei... mais je serais là pour te sauver, car c'est ce qui de toi l'homme pour lequel je risquerais ma vie sans aucune hésitation.

A cette idée, je souris, comprenant enfin. Il reste en moi... une part humaine finalement. Tournant à nouveau mon regard vers l'infini horizon, mon timbre de voix fut celle d'une femme sereine et mélancolique.

"Tengu-sama. Vous me rappelez un visage bien familier. Celui de l'espoir." Je laissai la brise être maîtresse en cet instant, avant d'oser briser sa danse pour reprendre la parole. "Il fut une époque, je souffrais de cette barrière qui m'emprisonnait, loin du monde, loin des liens humains. Aujourd'hui, tout est différent. Vous dites que je souffre? Pourtant, cette nouvelle vie me convient et elle est plus rayonnante que la précédente. Et puis... j'ose croire que cet espoir me guidera vers un lendemain plus radieux en sa présence. J'ose croire... "Je me tournai vers lui "que cet espoir me sera accessible un jour. Il est ma raison de survivre en ces jours brumeux. Il me permet de braver les épreuves qui se dressent devant moi." Je relevais ma main blessée, observant le sang coulait de ma paume jusqu'au sol. "Je me moque de me blesser de la sorte, si cela peut me rapprocher de lui... Une telle plaie ne vaut rien face à sa chaleureuse paume qui se pose dans la mienne."

Un cri d'horreur refit surface dans ma mémoire, me forçant à redevenir Oni-kira. Le visage hurlant de mon père devenant fou de rage et reprenant sa véritable apparence : celle d'un renard assoiffé de sang et de vengeance. Je refermais mes doigts sur l'écarlate avant que mon regard se perd au-delà de l'horizon.
"Néanmoins, je ne voudrais point l'entacher... par mon sang-mêlé. Voilà pourquoi... " Je fermais les yeux. "J'aimerais qu'il m'attende. Je dois m'assurer que son avenir ne sera pas rempli de larmes et de sang. Ô espoir... seras-tu m'attendre encore un peu?"

Mon regard vint se plonger dans celui de l'homme lorsque je prononçais cette dernière phrase. Mon visage exprimait enfin un sentiment : un sourire certes inquiet et pourtant il désignait la joie. Je restais par la suite silencieuse, ayant été trop bavarde. J'étais connu pour ne pas monologuer mais il m'était important de m'adresser à lui. Il était l'une des personnes, si ce n'est la plus précieuse, à être encore vivante. Je tenais à ce qu'il le reste, afin que je puisse enfin devenir femme et non guerrière.

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Shigeru Juubei

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Ven 16 Jan - 21:12

Les restes salés des larmes de Juubei séchèrent sur ses joues alors qu'il se sentait une fois de plus impuissant et inutile. Inuko ne semblait pas surprise de le voir; sans doute avait-elle déjà deviné qui se cachait derrière le grotesque déguisement qu'il avait improvisé, tant sa carrure et la couleur de ses cheveux étaient inhabituelles en Yokuni. Tant elle le connaissait aussi. Ils demeurèrent ainsi, un long moment, à écouter le vent, le rire des mouettes, les vagues qui roulaient et s'écrasaient sur le sable.

Enfin, elle sourit. Il en fut surpris et voulut réagir, presque blessé, mais la belle avait tourné la tête vers la mer et les imposants nuages qui la surplombaient. Elle finit par ouvrir la bouche pour lui adresser des propos nébuleux, et après réflexion, le visage de Juubei s'illumina. Il n'osa pas l'interrompre tant il appréciait ce qu'elle disait alors et cela lui faisait un bien fou. Plus que cela, il sentait ses soucis s'alléger, ses épaules se décontracter, la fatigue qui tiraillait ses traits, s'en aller d'un coup. Il avait attendu si longtemps... Il voulut bondir de joie, il était si content qu'il en trépignait presque. Entendre Inuko se libérer à son ouïe était quasiment tout ce qu'il avait souhaité depuis des années après tant d'errance, de fuite et d'ignorance. Il atteignait enfin sa seule raison de vivre, l'effleurait de deux doigts. A présent, il voulait l'empoigner de toutes ses forces et la serrer contre lui pour toujours.

Sans perdre son sourire, il vint prendre délicatement la main ensanglantée d'Inuko dans la sienne, sortit un mouchoir de coton du revers de son haori, et tandis qu'il la nettoyait méticuleusement de ses échardes de bois et du sang, il répondit :

"Tu ne t'en doutais peut-être pas mais cela fait longtemps que l'espoir t'attend. Lorsque tu as quitté l'armée, il s'est enfui au fin fond des Terres Neutres pour te retrouver mais il s'y est perdu. Il a fini par revenir chez lui en laissant l'amour propre qu'il avait si durement acquis derrière lui. Tu étais son seul espoir, comme il est le tien aujourd'hui. Pour sûr, tant qu'il est encore debout, il t'attendra."

Ils se contemplaient dans les yeux avec le même contentement gêné.

"Mais cet espoir peut-il envisager que tu lui donnes la force de patienter autant que nécessaire ? Qu'il ait toujours la certitude que tu lui reviendras ? Tu dois savoir qu'il est difficile pour un homme de résister aux tentations. Je t'en prie, Inuko, inscris en lui la promesse que tu viens de lui faire et sa patience sera éternelle..."

Satisfait pour un moment, il ne désirait maintenant plus qu'un geste d'amour de la part d'Inuko. Il était fatigué que les seules initiatives ne viennent que de lui et maintenant que la belle lui avait dit ce qu'elle pensait, il trouvait qu'elle était prête à prendre leurs destins en main.


Espoir qui vascille mais qui jamais ne s'éteint...
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Hinin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Dim 10 Mai - 19:47


Mes lèvres s'entrouvrirent lorsque j'entendis l'homme désigner les terres d'ombres du sud qu'il traversa afin de me retrouver. Quelle folie l'amena jusque sur ce sol souillé. Je suis surprise de le voir encore en vie à l'heure actuelle. Est-ce la chance ou bien les Yokais avaient-ils décidé de le laisser en vie par pitié?
Ce n'est qu'aujourd'hui que je me rendis compte des sacrifices que cet homme, se tenant face à moi, avait enduré pour ma personne. Alors que moi... je ne fis que le fuir, jour après jour, le délaissant comme un enfant au bord d'un chemin sinueux. Je fus sotte et indigne de lui. Pourtant, il m'attendait malgré mes nombreuses erreurs. Il me souriait, me réconfortait. Il ne pouvait me prouver ses sentiments que par ses gestes d'affection. Je ne pouvais une fois de plus les laisser être emporté par les vagues de ma peur.

Mon regard s'atténua alors que je scrutais la main chaleureuse et forte retirer les traces rubis de mon tourment. J'appréciais ce sentiment qui m'avait tant manqué durant toutes ces années de solitude, à errer, comme un vulgaire chien. Une partie de moi souhaitait rendre les armes une bonne fois pour toutes, construire une vie qu'une simple femme désirait. Malheureusement, mes actes passés ne pouvaient être balayés d'un revers de la main. Je m'étais forgé une chaine dont les maillons s'additionnaient à chaque nouvelle vie que je prenais. Ils ne pourront être détruis dès lors que j'aurais subi le jugement des hommes... ou bien celui des dieux.

Bien que je me trouvai dans mes pensées, mes oreilles restèrent attentives aux paroles qui m'étaient données d'entendre. Elles me réconfortèrent comme elles me poignardèrent. Je connaissais cette marque de confiance que je devais lui offrir. C'est alors que mes yeux se posèrent dans les siens. Je n'avais point besoin de rechercher les sentiments qu'il approuvait pour moi. Ils étaient clairs, voguant au gré des lueurs qui se reflétaient dans son regard. Je n'avais qu'à m'imprégner d'eux pour agir comme une amante. C'est ainsi que ma main saine se leva pour rejoindre la joue de l'homme. Je n'osais pourtant point le toucher, stoppant la ballade de mes doigts à quelques centimètres de son visage. Néanmoins, cela n'empêcha point mon visage de se rapprocher du sien afin que nos lèvres puissent ne faire qu'une... C'est ce que j'aurais désiré, si je n'avais point entendu le métal sautillait et des pas se rapprocher. Tout ce que je pus faire, ce fut de prononcer ce mot qu'il connaissait tant et que je regrettais de dire en cette soirée :

"Pardonne-moi..."

Je bondis de deux pas avant de venir empoigner la garde de mon arme et de diriger la pointe de celle-ci sous le menton de l'homme que j'aimais. Peu de temps après, je vis la garde de la capitale rejoindre les abords de la frontière de pierre et de sable. Tous furent stupéfiaient de voir leur Taisa dans cette position délicate. Ils ne tardèrent pas à nous encercler tout en prononçant le nom qui me caractérisait tant.
"Oni-kira! Ainsi donc, tu es bel et bien de retour à Geki. Comment oses-tu pointer ton arme sur un Taisa? Est-ce l'une de tes missions ou bien juste une envie?!" Prononça l'un des soldats, chargé de diriger le petit groupe. Il m'ordonna par la suite de baisser mon arme.
Alors que je scrutais chacun des hommes présents, je terminais sur celui dont la vie était "menacée". Je ne dis mot, ne faisant que l'observer. Seul un signe de Juubei suffirait à me convaincre. En tant que Taisa, il me demanderait de me rendre. En tant que Juubei...

Si sa décision était trop longue, je redeviendrais alors celle que ces hommes croient avoir en face d'eux, ne cherchant point le sang mais une solution d'échapper aux autorités. Je verrais alors les yeux de mon aimé s'assombrir et briser. Je n'avais pu une nouvelle fois lui promettre... Suis-je donc destiné à rester dans l'ombre pour l'éternité..? Juubei avait à présent toutes les cartes en main pour tracer l'un ou l'autre de mes chemins de vie.




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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Ven 22 Mai - 20:23


Ce fut trop beau pour être vrai; Inuko allait enfin se donner à lui, lui promettre qu'elle reviendrait coûte que coûte et qu'il pourrait passer leur vie ensemble, il n'était plus obligé de lui voler les quelques attentions qu'elle n'osait pas lui donner. Oui, pour un peu, ç'aurait été le meilleur jour de sa vie. Mais la vie était cruelle et la réalité féroce.

A l'heure même où il s'apprêtait à recevoir se baiser qui scellerait leur destin, Inuko recula brusquement pour se saisir de son arme et la lui plaquer sous le menton. Les yeux comme des billes, Juubei ne comprenant rien à rien, avait une folle envie de pleurer de fureur et d'incompréhension. C'est alors qu'il les vit, ces hommes maudits ! Ses soldats, les siens, menacer Inuko alors qu'elle avait été l'une des leurs. Il n'était pas armé, et heureusement, car c'était en fouillant dans son Haori qu'il se prit à réfléchir.

Il s'exclama alors brusquement, mais assez doucement pour que seule sa dulcinée puisse entendre.

"Inuko, blesse moi !"

Et ce fut tout. Il avait vu dans son regard la peur d'être enfermée, d'être jugée, puis la peur de la mort. Il lui faisait confiance. Pour lui, une vie sans elle était vide d'amour et de sens et ne méritait pas d'être vécu. Il saurait encaisser ce coup pour elle, pour protéger leur rêve, il le fallait absolument. Devenir Hinin et fuir avec elle, il y avait pensé, mais il n'était pas prêt. Pas encore. Et le clan avait besoin de lui. Il avait déjà abandonné trop de choses par amour...

Il était content que Inuko ait une part Yokaï, au moins celle-ci lui permettrait de ne pas douter, de pouvoir lui faire mal pour sauver sa peau.

Fuis et ne regarde pas derrière !

Il voulait qu'elle court, qu'elle lui fasse confiance, puisque c'était ça aussi, l'amour. Dans une immense tristesse, il comprit enfin où l'existence de la jeune femme la menait. Dire qu'il lui avait demandée de ne pas le fuir...

Fuis, je t'en prie ! Aussi vite que tes jambes le pourront !
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Hinin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Sam 11 Juil - 20:27

« Blesse-moi. » Réalisait-il ces paroles ? Oubliait-il un instant à qui il avait affaire ? Une multitude de question se bousculèrent dans mon esprit alors qu’une seule surplombait les autres : que cherchait-il à faire en se faisant blesser ? Durant un instant, je supposais que les gardes seraient attirés par l’acte, me laissant ainsi le temps de marquer le sable de Geki une dernière fois, sans jamais pouvoir y revenir.

Je le scrutais au plus profond de lui-même. Je pouvais ressentir la frustration de n’avoir pu obtenir ma promesse et je ne savais comment lui faire parvenir sans que les chiens enragés ne se doutent de quelque chose. Alors que je réfléchissais, je pouvais voir un semblant de larmes se dissimulait dans les yeux de mon aimé. Je ne le lâchais pas du regard, cherchant à lui transmettre mes sentiments et mes regrets, malgré un visage impassible qui me caractérisait tant. « Attends-moi… » J’aurais aimé lui chuchoter ses mots avant de prendre mon envol mais le temps pressait et les militaires n’étaient que peu patients. Ces derniers n’osaient cependant point s’approcher de moi sous peine de voir ma lame changeait de proie.

Pourtant, l’un d’entre eux, positionné sur mon flanc gauche, tenta une traversée, ne pouvant retenir sa rage envers moi. Mon regard se déposa sur lui puis mon corps se tourna dans sa direction. Je contrais l’attaque du plat de ma lame, pointe vers le tapis doré avant de le repousser, le faisant reculer de quelques pas, le forçant à tituber. Je sentis par la suite les regards de haine qui me dévisageaient. Mon sang-mêlé bouillait à l’idée de les exterminer tandis que ma part humaine souhaitait leur demander pardon. Malheureusement, les choses n’étaient pas aussi simples. Il me restait une tâche à accomplir.

Je fermais les yeux, résolu à obéir aux ordres de mon supérieur, bien que l’armée était pour moi un passé lointain et douloureux. Je replaçai ma lame près de mon corps. Dans la surprise des hommes présents, je pris une impulsion pour venir faire face à Juubei. Frottant le métal sur le sable, ma lame ne tarda pas à rejoindre les airs, laissant couler sur son long le sang qui m’était sacré. J’étais enfin assez proche de lui et je pouvais lui chuchoter ses mots.

« Pardonne-moi… »

Je me surpris moi-même à ne pas lui demander d’être patient encore un moment mais cela aurait été égoïste. Blesser l’être cher était impardonnable. Je ne sais si mes instincts de chasseuse de primes avaient fait surface à cet instant, mais le dégoût envie le fond de ma gorge avant de gagner ma bouche. Bien qu’il s’agissait d’un ordre, je n’aurai pas du l’exécuter… !
Je n’avais plus le temps pour réfléchir à mon acte. La seule chance pour moi de pouvoir fuir ce cauchemar se refermait à mesure que je traînais. Transperçant son regard du mien, je m’empressai de prendre la fuite en évitant les gardes qui se dirigèrent vers l’homme dont le sang entachait les petits grains tandis que d’autres me poursuivaient.

~~~

Ma course consista à emprunter toutes les petits ruelles qui formaient presque un labyrinthe pour les gardes qui perdirent ma trace. Ma fuite fut une réussite alors que je me dissimulais dans la demeures de nuit qui m’avait abrité, regardant dans l’ombre les soldats regagnaient leur position. Je me pressai de me changer de nouveau. Kimono, hakama en place, cheveux épinglés, j’ajustais mon sugegasa avant de regagner les rues de la ville pour rejoindre le torii de l’entrée. Par chance je pus quitter la capitale sans d’autres confrontations. J’arrêtais ma marche rapide dans un petit bosquet, non loin de la cité. La rage pouvait se lire sur mes lèvres tandis que je ne pus retenir ma force dans le coup que je donnais à l’arbre se trouvant à mes côtés. Ce fut seul acte envers ma propre faiblesse que j’exécutais avant de reprendre mon chemin…


Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: [Terminé] Sous les plumes du Tengu Lun 27 Juil - 23:56


Sans savoir que faire alors que deux combattants venaient à leur rencontre, Inuko scrutait les yeux tristes de Juubei qu'elle tenait en joue pour se protéger des lames des deux samouraïs. Ils furent surpris de voir leur supérieur désarmé et autant en difficulté, mais on disait qu'Oni-Kira était une redoutable adversaire. Cependant, l'un d'entre eux trouva le moyen de reprendre ses esprit et tenta tout de même d'atteindre la jeune femme. Inuko recula avant de se trouver face à son agresseur sous le regard impuissant de Juubei qui voulait absolument mettre fin à ce duel sans queue ni tête. Mais alors que Inuko voyait son ennemi s'éloigner tant elle fendait les airs de sa lame, elle se tourna brusquement et déchira le torse de Juubei sans mot dire.

Il grogna, répriment un râle sous la force et la violence de l'attaque qui l'attrista terriblement, une fois de plus. Pourtant, le guerrier savait que c'était là un mal nécessaire, le seul qui éviterait à Juubei d'être interrogé puisqu'il avait été vu en compagnie de la Yokaï. Le seul qui lui accorderait du crédit auprès de son clan. Oni-Kira partit ensuite tandis qu'il s'écroulait sur le sable, l'aspergeant de sang. Une recrue resta auprès de lui, l'autre partit à la poursuite d'Inuko.

Il revint un peu plus tard, bredouille au grand soulagement de Juubei, qui, bien que sa blessure était plutôt légère, ne trouvait pas la force de s'en relever par tristesse et dépit. Il passerait de nouveaux des jours bien sombres à attendre son aimée ou plutôt, le courage pour la rejoindre un jour en quittant ses fonctions et le confort que lui offrait sa situation à Geki.

La soirée avait pourtant si bien commencé...


[FIN]
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